51
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« Dernier message par Saël Thorne le mardi 19 mai 2026, 22:54:24 »- Dû quoi ?
La question reste suspendue entre eux. Le Prince des Trônes ne répond pas. Parce qu’il ne le peut pas. Ses lèvres s’entrouvrent pourtant. Un souffle vient. Meurt aussitôt.
Il reste assis, le regard posé sur elle tandis qu’elle tapote son épaule pour lui signifier qu’elle a terminé. Le bandage serre maintenant son torse, maintient la blessure fermée… sans parvenir à contenir ce qui s’agite plus profondément.
La réalité revient d’un coup, brutale, puis la main de la désormais brune s’approche de son visage. Le haut-ange ne bouge pas. Pas même lorsqu’elle lui donne cette pichenette sèche au front. Cette dernière le frappe avec une absurdité presque irréelle. Pas la douleur. Elle est dérisoire. Une simple pulsation chaude au milieu du front. Rien qu’un humain n’aurait déjà oublié. Mais le geste…
Tsaphkiel reste immobile tandis qu’Anéa se détourne avec sa trousse de soin entre les mains. Ses yeux suivent la jeune femme sans même qu’il s’en rende compte. Puis, lentement, presque avec précaution, ses doigts viennent effleurer la légère marque rouge laissée sur sa peau. Comme s’il essayait de comprendre ce qui vient réellement de le traverser.
- Arrête de dire des bêtises, abruti.
Les mots résonnent encore. Abruti. Personne n’a jamais parlé ainsi au Prince des Trônes. Ni aux Cieux. Ni sur les champs de bataille. Ni devant le Trône. Et pourtant… aucune colère ne vient.
Seulement cette sensation étrange. Profonde. Vivante. Quelque chose qui fissure lentement la statue immobile qu’il a été pendant des siècles.
“Je ne dis pas de bêtises.”
Sa voix descend encore.
“Tu parles de ta chute comme d’une faute impardonnable…”
Un souffle traverse ses lèvres.
“…Mais depuis que je suis ici…”
Il s’interrompt une seconde. Rare. Dangereux.
“…Je ne vois qu’une femme qui a survécu seule à quelque chose qui aurait détruit beaucoup d’êtres célestes.”
Sa… non LA guerrière s’éloigne.
Le canapé bouge légèrement sous le retrait de son poids et, stupidement, il ressent aussitôt le vide laissé derrière elle. Ses yeux descendent malgré lui vers ses pieds nus qui traversent l’appartement. Le léger bruit humide contre le sol. Le tissu de son t-shirt qui épouse encore certaines courbes de son corps après la douche.
Tout devient trop précis. Trop proche. Le Prince des Trônes devrait détourner les yeux. Il ne le fait pas. Et quand il comprend qu’elle est réellement en train de partir, quelque chose réagit en lui avant même que son esprit ne l’autorise. Sa main se tend. Instinctivement. Ses doigts referment doucement le poignet d’Anéa. Le contact est immédiat. Chaud. Vivant. Et aussitôt… le silence semble se contracter autour d’eux.
Il se fige presque dans la seconde suivante, comme si son propre geste venait seulement de l’atteindre. Son regard descend lentement vers sa main autour du poignet de la jeune femme. Une incompréhension fugace traverse ses traits. Lui ?!
Lui. Qui vient de retenir quelqu’un. Pas pour l’arrêter dans son devoir. Pas pour rendre un jugement. Pas pour protéger l’Équilibre. Juste… pour qu’elle ne s’éloigne pas encore.
Ses doigts hésitent imperceptiblement. Comme s’il ne savait plus s’il devait immédiatement la relâcher ou resserrer légèrement sa prise pour la garder là une seconde de plus.
Son souffle devient plus lent. Plus lourd aussi. Et quand il relève finalement les yeux vers elle, il n’y a plus rien de l’Archange dans son regard à cet instant précis. Plus de distance sacrée. Plus de froideur parfaite. Seulement un homme qui réalise trop tard à quel point il est en train de vaciller.
“Anéa…”
Sa voix est basse. Grave. Presque rauque d’avoir été retenue trop longtemps.
Puis le silence revient. Parce qu’il ne sait plus quoi dire sans franchir une limite qu’il s’est interdit toute son existence. Ses doigts glissent légèrement sur sa peau dans un mouvement involontaire. Presque une caresse. Presque. Et ce simple presque semble déjà être une faute immense.
Alors il finit par relâcher lentement son poignet. Mais pas immédiatement. Jamais assez vite pour prétendre que ce geste n’a compté pour rien.
La question reste suspendue entre eux. Le Prince des Trônes ne répond pas. Parce qu’il ne le peut pas. Ses lèvres s’entrouvrent pourtant. Un souffle vient. Meurt aussitôt.
Il reste assis, le regard posé sur elle tandis qu’elle tapote son épaule pour lui signifier qu’elle a terminé. Le bandage serre maintenant son torse, maintient la blessure fermée… sans parvenir à contenir ce qui s’agite plus profondément.
La réalité revient d’un coup, brutale, puis la main de la désormais brune s’approche de son visage. Le haut-ange ne bouge pas. Pas même lorsqu’elle lui donne cette pichenette sèche au front. Cette dernière le frappe avec une absurdité presque irréelle. Pas la douleur. Elle est dérisoire. Une simple pulsation chaude au milieu du front. Rien qu’un humain n’aurait déjà oublié. Mais le geste…
Tsaphkiel reste immobile tandis qu’Anéa se détourne avec sa trousse de soin entre les mains. Ses yeux suivent la jeune femme sans même qu’il s’en rende compte. Puis, lentement, presque avec précaution, ses doigts viennent effleurer la légère marque rouge laissée sur sa peau. Comme s’il essayait de comprendre ce qui vient réellement de le traverser.
- Arrête de dire des bêtises, abruti.
Les mots résonnent encore. Abruti. Personne n’a jamais parlé ainsi au Prince des Trônes. Ni aux Cieux. Ni sur les champs de bataille. Ni devant le Trône. Et pourtant… aucune colère ne vient.
Seulement cette sensation étrange. Profonde. Vivante. Quelque chose qui fissure lentement la statue immobile qu’il a été pendant des siècles.
“Je ne dis pas de bêtises.”
Sa voix descend encore.
“Tu parles de ta chute comme d’une faute impardonnable…”
Un souffle traverse ses lèvres.
“…Mais depuis que je suis ici…”
Il s’interrompt une seconde. Rare. Dangereux.
“…Je ne vois qu’une femme qui a survécu seule à quelque chose qui aurait détruit beaucoup d’êtres célestes.”
Sa… non LA guerrière s’éloigne.
Le canapé bouge légèrement sous le retrait de son poids et, stupidement, il ressent aussitôt le vide laissé derrière elle. Ses yeux descendent malgré lui vers ses pieds nus qui traversent l’appartement. Le léger bruit humide contre le sol. Le tissu de son t-shirt qui épouse encore certaines courbes de son corps après la douche.
Tout devient trop précis. Trop proche. Le Prince des Trônes devrait détourner les yeux. Il ne le fait pas. Et quand il comprend qu’elle est réellement en train de partir, quelque chose réagit en lui avant même que son esprit ne l’autorise. Sa main se tend. Instinctivement. Ses doigts referment doucement le poignet d’Anéa. Le contact est immédiat. Chaud. Vivant. Et aussitôt… le silence semble se contracter autour d’eux.
Il se fige presque dans la seconde suivante, comme si son propre geste venait seulement de l’atteindre. Son regard descend lentement vers sa main autour du poignet de la jeune femme. Une incompréhension fugace traverse ses traits. Lui ?!
Lui. Qui vient de retenir quelqu’un. Pas pour l’arrêter dans son devoir. Pas pour rendre un jugement. Pas pour protéger l’Équilibre. Juste… pour qu’elle ne s’éloigne pas encore.
Ses doigts hésitent imperceptiblement. Comme s’il ne savait plus s’il devait immédiatement la relâcher ou resserrer légèrement sa prise pour la garder là une seconde de plus.
Son souffle devient plus lent. Plus lourd aussi. Et quand il relève finalement les yeux vers elle, il n’y a plus rien de l’Archange dans son regard à cet instant précis. Plus de distance sacrée. Plus de froideur parfaite. Seulement un homme qui réalise trop tard à quel point il est en train de vaciller.
“Anéa…”
Sa voix est basse. Grave. Presque rauque d’avoir été retenue trop longtemps.
Puis le silence revient. Parce qu’il ne sait plus quoi dire sans franchir une limite qu’il s’est interdit toute son existence. Ses doigts glissent légèrement sur sa peau dans un mouvement involontaire. Presque une caresse. Presque. Et ce simple presque semble déjà être une faute immense.
Alors il finit par relâcher lentement son poignet. Mais pas immédiatement. Jamais assez vite pour prétendre que ce geste n’a compté pour rien.









Messages récents

