Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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1
Les contrées du Chaos / Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia
« Dernier message par Thyia Tapsus le vendredi 07 août 2026, 23:55:51 »
Le monde se tait. Pas réellement. Quelque part derrière les parois éventrées du chariot, le convoi continue d'exister. Les voix des orcs s'élèvent encore par instants, étouffées par le bois et les tentures. Une roue grince sur son axe. Une bête souffle lourdement. Le vent extérieur soulève par moments une toile déchirée.

Mais ici… Ici, il n'y a plus rien. Seulement lui… Et moi.

Je n'ai pas encore compris ce qui vient de se produire.

Une seconde auparavant, je regarde ses vents avec cette curiosité presque enfantine qui me pousse à m'approcher de lui. Je cherche à comprendre leur nature, leur lien avec cet être étrange qui semble à la fois les commander et les subir.

Puis ses yeux changent. Et quelque chose répond en lui. Je le sens avant même de le voir. Une présence étrangère. Quelque chose de plus ancien que sa colère. Plus sombre que son pouvoir. Une chose qui ouvre les yeux derrière les siens. Son doigt se tend et les vents me frappent.

Je n'ai même pas le temps de devenir eau. Ils me saisissent avant. Le choc est brutal.

Mon corps se contracte sous la pression invisible tandis que quelque chose se referme autour de moi avec une violence qui n'a rien de naturel. Mes contours se figent. Chaque goutte qui compose ma forme semble soudain séparée des autres, prisonnière d'une force qui refuse de me laisser retourner à mon état liquide.

Je veux me disperser. Rien.

Je veux rejoindre le bassin. Rien.

L'eau est là. Je la sens. Je sais qu'elle est là. Pourtant elle ne répond plus. C'est comme être plongée dans l'océan derrière une paroi de verre. Je peux le voir. Je peux savoir qu'il est mien. Mais aucun courant ne vient à ma rencontre.

Pour la première fois depuis mon arrivée ici, quelque chose m'empêche réellement d'être ce que je suis.

Mon regard se lève. Et je le vois. Ou plutôt… Je vois ce qui se tient au-dessus de moi. La silhouette possède quelque chose de Weyrith. Quelque chose de profondément déformé aussi. Ses traits semblent porter son visage sans réellement lui appartenir. Ses yeux brûlent d'une lueur qui n'a rien de l'iris lavande que j'observe quelques instants auparavant.

Je ne comprends pas ce qu'il est. Mais je comprends immédiatement une chose. Il est dangereux.

Un sourire étire ses lèvres. Il frotte ses mains avec une satisfaction presque enfantine.
- Bon, comment on se débarrasse de toi ? Peut-être qu'en déshydratant jusqu'à la dernière molécule de ce qui te compose…

Son rire résonne contre les parois.
- Hahaha ! Tentons ça !

La chaleur arrive. D'abord doucement. Une sensation presque imperceptible sur ma peau.
Puis elle augmente. Le bassin tout entier semble frémir. Des bulles apparaissent autour de moi. Une. Puis deux. Puis des dizaines.

L'eau commence à bouillir. Je ne bouge pas.

Pas parce que je ne souffre pas. Mais parce que quelque chose dans cette douleur vient de capter toute mon attention. La chaleur pénètre mon élément. Elle cherche à le modifier. À l'arracher à sa nature.
Et je sens bientôt la pression changer à son tour. Le cocon de vents se resserre. Mon corps ne peut ni s'étendre, ni se disperser, ni fuir. La chaleur augmente. La pression aussi. Mes doigts se crispent. Une douleur sourde remonte dans mes bras tandis que ma forme liquide cherche instinctivement à se défaire, à rejoindre les eaux environnantes.

Impossible.

Les vents me maintiennent. Alors, durant quelques secondes, je ne fais rien. Je regarde simplement Weyrith. Ou cette chose qui parle avec sa voix. Dans mon regard, il n'y a pas la peur qu'il espère peut-être. Il y a de la surprise.

Puis…

De la compréhension. Une petite étincelle passe dans mes yeux turquoise. Il veut me déshydrater. Il veut utiliser la chaleur contre moi. Il ignore simplement quelque chose. Une chose essentielle. L'eau n'est pas seulement mon refuge. Elle est mon élément. Et sa température… Je peux la changer.

Mes lèvres s'entrouvrent. Un souffle passe entre elles. Puis l'eau bouillante s'immobilise. Une seule seconde. Comme si l'océan lui-même venait de retenir son souffle. La chaleur recule. Pas progressivement. Brutalement. Les bulles cessent. La vapeur suspendue dans le cocon se condense presque aussitôt, retombant en gouttelettes froides sur ma peau.

Puis la température continue de chuter. Encore. Encore. L'eau passe de brûlante à chaude. De chaude à tiède. De tiède à froide.

Et finalement… glaciale.

Une fine pellicule de givre se forme sur les bords du bassin. Le rire de Weyrith semble soudain étranger dans cette nouvelle atmosphère.

Je relève lentement les yeux vers lui. La douleur n'a pas disparu. Les vents sont toujours là. La pression me retient toujours prisonnière de ma propre forme. Mais quelque chose a changé.

Un sourire apparaît sur mes lèvres. Infime. Presque imperceptible. Pas un sourire de défi. Un sourire de découverte.
- Alors c'est ainsi que tu fonctionnes…

Je ne peux toujours pas me disperser. Je ne peux toujours pas toucher l'eau libre. Mais désormais, l'eau autour de moi n'est plus son arme. Elle redevient la mienne. Même prisonnière, je peux encore agir sur elle.

Je fais doucement bouger un doigt. Le froid répond. Une onde glaciale traverse le bassin. Le bois craque.

Une fine couche de glace se développe autour des rebords avant de se briser sous la pression des vents.
Je relève légèrement le menton. Mon regard ne quitte plus celui de Weyrith. Et pour la première fois depuis que j'ai rencontré cet être… je ne me demande plus jusqu'où va sa puissance.
Je me demande ce qu'il est.

Parce que quelque chose en lui vient de tenter de me tuer avec une cruauté presque joyeuse. Et pourtant… je ne retrouve pas entièrement Weyrith dans cette cruauté. Il y a autre chose. Une volonté. Une présence. Une ombre qui semble porter son visage.

Je veux l'observer davantage. Comprendre. Alors même que mes chairs élémentaires souffrent sous la pression, ma curiosité demeure.

C'est presque absurde. Presque fascinant. Puis quelque chose se produit.

Weyrith s'arrête. Son rire meurt. Son expression change. Une inquiétude traverse ses traits. Comme s'il venait soudain de comprendre que quelqu'un d'autre est présent. Quelqu'un qu'il ne contrôle pas. Je le vois porter une main vers son front. La gemme incrustée dans sa peau s'illumine. Une lumière vive. Brutale.

Je n'ai pas le temps de réagir. Le pouvoir se retire de lui comme une marée aspirée par un gouffre. L'instant suivant, l'ombre disparaît. Les vents cessent. La chaleur s'effondre. Et je tombe.

L'eau m'accueille dans un fracas glacé. Mon corps se disperse presque aussitôt avant de se reformer lentement au centre du bassin. Je reste immobile. L'eau ruisselle autour de moi. Froide. Très froide. Mes cheveux pâles flottent autour de mon visage.

Je respire. Une fois. Puis une seconde. Mes griffes s'enfoncent légèrement dans le fond du bassin. De l'autre côté, Weyrith vient de s'effondrer.

Je le regarde. Longtemps. Puis je tourne légèrement la tête. Quelque chose vient de disparaître de lui. Quelque chose que je ne comprends pas encore. Et cela me dérange davantage que la douleur. Parce que j'ai presque atteint quelque chose.

Une profondeur. Une réponse. Et soudain… Elle m'est retirée. J’en veux. Encore. Qu’elle revienne.
Des pas lourds résonnent à l'extérieur. Je n'ai même pas besoin de regarder pour savoir qui approche. La porte vole presque une nouvelle fois. Mogdarr apparaît dans l'encadrement. Son regard passe de Weyrith à moi. Puis au bassin. Puis de nouveau à Weyrith.

Son expression se décompose.
- Je savais qu'il fallait pas te laisser seul avec ! Qu'est-ce qui se p…

Il s'interrompt. Je le regarde. Il me regarde. Puis son regard descend vers l'eau étrangement froide autour de moi. Il renifle. Je ne dis rien. Weyrith, lui, bouge.

Il émerge lentement, comme quelqu'un qui revient d'un sommeil particulièrement profond. Son regard parcourt la pièce avec incompréhension. Puis il me voit. Ses yeux s'arrêtent sur moi. Je ne gesticule pas. Il demande à Mogdarr de sortir. L'Orc ronchonne quelque chose d'incompréhensible avant de disparaître finalement derrière l'ouverture béante.

Le silence retombe.

Weyrith se tourne alors vers moi. Il ne sait plus. Je le comprends immédiatement. Il ne se souvient pas. Ses yeux cherchent une réponse dans les miens.

Et lorsqu'il parle, sa voix a retrouvé cette étrange simplicité qui lui appartient.
- Je ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé.

Je l'observe sans répondre.

- Je pense qu'il est mieux que j'aie oublié. Quoi que tu aies fait, Thyia…

Il marque une pause.
- Es-tu satisfaite du résultat ?

Je reste silencieuse. Puis mes lèvres s'étirent lentement. Pas le sourire émerveillé que j'ai eu devant ses vents. Pas celui, prédateur, que j'ai offert à l'assassin. Quelque chose entre les deux. Parce qu'il vient de me montrer une nouvelle profondeur. Et que, désormais, je sais une chose que lui-même ignore peut-être encore.

Je n'ai pas seulement découvert Weyrith. J'ai découvert qu'il existe quelque chose en lui qui peut prendre sa place.

Mon regard glisse brièvement vers la gemme de son front. Puis revient à ses yeux.
- Non.

Ma voix glisse doucement sur l'eau glacée. Je penche légèrement la tête.
- Je ne suis pas satisfaite.

Un instant de mutisme. Puis mon sourire s'accentue.
- Je suis intriguée.

Et cette fois, mes yeux brillent d'une curiosité beaucoup moins innocente.
- Parce que ce n'était pas toi.

Je laisse ces quelques mots flotter entre nous. Puis je plonge lentement mes doigts dans l'eau. Une petite vague glacée vient mourir contre le bord du bassin.
- Mais j'aimerais beaucoup savoir qui, alors, était-ce.
2
Base Spatiale / Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz
« Dernier message par Kaz L. le vendredi 07 août 2026, 22:44:14 »
Les basses arrivent avant le dispensaire. Elles remontent les conduites d'aération comme un second souffle, s'insinuent dans les passerelles métalliques et font vibrer les rambardes rouillées que les habitants ne remarquent même plus. Sous les semelles, l'acier pulse avec régularité, comme si tout le bloc possédait un cœur mécanique dissimulé dans ses entrailles.

Puis, lorsqu'on tend l'oreille au-delà du grondement électronique...

Une guitare. Quelques accords clairs, presque poussiéreux.

Le chant lointain d'un violon vient s'y mêler, mélancolique, avant d'être englouti par des nappes synthétiques et une ligne de basse profonde. Un mélange étrange. Inattendu. Une vieille âme habillée de néons.

La musique ne cherche pas à couvrir le vacarme de la ville. Elle semble au contraire dialoguer avec lui.
À l'intérieur, les murs vibrent au même rythme que les lampes suspendues.

Une guirlande lumineuse clignote paresseusement au-dessus d'étagères encombrées de bocaux, de composants cybernétiques et de flacons étiquetés d'une écriture vive. Des outils pendent à des panneaux magnétiques. Plusieurs drones médicaux glissent silencieusement dans la pièce, leurs diodes colorées traçant de brèves lueurs bleutées dans l'air saturé d'odeurs d'antiseptique, de métal chaud... et de café oublié depuis bien trop longtemps.

Au milieu de ce désordre méticuleusement organisé… Kaz L.

Elle ne voit plus rien d'autre que son patient. Ses cheveux, dont les racines se parent d'un bleu saphir profond avant de se fondre progressivement dans un violet intense jusqu'aux pointes, sont relevés à la va-vite en un chignon maintenu par deux longues aiguilles d'acier. Quelques mèches rebelles ont déjà retrouvé leur liberté et oscillent au rythme des basses. Ses avant-bras tatoués disparaissent sous des gants chirurgicaux.

Ses yeux, eux, ne quittent jamais la plaie.
- Dronix, aspiration.

Le petit appareil pivote aussitôt.
- Aspiration en cours.

Une sonde vient remplacer une pince. Une pince succède à un fil de suture. Chaque geste trouve naturellement le suivant. Sans hésitation. Sans empressement. Comme si ses mains dansaient avec la musique plutôt que de lutter contre elle.

Un bip discret résonne.
- Pression stabilisée.

La jeune femme laisse échapper un léger sourire.
- Tu vois ? Je t'avais dit que tu pouvais attendre deux petites minutes avant de mourir.

Le patient, encore conscient malgré l'anesthésie locale, laisse échapper un souffle qui ressemble autant à un rire qu'à une grimace.
- Ouais...

- Merci. Ça m'arrange.

Une dernière suture. Puis une autre. Elle serre délicatement le fil. Le coupe. Observe son travail quelques secondes. Presque aucune marque. Comme toujours.
- Voilà...

Elle incline légèrement la tête, visiblement satisfaite.
- Tu reviendras dans une dizaine de jours. Et cette fois, essaie d'éviter les balles. Elles finissent par devenir répétitives.

Le blessé esquisse un sourire fatigué.
- J'vais essayer...

- Je note ça dans ton dossier : patient optimiste.

À cet instant...

Quelque chose change. Pas un bruit. Une absence.

Les basses continuent de faire vibrer les murs. Les drones poursuivent leur ronde. Mais, derrière tout cela...

Des pas. Lourds. Irréguliers. Le frottement d'un corps que l'on soutient. Le souffle plus court de quelqu'un qui porte bien plus que son propre poids. La Doc n'a pas besoin de lever la tête. Elle écoute.
Son regard glisse machinalement vers l'écran holographique où défilent encore les constantes de son patient. Ses doigts retirent leurs gants. Un. Puis l'autre. Elle les laisse tomber dans le collecteur.

Dehors. Une silhouette s'immobilise devant la porte. Une autre s'affaisse contre le mur.

Le bois renforcé vibre sous une main qui hésite un bref instant. À l'intérieur, un des drones annonce calmement :
- Salle opératoire disponible.

Kaz tend simplement la jambe. Du bout de sa chaussure, elle presse une petite pédale métallique fixée au pied de son établi. Instantanément, la musique baisse d'un cran. Pas complètement. Juste assez pour laisser davantage de place aux voix.

Elle attrape une compresse propre. Essuie distraitement ses mains. Puis tourne enfin la tête vers l'entrée. Ses yeux malachite se posent sur la porte...

Au moment précis où celle-ci s'ouvre. Un homme apparaît. Grand. Armé. Le souffle court. Les vêtements encore marqués par la poussière et la poudre.

Et, malgré la distance, Kaz remarque aussitôt plusieurs détails. La façon dont ses épaules restent contractées. Sa respiration un peu trop haute. Une légère raideur dans sa jambe gauche. Une éraflure récente sur sa manche. Il tient encore debout. Mais il a puisé loin dans ses réserves.

Son regard descend ensuite vers l'homme adossé contre le mur. Le sang. Beaucoup trop de sang. Une plaie abdominale. Probablement profonde. Le diagnostic s'esquisse déjà dans son esprit avant même qu'elle n'ait approché.

Son expression ne change pas. Ni surprise. Ni inquiétude. Simplement cette concentration paisible qui semble remplacer toutes les autres émotions lorsqu'une vie est en jeu.

Sa voix s'élève enfin, couverte par les dernières notes du morceau. Calme. Naturelle. Comme si cette scène faisait simplement partie de son quotidien.
- Ne restez pas sur le seuil.

Elle désigne d'un signe de tête la seconde table d'intervention déjà débarrassée et préparée. Son éternel sourire insolent revient éclairer son visage.
- Posez-le là.

Une infime pause.

Son regard revient sur Jack, l'observe encore une seconde. Puis ajoute avec une simplicité presque désarmante :
- Et vous aussi.

Elle penche légèrement la tête.
- Vous boitez.
3
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« Dernier message par Kaz L. le vendredi 07 août 2026, 22:35:27 »
Euh... je ne vous tiens pas la chandelle et je ne sais pas cuisiner le 4 quart !
4
Prélude / Prométhée
« Dernier message par Kaz L. le vendredi 07 août 2026, 22:33:38 »
Bienvenue à toi ô Grande Asperge
5
Le coin du chalant / Oseriez-vous croiser son chemin ?
« Dernier message par Kaz L. le vendredi 07 août 2026, 22:13:35 »
Chalant de Kaz L.


Méthodes de Communications
Par ce biais voyons. Je ne suis qu'une simple novice.

Niveau d'Activité et Niveau Recherché
Tout niveau serait appréciable.

Les sujets tabous ou non-désirés
- Scatophilie,
- Urophilie,
- Gangbang,
- Violence imposée,
-  Actes envers des enfants...


Les paramètres acceptables
- Platonique,
- Sérieux,
- Polyamoureux,
- Bisexualité...
Après tout, lisez la fiche, vous comprendrez.
:D

Les Trames
- Avant l'intégration dans un certain équipage, vous avez croisez le chemin de la douce tarée parce q'elle cherchait du matériel médical légal ou non,
- Vous avez fait une énoooooooooorme boulette et cherchez refuge ou soin,
- Vous êtes capables de surprendre ma chère Doc, je vous laisse le soin d'imaginer et de tester, surprise garantie.
- Vous faites partis d'une bande ou d'un équipage, essayez donc de la recruter et de lui faire quitter son dispensaire.


Les Doublettes
Nein nein nein

A la recherche de nouveaux joueurs ou non.
6
Les contrées du Chaos / Re : Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia
« Dernier message par Weyrith le vendredi 07 août 2026, 03:21:35 »

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L’Oracle l’avait appelé et il se trouvait devant lui. Tourbillon de Vents entremêlés. Que faisait-il là ? Maintenant qu’il y était, il doutait. Mais il posa quand même la question. Cette question, il ne s’en rappelait plus exactement. Et il ne se rappelait plus vraiment de la réponse de l’Oracle. Les faits étaient flous. Il avait plus reçu une certitude et un cap au fond de lui, une guidance légitimée par le pouvoir de la certitude.

Après cela, rien ne l’avait arrêté.

Il avait humilié et détruit Mogdarr, le soumettant à ses ordres.

Il avait traité ses compagnons comme des serviteurs.

Il les avait conduits dans un piège.

Lethyssia était là. Elle l’avait provoqué. Elle lui avait révélé les plans de son maître. Pour ça, il l’avait dominée. Une énergie impensable s’était emparée de lui, le genre d’énergie qu’il n’avait pu déployer avant de devenir le Grand-Maître du Cercle de l’Oubli, bien plus tard.

Il avait vaincu la succube et avait gagné sa dévotion.

Il avait sauvé ses amis.

Tous.

Sauf une.

« WEEEEEEEEEY !!! »


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Le hurlement de terreur de Vanaiel avait percé les voiles du Temps pour lui revenir avec la même clarté qu’alors. Il se rappelait. Il se rappelait. Et avec cette déchirure de la trame, il se rappela d’autres choses.

Mais il ne parvenait pas à comprendre ce qui l’assaillait. Il y en avait trop. Amis et ennemis se superposaient les uns sur les autres à la vitesse de l’éclair. Les événements se mélangeaient, anéantissant ses pensées et ses raisonnements. Il sentait sa conscience s’éteindre, diluée dans la tempête brutale balayant son crâne. Il se tendit, serra les dents, grogna.



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Les Vents le calmèrent.

Il se retrouvait devant l’Oracle. Là-bas, au temple. Mais pas vraiment. Il avait vaguement conscience de ne pas être là et de faire face à une projection de son esprit. Un réflexe de survie, une sauvegarde d’urgence de sa santé mentale. Une manière de couper court au chaos pour lui permettre de réémerger.

L’Oracle, tourbillon sans visage, était devant lui, autour de lui. Il n’interagissait pas avec lui. Il régnait une ambiance étrange. La sérénité qu’inspirait les sifflements bienveillants de l’entité était comme ternie par autre chose. Il ne l’avait pas réalisé en s’y rendant, mais il se rappelait. Il se rappelait l’avoir ressenti, là-bas. Il se rappelait.

L’Oracle n’avait pas parlé.


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De violentes convulsions s’emparaient soudain de lui. Il restait debout, perché sur la pointe de ses pieds, le corps tordu, tendu à l’extrême. Il faisait un malaise sévère. Autour de lui, les Vents devinrent une barrière infranchissable et solide qui menaçait d’éroder les chairs de tout être cherchant à l’approcher.



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Devant lui, une silhouette noire se tenait. Ce n’était pas les Vents. Mais ça en faisait partie. C’était ce qui lui semblait. La silhouette lui ressemblait étrangement. Elle lui sourit, des yeux incandescents le fixant avec une fierté malsaine tandis que, soudain, une voix aussi suave qu’impérieuse tonnait dans son crâne.

« IL ÉTAIT TEMPS ! LE TEMPS FILE, TU SAIS ! ET TU AS UNE CHOSE A FAIRE POUR MOI, FILS ! »


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Pendant une seconde, le temps sembla se suspendre dans la pièce où se tenaient Weyrith et Thyia. Les Vents stoppèrent. Les secousses aussi. Un silence total envahit tout tandis qu’une chape de plomb s’abattait étrangement sur les lieux.

Puis, une explosion d’énergie fit tout basculer, venue de l’Empereur, qui s’éleva brièvement avant de retomber sur ses pieds. Son teint était livide, ses traits creux et noircis, et ses yeux brûlaient d’un feu surnaturel, rouge et crépitant d’une magie sauvage. Ces mêmes yeux se posaient sur la créature, durs et furibonds. Et quand elle l’entendit reprendre la parole, elle réalisa qu’il ne bougeait pas les lèvres, et qu’elle l’entendait directement dans sa tête, impossible à éviter.

« Toi… Qu’est-ce que tu m’as fait… ?! »

Weyrith serra les poings, puis il se relâcha d’un coup et tendit un doigt.

Les Vents s’abattirent soudain sur Thyia, l’enveloppant si fort qu’elle perdit sa capacité à se disperser, prisonnière de sa forme, tandis qu’elle était rejetée dans le bassin qu’elle ne sentait même pas, ni l’eau à l’intérieur. Coupée du monde, elle le percevait sans le sentir à cause de l’enveloppe élémentaire l’emprisonnant.

Elle vit la silhouette sinistre de l’engeance cachée de Pazuzu se dresser subitement au-dessus d’elle et, à une vitesse surnaturelle, s’abattre sur sa personne. Weyrith l’étudia avec un plaisir sadique et en se frottant les mains.

« Bon, comment on se débarrasse de toi ? Peut-être qu’en déshydratant jusqu’à la dernière molécule de ce qui te compose… Hahaha ! Tentons ça ! »

L’eau du bassin se mit à bouillir soudainement et une chaleur extrême enveloppa la créature aquatique, qui se sentit changer par la force de la physique sans pouvoir se disperser, et la pression à l’intérieur du cocon de vents solide la tenant grimpa en flèche, lui donnant l’impression d’imploser. Un rire rauque et narquois s’échappa de la gorge du Weyrith transformé, qui la regardait souffrir avec une joie évidente.



Ailleurs, Arkhavel Solmyrion arrêta ce qu’il était en train de faire. Le véritable Grand-Maître du Cercle de l’Oubli fit des yeux ronds et scruta une direction avec anxiété.

Ah non, songea-t-il avec irritation ! Hors de question ! Il deviendrait trop dangereux !

Le mystérieux comploteur ferma les yeux, se détendit et murmura une prière silencieuse.



Weyrith cessa soudainement ce qu’il faisait et il se figea avec un rictus inquiet, comme si ce qu’il était réalisait ce qui allait se passer. Il essaya d’articuler quelque chose, un refus d’être encore une fois circonscrit. Mais la gemme à son front brilla et sembla aspirer son pouvoir avant de s’en décharger en un clignement d’œil, s’éteignant aussi vite qu’elle s’était allumée.

Le flash passé, Weyrith réapparut comme il avait été avant, tel que Thyia l’avait découvert à son réveil. L’eau avait cessé de bouillir, son corps reprenait forme, et les Vents la quittèrent, se dissipant soudain, la laissant retomber dans un bassin tiédi.

L’Empereur, lui, chancela, une mine absente sur le visage, et, tombant à genoux, bascula sur ses talons et en arrière, s’étalant de l’autre côté du bassin.

Il y eut un bref instant de calme suspendu avant que Mogdarr fasse irruption à nouveau. Mais, déjà, Weyrith émergeait.

« Je savais qu’il fallait pas te laisser seul avec ! Qu’est-ce qui se p… »

L’Orque se tut en voyant les deux individus allongés dans son énorme baignoire, apparemment tranquilles, et un supérieur clairement pas affecté par un quelconque affrontement qui viendrait de se tenir. Car comme il émergeait, Weyrith semblait, en effet, n’avoir aucun souvenir de ce qui venait de se produire. Il regarda alentour avec étonnement avant de scruter brièvement Thyia, puis de lancer à son général :

« Sors, je te prie. »

Le guerrier ronchonna, mais il s’exécuta, une fois de plus, et le silence retomba comme l’Elfe et la créature se fixaient.

« Je ne veux pas savoir ce qu’il s’est passé, commença à dire Weyrith, car je pense qu’il est mieux que j’aie oublié. Quoi que tu aies fait, Thyia, es-tu satisfaite du résultat ? »
7
Depuis le moment où il avait posé les yeux sur Séliane, Franz s’était posé une question à son sujet : pouvait-elle être prise de cours, surprise, troublée ? Il n’avait pas encore eu de raison d’y croire, la plaçant sur un plan d’existence particulièrement élevé, comme une personne considérant la vie comme une étape d’un tout plutôt que comme un temps fini à prolonger ad infinitam. Évidemment, c’était une chose particulière à songer pour un Démon théoriquement immortel, mais Franz s’était plus approché des mortels que de son genre depuis des décennies maintenant, et ses pensées en étaient affectées.

Ainsi, voir sa consœur perturbée au point de rester muette et de ne pouvoir dissimuler l’émotion puissante la traversant lui fit courir un frisson à travers l’échine. Elle pouvait bien être affectée par les choses. Et ce qu’elle avait vu y était parvenu. Cette fleur. Une fleur de Veille-Lune, comme elle l’appelait. Le démon posa son regard dessus pensivement comme elle parlait, s’interrogeant sur sa nature, son pouvoir, et sur la réalité de la menace pouvant peser sur la Terre.

Une chose était sûre : cette chose ne devait pas exister. Si la professeure était bien informée et si son monde était anéanti, alors une espèce endémique ne pouvait arriver par une faille. Elle ne devrait plus exister. Les théories se bousculaient. La logique aurait voulu qu’elle se trompe et que son monde existe encore, mais quelque chose lui disait qu’elle avait bien raison. A partir de là, les déductions étaient larges, allant du monde parallèle à la terraformation d’un autre monde, en passant par la survie de son monde dans un état transitoire ou une dimension interstitielle, ou par une contamination remontant à loin et jusque là jamais perçue.

Quoi qu’il en soit, elle avait raison : ils allaient devoir travailler ensemble, car cette affaire les touchait tous deux au même titre. Il posa sur elle un regard entendu, mêlant gravité et reconnaissance. Il se sentait, en effet, un peu dépassé par la situation. C’était quelque chose qui lui arrivait très rarement. A dire vrai, ça ne lui était jamais arrivé. Pas à ce point. Il était pourtant un enfant de Belphegor ayant reçu une part de son génie hermétique pour malédiction héréditaire. Il savait des choses qu’il ne savait pas encore et les découvrait en lui en les étudiant. C’était ce qui avait fait de lui un si bon scientifique. Mais aujourd’hui, il se sentait perdu. Et ce n’était pas normal.

« J’aurai bien besoin d’une consœur, admit-il avec calme. »

Ses yeux retrouvèrent la fleur et l’avisèrent encore un bref instant avant de se relever dans les ambres grêlés d’éclats de saphir de ses yeux. Il ne les avait pas remarqués si frappants, et il s’y perdit quelques secondes avant de cligner des yeux et de se ressaisir. Il se referma aussi, immédiatement, craignant d’avoir laissé son aura se diffuser vers elle lors de cet interlude béat.

« Mais il va falloir être plus ouverte sur certaines choses, souligna-t-il alors. Ces fleurs de Veille-Lune… Que sont-elles et quel est leur danger ? Et comment s’en serait-il trouvée une ici si elles sont censées avoir été… détruites avec votre monde ? »

Franz réalisa qu’il parlait assez abruptement, avec une froideur analytique, d’un drame qui affectait encore réellement sa compagne de recherche. Il fit une grimace, baissa la tête et soupira.

« Pardonnez-moi. »

La redressant, il se fit plus doux.

« Comprendre est dans ma nature. Je déteste ne pas y parvenir. »
8
Base Spatiale / Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz
« Dernier message par Jack Marston le jeudi 06 août 2026, 03:56:33 »
Fisk était bien connu des gens du bloc. Dans les tréfonds de cette interminable mégalopole, sur ce monde sans fond, la proximité était redevenue la seule norme, la seule référence accessible à l’esprit humain. Ici, on ne se sentait pas concerné par les affaires des hauteurs. Chaque bloc de chaque fondation de chaque arcologie de la cité gigantesque les surmontant fonctionnant comme son propre petit monde à l’insu de ceux vivant au-dessus. Ici, des gens comme Fisk étaient connus. Ils étaient connus parce que leurs actes influençaient des vies.

En l’occurrence, Fisk était un chasseur de têtes pour le réseau de proxénétisme le payant. C’était un organisme criminel tentaculaire dont les extrémités couvraient de nombreux blocs et allaient se perdre jusqu’aux cimes, et personne ne cherchait donc à saisir son existence. Fisk était le proxénète. Il échangeait des profils intéressants contre de belles sommes de devises et obtenait souvent une réponse favorable. Les gens étaient, tout simplement, plongés dans la misère plus souvent que bercés par le confort.

Mais Fisk était aussi un escroc. Lorsqu’il ne trouvait pas ce qu’il cherchait par des moyens conventionnels, des moyens que certains ici diraient honorables, ou honnêtes, il s’arrangeait pour forcer ses cibles, les plongeant dans des situations dont lui seul pouvait les sortir. C’était déjà d’une cruauté sans nom, mais il avait aussi fini par atteindre le plus bas creux du caniveau en payant ses victimes avec des faux. Une association de victimes avait fini par se constituer et avait survécu assez longtemps pour rassembler une somme suffisante pour solder Fisk. Il semblait que même ses patrons cherchaient désormais une excuse pour le remplacer.

Jack avait répondu présent. Il avait conduit la Banshee ici pour faire installer la dernière optimisation de son scanner de failles auprès d’un mécanicien d’un bloc voisin, et il avait reçu l’annonce et pris le contrat le temps d’attendre que ce soit fait. Un malfrat prétentieux à prendre vivant. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?


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« Et merde ! Me claque pas entre les doigts ! »

Fisk s’étouffa dans un rire sanguinolent, apparemment indifférent à son sort. Il avait compris que si son agresseur mystérieux le voulait en vie, c’était pour le livrer à quelqu’un. Ca voulait dire qu’il allait se faire torturer un moment avant de crever. Il en avait conscience. Pourtant, une partie de lui espérait encore de survivre, aussi tenait-il son pansement compressif gorgé de sang fermement pour chercher à limiter le saignement.

Jack râlait. Ça s’était mal passé. Très mal. L’informateur qu’il avait dégoté l’avait envoyé dans un guet-apens, lui donnant l’adresse non pas de la planque personnelle du trafiquant d’âmes damnées, mais d’un tripot clandestin rempli de criminels et de joueurs peu enclins à se laisser déranger. Dès qu’il avait poussé la porte, et après quelques secondes de réalisation des deux côtés, les armes avaient commencé à sortir et les détonations s’étaient déchaînées. Le Tanexien ignorait comment il s’en était sorti. Il lui semblait que certains en avaient profité pour tenter de régler une dette et que la fusillade était devenue confuse, beaucoup de tireurs se reportant vers d’autres cibles avec inquiétude et tirant sur tous ceux qui faisaient mine de diriger leurs viseurs sur eux avec la même anxiété.

Il avait fini par coincer Fisk, mais le gars l’avait accueilli en se jetant sur lui avec un poignard à monofilament. C’était une belle saloperie, extrêmement coupante. Jack avait réagi pour survivre, esquivé le coup, détourné la force du bandit et retourné l’arme contre lui, lui perçant le foie dans un coup sec et brutal avant de réaliser son erreur. Maintenant, il traînait sa prime en passe de périmer, vomissante et chancelante, jusqu’au dispensaire que quelqu’un lui avait indiqué de quelques mots, semblant comprendre qu’une vie devait être sauvée.

On lui avait dit qu’à un moment, il pourrait se guider aux vibrations des basses. Qu’il y serait presque alors. Et il se savait donc presque rendu. Il ne cherchait pas à comprendre dans quel genre d’endroit il arrivait. Il voulait juste empocher sa prime. Tant pis s’il en dépensait une bonne partie dans les soins de ce tocard.

Quelque chose, cependant, lui laissa penser qu’il risquait d’avoir du mal à y parvenir. En effet, comme il approchait de la porte, son oreille entraînée remarqua soudain un autre rythme irrégulier accompagner les drones mathématiques. Il y avait une fusillade à l’intérieur. Quelle veine ! Il risquait de retrouver le médecin mort à présent. Refusant de laisser tomber et concentré sur son objectif, il laissa Fisk glisser le long du mur et s’asseoir près de la porte avant de se préparer à intervenir, et de faire tout son possible pour secourir la personne tenant ce curieux établissement.
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Base Spatiale / Re : Alunissage improvisé [PV Jack Marston]
« Dernier message par Jack Marston le jeudi 06 août 2026, 02:22:58 »
Curieusement, Adel l’Arcaniste ne semblait pas trop inquiet de la situation dont il prenait conscience. Il semblait certes déboussolé, ou alors sous le choc, mais il était présent et disponible, et c’était déjà cela. Il était capable de contribuer, et c’était tout ce que Jack pouvait lui demander.

Par la verrière du poste de contrôle, ils purent voir l’engin manœuvrer autour d’eux en cherchant l’écoutille. Ils la trouveraient bientôt, si ce n’était déjà fait, et il fallait qu’ils soient en place à ce moment.

En comparaison du leur, ce n’était pas un gros appareil. Leur embarcation était un ancien cargo militaire, avec de larges soutes, cela dit, alors que celui de leurs agresseurs était sûrement optimisé pour le transport de troupes lui-même et les actions offensives. Le chasseur de primes inspira profondément, expira doucement, regardant l’appareil adverse disparaître dans un angle mort avant de se retourner vers Adel.

« Tu te rappelles notre discussion sur nos rôles respectifs ? »

En apprenant que l’invité de dernière minute était capable de soigner, Jack lui avait glissé, pour plaisanter, qu’il pourrait le remettre sur pieds après qu’il ait dessoudé tous ceux qui se mettraient sur leur chemin. Il ne s’attendait pas à ce que cet échange devienne prophétique, mais ils y étaient, et le Tanexien sortit son énorme revolver pour en ouvrir le barillet. Il était déchargé, mais il commença à chercher des balles du bout des doigts pour y remédier. Même s’il n’y connaissait sûrement pas grand-chose, Adel avait dû voir des images de balles sur Terre. Elles étaient à la fois similaires et très différentes, clairement plus complexes et dotées de pointes colorées, ainsi que de traits de couleur comme sur les vieilles résistances électriques qu’on étudiait encore à l’école à certains endroits. Jack connaissait ses codes couleur et, pour éviter tout dégât à sa nouvelle acquisition, il avait opté pour des têtes creuses à détonation ciblée. C’était moins méchant qu’une balle explosive et ça ne perçait pas grand-chose mais, quand ça faisait mouche, ça faisait de sérieux dégâts sans en mettre partout ni risquer de faire des trous indésirables. Avec de la chance, les bandits auraient eu la même idée, pour peu qu’ils aient ce qu’il fallait.

« Viens avec moi, et fais ce que tu peux. »

Il referma le barillet, et remit l’arme dans son rangement. Le moment était grave et solennel. C’était le type d’instant où, sur Terre, le réalisateur sortirait les cuivres larmoyants pour saluer le courage des guerriers condamnés. Mais Jack adressa un regard serein à son compagnon, et un sourire tranquille.

« On peut les avoir. »

Il n’en savait rien. Mais il devait y croire. Il ne pouvait pas douter, ou ce serait déjà fini.

« Suis-moi ! Il faut y être avant eux ! »

Le gaillard s’élança dans la coursive et prit un escalier les conduisant au niveau inférieur. Il trotta plus loin et prit un autre escalier, plus long, plus profond, les conduisant dans une salle spacieuse et entièrement vide. Peut-être les grandes portes trahiraient la fonction du lieu : c’était le petit hangar du bord. Mais ce n’était pas leur destination. Jack ouvrit une porte pour déboucher sur un espace bien plus vaste. Il s’étirait devant eux sur des dizaines de mètres et peut-être le tiers ou la moitié de cette distance en largeur. Le plafond était très haut. Ça ressemblait à un entrepôt. C’était la fameuse soute. Jack avait le pressentiment qu’ils essaieraient d’attaquer par là, là où l’espace et les obstacles leur fourniraient le plus d’options tactiques et le meilleur avantage. Ils ignoraient que ce grand espace était entièrement vide.

Le Tanexien alla vers une cloison et la longea, avant de s’arrêter derrière une des larges charpentes métalliques de la structure du vaisseau, alors qu’un choc lourd suivi de claquements se faisaient entendre. Jack ressortit son arme, se mit aux aguets. Les agresseurs étaient en train de forcer l’écoutille, et ils y parviendraient assez vite. Ils n’avaient pas le temps de beaucoup tergiverser, et il se tourna vers Adel une fois de plus, lui adressant un sourire déterminé.

« Paré ? »

Un crissement annonça le forçage de l’écoutille et des bandits surpris commencèrent à débouler un par un par l’accès circulaire étroit qu’ils s’étaient ouverts. Le chasseur de primes souffla, désenclencha la sécurité de son arme, et finit par s’élancer.

« Go ! »

Il y avait quatre malfrats déjà à bord. Une première vague chargée d’établir la meilleure position d’entrée possible. Ils étaient lourdement armés pour cette tâche, sans doute avec les meilleures armes de la bande. Ils étaient là, déçus, se demandant où se mettre, quand la masse de Jack les prit de court. Le vétéran poussa un cri et caressa la détente de son revolver. Les quatre coups trouvèrent une cible et les bandits se retrouvèrent à terre, réduits à l’état de poupées de chiffon sans vie, avant d’avoir réussi à réagir réellement.

Jack déboula devant l’écoutille ouverte et tomba nez à nez avec un autre bandit qui, effaré, lui adressa des yeux ronds avant qu’une balle lui troue le front et fasse éclater sa cervelle dans un double bang. Derrière lui, le second leva son arme, mais il s’écroula vite. Le troisième tenta un repli, se retrouva face à son camarade restant et, pris de panique, le poussa à terre. Jack visa l’homme à terre et mit fin à ses jours avant de se remettre à couvert. Il adorait ce flingue, mais il n’avait que sept balles au barillet, l’obligeant à recharger au plus vite. Il espérait juste qu’Adel ait suivi et puisse trouver une chose à faire.
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Prélude / Re : Prométhée
« Dernier message par Prométhée le mercredi 05 août 2026, 15:58:37 »
Merci
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