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Les contrées du Chaos / Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia
« Dernier message par Thyia Tapsus le vendredi 07 août 2026, 23:55:51 »Le monde se tait. Pas réellement. Quelque part derrière les parois éventrées du chariot, le convoi continue d'exister. Les voix des orcs s'élèvent encore par instants, étouffées par le bois et les tentures. Une roue grince sur son axe. Une bête souffle lourdement. Le vent extérieur soulève par moments une toile déchirée.
Mais ici… Ici, il n'y a plus rien. Seulement lui… Et moi.
Je n'ai pas encore compris ce qui vient de se produire.
Une seconde auparavant, je regarde ses vents avec cette curiosité presque enfantine qui me pousse à m'approcher de lui. Je cherche à comprendre leur nature, leur lien avec cet être étrange qui semble à la fois les commander et les subir.
Puis ses yeux changent. Et quelque chose répond en lui. Je le sens avant même de le voir. Une présence étrangère. Quelque chose de plus ancien que sa colère. Plus sombre que son pouvoir. Une chose qui ouvre les yeux derrière les siens. Son doigt se tend et les vents me frappent.
Je n'ai même pas le temps de devenir eau. Ils me saisissent avant. Le choc est brutal.
Mon corps se contracte sous la pression invisible tandis que quelque chose se referme autour de moi avec une violence qui n'a rien de naturel. Mes contours se figent. Chaque goutte qui compose ma forme semble soudain séparée des autres, prisonnière d'une force qui refuse de me laisser retourner à mon état liquide.
Je veux me disperser. Rien.
Je veux rejoindre le bassin. Rien.
L'eau est là. Je la sens. Je sais qu'elle est là. Pourtant elle ne répond plus. C'est comme être plongée dans l'océan derrière une paroi de verre. Je peux le voir. Je peux savoir qu'il est mien. Mais aucun courant ne vient à ma rencontre.
Pour la première fois depuis mon arrivée ici, quelque chose m'empêche réellement d'être ce que je suis.
Mon regard se lève. Et je le vois. Ou plutôt… Je vois ce qui se tient au-dessus de moi. La silhouette possède quelque chose de Weyrith. Quelque chose de profondément déformé aussi. Ses traits semblent porter son visage sans réellement lui appartenir. Ses yeux brûlent d'une lueur qui n'a rien de l'iris lavande que j'observe quelques instants auparavant.
Je ne comprends pas ce qu'il est. Mais je comprends immédiatement une chose. Il est dangereux.
Un sourire étire ses lèvres. Il frotte ses mains avec une satisfaction presque enfantine.
- Bon, comment on se débarrasse de toi ? Peut-être qu'en déshydratant jusqu'à la dernière molécule de ce qui te compose…
Son rire résonne contre les parois.
- Hahaha ! Tentons ça !
La chaleur arrive. D'abord doucement. Une sensation presque imperceptible sur ma peau.
Puis elle augmente. Le bassin tout entier semble frémir. Des bulles apparaissent autour de moi. Une. Puis deux. Puis des dizaines.
L'eau commence à bouillir. Je ne bouge pas.
Pas parce que je ne souffre pas. Mais parce que quelque chose dans cette douleur vient de capter toute mon attention. La chaleur pénètre mon élément. Elle cherche à le modifier. À l'arracher à sa nature.
Et je sens bientôt la pression changer à son tour. Le cocon de vents se resserre. Mon corps ne peut ni s'étendre, ni se disperser, ni fuir. La chaleur augmente. La pression aussi. Mes doigts se crispent. Une douleur sourde remonte dans mes bras tandis que ma forme liquide cherche instinctivement à se défaire, à rejoindre les eaux environnantes.
Impossible.
Les vents me maintiennent. Alors, durant quelques secondes, je ne fais rien. Je regarde simplement Weyrith. Ou cette chose qui parle avec sa voix. Dans mon regard, il n'y a pas la peur qu'il espère peut-être. Il y a de la surprise.
Puis…
De la compréhension. Une petite étincelle passe dans mes yeux turquoise. Il veut me déshydrater. Il veut utiliser la chaleur contre moi. Il ignore simplement quelque chose. Une chose essentielle. L'eau n'est pas seulement mon refuge. Elle est mon élément. Et sa température… Je peux la changer.
Mes lèvres s'entrouvrent. Un souffle passe entre elles. Puis l'eau bouillante s'immobilise. Une seule seconde. Comme si l'océan lui-même venait de retenir son souffle. La chaleur recule. Pas progressivement. Brutalement. Les bulles cessent. La vapeur suspendue dans le cocon se condense presque aussitôt, retombant en gouttelettes froides sur ma peau.
Puis la température continue de chuter. Encore. Encore. L'eau passe de brûlante à chaude. De chaude à tiède. De tiède à froide.
Et finalement… glaciale.
Une fine pellicule de givre se forme sur les bords du bassin. Le rire de Weyrith semble soudain étranger dans cette nouvelle atmosphère.
Je relève lentement les yeux vers lui. La douleur n'a pas disparu. Les vents sont toujours là. La pression me retient toujours prisonnière de ma propre forme. Mais quelque chose a changé.
Un sourire apparaît sur mes lèvres. Infime. Presque imperceptible. Pas un sourire de défi. Un sourire de découverte.
- Alors c'est ainsi que tu fonctionnes…
Je ne peux toujours pas me disperser. Je ne peux toujours pas toucher l'eau libre. Mais désormais, l'eau autour de moi n'est plus son arme. Elle redevient la mienne. Même prisonnière, je peux encore agir sur elle.
Je fais doucement bouger un doigt. Le froid répond. Une onde glaciale traverse le bassin. Le bois craque.
Une fine couche de glace se développe autour des rebords avant de se briser sous la pression des vents.
Je relève légèrement le menton. Mon regard ne quitte plus celui de Weyrith. Et pour la première fois depuis que j'ai rencontré cet être… je ne me demande plus jusqu'où va sa puissance.
Je me demande ce qu'il est.
Parce que quelque chose en lui vient de tenter de me tuer avec une cruauté presque joyeuse. Et pourtant… je ne retrouve pas entièrement Weyrith dans cette cruauté. Il y a autre chose. Une volonté. Une présence. Une ombre qui semble porter son visage.
Je veux l'observer davantage. Comprendre. Alors même que mes chairs élémentaires souffrent sous la pression, ma curiosité demeure.
C'est presque absurde. Presque fascinant. Puis quelque chose se produit.
Weyrith s'arrête. Son rire meurt. Son expression change. Une inquiétude traverse ses traits. Comme s'il venait soudain de comprendre que quelqu'un d'autre est présent. Quelqu'un qu'il ne contrôle pas. Je le vois porter une main vers son front. La gemme incrustée dans sa peau s'illumine. Une lumière vive. Brutale.
Je n'ai pas le temps de réagir. Le pouvoir se retire de lui comme une marée aspirée par un gouffre. L'instant suivant, l'ombre disparaît. Les vents cessent. La chaleur s'effondre. Et je tombe.
L'eau m'accueille dans un fracas glacé. Mon corps se disperse presque aussitôt avant de se reformer lentement au centre du bassin. Je reste immobile. L'eau ruisselle autour de moi. Froide. Très froide. Mes cheveux pâles flottent autour de mon visage.
Je respire. Une fois. Puis une seconde. Mes griffes s'enfoncent légèrement dans le fond du bassin. De l'autre côté, Weyrith vient de s'effondrer.
Je le regarde. Longtemps. Puis je tourne légèrement la tête. Quelque chose vient de disparaître de lui. Quelque chose que je ne comprends pas encore. Et cela me dérange davantage que la douleur. Parce que j'ai presque atteint quelque chose.
Une profondeur. Une réponse. Et soudain… Elle m'est retirée. J’en veux. Encore. Qu’elle revienne.
Des pas lourds résonnent à l'extérieur. Je n'ai même pas besoin de regarder pour savoir qui approche. La porte vole presque une nouvelle fois. Mogdarr apparaît dans l'encadrement. Son regard passe de Weyrith à moi. Puis au bassin. Puis de nouveau à Weyrith.
Son expression se décompose.
- Je savais qu'il fallait pas te laisser seul avec ! Qu'est-ce qui se p…
Il s'interrompt. Je le regarde. Il me regarde. Puis son regard descend vers l'eau étrangement froide autour de moi. Il renifle. Je ne dis rien. Weyrith, lui, bouge.
Il émerge lentement, comme quelqu'un qui revient d'un sommeil particulièrement profond. Son regard parcourt la pièce avec incompréhension. Puis il me voit. Ses yeux s'arrêtent sur moi. Je ne gesticule pas. Il demande à Mogdarr de sortir. L'Orc ronchonne quelque chose d'incompréhensible avant de disparaître finalement derrière l'ouverture béante.
Le silence retombe.
Weyrith se tourne alors vers moi. Il ne sait plus. Je le comprends immédiatement. Il ne se souvient pas. Ses yeux cherchent une réponse dans les miens.
Et lorsqu'il parle, sa voix a retrouvé cette étrange simplicité qui lui appartient.
- Je ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé.
Je l'observe sans répondre.
- Je pense qu'il est mieux que j'aie oublié. Quoi que tu aies fait, Thyia…
Il marque une pause.
- Es-tu satisfaite du résultat ?
Je reste silencieuse. Puis mes lèvres s'étirent lentement. Pas le sourire émerveillé que j'ai eu devant ses vents. Pas celui, prédateur, que j'ai offert à l'assassin. Quelque chose entre les deux. Parce qu'il vient de me montrer une nouvelle profondeur. Et que, désormais, je sais une chose que lui-même ignore peut-être encore.
Je n'ai pas seulement découvert Weyrith. J'ai découvert qu'il existe quelque chose en lui qui peut prendre sa place.
Mon regard glisse brièvement vers la gemme de son front. Puis revient à ses yeux.
- Non.
Ma voix glisse doucement sur l'eau glacée. Je penche légèrement la tête.
- Je ne suis pas satisfaite.
Un instant de mutisme. Puis mon sourire s'accentue.
- Je suis intriguée.
Et cette fois, mes yeux brillent d'une curiosité beaucoup moins innocente.
- Parce que ce n'était pas toi.
Je laisse ces quelques mots flotter entre nous. Puis je plonge lentement mes doigts dans l'eau. Une petite vague glacée vient mourir contre le bord du bassin.
- Mais j'aimerais beaucoup savoir qui, alors, était-ce.
Mais ici… Ici, il n'y a plus rien. Seulement lui… Et moi.
Je n'ai pas encore compris ce qui vient de se produire.
Une seconde auparavant, je regarde ses vents avec cette curiosité presque enfantine qui me pousse à m'approcher de lui. Je cherche à comprendre leur nature, leur lien avec cet être étrange qui semble à la fois les commander et les subir.
Puis ses yeux changent. Et quelque chose répond en lui. Je le sens avant même de le voir. Une présence étrangère. Quelque chose de plus ancien que sa colère. Plus sombre que son pouvoir. Une chose qui ouvre les yeux derrière les siens. Son doigt se tend et les vents me frappent.
Je n'ai même pas le temps de devenir eau. Ils me saisissent avant. Le choc est brutal.
Mon corps se contracte sous la pression invisible tandis que quelque chose se referme autour de moi avec une violence qui n'a rien de naturel. Mes contours se figent. Chaque goutte qui compose ma forme semble soudain séparée des autres, prisonnière d'une force qui refuse de me laisser retourner à mon état liquide.
Je veux me disperser. Rien.
Je veux rejoindre le bassin. Rien.
L'eau est là. Je la sens. Je sais qu'elle est là. Pourtant elle ne répond plus. C'est comme être plongée dans l'océan derrière une paroi de verre. Je peux le voir. Je peux savoir qu'il est mien. Mais aucun courant ne vient à ma rencontre.
Pour la première fois depuis mon arrivée ici, quelque chose m'empêche réellement d'être ce que je suis.
Mon regard se lève. Et je le vois. Ou plutôt… Je vois ce qui se tient au-dessus de moi. La silhouette possède quelque chose de Weyrith. Quelque chose de profondément déformé aussi. Ses traits semblent porter son visage sans réellement lui appartenir. Ses yeux brûlent d'une lueur qui n'a rien de l'iris lavande que j'observe quelques instants auparavant.
Je ne comprends pas ce qu'il est. Mais je comprends immédiatement une chose. Il est dangereux.
Un sourire étire ses lèvres. Il frotte ses mains avec une satisfaction presque enfantine.
- Bon, comment on se débarrasse de toi ? Peut-être qu'en déshydratant jusqu'à la dernière molécule de ce qui te compose…
Son rire résonne contre les parois.
- Hahaha ! Tentons ça !
La chaleur arrive. D'abord doucement. Une sensation presque imperceptible sur ma peau.
Puis elle augmente. Le bassin tout entier semble frémir. Des bulles apparaissent autour de moi. Une. Puis deux. Puis des dizaines.
L'eau commence à bouillir. Je ne bouge pas.
Pas parce que je ne souffre pas. Mais parce que quelque chose dans cette douleur vient de capter toute mon attention. La chaleur pénètre mon élément. Elle cherche à le modifier. À l'arracher à sa nature.
Et je sens bientôt la pression changer à son tour. Le cocon de vents se resserre. Mon corps ne peut ni s'étendre, ni se disperser, ni fuir. La chaleur augmente. La pression aussi. Mes doigts se crispent. Une douleur sourde remonte dans mes bras tandis que ma forme liquide cherche instinctivement à se défaire, à rejoindre les eaux environnantes.
Impossible.
Les vents me maintiennent. Alors, durant quelques secondes, je ne fais rien. Je regarde simplement Weyrith. Ou cette chose qui parle avec sa voix. Dans mon regard, il n'y a pas la peur qu'il espère peut-être. Il y a de la surprise.
Puis…
De la compréhension. Une petite étincelle passe dans mes yeux turquoise. Il veut me déshydrater. Il veut utiliser la chaleur contre moi. Il ignore simplement quelque chose. Une chose essentielle. L'eau n'est pas seulement mon refuge. Elle est mon élément. Et sa température… Je peux la changer.
Mes lèvres s'entrouvrent. Un souffle passe entre elles. Puis l'eau bouillante s'immobilise. Une seule seconde. Comme si l'océan lui-même venait de retenir son souffle. La chaleur recule. Pas progressivement. Brutalement. Les bulles cessent. La vapeur suspendue dans le cocon se condense presque aussitôt, retombant en gouttelettes froides sur ma peau.
Puis la température continue de chuter. Encore. Encore. L'eau passe de brûlante à chaude. De chaude à tiède. De tiède à froide.
Et finalement… glaciale.
Une fine pellicule de givre se forme sur les bords du bassin. Le rire de Weyrith semble soudain étranger dans cette nouvelle atmosphère.
Je relève lentement les yeux vers lui. La douleur n'a pas disparu. Les vents sont toujours là. La pression me retient toujours prisonnière de ma propre forme. Mais quelque chose a changé.
Un sourire apparaît sur mes lèvres. Infime. Presque imperceptible. Pas un sourire de défi. Un sourire de découverte.
- Alors c'est ainsi que tu fonctionnes…
Je ne peux toujours pas me disperser. Je ne peux toujours pas toucher l'eau libre. Mais désormais, l'eau autour de moi n'est plus son arme. Elle redevient la mienne. Même prisonnière, je peux encore agir sur elle.
Je fais doucement bouger un doigt. Le froid répond. Une onde glaciale traverse le bassin. Le bois craque.
Une fine couche de glace se développe autour des rebords avant de se briser sous la pression des vents.
Je relève légèrement le menton. Mon regard ne quitte plus celui de Weyrith. Et pour la première fois depuis que j'ai rencontré cet être… je ne me demande plus jusqu'où va sa puissance.
Je me demande ce qu'il est.
Parce que quelque chose en lui vient de tenter de me tuer avec une cruauté presque joyeuse. Et pourtant… je ne retrouve pas entièrement Weyrith dans cette cruauté. Il y a autre chose. Une volonté. Une présence. Une ombre qui semble porter son visage.
Je veux l'observer davantage. Comprendre. Alors même que mes chairs élémentaires souffrent sous la pression, ma curiosité demeure.
C'est presque absurde. Presque fascinant. Puis quelque chose se produit.
Weyrith s'arrête. Son rire meurt. Son expression change. Une inquiétude traverse ses traits. Comme s'il venait soudain de comprendre que quelqu'un d'autre est présent. Quelqu'un qu'il ne contrôle pas. Je le vois porter une main vers son front. La gemme incrustée dans sa peau s'illumine. Une lumière vive. Brutale.
Je n'ai pas le temps de réagir. Le pouvoir se retire de lui comme une marée aspirée par un gouffre. L'instant suivant, l'ombre disparaît. Les vents cessent. La chaleur s'effondre. Et je tombe.
L'eau m'accueille dans un fracas glacé. Mon corps se disperse presque aussitôt avant de se reformer lentement au centre du bassin. Je reste immobile. L'eau ruisselle autour de moi. Froide. Très froide. Mes cheveux pâles flottent autour de mon visage.
Je respire. Une fois. Puis une seconde. Mes griffes s'enfoncent légèrement dans le fond du bassin. De l'autre côté, Weyrith vient de s'effondrer.
Je le regarde. Longtemps. Puis je tourne légèrement la tête. Quelque chose vient de disparaître de lui. Quelque chose que je ne comprends pas encore. Et cela me dérange davantage que la douleur. Parce que j'ai presque atteint quelque chose.
Une profondeur. Une réponse. Et soudain… Elle m'est retirée. J’en veux. Encore. Qu’elle revienne.
Des pas lourds résonnent à l'extérieur. Je n'ai même pas besoin de regarder pour savoir qui approche. La porte vole presque une nouvelle fois. Mogdarr apparaît dans l'encadrement. Son regard passe de Weyrith à moi. Puis au bassin. Puis de nouveau à Weyrith.
Son expression se décompose.
- Je savais qu'il fallait pas te laisser seul avec ! Qu'est-ce qui se p…
Il s'interrompt. Je le regarde. Il me regarde. Puis son regard descend vers l'eau étrangement froide autour de moi. Il renifle. Je ne dis rien. Weyrith, lui, bouge.
Il émerge lentement, comme quelqu'un qui revient d'un sommeil particulièrement profond. Son regard parcourt la pièce avec incompréhension. Puis il me voit. Ses yeux s'arrêtent sur moi. Je ne gesticule pas. Il demande à Mogdarr de sortir. L'Orc ronchonne quelque chose d'incompréhensible avant de disparaître finalement derrière l'ouverture béante.
Le silence retombe.
Weyrith se tourne alors vers moi. Il ne sait plus. Je le comprends immédiatement. Il ne se souvient pas. Ses yeux cherchent une réponse dans les miens.
Et lorsqu'il parle, sa voix a retrouvé cette étrange simplicité qui lui appartient.
- Je ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé.
Je l'observe sans répondre.
- Je pense qu'il est mieux que j'aie oublié. Quoi que tu aies fait, Thyia…
Il marque une pause.
- Es-tu satisfaite du résultat ?
Je reste silencieuse. Puis mes lèvres s'étirent lentement. Pas le sourire émerveillé que j'ai eu devant ses vents. Pas celui, prédateur, que j'ai offert à l'assassin. Quelque chose entre les deux. Parce qu'il vient de me montrer une nouvelle profondeur. Et que, désormais, je sais une chose que lui-même ignore peut-être encore.
Je n'ai pas seulement découvert Weyrith. J'ai découvert qu'il existe quelque chose en lui qui peut prendre sa place.
Mon regard glisse brièvement vers la gemme de son front. Puis revient à ses yeux.
- Non.
Ma voix glisse doucement sur l'eau glacée. Je penche légèrement la tête.
- Je ne suis pas satisfaite.
Un instant de mutisme. Puis mon sourire s'accentue.
- Je suis intriguée.
Et cette fois, mes yeux brillent d'une curiosité beaucoup moins innocente.
- Parce que ce n'était pas toi.
Je laisse ces quelques mots flotter entre nous. Puis je plonge lentement mes doigts dans l'eau. Une petite vague glacée vient mourir contre le bord du bassin.
- Mais j'aimerais beaucoup savoir qui, alors, était-ce.









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