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Mélinda Warren

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  • FicheChalant

    Description
    Petite vampire qui aime mordre des fesses <3
« Monday you roll the dice
Tuesday you fall through the ice
Wednesday you're coming to terms
Thursday the nightmare returns
Thank god it's friday
Thank god it's friday
»

Dans le manoir de Mélinda, il y avait des petits rituels. L’un de ces rituels, curieux, était de mettre en boucle à 17h30, tous les Vendredi, une musique de rock de Mudmen, Saturday, afin d’accueillir la venue du WE. Le WE signifiait en effet la possibilité de faire la grasse matinée, et, surtout, de ne pas avoir à porter l’uniforme scolaire, ce qui, il fallait bien le dire, enchantait la plupart des adolescents. Ceux qui vivaient sous le toit de Mélinda ne faisaient pas exception. Dans une confortable chambre, la délicate propriétaire des lieux souriait légèrement. Assise sur un élégant fauteuil, elle caressait une neko qui ronronnait sur ses genoux, tout en entendant plusieurs des filles répéter à tue-tête les paroles qui rugissaient depuis les enceintes du grand salon :

« That’means’that SAAAAAATURDAAAAAYYYY is on the WAAAAAAAAY, wooooooh !!! »

Diriger tout un troupeau de lycéennes, c’était parfois savoir s’exposer à ce genre de choses. Elles ne faisaient toutefois rien de mal, et un peu de gaieté dans ce manoir, après les évènements récents, n’était pas de trop. Le manoir avait après tout été au cœur d’une guerre démoniaque, et en avait subi quelques traces. Toute une aile avait été pulvérisée, et il avait fallu refaire une bonne partie du mobilier. La vue triste des échafaudages et des bâches de sécurité longeant toute une partie du manoir était déprimante. La Sombra Corporation avait néanmoins été plutôt efficace pour les réparations et pour l’amélioration des protocoles de sécurité du manoir. Ce dernier ressemblait maintenant à une espèce de forteresse digne de Big Brother. La Sombra était une puissante corporation japonaise dont la PDG était une succube ashnardienne, ainsi que la plupart des actionnaires, des Ashnardiens.

Mélinda se reposait, savourant de ne plus sentir dans l’air l’odeur du ciment et du placo. Il en allait de même pour ses esclaves, même si ces dernières avaient largement profité du fait d’avoir des ouvriers pour se permettre de petits fantasmes. Les ouvriers avaient installé un préfabriqué dans le jardin, qui se tenait encore là, ainsi que quelques pelleteuses qui avaient été utilisés pour évacuer les gravats.

Depuis Lundi, Mélinda n’était pas retournée au lycée, ayant supervisé la fin des travaux. Son manoir ressemblait enfin à quelque chose, et elle s’était aussi familiarisée avec les protocoles de sécurité. On avait sensiblement augmenté le nombre de caméras de sécurité, et chaque fenêtre disposait maintenant de volets en acier qui se refermaient quand le manoir passait en mode « Siège », comme l’avait dit l’une des esclaves de Mélinda quand elle avait présenté le nouveau règlement. Mélinda avait également des gardes du corps à l’entrée du manoir. Si on pouvait auparavant y entrer facilement, les invités ne pouvaient maintenant pénétrer que sur autorisation explicite de Mélinda. Il y avait également des gardes du corps dans l’enceinte du manoir. Mélinda réduirait sûrement leur nombre, car ils n’étaient pas gratuits, mais, pour l’heure, elle attendait que cette crise soit éloignée. Même si l’histoire avec Alexis et sa famille de démons psychotiques s’était calmée, on n’était jamais à l’abri d’un autre problème.

Tout le long du mur d’enceinte, on avait installé des cristaux magiques qui empêchaient désormais de se téléporter à l’intérieur d’un dôme magique. L’installation n’était pas encore au point. Il fallait rajouter à cela différents capteurs sensoriels fixés discrètement sur les troncs d’arbres, et qui prévenaient encore plus les risques d’intrusions.

La neko qui se tenait sur ses genoux, Liana, était une délicieuse neko serveuse, qui travaillait aussi bien au harem sur Ashnard, que dans ce manoir de repos. A l’origine, elle devait juste apporter un Coca-Cola à Mélinda, mais cette dernière en avait profité pour la prendre sur ses genoux, et lui faire un câlin. Depuis l’épisode des démons, Liana avait été éprouvée, ce qui, pour une petite neko, signifiait beaucoup. Dans sa tenue de maid, elle avait reçu un câlin en règle, et Mélinda entendit alors son portable vibrer. Tournant la tête, elle tendit la main vers la table basse, à côté de son verre de Coca avec une paille, et lut le message. Court et lapidaire, venant de Shii, qui lui en avait déjà envoyé plusieurs :

« Yamagashi-sensei et moi venons de quitter le métro. Nous serons là rapidement. »

Mélinda eut un léger sourire, et reposa le téléphone. Si Shii était en retard, c’est parce qu’elle avait été retenue, à son dernier cours, par Hitomi. Cette dernière avait manifestement envie de parler à Mélinda, mais ne l’avait pas vu de la semaine, et avait donc demandé à Shii si elle pouvait l’accompagner au manoir. Cette dernière avait envoyé un SMS à Mélinda, qui y avait répondu par l’affirmative.

Quelques minutes plus tard, Shii arriva devant le portail, et un garde du corps la dévisagea silencieusement, regardant tout aussi brièvement Hitomi, d’un air soupçonneux.

« Votre carte d’identification, Mademoiselle » demanda-t-il sur un ton neutre.

Obtempérant, Shii ouvrit son porte-feuilles. Désormais, chaque esclave, pour rentrer dans le manoir, avait une carte plastifiée faite par la Sombra, sans laquelle il était impossible de rentrer. Shii suivait ensuite le garde près d’une petite machine, où ce dernier vérifia que la carte n’était pas une fausse. Pour cela, dans le portique de sécurité, il y avait une machine permettant de relever les empreintes de Shii. La machine envoyait l’empreinte digitale aux bases de données de la Sombra. Les puissants superordinateurs renverraient ensuite un code qui devait correspondre au numéro d’identification sur la carte. Un chiffre ne tarda pas à s’afficher sur l’écran d’un ordinateur portable, que le garde lut, et compara avec celui sur la carte :

« MW 000000125 »

D’un air satisfait, le garde hocha la tête, et se tourna alors vers Shii, avant de désigner la femme.

« Qui êtes-vous ? »

Shii répondit à sa place.

« C’est... C’est ma senseï d’anglais, Madame Yamagashi. Maîtresse Mélinda désire la voir. »

L’agent de sécurité ne dit rien, et se contenta d’appeler la Maîtresse pour obtenir confirmation. Cette dernière confirma, et les grilles s’ouvrirent alors, permettant aux deux femmes de passer. Nerveuse, comme à chaque fois qu’elle se tenait avec des gardes, Shii soupira lentement, et marcha vers le perron. Dans le salon, elle ne tarda pas à entendre des espèces d’adolescentes hystériques rugir en dansant furieusement, et s’empressa de rejoindre les couloirs latéraux, où sa Maîtresse se trouvait. Lorsqu’elle ouvrit la porte du salon où se tenait Mélinda, la vampire entendit des airs de musique. Mudmen avait laissé place à Shaka Ponk, et elle entendit une lycéenne hurler :

« I’M PIICCCKKKKYYYYYYYYYYYYYYYYYY ! »

Ce cri fit sursauter la brave Liana, qui tomba par terre. Une autre raison justifiant qu’elle soit avec Mélinda était que, la dernière fois qu’elle avait assisté à cette fête, on l’avait habillé, coiffé, et maquillé n’importe comment. Elle préférait donc rester près de sa Maîtresse. Lorsque la porte se referma, la musique ne fut plus qu’un léger brouhaha, et Mélinda tourna la tête vers Hitomi, lui faisant un grand sourire :

« Bonsoir, Hitomi. Je suis heureuse de te revoir. »
« Modifié: mars 10, 2015, 02:11:14 am par Princesse Alice Korvander »

DC d’Alice Korvander.

Consultez ce topic pour une présentation détaillée de mes personnages.

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Yamagashi Hitomi

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Kyle m'a laissé un mois qui n'est pas de tout repos pour l'instant. Je l'ai déjà trompé deux fois, et volontairement. Je ne sais pas s'il me connais assez pour s'en douter mais quelque part je l'espère. La facilité que j'ai eu à lui mentir la dernière fois m'a terrifiée moi-même. Je commence même à caresser l'idée de lui mentir jusqu'au bout. Mais je me bats contre cette idée si tentante. En plus de me serrer la ceinture du mieux que je peux, je veux aussi faire le ménage dans ma vie avant de l'y inviter pour de bon. Je suis tellement stressée que j'ai fait n'importe quoi aujourd'hui. Pas moyen de me concentrer avec l'épreuve que je me suis prévue aujourd'hui.

J'ai attrapé Shii à la sortie du cours et heureusement que c'était elle. La lycéenne ne m'a pas posé de question quand je lui ai dit que je voulais voir Mélinda au plus vite. Forcément, au plus vite est devenu immédiatement. Rien d'étonnant à cela, Mélinda est une impulsive et elle m'adore. Chaque fois qu'on se retrouve dans la même pièce on fini toutes les deux épuisées, couvertes de sperme et de cyprine. Cette fois elle risque de ne plus m'aimer du tout avec ce que je vais lui annoncer. J'espère qu'elle ne le prendra pas trop mal mais je ne me fais pas vraiment d'illusion. S'il y a un mot qu'elle ne supporte pas d'entendre : c'est non.

C'est presque héroïque de ma part de venir à elle. Une accro au sexe qui file dans le grand manoir luxueux et rempli de lycéennes voraces pour affronter une véritable reine de la tentation. Et en plus de lui refuser son corps, décliner son offre de jeunesse éternelle, qui s'accompagne de fortunes colossales, de pouvoirs qui dépassent de loin ma condition, et de plaisirs sans borne. Faire ça par amour ne va rien arranger. Mélinda va-t-elle en rire ou en être jalouse ? Dans un cas comme dans l'autre elle ne lâchera sans doute pas le morceau comme ça.

Et pour achever de ma rassurer le manoir a bien changé. Une partie a l'air en travaux, et je vois au moins trois gardes armés avant d'atteindre la porte d'entrée. Je vis avec un flic depuis des semaines et j'ai été prise en otage, ça vous apprend à reconnaître les cow-boys en tous genres. Ceux-là font peur. Si Shii n'était pas là pour se porter garante je n'ose pas imaginer à quelle vitesse je me retrouverai jetée dans la rue. Depuis que je l'ai rencontrée j'ai toujours été à la merci de Mélinda, d'une façon ou d'une autre. C'est la première fois que cette idée me terrifie autant.

À l'intérieur ma conviction prend un nouveau coup. Il y a de la musique à fond, de jeunes filles à moitié nues dansent un peu partout en chantant à tu-tête. Je viens pour gâcher la fête. J'aurai dû attendre d'avoir Mélinda en cours, mais il est trop tard. Vu le mal que j'ai eu à entrer je ne pense pas ressortir facilement. Je m'efforce de rester calme en suivant Shii jusqu'à la porte d'un salon où je découvre une surprise de plus. Si cette fille est déguisée c'est plus que convaincant.

Pas son costume de soubrette, aussi court qu'on pourrait l'attendre entre ces murs. Elle a des oreilles et une queue de chat ! Elle est mignonne, ça je ne peux que le reconnaître. Et elle bouge avec une grâce et une agilité très conforme à ses attributs félins. Mais je n'ai jamais vu une telle... Fille ? Une ligne de plus dans la longue liste des choses incroyables que j'ai vu à Seikusu. Et même avant d'arriver dans cette ville j'avais vu des choses rares. En tous cas, après les drôles de dames de la dernière fois, j'encaisse assez bien cette découverte.

Mélinda est assise dans un grand fauteuil. Elle tourne ses grands yeux d'émeraude vers moi avec un grand sourire.

" Bonsoir, Hitomi. Je suis heureuse de te revoir. "

Je m'accorde un dernier frisson, une hésitation le temps d'avaler ma salive. Inutile de la ménager, elle est trop intelligente pour ça. Je reste debout à mi-chemin du fauteuil. Ça doit déjà lui sembler bizarre : d'habitude on ne tient pas dix secondes sans au moins s'embrasser.

" Moi aussi Mélinda. "

Je ne peux pas non plus tout lui dire d'un coup, en présence de Shii. La lycéenne est son esclave heureuse et consentante. Si elle me voyait refuser la générosité de Mélinda, lui renvoyer tous les privilèges qu'elle m'a accordés, elle pourrait se poser des questions.

" J'ai réfléchi à ta proposition. On peut parler en privé ? "

Je ne dois vraiment pas avoir l'air à l'aise, plantée comme ça au milieu de la pièce, serrant des deux mains la poignée de ma serviette. La vampire a déjà dû remarquer d'autres détails inhabituels. Mon tailleurs gris le plus terne, l'absence de bas, et surtout la façon dont j'évite son regard. Je suis toujours aussi décidée, mais ça ne me fait pas plaisir.



Mélinda Warren

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« Moi aussi Mélinda. »

Avant même qu’elle ne le dise, Mélinda savait déjà. Hitomi n’avait jamais su mentir. Elle était... Trop honnête pour ça. Ou trop naïve. Avant même qu’elle ne parle, Mélinda avait senti que quelque chose la tracassait. Il y avait tellement d’indicateurs qu’il était impossible de se méprendre.

Son sang, pour commencer. Agité. Nerveux. Rapide. Rien à voir avec les ondulations habituelles qu’elle avait en venant la voir. Était-ce les vigiles qui l’avaient désarçonné à ce point ? Mélinda aurait pu le penser, s’il n’y avait les autres éléments.

Ses vêtements, pour continuer. Elle ne venait jamais sans des bas, ou sans autre chose que ce tailleur gris et fade, qui la faisait ressembler à une vieille grand-mère acariâtre. Hitomi savait que Mélinda aimait le luxe, et Mélinda lui avait offert suffisamment de belles robes pour qu’elle sache qu’il était préférable de les mettre en sa présence. En effet, quand Mélinda la voyait, chez elle, habillée comme un sac, elle avait tendance à utiliser ses griffes pour déchirer ses vêtements. Ou alors, Hitomi était exprès venue pour ça, pour qu’elle déchire ses vêtements, y trouvant là une sauvagerie fascinante et excitante. Tout était possible avec cette femme. Cet élément était donc également insuffisant, mais d’autres encore permettaient d’affiner la réflexion.

Ses yeux, pour finir. Le sang et les yeux étaient indéniablement les meilleurs indicateurs. Ils ne mentaient pas, sauf chez les professionnels. Tout passait dans le regard. Tout s’exprimait à travers les froncements de sourcils, les pupilles. Quand on faisait son métier, il fallait savoir lire les expressions corporelles, et, dans ce domaine, rien n’était plus suggestif que les yeux. Hitomi avait le regard fuyant, et un regard fuyant, ça voulait dire beaucoup. Elle n’osait pas regarder Mélinda, comme si elle désirait inconsciemment installer entre elles une distance qui n’avait jamais vraiment existé, comme si... Comme si elle avait peur de la regarder.

Alors, Mélinda comprit. Elle sentit son cœur chavirer, et s’étonna de ressentir une telle réaction. Elle s’en étonna tellement qu’elle ne put la dissimuler. Elle battit précipitamment des sourcils, et ses ongles s’enfoncèrent dans le cuir du fauteuil, tandis que sa neko se mit à prendre soudainement peur. Liana était une neko, la neko de Mélinda, et ce depuis de nombreuses années, et baissa prudemment les yeux.

« J'ai réfléchi à ta proposition. On peut parler en privé ? »

C’était presque comme si on lui enfonçait un pieu dans le cœur. Ni plus ni moins. Mélinda ferma les yeux pendant deux secondes, et, quand elle les rouvrit, ce fut pour parler d’une voix très claire :

« Shii, Liana, veuillez laisser Hitomi et moi... Seules. Nous avons à parler. »

Liana n’en attendit pas plus. A quatre pattes, elle se mit à filer à côté d’Hitomi, et Shii la suivit, refermant la porte, les laissant seules. Mélinda soupira alors, et tendit une main vers un fauteuil. Qu’Hitomi ne l’ait pas embrassé, ou même salué, était clair. Elle devait probablement avoir envie de mourir. Ou alors, elle était plus inconsciente que ce que Mélinda croyait. Dans tous les cas, elle avait intérêt à avoir une bonne raison.

« Installe-toi », glissa Mélinda.

Elle attendit qu’Hitomi s’installe sur un fauteuil, juste en face d’elle. Mélinda la regarda alors silencieusement, pendant quelques longues et pesantes secondes. On n’entendait même plus la musique. Pas un son ne venait mettre fin à ce silence lourd et pesant. C’était comme si Mélinda essayait de sonder l’âme d’Hitomi, de comprendre ce qui se passait, ce qui avait bien pu pousser la senseï à faire preuve d’une telle erreur. Mélinda voyait mille façons d’aborder la question, mais elle décida de le faire en parlant du ton le plus neutre possible :

« Pourquoi ? » lâcha-t-elle simplement.

Mélinda elle-même s’étonnait de son sang-froid. Elle se sentait comme une femme au bord d’une falaise qui s’effritait rapidement. Tôt ou tard, elle risquait de basculer sous les ondulations du vent. Hitomi était celle qui la retiendrait pour l’empêcher de basculer... Ou celle qui la pousserait dans le vide.

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Yamagashi Hitomi

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Ce ne sera vraiment pas la peine de la ménager. Je n'ai jamais vu Mélinda en colère, mais je sais qu'elle l'est. C'est allé plus vite que je ne le croyais. Ses doigts sont crispés sur les accoudoirs de son fauteuil et sa voix est glaciale, ou du moins elle me glace le sang. Si la soubrette est vraiment en partie animale, alors la voir filer à cette vitesse est un signe. Cette fois j'ai vraiment peur de ce qui va se passer, j'en frissonne. Si Mélinda était humaine, avec son caractère et ses moyens, lui dire non serait stupide. Alors une vampire qui passe comme elle veut d'un monde a l'autre passe sa vie à torturer des gens pour qu'ils en viennent à l'aimer.

" Installe-toi "

Je n'hésite pas une seconde, mais je ne m'assieds vraiment qu'au bord du fauteuil. Au-delà de la peur, je me sens vraiment mal à l'aise. Je viens quand pour lui donner une mauvaise nouvelle, et après tout ce qu'il y a eu entre nous je me sens ingrate. Je rougis même de honte sous son regard inquisiteur. Est-ce que je dois déjà y voir des reproches ? Sûrement. J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure et je transpire, j'étouffe. D'habitude ces symptômes là témoignent d'un tout autre mal.

" Pourquoi ? "

L'entendre sur un ton si détaché m'ébranle encore plus. Pourquoi ? Pourquoi "quoi" ? Pourquoi je veux lui parler seule à seule ? Ou pourquoi je refuse son offre, si elle a déjà deviné ça ? Je ferme les yeux pour prendre une grande inspiration. Quand ce n'est pas facile à dire, autant le dire vite. Je me force à la fixer dans les yeux pour lui répondre.

" J'ai rencontré quelqu'un, Mélinda. Tant que je ne saurais où ça va me mener, je préfères qu'on arrête de se voir. Et je veux rester humaine. Désolée. "

C'est le moment de me faire comprendre que j'ai plus rien à faire chez elle, ou de me sauter à la gorge. Et à cet instant précis je n'ai pas la moindre véritable idée de ce qu'elle va faire. Au lit elle est un livre ouvert. Mais nous n'avons jamais parlé de cette façon, il doit bien y avoir une raison.

Mélinda Warren

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Peur ? Aurait-elle peur ? Mélinda n’avait encore rien dit, mais Hitomi avait raison d’être peur. Elle qui pensait connaître Mélinda risquait sans doute de réaliser qu’il y avait plusieurs facettes de sa personnalité qu’elle n’avait probablement pas bien compris. Si tel était le cas, elle n’aurait jamais commis cette folie de venir en face lui opposer un refus. C’est pourtant ce qu’elle avait fait, pleine de ses convictions, prenant à deux mains son courage pour se lancer. Sans doute fallait-il y voir là une preuve du profond respect qu’Hitomi éprouvait pour elle... Ou autre chose. Comme si elle cherchait à se prouver quelque chose. Elle était une femme intelligente. Du moins, Mélinda l’avait cru. Mais elle ne devait pas l’être tant que ça. Une femme intelligente aurait accepté l’offre de la vampire. N’importe qui de censé l’aurait accepté. Il fallait être un humain pour la refuser. Et c’est précisément ce qu’elle fit.

« J'ai rencontré quelqu'un, Mélinda. Tant que je ne saurais où ça va me mener, je préfères qu'on arrête de se voir. Et je veux rester humaine. Désolée. »

Tombant comme une sentence, quatre petites phrases résonnèrent. Bien des choses auraient alors pu se passer à ce moment précis. La vampire aurait pu pleurer. Elle aurait pu déchiqueter les accoudoirs, elle aurait même pu rire devant une telle excuse. Elle se contenta de ne pas bouger, et un silence assez dérangeant s’installa. Silencieuse, Mélinda ne bougeait pas d’un poil, ne remuait pas d’un seul cil, comme si son cerveau était bloqué, comme si elle n’avait pas compris ce qu’Hitomi venait de lui dire. Les secondes défilèrent, et le silence devint de plus en plus pesant, troublé par quelques accords de musique qui venaient détoner avec ce qui s’était passé.

Et Mélinda ferma les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, elle se mit à parler.

« A travers les âges, quand des vampires ont proposé à d’autres l’offre que je t’ai faite, il y a eu bien des refus. Bien des manières de le dire, bien des façons de le formuler, mais, en somme, on peut résumer brièvement les raisons qui poussent quelqu’un à refuser ce don. »

Difficile de dire à quoi Mélinda pensait. Elle avait appris depuis ses cinq ans, depuis que son frère la battait, que les gardes la violaient sous le rire goguenard de son père, à dissimuler ses pensées, à se forger un masque de fer. Et la souffrance qu’elle sentait dans son cœur lui rappelait de douloureux échos de ce passé qu’elle croyait oublié. De ce passé lointain où, petite fille, on l’enfermait dans le noir, et où elle pleurait. Que Mélinda ne s’énerve pas était probablement ce qui était le plus inquiétant. Qu’elle conserve son calme était probablement encore plus terrifiant de la voir se ruer sur Hitomi.

« Certains refusent par conviction religieuse, comme s’ils étaient persuadés que les vampires sont... Des créatures que les Dieux n’aiment pas, ne désirent pas. A ceux-ci, nous ne pouvons que leur trancher la gorge et les tuer, car, si les Dieux ne voulaient pas de nous, la sélection naturelle aurait amené l’espèce des vampires à disparaître. Nous les tuons par charité, par pitié. Les individus d’une telle bêtise ne méritent qu’une mort rapide et indolore. Les vampires, Hitomi, ne sont rien de plus que des seigneurs. Notre nombre peu élevé fait de notre race une race élitiste, et la difficulté qu’il y a à nous rejoindre confirme ce caractère élitiste. Maudits des Dieux ? Nous sommes au contraire la race bénie des Dieux. Bien plus libres que n’importe laquelle des espèces de la Création. »

Mélinda suivait un fil conducteur dans son long discours, et parlait sur un ton étrangement calme et détaché, comme si elle racontait un documentaire. Son cœur saignait. Elle avait grandi avec la souffrance, l’avait éduqué, et poursuivit sa petite explication, laissant à Hitomi le soin d’essayer de comprendre où elle voulait en arriver :

« D’aucuns refusent également parce qu’ils ont peur de ne pas devenir vampires. La transformation est en effet une étape extrêmement douloureuse. Nous tuons ces gens en leur tranchant la gorge. Ceux qui ont peur de souffrir ont peur de vivre, car la douleur est l’expression-même de la vie. Les tuer est donc, là aussi, un acte de pitié et de charité. »

Tout en parlant, l’une de ses griffes raclait le cuir du fauteuil, rythmant ses propos par des déchirures. N’importe laquelle de ses esclaves n’aurait sans doute pas reconnu leur Maîtresse. On lui avait dit quelque chose, on lui avait refusé quelque chose, et ceci méritait une séance de torture bien prononcée. Pourtant, elle n’avait manifesté aucun mouvement envers Hitomi.

« D’autres, enfin, refusent parce qu’ils ont peur de ne plus pouvoir procréer. Ceci est la seule excuse que je suis en droit de tempérer, car, effectivement, être vampire nous empêche de procréer... Pour une écrasante majorité des vampires, dont je fais malheureusement partie. A cela, nous leur disons donc de procréer rapidement, pour être ensuite transformées en vampires. Ton excuse minable, Hitomi, est une offense à tout ce qui est d’intelligent et de rationnel dans tous les endroits de la Création. Rien que pour cela, je devrais t’arracher la langue, et te forcer à la bouffer en la coupant en petits morceaux sur une assiette. »

Cette dernière phrase avait été prononcée avec un profond mépris. Dans un film, tout le discours de Mélinda aurait sans doute été accompagné d’une légère musique d’ambiance, et c’était à ce moment que les coups de tambours avaient rebondi.

« Mais peut-être que ce n’est pas une excuse. Si je comprends bien, tu refuses... Tu refuses de devenir éternelle, de devenir une femme au charme, à la beauté, à la puissance éternelles.. Par amour ? L’amour devrait probablement t’inciter à me rejoindre, alors je ne peux m’empêcher de penser... »

Un léger silence suivit cette phrase relativement mal construite. Mélinda se tapota les lèvres, comme si elle réfléchissait, et ses griffes revinrent gratter sur le cuir de l’accoudoir.

« Est-ce un homme ? Une femme ? Peu importe, dans le fond. C’est certainement un humain. Un humain que tu aimes, et qui, assurément, doit t’aimer. Un lien d’amour... Un lien qui ne tient qu’à une vie, et qui empêche le nôtre de s’accomplir. Est-ce une proposition, Hitomi ? Car, dans ce que tu m’as dit, ce que j’ai compris, c’est qu’un homme nous empêchait d’être réunies. »

La griffe de Mélinda se retira alors du fauteuil, et elle lâcha sur un ton macabre, fixant intensivement Hitomi :

« Et je suppose que tu sais maintenant à quel point un humain est fragile. »

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Yamagashi Hitomi

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Je ne sais pas si son discours est calculé mais c'est l'impression que ça me fait. Sans doute parce que je connais ce genre de scènes. On se croirait dans un de mes romans de dark fantasy, le côté moderne en plus. Et dans ces histoires, quand ça casse : c'est pas à moitié. Je ne suis pas la première à refuser ce qu'elle m'offre, et bien sûr j'ai mes raisons. Elle me fait l'étalage de toutes celles qu'elle a entendu, en précisant bien ce que rapporte ce genre de refus. La semaine dernière je ne l'aurais pas pensée capable de m'égorger, mais aujourd'hui je n'en suis plus certaine. Les vampires sont des seigneurs, les seigneurs sont des gamins pourris gâtés qui ne supporte pas qu'on pense différemment d'eux.

Les convictions religieuses, je ne suis pas assez hypocrite pour en avoir. Et franchement ce ne sont pas les griffes et les crocs qui font les vrais monstres. Malgré la peur qui me tient, et qui me donne bien envie de la couper pour que ça pète, j'ai encore du mal à croire que j'en ai un en face de moi. En fait je pense le contraire : c'est moi le monstre. Elle n'est pas humaine, d'une beauté démoniaque que suis fichue de trouver encore plus troublante quand elle se pare de colère sourde. Elle joue avec la vie de jeunes filles trop contente de s'offrir à elle, et elle sans doute des flots de sangs sur les mains. Mais moi je viens couper les ponts, sec et net, après lui avoir promis que je ne l'abandonnerais jamais.

Et je veux croire que ça compte plus que la blessure d'orgueil qu'elle évite soigneusement de me décrire. Je pourrais encore la couper à tout moment, ne serait-ce que pour la rassurer. J'ai dit ce que j'avais à dire, je lui laisse son tour. Et j'écoute. Peur de souffrir ? Évidemment, il faudrait être complètement fou pour ne pas en avoir peur. C'est même la seule chose qui me fasse peur. Je suis peut-être métisse mais je descend d'une vieille famille irlandaise, la mort ne me fait pas peur. J'ai cru la voir arriver quelques fois, je l'ai même cherchée. Elle n'est jamais venue, parce qu'elle ne s'était pas annoncée.

Souffrir est vraiment la seule chose qui m'effraie. Sans doute pas de la façon qu'elle croit, pourtant sa "charité" aurait été la bienvenue en une occasion. Mais quand je l'entends parler de "procréer", toute vampire qu'elle est, c'est moi qui suis prise d'une irrépressible envie de lui sauter à la gorge. " Va te faire engrosser si ça te chante", c'est comme ça qu'elle compte convaincre une femme de rester avec elle pour l'éternité ? La perspective de voir ma propre langue servie dans une assiette n'est pas de trop pour me retenir. Mais je vais pas me dégonfler sous la menace, pas question.

" Car, dans ce que tu m’as dit, ce que j’ai compris, c’est qu’un homme nous empêchait d’être réunies. "

Je me retient de sourire. L'homme en question, mon homme, je la vois mal lui passer dessus par la force. Pour un peu je lui donnerais même son adresse : elle ne serait pas déçue du voyage. Le seul être humain fragile dans l'histoire : c'est moi. Et je me suis promise de ne pas être un boulet pour Kyle. Il a assez de problèmes sans récolter les miens. À mon tour de répliquer, et puisqu'elle ne veut pas faire dans la dentelle, allons-y franco !

" Je te donne raison sur un point : je suis vraiment conne et irrationnelle. Ne vient pas me dire que ça te surprend, tu en as bien profité. Tu me connais assez. Même si je suis raide dingue de ce mec, je serais incapable de lui rester fidèle plus de trois jours d'affilés. J'ai pas tenu une semaine avant de le tromper, deux fois. Et quand il l'apprendra, parce que je vais le lui dire, il y a de bonnes chances qu'il me plaque. Je me serais torturée pour que dalle, et tu auras sans doute le plaisir de me voir chialer à tes pieds pour que tu me reprennes. "

Je creuse ma propre tombe, en fait, peut-être au sens propre. Je suis quand même en train de lui expliquer que cet homme, qu'elle doit détester sans même le connaître, ne lui laissera jamais la première place.

" Mais ne va pas tout lui coller sur le dos. La vie éternelle ne me branche vraiment pas. Je dis pas que ce serait un supplice de rester éternellement jeune, belle et bien ferme de partout, surtout pour que tu puisses te régaler. Je me fous aussi de savoir si les Vampires sont maudits ou bénis, si ça fait mal à hurler de se transformer, ou que ça empêche de tomber enceinte. D'ailleurs si avoir un enfant avait été la question, je t'aurais jamais pardonné de prendre ça comme un caprice. "

Je prends une grande inspiration pour le coup de grâce. Après ça j'aurais mis l'essentiel à plat.

" Je t'aime beaucoup, Mélinda, sincèrement. Tu es sans doute la pire salope que j'ai rencontrée mais j'aurais bien été capable de te dire oui. Sauf que je l'aurais fait pour de mauvaises raisons, et tu l'aurais regretté plus que moi. "

Après ça, je pense pas que m'arracher la langue ou la gorge suffira à la défouler.

Mélinda Warren

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Une veine palpitait lentement dans le cou de Mélinda. Lorsqu’Hitomi lui avait annoncé qu’elle rejetait son offre, ce fut comme si une douche froide avait gelé son corps, avant de laisser place à une espèce de torrent ardent et sauvage. Mais, maintenant qu’elle parlait, qu’elle s’expliquait, ce torrent ardent se tarissait de lui-même. Mélinda la regardait silencieusement, soufflant lourdement, et, quand cette dernière sembla avoir terminé, Mélinda ne dit rien pendant quelques secondes...

...Avant d’éclater de rire.

Ce fut plus fort qu’elle. Le rire vint tout seul, et elle secoua la tête, comme si elle n’en croyait pas ses oreilles, comme si elle avait entendu la meilleure des blagues. Son rire cristallin sonnait de manière bien curieuse avec cette rage contenue qu’elle s’était efforcée de maîtriser, et, quand elle releva la tête, ce fut pour lâcher, sur un ton calme, une anecdote qui n’avait apparemment rien à voir avec le sujet :

« Tu sais, quand l’Empire a réalisé l’existence de Portails, et le fait que ces passages menaient à un autre monde, nous avons été fort curieux. Et, quand nous avons appris que les Terriens avaient chassé les Dieux, nous avons pris peur. Quand nous avons réalisé que l’humanité était la maîtresse de la Terre, et s’était imposée, nous nous sommes tous mis à prier, à espérer secrètement que l’humanité ne découvre jamais notre existence. Nous pensions alors que nous ne pourrions jamais tenir plus de trois jours face à une espèce qui avait vaincu des Dieux. »

Personne n’oserait jamais l’admettre, et aucun livre ne le disait, mais c’était pourtant la vérité. Quand l’existence de la Terre était apparue aux yeux des officiels, les Terriens étaient apparus comme une menace encore plus dangereuse que Tekhos.

« Nous étions naïfs. Nous manquions d’informations sur vous, les humains, les Terriens. Vous ne cessez de tourner en dérision, dans vos films, les autres espèces. Vous voyez les vampires comme des buveurs de sang cadavériques terrorisés par vous, par votre soi-disante morale et vos idéaux minables. En réalité, Hitomi, nous n’avons pas peur de vous. Nous vous trouvons juste affreusement ridicules et bêtes. Vous dites être des créatures d’amour, mais vous ignorez l’amour. Vous dites être des êtres faits pour la liberté, mais vous ignorez ce qu’est la liberté. Vous êtes devenus les seigneurs de votre monde, et vous réussirez en un siècle à détruire ce que les Dieux ont mis des millions d’années à détruire. Votre bêtise est incommensurable. Si je t’ai choisi, Hitomi, c’est parce qu’il m’avait semblé que tu étais une exception. Peut-être ai-je eu tort... »

Mélinda se racla la gorge, et reprit alors ses explications :

« Les Dieux vous ont conçu pour être faibles, pour être des créatures serviles, pour être incapables de vous diriger par vous-mêmes. Vos propres penseurs ne peuvent que constater cela : l’Histoire de l’humanité terrienne n’est qu’une histoire de domination volontaire. Car vous avez été conçus ainsi. C’est dans vos gènes. Il vous est impossible d’être heureux par vous-mêmes. Seuls, vous ne savez que vous jalouser, vous détruire, et déprimer. Tu penses que je suis une ‘‘salope’’ ? Que je t’ai manipulé ? Je dis plus souvent la vérité que je mens, Hitomi. Je ne t’ai jamais manipulé, ma petite beauté. Je n’ai jamais manipulé Shii, ni Clara. Tout ce que j’ai fait, c’est leur ouvrir les yeux. Leur montrer à quel point leur existence est pathétique. »

C’était un long monologue, et Mélinda n’avait pourtant pas fini. Elle continuait à parler, à vomir son dégoût des humains. Elle aurait pu en parler pendant des heures et des heures, indéniablement. Il y avait tant de choses à dire sur ces braves humains, mais il fallait aller à l’essentiel. C’est ce qui conduisit la vampire à se recentrer sur le cœur du sujet :

« Le problème de votre peuple, c’est que vous êtes incapables de penser sur le long terme. Vous ne pouvez pas raisonner sur la durée, tout simplement. La durée vous effraie. C’est aussi simple que ça. Regarde-toi, Hitomi. Tu es belle, dans la force de l’âge, vigoureuse... Qu’en sera-t-il dans dix ans ? Dans vingt ans ? Tes seins deviendront flasques. Ta belle poitrine tombera, tu prendras peut-être du poids, ton corps se fissurera et se craquellera. Continueras-tu toujours à enseigner les mêmes leçons pendant vingt ans ? A corriger les mêmes stupidités ? Qui aurait envie d’une telle vie ? Une vie où on fait sans arrêt les mêmes choses, où la vie elle-même devient fade. Est-ce là ce que tu souhaites, Hitomi ? Une vie misérable ? »

Elle n’aurait pas tout de suite les réponses, car elle n’avait pas encore fini.

« Que tu trompes ce petit ami si précieux me laisse complètement indifférent. Il n’y a que vous, les humains, pour lier le sexe et l’amour. Une autre des anecdotes qui vous rend amusant, mais passons... Tu aimes le sexe. Ne le nie pas. Pas devant moi. Tu adores ça, faire l’amour. Comme tous les humains. Comme n’importe qui.  Comme moi. Celui qui pense le contraire est fou. Mais, ma chère, quand tu seras vieille et laide, quand les adolescents avec qui tu forniques allègrement verront en toi un vieux bouc décati, crois-tu que ta vie sera heureuse ? Crois-tu que ton appétit sera rassasié ? Que tu n’auras plus envie de baiser quand tu auras 60 ans ? La réponse, ma chère, est non. Le sexe est la plus simple et la plus belle des choses, et, pour vous, humains, dont la vie est si courte, si fragile, le seul véritable bonheur qui existe. »

S’éclaircissant la gorge, Mélinda poursuivit :

« Tu crois que la vie éternelle est tout ce que j’ai à t’offrir ? Ne plus vieillir, se perdre dans des orgies interminables, profiter de la vie et de la liberté en sachant que les griffes de la Mort ne se refermeront plus inéluctablement sur soi, n’est que la partie immergée de mon offre. Je t’offre tellement, Hitomi... As-tu seulement réfléchi à tout ce que je te proposais ? Je te propose de faire partie d’une famille. Une famille qui ne sera pas souillée par l’hypocrisie et la jalousie ambiante régnant dans les familles terriennes, une famille de sang, une famille liée par un sang commun. Je te propose de devenir quelqu’un, de ne plus être un vulgaire pion dans l’administration humaine, un pion qu’on sacrifie sur l’autel de statistiques comptables. Je t’offre l’opportunité d’enseigner dans les plus prestigieuses académies et universités de l’Empire, là où les élèves connaissent le respect. En bref, je t’offre tout, et tu me dis non, sans même être convaincue du bien-fondé de ta réponse. »

Ayant presque terminé, Mélinda tenait maintenant à faire quelques précisions :

« Du reste, sache que je ne considérerai jamais le fait de procréer comme un ‘‘caprice’’. Je trouve personnellement qu’il n’y a rien de plus merveilleux que d’enfanter la vie, et de pouvoir ainsi la suivre sans jamais devenir une tare pour ses enfants, ses petits-enfants, ses arrières-petits-enfants... Si j’avais eu le choix... »

Mélinda avait dit cela sur un ton rêveur, caressant machinalement son estomac. Sentir grouiller la vie dans son corps... Mais, contrairement à Hitomi, on ne lui avait pas laissé le choix. Elle se reprit donc rapidement, revenant à quelque chose de plus sérieux.

« Peu importe... Sache que, contrairement à vous, humains, nous prenons notre temps. Que cela prenne cinq ou dix ans, peu importe. L’offre que nous faisons n’est pas une offre sur laquelle on peut se permettre de répondre rapidement. Qu’il faille dix ans pour y répondre nous importe peu ; nous ne courons pas contre le temps. Alors, Hitomi, dis-moi... Es-tu si sûre que ça de vouloir dire ‘‘Non’’, à tout ce que je t’ai offert, et à tout ce que je suis potentiellement susceptible de t’offrir ? Es-tu si sûre de vouloir le refuser pour... Une relation avec un homme qui vient à peine de commencer, et dont tu envisages déjà de rompre ? Je te connais suffisamment pour savoir que cette raison est complètement saugrenue. Dis-moi donc vraiment ce qui te tracasse dans ce que je t’offre. »

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Yamagashi Hitomi

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Je ne sais comment prendre son éclat de rire. En fait je reste très partagée un long moment. Son petit cours me pousse à me détendre, et à remettre en question les préjugés que j'avais sur cette rencontre. Je n'étais même pas sûre d'en sortir vivante. Je ne savais pas si elle allait s'en taper ou si j'allais lui briser la cœur, si j'allais en faire un animal sauvage ou une gamine éplorée. Ni l'un ni l'autre, tant mieux. Mais une partie de moi se méfie et elle a toutes les raisons.

Alors faute de mieux je la laisse sortir sa palette et me peindre son tableau de l'Humanité, à coups de pinceaux condescendants dans des couleurs méprisantes. Et je retrouve assez vite ma place de petit point insignifiant sur l'image impressionniste qu'elle me décrit. Elle a au moins le mérite de remettre les choses en perspective. Je me faisais un monde de tout ça et semble le prendre comme une facture dans son courrier. Bien sûr elle me fait encore l'article de tout ce qu'elle m'offrait, en collant un bon coup de pompe à la volonté qui n'arrive même pas à me retenir d'être infidèle.

Elle reste assez fair-play pour ne pas se contenter de m'écraser sous les stéréotypes. Et elle y va aussi de ses petites confidences, comme son regret d'être inféconde. Si je ne m'étais pas blindée avant de venir je serais brisée d'entendre ça, je pourrais même me laisser tenter immédiatement. Mais voilà : je me suis blindée. Et après ces histoires de tranchage gorges je ne suis pas prêtre à baisser ma garde. Même si elle me laisse le temps, et que je lui doit bien quelques explications. Je sourie en baissant la tête.

" Ce qui me tracasse... "

C'est bien jolie de dire que les Humains sont stupide, et je ne vais pas prétendre le contraire. Mais ça ne veut pas dire qu'elle peut comprendre ce que je pense et ce que je ressens. Je me repousse au fond de mon fauteuil. Plus je l'ai écoutée parler plus j'y ai réfléchi. J'ai pesé le pour et le contre. C'est bien ce qu'on avait prévu avec Kyle : peser le pour et le contre. Voir si on encaissait, mais aussi si on y croyait vraiment. Et j'ai eu beau y penser, ce n'est devenu que plus limpide. J'en souris comme une conne tant l'idée seule me rend heureuse.

" En fait rien ne me tracassait vraiment dans ta proposition, et j'aurai fini par dire oui bien avant mes soixante ans. De toutes façons tu n'aurais plus voulu de moi à soixante ans. Ce qui me bloquait c'est que la vieillesse, la mort, le boulot à se péter la tête contre les murs, et ma famille éclatée qui ressemble à rien : j'avais tout accepté. J'avais juste besoin de temps pour me mettre au clair. Je suis peut-être humaine, mais j'étais pas conne au point de laisser tout ça me passer sous le nez. Surtout si c'était pour le partager avec toi. "

Je me cale un peu mieux au fond de mon fauteuil, tout sourire.

" Et j'ai jamais cru que tu mentais ou que tu me manipulais, en tous cas pas plus que pour m'allonger dans la position que tu voulais. Mais t'es une peste richissime trop consciente de sa beauté. Tu tranches des gorges et tu dresses des filles comme des chiennes savantes. T'es une vendeuse d'esclaves dont les meilleures amies sont une sorcière et une démone aussi impulsives, arrogantes et déjantées qu'elle. "Salope", c'était pour résumer... Et même si ça change rien, je suis désolée que tu puisses pas avoir d'enfants. "

Je soupire, comme si au final tout allait bien pour tout le monde. Et c'est ma façon par défaut de voir le monde, qu'elle soit juste ou non.

" J'aime ce mec, Mélinda. Tu trouves peut-être ça débile ou décevant mais c'est comme ça. Je l'aime, et tant qu'il voudra de moi tu ne pourras pas surenchérir. Je vois pas comment je pourrais être plus claire. "

Mélinda Warren

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Et Hitomi enchaîna. Derrière, les oreilles fines de Mélinda percevaient encore les accords de musique. Elles produisaient un curieux et fascinant contraste avec le ton de leur conversation. Hitomi répliqua donc, pour en revenir au même point : elle aimait un homme, et le fait d’être vampire n’était visiblement pas compatible avec ça. Se pinçant légèrement les lèvres, la vampire laissa à nouveau flotter quelques secondes. Elle répondit, en adoptant plus ou moins la même structure que précédemment, c’est-à-dire qu’elle ne répondit pas directement, mais préféra reprendre sur un point qui l’avait laissé de marbre : son infécondité. Et le fait qu’elle était « désolée ».

« Une autre de vos agaçantes manies, à vous les Terriens, est d’être désolé pour n’importe quoi. A moins que tu n’aies encouragé mon père à me vendre, que tu n’aies encouragé celle qui avait fait de moi son esclave à me transformer en vampire pour que j’aille tuer mon père, et ainsi éliminer l’un de ses rivaux politiques, je doute que tu puisses te sentir désolée pour ce qui m’est arrivé. Me prendrais-tu pour une petite Princesse à qui ses parents ont exaucé chacun de ses souhaits ? »

Mélinda eut un sourire goguenard, et secoua lentement la tête :

« Un jour, peut-être, tu comprendras... Mais ce ne sera pas ce soir. Quant à ton tableau de mon activité... Navrée, ma belle, mais, dans cette histoire, c’est moi la gentille. Vous, les Terriens, être choqués par n’importe quoi. Un politicien qui pète en salle de réunion ? C’est le scandale ! Un type qui en injurie un autre ? Mais que fait la police ?! Vous êtes touchants... Là d’où je viens, il existe de vrais monstres, ma belle. Rien à voir avec vos voleurs, vos psychopathes, ou vos dictateurs. Je pourrais te parler pendant des heures et des heures de nos monstres à nous, je pourrais te parler de l’époque du Seigneur de la Discorde, de ses repas abominables qui duraient pendant des jours et des jours et des hurlements d’agonie que ses esclaves poussaient en étant trifouillées entre ses immondes pattes. Je pourrais te parler de mes collègues esclavagistes, de leurs manières pour transformer les esclaves en loques humaines, je pourrais te conter les expériences magiques des mages et des alchimistes dans les geôles, de leurs expériences sur la douleur et le cerveau humain pour créer des potions améliorant l’efficacité des soldats au combat... Ne me redis jamais en face que je suis un monstre, Hitomi, car, dans ta normalité terrienne, tu ignores tout des monstres. »

Ce petit point avait été plus long que prévu, mais nécessaire. A deux reprises, Hitomi l’avait injurié. Mélinda l’avait toléré, mais elle ne l’accepterait pas une troisième fois. Même si elle était une invitée, et une femme que Mélinda appréciait, il y avait des limites à ne pas dépasser. L’hospitalité ne permettait pas tout, et sûrement pas d’insulter un hôte sous son propre toit. Surtout quand c’était injustifié. Mélinda ne voyait pas en quoi elle pouvait être repoussante. Certes, elle était autoritaire et arrogante, mais elle était partie de rien. Et elle avait comme mécène une démone ashnardienne, et dirigeait un puissant harem. Il y avait tout de même de quoi en éprouver de la fierté, non ?

« Comme je t’aime beaucoup, Hitomi, je vais considérer que tu n’as pas refusé mon offre. Comme je te l’ai dit à maintes reprises : les vampires ont avec eux la durée. A ce que je sache, mon offre n’incluait nullement que tu coupes tes racines. Certains clans de vampires ont cette pratique. Ils exigent que le candidat massacre tout ce à qui il tient, afin de ne rien laisser de sa vie d’humain... Mais c’est une pratique archaïque à laquelle je n’adhère pas Tu aimes cet homme ? Rien ne t’empêche de rester avec lui en étant vampire, ma petite perle. J’exige de mes esclaves une dévotion absolue à ma personne, mais tu n’es pas l’une de mes esclaves. Vampire, tu seras l’une de mes sœurs, ma fille, et à la fois ma sœur. »

Pour elle, il était évident qu’Hitomi, une fois vampire, quitterait Seikusu. Elle enchaîna alors sur un autre angle d’attaque, en fronçant légèrement les sourcils :

« Mais peut-être est-ce ça qui t’effraie, justement ? La transmutation en vampire permet de voir le monde sous une autre perspective, Hitomi. La souffrance qu’on ressent est telle qu’on en apprécie encore mieux la saveur de la vie... Et qu’on ressent également une sorte d’affection naturelle pour celle qui a fait de vous un vampire... Du moins, normalement... Tu dis que tu aimes cet homme au point de refuser une vie dont tout le monde rêverait, mais je ne peux m’empêcher de me demander si, dans le fond, tu ne crains pas, une fois d’être vampire, de ne plus voir en lui qu’un individu sans importance, un simple humain que tu mépriseras comme je semble mépriser les humains... Des romances entre vampires et humains, il en existe... Une humaine devenue une vampire, et qui vit avec son amant humain, ce n’est pas courant, mais il y a déjà eu des précédents. Cependant, il existe aussi de précédents de femmes qui se croyaient follement amoureuses, et qui refusaient l’idée de mourir. Ces femmes sont devenues des vampires, mais ont ensuite réalisé qu’elles n’éprouvaient plus rien pour leurs amants. »

Mélinda termina donc :

« Alors, dis-moi, Hitomi... Cet homme pour qui tu es prête à t’enfermer dans la médiocrité de la banalité jusqu’à en perdre dents et cheveux... Crois-tu que ton amour survivra à n’importe quoi avec lui ? Crois-tu qu’il acceptera le fait que tu sois génétiquement supérieure à lui ? Qu'il n'en éprouvera nulle jalousie ? Nul désir secret, quand il commencera à perdre ses cheveux, et que tu resteras toujours avec ce corps fascinant ? Car mon offre ne porte que sur toi, ma belle. Si tu le crois, alors je ne vois pas pourquoi tu me fais tout ce cinéma. Si tu ne le crois pas, alors c'est que tu sais que ta relation avec lui n'est qu'éphémère, et que, quand elle s'arrêtera, si tu as refusé mon offre, tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer. »

DC d’Alice Korvander.

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Yamagashi Hitomi

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S'il y a bien une chose que Mélinda ne pourra pas reprocher aux Humains : c'est d'avoir la tête dure. Mais même si je suis de nouveau de bonne humeur je sens bien que sa patience est en train de se flétrir. Son histoire me fend le cœur et je dois me retenir de lui dire encore que je suis désolée pour elle. J'avais oublié que la sympathie n'est pas de son monde, et elle me le rappelle à coups de monstres et de menaces à peine voilées. Si elle veut me faire peur c'est réussi, mais ça ne suffira pas. Au contraire : je préfère vieillir et finir à l'hospice que de me frotter à toutes les horreurs qu'elle me décrit.

Ça ne l'empêche pas de me vanter sa tolérance, et de mettre à côté une fois de plus. Pouvoir continuer à voir mes proches est sans doute ce qu'elle pense être la chose la plus gentille au monde. Mais les voir lentement dépérir et mourir autour de moi, ou leur tourner le dos pour y échapper, n'a rien de tentant. Le reste est tout simplement d'une cruauté aussi absurde que profonde. Si encore elle se contentait de piétiner mes sentiments pour Kyle je pourrais comprendre. Mais elle les tords, elle les défigure pour en faire des gargouilles grotesques. Et elle voudrait que j'accepte d'en faire autant ?

Je réalise seulement à quel point on se connaît mal, et que sa proposition n'a finalement jamais été acceptable. Elle ne m'offre pas de devenir son esclave, seulement de me faire souffrir le martyr pour que je devienne assez folle pour l'aimer plus que lui. Même pas cap' ? C'est sur ce genre de gamineries qu'elle veut que je mette ma vie en jeu ?  Moi je n'ai rien à prouver, en tous cas pas à elle. Je suis justement venue faire tout le contraire. Je me doute bien de ce que je risque à lui refuser obstinément ce qu'elle me demande. Je trouve qu'elle insiste beaucoup trop, mais je ne suis plus certaine qu'il y est autre chose que son orgueil derrière son entêtement.

En tous cas elle ne fait que me répéter en boucle la même chose : j'ai tort, elle a raison et je ne peux que m'y plier. Je lui ai déjà dit que c'était non, mais à la fin elle parle comme si j'avais dit oui. Comme si j'étais déjà une Vampire, toujours assez débile pour aimer l'homme de sa vie, et tellement parfaite qu'il détesterait par jalousie.

" Si tu ne le crois pas, alors c'est que tu sais que ta relation avec lui n'est qu'éphémère, et que, quand elle s'arrêtera, si tu as refusé mon offre, tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer. "

Je détourne les yeux quelques secondes, le temps de trouver la meilleure réponse. Un tout petit sourire triste tire mes lèvres quand mon regard revient au sien.

" Ce sera pas la première fois. "

Je n'ai que trop essayé de lui expliquer ce qu'elle ne veut pas comprendre. Et je sais que je n'aurais pas que mes yeux pour pleurer. Bien sûr si Kyle finissait par me refuser ma vie s'effondrerait. Mais j'ai une famille et des amis qui m'aideraient à remonter la pente une fois de plus. Et je suis encore assez gentille pour regretter que Mélinda n'en fasse pas partie. Le prix est trop élevé quoi qu'elle en dise. Elle accepte peut-être de jouer les roues de secours le temps que je sache vraiment ce qu'il en est de ma relation avec Kyle, mais pas moi. On ne s'est rien récalmé, on s'est tout promis. Je refuse de me garder une roue de secours. Je ne veux pas d'options, ni de facilité.

Mais allez faire comprendre ce genre de choses à Mélinda. Elle a déjà perdu, quoi qu'elle en pense. Elle n'aura jamais la femme que je suis en ce moment. Elle ne l'a jamais voulue, ou pas assez fort. Elle n'a rien à faire dans ma vie, et je n'ai rien à faire dans la sienne : c'est tout ce qu'elle aura réussi à me faire avaler. Et malgré tout je suis triste de la perdre.

" Je n'ai pas voulu t'insulter, Mélinda, ni te faire de mal. Je regrette que tu le prennes comme ça. Ma réponse est toujours non. Si un jour elle change ça voudra dire que moi aussi j'aurai changée. Maintenant si tu permets je vais rentrer chez moi. "

J'ai besoin de pleurer un bon coup, de digérer tout ça avant de retrouver Kyle.

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« Je n'ai pas voulu t'insulter, Mélinda, ni te faire de mal. Je regrette que tu le prennes comme ça. Ma réponse est toujours non. Si un jour elle change ça voudra dire que moi aussi j'aurai changée. Maintenant si tu permets je vais rentrer chez moi. »

Un léger soupir traversa les lèvres de la vampire, qui ferma lentement les yeux. Le temps sembla lentement défiler, et elle inspira lentement, soufflant et expirant. Garder son calme. Penser à autre chose. Fair ele vide dans sa tête. Elle soufflait très lentement, mais elle se sentait comme face à un rouleau furieux avec pour seule arme pour le retenir une planche de bois. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, le simple fait de la voir était insupportable. Une rage incommensurable se mit à brûler dans les yeux de Mélinda, une fureur sans nom qu’elle n’avait ressenti qu’en de rares moments dans sa vie. Les jolis traits de Mélinda se déformèrent sous l’effet d’une fureur contenue qui venait d’exploser.

Il lui fallut moins d’une seconde pour plaquer Hitomi contre le fauteuil, sa main se posant sur sa délicieuse gorge, ses griffes s’enfonçant dans sa peau. Quand Mélinda parla, ce fut d’un ton sourd, froid, mortel et hargneux :

« Ferme-là. Tu oses me traiter de salope ? Je t’offre tout ce que j’ai, je t’ai offert à mes amis, je t’ai fait découvrir des plaisirs, je t’ai promis des plaisirs incommensurables, et toi... Toi, tu viens ici, la gueule enfarinée, pour tout me cracher à la gueule ?! Rien que pour ça, je devrais t’écorcher vive, sale pute !! »

Mélinda continuait à serrer, et des gouttes de sang perlaient de ses griffes. Elle voyait trouble, et avait du mal à réfléchir. C’était comme si son coeur était en feu, comme si quelque chose venait de se briser. Sa voix sûre, froide, devint cassée, brisée, alors que sa prise ne devenait plus solide. Ses griffes, en revanche, étaient toujours sorties, mais sa main n’était plus du tout assurée.

« Ça suffit... J’en ai marre de toi. Tu viens chez moi, tu profites de mon hospitalité, de ma générosité, et tu me craches tout à la gueule ! Tu n’es qu’une sale hypocrite ! Tu... »

La vampire se retourna soudain, libérant du coup Hitomi, et passa une main sur ses yeux. Elle se sentait désespérément seule. Elle se mit à renâcler, à respirer très lentement. Elle avait mal. Une souffrance terrible qui lui donnait envie de se saigner rien que pour ressentir une douleur physique. Une douleur physique était vive, forte, mais avait le mérite d’être logique. Celle du cœur était, parallèlement, bien plus terrifiante.

« Dégage, balança-t-elle d’une voix sourde. Je ne veux plus jamais revoir ta sale petite gueule de pétasse, ta langue de vipère, et tes saloperies de mensonges. Prends tout ça avec toi, et va creuser ton trou de merde. DÉGAGE ! hurla-t-elle d’une voix hystérique. Toi, ton mec, ton cul, tes seins, ton amour à la con ! Va, barre-toi, et va crever la gueule ouverte dans un caniveau, mais que je ne te revois plus JAMAIS ! Toi. Toi et ta pitié. FOUS LE CAMP ! »

Mélinda ouvrit rageusement la porte, manquant l’arracher de ses gonds. Tout son corps tremblait nerveusement, et elle s’arrêta, interdite. La musique avait cessé, et plusieurs de ses esclaves se tenaient. Elle reconnut Shii, Clara, Liana, dont la petite tête dépassait entre les jambes de Kaori, une autre lycéenne. Toutes la regardaient silencieusement. Les yeux de Mélinda étaient rouges. Même pour elle, ça devenait trop dur.

« Qu’est-ce que vous voulez, vous ?! leur hurla-t-elle.
 -  M-Maî... lâcha Clara d’une petite voix.
 -  Fichez-moi la paix ! »

Mélinda les planta là, s’éloignant rapidement. Sa main gauche était tendue, doigts écartés, et la droite passa sur ses yeux. Toutes purent alors entendre un sanglot s’échapper de son visage avant qu’elle ne traverse le couloir, et ne se dérobe à leurs visions. Restant comme stupéfiées, les filles du personnel se regardèrent entre elles, et ce fut finalement Liana qui, sur ses quatre pattes, alla poursuivre sa Maîtresse. Un silence de mort s’était abattu entre les lycéennes, jusqu’à ce qu’elles voient Hitomi. Retrouvant de sa superbe, Clara lâcha alors, d’un ton de marbre :

« Je vous conseille de retourner chez vous, Miss Yamagashi. Vous n’êtes plus la bienvenue ici. »

Clara s’écarta alors, et prit Shii par la main. Il ne leur fallut que quelques secondes pour s’éloigner de cette femme et de cette pièce, la laissant seule, dans l’obscurité vacillante des flammes d’une cheminée.

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Je n'ai pas peur. Je devrais être terrifiée de seulement la voir se retenir, plus encore quand elle comble la distance et me saisit à la gorge en un battement de cil. Mais je n'ai pas peur. Je reste là, les lèvres entrouvertes à boire ses mots blessants et colériques. Même quand l'air commence à me manquer et que je sens les griffes pointer à travers ma peau, je n'ai pas peur. Et tout le problème est là. Je n'arrive même pas à essayer d'avoir l'air toute péteuse devant elle. Je sais déjà qu'elle ne me tuera pas parce que je ne craint pas pour ma vie. Ou c'est que cette salope de petite voix a fini par tenir parole et s'en aller pour de bon ?

Après son mépris froid et ses menaces détachées, cette débauche de rancœur est un vrai soulagement. Et c'est bien tout ce qui arrive à me tirer une larme. Ça et l'étouffement. Elle aura mis le temps, mais elle finit enfin par me montrer le mal que j'ai réussi à lui faire. Et même quand elle me lâche et je peux enfin respirer à nouveau, je ne cherche plus à répondre. En fait je suis fière d'avoir réussi mon sale coup. Heureusement qu'elle n'est plus en état de percevoir que je me calme. De toutes façons mon corps n'est pas calme, lui. Mon cœur bat à fond, ma gorge n'est que feu et ruine et je respire comme un poisson échoué sur une berge.

Je me lève péniblement alors que Mélinda s'enfuit. Et je me retrouve de bout à me masser la gorge, toute tremblante, les larmes aux yeux devant les filles. Je dois quand me retenir de sourire. Il me reste un dernier détail à régler, une petite couche à repasser, comme une signature pour parachever mon œuvre. Et je m'y vois gentiment invitée.

" Je vous conseille de retourner chez vous, Miss Yamagashi. Vous n’êtes plus la bienvenue ici.
- Clar... "

Bordel ! En le disant j'ai l'impression qu'un petit malin est en train de l'écrire au fer rouge dans ma gorge. Et en toussant ça ne s'arrange pas.

" Clara... Shii... "

Je leur fait signe de revenir. Et c'est surtout Shii qui veux bien s'imposer ça. Mélinda m'a bien froissé la gorge, j'ai la voix tellement éraillée que je pourrais doubler Stallone. Les deux lycéennes viennent tout de même se planter devant moi. Et elles n'en croient pas leurs oreilles, même si ça sort pas vite.

" La dissert' pour lundi... Si j'ai le moindre doute... Je vous saque toute les deux. "

Ça je comptais le faire de toutes façons. Mélinda ou pas j'en ai marre que Clara fasse faire tous ses devoirs à Shii, qui est d'ailleurs bien trop douée pour mentir à l'écrit. Ça va leur faire une raison de plus de me détester.

" Et... "

Et je ne suis pas très sûre. J'ai bien envie de leur demander de dire à Mélinda que j'ai jamais eu pitié d'elle, ce qui est vrai. Mais elle le pigerait pas plus que le reste et ce serait jeter beaucoup trop d'huile sur le feu. Elle s'est retenue de m'étrangler et quoi qu'il arrive elle va penser à un moment ou un autre qu'elle n'aurait pas du. Donc, me massant toujours le cou, je repars à petits pas traînant avec un signe de la main.

" À lundi. "

En m'entendant, difficile de croire que je suis non-fumeuse. Je pars vers la porte en laissant la maison sans dessus-dessous. J'ai toujours besoin d'aller pleurer et digérer tout ça avant de revoir Kyle.

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Bien que Mélinda ne parle pas ouvertement avec ses esclaves de ses projets, il était évident pour chacune des filles du personnel du manoir qu’il se tramait quelque chose entre Hitomi et Mélinda. Comment expliquer autrement tous ces rendez-vous, ces réunions et cet air rêveur que Mélinda semblait prendre quand elle évoquait cette « humaine » ? Dans une maison remplie de filles, avoir des secrets était impossible. Mélinda le savait, et elle y voyait souvent là un jeu supplémentaire pour ses esclaves, afin de vérifier leur ruse et leur ingéniosité pour obtenir des informations. La voix éraillée d’Hitomi ne faisait aucun doute sur le fait que Mélinda avait du la molester. Les filles auraient sans doute du se sentir tristes pour elle, mais elles avaient bien du mal à ressentir le moindre sentiment pour elle. Hitomi avait fait pleurer leur protectrice. Tout ce qu’elles voulaient, c’était la voir partir.

De toutes, Shii était sans doute la moins en rogne contre Hitomi. Elle était sa senseï, après tout, et elle ne savait pas trop quoi penser. Dans ce genre de situations, elle avait inconsciemment appris à faire confiance aux femmes fortes, comme Clara. Et cette dernière la tirait par l’épaule. Shii jetait toutefois des regards en arrière, vers la senseï. Elle avait conduit la senseï ici, alors, fatalement, elle qui avait tendance à somatiser se sentait responsable de ce qui s’était passé.

« Clara... Shii... » les appela la femme.

Shii sursauta, et s’arrêta, surprenant Clara. La lycéenne aux cheveux roses se retourna, et fixa gravement sa camarade.

« Laisse-là commanda Clara à Shii.
 -  Je ne peux pas... »

Shii se défit alors de la poigne de Clara, et se tourna vers la senseï, qui se mit à parler :

« La dissert' pour lundi... Si j'ai le moindre doute... Je vous saque toute les deux. »

Clara en eut les joues rouges, et serra les poings, tandis que Shii, si elle en eut aussi les joues rouges, baissa les yeux. Clara s’avança vers Hitomi, comme si elle éprouvait l’envie de lui en coller une.

« Senseï... murmura faiblement Shii.
 -  Tu te prends pour qui ?! s’exclama Clara. Les seules raisons qui me poussaient à suivre tes cours, c’était Shii et le respect que Mélinda te vouait. On peut dire qu’elle s’est bien plantée sur ce point. Si tu crois que je vais un jour remettre les pieds dans ta putain de classe...
 -  Clara ! s’exclama Shii.
 -  Non ! répliqua Clara. Qu’elle foute le camp, cette salope, on a pas besoin d’elle ! »

Shii ferma les yeux, et se plaqua contre le mur. Les deux avaient parlé à voix basse, mais, en voyant le regard suppliant de Shii, Clara soupira lentement. C’est un fait, Shii n’aimait pas quand Clara s’énervait. Elle avait un tempérament de feu, et Clara, pour d’inexplicables raisons, aimait de moins en moins que Shii la regarde avec ses yeux de chiens battus.

« À lundi lâcha ensuite Hitomi, comme pour clore la conversation.
 -  Va te faire enculer ! » lâcha Clara, ne pouvant s’en empêcher.

Hitomi s’en alla, et Shii se mit alors à pleurer dans les bras de Clara, qui la serra contre elle. Une autre manie agaçante de la brune était son impossibilité à contrôler ses émotions. Déposant de tendres baisers sur sa tête, Clara tentait de la calmer, en lui disant que leur Maîtresse avait simplement fait une erreur de jugement. S’emmitouflant dans ses bras, Shii poussait de longs soupirs, et finit par se retirer du corps de Clara. Cette dernière émit un long soupir feutré.

« Je sais à quoi tu penses, et... » commença-t-elle.

S’écartant d’elle, Shii se mit à courir, traversant le couloir. Clara soupira longuement, puis haussa les épaules, et choisit de se rendre dans le salon principal. La fête avait été assez animée, et il fallait maintenant ranger un peu. Les esclaves s’y attelaient dans un silence assez troublant, un silence pesant et lourd. Aucune n’avait osé poursuivre leur Maîtresse, à part Liana, et on pouvait sentir, dans la cuisine, les effluves appétissantes d’un gâteau au chocolat. Un simple cadeau pour leur Maîtresse, mais elles n’avaient pas prévu que la soirée dégénérait à ce point. Pour une fois que ce n’était pas de leur faute, elles se sentaient paradoxalement encore plus mal à l’aise.

Shii retrouva Hitomi sur la cour. La senseï marchait d’un pas raide et vigoureux vers la grille. Shii s’approcha d’elle en courant, et s’arrêta à une dizaine de mètres. La nuit s’était abattue, et la zone était éclairée par les lumières du manoir et par quelques discrets poteaux de promenade dans les coins. Sur la gauche, un superbe panorama s’offrait au regard, montrant la ville, une espèce de grosse zone de lumière étincelante.

« Faire des menaces, ça ne vous ressemble pas, senseï, lâcha Shii. Vous valez mieux que ça. »

Sur le coup, Shii avait raison. De plus, Hitomi n’était pas très douée pour formuler des menaces. En fermant les yeux, Shii haussa les épaules. Elle ignorait ce qu’elle allait bien lui dire, ayant espéré que l’inspiration viendrait, mais... Qu’y avait-il à dire ? Sans avoir écouté leur conversation, elle savait ce qu’elles s’étaient dit. La senseï avait refusé son offre. Les raisons, en revanche, elle les ignorait.

« Clara... Clara n’est pas ce que vous pensez... Ou n’est plus... Au début, je lui faisais ses devoirs, mais... Maintenant, on les fait ensemble... Même si elle n’est pas très douée... Vous savez, il ne faut pas en vouloir à Mélinda-sama. Elle... Elle est moins cruelle que ce que vous pensez. Mais bon, ça n’a plus grande importance, maintenant. J’ignore pourquoi vous avez refusé ce qu’elle vous offrait, mais... J’espère que ça valait le coup. »

Shii se retourna alors, avant de retourner vers le manoir, mais elle eut soudain une idée. Elle se tourna à nouveau vers Yamagashi-senseï, et baissa respectueusement la tête.

« Mata aimashou, Yamagashi-sensei. »

DC d’Alice Korvander.

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Yamagashi Hitomi

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Je devrait être fière. On doit pas être si nombreux à avoir mis la main sur la corde sensible de Mélinda Warren et tiré dessus jusqu'à ce qu'elle pleure. D'autant qu'il ne m'a fallu que quelques mois et que je m'en suis sortie vivante. Tout le monde s'en sort vivant, en fait. J'ai sauvé la journée, même si je suis la seule à avoir une raison de penser comme ça. Mais ce n'est pas d'un pas joyeux que je marche. J'allonge mes foulées autant que je le peux pour vite fuir de cet endroit. J'ai la gorge criblée de verre pilé pourtant je me force à respirer pour marcher plus vite. Mélinda, Kaori, Shii, même cette peste de Clara me manque déjà. Je ne les ai pas perdues, même pas abandonnées : je les ai rejetées. Je me suis contrainte à être aussi cruelle et méchante que possible pour les faire fuir. Je suis une gentille, moi. Je n'ai pas l'habitude d'être cruelle et méchante. Ça me fait encore plus mal qu'à elles.

Mais est-ce que j'avais le choix ? Quand j'annoncerai à Kyle que l'ai trompé, j'ai peur qu'il veuille s'en prendre à mes amants. Ce ne serait pas son genre, je le sais. Mais il est fou de moi. Si je le rendais fou de colère qu'est-ce qui pourrait se passer ? Mes deux seuls écarts sont des élèves, ils ont l'excuse de la jeunesse et de mon rang de prof dont j'ai profité. Dans l'affaire c'est sûr moi que ça retombe. Et s'il passe là-dessus tout ira bien. Mais dans les deux cas, une Vampire esclavagiste, quelles chances de survie elle peut bien avoir si elle tourne autour de la copine de Sentinel Prime ? Et je ne pouvais pas simplement le lui dire. Alors j'ai dû lui faire mal pour qu'elle ne veuille plus me voir.

En entendant des pas derrière j'essaie de forcer un peu l'allure, mais je n'en ai pas la force. Je dois déjà me retenir de m'effondrer en pleurs. Qui ça va être ? Mélinda ? Non, elle je ne l'entendrai sûrement pas venir. Clara ? Elle serait déjà en train de me gueuler dessus... Ho non ! Pas elle. N'importe laquelle, mais pas Shii.

" Faire des menaces, ça ne vous ressemble pas, senseï. Vous valez mieux que ça. "

Pourquoi il a fallu que ça arrive ? Depuis le début je pense que Shii est beaucoup plus forte qu'elle ne le pense elle-même. Elle l'ignorait simplement. Pourquoi c'est maintenant qu'elle se découvre du courage ? Je me suis juste arrêtée, hors de question de me retourner. En plus elle ne fait que retourner le couteau dans la plaie. Bien sûr que je sais que Clara s'améliore : c'est moi qui corrige ses devoirs. Je sais très bien que Mélinda n'est pas si mauvaise. D'accord ses ongles sont flippants, mais elle ne m'a jamais forcée ou violentée. Tout ce que j'ai fait avec elle, depuis notre rencontre, je l'ai fait parce que je le voulais. Sauf aujourd'hui : aujourd'hui je le devais.

" Mata aimashou, Yamagashi-sensei. "

Je pleure déjà, lui tournant toujours le dos. Ma gorge encore douloureuse se serre comme pour m'étrangler et mettre fin à cette épreuve. Je prends une grande inspiration qui s'interrompt d'elle-même en un sursaut de mon corps. Je ne dois pas éclater devant elle. Je ne dois lui donner de raisons de venir vers moi. Bordel, Mélinda ! T'aurais au moins pu m'apprendre comment tu fais ! J'arrive à faire un pas, mais je sais que je ne pourrais pas en faire un deuxième. Je ne peux pas fuir. Je dois me battre contre moi-même. Et je connais assez mes faiblesses pour savoir que je ne peux pas gagner.

" Barre-toi, Shii ! "

Je dois respirer, ne pas laisser ma voix partir en vrille, ne pas la laisser voir que je me poignarde en plein cœur. Je ne dois pas trop tourner la tête, sinon elle risque de voir mes larmes.

" Mélinda s'est trompée sur moi !... Tu crois que t'as plus de flaire qu'elle ?! "

En tous cas j'espère qu'elle baissera les armes plus vite, parce que je ne pourrais pas en encaisser plus.

" Retourne lécher les pieds de cette pute !... T'es bonne qu'à ça ! "

Qu'elle dégage ! Ou qu'elle me foute dehors à coups de pieds ! Mais pitié, qu'elle arrête de m'obliger à parler comme ça ! J'en peux plus. Je sais que c'est la seule chose à faire, mais ça fait tellement mal. C'est pire que ce qui m'a poussée au suicide quand j'étais à la fac. Pire que de réaliser le mal que mon geste avait fait autour de moi. Mais c'est le seul moyen d'être certaine qu'elles seront sauves. Si je ne croyais pas que Kyle va panser cette plaie aussi bien que les autres, je n'aurais pas tenu aussi longtemps.

" Ce que j... C'que j'ai trouv... Ça vaut plus qu'elle !... Plus que vous toutes ! "

Je fais un pas, le dernier. Je craque, à seulement deux mètres du portail, à deux doigts de la fin. C'est trop pour moi. Je m'effondre à genoux, recroquevillée, le front contre le sol. Je pleure, je hurle de douleur. Je ne veux pas les perdre, je ne veux pas me les arracher. Si seulement j'étais certaine que Kyle veuille bien de moi quand il saura tout, je pourrais supporter de m'infliger ça. Mais cet espoir m'apparaît de plus en plus mince à mesure que le compte à rebours s'écoule. Comme si la raison entre toutes qu'il aurait de me laisser devenait plus évidente à chaque seconde. Comme si elle écrasait tout à nouveau pour me pousser à me détruire. Pauvre conne ! Pourquoi je le laisse me faire poireauter un mois avant de me sauver de ça ? J'aurais dû le lui dire, qu'il me réponde oui ou non une bonne fois. Et tout aurait été tellement plus facile.

Mais même si tout finit bien entre Kyle et moi, je ne pourrais jamais leur dire pourquoi j'ai fait ça... Je ne pourrais jamais me faire pardonner.
« Modifié: juin 18, 2012, 01:26:49 am par Yamagashi-sensei »

Mélinda Warren

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Les propos, les termes employés, étaient violents, mais le ton, lui, ne l’était pas du tout. Shii n’était pas du tout impressionnée. Ce n’est pas qu’elle se sentait pousser des ailes ou quoi que ce soit, c’est juste que, pour elle, les professeurs avaient cette image sacrée d’être les défenseurs du savoir. Ceci s’appliquait aussi pour Hitomi. Shii voyait en elle une espèce de personne sacrée, et, si elle savait aussi que leurs relations allaient maintenant être beaucoup moins intimes, elle en était, en un sens, rassurée. Trop se rapprocher des gens, c’était voir leurs faiblesses. Et Shii ne pouvait admettre que les senseïs puissent en avoir. Elle avait cette image naïve, enfantine, du professeur intouchable, à la vie parfaite. L’une de ces illusions d’enfance dont elle avait du mal à se défaire, mais, en voyant Hitomi ainsi, prostrée comme une vieille roue crevée au milieu de la cour, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir... Déçue, mais aussi triste. Déçue par les termes crus d’Hitomi, et aussi rassurée. Maintenant que Mélinda ne voulait plus entendre parler d’Hitomi, elle pourrait rétablir entre elles cette distance qu’elle aimait tant. Faire amies avec les senseïs, ce n’était clairement pas son genre.

Elle soupira lentement en se rapprochant d’Hitomi. Bras croisés, elle lâcha :

« Toi, Mélinda, Clara... Vous êtes toutes pareilles, vous êtes toutes tellement ridicules ! Vous jouez les indifférentes, les femmes fortes, les femmes brutales, les femmes cruelles, mais, dans le fond, vous avez un cœur qui bat comme n’importe qui, voire même plus que n’importe qui ! M’insulter et vous faire haïr de tout le monde ne vous aidera pas. Ne critiquez pas si rapidement Mélinda, senseï, vous lui ressemblez bien plus que vous ne semblez le penser. »

Shii fléchit les genoux, désormais proche du dos de sa senseï, et poursuivit. Étrangement, voir cette femme brisée lui donnait envie de se confier. Que risquait-elle, de toute façon ? Ce qu’elle comptait dire, elle ne l’avait même pas dit à sa Maîtresse, même s’il était probable qu’elle l’avait perçu.

« Vous savez pourquoi je suis devenue sa servante ? Pourquoi je vois en elle un exemple à suivre ? Je n’ai pas eu une vie facile. Et je n’ai pas une vie facile. Mon père... Mon père est extrêmement exigeant, et je n’ai eu que fort peu de plaisirs dans ma vie. Et très peu de reconnaissance. Mes parents n’en ont toujours, et n’en auront toujours, que pour Misha, ma sœur aînée. Quand elle a un A+, tout le monde la félicite, mais quand c’est moi, on hausse les épaules. J’aurais du être gymnaste... J’ai toujours aimé la gymnastique. Depuis mes six ans, et j’ai toujours été très douée. J’avais gagné un championnat régional. Mais, quand j’ai reçu le prix, quand nous avions fini une compétition, et que tous les parents se tenaient dans le gymnase à applaudir leurs heureux enfants, mes parents, eux, n’étaient pas là... »

Elle avait annoncé ça d’une toute petite voix. Plus elle parlait, et plus les mots venaient. C’était comme une machine qui s’emballait lentement, et qui, une fois lancée, se mettait à fonctionner à vive allure.

« Et puis, un jour, j’ai rencontré Mélinda-sama. Je... Je ne sais pas pourquoi elle s’est intéressée à moi. Au début, j’ai eu envie de la tuer. Elle est du genre intransigeante et autoritaire, mais elle m’a aidé à voir ce qu’était la vraie souffrance. Oh, elle ne m’a pas battu, non, elle... Elle a juste raconté son passé, et m’a donné une leçon de vie. Je suis toujours en froid avec ma famille, et ils continuent toujours à me dédaigner, et à n’avoir de yeux que pour Misha, mais... Pour moi, Mélinda-sama est comme... Hum, peu importe. Ce que je veux vous dire, senseï, c’est que, si Mélinda-sama est triste, c’est parce que, indirectement, vous lui avez rappelé son passé... »

Shii eut un léger soupir, et tira alors un peu sur le corps de sa senseï, la forçant ainsi à se retourner ce qui lui permit de prendre sa tête dans ses mains, et de lui faire un câlin. Elle pressa la tête d’Hitomi contre son corps. Un geste qui la gênait beaucoup, surtout eu égard à ses idéaux, mais elle sentait qu’elle n’avait pas trop le choix.

« Et puis, pourquoi pleurer ? Vous avez rejeté tout ce dont un être humain pourrait rêver en disant non à Mélinda-sama. Fatalement, c’est ce que ça doit en valoir le coup... Vous ne comprenez pas ? Si Mélinda-sama est aussi furieuse, aussi triste, c’est parce que vous avez trouvé ce qu’elle n’a jamais connu depuis qu’elle est née... L’amour véritable, sincère et honnête. De cet amour dont les poètes parlent et qui vous font pousser des ailes. Alors, séchez vos larmes, car, s’il y a bien des raisons de pleurer dans ce monde, les raisons de sourire sont tellement rares que les seules larmes qu’elles devraient accepter doivent être des larmes de joie. »

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