Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Parce qu'il faut bien que quelqu'un s'occupe de la sale besogne. [pv marine]

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Khaléo

Terranide

Marine était assez surprenante, aucune hésitation dans le moindre de ses pas lorsqu'elle s'engagea dans ces dangereuses ruelles étroites et plongées dans une obscurité quasi totale, heureusement les yeux du mercenaire s'adaptaient progressivement aux ténèbres, par jeu d'ouverture de l'iris et du diaphragme, laissant sa vision s'adapter comme s'il voyait presque la ruelle sous un jour orageux, couvert de nuages sombres, mais si ce n'était pas parfait, il y voyait quand même assez clair pour suivre Marine. 

je n'avais pas dû être d'une discrétion à toute épreuve ce soir, je ne connaissait pas aussi bien ces toits que la cîme des arbres de ma putain de forêt, et, il arriva que je rippe sur une tuile ou deux malgré l'agilité et la souplesse de pas qui, pouvaient me donner des allures de derviche sombre, ou danseuse étoile sur les corniches de la ville, et à d'autres moments, moins assurés, de vulgaire chat de gouttière se tenant sur ses quatres membres pour ne pas glisser d'un toit rempli de mousse, mais progressant toujours à bonne allure.

Nous y étions donc... Un vieux bâtiment, d'un seul étage et la devanture du magasin se trouvait bien évidemment au niveau du sol, mais contrairement à une boutique conventionnelle, ici, de grandes tentures de tissu noir recouvraient toute la vitrine afin que personne ne puisse voir les articles en vente... Un comportement qui, laissait à penser au mercenaire que ce commerce était probablement sur le fil de l'illégalité, mais ce n'était pas son problème ni la question actuelle, enquêter contre son propre patron n'était pas dans ses habitudes mais cette créature semblait lui cacher beaucoup de choses, et au final, sa méfiance et sa paranoïa avaient pris le pas.

Sa façon d'entrer dans le bâtiment ne laissa aucun doute a Khaléo, elle connaissait donc très bien l'endroit, et ces ruelles, c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles elle n'y rencontra que très peu de "problèmes".

il calcula rapidement ou s'accrocher avant de faire quelques pas en arrière cherchant un bon appui pour ne pas se rater. Lorsque ce fut chose faite, il démarra au quart de tour, un pied devant l'autre à grande allure il fit un bond qui lui permit de s'accrocher à un rebord de ses deux mains. L'une glissa, la pluie avait rendu les choses légèrement plus compliquées qu'il ne le pensait. Il échappa un juron puis repris sa course sur le mur, il passa devant une fenêtre, prit appui et sembla "s'envoler", façon de parler, sur la toiture.
 
D'ici, on avait une bien meilleure vue d'ensemble.

S'appuyant sur une cheminée, il fit une pause observant les alentours repassant sa main dans quelques mèches rebelles à moitié plaquée par la sueur, c'est que ce n'était pas de tout repos de sauter de toits en toits, il fallait rester "réaliste", l'escalade c'était plutôt physique, et ses tendons n'étaient pas tous remis des coupures précises que lui avaient infligées Marine sept à huit heures plus tôt, même s'il guérissait plus vite qu'un humain moyen, son taux d'hybridation ne lui permettait sûrement pas de guérisons grosbillesques momentanées, à moins qu'on lui offre un beau plateau de viande saignante.

Il se retrouva donc finalement, sur le toit de ce magasin, enroulant sa queue de tigre assez entrainée autour de la rigole, testant quelque peu sa résistance avant de s'en servir comme appui, il se laissa pendre vers le bas, la tête à l'envers, enfonçant ses griffes dans les jointures des briques du bâtiment pour escalader à "revers" le mur du magasin, pour se poster pile poil à quelques centimètres de la porte, passant ses yeux dans l'un des trous lumineux éparses parsemant le tissu de la vitrine, pour, ne pas y voir grand chose si ce ne sont deux silhouettes voyageant dans le magasin.

Par contre son ouïe fine captait sans problème ce qui pouvait se raconter dans l'échoppe, il entendit donc les cliquetis boisés, nombreux et particuliers d'un rideau composé de petites boules en bois s'entrechoquant ensembles sous le passage de la silhouette du tenancier.

 
« Bonsoir Aërus »


« Ma belle rouquine ! Que me vaut une si agréable visite ? »

Si un doute persistait encore, cette réplique les dissipa tous, ils se connaissaient donc et mieux que ça, d'après le ton employé par cette personne, ils devaient être bons amis, Marine n'était d'ailleurs pour rien au monde offusquée du ton amical, surenchèrit d'une chaleur presque séductrice du vieil homme à la voix plus graveleuse mais ne manquant pas d'un certain "charme" s'il on puis dire, Khaléo aurait put presque en être jaloux s'il ne comprenait pas toute la camaraderie d'un tel dialogue.

« J’aurai besoin de quelques vêtements et de plusieurs armes »

Des armes... Voilà donc ce que ce type cachait si bien dans sa boutique, pas étonnant que son échoppe se trouve dans un trou aussi paumé, difficille d'accès et éloigné de la rue principale, dans ce dédales de ruelles sombres, tous ces éléments concordaient parfaitement, laissant tout de même s'immiscer un doute sur les intentions de Marine, après tout... ça ne faisait qu'à peine une journée et quelques heures qu'ils se connaissaient, c'était bien trop court pour oser prétendre connaître qui que ce soit.

« Ah tu es pile au bon endroit. Niveau vêtement j’imagine que c’est tes combinaisons habituelles ? – Moi qui espérai que tu voudrais de la lingerie fine, des tenues courtes… mais non, tu veux toujours des trucs qui te couvrent de la tête aux pieds. Si c’est pas un crime ça ! »

Khaléo se pencha un peu mieux sur la vitrine, plaquant presque son "oeil" sur le verre pour voir à l'intérieur, étant enfin capable de mettre un visage sur la voix du vieil homme, et d'observer l'échange de façon plus "imagée" et "animée" à ses yeux.

« Navrée de vous décevoir mais je préfère porter des choses qui me permettent de me battre sans problèmes »

« Tu pourrais quand même porter autre chose. D’ailleurs…. – il déplia le morceau d’étoffe noir mais totalement transparente – Tient ça je te l’offre. C’est juste pour dormir alors tu peux bien la mettre. Personne te verra, sauf Brimstone mais je pense pas que ça le gêne !"

Cette phrase finit sur un clin d'oeil, et le ton employé ne laissait aucun doute quant aux relations qu'elle pouvait avoir avec ce Brimstone, il put jeter un coup d'oeil rapide sur le vêtement quasi transparent, et il se laissa soupirer, un soupir étrange en sentant son coeur se retourner désormais dans sa poitrine et louper un battement, il savait que ce n'était pas "bien" de s'attacher aux personnes, surtout en tant que mercenaire, celà lui apprendrait, les images de sa capuche retirée et du baiser qu'elle avait osé lui donner eurent soudainement un goût sûr, et amer dans sa bouche, mais bon, il ne se bordait pas d'illusions non plus, une fille aussi belle qu'une tigresse avec un tempérament comme le sien, avait probablement déjà trouvé chaussure à son pied depuis longtemps.

Il se hissa à nouveau vers le toit, laissant un peu trainer ses griffes en dépit sur la surface de la vitrine, se sentant presque idiot de l'avoir suivie, il fallait se concentrer sur le boulot maintenant, son oreille continuait d'entendre des bribes de conversation provenant de l'intérieur du magasin, mais avec moins d'attention, essayant de ravaler ses sentiments, après tout si pour les vampires il était difficille de garder leur humanité au fil des siècles, et des épreuves passées, pour lui ça avait toujours été l'inverse, les épreuves, les saloperies que la vie lui avaient imposées à beaucoup trop de reprises l'avaient rendu peut être plus humain, et compréhensif qu'un humain à bien des égards, il avait toujours eu du mal à ne pas se laisser submerger par ses propres émotions, il fallait reconstruire les failles et les fissures qu'elle avait commencé à entammer d'un baiser qui fut comme un coup de pic à glace dans sa carapace, protéger et enfermer sa grande sensibilité, ses doigts passèrent sur ses lèvres à nouveau, puis il se mit une belle gifle, histoire d'effacer ce souvenir et le remplacer par une douleur bien vive, en général, ça fonctionnait, il n'y avait rien de mieux que les bonnes vieilles méthodes, et la douleur pour ne pas recommencer.

« Merci. Tenez j’aurai besoin de tout ça le plus rapidement possible »

« Eh bien tu comptes faire quoi avec tout ça ? Enfin c’est pas mes affaires. Je pourrai t’avoir tout ça sous 48h. Ça te va ? »

Khaléo n'écouta pas la suite, précédemment assis en tailleur sur le toit il se releva, anihilant tout effort de son ouïe pour capter ce qui pouvait bien provenir de la boutique, elle était ici pour se réapprovisionner en vue de poursuivre nos efforts dans cette enquête, je n'avais plus de soupçons et je ferai sans doute mieux de rentrer avant que je ne fasse une erreur, on faisait facilement des erreurs lorsque l'esprit était troublé, et à vrai dire, là, il s'en mordait tout simplement les griffes de l'avoir suivie, mais c'était peut être mieux comme ça, au moins tout était "clair" et plus rien ne serait alambiqué dans son crâne.

Il était à moitié appuyé contre une autre cheminée, presque adossé en croisant les bras, la fourrure de Lion blanc autour de son col caressait ses joues autant que ses longues et grandes capoules, son espèce de "brushing" sauvage qui, lui donnaient à la fois l'allure noble d'un lion, et la crinière ébourrifée, d'un tigre sur la fin, et l'arrière, en tout sens, battant également au vent, comme si celà fouettait son visage, mèches noires qui se confondaient parfois dans les rayures de même couleur parcourant ses joues.

Son regard était plongé sur l'horizon, et il fixait la lune, sans grande expression dans les yeux, ni sur le visage, comme s'il essayait déjà de reforger et ériger ses murs, de solidifier leurs fondations pour ne plus être atteint, elles avaient cédé beaucoup trop facilement à son goût.

Mais alors que le tigre était en plein "labeur" psychologique, la silhouette noire de Marine fut dessinée par la luminosité de la lune qui semblait si proche de la terre ce soir, éclairant par contre bien son visage de sa lueur bleutée, il cacha bien sa surprise en ne changeant pas l'inexpression deson visage, seuls ses yeux s'écarquillèrent légèrement à son apparition soudaine.

« Dites-moi qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans le « Je peux me débrouiller seule » ? Rien ? Vous n’avez pas besoin de me suivre. J’ai besoin de vous pour venir à bout des esclavagistes mais je n’ai pas besoin d’un toutou ! Souvenez-vous-en ! »

Son regard Assassin se plantait dans celui du mercenaire, qui, rivalisait toujours d'une certaine inexpression presque vitreux, reflettant bien le bleu de la lune sur son iris grise argentée, même sa respiration semblait d'un calme étrange, contrôlé, peut être un peu "trop" même, tant que ça ne paraissait pas tout à fait naturel.

« C’est compris ? »

Elle venait l'interrompre dans une partie cruciale des refondations de son "mutisme" émotionnel, sa capuche fut retirée et son magnifique visage fut balayé, léché et souligné par ses mèches flamboyantes, finissant de donner un réel impact à ses paroles, qui, finirent par enfin l'atteindre, avec du retard, comme s'il avait été perdu quelques secondes dans ses propres pensées.

Sur un ton qui se voulait neutre, pas un mot au dessus de l'autre, il s'exprima :

"-C'est compris... Mais je ne suis pas un chien... encore moins un animal... On ne me met pas dans une putain de cage où une laisse autour du cou en espérant que je reste bien tranquille "à la maison", si je l'ai fait c'est pour assurer mes propres interêts... m'assurer qu'il ne vous arrive rien c'est aussi être sûr que je sois payé, a la fin de ce contrat, non ? Je ne réclammes pas de paye d'avance, mais vous comprendrez que je doives assurer mon "placement" jusqu'à ce que notre affaire arrive à son terme, n'imaginez pas autre chose."

Il décolla enfin son dos du mur, et décroisa ses bras anormalement tendus, ses doigts comprimant ses biceps par dessus le cuir de sa veste avec une certaine compression nerveuse, phalanges tendues, presque frustrées, constrastant avec l'émotion que dégageait son visage.

"-Si c'est des excuses que vous cherchez, je n'en ai aucunes à formuler, vous êtes mon patron, je ne suis qu'un "employé", j'ai pris une initiative malheureuse, mais ce qui est fait est fait, si vous n'avez plus besoin de mes services je continuerai quand même mes investigations seul en me contentant du menu salaire que pourront me donner les parents des enfants que je pourrai peut être délivrer."

Il rajusta un peu sa veste en cuir, et son col autour de son visage aimant particulièrement la caresse de la fourrure sur son duvet, chose qui le rassèrènait quand il se sentait particulièrement tendu comme à cet instant, il le cachait bien mais, son ventre se nouait nerveusement, ses muscles abominaux tremblaient un peu pour lui brouiller les tripes, bon sang ce qu'il pouvait haïr ses sentiments humains en cet instant, il se contrôlait mal, il n'aimait pas ça, il avait juste envie de fuir et retourner à l'auberge, terminer cette nuit et en finir au plus vite avec cette histoire.

"-Si vous avez obtenu ce que vous désiriez, permettez donc que je disposes..."

Marine

E.S.P.er

Essayait-il de se donner une contenance ? De faire comme si rien ne l’atteignait ? Peut-être. Marine remarqua son attitude décontractée mais se dit que ce n’était qu’une apparence et qu’il n’avait pas du apprécier de se faire faire la leçon.

« C'est compris... Mais je ne suis pas un chien... encore moins un animal... On ne me met pas dans une putain de cage où une laisse autour du cou en espérant que je reste bien tranquille "à la maison", si je l'ai fait c'est pour assurer mes propres intérêts... m'assurer qu'il ne vous arrive rien c'est aussi être sûr que je sois payé, a la fin de ce contrat, non ? Je ne réclame pas de paye d'avance, mais vous comprendrez que je doive assurer mon "placement" jusqu'à ce que notre affaire arrive à son terme, n'imaginez pas autre chose »

Marine haussa de nouveau un sourcil pas le moins du monde convaincu par la raison qu’il avançait de vouloir protéger ses intérêts. Pour elle, ce n’était qu’une raison des plus fallacieuses pour dissimuler la vraie raison. Il voulait s’assurer qu’il ne lui arriverait rien juste parce qu’elle était ce qu’elle était, c’est-à-dire une femme.

La remarque, par contre, concernant le côté animal de la personne de Léo la marqua davantage. Elle n’avait pas utilisé le terme de « toutou » pour le rabaisser. Elle l’aurait employé avec n’importe qui, qui aurait voulu la suivre, lui ou un autre. Vu son apparence, il avait souvent du se faire traiter d’animal dans sa vie. Quelle pitié ! Pourquoi les gens voulaient-ils toujours s’en prendre à ceux qui n’étaient pas dans la norme ? C’était détestable et la jeune femme haïssait ce type de comportement.

C’était probablement pour cette raison qu’il protégeait autant son apparence. Si les gens ne voyaient pas ses traits, ils ne pourraient pas le rapprocher d’un animal. C’était bien triste de devoir en arriver là.


« Je n’ai pas dit « toutou » pour vous blesser. C’est juste une expression, c’est tout. Pour ce qui est de votre paiement, ne vous inquiétez pas vous serez payés même si je venais à disparaitre ! Pour ce qui est de m’avoir suivi, posez-vous la question de savoir si vous auriez fait la même chose si j’étais un homme ! La réponse est non, j’imagine ! Vous me suivez juste pour être sûr que personne ne me fasse de mal parce que je suis une femme. C’est la seule et unique raison. Aussi arrêtez de me voir comme une femme, considérez moi juste comme votre employeur et un combattant, le reste est sans importance »

Il se décolla du manteau de la cheminée pour avancer vers elle. La jeune femme laissa retomber son bras gauche le long de son corps. Sa colère était retombée et son calme habituel était de retour. Naturellement, sa cape revint l’enserrer totalement. Une simple silhouette noire, informe, sur le toit. Seule sa tête trahissait qui elle était.

« Si c'est des excuses que vous cherchez, je n'en ai aucunes à formuler, vous êtes mon patron, je ne suis qu'un "employé", j'ai pris une initiative malheureuse, mais ce qui est fait est fait, si vous n'avez plus besoin de mes services je continuerai quand même mes investigations seul en me contentant du menu salaire que pourront me donner les parents des enfants que je pourrai peut être délivrer »

En temps ordinaires, elle lui aurait bien dit d’aller se faire voir mais elle était aussi pragmatique. Elle avait besoin de lui pour la suite. Aussi, elle fit un simple signe non de la tête faisant voler quelques mèches rebelles autour de son visage de porcelaine.

« Non, j’ai besoin de vous. L’incident est clos pour ma part. Des excuses auraient été les bienvenues mais je m’en passerai »

La demoiselle l’observa réajuster sa tenue. Un autre moyen de se donner une contenance. Il avait fait une erreur. Il devait le savoir.
 
« Si vous avez obtenu ce que vous désiriez, permettez donc que je disposes... »

Le ton empesé qu’il utilisa ne plut pas du tout à la rouquine. Du peu qu’elle le connaissait, ça ne faisait pas vraiment parti de son vocabulaire. Mais une fois de plus, elle ne fit aucune remarque. Elle se retourna et se dirigea vers le bord du toi.

« Faites comme bon vous semble. Je passerai vous chercher demain matin ! »

D’un bond agile, elle sauta, faisant voler les pans de sa cape autour d’elle. Elle avait, à cet instant, l’allure d’une panthère noire, rapide, agile, précise. Elle atterrit dans la rue étroite, un genou au sol pour se stabiliser. Elle reprit la direction de l’auberge en faisant un signe de la main à son « employé », une sorte de salut qui pourrait passer pour amical. Elle s’éloigna sans se retourner un seul instant sur lui. Elle resserra sa prise sur ses tenues et fit le trajet en sens inverse rapidement.

Elle arriva rapidement et sans encombres jusqu’à l’auberge. Quasiment plus aucun bruit n’en émergeait. Marine en déduisit que la plupart des occupants devaient être souls comme cochon et comataient un peu dans tous les coins. Son hypothèse se vérifia alors qu’elle poussait la porte de bois de l’établissement. Une odeur aigre la prit à la gorge. Elle ramena un pan de sa cape contre sa bouche et son nez, histoire de bloquer un peu l’odeur détestable et caractéristique du vomi. Elle pénétra dans la salle principale et constata que son hypothèse se vérifiait bien. Des corps plus ou moins entremêlées jonchaient le sol. Quelques-uns, disposant d’un équilibre plus poussé ou d’une bonne dose de chance, s’étaient écroulés sur leur table et évitaient de baigner dans le vomi, les flaques d’alcool et la poussière.

Prudente, la demoiselle, avec l’adresse d’une danseuse de ballet, évita par petits sauts et grandes enjambées les divers « cadavres » qui servaient de sol à l’auberge et ce n’était pas chose aisée vu que les bougies s’étaient pour la plupart éteintes. Marine parvint jusqu’au pied de l’escalier et monta quatre à quatre les marches pour parvenir jusqu’au premier étage et rejoindre sa chambre où elle ralluma les bougies, les disposant de manière à avoir une lumière à peu près égale partout. Sa cape rejoignit rapidement une des chaises et il en fut de même pour son corset de cuir. Ce dernier maintenait très bien son buste mais après toute une journée, elle était toujours heureuse de l’enlever et sa poitrine reprit son volume initial, toujours trop imposant selon elle. Assise sur le lit, les bottes furent enlevées à leur tour puis la combinaison sombre et déchirée. La belle se retrouva en sous vêtements dans la chambre et se dirigea vers la salle de bain.

Un simple lavabo et un coin douche. Rien d’extraordinaire mais c’était à peu près propre. C’était déjà ça. Enlevant les derniers morceaux de tissu qui la couvraient, elle se mit sous le jet d’eau et laissa cette dernière couler sur son corps endoloris et fatiguée. La pression du corset rendait ses seins plus sensibles et malmenait terriblement la peau fine et délicate de cette partie de son anatomie. Attrapant le savon, elle se frotta généreusement le corps, grimaçant légèrement lorsqu’elle frottait les endroits blessés. Les bulles de savon arc-en-ciel mirent un peu de gaieté dans la pièce l’espace d’un bref instant comme une trêve dans la folie qu’était la vie et surtout la sienne.

L’eau l’avait toujours détendue et si elle avait pu, elle serait restée des heures entières sous le jet tiède mais il fallait savoir mettre un terme à ce petit plaisir. Elle ferma le robinet et attrapa une serviette, se séchant rapidement, elle démêla ses cheveux bouclés juste avec ses doigts. Elle prenait rarement le temps de les coiffer. Elle considérait qu’ils reprendraient leur place initiale tout seuls. Elle enfila ses sous-vêtements et revint dans la chambre où elle se saisit de la combinaison noire nouvellement acquise. Elle lui allait comme un gant et moulait à la perfection son corps. L’encolure ronde limitait le pigeonnant dû à sa poitrine. De nouveau vêtue, elle alla s’asseoir sur le rebord de la fenêtre et contempla les lumières de la ville. Elle avait toujours aimé ce moment particulier qui lui donnait l’illusion d’être seule au monde et que le monde était en paix. Une pure chimère mais un instant de paix pour elle.

La tête contre le mur son esprit vagabonda jusqu’à aller penser à Brimstone. Cela faisait des semaines qu’elle ne l’avait pas vu. Cela faisait un bon moment que quelque chose s’était cassé entre eux. Elle ne savait plus trop à quand cela remontait. Peut-être était-ce le jour où elle avait refusé de porter un bébé. De par sa nature, il était stérile mais il lui avait proposé d’avoir un bébé qui ne porterait que son ADN, un clone d’elle-même. Après un long temps de réflexion, elle avait refusé. Elle ne pourrait pas voir cet enfant comme n’importe quel enfant puisque se serait sa copie conforme. D’ailleurs, la fillette s’en rendrait compte aussi par elle-même et un jour elle risquait de leur en vouloir. Les conséquences étaient trop lourdes à porter et Marine avait fini par refuser. Le régulateur avait alors semblé déçu. Par la suite, ils avaient commencé à s’éloigner l’un de l’autre. Marine s’en allait de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps et il ne faisait jamais rien pour la retenir. La rouquine soupira.

Leur amour était en train de mourir. Elle s’en rendait compte à présent. Quand avaient-ils cessé de s’aimer ? Impossible à dire mais les faits étaient là. Ils resteraient certainement amis mais l’amour ne serait plus de mise entre eux. Les larmes coulèrent sur ses joues et elle n’essaya pas de les arrêter. Cela lui faisait mal, terriblement mal mais au moins, elle savait où elle en était. Elle devait à présent tourner la page et pour de bon.

Elle resta encore un moment à contempler la nuit avant d’aller s’allonger. Recroquevillée sur elle, elle pleura encore un moment avant de sombrer dans le sommeil. Celui-ci d’abord neutre, sans rêves, changea soudainement. Comme toujours les cauchemars vinrent s’insinuer dans son esprit. Les combats, les morts, le sang tout se mêlait dans son inconscient. Les fantômes du passé revenaient au premier plan. Tous ceux qu’elle avait tués revenaient lui demander des comptes. Et comme toujours, elle ne savait pas quoi répondre. Elle commença à s’agiter sur son lit et se mit à gémir. Son esprit, libre de tout contrôle, vint lui imposer la vision de Don, sou sourire immonde et les tortures qu’il lui avait fait subir. Elle sentait encore son odeur immonde, son souffle sur sa peau alors qu’il la violait et qu’il la battait. La brûlure du fer rouge sur sa peau la fit sursauter. Les cris succédèrent aux gémissements.


« Non… arrêtez… je vous en prie… je vous jure… je me vengerai… espèce de salaud… je me vengerai… ahhhhh… »

Les cris devenaient plus forts et les larmes coulaient sur son visage jusqu’à ce qu’elle finisse par se réveiller dans un cri terrible, en sueur, le souffle court et le visage inondé de larmes.

Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

« Je n’ai pas dit « toutou » pour vous blesser. C’est juste une expression, c’est tout. Pour ce qui est de votre paiement, ne vous inquiétez pas vous serez payés même si je venais à disparaitre ! Pour ce qui est de m’avoir suivi, posez-vous la question de savoir si vous auriez fait la même chose si j’étais un homme ! La réponse est non, j’imagine ! Vous me suivez juste pour être sûr que personne ne me fasse de mal parce que je suis une femme. C’est la seule et unique raison. Aussi arrêtez de me voir comme une femme, considérez moi juste comme votre employeur et un combattant, le reste est sans importance »

L'attitude de la rouquine pour lui répéter et marteler le fait qu'il avait agit de la sorte parce qu'elle était une femme l'irritait peu à peu, et elle avait en partie raison ce qui agaçait peut être encore plus le mercenaire, mais elle se trompait si elle croyait qu'il n'aurait pas assuré la sécurité d'un "homme" de la même manière, elle n'y connaissait pas grand chose à son boulot, il lui était arrivé de suivre quelques uns de ses anciens employeurs pour assurer leur survie, surtout dans une région aussi dangereuse que les bas fond du nexus, mais il ne releva pas, la laissant croire ce qu'elle voulait après tout, il n'avait pas de comptes à lui rendre, du moins c'est ce qu'il pensait.

Aussi ses mains, les doigts de ses phalanges se contractaient et se désserraient, signe d'un stress évident suite à cet échange, malgré celà il gardait un ton anormalement posé et calme :

"-Le reste est "sans" importance, entendu, madame."

« Non, j’ai besoin de vous. L’incident est clos pour ma part. Des excuses auraient été les bienvenues mais je m’en passerai »

"-Je... n'ai aucune raison de regretter ni de m'excuser pour vous avoir suivi dans ce coupe-gorge, si j'ai des regrets, c'est de n'avoir pas été assez discret pour que vous ne puissiez pas me repérer... ce qui me prouves que je dois m'être relaché un peu, où que je suis simplement légèrement rouillé, croyez le où non la protection de mes mandataires, surtout lorsque ceux ci sont impliqués d'aussi près dans le "contrat", est l'une de mes priorités, le fait que vous soyez une femme... celà... celà passe à un tout autre plan et degré, et je ne considères absolument pas ce que j'ai fait comme un manque de respect à votre égard, alors vous n'aurez pas d'excuses, même si vous avez l'impression d'y avoir droit, par contre je pourrai sans doute à nouveau être impressionné par vos capacités et vous félicites de m'avoir débusqué."
 
Même si, ça lui écorchait un peu la bouche qui effectua une étrange moue lorsqu'il la félicita de façon assez sommaire, il était en faute, point barre, mais il s'obstinait, absolument têtu et pensant avoir réponse à tout, son regard restait planté, droit, dans celui de l'humaine, ne cillant à aucun moment.

« Faites comme bon vous semble. Je passerai vous chercher demain matin ! »

"-Bien "madame"..."

Il suivit son saut avec un certain interêt, elle était si belle... une vraie tigresse, avec un tempérament chaud, enflammé, et elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, chose qui plaisait beaucoup au mercenaire, mais bon, même si ces hanches évasées, ses fesses lisses et musclées s'entrecarressaient entre elle dans chacun de ses mouvements, elle appartenait déjà à quelqu'un d'autre, cette pensée le remettant rapidement à sa place et le laissant dans une étrange colère, celle, de s'être fait "réprimander" par cette sulfureuse créature, il ne la suivit que du regard pour être sûr qu'il ne lui arrive rien sur le chemin de retour à l'auberge, une fois qu'elle fut à l'intérieur il déporta son regard sur la corniche d'en face, restant là un long moment en écoutant le "silence" des rues, il se mettait à pleuvoir de plus en plus fort, en fait, il était resté là, assez "interdit" de l'échange qu'ils venaient d'avoir, ça faisait longtemps qu'il ne s'était plus confronté a une femme de cette manière, ça lui laissait un étrange "vide" au creux du ventre, qui, lui brouillait encore plus les tripes que l'étrange colère qui n'arrivait pas à définir là non plus.

Elle lui avait rappellé quelqu'un... une personne... C'est ça... une personne qu'il aurait préféré, sans doute oublier... La pluie battait et il restait encore un moment, là, à laisser ses cheveux se plaquer sur son visage, et ses habits se faire détremper, ce sont les battements intenses des gouttes de pluies frappant sur les tuiles qui le sortirent enfin de ses pensées, alors qu'il regardait ses mains s'entrouvrir et se refermer, rétracter, et sortir les griffes, un léger sourire en coin, empli de nostalgie s'esquissant sur ses lèvres.

"-Pourquoi j'agis toujours comme le dernier des enfoirés... Est ce que j'ai changé à ce point..."

Il plongea l'une de ses mains dans la poche intérieure de sa veste en cuir, dans laquelle un objet très précieux à ses yeux se trouvait, une vieille montre gousset, abimée, usée par le temps, il en fit le tour avec ses doigts, du bout de ses griffes, c'était un cadeau... le dernier objet qu'il gardait sur lui qui le liait encore au souvenir de personnes qui furent chères à son coeur, il voulut un moment la sortir pour se souvenir, mais la pluie pourrait sans doute plus l'abîmer qu'elle ne l'était déjà.

"-...Marianne... ?"

A son tour il sauta du toit, se réceptionnant en amortissant le choc de la plante de ses pieds arquées à cet effet, la souplesse de ses chevilles, ses genoux et reste du corps fléchis, à la fin du saut il fut obligé d'effectuer une roulade vers l'avant sur les pavés détrempés, l'eau ayant rendu casse gueule son atterrissage tout de même, un sentiment étrange l'envahissait, c'était à la fois du renoncement, de la colère, et de vieilles choses qu'il avait du mal à oublier, où se pardonner, foutue conscience de merde, une frustration grouillante, bouillante au fond de son corps faisait monter un agacement, une irritation dont il n'arrivait pas à connaître l'origine, mais que Marine avait déclenché en le remettant à sa place.

Il l'avait mérité, pensa t'il, même si son poing droit se fermait si fort qu'il n'arrivait pas à tenir rétractée ses griffes par tension de ses divers tendons, griffes, qui s'enfonçaient dans sa paume, du sang ruisselant entre ses phalanges pour goûter sur le sol, pourquoi était il tant en colère contre lui même, ça montait, crescendo, mais c'était bien là, le poussant à aller frapper le coté extérieur contre la brique à la fin de la ruelle, débouchant en face de l'auberge, son poing frappa si fort contre la brique, qu'il l'abîma, faisant éclater ses joints pour la disloquer et la faire tomber du coin du mur, mais il y avait mis une telle force, que même sous les bandages enroulant sa main, il avait réussi à faire "éclater" une partie de la chair de ses doigts, mettant certaines de ses phalanges à sang, ses dents crissaient les unes sur les autres, les muscles de sa mâchoire roulaient et se striaient aux coins de ses joues, une colère venue du fond des âges s'emparait peu à peu de son corps et laissait son doux travail de sappe ronger peu à peu sa retenue.

"-...Va te faire... foutre..."

Ce fut son deuxième poing qu'il envoya dans le mur, puis il frappa dans des cartons et des poubelles disposées dans la ruelle, à gauche et à droite, foutant un bordel pas possible qui attira l'attention d'un groupe de personnes de l'autre coté de la rue, revenant parfois frapper l'un de ses poings déjà bien abîmé contre le mur, tournant en cercles pour se prendre la tête entre les mains, parfois, enfonçant ses griffes dans son cuir chevelu assez profondément pour se faire saigner, répétant simplement "va te faire foutre" à de nombreuses reprises avant de recommencer à frapper, et à frapper ses poings sur le mur, encore, et encore avec une rage incontrôlable et indéfinissable, jusqu'a s'en déboiter les poignets, jusqu'a ce qu'il ne soit plus capable de "s'abimer".

Face à cette rage auto destructrice les individus s'étant rapprochés pour jeter un coup d'oeil à la scène préférèrent foutre le camp plutôt que de lui chercher des poux, et ils avaient fait le bon choix.

Quand il eut enfin terminé ses conneries, et qu'il s'était presque assomé en fracassant sa tête au mur plusieurs fois, il laissa son dos racler contre les briques jusqu'a ce que son derrière rejoigne le sol, posant ses yeux sur ses mains pendantes, avant de douloureusement les "remboiter" avec l'un ou l'autre cri bien glauque qui laissait sans nul doute comprendre à quel point celà pouvait être douloureux, voilà à peu près comment il se calmait seul pour éviter que ses souvenirs les plus douloureux ne le submergent, remplaçant aussi une douleur psychologique par une, bien physique qui l'empêchait d'aller plus loin dans le ressassement de ses souvenirs... ça fonctionnait... un temps, et puis il fallait parfois recommencer.

Mais bon, là, il était bien calmé, le sang ruissellait sur son front, sur ses arcades sourcillières et puis perlait sur la fin de son menton pour rejoindre le sol, son ventre gargouilla il crevait la dalle, cette grande créature se releva avec la prestance d'un grand nordique, d'un noble viking, malgré son étrange apparence, rajustant sa veste et son col malgré le sang qui peinturlurait son visage de marques guerrières tracées par le passage de ses doigts, ses mains ensanglantées également, il traversa la rue pour se rendre au rez de chaussée de l'auberge, la taverne donc, visage à découvert, rien à foutre, à vrai dire, dans son état il n'en avait plus rien à battre même s'il risquait de s'attirer des emmerdes, et c'est son pied qui poussa violemment la porte pour entrer dans la salle, afin... d'être le plus discret possible, bien entendu.

Un silence de mort prit place dans l'auberge qui fut, précédemment animée, autant par les cris et les rires des "clients" que par une musique jouée par quelques musiciens intimidés par son entrée pour le moins "fracassante", Khaléo s'approcha du comptoir en écartant les bras, tournant deux fois lentement sur lui même comme pour bien se "présenter" et s'afficher aux personnes présentes, pointant ensuite ses doigts vers l'assemblée en terminant son dernier "tour" sur lui même, en les ramenant ensuite lentement vers sa poitrine pour se présenter "lui" lorsque le bas de son dos fut appuyé sur le bord boisé du comptoir.

Dans l'auberge quelques "qu'est ce qu'il veut ce connard ?" où "putain d'où il débarque avec sa gueule celui là ?" où encore "t'as vu le sang sur sa gueule ? On dirait qu'il vient d'assassiner quelqu'un..." flottaient dans les airs, alors que quelques clients non désireux de prendre un coup perdu quittaient déjà l'établissement.

"-Pourquoi tu me regardes comme ça, toi ? Et toi ? Et toi aussi ? Qu'est ce qu'il y a ? Je ne correspond pas à tes putains de standard et canon de beauté ? Va t'faire foutre, ne me regarde pas comme ça..."

Khaléo possédait, deux "dents" rétractables, un peu comme des crocs de vampires, en un peu plus long et légèrement courbées, elles n'étaient rien d'autre que des dents de "sabres" vestiges d'ancêtre des tigres, les smilodons, qui, étaient bien plus féroces et dangereux que les tigres actuels, soit, il sortit ses dents de sabres en approchant sa gueule fort près d'un client qui fut paralysé un temps par la peur, puis prit ses jambes à son cou pour foutre le camp, ses deux compagnon de beuverie s'étant rétamés au sol lorsqu'il sortit ses crocs l'accompagnèrent dehors.

Il se redressa lentement en parcourant la salle du regard, scrutant les clients qui avaient perdu toute forme de témérité à son égard et qui, restaient bien assis à leurs tables en détournant enfin le regard, là, il n'était pas très fier de ce qu'il venait de faire, il venait d'agir comme un putain de vampire qui veut imposer sa présence, mais de toute façon il cherchait les emmerdes et, malheureusement il avait jeté un froid tel qu'aucune des créatures présentes ne daignait avoir l'originalité et l'amabilité de venir lui péter sa gueule, chose qu'il se savait mériter, il soupira en rétractant ses crocs.

"-Qu'est ce qu'on se marres..."
 
Il traversa la salle pratiquement en ligne droite en poussant les tables et les chaises qui se trouvaient sur son passage, renversant quelques personnes qui, étaient elles mêmes encore assises sur leurs sièges, où poussant des pieds les corps allongés au sol, arrivant à l'autre coté du comptoir, ne prenant même pas la peine de s'excuser de son comportement, il claqua deux griffes ensembles et à la fin de ce claquement il pointa de l'index les musiciens, prolongeant le mouvement d'une sortie de la griffe du même doigt.

"- Vous ne voyez pas que l'ambiance est "mortelle" ? Continuez de jouer..."

Déglutissant dans un premier temps les musiciens reprirent sans grande conviction ni entrain leurs instruments, se regardant les uns les autres avant de se remettre à jouer.

Suite à quoi il empoigna le tenancier par le col et le rapprocha du bar, assez près pour qu'il sente son souffle, plantant un regard assassin dans le sien, reniflant la puanteur de ses odeurs corporelles qui lui faisaient tressauter les sourcils et relever les babines avant de le relâcher, pour lui parler à une distance plus convenable finalement.

"-Je veux la meilleure de tes viandes saignantes dans moins de cinq putain de minutes où je recouvres ton bouge de merde du sang et de la cervelle de tes clients... Et grouilles toi je manques indubitablement de patience ce soir..."

Il n'y avait pas de "héros" dans cette salle, personne pour venir l'empêcher de dire où faire n'importe quoi, il était tard, son comportement était volontairement provocateur et révoltant mais personne n'allait lever le petit doigt, il empoigna si fort le bord du comptoir entre ses doigts et ses griffes que le bois se concassa, les fibres explosèrent sous la pression laissant la marque de son passage dans l'auberge.

"-Tu feras livrer ça et une bouteille de Liqueur de fruits rouges des bois à la 104... J'espères pour toi que je n'aurai pas à redescendre pour venir chercher ma commande."

Une fois arrivé en haut il batailla un peu avec la porte de sa chambre mal remboitée pour qu'elle s'ouvre, la défonçant à nouveau à coup de pied elle aussi, et la reclaquant derrière lui, un cadre accroché au mur pencha sur le coté, et un autre tomba par terre, une fois dans la chambre il laissa échapper un long soupir en s'asseyant sur le lit, c'est pas ce soir qu'il allait reprendre "foi" en l'humanité ni en lui même, bientôt la serveuse apporta sa commande, et ce, pil poil dans le laps de temps demandé, c'est lui qui attendit quelques secondes supplémentaires dans la chambre avant d'ouvrir la porte à moitié défoncée pour l'acceuillir, lui stipulant qu'elle avait six secondes de retard, les six secondes qu'il avait attendu avant de lui ouvrir la porte en restant derrière, pas contrariant et "chiant" quand il le voulait bien.

Elle essaya tout de même de tergiverser sur le fait que celà faisait presque trente secondes qu'elle frappait à la porte, Khaléo sortit à nouveau ses crocs et elle s'enfuya dans un cri strident, le laissant se marrer avec son plateau sur le pas de sa porte avant de retourner dans sa chambre, fallait bien se marrer avec ce qu'on pouvait dans ce monde, et ce soir il ne se sentait pas spécialement de bonne humeur, une petite crise de fou rire lui fit du bien.

Il s'assit donc à nouveau sur le bord du lit, retirant sa veste en cuir détrempée, d'où tomba la vieille montre gousset, rebondissant sur le sol, il la ramassa et la posa à coté de lui avant de jeter les couverts disposés sur son plateau par dessus son épaule, il détestait les couverts et avait toujour eu du mal à s'en servir depuis leur invention, rien de tel que de bouffer avec les mains et empoigner sa nourriture à pleins doigts, au diable les manières, il était seul, il prit tout de même ses premiers morceaux de viande du bout de ses griffes piquées dans quelques morceaux de choix, accompagnant bien quelques gorgées de son alcool de fruits rouges avec ces derniers, prenant son temps pour apprécier l'une des rares choses qui, lui étaient encore "permises" d'apprécier.

Il mordait à pleines dents dans les entrecôtes de boeuf et concassait, broyait assez facilement les os, ayant une pression abominable dans la mâchoire qui lui permettait presque de trancher les os comme du beurre, bref, il avait terminé de manger et de boire.

Il attrapa ensuite sa vieille montre gousset, qu'il fit tourner autour de son doigt par la chaîne avant de la stopper net du pouce dans son dernier "tourniquet", parcourant de la griffe de son index le bord du couvercle avant d'envoyer une pichenette dans ce dernier, pichenette de la griffe qui fit s'ouvrir doucement le couvercle, il se pinça la lèvre inférieure en adoucissant enfin les traits de son visage, soupirant d'une étrange aise, d'une nostalgie empreinte d'une tristesse insondable, ses yeux étincelant étrangement voyageaient sur le cadran de cette montre, dont la vitre était brisée et rendait presque illisible l'heure, et la date sur laquelle la montre s'était arrêtée, et pourtant... elle était arrêtée sur une date et une heure lourde de sens pour Khaléo, sur le fond du couvercle, deux visages... deux visages gravés dans le métal, usés... si usés par le frottement de ses doigts ces derniers siècles, qui, cherchaient à parcourir les traits de ses deux visages, comme pour s'en rappeller, d'ailleurs ça lui faisait peur ça... si ces visages disparaissaient, seul souvenir qui lui restait d'elles, il avait peur de les oublier définitivement, Mais si le mécanisme d'horlogerie était abimé, celui de la boite musicale lui, fonctionnait toujours, et ce dés l'ouverture du couvercle, une musique profondément triste, résonnant dans les coins de la pièce, presque douloureuse à l'esprit de l'ancien soldat, du mercenaire s'éleva dans la pièce :
http://www.youtube.com/watch?v=o_SChDmSedM

Cette montre avait appartenu à Marianne... sa femme, assassinée il y a de celà plus de trois cent ans déjà... avec sa fille également... Les vampires avaient déjà assez à faire avec le contrôle des lycans que pour se coltiner une nouvelle espèce qui, s'avérait bien plus dangereuse encore à leurs yeux, provenant d'une souche méconnue, et ils savaient, que le "lion blanc" n'était autre qu'une espèce de Tigranthrope, ils l'avaient senti... La progression de sa troupe de mercenaire à travers cette époque, les rumeurs d'un guerrier fauve, d'une "bête" incroyablement destructrice dans leur rang avait fini par attirer l'attention, et le regard de certaines castes de vampires de l'époque, et c'est lors d'une négociation tardive, trop ambitieux, et trop jeune pour se rendre compte des danger qui pesaient sur les épaules de sa famille, qu'il arriva beaucoup trop tard pour sauver les siens, ses soirées s'étaient allongées de plus en plus pour régler des histoires de protection seigneurales, territoriales et ça prenait du temps, beaucoup trop de temps pour arriver à des accords et des signatures, plaçant le travail avant la famille.

Il l'avait payé cher... encore une fois c'est sa différence, à travers sa descendance et sa femme qui était au coeur du problème, encore une fois c'est son "anormalité" qui lui avait arraché ce qu'il avait de plus cher au monde à cette époque, une larme silencieuse coula sur sa joue, et il décida de refermer le couvercle pour que la musique cesse enfin, et que le souvenir s'estompe... Les images horribles de sa femme, et de sa fille mutilées, lardées de lacérations, de coup de fouet, pendues par les pieds, décapitées et saignées à blanc lui revenaient en mémoire, sur le fond de sa vieille bâtisse en flammes.

Il ne se pardonnerait sans doute jamais, car pour lui, c'était bel et bien sa faute, il aurait du être à leur coté pour les protéger et pas en train de parader dans sa magnifique armure blanche du Lion blanc, une superbe pièce d'orfèvre finement ciselée, en train de parader et d'user d'apparences nobles pour la négoce, mais c'était inutile de se faire encore plus de mal qu'il ne s'en était fait ce soir, il avait besoin de repos demain serait un autre jour de merde à affronter, il enfouit à nouveau cette vieille montre dans la poche intérieure de sa veste, et se releva pour aller se regarder dans le mirroir, les contours des yeux rougis par les pleurs, et le visage recouvert de sang séché, il rinça ses mains avant de les appuyer lourdement sur ses traits fatigués, ayant du mal à reconnaître son reflet ce soir.
 
Il se déshabilla en laissant ses habits et ses bandages tomber au sol, finissant par son pantalon, qu'il enjamba en sortant un pied, puis l'autre des jambes du pantalon, une douche... une bonne douche froide... ça lui remettrait ses putains d'idées mélangées en place, il en oubliait même presque la raison de sa présence ici, la douche froide n'eut pas le don de le détendre réellement, et il éternua même en sortant de la salle de bain.

Il ne fut pas long à éteindre la lumière et aller se reposer, ses poignets, ses blessures sur le front ayant pratiquement déjà disparu grâce à l'absorption d'une bonne quantité de viande saignante, il ferma la porte à double tour en se servant également du loquet pour empêcher la porte de s'ouvrir, on ne sait jamais qu'un des abrutis congénitaux de la taverne d'en bas n'aille pas le courage de l'affronter en face mais ait une envie soudaine de venir lui planter un pieu dans le coeur durant son sommeil.

La chambre de Marine était juste à coté de la sienne, et malgré le fait qu'il essayait de chercher le sommeil, il n'avait jamais eu besoin de dormir très longtemps, son métabolisme récupérait de la fatigue assez rapidement, une, deux heures de sommeil et c'était fait, donc il resta éveillé une bonne partie de la nuit en gardant tout de même les yeux fermés, ponctuant sa nuit de quelques mini-siestes espacées de vingt minutes.

Au beau millieu de la nuit il entendit d'étranges gémissements provenir de la chambre de la guerrière, soit elle était en plein délire, où faisait un cauchemar, pire même... elle était en train de se faire agresser... Et tout comme sa famille qu'il n'avait pas su défendre, il ne se le pardonnerait pas si il lui était arrivé du mal alors qu'il se trouvait à coté.

En parlant de cauchemars, Lui n'arrêtait pas d'en faire également, c'était sa conscience qui le travaillait tout le temps, et fallait croire que ce n'était pas bien différent pour la belle rousse, l'on évitera de détailler les passages sordides des cauchemars du mercenaire mais c'était assez dégueulasse et horrible, mais depuis le temps il... y était plus ou moins habitué, même s'il on ne s'habituait jamais à ce genre de truc, on pouvait peut être tenter de le "banaliser", mais ça laissait toujours des séquelles.

Sa nuit risquait d'être longue, et, les retournements dans le lit, les gémissements et autres bruits provenant de la chambre de Marine ne le rassuraient pas non plus... Malgré le fait qu'elle lui ait dit de s'occuper de ses affaires, peut être par curiosité malsaine aussi, il sortit de sa chambre en utilisant sa cape / capuche comme un grand peignoire, et pénétra discrètement, silencieusement dans la chambre de Marine.

Il s'approcha du lit, en tournant autour, se positionnant dans le coin sombre à coté de la fenêtre, ainsi, elle ne le verrait peut être pas immédiatement si elle se réveillait, il la regarda bouger sous les draps, l'écouta gémir, et même, crier de plus en plus fort, cette personne était drôlement torturée pour son jeune âge, et quelque part il avait presque l'impression de se voir dans un mirroir, il restait là, croisant les bras, parfois pinçant une de ses griffes entre ses lèvres par anxiété "partagée" par empathie de la voir souffrir dans son sommeil de la sorte, trépignant parfois un peu des pieds.

« Non… arrêtez… je vous en prie… je vous jure… je me vengerai… espèce de salaud… je me vengerai… ahhhhh… »

Elle était bel et bien une victime... il n'en était pas tout à fait sûr même s'il le soupçonnait un peu, maintenant tout doute était dissipé, son vieux coeur de tigre se pinça un peu, juste avant qu'elle ne se mette à crier, à hurler, et ne se réveilles en pleurs, en larmes et en sueur, Khaléo resta un instant figé de surprise, de peur, il n'avait absolument rien à faire là, et elle lui avait bien stipulé que dorénavant ils n'auraient que des relations employé, employeur, quand bien même, il s'assit sur le bord du lit et attrapa le visage de Marine entre ses mains, lui dégageant quelques mèches du visage rapidement pour qu'elle s'aperçoives qu'elle se trouvait bel et bien dans sa chambre, à l'auberge, et plus dans son cauchemar.

"-Lààà... làààà... ça suffit... c'est terminé...    c'est terminé... ce n'était qu'un cauchemar... "

Son magnifique visage de porcelaine ruisselant de sueur et de larmes était encore plus beau ainsi humidifié, il ne put s'empêcher, de lui poser un baiser sur la joue pour tenter de la rassurer, goûtant à sa peau, sa sueur et ses larmes salées, lui caressant du revers des doigts les joues de haut en bas, puis finit par doucement la relâcher au cas où elle s'emporterait où rentrerait dans une fureur noire suite à son geste, et, sa présence dans sa chambre.

"-Ne... ne vous méprennez pas... j'ai entendu d'étranges bruits... j'ai... une ouïe fine... et j'ai cru qu'il y avait un... agresseur... dans votre chambre..."

"-Je suis... soulagé, que ça ne soit pas le cas..."

Marine

E.S.P.er

Marine se réveilla en sursaut et en hurlant. Depuis le temps, elle devrait y être habituée mais ce n’était pas le cas. Chaque nuit c’était le même calvaire, les mêmes images, les mêmes horreurs. Rien à faire, elle ne s’y ferait jamais !

Lorsqu’elle se redressa dans son lit, elle mit un moment à se rendre compte où elle était. Elle était désorientée mais soudain quelqu’un fut près d’elle. De la même manière, elle mit un moment à se rendre compte qu’il s’agissait de Léo, le mercenaire qu’elle avait engagé.


« Lààà... làààà... ça suffit... c'est terminé...    c'est terminé... ce n'était qu'un cauchemar... »

La jeune femme ne savait pas, ne comprenait pas ce qu’il faisait là mais son esprit avait du mal à refonctionner normalement. Les cauchemars avaient été particulièrement éprouvants cette nuit-là !

Elle haletait toujours et se sentait trempée de sueur. Ses yeux essayaient de se repérer dans le noir et de distinguer la forme du terranide qui était tout près d’elle. Elle sentit ses mains caresser ses joues et sentait qu’il essayait de la calmer et de la rassurer. Il alla jusqu’à déposer un baiser sur sa joue. Un téméraire a n’en pas douter. En d’autres circonstances, il se serait limite fait arracher la tête par la rouquine mais ce n’était pas vraiment d’actualité à cet instant précis.


« Ne... ne vous méprenez pas... j'ai entendu d'étranges bruits... j'ai... une ouïe fine... et j'ai cru qu'il y avait un... agresseur... dans votre chambre... Je suis... soulagé, que ça ne soit pas le cas... »

La jeune femme ne pensa pas une seule seconde qu’il aurait pu mentir. Elle ressentait sa sincérité. Elle ferma les yeux un moment et essaya de contrôler son souffle. Sa main vint se poser sur son estomac qui se tordait comme un asticot dans son ventre. Elle se sentait très mal.

Confusément, elle sentait que l’homme voulait juste l’aider. Sans penser à l’engueuler pour sa présence dans sa chambre, elle appuya son front contre son épaule comme si elle cherchait quelqu’un pour la soutenir dans cette épreuve. Elle se sentait si seule, si mal. Les larmes continuait de couler surs ses joues de poupée. Une poupée plus qu’abimée par la vie et les horreurs des guerres et de l’esclavage.

Si prés de quelqu’un qui avait un brin de compassion pour elle, elle craqua et se mit à sangloter. L’espace de quelques minutes, sa carapace de guerrière se fissura pour laisser voir la jeune femme brisée, la toute petite fille, qui se cachait derrière et qui souffrait. Son corps avait cette fois bien du mal à récupérer. Sa nausée augmentait. La violence de ses cauchemars avait vraiment été extrême !

La jolie rousse s’écarta soudainement du corps de Léo pour brusquement se relever. Balançant les draps et couvertures de l’autre côté du lit, elle se mit d’un bond sur ses pieds et courut jusqu’à la salle de bain prenant à peine le temps de pousser la porte derrière elle. Se laissant tomber à genoux, elle se mit à vomir tripes et boyaux selon l’expression. Parfois, cela se produisait. Ses cauchemars étaient si violents qu’ils allaient jusqu’à la rendre physiquement malade ce qui était présentement le cas. Le contenu entier de son estomac se retrouva bien vite dans les toilettes.

Au bout de quelques minutes, son estomac, déchargé, se calma un peu et laissa Marine reprendre sa respiration et s’asseoir sur le sol glacé. Elle mit un moment à reprendre son souffle. Ses yeux n’avaient pas cessés de pleurer durant tout ce temps. Doucement, elle se redressa, en faisant attention à ce qu’elle faisait, craignant de perdre l’équilibre qui était encore précaire. Elle tira l’eau et alla se rincer la bouche qui avait un goût plus que détestable. Elle n’osa même pas se regarder dans le fragment de miroir accroché au mur au risque de s’effrayer davantage.

A pas comptés, elle revint dans la chambre, plus pâle qu’une morte, les bras croisés sur sa poitrine. Elle alla se rasseoir sur le lit où elle se recroquevilla, repliant ses jambes contre sa poitrine et les entourant de ses bras comme si elle voulait occuper le moins de place possible. Elle n’osa même pas regarder le mercenaire. Elle ne venait pas vraiment de donner la meilleure image d’elle. La rousse guerrière qui voulait toujours paraître forte venait de lamentablement se ramasser devant un presque inconnu. D’un geste rageur, elle essuya une partie des larmes qui sillonnaient ses joues mais c’était un peu inutile vu qu’elle pleurait toujours. Elle avait bien du mal à se reprendre. Une horreur !


« Je… je suis… je suis désolée de vous avoir dérangé… pour rien qui plus est ! Je comprends que vous vous soyez déplacé à cause de… mes cris. Ça aurait pu signifier une attaque et… j’aurai préféré… »

Elle resserra ses bras autour de ses jambes repliées. Inconsciemment, elle essayait de se rassurer voir même de se consoler elle-même mais ce n’était pas vraiment la bonne manière. Malheureusement, elle n’en connaissait pas d’autres.

« Une nouvelle fois, je vous remercie de vous être déplacé et… je m’excuse de vous avoir fait lever pour rien ! Vous devriez retourner vous couchez, vous avez assez perdu de temps avec moi »

Une petite partie d’elle aurait préféré qu’il reste mais ça aurait été se montrer encore plus faible à ses yeux et elle en avait déjà suffisamment montré cette nuit. Inutile d’en rajouter. Pas une seule fois, elle ne le regarda. Elle avait bien trop honte d’elle même pour ça. Il devait avoir soudainement un bien piètre opinion d’elle. Il était inutile d’en rajouter.

Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

C'était peut être lorsqu'on était confronté au pire que la véritable nature des personnes faisait surface... Marine lui ressemblait beaucoup plus qu'il ne le pensait... Comme lui elle affrontait seule à sa manière, ses angoisses, ses peurs, son propre passé, il pouvait les ressentir, créature damnée qu'il était, il pouvait mieux ressentir de par l'acuité aiguisée de ses sens, sa souffrance, ses émotions reflettées par l'expression de son corps, de son visage, du stress, de la montée d'adrénaline qu'il pouvait presque "palper" et sentir dans l'air ambiant.

Mais face à une telle détresse, Khaléo se sentit désemparé, comme s'il n'avait pas assez de mal à gérer ses propres problèmes, sa putain de chienne de vie... c'était peut être pour ça qu'il commençait, à bien la comprendre, lorsqu'elle posa son front contre son épaule, les bras bien gainés, couvert de cet incroyable et doux duvet qui les recouvraient, contrastant tellement avec la fermeté la rable sauvage de sa musculature, se dévoilèrent un peu pour, tenter d'aller tendrement enlaçer le corps de la guerrière en larmes, qui fut quelques temps plus tôt, si fière, si forte, lui semblait n'être plus qu'une créature solitaire, affaiblie et triste, ça lui fendit son coeur de tigre.

Il l'entourait doucement de ses bras, l'effleurant à peine, ayant peur d'outrepasser ses droits, les limites, après tout elle avait vu sa "gueule" atypique, et il ne voulait pas non plus la forcer à une étreinte, même amicale, même paternaliste ou réconfortante, avec une créature dans son "genre" complexé et mal à l'aise par rapport à ce qu'il était lui même, mais il n'eut pas le temps de poser réellement ce geste de réconfort, elle se dégagea, et s'écarta de lui bien avant que celà n'arrives, dans un sens il était soulagé, il n'aurait peut être pas à affronter une réaction violente de rejet, enfin... "presque"...

Qui sait... Il n'était peut être pas doué pour réconforter quelqu'un, la brusquerie avec laquelle elle s'écarta pour ensuite courrir le plus vite possible jusqu'à la salle de bain lui laissa penser qu'il n'avait pas été d'une grande efficacité à ce sujet, avec son petit syndrôme de persécution et les complexes accumulés par une vie d'intolérance face à sa "différence", tellement  qu'il en arrivait même à penser que la fuite subite, et les sons peu ragoûtant provenant des vômissements de Marine dans la salle de bain étaient le produit de sa présence dans sa chambre et de sa tentative bien maladroite, culpabilisant pour "rien" uniquement parce que ça turbinait à cent à l'heure dans sa "cafetière", mais pourquoi il fallait qu'il ramènes des trucs pareil à "lui" fallait quand même pas pousser.

Heureusement, elle était revenue dans la chambre, dissipant ses doutes existenciels à la con et sa propension limite paranoïaque à se prendre pour la raison de tous les maux de sa vie et de celle des autres, puis il se rappella que dans des temps reculés, immémoriaux lors de ses premiers cauchemars, il lui était arrivé de repeindre le sol où une partie de son propre lit avec le repas du soir, il n'y avait donc pas de réaction de "dégout" à proprement parler de sa part, il suivait simplement les déplacements de Marine de la lueur de son regard, perçant encore une fois cette foutue capuche qu'il gardait relevée sur sa tête plus par réflexe et conditionnement que pour réellement se "cacher" d'elle, mais c'était plus fort que lui, s'il portait sa cape/ capuche il fallait toujours que sa capuche soit levée... Bref... une sale habitude qui disparaissait comme par magie lorsqu'il se retrouvait dans sa "forêt", il s'y sentait bien, pas mal à l'aise comme dans ces villes.

Elle s'installa à nouveau sur son lit, Khaléo lui s'était relevé en rajustant son "peignoire" et sa capuche, elle donnait l'air de vouloir presque se "cacher", d'avoir honte de pleurer et de s'être laisser aller, ne posant même plus son regard sur le mercenaire.

Il hésita, sa voix n'était pas franchement assurée, ayant presque peur dans l'état où elle se trouvait, qu'elle le prenne mal :

"-La vie... C'est... c'est souvent très moche... la conscience se charge... les choses s'accumulent même si on fait en sorte de faire croire à tout le monde que tout va bien en affichant un putain de sourire... Parfois... il faut savoir "évacuer"... se laisser aller de temps en temps... enfin... c'est ce qu'il parait..."

*Tu peux bien parler, putains de conseils que tu ferais bien, un jour de mettre en pratique toi même, au lieu de t'exploser les phalanges, les genoux et d'autres partie du corps contre un mur pour te calmer.*

« Je… je suis… je suis désolée de vous avoir dérangé… pour rien qui plus est ! Je comprends que vous vous soyez déplacé à cause de… mes cris. Ça aurait pu signifier une attaque et… j’aurai préféré… »

"-Vous ne pouvez pas dire une chose pareille..."

Pendant qu'elle était en train de resserrer ses bras autour de ses jambes comme pour se cacher du monde et plonger sa tête entre ses genoux, Khaléo lui commençait à se sentir gêné pour elle, se triturant les doigts, et les griffes de ses deux mains ensemble, posant parfois les yeux sur elle, puis sur ses mains, cherchant ce qu'il pourrait bien dire pour essayer de la réconforter, ça faisait longtemps qu'il vivait dans sa putain de "brousse" à l'écart des gens, mais il essaya quand même :

"-Vous ne me... dérangez pas... je suis juste... surpris et j'apprécies... à ma manière... d'avoir eu l'honneur même si c'est triste, de vous voir sous... sous votre carapace... et à vrai dire je ne dormais pas... j'ai besoin de très peu de sommeil..."

« Une nouvelle fois, je vous remercie de vous être déplacé et… je m’excuse de vous avoir fait lever pour rien ! Vous devriez retourner vous couchez, vous avez assez perdu de temps avec moi »

"-Avant... de partir... Je... je tenais à vous dire que, vous aviez en partie raison... je vous ai suivie... juste après le... le baiser que vous aviez posé sur mes lèvres... parce que je vous ai considéré... quelques instants comme... une femme et non plus comme une guerrière... mais personne ne m'avait plus touché d'une façon aussi attentionnée, délicate depuis très longtemps..."

Il s'agenouilla ensuite près du lit, à coté de marine en posant ses coudes sur le matelas, joignant ses mains en hauteur pour observer fixement le visage de Marine, reposant son menton sur ses phalanges fermées.

"-Je tiens donc... finalement à vous formuler quelques excuses... même si ça m'écorches la "gueule"... à proprement parler, j'avais quelques soupçons à votre égard et vous m'avez prouvé que vous êtiez quelqu'un de droit, de juste, de respectable... vous ne méritez pas ce qui vous est arrivé... Mais la vie, parfois, voir souvent, c'est juste... juste de la... enfin... vous connaissez sans doute la suite."

Se gratte l'arrière de la tête par dessus sa capuche, se sentant particulièrement idiot, et s'empourpres légèrement suite à ses propre paroles, rosissant du haut de ses joues, il se rend compte que sa capuche est à nouveau levée en face de Marine et l'abaisse doucement avant de se relever.

"-J'ai assez dit de bêtises pour ce soir sans doute... Sachez juste qu'on trébuche tous à un moment où à un autre... il faut savoir... se relever... peu importe les coups qu'on prend dans la gueule... parfois... ça prends du temps, on n'oublie pas forcément et... le souvenir... la douleur ne fait que de s'estomper... à défaut de disparaître totalement..."

Il se garda bien de poser un geste qu'il avait envie de poser mais dans l'état où se trouvait Marine il ne la connaissait pas bien pour savoir quelles auraient été ses réactions, inutile de devenir "envahissant".

"-...Je crois que je ferai mieux de retourner... dans ma chambre, avant de vous paraître complétement pathétique, et... ridicule."
 

Marine

E.S.P.er

Le mercenaire semblait aussi mal à l’aise qu’elle l’était. De quelques coups d’œil discrets, elle le voyait se triturer les doigts. Il devait avoir aussi peu l’habitude de devoir réconforter quelqu’un, qu’elle de craquer devant quelqu’un, connu ou inconnu. C’était plutôt attendrissant et touchant. Cela aurait presque pu faire gentiment sourire la demoiselle pour l’instant encore sous le coup de ses horribles cauchemars.

Elle écouta les conseils donnés. Les mêmes qu’elle aurait donné à une personne dans sa situation  mais Marine savait qu’elle ne les suivrait pas. Les conseils ne sont bons qu’à être donnés et non suivis. Une conception qui pouvait paraître bien étrange mais c’était la sienne.


« Avant... de partir... Je... je tenais à vous dire que, vous aviez en partie raison... je vous ai suivie... juste après le... le baiser que vous aviez posé sur mes lèvres... parce que je vous ai considéré... quelques instants comme... une femme et non plus comme une guerrière... mais personne ne m'avait plus touché d'une façon aussi attentionnée, délicate depuis très longtemps… »

Marine redressa alors la tête devant cet « aveu ». Une minute avant, elle n’aurait jamais imaginé entendre de tels propos venant de Léo. Il semblait aussi dur et aussi fière qu’elle pouvait l’être. Hors il était toujours difficile pour des personnes aux caractères entiers comme eux deux d’admettre ou de dire certaines choses.

Le fait qu’il évoque le baiser qu’elle lui avait donné la fit légèrement rougir. Elle ne pensait pas que cela est pu le troubler à ce point. Mais en même temps, c’était elle qui l’avait voulue alors elle ne devait pas en avoir honte et se devait de l’assumer. Et puis, ça avait été loin d’être désagréable. Cela faisait d’ailleurs longtemps qu’elle n’avait pas embrassé quelqu’un. Bien sûr, cela n’avait pas été un vrai baiser, tout juste un frôlement, un effleurement. Cela était surprenant que cela les ait aussi troublé l’un que l’autre. C’était étonnant, plus elle le regardait, plus elle avait l’impression d’avoir affaire à un reflet dans un miroir.

La rouquine fut surprise de le voir se mettre à genoux devant le lit où il s’accouda devant le lit où il s’accouda. Elle se sentit un peu mal à l’aise devant une telle attitude emplit de compassion lui donnait une impression de dévotion. C’était comme les croyants qui s’agenouillaient devant le dieu qu’ils vénéraient. Marine n’avait jamais cru en personne de cette manière car quel dieu soit disant aimant, comme se plaisait à le dire leurs disciples, pouvait infliger de telles souffrances à une personne sans qu’elle n’ait commis de fautes. Or quelles fautes terribles pouvaient donc commettre une petite fille de cinq ans pour la condamner à une vie aussi monstrueuse ? La jeune femme n’avait jamais trouvé de réponse. Elle n’avait donc foi qu’en elle et encore… Elle se savait si faillible, comme en cet instant.

Son regard aigue-marine se plongea dans les yeux aux pupilles félines qui l’observaient tout autant. Ils semblaient presque soudés à cet instant. Ils étaient si semblables.


« Je tiens donc... finalement à vous formuler quelques excuses... même si ça m'écorches la "gueule"... à proprement parler, j'avais quelques soupçons à votre égard et vous m'avez prouvé que vous étiez quelqu'un de droit, de juste, de respectable... vous ne méritez pas ce qui vous est arrivé... Mais la vie, parfois, voir souvent, c'est juste... juste de la... enfin... vous connaissez sans doute la suite »

Elle ne s’attendait vraiment pas à ça. Maintenant, elle avait le droit à des excuses. Elle se redressa totalement sur son céans sans quitter Léo des yeux. Les mots qu’il prononçait la touchaient énormément. Curieusement, c’était la première fois qu’on parlait d’elle ainsi. Tout le temps où elle avait vécu au camp, aucun mot n’avait jamais ponctué ses entrainements mis à part des ordres et des réprimandes. On ne lui avait jamais dit que ce qu’elle faisait était bien. Tout comme le fait de dire qu’elle ne méritait pas ce qu’il lui était arrivé. Non, elle ne l’avait pas mérité. C’était juste son destin et elle n’avait eu d’autres choix que de le suivre.

« Vous… vous n’avez pas besoin de ne présenter des excuses mais j’apprécie le geste. Tout comme… j’apprécie le compliment. C’est bien la première fois qu’on me dit que je suis quelqu’un de bien – elle lui sourit, un vrai et beau sourire – Je crois que la vie a été aussi injuste envers moi qu’envers vous »

L’homme semblait embarrassé et ne paraissait que plus touchant aux yeux de la demoiselle. Pour un peu, elle avait cru le voir rougir mais ne fit aucune remarque tout comme elle n’essaya pas de chercher à vérifier si elle avait bien vu ou non. A capuche recouvrait toujours sa tête mais elle ne voulut pas la lui enlever de nouveau. Il valait mieux que cela vienne de lui. Cela ne servait à rien de le brusquer.

D’ailleurs, il finit par l’enlever de lui-même comme s’il avait lu dans ses pensées. Il se releva dans le même temps.

 
« J'ai assez dit de bêtises pour ce soir sans doute... Sachez juste qu'on trébuche tous à un moment où à un autre... il faut savoir... se relever... peu importe les coups qu'on prend dans la gueule... parfois... ça prends du temps, on n'oublie pas forcément et... le souvenir... la douleur ne fait que de s'estomper... à défaut de disparaître totalement... Je crois que je ferai mieux de retourner... dans ma chambre, avant de vous paraître complètement pathétique, et... ridicule »

Marine put alors que se lever à son tour. Elle avait compris qu’elle avait vu juste. Lui aussi avait dégusté dans la vie et même bien plus qu’elle, elle en était certaine à cet instant. Cela devait être d’autant plus dur d’essayer de remonter le moral à quelqu’un dans ses conditions. Pourtant, il s’y essayait. Elle fit un pas vers lui mais sans en faire plus.

« Se sont bien loin d’être des bêtises. J’ai vécu des choses dures qui me hantent et me hanteront pour le restant de mes jours certainement, hélas. Mais je crains que vous ayez vécu bien pire ce qui rend ces paroles infiniment précieuses à mes yeux. Vous êtes, vous aussi, quelqu’un de bien malgré vos habitudes un peu ours. Je pense que nous sommes partis sur de mauvaises bases tous les deux »

On pouvait difficilement dire le contraire vu que pour premier contact, ils s’étaient affrontés pour finir par s’engueuler. Dans le genre mauvais départ, on pouvait difficilement faire pire. Mais il n’était peut-être pas trop tard pour rectifier le tir. Un peu hésitante, elle tendit sa main vers lui.

« Certes je vous emploie mais, peut-être, pouvons-nous être… des amis »

Ses joues se colorèrent alors que sa main était tendue dans le vide. Peut-être n’aurait-elle pas du faire cela ? Dire cela ? Mais c’était trop tard. C’était la première fois qu’elle proposait son amitié à quelqu’un. Elle se sentait un peu idiote comme ça mais elle était sincère. Soudain, elle se dit que c’était trop précipité. Ils ne se connaissaient  quasiment pas. Pourtant cet homme savait à présent plus de choses sur elle que n’importe qui. Il avait vu plusieurs facettes de la rouquine en seulement quelques heures. En faisant ça, elle se mettait en danger mais elle sentait que cela en valait quand même la peine, qu’il en valait la peine.

Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

« Se sont bien loin d’être des bêtises. J’ai vécu des choses dures qui me hantent et me hanteront pour le restant de mes jours certainement, hélas. Mais je crains que vous ayez vécu bien pire ce qui rend ces paroles infiniment précieuses à mes yeux. Vous êtes, vous aussi, quelqu’un de bien malgré vos habitudes un peu ours. Je pense que nous sommes partis sur de mauvaises bases tous les deux »

La somme des douleurs qu'il avait pu traverser n'était pas comparable, mais, chacun souffrait à un niveau différent et de façon plus ou moins intense selon sa propre sensibilité par rapport à un événement où à un autre, la malchance avait voulu qu'en étant ce qu'il était, il était beaucoup plus sensible, et ressentait parfois certaines choses à un niveau beaucoup plus "élevé", mais nous n'étions pas là pour comparer nos souffrances et en faire étalage comme s'il s'agissait d'une course à celui qui à eu la vie la plus merdique, la plus dégueulasse, il était à nouveau en train de dépasser largement les limites qu'il pensait s'être fixées une bonne fois pour toute pour ne plus avoir à s'attacher à qui que ce soit, plus facile à dire, à penser qu'à faire...

"-Ca suffit... Marine... Vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez."

...Quelqu'un de bien... nom de dieu... Comment pouvait elle dire une chose pareille... lui quelqu'un de bien ? Si elle savait quelles horreurs les différentes époques, les différentes guerres qu'il avait traversées lui avaient fait commettre... Jamais... sans doute jamais elle ne prononçerait ces mots... elle le fuirait même sans doute... effrayée... ce n'était pas bon pour son boulot de se laisser aller à ce genre de contact, à ces conversations, moins on entrait dans le privé et mieux ça vallait pour tout le monde, rustre, ours, il l'était lorsqu'il ne voulait que personne ne perçe sa carapace, brutal, voir violent même, révolté contre tout, sauvage, sans dieu ni maître, personne n'avait eu l'audace de l'approcher d'aussi près, comme elle l'avait fait, il avait beaucoup trop apprécié celà, il se rendait compte que même là, lorsqu'il s'était laissé aller à s'excuser et lui remonter le moral, il s'était déjà trop"ouvert".

Elle tendit sa main, hésitante, tremblante vers lui, mais il plissa un étrange regard, fronçant les sourcils bien bas, toujours debout face à lui, à quoi ce cirque allait t'il bien pouvoir leur servir si ce n'est qu'à se faire souffrir si quelque chose devait arriver à l'un, où à l'autre, il refusait tout simplement cette possibilité, il semblait respirer très calmement, au point où son corps, sa cage thoracique ne semblait même pas soulevée par son propre souffle.


« Certes je vous emploie mais, peut-être, pouvons-nous être… des amis »

Les joues du mercenaire, "rosirent" un peu, car si son duvet était effectivement blanc très dense et fin sur une majeure partie de son corps, lui donnant une teinte de peau blanche, les rougeurs par dessous ce dernier paraissaient blanc "cassé" vers le rose à la surface, donc, il était touché par cette demande, il s'approcha, doucement... un pas après l'autre... comme une créature sauvage que l'on apprivoise, doucement, sa main se tendit, presque... il la toucha presque, ses doigts hésitèrent, effleurèrent les siens, penchant la tête d'un coté doucement, puis de l'autre...

...Mais...

...Mais bien vite il secoua sa tête vivement pour reprendre son raisonnement de base, ne pas aller plus loin, il s'en voudrait, il s'en voulait déjà pour ce qu'il allait faire, mais il fallait que ce soit fait, il n'y avait que de cette manière qu'elle n'essayerait plus de le voir, ni de le considérer comme quoi que ce soit d'assez aimable pour faire partie de son entourage... Mais ce revirement de caractère, de situation, allait forcément lui paraître plus qu'étrange, un revirement si brutal, soudain, que ça ne pouvait que laisser transparaître un énorme malaise, une forme agressive de "protection" pour lui même.


Il hésita, ça put sans doute se voir, il prit une longue inspiration et ferma les yeux en tremblant des paupières, avant de se pincer l'arrête haute du nez entre le pouce et l'index.C'est réellement sur un très vilain ton, de rancoeur, d'aigreur, qu'il se retourna après avoir écarté presque violemment sa main en poussant sur son poignet pour l'éloigner de lui, et rouvert ses yeux pour lancer un regard assassin d'une rare haine, pupille légèrement rétrécie sur elles mêmes.

"-Vous... vous pouvez reprendre vos sales "pattes" je n'ai absolument aucune envie d'être votre "ami" et de partager d'hypothétiques passages de mon existance en espérant que votre vie vous semble bien moins dégueulasse, pourrie à vos yeux ensuite, vous croyez réellement qu'une putain de créature comme moi ayant vécu... aussi longtemps espères encore quelque chose de la part... de cette... saloperie de race humaine, où même simplement des autres ? Où même de vous ?! Gardez votre pitié à la con pour vous même !"

Il venait de lui cracher presque violemment ça au visage, terminant sur des lèvres tremblantes se refermant difficillement, passant ses mains sur les traits de son faciès pour essayer de les "lisser" en se tournant vers la porte, qu'est ce qu'il venait de faire... putain... il ne savait pas où il en était... Là il avait l'impression de perdre les pédales, de ne plus rien gérer, se rebellant contre ses propres émotions, il respirait rapidement comme s'il était en train de faire une sorte de crise d'angoisse, alors même qu'il était en souffrance, il restait persuadé, sans doute à tort qu'il avait fait ce qu'il fallait, ce qui vallait "mieux" pour la pérénité et la continuité de leur mission, il sortit rapidement de la chambre en défonçant la porte de l'épaule qui claqua violemment derrière lui, avant que la porte de sa chambre, plus loin dans le couloir ne claque à nouveau, on pouvait entendre qu'il mettait le "décor" de sa chambre sans dessus dessous pendant quelques minutes, envoyant tout valdinguer dans tous les sens avant d'enfin se calmer, et s'endormir dans le cafarnaum qu'il avait foutu dans sa chambre.

Marine

E.S.P.er

Marine observa la main qui se rapprochait maladroitement de la sienne. Elle crut alors que c’était gagné mais bien vite la main retomba et laissa la sienne seule, dans le vide, les doigts écartés et tremblants. Les yeux aigue-marine portés sur la main remontèrent vers le visage du mercenaire et l’expression qui s’y trouvait était bien différente de ce qu’elle était quelques minutes plus tôt.

Alors qu’il était près d’elle, à genoux à côté du lit, il semblait touché par sa douleur. Alors que là, c’était de la colère qu’elle voyait dans son regard. Et même de la haine et de la rancœur. Pourquoi ? La jeune femme ne comprenait pas pourquoi son attitude avait changé de manière aussi radicale.


« Vous... vous pouvez reprendre vos sales "pattes" je n'ai absolument aucune envie d'être votre "ami" et de partager d'hypothétiques passages de mon existence en espérant que votre vie vous semble bien moins dégueulasse, pourrie à vos yeux ensuite, vous croyez réellement qu'une putain de créature comme moi ayant vécu... aussi longtemps espères encore quelque chose de la part... de cette... saloperie de race humaine, où même simplement des autres ? Où même de vous ?! Gardez votre pitié à la con pour vous même ! »

Les paroles dures et haineuses de Léo firent beaucoup de mal à la rouquine. Sa main, toujours tremblante, retomba contre sa hanche. Elle accusa le coup. Eh bien, pour une fois qu’elle proposait son amitié à quelqu’un, elle aurait mieux fait de s’abstenir. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Elle avait bien idiote de croire qu’il voudrait se lier de quelques manières que se soit avec elle. Néanmoins, elle se reprit. Son visage reprit son habituelle neutralité. Rien n’y transparaissait, ni haine, ni colère, ni même la profonde tristesse qu’elle éprouvait. Rien ne transparaissait, même ses tremblements cessèrent.

« C’est votre droit. Je me suis probablement montrée trop… trop… trop quelque chose surement. Quoiqu’il en soit, je n’attendais pas de vous que vous vous épanchiez sur mon épaule. Une présence amicale suffit parfois, quelqu’un qu’on sait être là si besoin mais j’avoue que n’ayant pour ainsi dit personne comme ami, c’est simplement l’idée que je m’en fais. Je ne sais pas si vous attendez quelque chose de moi ou non mais ne faites pas l’erreur de me mettre dans le même sac que les autres humains ! Et je n’ai jamais eu pitié de vous. J’étais juste désolée pour vous ! »

Marine ne rajouta pas qu’elle n’était pas humaine. Ce n’était quelque chose dont elle aimait particulièrement parler. Être une titanide pouvait lui apporter de sérieux problèmes. Une marchandise de choix pour un esclavagiste. Si Don avait su ce qu’elle était, il ne l’aurait pas lâché de si tôt et pour si peu chère. Mais à l’époque, elle-même ignorait qui elle était et ce qu’elle était.

Elle le regarda alors qu’il quittait sa chambre en ouvrant violement la porte. Pour un peu, il l’aurait carrément pulvérisée. Ceci montrait clairement sa colère. Tout comme le nouveau claquement de porte entendu par la jeune femme qui indiquait que l’homme était retourné dans sa propre chambre. La rouquine regagna son lit où elle s’assit avec précaution comme si elle craignait de s’effondrer sur elle-même. C’était étrange comme sensation. Elle se sentait mal mais ce n’était plus le résultat de ses cauchemars mais celui de son « altercation » avec Léo.

Elle sursauta en entendant de grands bruits venant de l’extérieur. Se levant rapidement, elle alla jusqu’à la porte et l’ouvrit. Le couloir, toujours aussi faiblement éclairé, était totalement vide. Le bruit provenait d’ailleurs et Marine ne mit guère de temps à repérer d’où il venait. La chambre du terranide ! Elle avança jusqu’à sa porte et posa la main dessus. C’était si violent que la porte, déjà malmenée, tremblait dans ses gonds. Visiblement, il mettait tout le mobilier sans dessus-dessous. Mais pourquoi faisait-il une chose pareille ?

Un moment, la guerrière voulut entrer mais, se rappelant le comportement qu’il avait eu, elle renonça. Mieux valait qu’il se calme par lui-même. Le cœur serré et lourd, elle regagna sa chambre et alla se poster près de la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine. Elle réfléchit aux évènements qui venaient de se dérouler. La violence et la colère qui avait submergées son employé étaient disproportionnées par rapport à une simple proposition d’amitié. Elle comprit alors que sa colère cachait autre chose. Là, il était en colère contre lui et se défoulait comme il pouvait. Plus tôt, il lui en avait voulu mais c’était parce qu’elle avait du faire ou dire quelque chose qui l’avait contrarié.

Elle repensa à la scène sur le lit. Il s’était montré mal à l’aise, gêné. Visiblement, il avait montré un aspect de sa personnalité qu’il n’avait pas l’habitude de mettre en avant. Vu ce qu’il avait dit et des déductions qu’elle en avait faite, sa vie avait été bien loin d’être rose. Elle avait du s’approcher trop près. Cela devait faire bien longtemps qu’il ne s’était ainsi livré à quelqu’un. Sa colère et son rejet étaient ses moyens de défense et même d’auto-défense. Quand on ne se lit pas aux autres, on ne risque pas d’être déçu par eux, ou malheureux à cause d’eux. C’était quelque chose qu’elle ne connaissait que trop bien. Un rictus se dessina sur ses lèvres carmin. Oui, décidément ils se ressemblaient étonnamment.

Il était inutile d’essayer de le raisonner pour le moment, cela ne ferait que renforcer son attitude distante. Et puis, il y avait une mission importante qui les attendait. Elle devait se concentrer sur l’objectif qu’elle s’était fixée à savoir démanteler le trafic de Don et tuer ce porc immonde ! Le reste devrait attendre. Une fois la mission accomplit, elle aurait le temps de discuté avec lui, qu’il le veuille ou non, elle ne le laisserait pas partir comme ça, sans avoir une bonne explication avec monsieur.

Assise contre l’encadrure de bois, elle attendit le jour. Elle n’avait plus sommeil. Marine avait appris à se contenter de peu. Lorsque le ciel s’éclaircit, passant du noir profond au bleu sombre, prémices de l’aube, elle se releva et alla mettre ses bottes. Défaisant le haut de sa combinaison, elle se banda le buste comme à son habitude, puis elle enfila son corset. Prévoyante, elle passa son deuxième katana dans son dos, le premier vint se placer sur son côté gauche, attaché à sa ceinture. A son côté droit, c’est son poignard long qu’elle installa. Ses bottes récurent deux coutelas chacune. Elle n’avait aucune arme à faux. Du moins pour l’instant. Demain, elle en aurait plusieurs. Mais simplement pour se défendre dans les rues, les armes blanches avaient sa préférence. Elle enfila sa cape et sortit de sa chambre. Elle avait quelques informateurs à voir.

Marine s’avança vers la porte du mercenaire et toqua deux fois. Un instant, elle avait pensé à le laisser tranquille mais ça aurait été être encore plus condescendant avec lui et il n’apprécierait pas. Alors autant reprendre le programme annoncé. A savoir, aller faire quelques visites afin de collecter des informations plus que nécessaire à leur mission.


Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

La chambre... enfin... ce qu'il restait de cette chambre... les meubles étaient détruits... ne restaient de certains, que quelques copeaux de bois, où la façade, où bien le coté d'une armoire où de longues lacérations parrallèles avaient été laissées là par le passage de ses griffes, même le matelas était complétement entrouvert, de nombreuses plumes recouvrant le sol, balayées par le vent s'engouffrant par les vitres cassées, dans la salle de bain, le mirroir avait été détruit, signe qu'il n'était pas arrivé à supporter son reflet plus de dix secondes, le lavabo avait subit le même sort, c'est à dire un coup de tête, et celui ci était également détruit, en morceaux, quelques traces de sang pour s'être coupé sur les bouts de mirroir et les vitres brisées avaient également été répandues sur les murs.

Et au beau millieu de ce joyeux bordel, contrastant avec les enfers qui se sont déchaînés ici, un fauteuil, resté intact au centre de ce chaos, sur lequel était assis le mercenaire, quelques plumes sur les épaules, sur le dessus de sa capuche et sur les jambes de son pantalon, il régnait maintenant un calme d'une disproportion étrange par rapport à l'ambiance présente, cet infâme bâtard n'avait pas réussi à trouver le sommeil, il n'avait fait que ressasser le passé toute sa putain de nuit, et enfin épuisé, avant que l'aube ne se lève, il s'était enfin assoupi avec un assourdissant mal de crâne, mais ça y était, le fauve était enfin calmé, les images des positions défendues, des bivouacs assaillits pendant la nuit, de tirs de catapultes emportant soldat, métal, chair, sang et os sur leur passage, détonnations de canon s'étendant jusqu'a l'horizon sur des champs de batailles se transformant peu à peu en charniers putrides, s'estompèrent dans son esprit.

Pourquoi s'était il mit dans cet état... pourquoi cette chambre ressemblait elle à l'antichambre, justement, de l'enfer désormais ?

C'est bel et bien par faiblesse, faiblesse des sentiments et des émotions humaines, il n'avait pas levé le bouclier assez haut, n'avait pas su mettre les distances qu'il fallait, l'armure mentale qu'il s'était forgée comportait encore de trop nombreux interstices par lesquels il était encore possible de l'atteindre, il s'en rendait compte, c'était un bon "test" finalement, il se jura de ne pas s'y laisser prendre une seconde fois, le sommeil trop léger puisqu'il avait déjà assez dormi cette nuit, il vérifia minutieusement son équipement, plusieurs fois de suite même, vérifiant que le mécanisme de son arbalète à répétition ne s'enrayait pas, qu'il n'y avait pas de "jeu" dans les fixations du manche de sa courte lame, les nettoya, les astiqua, avec une précision, une efficacité maniaque, qui frisait littéralement l'obsession, il resserra ensuite les crans de ses ceintures croisées autour de ses hanches, cherchant à être sûr que sa ceinture de soutient dorsale épousait correctement son dos et ce, dans n'importe quel mouvement, ou inclinaison de ce dernier, il raccrocha ses pochettes de cuir aux différents clips et attaches prévues à cet effet, une à droite, l'autre à gauche, et la plus large, comme un mini sac millitaire accrochée dans son dos, comportant toutes son lot d'objets utiles pour le tacticien et le fin stratège qu'il pouvait être sur un champ de bataille lorsque les choses devenaient foutrement dangereuses, des chausses trappes, des petites boules à pointes explosives, des collets, de l'huile inflammable, et autres joyeusetés du genre pouvant se révéler particulièrement irritantes au coeur d'une bataille.

Soit, après un resserage des sangles en cuir maintenant en place sa bonne vieille cuirasse usée par le temps et de nombreux coups de lames, quelques coups de grattoir passé sur les filets rivetés retenant de fines lamelles en caoutchouc situées entre la face et l'arrière de la cuirasse, n'étant que des amortisseurs de chocs, deux où trois ajustements par ci par là, resserrer les lacets de ses bottines d'assaut, en semi cuir, semi plates articulèes dont la "fin" du pied comportait, quatres griffes en métal forgé, elles aussi articulées, par dessus chacun de ses orteils, une belle pièce d'orfévrerie permettant non seulement d'imprimer sa semelle dans la gueule des pauvres types qui avaient le malheur de se retrouver la dessous, mais aussi, de griffer parfois assez violemment par la même occasion si le coup de pied était donné de telle manière à ce qu'un tel résultat se produise, donc, après tout celà il s'était donc rassit sur son fauteuil, se considèrant enfin "prêt".

« C’est votre droit. Je me suis probablement montrée trop… trop… trop quelque chose surement. Quoiqu’il en soit, je n’attendais pas de vous que vous vous épanchiez sur mon épaule.

"Ca" continuait de résonner dans son crâne à certains moments, alors qu'il restait là, assis tranquillement, il ne s'énervait plus, il tentait juste de chasser cette "démone" de sa tête, mais force est de constater que le contrecoup était tardif.

Une présence amicale suffit parfois, quelqu’un qu’on sait être là si besoin mais j’avoue que n’ayant pour ainsi dit personne comme ami, c’est simplement l’idée que je m’en fais.

Il n'y avait pas de présence amicale qui tienne dans ce genre de travail, se faire des amis ? Elle avait vraiment mal choisi la personne pour se faire un "pote", c'était pas son genre de faire dans la charité sociale, elle avait employé plusieurs fois le terme "employé" à son encontre, c'est en tant que tel qu'il se montrerait désormais.

Je ne sais pas si vous attendez quelque chose de moi ou non mais ne faites pas l’erreur de me mettre dans le même sac que les autres humains ! Et je n’ai jamais eu pitié de vous. J’étais juste désolée pour vous ! »


Il se mit à "rouler" d'une étrange façon, une sorte de grognement plaintif, dépressif, long et continu sortant du fond de sa gorge, l'une de ses mains se prenant le front en cachant ses yeux, l'autre enfonçant ses griffes dans l'accoudoir du fauteuil, au départ, si seulement elle avait pu se tenir un peu tranquille les choses n'auraient jamais évolué dans ce sens, maintenant, ça allait être difficille de la faire disparaître de ses pensées et de son coeur de tigre blessé, il fut sorti de ses tourments par le son d'un poing frappant à la porte de sa chambre qui ne tenait plus à grand chose, les charnières ayant pris leur "compte" durant la nuit, il reprit rapidement une certaine contenance, une froideur dans l'expression de son corps et de son visage, avant qu'on ne toque une deuxième fois à la porte, porte, qui finit par tomber toute seule à la fin de cette deuxième salve.

Comme terrassée, elle choit au sol, non sans soulever par l'air transporté dans sa chute, d'innombrables volutes et épaisseurs de plumes qui virevoltèrent un peu partout dans la chambre, donnant des allures irréelles à cet endroit, le spectacle de sa férocité, de sa rage et de sa culpabilité put s'offrir aux yeux de Marine, le mercenaire était toujours assis, l'air impassible au centre de ce foutoir incompréhensible, il se leva lentement, sans grande "vie" dans le geste, et marcha alors jusquà la porte, attrapant une poignée imaginaire comme pour "ouvrir" cette dernière, passant le pas avant de refermer cette "porte" imaginaire, ni le bonjour ni le regard, une froideur de mal être et de malaise, juste un :

"-Allons-y."

Sans plus de cérémonie, il fut le premier à s'engager dans les escaliers menant au rez de chaussée, et donc, à la taverne, bousculant un client de l'épaule sans même l'avoir remarqué pendant qu'il descendait, il traversa la salle d'une traite, elle était bien vide ce matin, le tenancier et un serveur retournant les chaises pour passer un coup de brosse avant de nettoyer le plancher, la silhouette sombre, encapuchonnée attendait sur la devanture de l'établissement, effectuant les "cent" pas de gauche à droite, apparemment pressé d'y aller et de se concentrer sur le travail plutôt que de poser les yeux sur la guerrière.


Marine

E.S.P.er

Alors qu’elle toquait pour la deuxième fois, la porte ne supporta pas le léger « toc ». Elle s’effondra littéralement aux pieds de la rouquine qui parvint à garder son sang-froid et ne dit rien. Elle aurait bien aimé lancer un « je ne savais pas que j’avais autant de force » mais rien qu’à la tête de Léo, ce n’était même pas la peine. Un rapide coup d’œil dans la chambrée appris à la jeune femme que son compagnon avait du être pris d’une folie destructrice et malheureusement, elle se doutait que c’était plus ou moins de sa faute. Néanmoins, elle ne dit rien, ne fit aucun commentaire et n’afficha aucune expression comme si tout cela ne la regardait pas.

C’était bien sûr loin d’être le cas car elle se sentait responsable de son état mais elle ne voulait rien en laisser paraitre. Il y avait fort à parier qu’il n’apprécierait pas les remarques qu’elle pourrait faire et qu’il assimilerait ça à de la pitié ou équivalent. Tout comme il lui balancerait de s’occuper de ses affaires tout comme elle l’avait fait la veille avec lui.


« Allons-y »

Sans autre mot, il passa devant elle et se dirigea vers les escaliers. Marine le suivit mais sans forcer le pas. S’il se sentait mal à l’aise autant qu’il sorte en premier pour se calmer un peu. Elle ne jugeait pas être en faute même si c’était certainement le résultat de ce qui s’était passé cette nuit. Néanmoins, elle avait été honnête aussi elle ne se jugeait coupable de rien. Elle était embêtée plus qu’autre chose.

La guerrière rousse descendit les escaliers et remarqua que malgré les dégâts engendrés par les clients la veille au soir, il n’en restait plus grand-chose. Le tavernier était d’une rare efficacité pour remettre en ordre son auberge. Cela avait de quoi étonner. Malgré tout, elle ne fit, là encore, aucune remarque et passa devant lui sans un mot. Elle aurait bien aimé manger quelque chose mais comme le mercenaire ne semblait guère disposer à en faire de même, elle s’en passerait. Elle poussa la porte et arriva dehors alors que Léo faisait les cents pas. Décidément, il semblait bien énervé. Elle rabattit sa capuche sur sa tête, non pas pour se cacher de lui mais pour éviter de se faire remarquer. Ses cheveux roux risquaient d’attirer l’attention de la milice s’ils leur arrivaient de rencontrer des gardes durant leurs pérégrinations.


« Comme vous l’avez dit allons-y ! – elle commença alors à marcher dans la rue – J’ai plusieurs personnes qui pourront nous aider, plus ou moins volontairement, concernant les informations dont on a besoin. J’espère qu’ils seront assez conciliants et éviteront de chercher les ennuis »

Marine n’aimait pas employer la force si cela ne s’avérait pas nécessaire. Elle s’était munie de sa bourse très largement garnie et comptait bien en user. Elle espérait que l’or saurait délier les langues plus que les coups. Néanmoins, s’il fallait user de violence, elle n’hésiterait pas pour autant.

Le premier lieu où ils se rendirent était une boutique de bric-à-brac. Tout s’achetait et se vendait dans ce lieu et cela pouvait comprendre les êtres humains. Le patron n’était pas spécialement du genre regardant dès l’instant où il était bien payé. Le reste importait peu et sa morale était totalement flexible. Marine pénétra la boutique au sol poussiéreux et où tout un tas d’objets s’empilaient les uns sur les autres. La jeune femme n’y fit pas attention et se dirigea vers un homme tout maigre, de grande taille, au teint gris et aux yeux noirs. Ses cheveux de même couleur, étaient plaqués sur crâne grâce à une cire ou gel destiné à cet usage.


« Que puis-je pour vous ? »

Son ton pincé et doucereux avait de quoi agacer. La belle rabattit alors sa capuche dévoilant son visage et ses cheveux. L’homme eut un mouvement de recul et son air jovial disparut pour laisser place à un dégoût manifeste. Visiblement, il la connaissait ou plutôt il connaissait sa réputation et Marine comptait un peu là-dessus. Une jeune femme rousse qui démantelait les trafics d’esclaves ça ne courrait pas les rues.

« J’ai rien à vous dire alors barrez-vous ! »

Marine avança vers le type. Son visage restait de marbre. Pour un peu, on n’aurait pu la prendre pour une statue antique.

« Mais si, voyons ! Je suis certaine que vous avez pleins de choses à nous dire. Vous me connaissez de réputation et vous savez fort bien que je n’hésiterai pas à mettre cet endroit sans dessus dessous pour savoir ce que j’ai besoin de savoir. Alors vous avez deux options, soit vous me dites ce que j’ai besoin de savoir et je vous donne un petit quelque chose pour votre bonne volonté, soit moi et mon ami – elle désigna Léo du doigt – nous nous ferons une joie de démonter cet endroit pierre par pierre avant de passer à votre tour. Vous savez qu’il y a 206 os dans un corps ? Ça m’embêterait de devoir tous vous les brisez un par un ! Pas vous ? »

L’homme déglutit péniblement. Il devait savoir qu’elle ne plaisantait pas. Il se tritura nerveusement les mains semblant peser le pour et le contre. Mais il finit par se résigner.

« Très bien, vous voulez quoi ? »

L’homme devenait raisonnable.

« Bien ! Il doit y avoir une vente d’esclaves dans un jour ou deux. Des gamins. Je suis certaine qu’en tant que revendeur, vous avez été informé de ce qui allait se passer. Alors dites-moi où et quand ? »

Son ton montrait toute sa détermination. Le vendeur hésita une seconde avant de finir par cracher le morceau.

« Euh… ok, ok, de ce que je sais, la vente doit avoir lieu dans un entrepôt un peu en dehors de la ville. Au niveau de la zone où on entrepose les moissons. La vente aura lieu après demain et débutera à minuit. Histoire d’éviter les curieux. A priori, il devrait y avoir pas mal de monde ! »

Marine hocha la tête.

« Don sera-t-il là ? »

« Là vous m’en demandez trop. On sait jamais s’il sera là ou non. Un coup, il vient, l’autre non. On va dire que comme c’est une grosse vente, c’est possible qu’il soit présent pour s’assurer que les prix soient corrects »

Marine fit encore quelques pas pour se retrouver à quelques centimètres du type. Elle plongea son regard aigue-marine dans le sien.

« Si vous avez menti, on reviendra et vos os seront brisés un à un »

L’homme opina plusieurs fois du chef, le teint devenu complètement blanc. Il craignait des représailles c’était certain. Marine remit son capuchon sur son visage et se retourna vers la sortie. Juste avant de sortir, elle se retourna vers le tenancier et lui balança quelques pièces d’or.

« Inutile de vous dire de ne pas parler de notre petite visite. Si vous le faisiez, le tarif serait le même ! »

La jeune femme sortit alors suivit de son « ange gardien ». Elle aurait très bien pu ne rien donner à l’homme mais elle lui avait bien dit qu’elle lui donnerait un « petit quelque chose ». Or elle ne mentait jamais. Le type savait à présent qu’elle tiendrait parole si jamais l’envie lui prenait d’aller baver à droite et à gauche.

Néanmoins, Marine savait aussi qu’une seule information n’était pas suffisante pour s’en tenir là. Il fallait qu’elle soit confirmée au moins une autre fois. Cependant, elle se devait de faire une pause. Elle avisa une taverne.

« Je ne sais pas pour vous mais moi je n’ai rien avalé depuis hier midi aussi, si ça ne vous dérange pas, j’aimerai bien avaler quelque chose vu que c’est possible »

La jeune femme entra dans la taverne et s’assit à une table suivit, bon gré, mal gré, par le terranide. Une serveuse vint vite jusqu’à eux.

« Pour moi, se sera omelette bien cuite, lard, pommes de terre, salade, tomates et un steak. Le tout accompagné d’eau »

Cela avait de quoi surprendre mais Marine avait un solide appétit. Elle dépensait énormément de calories et avait toujours eu besoin de manger copieusement. Son excellent métabolisme lui permettait d’absorber tout cela sans pour autant prendre du poids.

« Et vous, vous voulez quoi ? »

La question s’adressait directement à son compagnon, assis en face d’elle. Peut-être n’avait-il pas faim ? Mais elle oui. D’ailleurs son estomac, à l’annonce de la commande, se manifesta bruyamment, faisant rougir la jeune femme sous sa capuche.

Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

« Comme vous l’avez dit allons-y ! »

Ca faisait du bien de marcher un peu ce matin, j'avais même envie de courir jusqu'a en perdre haleine presqu'autant que de rugir et extérioriser une certaine frustration, m'éloigner du centre des quartiers pauvres et pollués de cet espèce de bidon-ville, de cet air vicié et de respirer à pleines et profondes bouffées l'air  un peu moins "chargé" des campagnes environnantes, mais je devrai mettre cette envie de coté un bon moment, là, je suivai simplement Marine, d'un air impassible, limite aussi frigide, blème et marbré que les déplacements d'un machabée de vampire, un pas droit, aucune irrégularité, entre le soldatesque et une certaine "noblesse" sauvage dans la démarche, bref, impérieux, impersonnel et sans l'émotion sur les traits du visage, je l'écoutai attentivement mais sans croiser son regard :

J’ai plusieurs personnes qui pourront nous aider, plus ou moins volontairement, concernant les informations dont on a besoin. J’espère qu’ils seront assez conciliants et éviteront de chercher les ennuis »

"-Je vous laisserai donc mener cette danse, j'essayerai de ne point vous faire ombrage, mais ma personne ne sera pas très loin si vous rencontrez la moindre "pécadille" pendant le bal, madame."

En plus d'utiliser du "vous" et d'user de termes détournés pour m'exprimer, j'avais décidé de donner une touche d'affabilité, aimable, trop, en vérité pour être honnête, plutôt que de jouer la touche du mépris que je lui pensai digne, je lui parlais donc avec cette autre touche de bénignité, de bienfaisance désintéressée que seul quelques vampires de grand âge avait à coeur d'en faire usage, parce que c'était pire encore de parler avec l'ironie d'une fausse gentillesse qu'il ne lui estimait pas mériter, foutu caractère, foutu sang mêlé nordique et sauvage qui ne faisait qu'un tour dans mes veines, aussi chaud, pic à vif, revanchard et colérique parfois qu'une bonne femme au pic de ses règles douloureuses, fallait que je me calmes...

Même si, j'en souriait intérieurement, j'espérais bien qu'on rencontre des emmerdes pour que je puisse me défouler, ça me ferait du bien là, puisque j'étais dans l'incapacité d'exprimer mes sentiments autrement que par une violence verbale et physique, mais si Marine prenait les choses en main je craignais que ma bonne petite bagarre à trois repas chaud la journée me file sous le nez.

Je restai sur le pas de la porte, maintenant la porte de cette boutique, une espèce de quincaillerie, ouverte en y plaquant mon dos, croisant les bras au nivau de la taille, un de mes doigts tappottant sur le manche de ma bonne vieille petite arbalète légère à répétition, qui fait figure de bonne arme de poing et qui peut se révéler d'un précision exemplaire sur de courtes distances, mais pas à plus de soixante mètres, de toute façon, j'étais pas particulièrement friand des échanges à longue distance, ce qui me plaisait c'était plutôt le contact direct, mais j'avais quand même du un peu m'adapter ces derniers siècles histoire de ne pas être complétement à la ramasse, bien que je sois, comme toute créature pluricentenaire, un grand nostalgique des époques traversées et un adepte du "ça sera jamais plus comme avant", ayant du mal à accepter le changement et les avancées technologiques, qui, ces dernières cinquantes années, m'avaient réellement paru trop, bien trop rapide.

Marine s'adressa donc au tenancier, un vieux bonhomme sans carrure, grand mais dont les membres semblaient aussi fins que des bambous ou des manches de brosse, les cheveux gominés vers l'arrière, le problème avec ses grands yeux noirs c'est que je n'arrivait pas à savoir ce qu'il fixait, s'il jetait un coup d'oeil en dessous de son comptoir où dans un coin comme pour chercher une arme dont il pouvait se saisir, je restait donc particulièrement alerte et observateur du moindre mouvement qu'il pouvait faire de ses hanches, ses épaules ou ses bras.

« Que puis-je pour vous ? »

Pour toute réponse Marine rabattit sa capuche, les frottements de mains et la mine joyeuse du type qui croyait avoir affaire à des pigeons potentiels fondit comme neige au soleil, les traits anxieux de son visage et le nouveau language de son corps prouvaient qu'une profonde anxiété s'était emparé de lui comme par "magie" quand il découvrit l'identité faciale de Marine.

« J’ai rien à vous dire alors barrez-vous ! »

« Mais si, voyons ! Je suis certaine que vous avez pleins de choses à nous dire. Vous me connaissez de réputation et vous savez fort bien que je n’hésiterai pas à mettre cet endroit sans dessus dessous pour savoir ce que j’ai besoin de savoir. Alors vous avez deux options, soit vous me dites ce que j’ai besoin de savoir et je vous donne un petit quelque chose pour votre bonne volonté, soit moi et mon ami

Marine me désigna du doigt, c'est l'instant que je choisit pour faire un joli signe de tous mes doigts ainsi que de mes griffes sorties, les unes après les autres en escaliers ordonnés du pouce au petit doigt et inversément, ajoutant à celà l'élargissement d'un graaaand sourire bien large, bien blanc, qui, perçait les ombres de ma capuche un peu de la même façon que la lueur de mes yeux, donnant des allures psychopatiques à un sourire digne d'une version plus dérangeante et maladive de "cheshire" le chat, pratiquement sorti d'un "Alice Mc Gee".

Si cette amusante introduction à ma personne, légèrement théatrâle put mettre dors et déjà bien mal à l'aise notre "ami" qui fournit à mon regard une espèce de "double check" pour être sûr d'avoir bien vu, se pensant victime d'une hallucination, la designation de mon arbalète bien en vue à ma ceinture finit de lui faire ravaler sa pomme d'adam, et reposer les yeux sur Marine, là où son regard se sentait "presque" en sécurité quitte à choisir une personne à fixer.

nous nous ferons une joie de démonter cet endroit pierre par pierre avant de passer à votre tour. Vous savez qu’il y a 206 os dans un corps ? Ça m’embêterait de devoir tous vous les brisez un par un ! Pas vous ? »

Je fit semblant de me curer les dents avec le bout de la griffe de mon index, à vrai dire j'appréciait la crainte qu'on instillait à ce pauvre bougre, ça avait le don particulier de me faire décompresser et de me défouler, je m'empressai d'ajouter ma petite touche d'humour noir :

"-ça fait aussi beaucoup d'os à ronger..."

Il allait passer à table, je ne sais pas qui avait le rôle du bon où du mauvais "flic" entre moi et Marine... Non... en fait il s'agissait des deux, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre, et sous la pression, il finit par craquer tout seul après un court moment d'hésitation, mais j'avouais également que Marine savait s'y prendre, impressionné par son grand calme qui, contrastait avec mon comportement et pour tout dire, rajoutait son "poids" psychologique à cet interrogatoire.

« Très bien, vous voulez quoi ? »

« Bien ! Il doit y avoir une vente d’esclaves dans un jour ou deux. Des gamins. Je suis certaine qu’en tant que revendeur, vous avez été informé de ce qui allait se passer. Alors dites-moi où et quand ? »

Pas de fioritures, droit au but, c'était comme ça que je l'appréciait, je continuais de me pincer une griffe entre les lèvres tout en "savourant" son petit jeu, puis je me rendit compte qu'a nouveau je devenais trop "passionné" dans mes réactions et je retirai cette dernière de ma bouche en me redressant contre la porte, croisant les bras en reprennant une fausse constance solennelle, millitaire, fallait pas se laisser aller.

« Euh… ok, ok, de ce que je sais, la vente doit avoir lieu dans un entrepôt un peu en dehors de la ville. Au niveau de la zone où on entrepose les moissons. La vente aura lieu après demain et débutera à minuit. Histoire d’éviter les curieux. A priori, il devrait y avoir pas mal de monde ! »

« Don sera-t-il là ? »

Tiens, enfin un nom... je découvrais au fur et à mesure en fait, elle n'avait pas jugé bon m'en informer avant que je ne prenne cette info sur le tas et sur le terrain, elle continuait de garder des détails pour elle sur cette histoire, à vrai dire ça agaçait ma fibre d'enquêteur, elle en savait bien plus long que moi et ne me révélait pas tout, elle avait donc quelques coups d'avance, j'avais l'impression de servir un peu de chandelle tout à coup.

« Là vous m’en demandez trop. On sait jamais s’il sera là ou non. Un coup, il vient, l’autre non. On va dire que comme c’est une grosse vente, c’est possible qu’il soit présent pour s’assurer que les prix soient corrects »

Lorsque Marine s'approcha de lui, même à quelques doigts de son visage, j'écarquillai les yeux en empoignant le manche de ma courte lame et de mon arbalestre, juste au cas où ça dégénérerait, aussi près de quelqu'un il suffisait d'un réflexe, la moitié, voir le quart d'une seconde pour qu'un geste malheureux puisse être fatal, en temps que garde du corps je peux vous dire que je n'avais pas "bon" du tout là, je lui aurait bien dit de s'écarter mais je me serai encore fait réprimander sur le fait que je la prenne pour une femme, patati, patata et j'en passe, donc je me contentais de rester paré à toute éventualité, l'inconscience de Marine m'effraya un peu, ce qui me fit prendre conscience que je tenais encore un peu trop à elle, mais ce type était trop effrayé pour tenter quoi que ce soit, bien que de la peur, je m'en méfies car je sais qu'elle pousse parfois à d'étranges extrêmités.

« Si vous avez menti, on reviendra et vos os seront brisés un à un »

Je soulignai les paroles de Marine d'un joli craquement de mes phalanges, suivi d'une petite rotation de la nuque qui fit craquer mes cervicales, avant que les pièces d'or jetées par Marine ne tintent de leur métal sur le bois du comptoir.

« Inutile de vous dire de ne pas parler de notre petite visite. Si vous le faisiez, le tarif serait le même ! »

J'accompagnais Marine dehors, rajustant ma capuche et surtout, regardant autour de nous si aucune petite balance où un informateur avait pu nous reconnaître où nous avait repéré, ça semblait calme ce matin, il n'y avait pratiquement aucun passage, je me permis juste de faire une petite remarque, j'avais décidé d'abandonner le ton mielleux à la limite de l'hypocrisie que j'avais eu plus tôt ce matin, ce n'était plus de circonstance, trouvant tout ça un peu trop...

"-Un peu trop facile tu ne crois pas ? Il te balance tout, comme ça... le premier mec qu'on rencontre il nous refile toutes ces infos comme si une manne divine nous tombait du ciel...  Loin de là l'idée de remettre en doute tes redoutables... talents de persuasion, mais j'ai l'intime conviction qu'on à du louper une ligne cachée entre deux paragraphes..."

« Je ne sais pas pour vous mais moi je n’ai rien avalé depuis hier midi aussi, si ça ne vous dérange pas, j’aimerai bien avaler quelque chose vu que c’est possible »

Je n'avais pas le choix de toute manière elle était déjà rentrée dans la taverne qu'elle avisa, mais elle avait raison, elle n'avait pas mangé grand chose, quel connard d'égoïste j'étais... hier soir je me suis fait livrer un plateau complet de nourriture et je n'ai même pas pensé à aller lui demander si elle avait mangé, comment j'aurai pu savoir de toute façon elle était rentrée à l'auberge bien avant moi...

« Pour moi, se sera omelette bien cuite, lard, pommes de terre, salade, tomates et un steak. Le tout accompagné d’eau »

Je sifflai longuement quand je m'aperçut que la commande n'avait rien de fait pour l'estomac d'un moineau, Marine avait de l'appétit, c'était presque le régime d'un boxeur professionnel qu'elle nous faisait là, elle avait juste oublié d'y ajouter un peu de lait à son avis de professionnel, bien que le lard soit assez gras il ne fallait pas sous estimer l'apport en calcium, mais ça se justifiait amplement vu qu'elle n'avait plus mangé depuis une journée complète, faut dire que son corps de panthère bien entretenu n'avait rien à envier à une athlète.

« Et vous, vous voulez quoi ? »

J'avais déjà mangé hier soir... même si j'avais comme l'envie de lui montrer que je pouvais avoir un foutu appétit également... ça ne serait pas raisonnable s'il on devait courir dans tous les sens... et si je devais me battre,  j'aurai vite fait de tout rendre, mais je lui fit la remarque à propos du lait, parce qu'étrangement je ne pouvais pas m'empêcher, comme une manie, comme si ça me démangeait, de lui donner un conseil sur son alimentation avec le ton empâti et impersonnel, froid, d'un spécialiste en diéthétique faisant un constat sec sur sa façon de manger :

"-Tu devrais y ajouter un peu de lait, je ne sais pas quel âge tu as exactement mais il ne faut pas sous estimer l'apport en calcium pour maintenir ton corps en bonne santé, boire du lait écrémé va te permettre un apport en proteines indispensable puisque tu as l'air de faire beaucoup d'exercice et d'avoir une très bonne condition physique, c'est aussi une source importante de calcium pour les os et les dents, les sels mineraux et oligo elements, vitamines, le lait, à dose homéopatique ça ne fait pas du tout grossir, n'oublie pas d'y ajouter quelques fruits aussi..."

Je m'arrêtais en plein monologue parce que j'étais, un peu tard, en train de me rendre compte de ce que j'étais en train de faire, je me ravalais la façade d'une main et tirait sur mes traits, gardant ma capuche bien fixée sur ma tête, bah, quoi... malheureusement en plus de cinq cent ans on à le temps d'apprendre un peu trop de choses pour peu qu'on s'y intéresse et son alimentation, en tant qu'ancien millitaire qui cherchait à optimiser ses performances de toute les façons possibles... il l'avait déjà passée au crible...
 
"-Je vais prendre... un steak... un steak cuit "saignant" j'insiste bien sur "saignant", du lait, et quelques fruits rouges..."

Je n'avais pas droit à des trucs trop "sucrés" ou comportant trop de conservateurs où d'éléments synthétisés, artificiels dans la bouffe, mon métabolisme d'hybride, me permettait parfois de faire de rares exceptions, mais uniquement si mes repas étaient toujours accompagné de viande sanguinolante, les fruits rouges rappellaient également la couleur du sang et de la chair, ce qui "calmait" comme pour la viande sanglante, également les ardeurs de la "bête".

Ensuite, s'installa un silence qui se fit pesant durant lequel je me redressai sur ma chaise, reprenant contenance, joignant mes mains sur la table en tapottant d'un pied nerveux le sol, attendant que la commande arrive, je ne savais pas trop quoi lui dire, après tout je n'était qu'un "mercenaire" même si je cachais à moitié quelques vieilles médailles dont une croix de la légion du Lion Blanc sur mon épaulette, en dessous d'une partie de ma cape, j'essayais tant bien que mal de ne pas croiser ses yeux plus de dix secondes, et j'évitais aussi d'évoquer quoi que ce soit à propos de ce qui avait bien pu se passer entre "nous", même si, au final, on ne pouvait pas affirmer qu'il se soit passé grand chose.

Marine

E.S.P.er

Marine attendait le bon vouloir du mercenaire tout en repensant à ce qu’il lui avait dit en sortant du magasin.

« Un peu trop facile tu ne crois pas ? Il te balance tout, comme ça... le premier mec qu'on rencontre il nous refile toutes ces infos comme si une manne divine nous tombait du ciel...  Loin de là l'idée de remettre en doute tes redoutables... talents de persuasion, mais j'ai l'intime conviction qu'on à du louper une ligne cachée entre deux paragraphes... »

Elle devait bien reconnaître qu’elle avait eu les informations très facilement, peut-être trop d’ailleurs comme il l’avait fait remarquer. Néanmoins, l’homme, la connaissant de réputation, savait certainement qu’elle ne bluffait pas. D’ailleurs, une fois elle s’était vraiment trouvée dans l’obligation de mettre ses menaces à exécution. Un grossiste en chair humaine lui avait donné de faux renseignements. Le résultat avait été qu’elle avait bien faillit y rester lorsqu’elle avait voulu délivrer les pauvres gens victimes de l’esclavagiste. Malheureusement pour lui, elle n’avait que « faillit ». Elle était revenue le voir et lui avait vraiment cassé les 206 os. Bon ça lui avait pris du temps et elle n’avait pas aimé le faire mais une promesse est une promesse. Depuis sa réputation était faite et les menaces ou/et l’argent suffisaient pour avoir les renseignements dont elle avait besoin. Prudente malgré tout elle comptait vérifier les dires du type en allant terroriser quelques autres informateurs.

Elle posa alors ses yeux sur Khaléo. Elle ne l’avait guère laissé faire ce matin mais rien que sa carrure impressionnante, sans compter ses armes, avait suffit pour finir de terroriser l’homme du magasin. Néanmoins, elle devrait, peut-être, lui laisser faire le prochain « interrogatoire ». Ça pourrait être intéressant et instructif. Et puis, cela ne ferait que renforcer la réputation de Marine et ficher la trouille à tous ceux qui donnent des informations et font du commerce d’humains.


« Tu devrais y ajouter un peu de lait, je ne sais pas quel âge tu as exactement mais il ne faut pas sous estimer l'apport en calcium pour maintenir ton corps en bonne santé, boire du lait écrémé va te permettre un apport en protéines indispensable puisque tu as l'air de faire beaucoup d'exercice et d'avoir une très bonne condition physique, c'est aussi une source importante de calcium pour les os et les dents, les sels minéraux et oligo éléments, vitamines, le lait, à dose homéopathique ça ne fait pas du tout grossir, n'oublie pas d'y ajouter quelques fruits aussi... »

Les propos de l’homme la sortirent de ses pensées. Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Elle aurait carrément pu éclater de rire mais le ton sérieux de Khaléo l’en dissuada. Certes en tant que soldat, elle avait bien sûr toujours fait attention à son alimentation, du moins dans les grandes lignes. Mais depuis son départ du camp, elle n’y faisait plus attention du tout. Elle avait acquis quelques réflexes au niveau alimentaire comme limiter les graisses et les sucres mais comme le sucre version bonbon, elle n’avait jamais connu. Son seul péché mignon restait le pain chocolat qu’elle consommait en quantité limitée. Les mots de son compagnon lui donnèrent l’impression d’être une enfant à laquelle on devait apprendre à bien s’alimenter. Et elle n’appréciait que moyennement cette idée.

Cependant, cela la fit réfléchir que du lait, elle n’en consommait pas tant que ça ! Exit lait et yaourts, parfois du fromage et encore. C’était clair qu’à un moment, elle risquait d’avoir des carences. Mais bon, elle se demanda alors si en tant qu’immortelle ça avait vraiment une incidence sur son corps. Il y avait tellement de choses qu’elle ignorait sur elle et sur sa « particularité ». Malheureusement, elle ne pouvait s’adresser à personne pour avoir des réponses. Elle secoua la tête pour revenir au moment présent. Au même moment, le terranide se rendit compte qu’il avait peut-être un peu trop digressé et se tourna vers la serveuse à son tour.


« Je vais prendre... un steak... un steak cuit "saignant" j'insiste bien sur "saignant", du lait, et quelques fruits rouges... »

La serveuse opina du chef et partit en direction de la cuisine. Marine n’avait pas abaissée sa capuche tout comme Khaléo d’ailleurs. Aucun des deux n’avait envie de se faire remarquer. Ils voulaient passer inaperçus. La jeune femme remarqua cependant qu’il évitait consciencieusement son regard. Il ne semblait pas particulièrement à l’aise. Et, à y réfléchir, elle ne se sentait pas plus à l’aise non plus. La jeune femme se dit que c’était probablement du à l’incident de cette nuit. C’était dommage vu qu’elle l’appréciait mais lui ne tenait visiblement pas à la connaître. Au fond, il devait surement avoir raison. Après cette mission, ils ne se reverraient probablement plus alors à quoi bon tisser des liens si c’était pour ne pas les maintenir.

Le regard aigue-marine caché par la capuche essaya de percer l’ombre qui couvrait le visage du mercenaire. Elle ne savait pas pourquoi mais elle l’appréciait. Peut-être parce qu’il lui ressemblait ? Peut-être parce qu’il lui plaisait ? Peut-être parce qu’il la touchait ? Peut-être tout ça ou autre chose ? Mais elle l’aimait bien. Le silence devenait pesant et Marine commençait à se sentir vraiment mal. Il fallait dire quelque chose et vite.


« Euh… Je pensais qu’après le repas, vous pourriez peut-être prendre en main « l’interrogatoire » des autres hommes. Y’a encore deux types qui pourraient confirmer les propos de notre « ami » de ce matin. Comme vous l’avez dit, peut-être que c’était un peu trop rapide sa mise à table. Néanmoins, je pense quand même qu’il a dit la vérité. Mais il vaut mieux recouper les informations entre elle. Quand pensez-vous ? »

Ce fut le moment où la serveuse revint avec des assiettes particulièrement chargées, surtout celle de Marine. L’eau et le lait furent également déposés et le « bon appétit » rituel de la fille accompagna son départ. La jeune rouquine s’empara de sa fourchette et commença à manger. Elle avait connu mieux mais c’était comestible, c’était déjà ça et puis elle avait trop faim pour faire vraiment attention au goût.

Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

Nos yeux avaient entammé cet étrange et timide ballet depuis un moment, un instant il la fixe... un autre... il fuit... puis parfois... entre deux "mauvais" timing... il croisait son regard, repartant de plus belle ailleurs, comme... comme s'il était devenu aussi timide et maladroit qu'un adolescent, pourquoi était il réduit à ça face à elle... C'est bien la première fois depuis longtemps qu'il n'arrivait pas à fixer un humain droit dans les yeux pour lui dire sa façon de penser... C'était... ça devenait... compliqué et il le savait... C'est en partie pour ça qu'il n'osait rien dire, elle possédait cet étrange regard qui, vous donne l'impression qu'elle possède une beauté d'âme sans âge d'une profondeur millénaire...

...Cette belle amazone lui ressemblait beaucoup... Elle possédait déjà de nombreuses marques, cicatrices témoignant du lourd tribu qu'elle à laissé à sa vie pour être encore présente, celà lui avait probablement forgé le caractère... une force étrange, qui transpirait par toutes les pores de son corps, il sentait son regard essayer de percer les ténèbres de sa capuche, il se pinça le coin de la lèvre inférieure du bout d'un de ses jolis crocs pointus en déviant la tête sur la droite, cachant la partie gauche de son visage qui restait visible pour la guerrière, avant d'hésiter et... comme ils étaient dans un coin tranquille de la taverne, il retira prudemment et très lentement sa capuche en soupirant d'aise d'enfin l'abaisser, comme si elle même était... une espèce de fardeau à porter.

Dévoilant donc à la lumière des lustres de l'intérieur de la taverne, son visage atypique aux yeux de Marine, ses traits affinés, lissés par sa subtile, légère félinité, trois rayures noires, symétriques sur chaque joues, sur une "peau" blanche qui, n'était en fait qu'un duvet deux à trois fois plus dense et fin qu'une peau normale, ses oreilles étaient en partie cachées par les mèches retombantes de ses longues mèches, dont deux plus grandes capoules caressaient les coins de son visage, il n'était pas à l'aise d'offrir son visage au grand jour, mais puisqu'elle lui avait déjà abaissé la capuche de façon... sournoise... il était inutile de se cacher... d'elle au moins, Non ?
 
C'était un gage de confiance, l'air de rien... lui montrer son visage de son plein gré avait été effectué avec une patience à couper les grains de caviar en cinq, comme s'il avait pratiquement s'agit de montrer une partie très intime de son anatomie pour la première fois, personne n'avait pu poser les yeux ainsi sur son visage de son propre... plein gré depuis des lustres... C'est dur de se défaire d'une habitude qu'il à prise pendant plusieurs siècles, ses mains tremblaient un peu sur le contour de sa capuche rabaissée quand il en termina avec cette dernière.


« Euh… Je pensais qu’après le repas, vous pourriez peut-être prendre en main « l’interrogatoire » des autres hommes. Y’a encore deux types qui pourraient confirmer les propos de notre « ami » de ce matin. Comme vous l’avez dit, peut-être que c’était un peu trop rapide sa mise à table. Néanmoins, je pense quand même qu’il a dit la vérité. Mais il vaut mieux recouper les informations entre elle. Quand pensez-vous ? »

"-Je crois... Je crois que vous êtes très douée pour obtenir des informations... Parfois... même contre le gré des personnes que vous rencontrez..."

Il parlait d'expérience puisqu'elle avait voulu voir son visage, et que, sans sa permission, elle avait réussi à obtenir cette "information" visuelle.

"-Toutefois... j'aimerais m'occuper du prochain "interrogatoire", je suis sûr que ça sera "instructif"... Je ne voudrai pas avoir la fâcheuse impression d'être payé à rien foutre."

La serveuse revint et Khaléo remonta subitement sa capuche, comme un réflexe, tournant la tête dans le sens opposé à sa venue, la laissant les servir en répondant séchement "merci" quand elle eut fini, avant de soupirer à nouveau d'aise et laisser retomber une nouvelle fois sa capuche, s'assurant qu'elle en ai réellement terminé avec leur "service" en jetant plusieurs coup d'oeil limites paranoiaques en direction du comptoir et des cuisines, lorsqu'il posa les yeux sur son plateau, il fronça légèrement les sourcils en observant les couverts.

"-J'irai interroger la tenancière de cet espèce de... bordel qui se trouve au coin de la rue, je suis sûr qu'en matière d'esclaves ils doivent être les premiers au courrant des arrivages réguliers afin de renouveler leur marchandise en... viande "fraîche"..."

Il releva les yeux sur les mains de Marine qui s'était saisie de ces maudits ustensiles qu'il haîssait par dessus tout... il détestait les couverts... combien de fois ne s'était il pas brûlé les mains sur des couverts en argent lors de rencontres et de banquets organisés lorsqu'il était encore le chef de sa troupe de mercenaires, depuis ces temps immémoriaux il ne s'était plus servi de fourchette ni de couteau, il préférait manger à pleines mains, où griffes, et mordre à pleines dents dans sa viande, c'était tellement meilleur pour lui, et pour la "bête", la palpation, l'impression de... déchiqueter la viande en la saisissant entre ses griffes... bref... des plaisirs bien bestiaux et primaires, qui ravissaient et apaisaient les ardeurs de l'infernale créature qui restait tapie dans les limbes de sa conscience.

Marine usant de couverts... il se força à l'effort de s'en servir également, se saisissant de son couteau comme d'un foutu poignard, et de sa fourchette de façon étrange, comme d'une fourche pour fourrer le foin, essayant d'imiter la position des mains de Marine pendant quelques secondes qui, purent lui laisser comprendre l'étendue de son inexpérience de la chose, alors qu'il se pensait "paré" avec ses couverts, une première tentative infructueuse pour couper sa viande lui permit de "plier" son couteau contre le fond de l'assiette qu'il émailla et faillit même presque casser, il tint si fort le bout de viande empalé sur sa fourchette qu'il écarta et écrasa les dents de cette dernière.

Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait apprendre à se servir de ces inventions horribles, il reposa les couverts tordus sur le plateau après l'échec honteux de sa tentative, et les poussa du bout des doigt le plus loin possible de son assiette, après quoi il se saisit de son morceau de viande comme il l'eut imaginé d'entrée, à pleines mains, et avant qu'il ne prenne une bouchée dedans, il croisa le regard pour le moins interloqué où amusé de Marine, regard qui lui fit relâcher sa viande qui s'écrasa dans son assiette.

"-Ce n'était... pas très propre... ni civilisé devant... une dame... N'est ce pas ? Voulez vous que je change de place ? Je ne vous imposerai pas ma... ma façon de manger qui pourrait peut être vous couper... l'appétit."

Marine

E.S.P.er

« Je n’ai jamais considéré que je vous payait pour rien ! Mais je vous laisse bien volontiers prendre les rênes de l’interrogatoire suivant »

La jolie rousse avait hâte de voir le mercenaire dans l’action. Elle se doutait bien qu’à la différence d’elle, il serait un peu plus explicite et ne resterait probablement pas aux simples mots. Il risquait d’utiliser sa force. Elle n’était pas fan de ce genre de technique mais une nouvelle fois, la nouvelle se répandrait dans toute la ville et les gens seraient d’autant moins enclins à leur mentir. Parfois, il fallait faire des sacrifices dans la guerre. Marine n’en était pas friande mais elle ferait avec.

La jeune femme se réattaqua à son plat et ainsi, contenta son estomac. Il n’y avait pas à dire, la nourriture, après 24h de jeûne était la bienvenue. Bien qu’affamée, elle prit garde à ne pas manger trop vite. Son estomac, totalement vide, risquait de ne pas supporter l’apport brutal de nourriture qui risquait, par conséquent, de finir sur le plancher de la taverne, ce qui serait dommage et pas vraiment agréable. Les vomissements de cette nuit avaient été bien largement suffisants. Son œsophage en souffrait grandement.

Les vomissements répétés suite à ses cauchemars, ce qui arrivait au moins une fois par semaine, malmenaient son corps. Il n’était pas rare qu’elle vomisse ou crache du sang. L’acide de son estomac attaquant de manière violente son œsophage. A long terme, Marine savait bien que ça risquait de la tuer. Elle finirait par faire une hémorragie interne. Malheureusement, à moins de ne plus faire de cauchemars, le problème était insoluble.

Mangeant avec donc une certaine précaution, ses yeux se portèrent sur son compagnon qui avait abaissé sa capuche. Cela lui fit plaisir. Il lui faisait assez confiance pour se découvrir et accepter de lui monter son minois. Elle ne le copia pas. Non pas qu’elle se cache de lui mais plutôt de tous les autres. Ses cheveux étaient bien trop voyants. Elle s’était toujours demandée si elle ne devrait d’ailleurs pas les teindre, histoire d’être un peu plus passe-partout. Son roux flamboyant était trop facilement repérable.

La combattante fronça les sourcils quand elle vit Khaléo se saisir maladroitement de ses couverts. Visiblement, il n’en avait guère l’habitude et les couverts, fourchette et couteau, supportèrent bien mal cette tentative. Ils finirent tordus, preuve de la force impressionnante de la créature. Marine ne put s’empêcher de sourire largement devant cette tentative avortée de montrer ses bonnes manières.

Rendant les armes, le tigre s’empara de sa viande avec ses doigts et ses griffes et entreprit de déchiqueter la viande avec ses dents pointues. Marine avait un peu de mal avec la viande sanguinolente. Elle n’appréciait que la viande bien cuite. Cela venait probablement de l’overdose de sang qu’elle avait du voir et sentir sur les différents champs de bataille. Dès lors, elle supportait mal d’avoir du sang dans son assiette mais ça ne la dérangeait pas si les autres aimaient ça. Soudain, les yeux félins croisèrent les siens et la viande retomba dans un « floc » dans l’assiette.


« Ce n'était... pas très propre... ni civilisé devant... une dame... N'est ce pas ? Voulez vous que je change de place ? Je ne vous imposerai pas ma... ma façon de manger qui pourrait peut être vous couper... l'appétit »

La contrition dont faisait preuve Khaléo était plus que touchante et afficha un sourire attendrit, presque maternel, sur les lèvres carmins de la jeune femme.

« Non, non, je vous en pris, restez là ! Cela ne me gêne en rien. Faites comme bon vous semble. L’essentiel c’est que vous mangiez ! »

Sans plus attendre, elle reprit tranquillement son repas. Toujours en faisant attention à sa vitesse d’ingurgitation. Son œsophage la brulait un peu et de large rasade d’eau calmait un peu la douleur. Le reste du repas se passa dans un calme relatif, à peine troublée par les autres occupants du lieu assez peu nombreux et qui se contentaient de boissons plus que de victuailles. Marine mit un moment à finir son assiette. Une fois achevée, la serveuse réapparut pour les débarrasser de leurs assiettes et demander s’ils voulaient des desserts. Khaléo avait déjà pris des fruits rouges mais Marine, elle n’avait encore rien demandé. Et puis, le mercenaire voudrait peut-être autre chose. Vu que l’occasion lui était donnée, elle n’allait pas se priver.

«  Vous auriez de la glace ? »

« Oui mais les parfums sont plutôt limités. On a vanille, chocolat… »

« CHOCOLAT – le mot avait surgit de manière imposante dans la taverne et la rouquine se racla la gorge – Euh… deux boules de chocolat avec du chocolat liquide dessus voir de la chantilly en plus ! »

La serveuse repartit un peu surprise de la demande totalement chocolat de la jeune femme, qui rougissait d’ailleurs violement sous sa capuche et souriait maladroitement à Khaléo.

« Désolée… je… j’aime beaucoup le chocolat… »

Elle n’avait découvert cela que depuis assez peu de temps. En fait, elle en avait mangé pour la première fois lorsqu’elle avait quitté le camp. Il fallait bien avouer que ce n’était pas le genre qu’on servait aux soldats en général. Marine rentra ses épaules et s’enfonça un peu dans son fauteuil. Elle avait envie de disparaître sous terre pour le coup. Mais quelle idiote ! Elle n’aurait jamais du demander ça.  Bonjour l’image de guerrière qu’elle devait lui offrir à cet instant.

Merci Stephen pour la sign :)

Bio

Khaléo

Terranide

Ce fut le regard aigue-Marine de la guerrière qui arrêta son geste suivi d'un sourire qui, sema le trouble dans son esprit, craquelant à nouveau cette assurance qu'il s'imposait, ce sourire chaleureux, rassurant, maternel sur les lèvres de cette femme avait le don de faire tomber une à une ses différentes inhibitions et même, quelques unes de ses vieilles habitudes qui n'étaient qu'un enchevêtrement de complexes emboîtés les uns dans les autres, quoi qu'il en soit la petite colère et rancoeur de la matinée s'était presque totalement envolée, comme fondue au soleil.

« Non, non, je vous en prie, restez là ! Cela ne me gêne en rien. Faites comme bon vous semble. L’essentiel c’est que vous mangiez ! »

Il reposa son plateau lentement sur la table comme s'il n'était pas encore tout à fait certain, relachant l'effort de ses jambes qui auraient du le porter pour se lever et reposer le bout de fesse qu'il avait à peine décolé de son siège, c'est le moment qu'il choisit pour l'observer manger, elle avait certes de l'appétit mais elle semblait prendre son temps... comme si... sa gorge lui était douloureuse... Et à bien y réfléchir il l'avait étranglée avec sa queue de tigre durant leurs échanges le jour précédent et elle avait vômit pendant la nuit, il se surprit à nouveau à s'inquiéter pour elle, chose qu'elle n'appréciait pas puisqu'elle lui avait fait remarquer que tout geste compassionnel de sa part envers elle n'était perçu que comme de la pitié et un avoeu de sa faiblesse, soi disant parce que je la considères comme une femme... Je n'avais pas réellement fait ce rapprochement par moi même, j'avais juste été "touché" par ses lèvres et, je m'étais emporté dans un élan que je n'aurai su définir, j'avais voulu en savoir plus sur elle et ma curiosité ainsi qu'un stupide espoir naissant m'avait amené à me blesser moi même en fin de compte.

Il put continuer de "manger" à sa façon, et ça n'avait sans doute rien de très civilisé de manger avec les mains, empoignant sa viande impatiemment à pleines paluches en y enfonçant ses griffes, tremblant de ses mains, tout en roulant du fond de sa gorge et la mordre à pleines dents pour satisfaire un des désirs de la "bête" déchiquetant sa viande et un bout de l'os comme s'il eut s'agit de vulgaire beurre pour cette mâchoire, malgré les traits agréables de son faciès il était difficille d'imaginer qu'il possède une telle force, une telle pression, dans les muscles de cette dernière, se striant, roulant sous les coins de ses joues lorsqu'il prenait de larges bouchées dans sa viande, secouant vivement son visage par une impulsion puissante induite depuis sa nuque qui lui laissait arracher brutalement la chair, une lueur d'une malice fauve luisait dans son regard alors qu'il épanchait sa belle voracité sur sa première côte, une fois les premières bouchées terminées sa bestialité put enfin se "taire" un peu et laisser place à plus de civilité quand il s'attaqua à la seconde, usant de ses grandes griffes tranchantes ouvertes à leur maximum pour découper des petits carrés de viande comme s'il se servait de couverts, si rapide dans l'éxécution, "dessinant" pratiquement des formes dans la viande tel un edouard aux mains d'argent de la boucherie.

Et pendant ce "festin" de chair il avait parfois fait étalage de l'impressionnante dextérité et longueur particulière de sa langue sur ses propres lèvres pour ralécher le sang, et détailler chacune des pointes de sa dentition acérée, plantant un regard d'une passion sauvage dans celui de l'amazone, avant d'apporter un à un, avec une... étrange lascivité, chacun de ses morceaux de viande saignante qu'il laissait courrir un moment sur ses lèvres avant de les y pousser, les obliger à s'écarter autour du morceau et l'engloutir, glissant son doigt dans le mélange de graisse et de sang restant avant de le porter à sa bouche, où il passa un séjour long et délicieux, râpé par sa langue, massé par ses lèvres. Lui aussi lui jetait des regards, à vrai dire, il le regardait en quasi permanence, ne détournant les yeux que pour éviter les siens parfois.

Lorsqu'il eut enfin "fini" de faire mumuse avec sa viande, il se rinça les doigts et se nettoya le contour des lèvres, puis se sécha avec une serviette en papier, s'en prenant maintenant aux pauvres fruits qui, ne lui avaient rien fait ! C'était injuste de les voir se faire empaler lentement par ses griffes à nouveau, comme s'il s'amusait à torturer chacun d'eux avec patience tout en tournant sa griffe dans leur chair, s'ils auraient pu crier ils l'auraient probablement fait ! Voilà qu'il s'amuse donc autant avec les fruits qu'avec sa viande, empalant une fraise sur la griffe du pouce, une framboise sur l'index, une cerise sur le majeur, une groseille rouge sur l'auriculaire, et une myrtille sur la griffe de l'auriculaire, pas de griffe jalouse où inusitée de cette façon...

Le repas se passait dans un calme relatif si ce n'est l'étrange corrélation tendue presque... "sexuelle" des jeux de chair et des gestes du félin s'amusant avec sa nourriture, aussi Marine finit enfin son assiette quand il eut presque terminé d'engloutir ses fruits, il avait pris son temps pourtant pour profiter de chacun d'entre eux, signe que ça devait être particulièrement difficille pour la rouquine de se nourrir en ce moment, la serveuse vint donc prendre mes couverts avant de revenir prendre ceux de Marine quand elle eut terminé, et proposer un dessert, Khaléo hésita après le repas qu'il venait de faire ce serait de la gourmandise mais la guerrière le devança puisqu'elle n'y avait pas eu droit :

«  Vous auriez de la glace ? »

« Oui mais les parfums sont plutôt limités. On a vanille, chocolat… »

« CHOCOLAT !! »

Khaléo écarquilla les yeux en relevant les oreilles, surpris par la "puissance" de son coffre lorsqu'elle s'exclama de cette manière, il esquissa un léger sourire enjoué de la voir à ce point enthousiaste pour ce genre de délice.

«  Euh… deux boules de chocolat avec du chocolat liquide dessus voir de la chantilly en plus ! »

« Désolée… je… j’aime beaucoup le chocolat… »

"-Non... vous n'avez pas à vous excuser pour ça voyons... ce.. c'est juste très... agréable de voir l'enthousiasme qui vous anime lorsqu'on vous parle de... chocolat... C'est... c'est beau... c'est... touchant... "

Ca lui donnait aussi une autre vision de Marine, une Marine plus passionnée, qui à d'énormes envies soudaines et, qui n'a pas peur de les exprimer haut et clair, une facette qu'il n'avait pas encore découvert jusqu'ici, ça l'avait agréablement surpris.

"-C'est communicatif même... vous m'avez donné envie, mais comme j'ai déjà mangé des fruits je ne prendrai qu'une boule de vanille... ma..."

Le mercenaire soupire et poses les yeux un instant sur la table, table qu'il gratte du bout de ses griffes avec une lueur de nostalgie dans le regard, murmurant presque :

"-Ma... ma fille adorait... elle adorait... la... la vanille..."

Il se ressaisit en se passant la main devant les yeux, empoignant sa bouche avec sa main avant de clore les paupières durement et de rouvrir les yeux, secouant sa main devant sa bouche en réprimant une larme qu'il empêcha de naitre, il sourit pour cacher le tout quand Marine était en train de fondre dans son fauteuil à vue d'oeil comme si elle avait honte, ça l'amusait et la rendait juste plus... "humaine" et dans le bon sens du terme à ses yeux.

"-Je n'ai pas eu souvent l'occasion de manger de la glace... à vrai dire, Marine, je n'y pense jamais... Là... là ou je vis de toute manière... il y a très peu d'occasions de s'offrir ce genre de délices...."

La serveuse revint donc avec leur commande, déposant une grande coupe pour Marine avec ses deux boules de chocolat, napée de chocolat liquide, sur lequel il y avait même du chocolat "glacé" en coquille par dessus ayant pris la forme des deux boules de chocolat, avec chantilly et surplus de granulé de chocolat sur la chantilly même, avec un morceau de chocolat noir pratiquement pur coincé sur le bord de la coupe et une galette fine en chocolat aussi fichée dans la chantilly, y avait presque de quoi être écoeuré du chocolat pour un bon mois là dedans !

Lui reçut une coupe bien plus modeste avec son unique boule de Vanille esseulée, qui avait presque l'air triste tant elle semblait "seule" et épurée, juste blanc cassée, il regretta presque n'avoir pas cédé à la gourmandise et pris la même chose que Marine, reposant un visage où une moue boudeuse se dessinait sur ses lèvres, touillant sa longue cuillère dans sa coupe pour tenter d'arracher un morceau de sa glace.


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