Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Encore foiré! [Alecto Nemed]

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Alecto Nemed

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    ~Esclave de Thiana Gian~
    Petite, passe inaperçue. Cicatrices, ou traces de brûlures sous les bras, près du cou, bref, un peu cachées.
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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 135 samedi 12 septembre 2020, 11:43:14

Malgré les signes visibles d’affection, peut-être forcés, de son Roi, Alecto n’avait cessé de trembler alors que Serenos la laissait agir, à contre-cœur. La caresse de sa main sur sa joue la rassura légèrement, c’est vrai, comme si un unique événement avait pu la faire douter des sentiments de son Epoux à son égard. Elle se rendait compte, par cette rencontre sous tension, que la moindre péripétie pouvait mettre à mal l’épanouissement si doux qu’elle avait ressenti dans l’intimité, et la paix de tout un Royaume. Que Serenos restait un Monarque, un homme droit, mais dur. Un roc, rassurant, massif, fier… mais tranchant et sans pitié pour comme un récif millénaire dans une baie.

Il ne la voulait pas suivre l’Ordre, c’était certain, il lui semblait même qu’elle pouvait ressentir des picotements au cœur quand il détachait sa main de sa joue, comme s’ils partageaient ce sentiment. Ce geste si délicat et plein d’amour fut vite brusqué par la main ferme d’un des chevaliers du Culte, et elle tourna la tête en s’éloignant de son Mari.
Quelque chose en elle refusait de le quitter. Mais elle devait apaiser cette situation, et comprendre. Une Elue, vraiment ? Cela lui semblait impossible, mais qui était-elle pour remettre en question les paroles du Saint-Père ? Et désormais, elle sentait sur ses épaules le poids bien trop lourd pour elle d’avoir à empêcher une guerre et la mort d’innocent. Par. Sa. Faute.

Durant le trajet qui les amenait où le Père Thorius résiderait, l’Ancienne Esclave resta silencieuse. Elle était encore totalement chamboulée par ce qui venait de se passer, et choquée, également, par les échanges qu’avaient le Prêtre avec ses hommes. Elle ne doutait en rien de la Bonté du Seigneur, mais qualifier Serenos de couard la rendait malade, nauséeuse. Comme si on s’attaquait à elle, dans ses tripes, directement. Elle ne comprenait pas ce qui arrivait.

Il lui semblait que le Paladin était un homme censé, et modéré, et elle osa détacher son regard de ses pieds pour l’observer un peu mieux. Cependant, étant déjà arrivés à destination, elle le salua en s’inclinant bien bas, comme elle en avait l’habitude lorsqu’elle n’était qu’une misérable domestique, et qu’elle devait montrer son respect à un Chevalier, ou toute autre personne libre. Cette révérence n’était pas feinte, naturellement, et Alecto savait les hommages qu’elle devait aux Paladins de la Foi.

Seule avec l’Homme d’Eglise, enfin, la jeune femme sembla se détendre légèrement. Ses yeux étaient encore rouges et ses joues pâles, à vrai dire, mais lorsqu’il lui prit les mains, elle perçut une sorte d’assurance, dans les mouvements et la voix de Thorius, qui lui permettait de tenter de se ressaisir. Encore trop perturbée par les événements, elle n’eut même pas le réflexe naturel d’aider le vieil homme, et comme si elle le regardait faire sans le voir, elle murmurait.

« La joie m’étreint aussi, mon Père, de vous retrouver. J’ai… » Les mots ne vinrent pas. Elle avala difficilement sa salive, et sans broncher, se dévêtit en silence, seuls les flammes et le bruissement des tissus se faisaient entendre.

Laver ses péchés. L’entendrait-il en confession dans son bain ? Ce… ce n’était pas réglementaire. Mais le Très-Haut l’écouterait par les oreilles du Père Thorius, elle le savait, et elle n’avait pas la force de souligner ce point.

Alors, une fois nue, Alecto eut la surprise de se sentir honteuse, bien sûr, et intimidée. Elle était une femme, désormais, loin de l’enfant qu’avait éduqué Thorius. Et ce corps était empli de cicatrices, qui montraient ses fautes, et les châtiments de ses Maîtres en réponse. Elle pensait mériter toutes ces marques, mais c’était autre chose que de les exposer à un homme de Foi. Elle ne pouvait plus rien masquer, plus rien cacher.
Pas même les cicatrices bien plus fraiches à sa cuisse gauche, les marques du cilice, de la cire, puisqu’elle n’osait pas encore user de ses méthodes habituelles en présence du Roi. Elle savait combien il désapprouvait ses pratiques. Mais le Chemin de Rédemption faisait partie d’elle. C’était plus fort qu’elle.

Etrangement, ces cicatrices-là, à sa cuisse, n’étaient pas celles qui lui faisait ressentir de honte vis-à-vis de Thorius. Il savait qu’elle la pratiquait, il l’avait initiée jadis. D’un coup, en y songeant, elle se sentit plus légère. Cette culpabilité là n’avait pas lieu d’être face à lui. Même si ses marques à vie, rouges, boursoufflées, étaient le signe qu’elle avait beaucoup de choses à se faire pardonner par le Seigneur.

Elle entra dans l’eau en passant la jambe par-dessus le bois du baquet, la chaleur agréable se diffusant dans son corps lorsqu’elle s’y asseyait, en soupirant discrètement d’aise. Malgré tout, elle n’en avait pas oublié les derniers mots du Prêtre… Il l’enjoignait à lui racontait son passé loin de lui, et à laver ses péchés. Cela nécessitait de se confesser…

Pinçant les lèvres, l’Epouse du Roi saisit instinctivement le médaillon du Sombrechant qui logeait à la naissance de sa poitrine. Pour lui donner du courage ? Parce qu’il représentait à lui-seul bien des péchés qu’elle avait à avouer tout haut ? Jusqu’alors, elle n’en avait parlé qu’avec Serenos… Le dire à un tiers rendrait tout ceci si concret. Si réel, elle qui vivait une sorte de rêve éveillé.
Et surtout… Son mariage devait rester secret, elle le savait. Alecto se mordit la lèvre, en observant l’onde qui fumait légèrement. Mais Dieu voit tout…

« Mon Père, j’ai péché. J’ai… beaucoup péché. » Sans y réfléchir, elle caressa le relief de sa cuisse. « J’ai besoin de votre Absolution, mon Père. »

C’était évident désormais dans son esprit. Elle avait besoin du Pardon de Thorius, et celui de Dieu. Elle priait à la Chapelle bien sûr, mais ce n’était pas assez. Elle devait être sûre que le Très-Haut l’avait entendue. Elle devait laver son Âme. Relevant ses yeux clairs et suppliants vers lui, au bord des larmes, la jeune femme s’agrippa au baquet.

« J’aime cet Homme, Mon Père. Je ne suis pas une. Une Elue, je… je ne suis qu’une Pécheresse. Je l’aime ! »

Serenos Sombrechant

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 136 dimanche 13 septembre 2020, 09:21:01

Voyant qu'elle prenait place dans la bassine sans rouspéter, le vieux prêtre ne put s'empêcher de s'extasier secrètement de l'apparence de cette demoiselle. Elle qui n'était qu'une menue, frêle gamine, elle avait maintenant tous les atours d'une femme, et dans sa seule présence, le vieux prêtre ne pouvait autrement que sentir la douceur de Dieu, et l'amour qu'il lui accordait. Si Dieu ne l'aimait pas, il ne lui aurait pas donné la garde d'Alecto et Il n'aurait pas uni leurs chemins de nouveau. Il n'y avait aucun doute possible dans son esprit; Alecto était le chemin que Dieu avait créé pour lui. À travers elle, il goûterait aux extases du Paradis, et ce même sur le plan des mortels. Quelle bonté, quel honneur que lui accordait ainsi son Seigneur. Mais évidemment, il ne devait pas s'empresser, parce que les promesses des délices charnels n'étaient pas facilement réclamées; il fallait les gagner, et tel était la dernière étape qui séparait le prêtre de sa récompense pour toutes ces années de bons et loyaux services au Seigneur, son Dieu.

Il prit donc une éponge et la frotta avec du savon, avant de la passer sur le dos couvert de cicatrices de la jeune femme. Un silence s'étant installé entre eux, Thorius dût faire preuve d'un remarquable contrôle de soi pour ne pas laisser percevoir son excitation au travers de sa respiration, forçant une apparente normalité et régularité. Il frottait laborieusement la peau de la jeune femme, laissant derrière ses passages une peau endolorie et bien rouge, comme s'il cherchait à nettoyer le péché, et que le péché, en soi, collait à la peau comme l'herbe aux vêtements. Si elle couinait d'inconfort, il ignorait ses complaintes, parce que comme toute bonne femme de la Foi, Alecto savait pertinemment que la rédemption passait par la douleur, et qu'il était plus aisé d'entrer au paradis et de se départir de ses péchés à ceux qui sacrifiaient leur chair qu'à ceux qui se prétendaient des parangons d'innocence.

Alors qu'il frottait sa peau, elle lui admit alors qu'elle avait commis des péchés. Devant l'admission de ses actes, l'homme ne put s'empêcher d'éclater de rire.

-Mais bien sûr que tu as péché, Alecto. Aucun mortel n'est à l'abri du péché, pas même les plus grands saints n'ont jamais été autre que des pécheurs. C'est à travers leur rédemption et leur persévérance à atteindre la lumière du Très-Haut qu'on reconnaît les vrais héros de Dieu. Bien sûr, les païens sont irrécupérables parce qu'ils sont aveugles à sa splendeur et sourds à sa parole, donc ils ne peuvent pas acquérir le salut divin.

Avec la même rigueur, il frotta les bras de la jeune femme, frottant de nouveau si fort que les bras de la demoiselle passèrent du blanc habituel à un rouge vif, puis il passa à ses jambes. Dans sa poitrine, son vieux cœur commença à accélérer, et pour cause.

-Mais tu sais comme moi que l'absolution du péché vient de la confession, et de la renonciation à ce qui nous mène à la tentation.

Et là, elle lui dit qu'elle avait des sentiments pour un homme. Cet homme. Et considérant le contexte, il comprit qu'il s'agissait du Roi païen. Il dût se contenir de toutes ses forces pour ne pas exploser devant elle et lui montrer l'étendue de sa consternation. Comment une femme, dorlotée et choyée par le Seigneur, pouvait-elle accorder la moindre affection à cette abomination? Un païen, un hérétique et un magicien par-dessus le marché!

-Alecto.

Il prit une lente inspiration, puis il expira lentement, lui adressant un regard contrit comme s'il compatissait à sa situation, même si dans les faits, il n'était contrarié que parce qu'elle semblait sincèrement croire qu'elle était amoureuse de Serenos.

-Tu n'es pas vraiment amoureuse, Alecto. Cet homme n'est pas un homme; il est le diable, il est le péché, il est la tentation qui te perdra. Il t'a jetée un sort, ma pauvre enfant.

Il posa une main sous le sein gauche d'Alecto, à l'endroit de son cœur.

-N'oublie pas les enseignements; la Femme de l'Homme ne doit l'Adoration qu'à Dieu et l'Homme soumis au Divin. Les hommes, les hérétiques, ils sont perfides, manipulateurs. Ils ont le diable en eux.

Il retira sa main de la peau d'Alecto et lui engloba le visage de ses doigts osseux.

-Et si cet homme t'a possédée, je vais devoir te libérer de son emprise, Alecto. Est-ce qu'il s'est emparée de ton corps? Est-ce qu'il a rependu sa semence perfide en toi?

La tradition de l'Ordre Immaculé disait que les fidèles devaient se confesser à leurs supérieurs religieux, et que retenir une information était, sans être un péché, une chose découragée, simplement parce que l'omission était considérée, au même niveau qu'un mensonge, comme une insulte au Très-Haut.

Il ne serait pas surprenant qu'Alecto se remémore des histoires des sœurs, du culte en lui-même. En admettant que Serenos était effectivement le Diable, elle serait effectivement sous son emprise. Et il n'y avait pas beaucoup de moyens pour se libérer de l'emprise d'un tel être dans les écritures. C'était souvent, en fait, un secret qui était conservé par les plus grandes instances de l'église. Peut-être que Serenos était vraiment un diable, une tentation envoyée par le Très-Haut pour tester sa Foi, ou pis encore, Serenos avait peut-être toujours planifié sa perdition? Ne l'avait-il pas séduite? Ne l'avait-il pas, en toute connaissance de sa Foi, prise dans son lit? Ne lui avait-il pas fait l'amour, sachant pertinemment ce qu'elle risquait? Tous ces autres hommes qui lui avaient passé dessus ne pouvaient pas la briser, parce qu'ils n'atteignaient pas son cœur, alors que Serenos, lui, s'en était accaparé.

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 137 lundi 14 septembre 2020, 21:31:42

Aucune protestation, aucun couinement de souffrance, et aucun mouvement ne vint d’Alecto, alors que le Prêtre frottait sa peau avec acharnement et sans douceur, passant sur certaines cicatrices boursoufflées pour toujours douloureuses, grattant son épiderme pour le purifier par le crin et l’eau. Bien évidemment, ce traitement la faisait souffrir, brûlait sa peau, même. Mais l’Ancienne Esclave ne bronchait pas. Elle subissait, acceptant son sort et sa Croix sans jamais émettre un son. Elle savait qu’elle avait à endurer ce châtiment. Et Alecto avait été très, très bien éduquée à ce sujet. Se taire.

Elle ignorait tout des émois qui traversaient l’Homme de Foi lorsqu’il se trouvait si proche d’elle, nue dans son bain, à la frôler tantôt. Pour l’heure, elle était encore bien trop perturbée pour percevoir quoi que ce fut d’autre que la bienveillance d’un patriarche envers une brebis égarée.

Ses mots résonnaient dans son esprit, comme une musique lancinante, qui envahissait ses réflexions. Avouer. Avouer ses péchés. Elle savait qu’il n’était pas permis de mentir au Très-Haut, bien sûr. Mais dans ses tripes, la furieuse volonté de taire ses noces se faisait ressentir de manière impérieuse. Comme s’il était vital pour elle… Ou vital pour Serenos ?

Cependant, ses dilemmes furent coupés dans leur course en rond, lorsqu’elle entendit Thorius prononcer son nom. Relevant ses grands yeux humides d’un bleu si clair vers lui, constatant l’expression de son visage, la jeune femme pinça les lèvres, comme immédiatement coupable d’avoir déçu cet homme qu’elle estimait tant. Et ses pupilles se dilatèrent.

Le Diable ? Serenos ? Le Prêtre devait faire erreur.
« N…. non… » Balbutia-t-elle, incrédule, avant de sursauter lorsqu’elle sentit la main de l’Ecclésiastique sur son corps.

Cette sensation était à la fois honteuse et rassurante.
Mais elle était devenue blanche comme un linge, alors que ses paroles tournaient en boucle dans son esprit, au point qu’elle avait du mal à se concentrer sur son discours. Son Roi n’était pas le diable, il ne lui avait jeté aucun sort, elle en était persuadée. Elle le savait ! Jamais son Epoux ne ferait une chose pareille, elle en était convaincue. Pire, le Monarque lui avait parfaitement expliqué les sensations puissantes lorsqu’un sortilège vous touche, et l’ancienne Esclave était assurée n’avoir ressenti cela que lorsqu’elle lui avait permit de lire dans ses pensées, et cette chaleur à chaque fois qu’il pansait ses blessures par la magie.

Mais c’était une chose délicate à exprimer à Thorius, elle le savait. Sa gorge était étrangement sèche, tout à coup, et il lui semblait qu’elle manquait d’air. Les paumes du Prêtre contre son visage furent salvatrices, et lui permirent de se calmer légèrement. Du moins, de réussir à prendre une grande goulée d’air.

Parler des rapports intimes qu’elle avait avec Serenos était bien la dernière chose dont elle avait envie, pas avec son Mentor. Une boule au ventre lui donnait la nausée, et Alecto se mordit l’intérieur de la joue pour éviter d’ouvrir la bouche.

Les paroles de Thorius étaient un crève-cœur. Jamais elle ne pourrait qualifier son cher Mari de perfide, de diabolique… Il ne s’était pas emparé de son corps par la manipulation, elle s’était offerte à lui. Volontairement ; Et désormais, elle était son épouse… Ils pouvaient faire l’amour sans craindre les foudres divines. Du moins, c’est ce qu’elle pensait…
Le Prêtre attendait sa réponse, elle le savait, elle sentait son regard sur elle, pesant, aussi lourd que l’épée du Jugement. Les mots ne venaient pas, ou plutôt, bien trop semblaient vouloir sortir d’un coup, dans un chaos sans nom.

Frémissante, le visage blafard et le dos voûté, Alecto sentit les larmes couler le long de ses joues et piquer ses yeux.

« Je… je… » Elle agrippa ses mains. « Serenos est un homme bon, Mon Père, loin d’être fourbe ou manipulateur, il est juste et droit. Il administre ses Royaumes avec clairvoyance et fermeté. Son peuple l’aime ! Et il… Il est humble. Il a subi mille épreuves durant lesquelles il aurait pu devenir égoïste et despotique, mais il est un homme altruiste, qui … qui n’hésiterait pas à se sacrifier pour sa famille, ou son peuple ! »

Bien sûr, la petite Domestique ne savait pas que son discours se heurterait à un mur. Elle croyait, naïvement, que Thorius l’écouterait, la croirait sur parole, puisqu’elle était sincère. Elle parlait d’une voix dévote, qui dégoulinait de cette admiration déraisonnable et amoureuse qu’elle vouait au Monarque des Trois Royaumes.

En serrant un peu plus les mains de l’Ecclésiastique, les joignant à son signe de prière, l’Ancienne Esclave redoubla d’éloquence.

« Mon Père, vous m’avez crue. Lorsque tous me disaient seule coupable de mes crimes, et vous avez plaider en ma faveur lorsque la Justice des Hommes a prononcé sa sentence pour moi. Je vous en prie, je vous en supplie ! Croyez-moi encore cette fois. Je vous en conjure ! »

Elle sursauta, comme si une décharge électrique venait de la foudroyer, et Alecto cilla longuement. Une évidence venait de la frapper… Ce n’était pas le sauvetage de son Âme dont elle avait besoin. C’était pour celle de son Epoux. Coûte que coûte. Serenos l’avait sauvée de sa condition, l’avait rendu heureuse.

« Père Thorius. Mon Père. Laissez-lui une chance de vous prouver sa valeur. »
Son manque de franchise, elle qui n’avait aucunement répondu aux questions inquisitrices de l’Homme d’Eglise, était un aveu en soi, mais elle n’y songeait pas, elle ne le pouvait pas. Frénétiquement, comme pour le supplier encore, elle embrassait le dos des mains de son Mentor, en pleurant.

Serenos Sombrechant

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 138 mardi 15 septembre 2020, 06:21:04

- Je… je… Serenos est un homme bon, Mon Père, loin d’être fourbe ou manipulateur, il est juste et droit. Il administre ses Royaumes avec clairvoyance et fermeté. Son peuple l’aime ! Et il… Il est humble. Il a subi mille épreuves durant lesquelles il aurait pu devenir égoïste et despotique, mais il est un homme altruiste, qui … qui n’hésiterait pas à se sacrifier pour sa famille, ou son peuple !
- Mon enfant, tu sais très bien que c'est ainsi que le Diable s'infiltre dans nos vies. Il se montre contre un parangon de vertu. Il est beau, il est fort, et les gens l'admirent. N'oublie pas que ce royaume est peuplé par des hérétiques, ils vénèrent le Diable, qu’ils le veuillent ou non. C'est pour cela que nous sommes protégés; nous choisissons nos dirigeants grâce à la bienveillance de notre Pontife et du Seigneur qui murmure à ses oreilles. Notre Foi nous protège de la déchéance et du vice. Les hommes comme Serenos l'embrassent. Tu as vu les femmes de ce royaume? Elles se montrent à tous les hommes, exposant leurs seins, ne demandant qu'à les condamner à la perdition. Elles s'adonnent aux plaisir de la chair avec des hommes qui ne sont pas leur mari, et avec d'autres femmes.

Visiblement, le prêtre croyait fermement qu'il n'y avait rien à sauver en Meisa. Et nul ne pourrait ébranler sa Foi; il savait qu'il n'y avait aucun autre moyen pour un homme d'en être un de valeur et de vertu que celui de partager la seule vraie Foi.

Dans les faits, selon la pensée même de la Foi, il n'était pas dans le tort. Les Écritures ne laissaient aucune place au doute. Mais il restait préoccupé parce qu'Alecto semblait avoir perdu de sa ferveur; elle qui était une farouche, très farouche amoureuse de sa religion, comme le prouvait sa cuisse meurtrie par des années à porter le cilice et les marques de brûlures témoignant de ses séances de purification et de confession. Il pouvait même dénoter qu'elle pratiquait toujours cela, mais Alecto semblait manquer de… rigueur. Elle était prête à défendre cet homme, parce qu'elle croyait fermement en sa bonté. Cela était pour le moins inquiétant. De plus, elle continuait d'en appeler à sa bonne nature, demander au prêtre d'accorder à cet homme répugnant et ingrat le bénéfice du doute. Elle lui rappela qu'il était l'un de ceux qui avait tenu tête aux autorités pour la protéger de la loi des hommes.

Mais ce n'était pas la même chose. En tant que son confesseur et le prêtre de sa paroisse, il était de son devoir de protéger ses ouailles au meilleur de ses capacités, et de plus… il ne voulait pas que la jeune Alecto soit perdue. Hors de portée. Déjà bien jeune, elle démontrait la dévotion requise pour qu'il puisse la consommer sans répercussion; après tout, quel enfant de chœur, dévoué à Dieu et convaincu de faire son œuvre, oserait divulguer l'amour particulier que lui vouait son protecteur?

-Je vois que tu n'as pas répondu à mes questions, Alecto.

Il laissa doucement aller un soupir, avant de lui prendre le visage de ses mains.

-Ma pauvre enfant. Souiller une élue de notre Seigneur… Cet homme n'en est pas un. Et il n'y a qu'une seule façon pour te purifier. Cela me brise le cœur, ma pauvre Alecto, mais pour ta grande destinée…

Le prêtre prit doucement la jeune femme par le bras.

-N'aie pas peur.

Et il l'emmena dans la salle suivante, sans lui laisser l'opportunité de se rhabiller. De toute façon, elle n'aurait assurément pas besoin de ses vêtements. La chambre, modeste si délabrée, était décorée de nombreux symboles de leur Foi. Il la déposa sur le lit, puis tira de sa robe un épais volume, que la jeune femme pouvait reconnaître comme une copie, très dispendieuse, des Saintes Écritures. Il commença par une prière simple, puis tourna les pages, comme cherchant le passage qui l'intéressait.

Il lut le passage à voix haute. Si une femme aimée de Dieu est contrainte par la force, l'égarement ou sa simple condition de femme d'être connue par un hérétique ou un apostat, et qu'elle accueille en elle la semence du Diable, le prêtre du rituel doit purifier la brebis égarée. L'égarée doit être accueillie, sans se voiler à la vue du Seigneur, dans une pièce consacrée à Notre Père notre Créateur. L'encens doit être brûlée pendant le rituel. Le prêtre s'arrêta de lire quelques moments pour s'approcher d'une armoire et il l'ouvrit. Dedans se trouvait toute sorte d'objets et de plantes, et l'homme en tira de l'encens préparée. Après quelques secondes, il parvint à allumer l'encensoir, qu'il laissa fumer tranquillement derrière lui. Le prêtre doit être un ministre approuvé par le Seigneur et ses ministres terrestres. Comme l'égarée, il doit être dévoilé à la vue du Seigneur. Et le prêtre retira ses propres vêtements, ne gardant sur lui que les symboles religieux dont il était affublé. Certains étaient même horriblement cousu à sa chair. Le corps du ministre n'était pas celui qu'on s'attendrait d'un vieillard; bien que maigre, son corps conservait une certaine force physique, probablement dû à des années de rigueur.

Il lut enfin l'ultime passage.

L'Égarée se doit d'accueillir le Prêtre, car par la semence de son ministre, notre Seigneur luttera le démon qui s'est infiltré en elle. Si elle lutte, le prêtre se doit de s'armer de rigueur et de fermeté, et user de la force si nécessaire.

Ainsi avait parlé leurs prophètes. Le prêtre s'approcha alors d'Alecto et posa une main sur sa tête.

-Je ne veux pas te faire de mal, Alecto. Tu dois comprendre que le péché est en toi, maintenant. Notre Seigneur a le pouvoir de te pardonner et de chasser le péché, mais seulement si tu te conformes à ce rituel. Et je refuse de laisser le péché en toi, mon enfant. Je ne te laisserai pas accepter la damnation pour les beaux yeux d'un hérétique, d'un criminel et d'un ennemi de notre Foi. Je le refuse!

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 139 mardi 15 septembre 2020, 22:57:15

Alecto se sentait désemparée. Elle avait toujours eu une confiance aveugle en Thorius, depuis toute petite, et de manière indéfectible encore, lorsqu’il avait été le seul à la croire, quand tous l’accusaient d’avoir tué un notable. Lui, avait écouté et lui avait fait confiance, avait cru ses aveux, et la version la plus dérangeante de l’histoire, mais pourtant la vérité. Il n’avait pas eu besoin de preuve, pas non plus qu’elle le supplie de lui accorder le bénéfice du doute, non… Il l’avait immédiatement crue. Tous lui avaient tourné le dos, notamment ses Sœurs, et Thorius avait été la seule lueur d’espoir dans un océan de ténèbres.

Elle était promise à l’échafaud, et grâce à son intervention, à sa prestance et son influence, à celle de l’Ordre, la jeune fille n’avait été qu’Esclave. Une vie de pénitence et de labeur, une vie privée de toute liberté, toutes sauf sa Foi. Son Mentor le savait. Mais cette fois… Il ne la croyait pas.

Quelque chose en elle se brisa, se sentant à nouveau terriblement seule, contre l’Ordre. Pourtant, elle n’avait pas renié ni sa ferveur ni sa loyauté au Seigneur, elle le priait, elle espérait même ranimer le Culte parmi les humbles de Meisa. Par sa présence, par l’affection que lui accordait le Roi, Alecto avait songé qu’il pourrait, peut-être, exister un moyen d’adoucir les relations entre l’Ordre Immaculé et le Royaume.

Alors que tout son être hurlait, à l’intérieur, que le Prêtre avait tort, qu’elle n’était pas ensorcelée, et que Serenos n’était en rien le Diable, un déclic salvateur se fit, plutôt une sorte de verrou. Celui qui la sauvait toujours. Quelque chose lui dicta de ne plus contester, de ne pas chercher à convaincre son Mentor, pour qui elle avait tant d’admiration… L’Acceptation. La Résignation. La Soumission.
Elle voyait dans son regard un sentiment qui la détruisait. Elle aurait beau faire preuve d’arguments infaillibles, jamais Thorius ne la croirait. Elle n’avait pas ce pouvoir. Elle ne réussirait plus à le convaincre.

Les yeux clairs de l’Esclave, rougis par les sanglots, se firent plus mornes, laissant échapper ce qui restait de chaleur, en même temps qu’elle se résignait. Lentement, docile, Alecto baissa les yeux, comme d’anciens réflexes qui revenaient si naturellement en elle. Comme s’ils faisaient partie d’elle. La tête basse, presque rentrée dans ses épaules, elle avait suivi le Prêtre sans rechigner une seule seconde.

Elle comprit dès les premières lignes qu’il lut à haute voix. Elle connaissait les Saintes Ecritures, bien qu’elle ne se soit jamais attardée sur ce passage.

L’encens commença à lui piquer la gorge, déjà légèrement sèche malgré ses larmes, et elle n’osa aucunement relever le regard lorsqu’elle entendit la bure tomber au sol, et devinait devant elle la silhouette nue de l’Homme d’Eglise. Elle était glacée, pétrifiée, et se sentait incapable de bouger… Elle savait ce qui l’attendait. Elle n’en avait bien sûr pas envie, et fut tentée, sans savoir comment ni pourquoi, de serrer son pendentif et de prier, non pas le Très-Haut, mais son Epoux, l’appelant à l’aide… Mais elle n’en fit rien. Elle s’y refusa, même.

Si, par un moyen magique, Serenos parvenait à saisir que son épouse était dans une situation délicate, elle le savait assez noble pour voler à son secours. Or, Alecto refusait de le mettre en danger. Elle préférait se sacrifier, s’il le fallait. Après tout, les Ecritures vantaient le Martyr.

Alors, assise sur le lit et contrite, les yeux fixement ancrés vers ses pieds, la jeune femme sursauta lorsqu’elle sentit la main de l’Ecclésiastique sur sa tête. Elle se sentait fiévreuse. Elle avait chaud, maintenant, mais était glacée à l’intérieur.

Elle avait tant péché…
Thorius cherchait à sauver son Âme. Agirait-elle ainsi, si elle était convaincue qu’une personne qu’elle chérie d’un amour si maternel, songeait-elle, était possédé et délirait ? Ne chercherait-elle pas à le libéré de l’emprise du Malin ? Coûte que coûte ? Même contre son gré ?

Alecto avala sa salive, en frémissant.

« Il ne sera pas nécessaire d’user de la force, Mon Père. » Souligna la jeune femme, d’une voix chevrotante et maussade.

« Je suivrai les Écritures et accueillerai le Ministre que vous êtes, Monseigneur. » Affirma-t-elle encore, comme s’il était nécessaire d’assurer Thorius de son obéissance totale. Mais son corps ne bougeait pas, comme figé.

Quelque chose hurlait en elle, et, délicatement mais avec fermeté, elle fit taire cette voix interne.

Serenos Sombrechant

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 140 mercredi 16 septembre 2020, 07:13:14

Thorius ne voyait assurément pas le mal qu'il causait à la jeune femme. Certes, il acceptait la possibilité qu'elle eut été bien traitée par le Roi, après tout, le Diable savait séduire. Comme leur Seigneur, le Diable n'avait pas qu'un seul visage. Il était un Roi dans une contrée, il était un chevalier dans une autre, il pouvait aussi bien être un petit pêcheur qu'un soldat dans une contrée en paix. Le Diable était partout, il incarnait ce que les missionnaires et les fervents croyants devaient lutter; l'hérésie, l'incroyance, le blasphème et surtout la magie. Cela ne voulait pas dire que le Diable était nécessairement un être violent, quoiqu'il puisse bien l'être. C'est pour cela qu'il ne fallait jamais croire en le bien absolu chez une personne, parce que le seul bien absolu était dans le cœur des croyants. Si Serenos aurait été un Roi et un membre de leur Foi, il aurait été forcé d'accepter que la jeune femme était hors de sa portée, mais le destin, Dieu, lui avait donné le droit, le privilège, de pouvoir sauver l'âme d'Alecto.

Comme parce qu'il lisait ses pensées, le prêtre s'approcha et essuya délicatement les larmes qui coulaient sur les joues d'Alecto, et posa un baiser sur son front.

-Je sais que tu crois sincèrement en la bienveillance de ce Roi, ma petite Alecto. Mais tu sais que, peu importe à quel point il est bon et doux, il n'a pas accepté le Créateur comme son souverain éternel. Tôt ou tard, il aurait ébranlé ta Foi, Alecto, parce que c'est ce que les païens font. Ils nous tentent, avec leur mode de vie. Ils nous persuadent qu'au final, il n'y a aucune conséquence à nos transgressions.

La Foi. C'était tellement difficile de s'y tenir. Une vie entière à lutter pour rester dans le droit chemin, à se battre contre la pensée, discrète mais constante, que peut-être, il n'y avait pas de souverain céleste qui nous attendaient. Peut-être même que les Païens, les adorateurs des Dieux de l'Olympe, sont sur la bonne route. Ces dieux-là, disaient-ils, se manifestaient chez les hommes, leur accordaient leurs miracles directement. Mais un souverain, un vrai souverain, ne se mêlerait pas ainsi de la vie de ses sujets. C'est pour cela que leur Seigneur était si puissant; il n'avait pas besoin d'apparaître pour que ses ouailles croient en lui; c'est l'essence même de la Foi. Autant ils croyaient en leur Dieu, leur Dieu croyait en eux, et donc ne s'abaissait pas à leur porter secours dans tous leurs petits malheurs. À travers leur Foi, tout simplement, ils devaient trouver la force de surmonter les épreuves que la vie leur réservait. Ce n'était pas la faute de Dieu s'il y avait un meurtre, un massacre ou même un génocide; c'était la faute des païens, des faux-croyants, parce qu'aucun être de Foi ne s'adonnerait à de telles atrocités, et pour s'assurer que le nombre de meurtriers, violeurs et tout autre genre de criminel s'amenuisent, ils devaient les éradiquer, par la force des armes ou par celle de la conversion.

Les mains de Thorius s'aventurèrent sur le cou de la jeune femme, sa nuque, ses épaules, venant bien vite caresser sa poitrine. Il se mit alors à marmonner des prières, comme pour la bénir et chasser le péché qu'il trouvait sur sa peau. Mais peut-être, seulement peut-être, priait-il pour lui-même, pour se protéger du regard de la jeune femme. Il se prépara alors au reste du 'rituel' pour se rendre compte qu'il n'était pas… 'prêt à l'action'. Entre ses jambes, son attribut viril pendouillait misérablement, lui qui était pourtant bien érigé quelques minutes plus tôt. Quelque chose ne lui sied pas. Peut-être était-ce parce que dans tous ses fantasmes, elle se débattait sous ses mains? Peut-être était-ce parce qu'il avait l'habitude d'être repoussé? Non. C'était beaucoup plus simple que cela.

-Tu vois, ma chère Alecto? Ce magicien ne veut pas que tu sois sauvé. J'ai pratiqué ce rituel sans aucun problème plusieurs fois par le passé.

Une idée lui vint alors.

-Peut-être que ton toucher pourrait… Après tout, tu es tout de même une Élue… et puis, tu dois bien savoir comment faire…

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 141 mercredi 16 septembre 2020, 09:47:32

Ignorant tout des émois et réflexions du Prêtre, Alecto s’était renfermé au point d’avoir du mal à entendre convenablement les paroles de son Mentor. Cette capacité avait ainsi put lui sauver la vie à de nombreuses reprises, lorsque ses Maîtres abusaient d’elle… Ne pas se rebeller, subir sans broncher, cela sauvait les Esclaves, car les plus récalcitrants étaient battues, elle avait assisté à nombre de coups. Enfin… même en étant obéissante, l’on se faisait punir… ses nombreuses cicatrices l’attestaient.

La caresse de Thorius sur son visage la fit trembler, mais elle se sentait étrangement apaisée qu’il s’agisse de lui… Que se serait-il passé si sa Purification avait dû être effectuée par un inconnu ? Thorius était son Précepteur, presque la seule représentation d’un père, pour elle. Elle songeait qu’il devait détester autant qu’elle ce qui arrivait, loin de s’imaginer combien il avait rêvé de son corps et de le posséder. Et loin d’imaginer qu’il désirait la voir se débattre…

Mais Alecto ne ressentait aucun désir pour cet homme, alors que ses mains descendaient sur son cou et ses épaules, et que cette sensation la dérangeait de plus en plus, croyant qu’il se sacrifiait lui aussi pour la sauver, et sursautant lorsque les doigts noueux du Prêtre s’aventurèrent sur sa poitrine. Elle interpréta ses prières pour un encouragement, pour lui-même, à continuer le Rituel malgré le fait qu’il n’en avait pas envie. Après tout, elle savait qu’il avait fait vœux de Chasteté, et qu’il devrait le renier pour elle, pour la libérer de l’emprise, pensait-il, du Diable.
L’Esclave était persuadée que Serenos n’était pas cette créature manipulatrice et tentatrice… Mais… N’avait-elle pas été tentée par son corps ? Dès leur rencontre, elle avait osé l’observer au-delà de ce qu’il était permis, elle l’avait trouvé petit à petit très attirant, c’était émue de ses gestes, et sa gentillesse. Elle… l’avait désiré. Avec horreur, elle se rendit compte que songer à son Roi alors que des mains la caressaient la faisait frémir.

Fort heureusement, Thorius brisa la psalmodie de ses prières pour constater le manque de désir de son corps, et Alecto ne put s’empêcher de lever les yeux, tombant droit sur le membre du Prêtre, la faisant rougir. Cela confirma encore ce qu’elle pensait… Son Mentor se sacrifiait pour elle...
Doucement, elle acquiesça et avala difficilement sa salive. Il faudrait qu’elle l’aide à la sauver. Et il avait raison là-dessus, durant ces longues années d’esclavage, la jeune fille avait bénéficier d’expérience lorsqu’il fallait satisfaire ses Maîtres. Elle savait mettre de côté son dégoût, même, pour effectuer sa besogne.

Le regard toujours posé sur le sexe de son Mentor, elle leva les mains jusqu’à lui, et ses paumes glissèrent alors sur sa peau, le haut de ses cuisses, l’aine, le bas du ventre. Durant plusieurs minutes, impassible, Alecto évita savamment ce membre qu’elle devait rendre vigoureux. Etrangement, ses mouvements étaient tremblants certes, mais non dénués d’efficacité. Elle avait agi ainsi à de nombreuses reprises par le passé.

Enfin, après avoir laissé la frustration monter, docile, la jeune femme effleura la peau sensible de son entre-jambe, lentement, d’abord, et au moment où ses caresses devinrent plus fermes, l’Esclave releva les yeux vers le visage de son Professeur, comme on le lui avait appris. Beaucoup de ses Maîtres devenaient fou de désirs dès qu’elle les regardait ainsi, pendant qu’elle s’occupait d’eux. Mais elle savait quelle était la prochaine étape, et cela la rebutait. Elle prit une inspiration plus profonde, qu’elle espérait discrète, et approcha son visage de ses mains.

Elle était allée à bonne école… Pour qu’il soit en pleine forme, souvent, ses mains ne suffisaient pas. Peut-être parce qu’elle était trop gauche, ou mollassonne ? Quelle qu’en soit la raison, Alecto avait apprit qu’elle devait accompagner ses caresses de sa bouche. Alors, lentement, elle entrouvrit les lèvres, et sa langue vint le lécher timidement, le visage blanc, s’appliquant à continuer à glisser ses paumes avec plus de vigueur.

Serenos Sombrechant

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 142 mercredi 16 septembre 2020, 10:34:02

Si Thorius avait été un homme moins intelligent, ce que malgré son endoctrinement profond et tordu il n'était assurément pas, il aurait pu être surpris du manque d'énergie que démontrait Alecto dans son devoir de servante du dieu unique. Il voyait bien qu'elle ne prenait aucun plaisir à ce qui se déroulait, et si cela ne le réjouissait pas de la voir aussi récalcitrante, il ne pouvait qu'admettre que sa soumission à leur mère l'église était tout à fait louable. Elle ne posait pas de question, elle ne commentait pas, elle acceptait son lot avec un abandon complet. Elle était peut-être terrifiée, blessée, mais comme toute bonne endoctrinée, elle n'oserait jamais aller à l'encontre des consignes d'un ministre de son dieu.

En dehors de sa propre satisfaction et de son plaisir de voir sa jeune élève se soumettre à lui, Thorius voyait également que le démon qui l'avait possédée n'avait pas une aussi grande emprise qu'il ne l'avait cru. Si elle avait été complètement dominée par le Roi de Meisa, elle se serait refusée à ce rituel. Elle aurait hurlé, elle aurait lutté, mais sa dévotion envers le seul et unique souverain des cieux était si parfaite que même dans son égarement, elle reconnaissait la nécessité de cette pratique. En quelque sorte, le Prêtre était un peu déçu de l'inefficacité du Roi à mener la jeune femme sur le chemin de la perdition, car cela ruinait complètement son désir d'être un rédempteur, et d'user de ce rituel, de son corps, pour que par l'amour du Seigneur il ramène Alecto sur le droit chemin. De plus, il aurait peut-être dû prévoir que les années de supplice que son élève avait dû encaisser avait assurément laissé en elle des dégâts qu'il n'avait pas correctement apprécié à leur juste valeur. Pour une esclave, ce qu'il faisait, après tout, n'était rien de bien exceptionnel. Et de plus, il le faisait pour elle.

Il le voyait cependant en elle. Il voyait cette résistance qu'elle tentait de cacher. Elle ne le faisait pas pour elle-même. Elle se soumettait parce que c'était ce qu'elle devait faire, et en soi, cela était encore pire, bien pire, que ce qu'il avait imaginé. Lutter physiquement signifiait qu'il pouvait la soumettre et faire qu'elle soit en son pouvoir, mais sa seule rébellion était son impassibilité. Elle ne craignait pas sa virilité, et elle n'en était pas plus émue. Au bas mot, elle donnait simplement l'impression qu'elle n'en avait rien à faire. L'acte en lui-même ne l'intimidait plus, surtout lorsqu'elle ne le désirait pas elle-même. Certes, elle tremblait, mais probablement parce qu'elle était répugnée par ce qu'elle devait faire.

Après quelques minutes d'attention, le sexe du prêtre commenca à prendre de la vigueur, et il décida qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. Il reprit sa prière et, sans lui laisser l'opportunité de s'en sauver, Thorius inséra le gland de son membre dans la bouche de la jeune femme et commença le rituel par la 'purification' de cette bouche pulpeuse. Et ce n'était en rien une expérience agréable pour la jeune femme, car il s'enfonçait sans la moindre douceur dans sa bouche et sa gorge, lui tirant la tête par les cheveux jusqu'à ce que son membre ait complètement pénétré sa gorge. Elle ne pouvait même pas appeler à l'aide, parce que malgré son âge avancé, dans les environs de la cinquantaine avancée, le prêtre restait étonnamment fort. Si elle luttait, cela ne faisait qu'encourager l'homme, qui continua son rituel avec une force presque brutale, psalmodiant les prières rituelles comme si le fait de réciter les écritures sacrées suffisait à justifier son geste.

Pour Alecto, cela n'était pas nécessairement une surprise. Aucun rituel n'était fait pour être agréable. La plupart des rituels de 'purification' était même tout simplement des copies barbares de pratiques religieuses, créés pour punir le pécheur et le péché. C'était la même école de pensée qui justifiait l'existence de pratiques mutilatrices, du fouet et du cilice, car à travers le sacrifice de la chair, à travers le malheur que le croyant s'inflige, cela renforçait le sentiment que sa rédemption était sincère, alors que, dans les faits, un dieu, qu'il soit unique ou non, possédait normalement suffisamment de contrôle sur le monde de la pensée pour savoir si, oui ou non, un croyant était sincèrement désolé ou non, ils n'avaient pas besoin de ces pratiques sauvages. Même qu'il ne fut jamais écrit, dans aucun livre, que la douleur était absolument nécessaire pour acquérir le pardon divin. Ce sont les membres de l'Ordre Immaculés qui prêtaient à leur Seigneur une soif de sang.

Thorius repoussa bien vite la pauvre Alecto contre le lit et la força sur le ventre, lui tirant le bassin pour la forcer à relever les fesses. Lui écrasant la tête contre la paillasse, il continua ses prières alors qu'il s'enfonçait dans son intimité et commença à la pénétrer sans la moindre écoute pour ses protestations, suppliques ou autre. Son membre continuait de coulisser en elle, heurtant douloureusement le col de son utérus.

-Tu dois demander ton pardon, Alecto… mmh… Prie avec moi pour ton salut…!

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 143 mercredi 16 septembre 2020, 11:07:10

Si Alecto avait réussi à se résigner alors qu’elle ne faisait que caresser le membre de son Mentor, le lécher la rendait bien plus active, et à mesure qu’elle le sentait, sous la langue, réagir et durcir, elle commençait peu à peu à s’inquiéter des étapes suivantes. Si elle avait bien compris les Ecritures, celles-ci n’étaient évidemment pas détaillées sur les pratiques dont pouvaient user les Ministres divins. Peut-être suffirait-il que Thorius jouisse dans sa gorge ? Elle estimait que ce serait rapide et un moindre mal pour eux deux mais…

Une seconde, elle eut un flash de réminiscence, cette posture lui rappela ses ébats avec son Epoux, et elle sursauta de surprise en ressentant des frissons entre ses cuisses. Mais ce fut fugace, car un hoquet choqué fut brisé par ce sexe qui pénétra sa bouche, sans aucune bienveillance. Elle écarquilla de grands yeux, peinant à respirer sous la surprise, et cherchant de l’air.
Thorius avait repris ses prières lancinantes, qui faisaient vibrer l’atmosphère autour d’eux, et les lourds mouvements de coulisse jusque dans sa gorge, brutaux, lui faisaient perdre l’équilibre. Alecto s’étonnait que son Mentor ait autant de force, et à cet instant, elle prit peur de la suite.

Son cuir chevelu la brûlait horriblement, alors qu’il lui tirait les cheveux pour s’enfoncer toujours plus sèchement dans sa bouche, écartant ses lèvres avec une facilité déconcertantes, alors qu’elle avait un réflexe idiot de resserrer la mâchoire. Elle frissonna en songeant que son ancien Professeur paraissait bien moins se sacrifier.

Elle releva ses yeux humides vers son visage pour chercher à lire son expression mais, à son grand désarroi, elle fut repoussée sans ménagement contre le lit, la joue écrasée contre la surface et elle sentit les mains du Prêtre remonter son bassin. La panique la gagna, même si elle savait qu’elle devait obéir. Alecto n’avait pas l’intention de s’y soustraire, ou de contester, mais son corps se convulsait légèrement, comme s’il était indépendant de son esprit résigné.

Sa gorge lui faisait encore mal. Elle n’en savait rien, mais sa légère résistance devait plaire au Prêtre… Il s’enfonça en elle, lui arrachant un cri aigu. La jeune femme n’éprouvait aucun désir pour la situation, et son manque d’excitation rendait chaque mouvement de ce membre dur en elle des plus désagréable. L’Esclave serra les dents et agrippa le drap pour subir son sort sans pleurer, s’échinant à garder les fesses hautes pour assurer à son Mentor une meilleure prise pour la Libérer.

Elle souffrait, Thorius n’était ni doux, ni tendre, il la prenait avec force, ses mains étonnement puissantes la retenant au sol. A sa place. A sa place, songea-t-elle. Le Rituel opérait peut-être ? Elle commençait à se dire qu’elle n’aurait jamais dû rêver de s’élever plus haut que ce traitement abject. N’avait-elle pas fait preuve de vanité ou d’orgueil, en se sentant digne d’être une Reine ? N’avait-elle pas renié totalement les valeurs Cléricales lorsqu’elle avait fait l’amour, tant de fois, et ressentit autant de plaisir avec Serenos ? Elle n’avait pas fait que subir ses assauts non… Parfois, elle les avait provoqués. Parfois, elle avait exprimé son désir profond pour cet homme. Elle l’avait aguiché, elle l’avait tenté !

A chaque coup de reins brutal, Alecto se rendait compte d’un nouveau péché, et de son immoralité. Le châtiment du Prêtre opérait à merveille…

« Je suis une pécheresse ! J’ai péché ! Oh oui, j’ai péché ! »

Se mit-elle à murmurer, de plus en plus fort, encouragée par les prières, l’encens qui lui tournait la tête, et le choc de ce sexe qui écartait ses chairs avec violence.

« Je vous en prie Monseigneur, je vous en prie, accordez-moi votre Pardon. Je demande votre Miséricorde et la Rédemption, je vous en prie, je vous en prie. »

Elle était au bord du hurlement, la voix cassée, désormais, les larmes coulant sur la paillasse qui lui râpait la joue. Alecto sentait ses entrailles en feu la faire souffrir encore et encore plus, fermant les paupières soudain avec force, tant cela devenait insupportable, et entamant de longues prières entêtantes.

Serenos Sombrechant

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 144 mercredi 16 septembre 2020, 11:51:50

Alors que Thorius besognait la jeune Alecto comme une vulgaire catin, en réponse à l'angoisse grandissante de la jeune femme, le médaillon du Roi de Meisa, plus exactement les yeux de l'effigie du Sombrechant, se mit à briller légèrement.

Les coups de reins de Thorius continuèrent pendant de longues minutes qui devaient sembler durer une éternité à la jeune femme, et peut-être était-ce en raison de son âge ou simplement parce qu'il avait des problèmes érectiles, mais il fut forcé, en raison de l'absence d'un orgasme, de reprendre les prières du début pour accompagner la prolongation de ces ébats. Il s'y adonnait de plus en plus férocement, tentant d'atteindre un orgasme et de purifier sa pauvre soumise, mais rien ne lui venait, et bientôt, il s'arrêta, remarquant que l'encens ne brûlait plus. D'ailleurs, il avait peut-être dû fermer les yeux, mais même le feu de l'âtre ne semblait plus propager la moindre lumière, et pourtant il était toujours allumé. Il pouvait encore discerner son environnement, mais il n'y voyait presque rien

Une ombre passa devant lui, et il fut arraché à ses ébats, tombant lourdement sur le sol. Le bois craqua sous son poids et il renversa accidentellement un vase décoratif, le brisant sous son poids, avec certains morceaux qui s'enfoncèrent dans la peau nue de sa paume. Endolori, sonné, il se releva lentement, titubant. Son regard balaya les ténèbres, cherchant son agresseur, mais il ne pouvait rien y voir. Sa main agrippa nerveusement le tisonnier, qu'il savait près de la cheminée, et il le brandit comme une arme. Cette fois, l'ombre revint à la charge et l'homme fut heurté brutalement au visage. Il agita avec panique le tisonnier dans les airs, et il sentit soudainement une résistance. C'est alors que ses yeux perçus le regard incandescent, irradiant de lumière et de rage, de l'homme qu'il ne s'attendait pas à voir dans une pièce consacrée au Seigneur.

Le Roi Serenos de Meisa.

La pointe du tisonnier dans sa main droite, le monarque le lui arracha des mains d'un geste brusque et lui flanqua un coup de la poignée en plein visage, envoyant le prêtre nu s'affalé sur le sol. Le prêtre gémit de souffrance en se tenant la bouche alors que le sang lui coulait entre les doigts; il devait avoir quelques dents de brisées. Le souverain ne sembla pas lui porter plus d'attention pour le moment et regarda Alecto, prostrée ainsi pour un autre homme. Tout cela pour une religion. Il regarda les symboles autour de lui, tous utilisés pour extirper les mauvais esprits. Il s'approcha de sa femme, puis il la couvrit de sa cape, la posant sur ses épaules. Il la regarda dans les yeux, un moment, puis il lui mit une claque sur la joue. Pas assez fort pour lui faire mal, mais assez pour lui faire comprendre son mécontentement.

-Tu aurais dû crier, lui dit-il, avant de la prendre dans ses bras. Si tu avais crié, je t'aurais entendue. Je serais venu…
-Relâche-la, démon! Tu n'as pas d'emprise sur elle!

Il regarda le mur derrière sa femme, alors que sa colère, à peine contenue, grimpait d'un cran encore. Il posa un baiser sur la tempe de sa femme, ainsi que sur la joue qu'il avait giflé, avant de se tourner vers le prêtre, qui tenait devant lui un rosaire. Ce petit objet aurait pu avoir une certaine efficacité sur de vrais démons, ou des esprits maléfiques, mais entre les mains d'un homme tel que Thorius, ses effets n'auraient été rien comparativement à un homme doté d'un cœur pur et d'un esprit saint.

-Je ne suis pas un démon.

Serenos s'approcha du prêtre, l'œil brillant encore davantage tant il tentait de contrôler l'orage d'émotions qu'il ressentait à cet instant, aucune ne laissant présager quoi que ce soit de bon pour le prêtre.

-Je suis un homme. Je suis un amant. Je suis un mari. Et vous avez usé de la Foi de mon aimée pour satisfaire vos propres désirs.

La main du Roi écarta brutalement le rosaire et le bras tendu du prêtre, avant d'agripper celui-ci par la gorge.

-Pour votre crime, je demande réparation. Je vous prive de votre langue, qu'elle ne manipule plus jamais la parole divine pour vos desseins.

D'un geste brusque, la main du Roi enfonça deux doigts dans la bouche du prêtre, alors qu'il se débattait pour trouver de l'air. Les doigts s'enfonçèrent jusque dans la gorge, à la base de la langue, et d'un geste, il enfonca ses ongles dans le muscle et tira d'un coup sec, arrachant l'organe qui tomba sur le sol. Thorius hurla de douleur et, alors que le Roi le relâchait, tomba au sol en se tenant la bouche, crachant le sang qui lui remplissait la gorge. Le Roi le poussa alors du pied, et pressa son genou contre la poitrine de Thorius.

-Et je vous prive de votre virilité, qu'elle ne serve plus à blesser quiconque.

Et sans la moindre hésitation, malgré les grognements de protestation de sa victime, le Roi empoigna l'arme sexuelle du prêtre, incluant les bourses, et tira dessus. Le prêtre hurla à plein poumons, crachant du sang sur son propre visage, paniquant et se débattant, jusqu'à ce que dans un 'shlop', ses parties génitales lui furent brutalement arrachées. Le Roi les jeta dans les flammes, sans la moindre pitié, et se releva, chassant de sa main le sang qui y coulait d'un geste de la main.

Il se tourna alors vers Alecto, et la prit dans ses bras, avant de lui murmurer à l'oreille.

-Rentrons chez nous.

Il posa son front contre le sien, l'emmenant vers la sortie, avec la ferme intention, dans son cœur, de braver les forces ecclésiastiques et l'Armée Sainte au complet si quiconque tentait de lui reprendre sa femme.

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 145 mercredi 16 septembre 2020, 14:37:00

Tout comme le Rituel lui semblait durer une éternité, à mesure qu’elle s’habituait de la pire des façons à la douleur régulière, serrant les draps de ses petits poings aux jointures endolories, les événements qui suivirent lui parurent soudains, et d’une rapidité folle. Alecto ne comprit pas exactement ce qui lui arrivait, et ne voyait pas bien ce qui ressemblait à un affrontement. Une seconde, elle crut deviner la silhouette de son Epoux, mais elle avait dû rêver…

Cependant, les coups suivirent, Thorius chercha à se défendre, en vain. Elle avait mal aux reins et put difficilement se retourner pour tenter de percevoir quoi que ce soit. Alors, elle le vit. Son cœur morne accéléra d’un coup, et elle ressentit confusément de trop grandes émotions mêlées. D’abord, bien sûr, le soulagement. Mais immédiatement suivi de la terreur, et la culpabilité. L’immense et implacable effroi de constater que Serenos était ici, qu’il avait attaqué un Prêtre de l’Ordre, et qu’il l’avait vue ainsi. Sa gorge sèche tenta bien de parler, mais elle s’en trouva incapable.

Lorsqu’il s’approcha d’elle, une seconde, elle fut rassurée par le réconfort de sa mante sur ses épaules, mais la gifle sur sa joue la fit hoqueter, venant plaquer sa paume sur la peau endolorie, choquée. La bouche grande ouverte, elle écouta son reproche, contradictoire avec l’étreinte. Aurait-elle dû crier ? Était-ce de sa faute ?  Elle venait de subir un acte barbare, qu’elle avait certes accepté sans rechigner… Mais ne pas appeler au secours la rendait-elle coupable ?

Mais le Prêtre semblait ne pas permettre que Serenos reprenne son Epouse, et malgré les coups qu’il avait pris, n’avait pas dit son dernier mot. Cette scène la choqua de manière durable. Pourrait-elle encore fermer les yeux sans revoir la main de son Roi s’enfonçant dans la gorge de son Mentor, pour lui arracher la langue ? Elle ne put supporter ce spectacle plus longtemps, et détourna les yeux, un haut-le-cœur la soulevant.

Serenos venait d’émasculer et de mutiler un homme à mains nues. Il venait de blesser sans sourciller un Ecclésiastique de l’Ordre. De ses propres mains. Alecto se rendit compte à quel point elle avait ignoré la force de son mari, son pouvoir et sa puissance. L’Esclave se cachait le visage dans les mains, et bouchait ses oreilles, pour éviter t’entendre les couinements rauques de son Professeur, en larmes. Le bruit de ces deux mutilations résonnait encore à ses oreilles, elle était terrorisée. Comment son Roi pouvait-il était aussi bestial, elle qui l’avait connu si doux et attentionné ?

La tête lui tournant, elle craignait de vomir, ou de s’évanouir tant elle se sentait mal, et lorsqu’elle fut soulevée par son Monarque, la jeune femme paraissait sur le point de tourner de l’œil. La tête lui tournait, et son visage livide était marqué des sillons de ses sanglots. Hagarde comme après une profonde déflagration près d’elle, un bruit sourd avait envahi son cerveau, et elle tourna des yeux horrifiés vers la silhouette maculée de sang de Thorius, pendant que Serenos la portait pour quitter les lieux.

Elle avait provoqué cela.
Elle était responsable de tout cela.

Murée dans un silence tremblant, Alecto n’osa pas croiser le regard de son époux. Elle ne réfléchissait même pas encore aux graves conséquences politiques de cet événement pour les Royaumes, pour son Roi, ou pour elle-même. Elle avait en tête le déchirement de la chair et l’odeur âcre du sang. La Jeune femme aurait dû parler, remercier son Mari, qui avait volé à son secours… Elle aurait dû lui avouer ce qui s’était passé dans le détail.

« Je… »

Mais quelque chose l’en empêchait.
Le regard fou de rage de Serenos lui restait en mémoire, les actes barbares qu’il avait commis. Pour elle, certes. Et le Rituel… Elle n’était pas purifiée. Elle n’était pas Pardonnée.

Sur la route jusqu’au Palais de Meisa, Alecto ne cessa de trembler, sursautant à chaque mouvement de son porteur. La giflerait-il encore ? Allait-il la punir d’avoir accepté le Rituel ?
Avec peine, et douleur, elle chuchota alors, d’une voix éraillée et peureuse.

« V… Vous… » Elle se reprit, comme si le vouvoiement était naturel lorsqu’elle était intimidée. « Tu avais dit… que tu n’exercerais aucune… vengeance… sur ceux qui m’ont. Maltraitée. »

Serenos Sombrechant

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 146 jeudi 17 septembre 2020, 10:53:16

-V… Vous… tu avais dit… que tu n’exercerais aucune… vengeance… sur ceux qui m’ont… maltraitée.
-Et je tiens toujours parole.

Une fois loin de l'enclave, Serenos posa un regard sur sa femme.

-Je t'ai promis de ne pas chercher vengeance sur tes anciens maîtres, et je ne les rechercherai pas, mais personne, en Meisa, n'a le droit de faire ce que le prêtre t'a fait. Personne n'a le droit de blesser autrui. D'ailleurs…

Le Roi leva son poing et s'asséna un violent coup sur la pommette droite. Il grogna sous l'impact et secoua la tête vivement. Normalement, un humain ne s'infligerait pas lui-même une douleur suffisamment élevée, mais grâce à son contrôle phénoménale sur son corps et esprit, le Roi pouvait s'infliger des tourments conséquents même sans l'assistance d'autrui.

-Cela vaut aussi pour moi.

Inutile de dire que dans ce cas, le Roi devrait se soumettre à une punition pour ce qu'il a fait au prêtre, puisque, de toute évidence, il l'avait effectivement blessé. Cependant, Serenos avait agi non seulement en tant que mari et protecteur d'Alecto, mais également en tant que juge et exécuteur, car en tant que Roi, il pouvait se permettre d'agir ainsi. Il ne pouvait pas comprendre ce que la jeune femme pouvait bien ressentir, mais il ne pouvait pas simplement accepter que quelqu'un utilise sa Foi contre elle. Ce n'était pas acceptable, ce n'était pas juste. Et même s'il devait être haï pour cela, il était prêt à l'accepter.

Après quelques minutes de marche, le Roi s'arrêta, regardant la femme qu'il avait épousée. Plutôt que de continuer vers le palais, il l'emmena dans une autre partie de la ville. Le décor changeait graduellement. Là où les décorations de la ville s'inspiraient des couleurs nationales, l'argent et le noir, de nombreuses maisons décoraient leur façade avec des couleurs plus chaudes, plus sensuelles, telles que le rouge et le pourpre. Le Roi se posa avec elle près d'une fontaine où de nombreuses autres jeunes femmes se nettoyaient.

-Il y a une raison pour laquelle je n'adhère pas à ta foi, Alecto. C'est une chose que tu ne pourras jamais changer chez moi.

Il leva une main et montra les environs. Des femmes riant en s'échangeant des potins, des hommes gaillards et énergiques qui tentaient de les séduire, quelques-uns ayant un quelque succès, d'autres s'esclaffant de leur propre manque de succès. Des enfants courraient dans les rues, sans le moindre souci, ne voyant ni vice ni cruauté. À quelques pas d'eux, un jeune père essayait de changer les langes sales de son poupon sous le regard découragé de son épouse. Autour d'eux, il n'y avait pas cette crainte de faire quelque chose de mal, parce que la vie surpassait la Foi.

Le Roi leva une main et la cape qui couvrait sa femme changea d'apparence, devenant une robe. Les couleurs restaient les mêmes, la fourrure également, mais il n'avait pas besoin de la tenir en place et elle ne risquait pas de se découvrir par accident. Le Roi regarda sa femme dans les yeux, et s'éloigna un peu d'elle.

-Je vais te raconter une histoire, et cette histoire, tu es libre d'y croire ou non. Si tu choisis d'avoir confiance en moi, alors, je te présenterai les preuves de ce que j'avance. Si tu n'y crois pas, alors… Eh bien, tu es assez grande pour prendre tes propres décisions, même si tu n'y es pas habituée.

Et le Roi parla.

Il y avait peut-être une décennie de cela, le Roi de Meisa était entré en conflit avec le Grand Pontife, et celui-ci avait prononcé une malédiction, au nom de son Seigneur, une malédiction qui avait, finalement, une certaine consistance. Le Roi avait cherché longtemps l'origine de cette malédiction, puisque ses propres sorts ne semblaient pas capable d'y mettre fin. Il avait donc fait un grand voyage à travers le monde, à la recherche d'un expert qui pourrait régler ce problème, et au courant de ces voyages, il avait fait de nombreuses rencontres. Des amis, et même des ennemis, mais nul ne possédait la moindre information, jusqu'à ce qu'il rencontre l'Avatar d'une créature que les humains appelaient 'divinité'.

Il raconta à Alecto comment ces grands esprits n'étaient pas eux-mêmes à l'origine du monde. Ils étaient créés en réponse au besoin du monde d'avoir des protecteurs, et des réceptacles pour les énergies dégagées par le commun des mortels. Ces grands esprits, depuis, s'abreuvent de la Foi et des concepts pour concrétiser leur existence, prenant bien vite forme physique. Tous les dieux ne naissent pas nécessairement en même temps, et certains même attendaient toujours de se matérialiser dans le monde, encore trop faible pour s'éveiller et prendre leur place.

L'Avatar du grand esprit était bien entendu au courant de l'existence du Dieu de l'Ordre Immaculé, et c'était la l'origine de la malédiction qui l'avait frappé. Cette créature, peut-être instinctivement, avait réagi à la colère d'un véritable croyant et avait porté son assistance. C'était seulement elle qui pouvait mettre fin à cette malédiction, parce que la puissance du Roi ne saurait rivaliser avec les plusieurs centaine de milliers de personnes qui vouaient à ce Dieu une Foi inconditionnelle.

-J'ai donc conversé avec votre Dieu, et j'ai fait mon cas devant lui. J'ai expliqué mon grief, du mieux que j'ai pu. Peut-être parce qu'il était encore trop jeune ou trop informe pour comprendre pour quelle raison on l'avait invoqué, il ne semblait pas plus obstiné que cela. Le jour-même, il brisa la malédiction.

Serenos croisa les bras et regarda devant lui.

-Autrefois, les mortels étaient beaucoup plus près des grands esprits qu'aujourd'hui. Maintenant, on les appelle des 'dieux'. Ils sont nos protecteurs, nos gardiens, et les hommes préfèrent en faire leur Suzerain.

Il regarda Alecto de nouveau.

-Ton Seigneur, Alecto, n'est pas une créature de colère ou de rage. C'est un grand esprit d'union. Un Gardien du Mariage, de la Famille et de la Communauté.

Peut-être que pour Alecto, cela relevait simplement du blasphème, mais Serenos ne comptait pas la forcer à accepter cette version des choses aussi simplement, mais avec un peu de réflexion, peut-être qu'elle arriverait à voir où est-ce qu'il voulait en venir. La raison d'être des péchés était même plus aisément expliquée; la gourmandise, l'avarice, l'envie, la colère, la paresse, l'orgueil et la luxure menaient inexorablement vers des conflits entre les membres d'une famille et d'une communauté.

-Voudrais-tu le voir de tes propres yeux? Te tenir dans sa grande magnificence? Pas seulement à travers ta Foi, mais également ton âme, ton esprit et ton corps.

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 147 jeudi 17 septembre 2020, 21:00:51

La jeune femme avait écouté son Roi sans sourciller. Elle était encore sous le choc, hébétée et nauséeuse. Elle avait été choquée par le coup qu’il s’était infligé lui-même, également. Et si elle avait eu le soulagement inexpliqué de le voir les diriger à l'opposé du Palais, Alecto ne pouvait nier que ce conte que lui narrait Serenos ne lui convenait pas.

Ils ne seraient jamais en communion sur ce sujet de la Foi, il avait raison. Ce constat lui brisait le cœur, mais c'était ainsi, et se l'avouer la rendait à la fois maussade et apaisée… Il était inutile qu'elle cherche à lui exprimer les bienfaits de l'Ordre. Désormais encore moins qu'avant. Comme Thorius avant lui, Alecto n'avait pas les moyens, pas le pouvoir de le convaincre. Peu importait ses dires, fussent-ils fondés. Tort, toujours, elle aurait tort. Du moins, n'aurait-elle jamais raison. Cette sensation n'était pas nouvelle en Alecto, mais elle n'était pas agréable à ressentir de nouveau, pas vis à vis de l'homme qu'elle aimait au point de pouvoir tout sacrifier pour lui.

C'était ainsi. Ils étaient différents et avaient vécu des événements qui les amenaient à cet instant précis. Elle acceptait cet état de fait. Sans lutter. Car il y a des choses qui dépassent les Mortels, comme le narrait son Époux.

Mais ce récit, pour la jeune femme, n'était qu'une belle histoire… Encore secouée et livide, elle observait sans sembler les voir les passants. Leur vie paraissait humble, mais heureuse. Cela lui arracha un sourire attendri, mais sans joie. Peut-être d'une nostalgie qu'elle n'avait jamais connue. Ce discours au sujet d’Avatar, de grands esprits, de créature divine… La petite Esclave du Nexus ne pouvait pas l’accueillir autrement que comme un conte pour enfant. Il semblait agréable d’y croire mais… Mais pour elle, le Très-Haut n’était ni jeune, ni vieux. Ni représentable, ni représenté. Il lui semblait impensable d’évoquer même d’autres divinités.

De faux dieux. Songea-t-elle d’instinct, comme si elle entendait encore les voix sèches des Mères Supérieures au Monastère, des fadaises, des blasphèmes, oui.

Le calme avec lequel son Roi lui narrait son récit avait cependant le mérite de réussir à lui faire oublier la scène atroce qu’elle venait de vivre. Mais ce qu’il disait lui retournait l’estomac, elle fut même tentée de lui demander de se taire, avant de réussir à ne prendre cette histoire que pour ce qu’elle estimait être. Un Conte. C’était un Conte pour illustrer sa façon de voir la vie et les croyances diverses.

Elle respira plus lentement, pour se relaxer, n’osant toujours pas croiser le regard de son Mari, mais ses doigts étaient agités, et elle manipulait son médaillon sans s’en rendre compte vraiment. Son corps souffrait, encore, des assauts qu’elle avait subi.

« Je suis d’accord avec toi. » Souffla-t-elle trop bas, avant de se racler la gorge irritée, et de reprendre. « Dieu unie les Hommes et ne prône que l’Amour. La lecture que font les Hommes de Ses mots, ineffables, les conduit à la jalousie, à la guerre et à vengeance. »

Sa voix était éraillée, mais le timbre doux, légèrement caverneux et morne. Quelque chose dans son regard était éteint, et pouvait sans doute ressembler à ces yeux vitreux qu’elle avait en arrivant à Meisa. La Résilience s’y était réinstallé confortablement, la couvrant de ses grands bras rassurants dans un univers bien connu.

Mais elle sursauta, s’arrachant une grimace douloureuse, alors que Serenos lui proposait quelque chose d’impensable.

« Non ! » Lança-t-elle un peu trop vivement, jurant avec le ton bas juste avant. « Non, bien sûr que non. Je. Je n’ai pas besoin de Le voir, Il n’a pas à être vu, Il est avec moi, à chaque seconde de ma vie, Il m’accompagne sur le chemin et me montre la Voie. »
Là était la puissance de sa Foi. Inébranlable, malgré ce qu’avait pu penser le Prêtre. Sa façon bien particulière d’interpréter le Culte, de louer le Seigneur, de propager sa Bonté. De voir en chacun le Bien plutôt que le Mal. De tendre l’autre joue. De résister à sa manière à chaque gifle que la vie lui assénait.

Tremblante, Alecto se leva doucement, cherchant son équilibre, et baissant le visage comme l’Esclave qu’elle avait été.

« Je demande ton Pardon. Et s’il ne t’est pas possible de me l’accorder, accepte de me livrer le châtiment qui pourra m’y conduire. »

Cela l’obsédait depuis qu’ils avaient quittés les lieux sordides de ce malheur. Elle était fautive, coupable de cela. Outre le besoin viscéral qui l’envahissait de prier et de se mutiler, Alecto pensait avoir besoin du Pardon de son Roi.

Leur relation pourrait-elle survivre à toutes ses épreuves ? Ne se lasserait-il pas d’elle, avec tous les ennuis qu’elle lui attirait, à lui comme à ses Royaumes ? Pour la jeune femme, rien ne semblait plus évident. Elle s’était rendu compte de la brutalité de son Mari, qui lui avait fait peur, et elle avait perdu, pensait-elle, son Mentor. Les deux figures masculines en lesquelles elle avait confiance, qu’elle admirait. Qu’elle vénérait, même.

Très lentement, elle osa relever les yeux, du sol jusqu’aux bottes de son Roi, puis ses hanches, s’attardant sur son torse large et enfin, son visage broussailleux. Serenos lui parut beau. Comme lorsqu’elle avait cru à des coups, jadis, dans son Bureau, et qu’il s’était montré miséricordieux envers elle. Alors, peu sûre d’elle, elle leva un bras, tendant sa main vers lui.

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 148 vendredi 18 septembre 2020, 10:28:40

Évidemment, elle refusa de se retrouvée confrontée à ce que les gens de sa Foi appelaient un Dieu. Après tout, c'était le principe même de la Foi; si le croyant avait besoin d'une preuve tangible, c'est qu'il n'était pas réellement croyant. Serenos ne croyait pas qu'elle aurait accepté, peu importe à quel point il le désirait. Il voyait que quelque chose avait été brisé en elle, et il ne pouvait n'en vouloir qu'à lui-même; il était le coupable, et cette culpabilité était quelque chose avec laquelle il devrait vivre jusqu'à ce qu'il regagne la confiance de sa bien-aimée si, et seulement si, il était possible pour elle d'un jour avoir confiance en lui de nouveau, mais il n'était pas dupe. Tout comme le pardon divin, le pardon humain se méritait à force de travail, et parfois, tous les efforts et les bonnes intentions ne suffisaient pas pour racheter les erreurs commises.

Aux yeux du Roi, ce qu'il avait fait au prêtre était une juste punition. Une punition violente, certes, mais assurément méritée. Il ne saurait expliquer à Alecto ce qu'il avait perçu chez cet homme, dès le moment qu'ils s'étaient croisés sur le pont menant au palais. Il aurait pu blâmer cet homme, rejeter toute la faute sur lui, mais un homme, encore plus un Roi, se devait d'accepter ses propres manquements, et dans cette situation, Serenos acceptait la pleine responsabilité de sa décision, ainsi que les conséquences.

-J'ignore si tu implorais mon pardon ou celui de ton Dieu, Alecto, mais si tu crois que tu as commis une faute envers moi… je te rassure qu'il n'y a rien en ce monde que je ne saurais te pardonner. En revanche…

Il se gratta le cou.

-Je sais que j'ai commis une grave erreur, vis-à-vis de toi, et je sais que, tôt ou tard, j'en commettrai d'autres, parce que le destin se nourrit des situations désastreuses. Ce sont ces situations qui font avancer la trame de ce monde. Je ne te demanderai pas d'avoir foi en moi, mais si tu peux au moins croire ma parole en sachant que je ne briserai jamais un serment, sache que je ferai tout en mon pouvoir pour remplir chaque moment entre ces catastrophes d'amour et de compréhension.

Le grand Roi remarqua alors la main de sa femme qui se tendait vers lui, et il baissa doucement la tête, laissant la main froide de son épouse toucher son visage. Il releva une de ses mains et la pressa la sienne contre sa joue, avant de poser un baiser sur son poignet.

-Je suis loin d'être parfait, Alecto. Je n'ai jamais…

Il prit un moment pour réfléchir à ce qu'il allait dire par la suite, cherchant les mots qui décrivaient le mieux ce qu'il voulait lui dire.

-Je n'ai jamais été avec quelqu'un d'aussi différent de moi. Nos croyances, notre culture, notre Foi, nos amis et ennemis… Je ne sais pas comment concilier tout ça.

Cela était un bien triste dialogue, voire même le discours parfait pour annoncer qu'il allait déjà mettre fin à leur mariage. Après tout, n'était-ce pas ce à quoi elle pensait? Qu'il se lasserait d'elle? Qu'elle l'irriterait de plus en plus? Que sa personnalité soumise ne lui conviendrait pas? Qu'elle n'était qu'une fascination temporaire qui, tôt ou tard, finirait en flamme et la laisserait maintenant seule dans un monde hostile.

Mais alors que Serenos reprit la parole pour continuer, il n'en fit tout simplement rien.

-Mais j'apprendrai.

Il regarda sa femme et s'approcha pour poser un baiser sur la joue sur laquelle il l'avait frappée d'une claque, puis posa son front contre l'épaule de son épouse.

Évidemment, la gifle qu'il lui avait assénée n'avait pas pour but d'imposer sa dominance sur elle. De la voir ainsi suppliciée sous un homme qui se repaissait de sa soumission, il était entré dans une colère panique, une colère qu'il aurait voulu qu'elle démontre. En soi, il était en colère qu'elle ne le soit pas. Il était en colère parce qu'elle lui avait promis que tout irait bien, et tout est allé de travers. Rien ne justifiait qu'il ne lève la main sur elle, et il devra vivre avec ce geste pour le restant de ses jours. En fait, il était surtout en colère contre lui-même d'avoir été assez naïf pour croire que la décence humaine existait, quelque part, dans cette créature noire et perverse qu'il voyait en Thorius.

Il resta un moment comme ça, contre elle. Maintenant que la colère et l'anxiété s'était dissipée, il se sentait vide et épuisé. L'effet d'Alecto sur lui avait quelque chose de calme, d'apaisant, mais ce n'était assurément pas le moment de rechercher cela. Après tout, il n'était pas celui qui devait être le plus ébranlé dans cette histoire.

Le Roi se redressa alors puis attira sa femme plus près de lui, et l'enlaca doucement de ses bras puissants et aimants, une main posée sur sa cuisse, l'autre enroulée autour de sa taille, et il posa un baiser sur sa tempe.

-Alecto… tu es libre d'être qui et ce que tu veux. Je ne te forcerai pas à être la femme de Serenos si tu ne souhaites pas l'être. Je ne te forcerai pas à rester dans cette ville si tu ne le veux pas. Quoique tu veuilles être, où que tu veuilles aller, tu auras mon soutien. Si tu me le demandes, je retourne de ce pas trouver ton prêtre et je réparerai les dégâts causés. Pour ton bonheur et ta paix d'esprit.

Il ne croyait bien sûr pas que cela effacerait le passé, et encore moins que cela réparerait les dégâts qu'il avait causé entre eux, mais il savait que si elle croyait que cet homme ne méritait pas son châtiment, en tant que victime, c'était son droit de demander la réparation adaptée. Serenos avait agi avec la mentalité de Meisa, mais Alecto n'était pas Meisaenne. Elle n'était pas comme les autres femmes qu'il avait connu, et s'il voulait qu'elle soit heureuse, il devait être prêt à faire des concessions, même si cela était pour des choses qui l'insupportait, comme pardonner à l'homme qui l'a violée.

Alecto Nemed

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Re : Encore foiré! [Alecto Nemed]

Réponse 149 vendredi 18 septembre 2020, 18:59:39

Le calme bienveillant de Serenos faisait son effet sur le morne visage de la petite Esclave. Elle semblait moins lourde, comme si ses épaules se trouvaient moins voûtées, à mesure qu’il discourait. Son mari était un homme compréhensif, elle le savait bien sûr, mais le constater à nouveau chassait peu à peu les yeux pleins de rage qu’elle avait encore en mémoire. La douceur avec laquelle il l’enlaça la fit frissonner et, enfin, elle se permit de soupirer, soufflant au loin bon nombre de sombres constats.

 Constats que le Roi faisait lui aussi, au point que l’on se demandait bien comment le Monarque pouvait éprouver des sentiments si forts à son égard, si différente, en effet. Elle fut tentée de lui répondre qu’elle-même n’avait jamais eu ni mari, ni concubin, ni même compagnon… Elle ignorait tout de la vie de couple, des aléas des sentiments et compromis. Pourtant, Alecto avait un caractère qui la rendait certainement apte à vivre avec quiconque, tant elle était docile. Autour d’elle, cependant, la vie s’acharnait à tester sa Foi. C’est du moins, ce qu’elle croyait.

La note positive et optimiste de Serenos la soulagea, son baiser la fit fermer les yeux pour en profiter un peu plus, tout comme elle fut apaisée du contact de sa barbe revêche contre son épaule.

« Je te crois. » Murmura-t-elle.

Elle savait qu’il ne briserait pas son serment, et qu’il tiendrait parole. En réalité, elle n’avait pas besoin de promesses de la part du Roi. Elle l’aimait, et pour Alecto, cela signifiait qu’elle avait une confiance aveugle en lui. Elle qui voyait le Bien en chacun, estimait qu’aucun des actes de son Epoux n’était destiné à lui nuire volontairement.

Elle ajouta, doucement.

« Personne n’est parfait, mon Roi. Je pardonnerai. Tu as cédé à la colère qui rend sourd, pour protéger ta Femme. Je pardonnerai au Père Thorius de s’être fourvoyé sur ton compte, et de t’avoir insulté. »

Car pour la jeune femme, le Prêtre n’avait pas mal agi en l’agressant. Il avait suivi les Saintes Ecritures. Il voulait la sauver. Pire, encore, pour Alecto, Thorius avait agi comme il le fallait, lorsque l’on croit être en présence d’une Possédée.
Mais elle, elle savait qu’elle ne l’était pas. Serenos n’était pas le Diable. Elle le Savait. Et pourtant, ses mots, ensuite, la tentèrent insidieusement, autant qu’ils l’avaient terrifiée, au point qu’elle avait tremblé, de peur qu’il ne la renvoie chez la Sorcière…

Réparer les dégâts causés à son Mentor ? La Magie saurait-elle guérir de si profondes ablations ? Elle posa ses paumes sur les joues hirsutes de son Epoux pour pouvoir le regarder dans les yeux, affrontant désormais avec bien moins de crainte le regard de celui à qui elle appartenait corps et âme. Elle voulut immédiatement lui répondre qu’il était trop tard, et qu’aux yeux de Dieu, les actes du Roi ne sauraient être réparés par la Sorcellerie. Qu’il lui faudrait, s’il le désirait, gagner son Pardon, à elle puisqu’il ne reconnaîtrait pas le Tout-Puissant. Qu’ils devraient tous deux vivre avec ces actes dignes d’un fou sanguinaire, et que c’était là la voix de la rédemption… C’était ainsi la bonne chose à faire pour apprendre, sortir de cette épreuve grandit, et plus près du Seigneur.

Mais soudain, elle sursauta, et ses yeux s’arrondirent dans une expression paniquée. Les mains qui encadraient le visage de Serenos se crispèrent.

« La guerre. Si… si nous ne réparons pas… C’est la guerre… »

Alecto se jeta au cou de son mari, ignorant les douleurs diverses et les courbatures, et le serra aussi fort qu’elle pouvait. Elle devait renier ses croyances, cette fois encore, pour faire passer le Bien Commun avant sa Paix Intérieure. Avec conviction et gravité, elle déclara.

« Oui, c’est ce que je veux. Tu. Tu peux le faire. Revenir en arrière, réparer le corps de Père Thorius, effacer sa mémoire et le sang, effacer ma venue avec lui. Si… Lorsqu’il ira trouver le Paladin, Serenos… Tu dois éviter cela ! Il suffira de. » Elle se dégoûtait, mais continua. « De falsifier ses souvenirs, faire en sorte qu’il pense que jamais je ne l’ai accompagné ce soir. Efface ce drame de son esprit, répare son corps. »

Ses mots allaient trop vite, même pour y réfléchir vraiment. Jamais elle n’avait envisagé d’encourager un quelconque acte magique, elle avait déjà tant de mal à se positionner vis-à-vis de ces forces surnaturelles dont elle n’était que peu familière malgré les mois à vivre aux côtés de Serenos. Cependant, s’il le fallait… Elle s’accrochait au Roi avec ferveur.

« Evite les orphelins et les veuves, ton Peuple ne doit pas souffrir de mes fautes. Je… Je ne veux pas que tu partes au combat, ni tes enfants, ni aucun soldat de Meisa. Je veux que tu me restes, je veux rester avec toi. »
« Modifié: vendredi 18 septembre 2020, 19:46:11 par Alecto Nemed »


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