Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

Bonjour et bienvenue.

Ce forum présente des œuvres littéraires au caractère explicite et/ou sensible.
Pour ces raisons, il s'adresse à un public averti et est déconseillé aux moins de 18 ans.

En consultant ce site, vous certifiez ne pas être choqué par la nature de son contenu et vous assumez l'entière responsabilité de votre navigation.

Vous acceptez également le traitement automatisé de données et mentions légales de notre hébergeur.

Messages récents

Nos partenaires :

Planete Sonic Reose Hybride Yuri-Academia L'Empire d'Argos Astrya Hybride Industry Iles Mystérieuses THIRDS Petites indécences entre amis
Inscrivez-vous

Messages récents

Pages: 1 [2] 3 4 ... 10
11
Base Spatiale / Re : Alunissage improvisé [PV Jack Marston]
« Dernier message par Adel Esplana le mardi 21 juillet 2026, 17:16:07 »
Bon, au moins il a des débuts de pistes. Suivre celle de la transmutation lui paraît être une bonne idée, mais ce n'est généralement pas le sujet sur lequel il planche le plus en matière d'étude de sortilège.
Il se retourne vers l'une des fenêtre du vaisseau, en contemplant l'espace en train de défiler sous ses yeux. L'espace, qui recèle potentiellement des civilisations capable d'employer les mêmes aptitudes que lui, mais leurs méthodes sera t-elle compatibles avec les siennes? Il doute que ce soit aussi facile, mais pour l'instant il n'a pas le choix. Enfin si, mais l'autre choix est de risque à nouveau de se retrouver dans une situation encore plus catastrophique que celle-ci. Au moins, il a trouvé des gens disposés à le ramener. Il n'a pas très envie de risquer leurs vie pour aller plus vite.


« Quoi qu’il en soit, tu devrais avoir du temps. »

Le voyageur hoche la tête en réponse. Du temps, oui...mais pour l'instant, il ne peut l'utiliser que pour comprendre ce vaisseau, et le vaste sujet de la navigation interstellaire. Il ne va pas se mentir, c'est extrêmement intéressant et peut potentiellement lui épargner d'avoir à négocier à nouveaux avec des capitaines douteux, voire véreux. Mais ce sont des connaissances adjacentes, et il ne sait pas s'il va avoir plus d'une vie pour remplir sa mission.

« Tant que l’hyperdrive n’a pas de ratés, personne ne nous embêtera. Pas même les types que tu as laissés sur leur faim là-bas. »

Hm. En effet, cela ne sert à rien qu'Adel pleure sur son sort. Le sujet du voyage spatial reste intéressant à ses yeux et il n'est pas dit qu'il ne tombera pas sur une occasion d'avancer sur son but premier, d'une façon ou d'une autre. Catastrophiser ne fera que le perturber encore davantage, et il n'a pas le temps d'employer son temps libre à cela.

Mais bien sûr, cela ne saurait être une odyssée sans épreuves et son temps libre était bien plus court qu'il ne s'imaginait. En l'occurence, le son désagréable qu'il entend, ainsi que l'effet qu'il a sur capitaine Jack lui font comprendre que l'instant détente et exposition est terminé. Il ouvre la bouche pour demander ce qu'il se passe

...

Il revient à lui extrêmement endolori contre l'une des parois du vaisseau. Tout tourne autour de lui et, sans trop réfléchir, il chancelle vers l'un des couloirs du vaisseau. Il ne sait pas lequel, mais il lui faut un temps avant de se rappeler qu'il ne DOIT PAS rester comme ça. A grand peine, il murmure correctement une formule de soin, à intensité modérée. Son esprit et ses sens se font plus clairs a présent, et la sensation de légère fatigue qu'il ressent lui fait comprendre qu'il a dû jeter un autre sort pour éviter que sa rencontre avec ladite paroi du vaisseau ne soit beaucoup plus grave pour lui.

Adel, reprenant ses esprit, regarde autour de lui. Son regard se pose vers une fenêtre du vaisseau, de laquelle il s'approche pour regarde ce qui se passe.
Et il voit un énorme vaisseau s'approcher d'eux. Il ne sait pas ce que c'est comme vaisseau, mais vu son état et l'absence totale d'attaque directe sur l'engin ou il se trouve, il suppose très fortement que les occupants de celui-ci ne sont pas là pour des raisons officielles.

En d'autre termes, des pirates. Peut être les mêmes qu'il a affronté au sol. Joie.
Plus il en apprend sur la navigation stellaire, plus il se rend compte qu'elle a pas mal de points commun avec la navigation maritime. Les pires dangers inclus.

Adel considère aussi vite que possible ses options. Il doit avoir un ou deux sorts et malédictions qui peuvent apparaître directement chez un adversaire ou à un endroit précis au lieu d'être "projetés" dans une direction, ce qui ne ferait rien d'autre que de rendre la tâche plus facile à leurs adversaires. Ca reste vrai s'ils abordent le vaisseau, d'ailleurs, jeter des projectiles explosifs enflammés à l'intérieur des couloirs semble être une mauvaise idée. Il a des sorts minimes pour se défendre, tellement peu coûteux en énergie qu'il peut pratiquement les lancer indéfiniment...mais ils sont l'équivalent d'une fronde, et cela le rend sceptique sur leur efficacité.

Pour l'instant, le problème, c'est qu'il ne voit personne de là ou il se trouve, donc il ne peut pas les affaiblir maintenant. Comme il ne connait rien en combat spatial, il n'a guère d'autre choix que de retourner voir Marston. Fort heureusement, dans son état précédent, il n'a pas pu aller bien loin.
Il retrouve la pièce ou il se tenait auparavant, juste au moment ou le capitaine débarque dedans, ce qui lui épargne la possibilité de se perdre dans le vaisseau en le recherchant.


"J'ai vu un vaisseau en train de se diriger vers nous. Que se passe t-il?"

Il préfère encore entendre les explications du capitaine plutôt que d'exposer ses soupçons tout de suite. Il a besoin d'apprendre à se comporter en situation de combat spatial.
12
Le temple Shinto / Re : Féeries [pv Seliane Noctelume]
« Dernier message par Adel Esplana le mardi 21 juillet 2026, 17:13:05 »
Adel continue à apporter son aide.

Plus précisément, il continue à s'assurer que les feux soient éteints, et à dégager des personnes des décombres, ou à signaler leur présence dans le cas ou il ne peut pas le faire lui même, car la force brute n'est pas l'une de ses plus grandes ressources, et il n'a pas encore de sort qui pourrait la lui conférer, même temporairement. De plus, il se soucie plus de la fumée, qui le mettra également en danger s'il ne fait pas attention.

Autour de lui, il entend des paroles criées, parfois trop nombreuses ou trop inaudibles pour être comprises, et parfois non.


"Hana !"
"Maman !"


Des parents qui retrouvent leurs enfants.

"Par ici...il étudiait dans cette pièce!"

D'autres personnes qui peuvent être sauvées sans son aide. Tant mieux, à la fois pour qu'il n'aie pas besoin de s'inquiéter pour leur vie, et pour ne pas avoir à attirer l'attention...ce qui est peut être trop tard en ce qui concerne les gens de ce temple, mais ce n'est pas le moment d'y penser. Il songera à rectifier la situation après qu'elle soit terminée, si c'est nécessaire.

"Non..."

...et d'autres personnes qui ne s'en sont pas sorties. Le miracle n'aura pas lieu aujourd'hui. Il n'a pas le temps d'offrir des mots à quiconque pour eux. Une toux sévère le prend, et lui rappelle qu'il doit notamment faire attention à la fumée dégagée par l'incendie, sans quoi il les rejoindra.

En revanche, le voyageur a remarqué que quelque chose d'autre l'a rejoint, ou plutôt de multiples choses l'ont rejoint en voletant. Les papillons de cette femme. Sont-ce des familiers? Il n'en sait rien. Vont-ils se mettre sur son chemin. Il n'en sait rien! Mais il les laisse faire, car il ne sait pas non plus quels effets cela ferait s'il les écarte ou les maltraite, et il ne préfèrerait pas avoir d'autres problèmes sur les bras en plus de ceux qu'il a déjà.
...il suppose, de plus, que le fait qu'elle l'irrite n'est certainement pas une raison pour faire de mal à ses papillons.

Tiens, en parlant du loup, le voila qui sort du bois. En l'occurrence, il voit Séliane arriver depuis le même chemin que ses familiers pour aider à mitiger les effets du désastre à coup de seaux d'eaux à son tour. Il la laisse faire car ce n'est pas à lui de décider qui doit aider à mitiger les pertes issues de ce désastre et de toute façon, tant qu'elle ne continue pas à l'agacer par ses paroles, il n'a pas vraiment de problème avec elle.

Le problème c'est qu'elle ne semble pas nécessairement disposée à parler plus clairement. Le champion ne sait pas si c'est dans la nature des fées de s'exprimer de manière plus sibylline, et pour quelle raison cela l'exaspère alors qu'il n'a pas de problème avec les rébus et autres jeux d'esprits d'habitude. Peut être, s'imagine t-il, qu'il n'est simplement pas disposé à devoir déchiffrer chaque phrase d'une conversation ou peut être qu'il lui en veut encore pour avoir essayé de le faire douter de son propre esprit.

Mais elle s'excuse sincèrement, et il devrait faire de même. Garder des rancunes est trop épuisant mentalement, le faire pour des raisons aussi enfantines que de ne pas aimer la façon dont elle parle serait on ne peut plus stupide, surtout dans une situation telle que celle ou ils se trouvent.


"Excuses acceptées. Je vais continuer d'aider ces gens, vous venez?"

Oui, garder des rancœurs serait stupide. Sauf si l'incendie était volontaire. L'était-il? Il ne saurait trop se prononcer sur l'état du temple, et il reconnait que cela pourrait être effectivement un malheureux enchaînement de circonstances mais il ne sait pas si l'inverse est vrai, ce qui est toujours possible.
D'ailleurs....Adel regarde de nouveau la fée. Se pourrait-elle qu'elle sache quelque chose? Cela ne coûte rien de lui demander.


"Savez vous comment le feu s'est déclenché? Le bâtiment s'est enflammé assez subitement."
13
Ville-Etat de Nexus / Re : Qu'est-ce à dire que cette diablerie ? |pv le domaine des muses ]
« Dernier message par Einrich Schätze le dimanche 19 juillet 2026, 19:01:08 »
Tout était intense, trop intense, une douceur irréel dans un endroit qui l'était tout autant. Le cœur du soldat palpitait, son torse se gonflait, se soulevait avec ampleur sous l'effet qu'elle lui faisait, sous la dose d’anxiété qu'il avait reçu en lui avouant être rouillé dans ce qu'ils s’apprêtaient à faire. Il déglutissait lourdement, lorsqu'il la senti, cette main sensuel, venant glisser, effleurer et caresser son membre dur sous les eaux du bain,, venant à le guider. 

Et la suite ne put que lui arracher un profond râle, sentant son gland ouvrir ses porte, se frayant un chemin dans son jardin, glissant dans ce cocon chaud, mais terriblement accueillant. Sa respiration en tremblait sous le moindre centimetres où elle le laissait glisser en elle, jusqu'à ce qu'il puisse la sentir, son bassin, son bas ventre épousant le sien, pressé, tout comme son fessier contre son corps, uni, dans une communion intense et ardente. Ses bras vinrent entourer l'elfe dans une étreinte douce, alors qu'elle avait posé sa tette contre sa clavicule, un contact, un sentiment qu'il n'avait pas ressenti depuis si longtemps, une proximité qu'il avait oublié, qui s'était enfouis dans les sables du temps, mais qui, d'un coups, sous le passage de la muse était ressorti a vif, et il en était affamé.

Sentir quelqu'un contre soit, peau contre peau, la chaleur de leur corps mélangé, la douceur d'un câlin des plus intimes, son cœur battant contre la poitrine de la jeune femme, cela l'avait tant manqué qu'il en avait presque mal, se retrouvant sous une respiration difficile, mais, gardant une grande douceur pour elle. Elle pouvait bien le sentir, Einrich n'était pas une personne comme les autres client, tout dans ses gestes, ses réactions et le regard le montrait, il n'avait pas besoin que d'une connexion charnel, non, il avait besoin de tendresse, de proximité, d'un véritable échange de plaisir.

Ses mains caressaient lentement son dos,  l'entourant délicatement, passant tel des caresses soyeuse sur sa peau qui l'était tout autant, autant pour elle que pour se calmer lui sous l'effet qu'elle lui faisait. Elle pouvait le sentir en elle, palpitant, pulsant et gonflant encore un peu plus, dur comme l'acier, brûlant comme la braise, alors qu'elle se relevait de sa clavicule, laissant Einrich la possibilité d'admirer de nouveau son magnifique regard argenté.

Son torse se gonfla de nouveau à cet instant, la trouvant vraiment somptueuse, avant de pouvoir la sentir frôler ses lèvres, l'excitant sous son souffle aphrodisiaque. Le regard du soldat, oscillant entre les iris de l'elfe et ses lèvres, son souffle court, ses propres lèvres qui s'entrouvraient pour recevoir ce baisé qui ne venait pas trahissait très bien son désir, son envie de ce contact, avant de se voir arracher un nouveau soupire quand il la sentit commencer à danser. Ses bras se resserrent autour d'elle, la  faisant se presser un peu plus contre lui, par réflexe, par pur sensation alors que son membre caressait, frottait et massait ses parois si accueillante, si .... parfaite, comme tout ce qu'elle était en cet instant à ses yeux. Il l'admirait, complètement, venant à se demander meme si tout cela était réel si, il n'était pas juste assoupit dans sa tour de guet a rêver, un si doux et parfait rêve.

Mais, quand elle prononça son nom, ce fut comme un coup de fouet d'hormone, de sensation, de souvenir qui remontèrent en lui, cette prononciation plaintive, embué de plaisir. C'est cela qui le poussa a suivre de nouveau la danse, laissant ses hanches glisser contre la céramique du bain, onduler contre son bassin et ses fesses, laissant leur deux pubis se frotter et se caresser alors que sa vigueur glissait en elle un peu plus de tout son long.

Et, sans quitter son regard, alors que sa respiration était ample et lourde, une de ses mains remonta, venant à glisser sur sa nuque, passant sous ses cheveux pour se loger avec tendresse a la fois sur sa machoire ainsi que l’arrière de sa tête, venant à lui chuchoter, comme une réponse sensuelle

" Aimante ..."

Venant alors à rapprocher son visage du sien, se laissant aller à déposer un baiser des plus délicat, mais tant amplis de désir, caressant, frôlant les siennes de nouveau par moment, jusqu'à ce que, timidement, la pointe de sa langue de vienne caresser ses lippes pulpeuses.
14
Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« Dernier message par EVHive le dimanche 19 juillet 2026, 07:02:37 »
Vous avez de la chance, Nous avons pioché NEUF...
15
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« Dernier message par Lyadril Ilfirin le mardi 14 juillet 2026, 15:48:20 »
Panique à l'idée de monter dans un Grand HUIT.
16
Les contrées du Chaos / Ruche d'Anakha [Entrée libre Sans limite]
« Dernier message par Damian Urteist le mardi 14 juillet 2026, 15:37:49 »
La promesse demeure suspendue entre nous comme un fil de soie tendu au-dessus d'un précipice.

Je soutiens le regard d'Anakha sans ciller. Ses yeux d'ambre ne mentent pas. Ils calculent, ils anticipent, ils bâtissent... mais ils ne mentent pas. Cela me suffit.

Je m'incline à peine, non comme on salue un souverain, mais comme un homme reconnaît la valeur d'un autre lorsque sa parole possède davantage de poids que ses armes.

Puis je disparais.

La brume écarlate m'engloutit avec la douceur d'un suaire. Les arbres défilent dans une course silencieuse, leurs silhouettes noires s'étirant sous la lumière mourante. Le monde respire autour de moi ; je perçois chaque vibration du sol, chaque souffle d'animal terré dans les fourrés, chaque goutte d'eau glissant au cœur des mousses.

Le temps n'a plus d'emprise sur ceux qui ont cessé de lui appartenir.

Lorsque je reviens, une journée plus tard, mes épaules portent deux lourdes caisses cerclées de fer. Le métal tinte doucement à chacun de mes pas.
À l'intérieur sommeillent des décennies d'obstination. Cornues. Lames. Eprouvettes. Scalpels. Microscopes. Flacons d'argent. Conservateurs. Carnets couverts d'une écriture devenue presque illisible tant les nuits passées à chercher ont été nombreuses. Toute une vie enfermée dans quelques coffres.
Je franchis les premières limites de la ruche. Et, aussitôt...

Je m'arrête.

Quelque chose a changé. Ce n'est pas visible. Pas réellement. La chair continue de battre sous les parois organiques. Les membranes respirent avec leur lente régularité. Les fluides parcourent les galeries translucides comme un sang gigantesque irrigue un être dont je ne distingue toujours pas les limites. Pourtant...

Une infime dissonance traverse cette perfection.

Je ferme les yeux. J'écoute.

Le scientifique en moi cesse de regarder. Il mesure. Des relais psychiques vibrent dans une direction inhabituelle. Des arachnomorphes tissent plus loin que la veille. Des anthropomorphes abandonnent des postes pourtant essentiels. Quelques rampants accélèrent.

Non ! Ils convergent. Toute la ruche semble retenir un souffle qu'elle ne connaît pourtant pas. Intéressant...

Je repose lentement une caisse au sol.

La logique demeure. Mais elle vient d'être supplantée par autre chose.

L'urgence.

Je relève les yeux. Alors je comprends. Pas avec mon esprit. Avec ce qu'il reste de mon cœur.

L'amour.

Il n'existe aucune force capable de bouleverser à ce point une intelligence collective sinon celle-là.

Je ne souris pas. Je ferme seulement les paupières un bref instant.

Liv...

Si quelqu'un était venu murmurer ton nom après toutes ces années… Aurais-je seulement réfléchi ? Non. J'aurais couru. Comme une bête. Comme un damné. Comme l'homme que j'étais avant que le sang ne remplace les larmes.

Une autre image surgit alors.

Des cheveux d'argent. Une peau que la lune semblait avoir choisie pour miroir.

Diamant.

Mon étoile silencieuse. Mon improbable rédemption. Que resterait-il de moi si, demain, elle disparaissait à son tour ? Je connais déjà la réponse. Rien. Ou pire...

Quelqu'un d'aussi terrible que celui qui se tient aujourd'hui au centre de cette ruche. Je ne le juge plus. Je le comprends. Et cette pensée est infiniment plus dangereuse.

Un cri déchire soudain les galeries vivantes.
- Elle est de retour !

Une voix. Essoufflée. Éraillée.
- La femme aux cheveux bleus !

Le monde cesse d'exister.

Je ne réfléchis pas. Mon corps agit avant mon esprit. La silhouette du terranide surgit entre deux membranes, courant à perdre haleine, les yeux agrandis par l'urgence.

Il ne me voit même pas. Pour lui, je ne suis encore qu'une ombre. Puis ma main se referme. Avec une précision presque délicate. Terrifiante. Mes doigts s'accrochent à la fourrure épaisse de sa nuque. Son élan meurt net.

Ses pattes quittent le sol dans un léger couinement de surprise.
- H-Hé... !

Je ne réponds pas. À quoi bon ? Chaque seconde perdue est un affront au destin. Je pivote. Le vent explose autour de nous.

La ruche se brouille. Les couloirs deviennent des traînées de chair mouvantes. Les relais ne sont plus que des éclairs translucides dans mon champ de vision.

Je cours. Plus vite que les battements d'un cœur humain. Plus vite que la peur. Plus vite que l'espoir lui-même. Puis je le vois.

Immobile. Au centre de son royaume vivant.

Anakha.

Je ralentis seulement au dernier instant.

Le terranide retombe lourdement devant lui, roulant presque à ses pieds avant de retrouver tant bien que mal son équilibre.

Je demeure silencieux. Mes doigts quittent enfin sa fourrure.

Les deux caisses contenant toute une vie de recherches sont restées derrière moi. Je ne leur accorde même pas un regard.

Mes yeux rencontrent ceux d'Anakha. Pour la première fois...

Je n'y cherche ni un allié. Ni un sujet d'étude. Ni un souverain.

Seulement un homme qui, comme moi, a appris que certains noms continuent de battre dans une poitrine bien après que le monde les croit disparus.

Je soutiens son regard. Longtemps.

Puis ma voix s'élève. Calme. Grave. Étrangement douce.

Un seul mot.
- Va.

Parce qu'il n'existe aucune expérience plus importante que celle-là. Parce que certaines vérités ne se dissèquent pas. Elles se retrouvent.

Et tandis que le silence retombe entre nous, la ruche entière paraît suspendue à ce simple instant, comme si même les murs de chair retenaient leur souffle dans l'attente de savoir si, quelque part, au-delà des ombres... une femme aux cheveux bleus attendait encore celui qui avait transformé le monde pour tenter de la retrouver.
17
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« Dernier message par Séliane Noctelume le mardi 14 juillet 2026, 14:51:05 »
Le monde ne retrouve pas immédiatement son équilibre. Il hésite. Comme une eau brutalement troublée qui cherche encore la forme de son propre reflet.

Les cris continuent de courir sous les avant-toits du sanctuaire. Les prêtres appellent les visiteurs à s'éloigner des bâtiments fragilisés. Les plus jeunes moines guident les familles vers la cour principale tandis que d'autres s'efforcent déjà de dégager les poutres tombées, leurs manches retroussées, les mains noircies par la suie.

Sous l'ombre protectrice du pavillon, la petite fille tremble encore. Son souffle est irrégulier. Ses doigts serrent le tissu ivoire de l'uchikake comme s'il était la seule chose solide dans un monde devenu soudainement instable.

Puis une voix déchirée traverse le tumulte.
- Hana !

La fillette relève brusquement la tête.
- Maman !

La femme surgit de la foule en trébuchant presque, les cheveux défaits, le visage ravagé par une peur que plus rien ne cherche à dissimuler. Lorsqu'elle aperçoit sa fille vivante, ses jambes cèdent avant même d'arriver jusqu'à elle.

Elle tombe à genoux. Ses bras referment aussitôt l'enfant contre son cœur. Les sanglots éclatent sans retenue.
- Pardonne-moi... pardonne-moi...

La petite secoue vivement la tête, pleurant elle aussi désormais, incapable de prononcer le moindre mot.

Séliane reste silencieuse. Elle contemple ces retrouvailles avec une expression que peu auraient su lui reconnaître. Ni joie. Ni tristesse. Quelque chose de plus ancien. La mémoire d'un peuple qui, lui aussi, avait connu des séparations.

La mère finit par relever les yeux vers elle. Son regard vacille entre l'incompréhension, la gratitude et le besoin irrépressible de remercier celle qui vient de sauver ce qu'elle possède de plus précieux.
- Je... je ne sais pas comment...

La kami improvisée pour la soirée incline simplement la tête. Une inclinaison lente. Respectueuse.

Comme si aucune parole n'était nécessaire.
Prenez soin d'elle.

Sa voix n'est qu'un souffle. Puis elle recule d'un pas.

Les papillons l'entourent de nouveau, silencieux. L'un d'eux vient se poser un bref instant sur l'épaule de la fillette, avant de reprendre son envol.

Et la Professeure s'éloigne, sans attendre les remerciements. Sans chercher un regard. Sans même se retourner.

Ses pas nus retrouvent le bois froid des passerelles du sanctuaire. Les geta sont restées derrière elle. Elle ne s'en aperçoit même pas.

Les papillons s'élèvent progressivement autour d'elle. Non plus dans l'urgence. Dans une étrange danse silencieuse. Ils s'écartent. Reviennent. Décrivent de larges cercles au-dessus du festival meurtri. Puis tous, presque au même instant, prennent la même direction. Vers l'aile orientale.

Séliane lève lentement les yeux. Elle les suit. Au-delà de la fumée. Au-delà des silhouettes qui courent encore. Et elle le voit.

Adel.

Il ne lève plus les yeux vers les mystères. Il ne cherche plus à comprendre les présages. Il agit. Simplement. Naturellement. Il aide deux prêtres à repousser une poutre dont les extrémités brûlent encore. Puis il disparaît quelques instants derrière un rideau de fumée.

Elle le retrouve plus loin. Accroupi. Ses mains relâchent doucement un poisson rouge dans un bassin épargné par le chaos. Le petit animal hésite un instant avant de retrouver la profondeur de l'eau.

Adel est déjà reparti. Un enfant en pleurs lui tend les bras. Il le soulève sans réfléchir. Le rassure. Le confie à un membre du sanctuaire. Puis revient vers les flammes. Encore. Toujours. Sans chercher le moindre regard. Sans attendre le moindre merci.

Les papillons ralentissent. Autour de leur propriétaire. Comme s'ils comprenaient, eux aussi. Son regard ne quitte plus le jeune homme.

Puis quelque chose, très discrètement, cède en elle. Pas une certitude. Une habitude. Depuis leur rencontre, elle n'avait cessé d'observer ce qu'il cachait. Ses flux. Sa volonté. Son feu. Ses silences.

Et elle réalise soudain… qu'elle n'a presque jamais regardé ce qu'il faisait.

Les mots d'Adel lui reviennent avec une netteté inattendue : "En effet. Entre le départ et l'arrivée, il y a les actes faites au nom de passer de l'un à l'autre."

Ses paupières se ferment un bref instant. Comme une prière silencieuse adressée non aux kami… mais à sa propre humilité.
J'ai regardé le ciel…

Le murmure se perd presque dans les crépitements du bois.
...alors que la réponse marchait déjà sur la terre.

Lorsqu'elle rouvre les yeux… elle ne voit plus une énigme. Elle voit un homme. Un homme fatigué. Têtu. Parfois abrupt. Profondément imparfait. Et qui, malgré tout cela… choisit encore d'aider.

Alors Séliane avance. Sans précipitation.

Elle traverse la fumée, relève les longues manches de son uchikake afin qu'elles ne gênent plus ses mouvements et, arrivée près d'une chaîne improvisée où des seaux d'eau circulent de main en main, elle en saisit un.

Aucun mot. Aucune annonce.

Elle prend simplement sa place entre un vieux moine au crâne rasé et une jeune femme dont les mains tremblent encore. Le seau arrive. Elle le transmet. Un autre revient. Elle recommence. Encore.

Le rythme devient presque celui d'une cérémonie. L'eau. Les mains. Le bois. Les flammes. Les respirations.

Puis, lorsqu'Adel vient saisir le seau qu'elle lui tend sans avoir encore levé les yeux vers elle… La jeune femme parle enfin.

Sa voix est presque couverte par le fracas des poutres que l'on dégage.
Je me suis trompée.

Elle ne cherche pas à savoir s'il l'a entendue. Le seau suivant arrive déjà. Elle le prend. Le transmet.
Seulement alors, sans interrompre leur travail, elle ajoute, avec cette simplicité qui lui coûte davantage que toutes les révélations sur son identité :
J'ai voulu comprendre votre cœur... avant de regarder vos mains.

La princesse d’un royaume ignoré et oublié tourne enfin la tête vers lui. Son regard n'a plus rien de l'observatrice venue sonder un inconnu. Il est infiniment plus simple. Plus humain.
Vous aviez raison.

Au même instant, derrière eux, le kannushi Hayama Kiyotsugu s'avance au milieu des prêtres. Son hakama est couvert de cendre, ses manches tachées de suie comme celles de tous ceux qui ont prêté main-forte. Il observe un instant les flammes désormais contenues, les familles rassemblées, les blessés pris en charge, puis il joint lentement les mains.

Deux claquements nets résonnent sous les poutres encore fumantes. Le bruit traverse la cour. Les conversations s'éteignent peu à peu. Le vieux prêtre incline la tête vers le honden, puis laisse monter une prière de remerciement. Non pour demander aux kami d'effacer ce qui s'est produit. Mais pour remercier que, lorsque le désordre avait frappé, tant de mains aient choisi de préserver la vie plutôt que de céder à la peur.

Autour d'eux, les papillons de Séliane reprennent doucement leur ronde. Et, pour la première fois depuis le début de leur rencontre… ils ne tournent plus autour d'Adel pour tenter de le comprendre.

Ils l'accompagnent. Comme s'ils avaient, eux aussi, cessé de chercher une énigme... pour simplement reconnaître un homme.
18
Base Spatiale / Re : Alunissage improvisé [PV Jack Marston]
« Dernier message par Jack Marston le vendredi 10 juillet 2026, 04:57:43 »
La discussion avait repris un tour productif et Adel pensait effectivement que sa transformation lors de son sort avait pu causer la formation de cette poussière d’étoiles sur lui. Quoi qu’il en soit, ils n’en auraient pas le cœur net sans pouvoir les examiner, et l’arcaniste n’était pas prêt à se relancer dans des expériences hasardeuses pour le moment. Jack pensait que c’était plutôt judicieux. Au vu du résultat de son dernier sort, nul ne pouvait dire ce qu’il adviendrait s’il s’y réessayait. Aucun moyen de savoir s’il s’en sortirait mieux, et on ne savait pas ce qu’il était advenu de son point de départ. Qui sait si le phénomène avait causé des dégâts sur Terre ? Le capitaine n’était pas non plus d’avis de tirer la queue du Diable.

« Quoi qu’il en soit, tu devrais avoir du temps. »

Il sourit au jeune homme en lui tapant l’épaule.

« Tant que l’hyperdrive n’a pas de ratés, personne ne nous embêtera. Pas même les types que tu as laissés sur leur faim là-bas. »

Il disait à peine ces mots lorsqu’un son nouveau se fit entendre. Adel ne le connaissait pas, mais il put voir Jack tendre l’oreille tandis que son visage blanchissait et se décomposait. Le son descendait en gamme et un instinct viscéral devait lui dire que quelque chose était en train de tomber en panne. Comme pour lui confirmer son intuition, le chasseur de primes soupira :

« C’est pas vrai, il fallait que j’ouvre ma gueule... »

Jack attrapa le tableau faisant face à Adel et l’entoura d’un bras juste avant une soudaine sensation de décélération. Ce n’était pas comme un coup de frein. C’était comme se retrouver en roue libre dans la boue et se faire ralentir soudainement par la nasse poisseuse. Sauf que l’appareil sortait d’un couloir hyperspatial et qu’il en sortit proche de la vitesse de la lumière en perdant une vitesse phénoménale en quelques dizaines de secondes. Les amortisseurs inertiels compensèrent, mais ne suffirent pas. Les jointures de Jack blanchissaient tandis qu’il se tenait et empêchait son invité de partir à la volée. Tout tournait et tanguait et bousculait les tripes. C’était comme les pires montagnes russes. Mais pire.

La brutale décélération fut relativement courte, mais sembla durer une éternité, brutale et inévitable. Ils tinrent bon jusqu’à ce que tout s’arrête en douceur, le vaisseau dérivant désormais à une vitesse élevée dans l’espace réel, dans les limites des capacités de ses amortisseurs inertiels. Le capitaine lâcha ses prises avec difficulté, raide, avant de se relever et de partir en courant en se couvrant la bouche.

Jack courut jusqu’aux sanitaires, tapant un sprint record malgré la nausée qui le tenaillait et menaçait de tout emporter, ou la sensation extrêmement désagréable que ses tripes avaient été complètement mélangées et menaçaient d’exploser en passant par quelque part. Par miracle, il arriva à destination, prit une cuvette au hasard et se libéra enfin. Il se sentit vaseux et chancelant, faillit perdre connaissance, son corps tout entier se remettant durement du choc physiologique terrible. Il s’assit là, respira profondément, garda prise avec la réalité comme il le pouvait et retrouva lentement ses esprits.

Ce faisant, il repéra un des membres d’équipage de fortune non loin. Il n’avait pas eu autant de chance que lui, mais il était presque arrivé à destination. L’Humain d’âge moyen à la peau parcheminée par l’intoxication aux stupéfiants qu’il avait consommé plus jeune, Cyril, le regardait en haletant, les yeux voilés par son malaise. Il l’avait engagé comme machiniste, mais il était clair qu’il n’avait pas réussi à tenir les machines en état de marche. A voir son état, ça ne risquait d’ailleurs pas de changer de si tôt.

Il se renfrognait et allait le héler pour le réveiller quand Rick entra, dans un état parfaitement normal.

« Merde alors, cet imbécile a tout fait sauter ! On a de sérieux ennuis ! »

Jack inspira et prit la parole aussi assurément que possible en se relevant.

« S’il n’y a rien de trop grave… On aura un peu de temps pour… réparer et reprendre la route. »

Le senior en blouse blanche l’avisa d’un regard désabusé.

« On pourrait si on n’avait pas été suivi. »

« … Suivi ?! »

« Sûrement les copains de ton nouvel amoureux. »

« Je… Mais que… ? »

Pris par surprise et incrédule, remettant de l’ordre dans ses pensées, Jack secoua la tête et se concentra sur l’essentiel.

« Les bandits sont après nous ? Tu en es sûr ? »

Rick hocha mollement la tête.

« Je peux relancer les machines, mais il va falloir qu’on survive jusque là. »

Jack ne chercha pas à le questionner. Il hocha la tête avec assurance et lui commanda de faire cela avant de revenir sur ses pas, se précipitant à toute vitesse sur la passerelle. Lorsqu’il y arriva, il se jeta sur une console pour examiner les relevés des senseurs, et il constata avec effroi qu’un engin à peu près moitié aussi gros que le leur avait effectivement suivi et s’approchait. En jetant un œil par la verrière, il le vit. C’était, à première vue, un vieux transport de troupes mal entretenu. Il devait leur servir de facteur d’intimidation sur leur monde, mais il avait gardé ses capacités interstellaires. Et il avait sûrement de quoi réaliser un abordage. Ce qui se confirma lorsqu’il le vit manœuvrer pour venir se présenter à l’écoutille.

« Merde… »

Il attrapa son revolver, vérifia ses munitions et ses poches, souffla, et réfléchit vite. Il allait avoir besoin d’aide. Cyril n’était pas en état, Rick était au travail, et Adel…

« Adel ?! »

Avec tout ce bazar, il l’avait complètement oublié. Il ne savait ni où il était ni s’il était même encore conscient. Merde ! Son premier instinct fut de faire volte-face pour voir s’il se trouvait là où il l’avait laissé.
19
Les contrées du Chaos / Re : Re : Ruche d'Anakha [Entrée libre Sans limite]
« Dernier message par Anakha Baley le mardi 07 juillet 2026, 14:33:26 »
Le rire de l'inconnu ne troubla pas Anakha. Il le laissa mourir de lui-même, comme on laisse une vague venir mourir contre la pierre. Puis il répondit, sans colère, sans orgueil.
« Non. »

Ses yeux fauves restèrent ancrés dans ceux de son interlocuteur.

« Je ne crains pas les tiens. Je crains juste que si ton but est d'éviter que les tiens ne vident tous les humains qu'ils croisent de leur sang, beaucoup continuent à le faire par plaisir, par envie, par curiosité, par conservatisme, ou simplement par esprit de Domination. Et ce sans la nécessité de penser à demain ... »

Il n'y avait dans sa voix ni défi ni mépris. Seulement une logique froide. Une évidence.

Lorsque Damian nomma finalement le village, Anakha inclina lentement la tête.

« Nuevaviva. »

Le nom traversa la toile psychique. Aussitôt, sans qu'aucun ordre supplémentaire ne soit prononcé, toute une partie de la ruche se réorganisa. Autour de Nuevaviva, un vide venait de naître. Un vide volontaire. Parce qu'une promesse tenue valait davantage qu'un village insignifiant. Anakha reprit simplement.

« Je ne sais pas où est ton village. Mais tant que nos accords produisent des résultats, Nuevaviva demeurera hors de la récolte. Tu y trouveras la paix que tu demandes. »

Il marqua une courte pause.

« Mais je n'abandonne jamais une région. Je l'observerai. Discrètement. Sans mort. Sans prélèvement. Si d'autres la menacent, je le saurai également. »


Il n'ajouta rien. Son interlocuteur était certainement suffisamment intelligent pour comprendre que cette surveillance servait autant leurs intérêts communs que les siens. Puis Damian disparut. Anakha ne chercha pas à le suivre. Pourquoi l'aurait-il fait ? Le spécimen l'attendrait. Les yeux de cette créature seraient les siens. Chaque incision, chaque manipulation, chaque réaction observée par le formien remonterait lentement le long du réseau psychique jusqu'à lui. Ce ne serait jamais aussi précis qu'une présence physique, mais suffisamment pour comprendre la direction des recherches. Et, au fond de lui, un souvenir ancien remontait.

Tekhos.

Des salles blanches. Des scalpels. Des années de dissections. Des chercheurs qui avaient ouvert des centaines de corps semblables aux siens. Ils avaient décrit les organes. Cartographié les tissus. Catalogué les glandes. Pourtant, ils n'avaient jamais réellement compris ce qui faisait vivre une ruche. La conscience n'était pas enfermée dans un cerveau. Elle circulait. Comme une onde. Comme un organisme plus vaste que chacun de ses fragments. Damian découvrirait sans doute beaucoup de choses. Peut-être même des choses que Tekhos n'avait jamais mis au jour. Mais il ne découvrirait pas tout. La pensée s'effaça aussitôt. Elle n'avait plus d'importance.

Déjà, Erstonia changeait. Les récolteurs ne transportaient plus seulement de la biomasse. Ils emportaient désormais des œufs, des couveuses encore immatures, des amas cellulaires spécialisés, capables de devenir tout ce que réclamerait une nouvelle colonie. Chaque détachement quittant la vallée emportait avec lui les germes d'une future ruche. Plus besoin de revenir. Chaque victoire engendrerait un nouveau foyer. Chaque foyer donnerait naissance au suivant. L'expansion cessait d'être linéaire. Elle devenait organique. Exponentielle.
Dans les anciennes rues du village, la chair continuait de remplacer la pierre. Des poutres se ramollissaient avant d'être lentement digérées par des membranes épaisses. Le bois disparaissait sous des couches de chitine qui s'imbriquaient comme les plaques d'une immense carapace. Les murs se mettaient à respirer. Les couloirs palpitaient doucement, parcourus de fluides nutritifs. La rivière détournée irriguait désormais plusieurs bassins de gestation, où flottaient des embryons translucides reliés à d'épais faisceaux nerveux. Toutes les naissances n'engendraient pas des combattants. Leur développement prenait une autre voie. Leurs membres s'atrophiaient. Leur masse cérébrale grossissait. Elles s'enracinaient dans la structure même de la ruche, fusionnant avec les parois pour devenir des nœuds de calcul, des amplificateurs psychiques, des organes vivants destinés à soutenir la pensée collective. Erstonia cessait peu à peu d'être un village conquis. Elle devenait un être. Chaque pulsation renforçait le réseau. Chaque relais augmentait sa portée. Chaque naissance étendait son esprit.

Anakha demeurait immobile au centre de cette croissance. Il n'avait nul besoin de marcher. Des milliers d'yeux regardaient déjà pour lui. Des milliers d'oreilles écoutaient. Chaque odeur, chaque vibration, chaque souffle parcourait les relais avant de venir mourir dans sa conscience. Son propre corps, pourtant, n'était encore qu'un prototype. Un commencement. Désormais, il possédait un véritable atelier. Un lieu où la chair pourrait être cultivée comme d'autres forgent le métal. Où l'on ne réparerait plus un organisme. On le réinventerait.

Puis... Un écho. Lointain. La plume.

Pour la première fois depuis des semaines, elle sembla vouloir traverser sa poitrine. Une douleur si brutale que ses ailes frémirent malgré lui. Pendant une fraction de seconde, l'ensemble du réseau psychique vacilla. Puis tout revint à l'ordre. Anakha ne bougea pas. Une armée ne changeait pas sa stratégie pour un cri. Mais la ruche, elle, savait s'adapter. Une dizaine de rampants infléchirent silencieusement leur trajectoire. Deux anthropomorphes quittèrent leurs positions sur les hauteurs. Des arachnomorphes commencèrent déjà à tisser de nouveaux relais dans cette direction, étendant la toile mentale bien au-delà des limites prévues. Un seul ordre parcourut alors l'ensemble du réseau.

Observer.
Identifier.
Ne pas engager.
Si ce frémissement était vraiment celle qu'il cherchait... Aucune créature ne prendrait le risque de compromettre cette rencontre. Et si ce n'était pas elle... Alors la ruche continuerait simplement de grandir.
20
Le Spatioport / Re : [Jack Marston & Thanasia ] Meeting In Transit
« Dernier message par Jack Marston le samedi 04 juillet 2026, 04:25:35 »
Jack était comme spectateur de ses actes, esclave de ses désirs. La vampire lui inspirait une vénération comme il n’en avait jamais connu. Ça n’avait rien de sentimental, mais c’était plus que du sexe pur. Il y avait comme un bouton dans sa tête que les pouvoirs de la créature savaient atteindre. Tant qu’il se trouvait sous son emprise, il ne pouvait juste plus l’ignorer. Il ne pouvait ni ne pas la vouloir ni ignorer ses volontés. Il avait déjà entendu parler de races capables d’en contrôler d’autres par la pensée, de les transformer en serviles exécutants, jamais acquis mais incapables de faire autrement. Etait-ce ce que l’on ressentait, dans ces cas-là ? Ça en avait tout l’air. Car la belle dévêtue, leurs sexes intimement pressés l’un contre l’autre, les petites jambes d’acier rivées dans ses reins pour le faire basculer, l’attraper, retourner la situation avec cet air suffisant et sans le moindre effort, l’homme n’avait que deux choses en tête : elle et sa volonté.

Prenant ses abdominaux comme selle, elle s’était tranquillement épanouie sur lui, s’étendant de toute sa longueur. Petite, sa fine silhouette, fragile en apparence seulement, lui donnaient l’air plus grande qu’elle ne l’était lorsqu’elle s’étirait ainsi, ses lignes s’étendant, souples et élastiques. Si elle n’avait pas été perchée sur lui, l’illusion aurait été réussie, mais le brun était juste trop grand et solidement bâti pour qu’elle fonctionne véritablement dans ce cas. Quoi qu’il en soit, lui-même restait captivé, ses mains remontant à elle et parcourant ce buste aux pointes dures tandis qu’elle palpait à l’aveugle sa verge qui réagit par palpitements en durcissant encore, de plus en plus raide.

Elle avait vite repris le contrôle, et il n’avait pas protesté. Il l’avait regardée descendre sur lui et frotter son nez presque bestialement sur son torse en approchant. Lorsqu’elle arriva, ses yeux retrouvant les siens en se collant à lui, et lui libéra les mains en réclamant sa compagnie, il s’exécuta vite. Dans son esprit, les choses n’avaient pas changé. Pas encore. Mais il y avait soudain une nuance qui s’installait. Il n’avait pas juste obéi pour obéir. Il avait obéi pour obéir, mais aussi pour répondre de sa propre volonté à sa demande. Son instinct protecteur avait émergé en désirant la couvrir de ses bras, et il glissa ses mains derrière ses épaules, dessinant ses omoplates avant de l’enlacer. Quand elle lui prit le visage pour l’embrasser, les caresses devinrent moins complaisantes, cela dit ; plus sensuelles. Il répondit à ses lèvres rapidement et accueillit sa langue de la sienne sans une hésitation, dans un frisson double né tant de la sensation curieuse de ces longues canines pointues, mais qui ne le blessèrent pourtant pas, que de cette envie qui restait tout en se transformant lentement, à mesure que sa volonté propre lui était subtilement rendue et qu’il remplace l’emprise par l’engagement.

« Reviens. »

Il la serra fort quand elle le voulut, par pur désir, répondant à ce voile de désir vulnérable perçu dans ses grands yeux bleus. Il serra, la sachant forte, ignorant la prudence que voulait lui imposer sa stature, et la vissa à lui en se cramponnant à sa peau satinée en l’embrassant, encore, de plus en plus à l’aise et de moins en moins obsédé. Il se sentait, simplement, progressivement, heureux d’être là, avec elle. Sans doute l’emprise avait-elle laissée son empreinte en reculant. Il ne le saurait sans doute jamais. Mais Jack n’était pas non plus un moine. La compagnie d’une femme nubile et manifestant son envie pour lui était toujours un plaisir pour lui. Une tendance qui lui jouerait sûrement bien des tours dans sa vie.

Et puis, il y avait quelque chose… C’était comme un souvenir, mais il n’était pas à lui. Il n’avait jamais été là où il s’était soudain vu avec elle. Il ne l’avait jamais vue avant aujourd’hui, de toute façon. Mais il se revoyait pourtant avec elle, dans ce cadre différent de tout ce qu’il avait vu, avec cette femme qui lui ressemblait tant sans vraiment être elle. Peut-être celle qu’elle avait pu être avant. Il ne parvenait pas à faire sens de ce qu’il vit et vécut presque pendant un instant. Il n’était pas sûr de le pouvoir et il était bien trop occupé à cet instant. Mais il se sentit étrangement familier contre elle, après cela. Comme s’il avait retrouvé une vieille amie. Quelqu’un d’important qu’il avait bien connu. Qu’il avait beaucoup aimé. Ça n’était pas lui, pourtant c’était tout comme. Manipulation télépathique ? Flash d’une vie antérieure ? Qui pouvait le dire ? Pas lui. Pas maintenant. Sans doute jamais. Mais il voulait être avec elle, maintenant, dans ce présent bien palpable.

Puis, leurs baisers cessèrent, et elle parla en agissant avec lui avec une tendresse et une attention contrastant magistralement avec son attitude précédente. Avait-elle connu le même genre d’expérience ou le manipulait-elle ? Il ne posa pas de question et écouta juste, enregistrant les aveux qu’elle lui faisait. Elle était donc une vampire. Une buveuse de sang. Il frissonna, trembla un peu, les yeux un peu ronds, mais ne se déroba pas. D’ailleurs, elle ne lui en laisserait pas l’occasion. Ces jambes imperceptiblement campées autour de lui étaient puissantes, il le savait. Et elle lui tint le visage avec une autorité d’autant plus ferme qu’elle était soutenue par une très probable supériorité physique, contre toute probabilité. Sur Tanex, il y avait des histoires sur les vampires. Ça n’était pas les mêmes que sur d’autres mondes, mais les bases étaient toujours les mêmes. Il savait un peu à quoi s’en tenir. Et il la croyait sur parole lorsqu’elle affirmait qu’il n’était qu’une poussière sur la trame infinie de son existence. Il faillit presque lui demander combien de temps, exactement, mais on ne demandait pas son âge à une femme.

Et puis, il eut ce tressaut, cette surprise soudaine face à une sensation étrange, celle d’avoir été atteint du bout des doigts là où rien ne devrait normalement passer. Comme la fin de trajectoire d’une balle, mais sans la douleur et les dégâts associés. Juste cette curieuse sensation entre la démangeaison, la gêne et le chatouillement. Une main se porta d’instinct à cet endroit, et c’est là qu’il sentit l’avant-bras de la vampire, le début de son poignet, qui s’arrêtaient là, pour s’enfoncer dans sa peau. Il eut une sueur froide et pencha la tête pour regarder comme la main de la voyageuse, de sa blancheur immaculée, ressortait de lui sans laisser ni sensation, ni trace, ni rien que ce soit. Autant dire qu’il eut un sérieux bug au cerveau, une distorsion dont la seule issue fut l’inexplicable explication de Thanasia. Il se retourna vers son visage pour examiner l’expression frustrée et contrariée de la belle comme elle évoquait cette malédiction qui, en vérité, avait probablement sauvé la vie de Jack et de nombreux autres.

Un bref instant, il respecta la fracture d’égo que représentait cet aveu impossible, et pourtant manifestement vrai. Il garda le silence en posant sur elle un regard mêlé de curiosité, de crainte et de compassion. Ne pas pouvoir se nourrir et vivre selon sa nature, aussi cruelle soit-elle, devait être terrible. Mais, comme l’étau de l’emprise se défaisait presque pour de bon et que son esprit lui était rendu fixé sur elle mais bien intact, il put quand même balbutier, marmonner :

« Ma… permission… ? »

La confusion renfermait bien des questions dont aucune n’aurait su prendre préséance. Heureusement, il ne fit pas de trait d’humour. Il n’en avait pas l’envie en cet instant. Elle l’aurait sûrement très mal pris, dans son état. Et elle lui explicita vite ce qu’elle attendait de lui, prenant autant de hauteur qu’elle le pouvait sur lui à défaut de pouvoir encore le contrôler. Cela, il le sentait enfin. Il remarquait son stratagème, cette tentative d’en imposer lorsqu’il pouvait bien sentir qu’elle se tenait quasiment sur son plexus, petite chose menue perchée sur lui tentant de se grossir pour l’impressionner. Oui, le fait qu’il puisse le conscientiser confirmait qu’il avait repris le contrôle de lui-même.

D’ailleurs, il voyait aussi les fêlures dans son jeu. Maintenant qu’elle se trouvait forcée de dévoiler ses failles pour qu’il puisse l’aider, elle avait perdu beaucoup de sa hauteur. Il savait qu’elle ne pouvait rien lui faire. Qu’elle ne pouvait pas le contrôler non plus pour le forcer à accepter de la nourrir. Qu’elle devait s’en remettre à lui. C’était clairement terrible pour elle. Elle devait, dans un sens, mendier sa pitance pour pouvoir se sustenter, dépendre du bon vouloir de ses proies dont elle n’était plus le prédateur, mais la pupille. Elle faisait même des promesses audacieuses face à son silence songeur, assurant qu’il connaîtrait une jouissance inédite quand elle le mordrait. Il doutait. Elle rageait. Il sentit de légères pointes de pression dans son épaule et devina qu’elle tentait de le griffer au sang par exaspération, bien qu’elle ne puisse vraiment rien faire de la sorte. Il gardait le silence et la fêlure s’accentuait chez la vampire, qui chercha une autre garantie, fourchant au moment de se trahir, évitant un autre aveu d’impuissance, que le chasseur de primes avait bien saisi, pour prétexter qu’elle ne le retiendrait pas par désintérêt.

Et il sourit. Ce fut léger, d’abord. Mais il la voyait suspendue à ses paroles, tendue par l’angoisse et par la colère, et rendue désespérée par un appétit vorace. L’appétit, d’ailleurs, était double. S’il ne doutait pas qu’elle veuille vraiment le mordre au sang et lui puiser quelques décilitres pour survivre encore un temps, elle en trahissait un autre par la moiteur chaude qu’il ressentait contre son plexus. Elle ne transpirait pas, aussi n’avait-il aucun doute sur l’origine manifeste de la sensation humide laissée par son entrejambe sur lui. Il réalisa que Thanasia, cette prédatrice maudite rompue à la solitude et à la supercherie, n’était pas différente d’une autre personne. Elle voulait manger. Mais elle voulait aussi du contact humain. Des marques d’affection. Du plaisir. La sensation d’exister. Elle ne l’avait pas juste attiré pour essayer de le convaincre de lui donner son sang. Elle se sentait seule et il y avait plus d’une chose lui passant par la tête à son propos. Rétrospectivement, il comprit soudain mieux cette proximité qu’elle avait eu avec lui. Il se rappelait bien s’être souvent remarqué qu’elle le collait beaucoup, au point de devoir lui faire mal, même s’il ne sentait rien de tel. Cherchait-elle à se frotter et à lui et à ressentir quelque chose, et à lui faire ressentir quelque chose ?

Et puis, son sourire s’élargit, et il gloussa derrière ses lèvres closes. Ce n’était pas un rire cruel. C’était nerveux. Un relâchement de tension et une réalisation bouleversante qui agitaient tant son esprit qu’il se devait d’expulser le trouble d’une manière ou d’une autre.

« Tu veux bien me baiser, mais pas me garder. »

La remarque, provocatrice, faisait autant allusion à sa cyprine traîtresse qu’au démasquage de sa posture désintéressée. Il lui faisait savoir qu’il y voyait plus clair qu’elle le pensait. Il savait que, de toute façon, elle ne pourrait pas le blesser dans un accès de rage. Mais au trouble succéda quand même la colère, et il profita d’un coup de sang pour retourner sa force surnaturelle contre elle, roulant sur le lit en se recalant sur elle, reposant totalement sur elle, entre ses cuisses ouvertes, le bassin toujours à son abdomen. Il tint ses poignets sans espoir de pouvoir les retenir plus de quelques secondes mais, souriant et joueur, il en profita quand même pour lui mettre un autre coup à l’égo.

« Tu crois que je vais obéir et me faire vider alors que tu ne peux rien pour me forcer ? Pas même tenir ton emprise pour l’occasion ? Cette malédiction est bien foutue ! »

Il se fit bien sûr retourner par une Thanasia excédée, mais il éclata d’un rire en quintes comme il se faisait plaquer à nouveau sur le matelas, et il soutint son regard en souriant.

« Tu sais quoi ? Arrête ton numéro, fais-moi confiance, et je te ferai confiance. »

Il marqua une petite pause. C’était au tour de la vampire, certainement, d’être aussi incrédule que dubitative face à ses propos.

« Chacun peut avoir ce qu’il veut et prendre son pied en prime. Je ne sens plus ton contrôle sur moi, mais tu peux vérifier toi-même, j’ai clairement envie de toi. Alors laisse-moi être ton mâle pendant un moment, laisse-moi m’amuser et te faire jouir, et je te promets que tu auras ta pinte de sang. »

Son sourire se tordit un peu, malicieux, narquois. Il était un homme de grands appétits et l’agilité, l’élasticité, la petitesse et la relative inoffensivité de la vampire lui creusaient vraiment l’appétit. Si sa proposition était un bon moment partagé en échange de son sang, il comptait bien la prendre au mot, mais il ne comptait pas poser de limite de temps ou de pratique à ce moment.

« Deal ? »
Pages: 1 [2] 3 4 ... 10