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Messages - Hadrian Kensley

Pages: [1] 2 3 ... 7
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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mardi 13 janvier 2026, 03:03:36 »
" Vous avez un "bouton d’urgence" pour vous contacter, ou une sorte de "bat-signal" ?"

La question était moqueuse, taquine, mais n'arracha qu'un léger mouvement des lèvres à Vanessa, qui s'abstint bien d'élaborer sur ses capacités, car les connaissant, Cypress deviendrait en mesure de les contrer, et donc quelqu'un capable d'accéder à son esprit et à ses pensées serait en mesure de faire pareil avec les bonnes questions.

Voyant la jeune femme somnoler de plus en plus alors qu'elle sentait elle-même, dans sa physionomie partiellement inhumaine, le changement d'ambiance qui venait avec les heures matinales, la goule hocha de la tête lorsqu'elle annonça vouloir retourner se coucher, et après avoir fait un tour sommaire de l'appartement pour s'assurer qu'il n'y avait plus de menace infiltrée, elle excusa la jeune femme et prit son congé, après avoir bien sûr verrouiller la porte à triple tour, non pas pour empêcher Cypress de se sauver, mais plus pour s'assurer que personne ne serait en mesure de la troubler. Le danger, après tout, n'était jamais complètement passé tant que les ennemis perduraient.

***

"Tu es une personne difficile à trouver, Em," fit la voix d'Hadrian alors qu'il tirait une longue bouffée de fumée de sa cigarette. "Et tu m'as fait beaucoup courir."

Le regard nerveux, anxieux et chargé de terreur d'Em, communément appelé le p'tit Ravnos, la p'tite anguille ou le p'tit con, dépendant qui en parlait, se tourna vers l'autre direction de la ruelle. Au sol, sa dernière victime, les yeux révulsés, la peau pâle, les traits figés.

"Euh… hey-hey, Hadrian~ Qu'est-ce qui me vaut l'plaisir, mon… err… mon vieux?" dit Em, comme s'il ne venait pas de faire dix kilomètres de course à pied, pourchassé par Hadrian et ses goules au travers de la ville.

Hadrian s'approcha de son homologue, lentement, sans se presser, et à chaque pas qu'il faisait, Em en fit un vers l'arrière.

Pour la plupart des gens, Em n'était pas vraiment un danger. Ce n'était pas le plus féroce des prédateurs, et il tâchait au possible de ne pas se faire trop remarquer par les grands de ce monde, mais Em était également ce qu'on appelait un sans-clan, ou Caitiff. Un rat à forme humaine. D'un côté, il était remarqué si peu qu'il était près d'autres gens de leur espèce, mais passait généralement inaperçu dans le monde vampirique, un peu à l'image de la vermine qui, si elle n'était pas directement vue, pouvait vivre confortablement sans jamais être importunée.

"Tu as fait une bourde," dit Hadrian en s'approchant encore de son homologue. "T'associer avec Victoria? Em. Em, Em, Em." Chaque itération du nom gagnait en gravité. "Je te croyais plus malin. Plus fin. Plus… déterminé à ta propre survie."

Le fond de la ruelle rencontra le dos du Ravnos, qui jetait des coups d'œil dans toutes les directions, cherchant une issue. Mais il était coincé, et Hadrian s'approchait encore et encore.

"A-attends, c'est pas du tout ce que tu crois, j-"

La main d'Hadrian agrippa les cheveux du vampire, et tira vers l'arrière, le forçant à ployer le cou et regarder vers son agresseur. Le regard bleu du Ravnos croisa les iris cramoisies du Tremere. Il poussa un petit cri, à peine un couinement, alors qu'il sentait la peur s'infiltrer dans ses veines et le prendre au cœur. Métaphoriquement, bien sûr, car nous le rappelons à nos lecteurs, ces créatures ne vivent pas comme nous vivons.

"Chut, Em. Tu auras tout le temps de m'expliquer une fois dans ta cage. Et si tu tentes de fuir…"

Les ongles d'Hadrian se déformèrent derrière le crâne d'Em, devenant de longues griffes acérées qui lui écorchèrent le crâne.

"Tu comprends, bien sûr?"

"O-oui…!"

"Oui, qui?" fit le vampire en montrant les crocs.

"Oui, Hadrian…!" couina l'autre.

"Bien."

Et il le relâcha.

"Goto, viens ici."

Goto, une goule du maître vampirique, apparut au bout de la ruelle. Un grand homme, blond, dans la quarantaine, habillé d'un habit complet, dont les lunettes cassées laissaient voir une blessure à l'œil qui, assurément, le laissait borgne. Il approcha le duo vampirique et, sans un mot de son maître, tira de son veston un rouleau de ruban adhésif, un baillon et un bandeau.

"Euh… normalement, les gars, franchement, je charge extra pour les trucs kin—" débuta Em, avant que sa bouche ne soit immédiatement couverte du baillong.

S'ensuivit du bandeau pour les yeux, et Goto le fit tomber au sol pour le saucissonner, enroula le ruban autour des bras et des jambes de l'otage.

"Est-ce que le baillon était absolument nécessaire, Goto?" demanda Hadrian avec son sourire stéréotypé.

"Capital, patron."

Em ne répondit que par un gémissement mécontent, avant que Goto ne le soulève de terre en coincant le bassin du vampire entre son bras et sa hanche, comme il l'aurait fait pour une boite ou un tapis, alors qu'au bout de la ruelle, un véhicule reculait et se plaçait entre les deux immeubles. Le coffre s'ouvrit devant eux, et Goto y déposa sa charge, avant de grimper dans la voiture et la traverser jusqu'à atteindre le côté passager, et que son maître ne fasse de même pour s'assoir sur la banquette arrière alors que la portière électrique se refermait d'elle-même.

***

Conformément à ses estimations, Hadrian ne fut pas parti bien longtemps. Certaines personnes auraient pu s'inquiéter de son absence, surtout sans nouvelle, pendant qu'il faisait… ce que les Caïnites font quand ils ont des adversaires à gérer, mais considérant tout ce qu'ils savaient l'un de l'autre, c’est-à-dire pratiquement rien, ce temps sembla relativement court.

Cypress, via Vanessa, se vit octroyer un changement de rythme en se voyant annoncé qu'elle n'était plus uniquement consignée à l'appartement du propriétaire des lieux, et si son accès au monde extérieur était, pour le moment, restreint par mesure de sécurité, elle jouissait de la permission de l'assistante à explorer le complexe, et ce même en journée. Que ce soient les bureaux, la cafétéria, la salle de sport, ou même la piscine, Cypress pouvait aller où elle le voulait, quoi qu'elle put tout aussi bien rester à l'appartement sans avoir à croiser quiconque si tel était son désir.

En bon hôte, et qui se verrait bien mal de laisser sa belle amie attendre, surtout considérant sa situation actuelle et le fait que de ne pas la retrouver serait fort discourtois considérant sa promesse de la retrouver rapidement, il appela Vanessa pour localiser son invitée, et parcourut les couloirs et les ascenseurs de la résidence pour la retrouver, où qu'elle se soit cachée pour la soirée.

Il était presque minuit, déjà, quand il retrouva Cypress, et son premier réflexe fut de lui sourire.

"Je suis de retour."

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: lundi 05 janvier 2026, 20:30:24 »
Après le repas, et considérant que Cypress avait probablement fini avec sa part, Vanessa se leva de son siège et débarrassa la table.

« C’est-à-dire, donc, que les gorgones des mythes sont encore plus rares que les Caïnites. Je trouvais déjà l’existence de Mr. Hadrian un brin affligeante, car n’ayant que peu de pairs à qui s’adresser, et qu’ils sont –par tradition, par nature, ou par la force des choses– hargneusement agressifs et territoriaux les uns envers les autres, mais de n’avoir, peut-être, que deux autres semblables dans le monde entier… Boarf, après, qui suis-je pour déplorer l’absence de créatures maudites. »

Le terme de créature maudite avait, bien sûr, été dit sans venin. La malédiction de Médusa, comme la malédiction de Caïn, était bel et bien une malédiction divine, et donc ceux qui en souffraient étaient bel et bien maudits, malgré les dons fantastiques qui accompagnaient leur talent.

Vanessa fit couler l’eau du robinet et plongea la vaisselle dans l’eau bouillante, ne ressentant que très légèrement la chaleur qui aurait fait, sinon gémir, au moins reculer par réflexe une créature plus sensible. Elle frotta les assiettes avec du savon, les yeux fixant les bulles qu'elle créait ainsi, se perdant un moment dans sa contemplation de la solitude subjective à laquelle la jeune femme s'était non seulement recluse, mais également à laquelle elle avait été forcée par la force des choses. Certes, les humains devenaient beaucoup moins intéressants à fréquenter lorsqu'on devait passer toute sa vie à cacher sa nature plutôt que de l'explorer.

Aussi, les humains sont stupides et rapides à paniquer dès qu'ils sont confrontés à quelque chose qu'ils ne comprennent pas.

Après avoir fini la vaisselle, Vanessa s'essuya les mains et regarda vers Cypress, puis s'avança vers elle. Elle lui prit alors le menton et lui leva les yeux vers les siens pour la regarder au travers de ses verres émeraudes.

"Aucune déformation… j'en déduis que les lunettes ne me doublent pas à titre de correction visuelle… si vos ancêtres ou vous-même pouvez me trouver le matériau neutralisant votre malédiction oculaire, je pourrais probablement en trouver et en faire parvenir à un laboratoire d'ophtalmologie. Hm… peut-être même confectionner des lentilles de protections pour certains indispensables, en cas d'urgence."

Après un moment, son regard descendit des yeux de Cypress et se posa sur ses lèvres, vermeilles, pulpeuses, assurément douces comme la caresse d'une couverture de soi. Une bouche pleine.

"Hm."

Elle retira sa main du visage de Cypress.

"Seriez-vous au courant d'autres facettes de la malédiction? Est-ce que vos frères et sœurs partagent un physique avantageux comme le vôtre, ou est-ce un trait garanti par votre lignée paternelle ?"

Il serait difficile, même pour l'auteur de ces mots, de dire précisément si cela était un compliment de la part de Vanessa vers Cypress, prononcée d'une manière très indirecte comme elle se plaisait à le faire, ou si cette phrase n'était révélatrice que d'une curiosité pure et simple. Ou, peut-être, que l'attirance d'Hadrian envers sa protégée, en raison du lien entre le maître et la goule, s'était transmise à celle-ci. Selon le mythe, après tout, Médusa était plutôt belle femme, et l'idée de tourmenter celle-ci et ses descendantes en les rendant exquises et irrésistibles à qui sait voir par-delà la première malédiction ressemble définitivement à ce qu'un gros taré de la Grèce Antique aurait comme idée d'imposer à une femme pour lui compliquer davantage l'existence. Comme un Tzimisce.

"Enfin. Prenez garde, dans Seikusu. Le mondain et l'anormal se côtoie ici, je ne suis pas certaine qu'il n'y aura qu'Hadrian pour perturber votre plénitude. Il serait important pour vous de vous entourer, petit à petit. Comme le font les jeunes vampires ayant détruit la chrysalide de leur humanité, et qui apprennent du monde qui se cache derrière la réalité superficielle."

Elle lui adressa alors un de ces regards qui disait, sans donner le mot, 'et si quelque chose venait à vous menacer, pensez à moi, car moi, je connais ce monde'.

Semblerait-il que Cypress ait fait, chez cette femme apparemment indifférente, une alliée potentielle?

3
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mardi 23 décembre 2025, 21:47:58 »
Manger était un plaisir que Vanessa se surprenait à se réjouir de pouvoir apprécier. Une phrase qui semble faire peu de sens, mais dans le cas d'une personne qui passe le plus clair de son temps à amadouer un capricieux maître et lui apporter la satisfaction à ses objectifs, sans jamais vraiment s'arrêter aux petits plaisirs de la vie, le fait qu'elle n'ait pas complètement abandonné ces plaisirs humains relevaient de l'exploit.

Comme toujours, elle se garda bien de démontrer une trop grande explosion d'expressions faciales, comme si elle les gardait précieusement pour les moments importants; alors qu'elle se délectait du met, la seule démonstration de plaisir se manifesta ainsi; ses yeux, pour un instant plus long qu'à l'habitude, se fermèrent pour que son attention se fixe sur le goût qui se propageait dans sa bouche. Les commissures de ses lèvres, pour un laps de temps presque plus court qu'un clignement d'yeux, s'étira dans un bref sourire content. Sa langue joua un peu avec la mixture dans sa bouche, et elle déglutit le tout. Une légère volute de vapeur s'échappa de ses lèvres, et elle coupa un autre morceau de la tarte au poulet pour en reprendre un autre. C'était simplement délicieux.

Après un moment, et parce qu'elle était capable de comprendre une suggestion quand elle était mentionnée, elle rapporta son attention sur Cypress.

"Je peux ouvrir une requête avec un comparse d'une clinique d'ophtalmologie. Discret, professionnel, plus ou moins loyal, je suis convaincu qu'il saura vous aider. Cela nécessitera des tests, bien sûr, mais si vous désirez une alternative à vos lunettes –et garantir la sécurité du professionnel–, je m'arrangerai pour que vous en rencontriez un."

Elle prit une autre bouchée de tarte, arborant la même expression que décrite un peu plus tôt, avant de touiller un peu dans son assiette.

"Quoi que la méthode pour créer des lentilles en verre n'est plus vraiment pratiquée, si le matériau dont vos verres sont composés peuvent être adaptés au plastique pour faire une espèce de teinte homogène bloquant la pétrification."

Elle lécha sa fourchette.

"Sinon, si vous connaissez le nom de celui qui a fabriqué vos lunettes… il m'est avis qu'il est également au courant de votre condition, et donc qu'on pourrait le faire… 'déplacer', le temps d'une consultation."

Les kidnappings à l'international n'étaient pas forcément chose aisé, considérant le déplacement, mais pour Vanessa, la difficulté était presque une motivation de plus. Elle aimait les défis. En contrepartie, Cypress pouvait constater que le crime n'était pas seulement quelque chose dans lequel l'organization d'Hadrian trempait la main de temps en temps; il n'y avait rien de légal ou presque dans leurs opérations, au point que parler de ces choses devenait presque banal aux yeux de ceux qui étaient dans le milieu.

Après avoir plus ou moins englouti le repas, mais toujours avec son aura d'impeccable professionnelle, la goule essuya ses lèvres avant de se lever et d'aller rincer et ranger les assiettes, avant de bifurquer vers le frigo, d'en ouvrir la porte et d'en sortir un petit gâteau au fromage, afin de bien terminer le repas. Accompagnant le fromage au vin, comme le voulait la tradition, elle revint avec un Château d'Yquem, un vin conçu spécialement pour accompagner les desserts, et servit deux coupes.

"Feue ma sœur était une dent sucrée," dit-elle en s'asseyant de nouveau. "Et elle a passé quelques années à faire les tournées des vignobles français, avant que sa maladie ne l'emporte. Je conserve, en sa mémoire, quelques savantes combinaisons de desserts qu'elle affectionnait."

Après avoir pris une légère gorgée de vin, elle prit une bouchée de gâteau. Elle émit ce même micro-sourire de satisfaction à ce goût riche qui explosait dans sa bouche à la combinaison du vin et du fromage. Il ne durera pas, comme toutes ses expressions faciales, et revint sur Cypress.

"J'ai cru comprendre, en faisant mes recherches, que vous étiez la dernière de votre fratrie. Est-ce qu'ils ont tous votre particularité? Ou une particularité bien à eux en lien avec votre ascendance?"

4
Les contrées du Chaos / Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]
« le: dimanche 21 décembre 2025, 06:16:22 »
"Comme certains le disaient lorsque j'étais... vivante, je connais le principe du « papa dans maman », mais c'est tout. Je...Je n'ai rien vu, je n'ai rien fait, je n'ai rien touché...Si on peut le résumer ainsi..."

Alors là, se dit le vampire, on n'est pas sorti du désert.

Il avait connu des gens un peu isolés, du genre qui ne pouvaient réalistement pas survivre sans le support d'autrui en raison d'une négligence familiale ou éducationnelle, mais quelqu'un avait vraiment arraché à cette pauvre demoiselle toutes ses chances de pouvoir survivre dans sa nouvelle position; aucune connaissance de ses propres capacités, aucune façon de se nourrir convenablement, aucune éducation quant à sa nature, et même pas une éducation de base pour pouvoir séduire une victime potentielle. Hadrian ne faisait pas souvent le parallèle entre le vampire séducteur de la télévision avec le vampire réel, qui se passait bien volontairement du consentement des autres pour son propre bénéfice.

Elle lui présenta encore des excuses, et il eut encore un brin de frustration, refoulé de nouveau pour ne rien laisser paraître sur son visage, et il lui rendit le baiser quand elle le lui offrit. Encore un baiser chargé d'incertitude, maladroit, sans conviction.

"Pardonnez ma fermeté, Calypso, mais pour ce soir, c'est non," dit le vampire en lui caressant délicatement la tête. "Le temps viendra peut-être où la chose vous engouera davantage. Pour le moment, je crains que ce ne devienne qu'un traumatisme. Essayons d'abord de reprendre des forces, et voyons si simplement être près d'une autre personne vous suffit pour ne pas être assaillie de cauchemars. Au retour de la nuit, nous essaierons de trouver un chemin pour regagner notre plan, en espérant ne pas croiser d'autres hommes-oiseaux."

La discussion sur les affaires du sexe, cependant, semblaient être close. Calypso n'était pas sa victime, ou une ennemie; il ne voyait donc pas l'intérêt de pousser la chose plus que de raison. Il pourrait, évidemment, manipuler son esprit d'une autre façon, instillant en elle des désirs et des appétits qu'elle ne possédait pas, mais cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur sa confiance en lui, et ils étaient clairement à une étape où ils ne pouvaient pas se permettre de méfiance.

Il l'attira donc de nouveau, la faisant passer sur lui, et passa ses bras autour de ses hanches. Il prit cette main douce et délicate qu'elle tenait contre sa joue, et baisa la paume d'une légère caresse des lèvres.

"Plus tard."

Et plus tard… fut sacrément loin.

Dès la tombée du soleil suivant, les deux vampires se tirèrent de leur antre. Hadrian, fort gorgé de sang grâce à son repas, s'extirpa de son sommeil de mort, et se leva de leur couche, afin de se rhabiller et de préparer le voyage à venir. Il ne savait rien de cette contrée, et pour être parfaitement honnête, son seul besoin était de trouver un endroit où se cacher de jour pour reprendre le voyage de nuit.

Le presque-moment sembla passer entre eux, ou du moins Hadrian ne chercha-t-il pas à pousser les limites de sa protégée plus que de raison. Il lui parla, bien sûr, et lui prodigua les enseignements qu'elle désirait, mais seulement selon sa curiosité. De toute façon, comme la nuit était plutôt solitaire et protectrice pour deux prédateurs nocturnes, ils n'eurent rien d'autre à faire que de discuter. Par quelques opportunités, un groupe de brigands ou de voyageurs égarés se mirent sur leur chemin. Les premiers furent exterminés rapidement, et leur sang récolté, les seconds, à l'inconfort de Calypso à commettre un meurtre sur des victimes innocentes, furent épargnés. Ces quelques rencontres leur permirent, cependant, de se changer de leurs loques et d'adopter une mode plus contemporaine. Une tunique noire, des pantalons gris et des bottes de marche devinrent la nouvelle garde-robe du vampire, ainsi qu'une cape à capuchon. Des brigands, il récupéra un poignard de bonne facture et quelques pièces d'argent, lesquelles il n'avait aucune chance de connaître la valeur légitime.

Deux semaines, c'était fort long. Même avec leur endurance surhumaine, il ne pouvait nier que ce ne fut guère plaisant. Plusieurs fois, ils furent forcé même de rebrousser chemin, incapable de trouver une cachette pour se dissimuler au regard du soleil, et Hadrian fort peu intéressé à s'exposer.

Après ce long périple, ils gagnèrent, de nuit, un endroit qui s'appelait, tout simplement, la Ville, une grande cité indépendante. C'était un poste de commerce s'étant établi comme un ramassis d'un peu tout ce qui pouvait passer dans les rues; des marchands, certes, mais aussi des mercenaires, des voyageurs, des putains, des aventuriers, des voleurs et probablement des tueurs. Un endroit où ceux qui, comme eux, n'avaient que leurs affaires en tête ne sembleraient pas hors norme.

C'était vite dit, cependant, de croire qu'ils seraient laissé à leur compte.

Alors qu'ils s'étaient installé sur une petite promenade pour se reposer et épargner leurs jambes endolories, Hadrian aida la jeune femme à retirer ses bottes et examina ses pieds, lesquels présentaient déjà des ampoules ayant éclatées.

"Hm. Des chaussettes ne seraient pas de trop," dit le vampire en tirant de son sac une petite huile qu'il avait chapardé à l'un des voyageurs commerçants. "Ne bouge pas."

Il versa un petit peu d'huile sur le pied abîmé de Calypso, avant de le masser délicatement, s'assurant de bien faire pénétrer la substance désinfectante dans ses blessures.

Alors qu'il passait enfin un pansement autour de son pied, des bruits de pas s'approchèrent.

"Alors, mes amis, une belle soirée en tête à tête?"

Hadrian eut un moment d'agacement à cette voix nasillarde. Typique des introductions d'antagonistes dans les téléséries américaines, il n'eut même pas à se retourner pour deviner que, derrière lui, devait se trouver un homme avec ses camarades arborant un grand sourire semi-édenté, probablement vêtus de loques et puant l'alcool.

Il finit de panser le pied de Calypso, et lui remit sa chaussure.

"Cette fois, tu t'en occupes, Cal," dit-il, doucement, utilisant le pseudonyme qu'il avait trouvé. Calypso était un nom un peu trop beau pour les va-nu-pieds qu'ils étaient. Pour sa part, il avait simplement changé l'accent de son nom pour Adrien, une version plus commune de son prénom.

Si la plupart de leurs soirées avaient été utilisées pour marcher, il n'avait pas omis de lui inculquer, un peu par la force, quelques aptitudes martiales. Rien de bien élaboré, mais d'eux-deux, elle était celle qui avait encore un peu de sang à dépenser, alors que lui avait dû s'interposer dans la plupart des conflits sur la route. Il lui avait montré à utiliser ce sang, à renforcer ses capacités physiques. Même sans son aide, elle devrait être au moins capable de gérer une bande de petites frappes, surtout si elle décidait de ne pas tuer.

5
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: samedi 20 décembre 2025, 18:00:28 »
La réponse de Cypress ne reçut aucune réaction particulière de la part de Vanessa, qui se contentait de siroter son latté en réfléchissant. C'était peut-être vraiment Seikusu qui était un ramassis de créatures normalement invisibles n'importe où ailleurs. C'était comme si être dans cette ville arrachait aux monstres cette capacité presque innée de se garder discret, car il n'y a que depuis son arrivée à Seikusu qu'elle avait été exposée aux monstres, alors qu'elle avait passé le plus clair de sa vie humaine sans même soupçonner leur existence.

" Et vous ? En avez-vous rencontré beaucoup, des êtres surnaturels ? "

"Plusieurs, oui. Trop à mon goût."

Elle prit alors place sur un des tabourets de l'autre côté du comptoir, trempant les lèvres dans son café à nouveau, avant de lever les yeux vers Cypress. Le rouge à lèvre de la goule semblait à l'épreuve de tout, car il ne laissa même pas une marque sur le verre, s'accrochant à sa bouche de toutes ses forces, presque à croire que ce rouge était naturel chez elle.

"Beaucoup de créatures existent en ce monde. Ne me basant que sur le folklore local, je peux vous dire qu'il y a toujours un fond de vérité aux rumeurs et légendes. Certes, les créatures dénommées yōkai ne sont pas forcément les plus visibles d'entre eux, mais les fantômes? Seikusu en est presque infesté, et les pires d'entre eux sont les esprits de rage. Les fantômes des défunts décédés de mort violente. On a eu un cas, ici, il y a quelque mois; une saloperie qui se baladait dans les toilettes des femmes."

Elle eut un petit sourire en coin à ce souvenir.

"Les spectres ne sont pas toujours hostiles, et celui-là était plus une nuisance qu'autre chose. Il n'était pas dangereux, mais il voulait être remarqué. Il retirait le papier de toilette des rouleaux, faisait tomber les téléphones dans la cuvette, ou montait la pression dans la cuvette pour arroser les fesses des usagères. Ça nous a pris trois semaines pour trouver son "lien" au monde des vivants, et c'était le jouet du gamin d'un des employés. On a été forcé de le détruire pour être libéré. Apparemment que le fantôme était un de ses camarades de classe."

Vanessa continua de raconter quelques histoires de fantôme supplémentaire, avec la même attitude qu'elle aurait eu si elle relatait les nouvelles de la semaine, tout en touillant son latté, sans vraiment y porter attention, avant d'enfin tomber sur le sujet des loup-garous.

"Honnêtement, je n'ai qu'un seul conseil à vous donner, et c'est d'enlever vos lunettes. Je vous dirais bien de fuir et de vous cacher, mais les Lupins sont tout simplement trop rapides et trop fins de museau pour que cela ne vous serve; les vampires sont dangereux, certes, mais ils utilisent les humains à leur fins ,alors que le Lupin n'en a absolument rien à faire. J'ignore si votre regard n'affecte que les humains, ou si toutes les créatures surnaturelles sont affectées, mais je prendrais la chance de regarder un Lupin dans les yeux plutôt que de fuir, si la première option avait une chance, même infime, de les tourner en pierre. Ils sont rares, encore plus au Japon, mais ce ne serait pas hors des possibilités qu'un voyageur soit secrètement un loup-garou."

Par le temps que Vanessa termine ses expositions, son horloge interne lui envoya une alarme d'urgence, et elle renifla l'air avant de faire un petit geste de son anguleux menton vers la cuisinière, dans laquelle gémissait maintenant une Chicken Pie bien dorée.

"Je crois que c'est prêt."

Elle se leva de son siège et alla mettre la table pendant que Cypress s'occupait de tirer la nourriture du four.

6
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: jeudi 18 décembre 2025, 08:14:29 »
" Oh, oui, je serais ravie que vous me montriez la recette. J’imagine que maintenant que… Um… Enfin. Etant donné comment la situation a évolué, ce ne sera pas du luxe si je ne veux pas me transformer en… En nymphomane totalement frappée. "

Un hochement de la tête signala que Vanessa pouvait comprendre le désir de ne pas développer une dépendance, même si elle ne partageait pas cette même horreur de la nymphomanie, n'ayant jamais été confrontée à une personne qui aurait pu lui donner horreur de l'acte sexuel.

" Monsieur Hadrian, tel que je le connais, n'a aucune intention de vous plier ainsi à lui, ou à quiconque.  Comme tous les hommes, il a ses côtés… enfin, il a ses failles… Vous devez comprendre aussi qu'il y a une énorme différence entre le traitement réservé aux gens que les Caïnites méprisent, à savoir le commun des mortels, et les rares êtres auxquels ils accordent une certaine importance. Hadrian prône l'utilité avant la servilité, et maintient la loyauté en se présentant comme le plus humain possible envers ses subordonnés. Ses ennemis, en contrepartie…"

Vanessa fixa la béchamel un moment, avant de rajouter quelques épices au mélange. Un peu de sel, de poivre et encore une cuillérée de farine, presque machinalement.

"Bref."

Elle regarda la jeune femme et corrigea un autre malentendu.

"Je n'ai pas besoin de régurgiter la nourriture. La malédiction des vampires ne m'affecte pas, tout comme le soleil ne m'affecte pas. Je mange, je bois, je peux même, à ma discrétion bien sûr, m'intoxiquer. Par "nourrir", j'entends le sang de Monsieur."

À la simple mention de vitae, même dans le langage profane, elle sembla démontrer un signe de frustration, au même titre que l'idée d'être soumise à une crise de nymphomanie soudaine pourrait frustrer Cypress, ou tout simplement l'idée de ne pas pouvoir se plonger dans un bouquin après six semaines sans en avoir vu un. La goule secoua brièvement la tête avant de plonger sa main dans la poche de son veston et en sortir un flacon de cachets. Elle en fit tomber trois dans sa paume, avant de les ingurgiter, s'abreuvant à l'évier à la main pour faire passer les cachets plus facilement.

Une fois la crise passée, elle se redressa en soupirant, adressant un regard à la gorgone qui venait d'enfourner la tarte au poulet.

"Et hop, au four ! Je baisserais la température d’ici 20 minutes, et 20 minutes plus tard nous pourrons manger. Si ça ne vous gêne pas d’attendre un peu ?"

"Du tout," dit la goule avec un hochement entendu de la tête. "L'attente fait partie de mes fonctions principales."

La surveillance et la protection était deux activités qui demandaient une patience à toute épreuve, et c'était peut-être parce qu'elle était une goule et parvenait aisément à laisser s'écouler les minutes, mais Vanessa ne semblait pas s'importuner du temps. Elle se tourna plutôt vers la bouilloire électrique qu'elle remplit d'eau avant de la mettre en marche, avant de se tourner vers la machine à café. En quelques minutes, elle prépara respectivement un café latté vanille avec garniture, ainsi qu'un thé composé de plusieurs herbes qu'elle tira des sacs qu'elle avait apporté plus tôt, avec des herbes deux fois infusées.

Une fois les breuvages terminés, elle posa le thé devant Cypress, et trempa ses lèvres cramoisies dans le latté, une extravagance qui semblait jurer avec cette apparence sobre et presque trop professionnelle. Elle inhala ensuite la délicieuse odeur du grain moulu, et expira lentement, avant de boire une autre gorgée, avant de lever les yeux vers Cypress.

"Si je puis vous poser une question personnelle… est-ce que nous sommes les premières créatures du genre non-humain que vous avez rencontré? Je veux dire… au niveau des êtres que les humains ne croient pas exister, j'entends."

Il y avait une pointe de curiosité sincère dans le ton de voix de la jeune femme.

"Jusqu'à il y a dix ans, vous m'auriez dit que les vampires, les loups-garous ou les fantômes existaient, je crois que je n'aurais pu m'empêcher d'être très, très cynique. Maintenant… le mur entre le fantastique et la réalité me semble incroyablement friable, et composé simplement de malentendus, de rumeurs et d'ignorance."

7
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mercredi 17 décembre 2025, 16:46:46 »
"Est-ce que les effets induits par le… um… sperme, la salive et la sueur… -Mmh, les trois S ? Non, ça ferait quatre avec le sang, ce serait perturbant…- Est-ce que ce sont des effets permanents, comme le sang ingéré, ou bien il y a une limite de temps à leur… Efficacité ?”

“À ma connaissance, si les effets sont cumulatifs, ils sont normalement temporaires, donc tout au plus une à deux heures. Mais c’est comme l’alcool; la modération est recommandée. À force d’exposition, cela peut causer une addiction. Une addiction plus légère que celle du sang, certes, mais une addiction tout de même. Honnêtement, je vous dépeins un tableau fort sévère, mais c’est simplement pour que vous soyez informée, pas pour vous terrifier. Certains vampires ont une vie sexuelle plutôt normale, que ce soit entre eux, avec leurs goules ou avec des mortels."

Vanessa la suivit donc jusqu’à la cuisine alors que la jeune femme semblait s'y diriger, lui collant plus ou moins les basques. À sa question quant au menu, elle se contenta d'un hochement de la tête et, pendant qu'elle préparait la viande, la goule usa de ses sens aiguisés pour évaluer la préparation. Habituée à s'occuper du maître, certains pourraient croire qu'elle n'a aucun talent culinaire, puisque les vampires ne mangent pas, mais une grande partie de son travail incluait également de mettre ses victimes… enfin… "interlocuteurs", à l'aise. C'est donc machinalement qu'elle passa un bras à la hanche de Cypress pour l'arrêter un moment, renifla l'air et rajouta une pincée d'épice au poulet. Elle se tourna ensuite vers les ingrédients et, pour lui donner un coup de main, se tourna vers l'îlot pour préparer la pâte, avec

" Il y a un processus pour se purger de ces effets ? Je serais curieuse de le connaître, au cas où… Oh, et, aucun rapport avec... Um… Le sexe. Mais… Est-ce que c'est gênant ai jamais je cuisine avec de l'ail ? Je ne voudrais pas vous empoisonner, vous ou Hadrian. Ni vous indisposer si l'odeur est repoussante… "

"C'est une mixture. Connaissant votre affection pour le thé, je me dis que vous pourriez même rendre la recette potentiellement digeste. C'est une recette normalement utilisée par les Chasseurs et leurs collaborateurs. Il semblerait que, dans les derniers siècles, ils aient trouvé des méthodes scientifiques plutôt que magique pour se débarrasser de la plupart des effets nuisibles. En ce qui concerne l'ail… non. Le maître n'est pas indisposé par l'odeur. En contrepartie, il ne peut pas manger. Quoi qu'il mange, quelques heures plus tard ou, tout au plus, trois jours plus tard, il doit vider son estomac."

Voyant l'air inquiet qui se dessina sur le visage de Cypress, elle précisa.

"Il le régurgite. Et il est conscient du risque, c'est sa responsabilité, et non la vôtre."

Inutile de l'inquiéter et de lui parler de l'explosion de sang expulsé par la même occasion. La pauvre demoiselle en avait déjà assez appris. Elle ne savait déjà pas si elle devait ou non lui admettre la relation préexistante entre elle-même et le vampire, de crainte qu'elle la voit comme une rivale ou ait le mauvais réflexe de se comparer. Les humains étaient des créatures émotives, quelque chose qu'elle-même n'avait jamais été, et elle avait appris qu'ils n'appréciaient guère d'être exposé à des "exs", même dans le cas d'une relation purement physique, et occasionnelle.

Une fois la pâte préparée, elle fouilla dans les armoires pour en tirer un plat en aluminium et posa la pâte dedans, avant de la poser à côté de Cypress, et observer ses yeux au travers du verre émeraude, et elle posa une main contre le dos de la gorgone, en signe de… fraternité féminine? Elle ne savait elle-même pas ce qui avait poussé ce geste.

"Globalement, je partage plus de points communs avec les mortels que les vampires. Les goules ne sont, sommairement, que des humains. Ils n'ont aucun des points faibles du vampirisme, et sont généralement physiquement et mentalement supérieurs au commun des humains, mais… considérant que le "commun des humains" désigne une population globalement stupide et ignorante, ce n'est pas vraiment une grande amélioration."

Il y avait ce petit côté clairement misanthrope chez Vanessa. Elle partageait également la misandrie des gorgones qui habitaient la tête de Cypress; les hommes, notamment, la répugnaient. Il n'y avait que Hadrian qui trouvait grâce à ses yeux, et cela n'était peut-être que simplement dû au Lien.

La main de la goule glissa dans celle de la jeune femme et serra doucement, jusqu'à ce que celle-ci puisse sentir son pouls au travers du contact.

"Les goules sont toujours vivantes. On vit simplement plus longtemps, tant que nous sommes occasionnellement nourries."

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: lundi 15 décembre 2025, 21:53:34 »
Voyant que la pauvre Cypress se retrouvait visiblement démunie face aux commentaires, à peine voilés, qui touchaient à sa vie privée, Vanessa sentit poindre, l’espace d’un instant à peine perceptible, quelque chose qui s’apparentait à de la sympathie. Non pas une compassion naïve ou indulgente, mais une reconnaissance froide de la situation : cette jeune femme avait été arrachée à son quotidien, à son cadre rassurant, et projetée dans une réalité où son intimité n’était plus un refuge, mais un dossier ouvert sur un bureau étranger. Apprendre que Vanessa savait déjà presque tout d’elle — du moins tout ce qui concernait son existence au Japon — ne pouvait qu’accentuer le caractère profondément traumatisant de cette expérience. Cypress vivait un cauchemar feutré, sans cris ni chaînes visibles, mais d’autant plus insidieux qu’il se dissimulait derrière des regards calmes et des phrases polies.

Pour autant, Vanessa ne ressentait aucune culpabilité dans l’exécution de son travail. Ce qu’elle faisait n’était ni personnel, ni cruel à ses yeux : c’était une nécessité. Accumuler des informations sur toute personne s’approchant du maître à moins d’un mètre relevait de la simple survie stratégique. La Mascarade ne laissait aucune place à l’improvisation. Une relation sentimentale, un ami proche, parfois même un collègue trop curieux, pouvaient suffire à justifier un examen approfondi. Chaque lien humain était une faille potentielle, chaque attachement un angle mort dangereux.

Dans le cas de Cypress, le travail s’était révélé étonnamment simple. Peu de relations sociales notables, aucune attache sentimentale significative, des contacts universitaires sans relief, tous déjà passés au crible. Vanessa s’était contentée de fouiller méthodiquement son appartement, son établissement scolaire et ses communications téléphoniques. Rien n’en était ressorti qui puisse suggérer une quelconque menace, directe ou indirecte, envers Hadrian. Cypress n’était pas une espionne, ni une manipulatrice, ni même une pièce sur l’échiquier de qui que ce soit. Elle n’était, aux yeux de Vanessa, qu'une adorable jeune femme isolée et obsédée par sa fascination presque maladive pour les vieux textes.

À la question de la jeune femme concernant le menu du soir, Vanessa eut sa réaction habituelle; un regard arrêté s'étirant sur une seconde ou deux, comme si elle considérait encore une fois toutes les options possibles, puis elle suivit la jeune femme dans la cuisine, avant de presque lui foncer dedans quand Cypress s'arrête sans crier gare et se retourne vers elle.

"Um… Vous avez dit que les fluides des vampires ont des effets sur la physionomie humaine… Um… Quels fluides ? Et quels effets, surtout ?"

Vanessa mesura sa réponse pendant une bonne dizaine de secondes, évaluant mentalement les risques d'exposer ainsi les secrets du corps de son maître, mais elle décida qu'Hadrian, s'il avait décidé de ne pas la convertir à l'état de goule, voudrait la garder relativement informée.

"Le sang, ou plutôt la "vitae" comme l'appellent les Caïnites, car une substance produite par le vampire suivant l'ingestion du sang, forme un lien entre le vampire et vous. Vous ne vieillissez plus. Vous ne tombez jamais malade. Vous devenez capable de choses surnaturelles, dépendant du vampire. En contrepartie, vous devenez sa chose. La première ingestion, votre pensée se dirige vers lui, presque naturellement, et sa proximité vous réénergise. La seconde fois, vous le recherchez activement. Vous négligez vos responsabilités, cherchez à justifier une raison de se revoir. La troisième fois scelle le lien. Vous ne pensez qu'à lui, en bien ou en mal. Vos pensées ne vous appartiennent plus. Chaque mot qui sort de ses lèvres sont à l'égal des mots d'un dieu. Vous vous pliez en quatre pour répondre à ses désirs. C'est pour cette raison que je vous ai recommandé de ne boire son sang qu'en cas de vie ou de mort; la première fois demande un sacrifice, certes, mais c'est gérable. Briser un lien de sang du troisième type…"

Elle secoua la tête.

"Pour l'avoir essayé, et avoir échoué, je ne le recommande pas."

Elle reprit ensuite.

"Le sperme du vampire ou le lubrifiant vaginal de la vampire contient une fraction de ce que le sang peut exercer, mais à une échelle beaucoup plus locale. Lorsqu'ingéré, il est extatique; vos sens deviennent plus sensibles à sa présence. Sa voix devient une mélodie, vous le trouvez encore plus irrésistible, son goût, incluant la salive et autres fluides, deviennent un nectar à votre langue. Au contact de la peau, en cas d'une éjaculation externe… il a quand même un effet sur l'épiderme; les nerfs deviennent beaucoup plus actifs et sensible.

En ce qui concerne la sueur… eh bien, c'est un peu du pareil au même. Au contact, la peau de l'humain devient plus sensible, parce que les récepteurs nerveux sont affectés et que la substance mêlée à la sueur a pour but de pousser l'humain à rechercher ce contact. À l'ingestion, la langue, la bouche et la langue subissent le même traitement. Selon ma compréhension, pour le peu d'avoir ingéré de la sueur ou du sperme, un orgasme oral est possible."

Elle marqua une pause dans son discours, examinant la réaction de Cypress, et jugeant qu'il serait bien de clarifier un peu les choses.

"Comprenez qu'il y a une raison derrière cette particularité; le vampire, par sa nature, dévore l'esprit et le corps de ses victimes, et cela fait que leur corps, en accord avec cette mentalité, recèle ce genre de capacité. Ce sont des prédateurs à forme humaine. Même le plus hideux d'entre eux, si donné le temps et le moyen, peut devenir la source d'une obsession maladive. Mais, normalement, le simple fait d'être au courant vous permet de comprendre les risques et de vous y ajuster en conséquence. Et… si la chose venait à se produire malgré vous, à votre requête, je peux vous apprendre à vous purger de ces effets."

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: vendredi 12 décembre 2025, 18:24:01 »
"Je crois que bonsoir s'applique encore jusqu'aux petites heures du matin", commenta Vanessa à la réponse de l'invitée de son maître. "Mais à chacun ses habitudes. Bon matin, mademoiselle."

Le regard de Vanessa ne quittait pas Cypress alors qu'elle allait s'éloignait vers la salle de bain, et qu'elle se changeait. Impossible de juger si l'assistante du Tremere la regardait vraiment, ou remplissait juste son rôle de surveillance, du moins de l'extérieur. À l'intérieur, Vanessa examinait soigneusement le corps de la jeune femme, pour s'assurer qu'il n'y avait aucun signe de conversion qui aurait pu lui laisser croire qu'elle avait affaire à une nouvelle maîtresse; entre Hadrian et sa "fille", elle devait déjà partager ses attentions, elle n'était pas certaine qu'elle pourrait gérer les caprices d'une troisième maîtresse, encore moins un nouveau-né, et encore encore moins un mélange de gorgone et de vampire qui donnerait un résultat qu'elle n'était pas sûre de vouloir connaître.

Une fois habillée, elle revint, et prit place sur le canapé.

"Est-ce que les… Um… Courbatures ? Persistent longtemps, après une première initiation ?"

"Ça dépend toujours des femmes. Considérant l'absence de jouets chez vous, et l'absence de partenaire dans votre passif, vous n'avez pas vraiment eu de préparations adéquates. Il n'est rien que cette bru- que Monsieur Hadrian aurait pu faire de plus."

"Sont-elles toujours présentes après chaque… Étreinte ?" poursuivit Cypress.

"Non. Si les courbatures étaient récurrentes, aucune femme ne s'y prêterait de façon régulière. Certaines, plus fragiles, peuvent effectivement être sensibles et courbaturées après chaque rencontre, mais rien dans votre historique médical ne laisse supposer que vous êtes vulnérable à ce genre d'épuisement."

Le ton neutre de Vanessa, pour la première fois, semblait presque rassurant dans sa façon de parler. Elle conservait un incroyable professionnalisme, bien sûr, mais il y avait quelque chose de serein dans sa façon de parler.

"Mmh, plus important encore… Un vampire est-il fertile, nécessitant la prise de… Um… Contraceptifs ?"

"Non."

Voyant l'air inquiet de la jeune femme, Vanessa se permit un bref moment d'humanité et s'approcha d'elle, s'asseyant à ses côtés, mais avec un bon mètre de distance entre elles. D'un geste peu convaincant mais sincère, elle posa une main sur l'épaule de Cypress et y mit un geste de support et de compassion en serrant doucement les doigts.

"Les vampires sont morts. Leurs fluides sexuels, tout comme leurs cellules, sont infertiles. La seule façon, pour un vampire, de se reproduire est de tuer, et de réanimer un cadavre pour créer un nouveau vampire. C'est un rituel de sang. Il *existe* des vampires capable de se reproduire, selon mes rapports, mais ce sont soit des vampires d'une toute autre catégorie, ou alors le produit d'un rapport sexuel entre un vampire de sang extrêmement dilué et d'un ou d'une humaine."

Elle sembla hésiter un moment, avant de reprendre la parole.

"Si vous permettez, mademoiselle, je dois quand même mentionner trois choses, et cela parce que je me doute qu'il y a peu de chance que cette conversation vienne naturellement. La première est que, malgré tout, je recommande l'usage de contraceptifs lorsque possible. Les fluides des vampires ont des effets sur la physionomie humaine, et bien que vous soyez… différente… je ne peux m'empêcher de prendre en considération les chances que vous soyez fondamentalement humaine. Deuxièmement, à moins d'être grièvement blessée, ne vous aventurez pas à boire le sang de Monsieur, et cela doit être *absolument* une histoire de vie ou de mort. Et troisièmement… il viendra un moment où vous vous demanderez ce qu'est d'être mordue… je vous recommande fortement de résister à la curiosité. Je n'ai expérimenté le Baiser qu'une fois dans ma vie, pour une raison d'urgence où Monsieur devait absolument se nourrir, et Monsieur a dû réarranger mon cerveau pour oublier cette sensation, parce que, semblait-il, je ne vivais que pour renouveler l'expérience."

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: vendredi 12 décembre 2025, 01:39:44 »
Au moins, elle n'était pas déçue par ses mots, ce qui eut le bénéfice de relâcher un peu la tension qu'il sentait. Parler aussi sincèrement lui faisait l'effet d'avaler un verre d'alcool fort d'une traite; ca lui brûlait presque la gorge. Mais au moins, cette discussion semblait s'approcher de sa fin naturelle, et donc, ils pouvaient passer à autre chose.

Il sentit soudainement le doigt de Cypress, et son ongle, gratter le pourtour de sa blessure. La sensation était… inconfortable, pour le moins, mais elle était déjà plus gentille dans son exécution que Vanessa, qui aurait aussi bien pu le faire avec un torchon qu'avec une sableuse industriel, donc il ne rechigna pas trop, la laissant bandager sa blessure. Aussi longtemps qu'il l'eut, il ne pensa pas que quelqu'un se montra déjà aussi délicat à le traiter, que ce soit ses goules, littéralement des esclaves de l'esprit accroc à la vitae, ou Lilyanne, qui était juste trop petite et peu adroite pour faire le travail proprement.

Lorsqu'il sentit les mains de la jeune femme sur lui, puis son visage s'approcher du sien, il tourna la tête pour voir ce qu'elle faisait, et leurs lèvres se pressèrent les unes contre les autres. Un baiser doux, délicat. Elle avait raison; il avait des choses à faire. Des ennemis à tuer. Des choses à voler.

Mais cela pouvait attendre encore un peu.

Il la prit par la hanche et la tira contre lui, la faisant passer sur ses cuisses, en travers de lui, et passa ses bras autour de sa taille, la gratifiant d'un baiser plus passionné, puis d'un autre. Ses bras se resserrèrent contre elle, pressant son corps contre le sien, et il la garda comme ça, l'embrassant plusieurs fois, comme pour se donner, ou lui donner, assez de douceur pour endurer le reste de la soirée.

"Il manque d'heures dans une nuit pour faire, et vous faire, tout ce que je voudrais, mais vous avez raison; les affaires demandent. Et le plus tôt ce sera réglé…"

Il glissa une main sur la cuisse de la jeune femme et caressa le grain de sa peau, passant délicatement un de ses ongles nacrés sur sa peau à peine plus foncée eue la sienne.

"Le plus tôt ce sera réglé, le plus tôt vous serez libre de sortir à votre aise."

Il posa un baiser sur son cou, un autre sur sa joue et enfin un dernier sur ses lèvres. Ses bras la serrèrent une dernière fois, avant qu'il ne la repose sur le lit et se lève, manifestement à contre-cœur, car les plaisirs et les caresses de Cypress étaient un pronostic plus intéressant que celui de sortir, mais il le devait.

"Il est possible que je sois absent pour une nuit ou deux, si tout se passe bien. Si plus long…"

Il réfléchit un moment en se disant que dans le pire des cas possibles, il serait mort, donc pas vraiment un problème conséquent. Il secoua la tête.

"Ca ne sera pas plus long," se contenta-t-il de dire en retirant le peignoir, ouvrant les tiroirs de sa commode pour s'habiller.

Comme à son habitude, et simplement parce que c'était l'uniforme le plus imposant qu'il ne possède, il enfila un complet, noir cette fois, avec une cravate noire, une chemise rouge ainsi qu'un mouchoir de poche rouge. Il agrippa un peigne, ajusta ses cheveux noirs, lissa sa moustache et ajusta sa barbe, avant de se tourner vers son amante, et se dit qu'à se préparer ainsi, il devait avoir l'air fort vaniteux.

"Je vous assure que toute cette présentation est absolument nécessaire," dit-il, un peu pour la convaincre elle, mais il ne pouvait pas nier que c'était également pour lui-même.

Avec un dernier sourire, il se dirigea vers la porte et disparut de l'encadrage.

L'instant d'après, il réapparut dans le cadre de la porte, la regarda de la tête aux pieds.

"… Je ferai savoir à Vanessa de vous apporter vos vêtements. Mais je dois avouer… magnifique."

Une fois le compliment passé, il disparut de la porte, et Cypress entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer, la laissant seule.

***

Ce n'est que deux heures plus tard que Vanessa apparut dans la pièce, sans même que la porte n'annonce son arrivée. Ce soir, plutôt que son complet, elle portait simplement une blouse blanche, déboutonnée jusqu'à la naissance de sa poitrine, ainsi qu'un pantalon lui remontant jusqu'aux hanches, bouclé d'une ceinture en fil d'argent et des escarpins noirs La Venelle. Elle posa la valise de Cypress sur la table du salon, et se dirigea vers la cuisine, sa main droite chargée d'au moins huit sacs d'épicerie.

Après avoir rangé l'épicerie, elle porta enfin son attention vers Cypress et sembla figer de surprise, la menant à lâcher son thermos à café sur le plancher, où il émit un tintement sonore de protestation. Son visage ne trahit, comme d'habitude, aucune émotion particulière, mais son langage corporel, inerte, laissa supposer qu'elle devait ne pas être complètement sûr de comment adresser cette situation. Son regard darda sur la jeune gorgone, jetant un œil vers le cou dénudé de la jeune femme, et sembla un peu rassurée de ne pas y voir de morsure.

Finalement, après avoir retrouvé le contrôle de son cerveau, ses jambes et sa langue, elle s'approcha de la jeune femme, fouilla dans ses affaires et tira une culotte en dentelle cramoisie ainsi qu'un pantalon. Elle sembla prendre un soutien-gorge en renfort, mais elle s'arrêta pour jeter un coup d'œil à Cypress, et remit le soutien-gorge dans la valise, comme pour dire "inutile d'emprisonner une œuvre d'art", et choisit pour elle un pull-over noir, neuf et confortable, ainsi que des chaussettes.

"J'ignore si vous voulez en parler ou non," dit-elle avec une voix calme. "Mais je vous écoute si besoin."

Elle ne précisa pas de quoi elle parlait, mais au moins, la porte était ouverte. Elle n'était pas naturellement de nature à discuter les indiscrétions d'autrui, mais elle supposa que cette expérience avait eu un effet sur la demoiselle, et comme celle-ci ne semblait pas avoir de copines… pas qu'elle eusse la possibilité de leur en parler même si elle en avait…

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: jeudi 11 décembre 2025, 20:46:12 »
" … Je vous ai pardonné au moment où je me suis rendue compte que j'avais perdu de vue que vous étiez un vampire."

Il aurait peut-être dû mieux masquer son expression, mais c'était un oubli presque trop grand pour qu'il ne puisse retenir un haussement d'épaule. Elle avait… oublié? Voilà une chose qu'il avait du mal à comprendre. Certes, il oubliait souvent bien des choses lui-même, mais il avait été si tenté de la mordre toute la nuit précédente qu'il ne pouvait oublier ce qu'il était, et malgré ses efforts pour ne pas les adresser, il ne pouvait ignorer ces têtes reptiliennes qui, parfois, le fixaient, avec des yeux jaunes et attentifs.

"Je doute cependant que votre plan initial ait été d'un grand succès dès lors qu'il aurait été question de manipuler mon esprit. Une gorgone est, bien souvent, immunisée contre ce genre de manipulations. Peut-être le fait qu'il n'y ait pas qu'un seul esprit à convaincre ?"

"Peut-être. Le cas échéant, j'aurais trouvé des alternatives. Votre résistance surnaturelle est notable, et si ce n'était que le seul moyen, je serais d… Vous savez quoi, ce n'est pas important."

Il allait se lancer presque aussi naturellement sur le sujet de la torture et de la manipulation mentale que l'aurait fait un mari à sa femme en parlant de ses plans pour ses soirées de golf. Il la laissa continuer de parler, non sans remarquer, à son mouvement, qu'elle ne portait rien sous la chemise, qu'il réalisa être la sienne.

« Pour être tout à fait honnête, je crois que j’ai laissé mon imagination s’emballer avec les stéréotypes des relations entre adultes consentants. Avec le recul, je ne sais pas pourquoi mon esprit a choisi de traiter ce que nous avons partagé comme les débuts d’une histoire. Et je m’en excuse également. Mon intention n’était pas de vous accuser, ou quoi que ce soit, mais je crains de n’être pas encore habituée aux tourments des affaires de c…ul ? De cœur ? Mh. »

Hadrian vit les yeux de la jeune femme tomber sur son pansement

« Et regardez-moi ça… Je vous accapare tellement que je ne vous laisse pas le temps pour autre chose. Désirez-vous un peu d’aide pour refaire ce pansement ? Et peut-être avez-vous autre chose à faire que de rasséréner votre traductrice ? »

Il hésita un moment à répondre aux deux questions, pesant encore une fois le pour et le contre dans son esprit, avant de doucement opiner du chef pour répondre à la première question, mais décida de ne pas adresser la seconde, pour la simple raison qu'il n'y avait pas de réponse correcte à cette question. Sa traductrice. Il n'y avait aucune ambiguïté dans ce terme; devaient-ils observer un côté professionnel malgré tout?

"J'apprécierais votre aide," dit-il. "Normalement, Vanessa s'en chargerait, mais je crains qu'elle sera trop occupée pour les prochains jours pour me servir."

Alors, il se redressa et tira de la table de chevet une banderole de pansement, qu'il tendit alors à la jeune femme, avant de s'assoir sur le bord du lit, et fit tomber son peignoir, révélant son torse nu, et il défit l'agrafe qui tenait le pansement en place, et commença à le retirer.

"Vous dites que vous aviez assumé qu'il y avait un début d'histoire," dit-il alors. "Ce qui laisse présumer que, maintenant, vous rejetez cette théorie."

Après trois tours, le bandage tomba, révélant le trou qu'il cachait dessous. L'orifice était une blessure de perforation, d'au moins trois centimètres de diamètre. Quelque chose avait perforé le poumon gauche, tout près du cœur. Le plus horrifiant, c'était de se rendre compte qu'il était possible, avec le bon angle, de voir au travers. La plaie était encore suintante de sang, mais ce même sang était comme… coagulé. Croûté. Et pourtant, il dégageait un parfum, et si les serpents ornant la tête de Cypress pouvait détecter ou réagir à cette odeur, elles s'agiteraient d'extase, comme si elles venaient de renifler le nectar divin.

"Notre rencontre est une histoire, Cypress," continua-t-il en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule. "Et simplement parce qu'elle n'a pas son pareil dans les contes ou dans les faits d'autrui, cela ne la rendra pas moins importante, selon l'importance que nous y donnerons. Ce qui est sûr, cependant, c'est qu'elle n'est pas encore finie."

Il marqua une pause, puis prit doucement la main de Cypress et y joignit les doigts, encore une fois.

"Ceci dit, la portée de cette histoire, si j'en ai décrété le début en vous enlevant, je vous laisse le soin d'en décider si vous voulez qu'elle se termine, et de quelle façon."

Lui donner le choix était le summum du respect qu'il pouvait lui accorder. Les vampires ne se souciaient pas du consentement de leurs victimes. C'était un peu le concept même de la créature; leur vie dépendait de leur capacité à prendre d'autrui ce qu'ils ne leur donneraient pas naturellement. L'allégorie du viol et de l'abus n'était pas neuve, d'où le fait qu'il trouvait l'idée du vampire romantique absolument méprisable, autant dans le cinéma que dans la littérature.

Il relâcha la main et la laissa faire.

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: jeudi 11 décembre 2025, 08:34:08 »
"Vous n'aimez pas partager votre lit ?"

Ah. Voilà ce qui la tourmentait. Elle était blessée, elle croyait qu'il l'avait délaissée maintenant qu'il avait eu ce qu'il voulait d'elle. Voyant la blessure dans son regard, il le quitta, suivant son épaule, puis son bras, jusqu'à sa main posée contre le clavier de l'ordinateur, dans laquelle il glissa la sienne, ses doigts se joignant aux siens, et il les resserra délicatement. Cypress put donc constater que la peau du vampire, déjà froide normalement selon son expérience de la nuit passée, était maintenant glacée. Aucun pouls ne battait entre leurs doigts maintenant entremêlés.

"J'ai été surprise de ne pas vous trouver à mes côtés, ce matin… Mmh… Tout à l'heure, plutôt."

"Je ne voulais pas vous laisser un mauvais souvenir, Cypress," dit-il. "Et entre le souvenir d'un lit froid, et celui d'un cadavre inerte, figé, mort, je me suis dit que le premier serait un souvenir moins déplaisant. Et vous rappeler mon état… vraiment, pendant que je vous regardais, l'idée me semblait absolument abjecte. Non pas que j'ai le moindre souci avec mon état; je suis bienheureux d'être ce que je suis, mais je sais que ce n'est pas un agréable souvenir pour d'autres."

Il remonta son regard, et plongea de nouveau ses yeux dans les siens.

"Vous connaissez peu de chose à mon sujet, et j'en connais tout aussi peu du vôtre. J'ai été… inconsidéré dans ma considération à votre égard, mais je vous prie de croire que c'était avec une bonne intention. Je ne savais pas quelle était la bonne solution, j'ai pris une décision. La mauvaise, peut-être."

Soudainement, il se tourna vers elle, et glissa un bras sous ses jambes, l'autre derrière son dos, et la souleva de terre, l'arrachant à son ordinateur; le travail pouvait encore attendre un peu, surtout pour quelqu'un qui pouvait vivre de jour. Faisant fi des protestations qu'elle pourrait avoir, il la porta alors vers le lit, et la posa dans la couverture encore chaude, et s'allongea derrière elle, passant ses bras musclés autour de son corps. Un geste, encore une fois, qui se voulait considéré et sincère. Tout en la gardant contre lui, il reprit la parole.

"J'aimerais vous dire que je peux anticiper toute chose. Et de façon générale, la nature humaine ne m'est pas étrangère. Je peux anticiper les actions et les réactions de gens avec lesquels j'ai un conflit; un ennemi est prévisible. Vous n'êtes pas mon ennemie, ni quelqu'un que je veux analyser à mes fins. Mais même si vous vous êtes confiée à moi, en esprit comme en corps, je vous suis foncièrement étranger, et vous m'êtes étrangère."

Il la serra un peu plus fort contre lui.

"Cela ne veut pas dire, cependant, que nous le serons toujours. Bien qu'au départ, je dois l'admettre, l'intention était de vous faire travailler d'arrache-pieds pour traduire ce papier, puis vous ramener chez vous en ne vous laissant que le plus vague souvenir de notre rencontre comme une histoire que vous ne seriez jamais à même de convaincre quiconque."

Lui redonner une vie normale après avoir kidnappée peut sembler être un objectif un peu perché, mais il aurait déployé des ressources considérables pour lui assurer un retour à la normale; c'était à ce point qu'il veut éviter les grands extrêmes, même pour ses collaborateurs involontaires. Un peu de manipulation mentale par-ci, un peu de gaslighting par-là, elle n'aurait pas été la première personne à reconsidérer l'entièreté de sa vie suite à une rencontre avec un vampire, surtout si celui-ci ne vise pas la solution rapide et simple du meurtre.

Sachant que cela pourrait être mal interprété, il enchaine; "Ce n'est cependant plus le cas. Pour le meilleur, comme pour le pire, nous avons franchis le pas de l'indifférence. "

Il se redressa sur son coude pour la regarder de profil, comme pour voir sa réaction, avant de souffler.

"Ce que j'essaie de dire, un peu pauvrement, c'est que je suis désolé, et que je regrette de vous avoir laissé, et que la dernière chose que je veux, c'est vous blesser."

Ce n'était pas une tentative de romance. Le vampire, tout comme la gorgone, était parfaitement conscient de la situation inhabituelle de leur rencontre, et de la breveté de leur fréquentation. Ils ont partagé un doux moment, et il ne le regrettait pas, et il ne voulait pas qu'elle le regrette non plus, mais ils étaient également deux monstres adultes. Si rien n'empêchait Hadrian de lui accorder ses attentions, sa considération et même son respect, c'était, du moins pour le moment, le maximum qu'il pouvait accorder, et demander.

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mardi 09 décembre 2025, 22:07:37 »
Dix-neuf heures frappa, et au moment précis où le soleil disparaissait du ciel, laissant le monde dans les premières pénombres avant la nuit, son corps dévora le sang dans son système, et le transforma en vitae, qui se rependit alors dans les veines du cadavre, le réanimant.

Hadrian ouvrit les yeux, comme s'arrachant à un cauchemar. Non; tous ses sommeils sont des cauchemars. Depuis sa métamorphose, et sans jamais de repos vrai. Il ne sortait pas de sa torpeur avec l'esprit embrumé par le sommeil. Pour lui, dormir n'était qu'une pause, entre le moment où il s'était assoupi, et le moment où il s'était éveillé. Il se redressa lentement du plancher de moquette, et remarqua la trace de sang sur le sol au niveau de son torse; le pansement continuait de saigner, comme toujours. Il jura intérieurement, puis tourna la tête vers la droite, puis vers la gauche, arrachant un craquement presque sinistre à chaque mouvement, et répéta l'exercice jusqu'à ce que la vitae se soit bien répandu dans tout son corps.

Il pivota sur lui-même, une fois la rigidité cadavérique moins présente, et se dirigea vers la porte, à laquelle il entra la combinaison de Lilyanne, pour déverrouiller le méchanisme et le laisser passer de l'autre côté, qui menait donc directement dans le salon.

Contrairement à ses habitudes, l'appartement semblait plus… vivant. Il n'avait presque jamais utilisé l'appartement pour y vivre, simplement pour y faire semblant de vivre, et remarqua la présence de Cypress, assise sur un coussin sur le sol. Il remarqua alors son air concentré. Au début, il ne voulut pas la déranger, car il voyait de mauvais ton de déranger quelqu'un qui se consacrait à son ouvrage, mais entre l'ignorer au réveil, surtout avec la nuit qu'ils avaient passée ensemble, et la déranger dans son travail, il évalua que la seconde option était définitivement la pire, et en bon diplomate, opta de risquer son agacement plutôt que de lui infliger une indifférence.

Il remarqua alors qu'elle portait ses vêtements, le laissant un moment dans l'incompréhension, avant qu'il ne fasse la connexion dans son esprit que Vanessa n'était surement pas repassée sans son ordre. Il s'approcha donc de Cypress et se pencha pour observer son travail, le peignoir entrouvert laissant à la jeune femme le loisir d'observer celui qui avait contribué à son plaisir de la veille et son inconfort du jour.

"À peine levée et vous travaillez déjà," dit-il avec un sourire, avec un ton qui se voulait aimable.

Il remarqua aussitôt un changement négatif dans l'expression de Cypress, et des serpents qui semblaient s'agiter différemment. Encore une fois, il ne pouvait pas lire les pensées, ou du moins pas sans faire un effort pour le faire, et celles des reptiles lui étaient particulièrement inaccessibles, mais il pouvait deviner que quelque chose les importunait.

Il pensa un moment à ce qu'il avait fait, ou pas fait, se refamiliarisant avec ce sentiment d'inconfort où un bon diplomate sait qu'il a commis une bévue, mais qu'il n'a pas les informations requises pour y remédier. Il essaya de reconnecter avec son humanité, mais même celle-ci, avec son cerveau d'homme, était incapable de comprendre instinctivement ce qui a bien pu mettre la jeune femme de travers.

Après un bref instant de réflexion précipité, il fléchit les genoux jusqu'à poser une main au sol, à côté de Cypress, et s'assit sur le sol à son côté, et l'observa un moment, en silence. Il n'était peut-être pas sûr de la cause de son malaise, mais il n'y avait aucun doute qu'il ne pourrait pas y remédier avant d'en avoir discuté.

"Je ne vais pas vous ignorer, Cypress," dit-il, brisant le silence. "Donc si vous avez quelque chose à me dire, ou à me demander, vous avez mon attention complète."

Et voilà encore ce ton conciliant de celui qui allait sincèrement écouter. C'est ce qui faisait d'Hadrian un criminel et un businessman aussi redoutable; il était attentif, considéré et mesuré. Que ce soit dans son attitude ou dans ses actions, il prenait les informations offertes et agissait en conséquence.

"Pour commencer… bonsoir, Cypress. J'espère que vous avez bien dormi."

Un petit coup d'épaule pour l'encourager à lui parler. À lui dire ce qu'elle avait en tête. Sa première préoccupation n'était pas de se rendre lui-même présentable, ou de lui demander si elle avait bien progressé, ou même de chercher à remédier à la situation vestimentaire de la belle gorgone; elle était sa première et, vraisemblablement, seule préoccupation.

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: lundi 08 décembre 2025, 22:38:35 »
Et il ne se retint pas plus longtemps. Alors que la jeune femme se cambrait dans ses bras, et qu'il la sentait de nouveau resserrer les parois de son intimité sur sa hampe, comme pour le retenir, le vampire ne fit qu'un seule râle, la serrant plus fort pour la maintenir contre lui alors qu'il pressait son sexe dans les plus profonds recoins de la jeune femme et déversait en elle tout cet orgasme contenu et retenu depuis déjà plusieurs minutes. Il ne la libéra pas, et malgré la fatigue qui semblait la prendre, il ne la suivit pas dans ce soudain relâchement qui accompagnait normalement l'orgasme.

Il resta en elle quelques secondes, pantelant contre elle – une preuve de fatigue avec laquelle qu'il n'était plus vraiment familier, notons-le, car n'ayant pas besoin de respirer en temps normal–, son sexe pulsant encore ses quelques derniers tressaillements de plaisir. La sentant perdre pied, il l'entoura de ses bras autour de son abdomen, et se laissa choir avec elle sur le banc, l'asseyant sur ses cuisses, la libérant enfin des tortures du jet d'eau. Il manipula de nouveau les boutons de contrôle, et le jet s'arrêta, laissant simplement la douche se déverser sur le corps de l'étudiante, attirant doucement la tête de celle-ci contre son torse pour qu'elle puisse se remettre de l'expérience, et il la conserva dans cette position pour qu'elle puisse se reposer.

"C'était…"

Il dut réfléchir aux bons termes pour décrire ce qu'ils venaient de vivre, ou du moins ce qu'elle venait de lui offrir. Il ne voulait être ni trop formel, ni trop décontracté dans ses mots, et il tourna plusieurs formules dans son esprit avant d'opter pour quelque chose de plutôt simple;

"C'était sublime."

C'était le mot le plus proche de ce qu'il voulait exprimer.

Quelques secondes plus tard et son sexe dégonfla enfin, s'éjectant de l'intimité de la gorgone avec un dernier soubresaut, comme pour signaler la fin de cette expérience intense pour Cypress, chose qu'il avait l'impression qu'elle avait apprécié. Il attendit encore de bonnes minutes pour que tout ce qu'il avait laissé en elle fasse son chemin, et avec les petits soins d'un amant attentionné, il agrippa un linge propre et du savon pour la nettoyer, évitant de stimuler son clitoris qui, selon ses gémissements de tantôt, ne pouvait pas en prendre plus.

Il ferma alors le robinet de la douche et souleva délicatement la pauvre fatiguée dans ses bras, la portant hors de la douche, avant d'agripper un peignoir laissé à côté de la douche et l'envelopper dedans avec dextérité. Une fois bien enveloppée, et ne sachant pas que faire d'une tête avec des serpents, il agrippa simplement une serviette et la posa dessus, sans frotter. Après avoir passé un peignoir à son tour, il l'emmena hors de la salle de bain, vers le lit dans sa chambre, et la posa dessus, sans vraiment faire attention à l'humidité qui allait imprégner le matelas.

Le cadran affichait déjà six heures du matin; lui qui prévoyait sortir et faire comprendre à ses ennemis qu'ils avaient fait une grave erreur en s'opposant à lui devait maintenant repousser ses plans à la nuit prochaine. Maintenant qu'il constatait l'heure, il se rendit compte que la fatigue qui accompagnait le lever du soleil faisait "battre" son cœur jusqu'à ses tympans. Le sommeil d'un vampire n'avait rien d'élégant, car laissant celui-ci dans un état de mort presque complet (et donc un peu perturbant pour ces belles gens), il s'empressa de bien couvrir la jeune femme, la gratifiant d'un dernier baiser sur la joue avant de s'en départir, comme à regret. Il tituba vers le salon, puis vers la deuxième chambre du grand appartement, et se laissa choir sur le lit. Mécaniquement, la porte de la chambre se verrouilla à double tour, pour protéger son résident, et Cypress ne le verra plus jusqu'à la nuit suivante… si elle venait à s'éveiller avant lui.

Il n'atteignit même pas le lit quand son cœur s'arrêta complètement, et il tomba au sol, comme un pantin auquel nous aurions coupé les fils. Il cessa de respirer. Et bientôt, il devint raide comme la mort.

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: lundi 08 décembre 2025, 07:45:32 »
Elle chantait encore son nom, avec une note harmonieuse comme elle savait le faire. Ses lèvres étaient entreouvertes pour laisser passer des séries de gémissements presque sans fin, une mélodie qui envahissait complètement la salle de bain, couvrant presque le son de l'eau qui déferlaient sur eux. Il pouvait presque goûter sur sa peau le plaisir qu'elle ressentait sous la forme des perles de sueur qui, sous les gouttes d'eau de la douche, disparaissait à leurs pieds aussitôt étaient-elles apparues. Elle lui demanda, presque ordonna, qu'il poursuive, qu'il ne s'arrête pas un seul moment, et son endurance sembla presque même encourager le vampire, qui en oublia alors qu'il avait affaire à une amatrice dans le domaine.

Enfin… amatrice…

Lorsqu'elle se pencha devant lui, les bras contre le mur, le dos arqué, pressant ses fesses contre son bassin pour le faire reculer, et lui demanda de la prendre plus fort encore, il ne sût vraiment s'il aurait même pu la considérer comme telle. Et donc, il se concentra juste sur elle, sur ses désirs qui, de toute façon, mènerait à son propre plaisir. Les mains d'Hadrian se posèrent sur les hanches pleines de la gorgone, ses ongles de nacre se déformant subtilement pour éviter d'entailler cette peau sensible, fragile et exquise.

Il continua donc, inlassablement, de pistonner sa belle amie, d'abord en lui tenant les hanches à deux mains, puis s'appuyant d'une main contre le mur pour s'éviter de se le prendre en pleine tête. Plus elle gémissait, et plus longtemps encore continua-t-il son ouvrage, inlassablement, jusqu'à ce qu'une idée lui vienne en tête.

Un peu plus tôt, il lui semblait que la jeune femme avait eu une espèce de petit gémissement quand le jet au sol s'était activé, et pas simplement de surprise. Il jeta rapidement un coup d'œil au sol, et ajusta très légèrement la position de la jeune femme pour l'aligner au-dessus du jet, et du pied lui écarta les jambes de quelques centimètres de plus, avant de se pencher sur elle et de poser un baiser sur son épaule.

"Pardon," souffla-t-il à l'oreille de Cypress.

Il ne s'excusait pas vraiment; il n'y avait aucune sincérité dans ce mot, mais il crut que cela n'était que politesse de lui présenter des excuses alors que sa main posée au mur ne touche la télécommande de la douche, et qu'il presse deux boutons. L'instant d'après, un son de moteur émana du mur et une petite vibration se fit de nouveau sentir du sol, et en moins de deux secondes, le jet du sol expulsa contre l'intimité de la jeune femme une eau à forte pression. Le chaud liquide, concentré en un trait continu, frappa directement entre les cuisses de la jeune femme, et martela sans pitié son bourgeon d'amour.

Et alors que l'eau sous pression stimulait encore plus qu'il n'aurait pu le faire à la main ce petit bout de chair gorgé de sang, le vampire augmenta encore la vitesse de ses coups de rein, stimulant encore plus cette pauvre femme dont la féminité devenait un geyser de sensations. Et si ses jambes venaient à se dérober, nulle crainte, car la main d'Hadrian avait quitté sa hanche pour venir se poser contre son abdomen, lui offrant son support.

Bientôt, le vampire dût cependant se rendre à l'évidence; il ne tiendrait pas plus longtemps, parce que non comptant d'être stimulé par un coït intense, les vibrations du jet d'eau qui frappait contre l'intimité de Cypress se répandaient également en elle, et le vampire tenait déjà aux derniers fils de sa raison, alors que le plaisir grimpait encore d'une case. Et encore d'une.

Il se pencha sur elle et, instinctivement, son emprise se resserra, alors qu'il posait ses lèvres contre les siennes.

"Je ne tiens plus… Ma douce Cypress…" dit-il entre deux baisers, pressant son bassin contre les fesses de la jeune femme.

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