Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mardi 13 janvier 2026, 03:03:36 »La question était moqueuse, taquine, mais n'arracha qu'un léger mouvement des lèvres à Vanessa, qui s'abstint bien d'élaborer sur ses capacités, car les connaissant, Cypress deviendrait en mesure de les contrer, et donc quelqu'un capable d'accéder à son esprit et à ses pensées serait en mesure de faire pareil avec les bonnes questions.
Voyant la jeune femme somnoler de plus en plus alors qu'elle sentait elle-même, dans sa physionomie partiellement inhumaine, le changement d'ambiance qui venait avec les heures matinales, la goule hocha de la tête lorsqu'elle annonça vouloir retourner se coucher, et après avoir fait un tour sommaire de l'appartement pour s'assurer qu'il n'y avait plus de menace infiltrée, elle excusa la jeune femme et prit son congé, après avoir bien sûr verrouiller la porte à triple tour, non pas pour empêcher Cypress de se sauver, mais plus pour s'assurer que personne ne serait en mesure de la troubler. Le danger, après tout, n'était jamais complètement passé tant que les ennemis perduraient.
"Tu es une personne difficile à trouver, Em," fit la voix d'Hadrian alors qu'il tirait une longue bouffée de fumée de sa cigarette. "Et tu m'as fait beaucoup courir."
Le regard nerveux, anxieux et chargé de terreur d'Em, communément appelé le p'tit Ravnos, la p'tite anguille ou le p'tit con, dépendant qui en parlait, se tourna vers l'autre direction de la ruelle. Au sol, sa dernière victime, les yeux révulsés, la peau pâle, les traits figés.
"Euh… hey-hey, Hadrian~ Qu'est-ce qui me vaut l'plaisir, mon… err… mon vieux?" dit Em, comme s'il ne venait pas de faire dix kilomètres de course à pied, pourchassé par Hadrian et ses goules au travers de la ville.
Hadrian s'approcha de son homologue, lentement, sans se presser, et à chaque pas qu'il faisait, Em en fit un vers l'arrière.
Pour la plupart des gens, Em n'était pas vraiment un danger. Ce n'était pas le plus féroce des prédateurs, et il tâchait au possible de ne pas se faire trop remarquer par les grands de ce monde, mais Em était également ce qu'on appelait un sans-clan, ou Caitiff. Un rat à forme humaine. D'un côté, il était remarqué si peu qu'il était près d'autres gens de leur espèce, mais passait généralement inaperçu dans le monde vampirique, un peu à l'image de la vermine qui, si elle n'était pas directement vue, pouvait vivre confortablement sans jamais être importunée.
"Tu as fait une bourde," dit Hadrian en s'approchant encore de son homologue. "T'associer avec Victoria? Em. Em, Em, Em." Chaque itération du nom gagnait en gravité. "Je te croyais plus malin. Plus fin. Plus… déterminé à ta propre survie."
Le fond de la ruelle rencontra le dos du Ravnos, qui jetait des coups d'œil dans toutes les directions, cherchant une issue. Mais il était coincé, et Hadrian s'approchait encore et encore.
"A-attends, c'est pas du tout ce que tu crois, j-"
La main d'Hadrian agrippa les cheveux du vampire, et tira vers l'arrière, le forçant à ployer le cou et regarder vers son agresseur. Le regard bleu du Ravnos croisa les iris cramoisies du Tremere. Il poussa un petit cri, à peine un couinement, alors qu'il sentait la peur s'infiltrer dans ses veines et le prendre au cœur. Métaphoriquement, bien sûr, car nous le rappelons à nos lecteurs, ces créatures ne vivent pas comme nous vivons.
"Chut, Em. Tu auras tout le temps de m'expliquer une fois dans ta cage. Et si tu tentes de fuir…"
Les ongles d'Hadrian se déformèrent derrière le crâne d'Em, devenant de longues griffes acérées qui lui écorchèrent le crâne.
"Tu comprends, bien sûr?"
"O-oui…!"
"Oui, qui?" fit le vampire en montrant les crocs.
"Oui, Hadrian…!" couina l'autre.
"Bien."
Et il le relâcha.
"Goto, viens ici."
Goto, une goule du maître vampirique, apparut au bout de la ruelle. Un grand homme, blond, dans la quarantaine, habillé d'un habit complet, dont les lunettes cassées laissaient voir une blessure à l'œil qui, assurément, le laissait borgne. Il approcha le duo vampirique et, sans un mot de son maître, tira de son veston un rouleau de ruban adhésif, un baillon et un bandeau.
"Euh… normalement, les gars, franchement, je charge extra pour les trucs kin—" débuta Em, avant que sa bouche ne soit immédiatement couverte du baillong.
S'ensuivit du bandeau pour les yeux, et Goto le fit tomber au sol pour le saucissonner, enroula le ruban autour des bras et des jambes de l'otage.
"Est-ce que le baillon était absolument nécessaire, Goto?" demanda Hadrian avec son sourire stéréotypé.
"Capital, patron."
Em ne répondit que par un gémissement mécontent, avant que Goto ne le soulève de terre en coincant le bassin du vampire entre son bras et sa hanche, comme il l'aurait fait pour une boite ou un tapis, alors qu'au bout de la ruelle, un véhicule reculait et se plaçait entre les deux immeubles. Le coffre s'ouvrit devant eux, et Goto y déposa sa charge, avant de grimper dans la voiture et la traverser jusqu'à atteindre le côté passager, et que son maître ne fasse de même pour s'assoir sur la banquette arrière alors que la portière électrique se refermait d'elle-même.
Conformément à ses estimations, Hadrian ne fut pas parti bien longtemps. Certaines personnes auraient pu s'inquiéter de son absence, surtout sans nouvelle, pendant qu'il faisait… ce que les Caïnites font quand ils ont des adversaires à gérer, mais considérant tout ce qu'ils savaient l'un de l'autre, c’est-à-dire pratiquement rien, ce temps sembla relativement court.
Cypress, via Vanessa, se vit octroyer un changement de rythme en se voyant annoncé qu'elle n'était plus uniquement consignée à l'appartement du propriétaire des lieux, et si son accès au monde extérieur était, pour le moment, restreint par mesure de sécurité, elle jouissait de la permission de l'assistante à explorer le complexe, et ce même en journée. Que ce soient les bureaux, la cafétéria, la salle de sport, ou même la piscine, Cypress pouvait aller où elle le voulait, quoi qu'elle put tout aussi bien rester à l'appartement sans avoir à croiser quiconque si tel était son désir.
En bon hôte, et qui se verrait bien mal de laisser sa belle amie attendre, surtout considérant sa situation actuelle et le fait que de ne pas la retrouver serait fort discourtois considérant sa promesse de la retrouver rapidement, il appela Vanessa pour localiser son invitée, et parcourut les couloirs et les ascenseurs de la résidence pour la retrouver, où qu'elle se soit cachée pour la soirée.
Il était presque minuit, déjà, quand il retrouva Cypress, et son premier réflexe fut de lui sourire.
"Je suis de retour."








