Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Hadrian Kensley

Pages: [1] 2 3 ... 8
1
Blabla / Re : Horloge parlante
« le: jeudi 17 septembre 2026, 14:00:19 »
Je me réveille pour apprendre qu'un pote est dans les difficultés financières et qu'il n'a jamais rien dit

Je me réveille parce qu'un de mes voisins s'est enfermé dehors et que mon patron m'appelle

Je me réveille pour faire encore plus de paperasse

JE VEUX DODO ;-;

*pleurnicherie*

9:00

2
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: jeudi 17 septembre 2026, 03:44:28 »
Il ne décrochait pas les yeux d'elle alors qu'elle lui répondait. Manifestement, elle était satisfaite de son invitation, et il partagea cette joie avec elle. Il en vint à se demander si ce brin d'enthousiasme qu'il sentait poindre en lui était vraiment un amusement détaché de l'immortel devant une jeune femme encore pleine de vie et de curiosité, ou celui d'un homme qui se voit accorder l'attention d'une femme, qui le gracie de sa présence et de son intérêt.

Il ne manqua pas de partager, avec elle, l'amusement que sa plaisanterie, aussi boiteuse soit-elle, avait suscité chez elle.

" Pour le chlore, évidemment," dit-elle avec un hochement de tête.

" Sans doute," dit-il avec le même geste.

" Ce serait terriblement imprudent de ma part de garder un maillot chloré. "

"Très imprudent, oui."

Il laissa les mains de la jeune femme jouer dans ses cheveux noirs et, prenant le geste comme une autre invitation, il ploya la nuque, et vint cueillir sur sa bouche un autre baiser, glissant sa main sur la cuisse de sa belle pour l'imiscer sous son maillot de bain et couvrir de sa large main la fesse droite de Cypress, la chaleur de sa peau humide réchauffant celle, frigide, du Caïnite. Il l'attira un peu plus contre lui, mais recula lorsqu'il sentit qu'elle avait autre chose à dire.

"Et j’imagine que votre présence est absolument indispensable pour m’assurer que je m’en débarrasse correctement ?"

"Absolument," confirma-t-il avec l'assurance de l'homme qui ne doutait en rien de sa parole.

Il eut un sourire, encore une fois, bien conscient du non-sens de ses réponses, et secoua légèrement la tête, comme pour chasser un embarras qu'il était incapable de ressentir pleinement.

Suivant les hanches de la jeune femme, les mains d'Hadrian remontèrent son corps, appréciant le contact de ses formes, son visage venant se joindre au sien pour marier de nouveaux leurs lèvres dans une série de baisers, doux au premier abord puis, s'il ressentait qu'elle y répondait et qu'il y décelait son désir, avec plus de ferveur encore.

Les mains du vampire se posèrent sur les épaules de Cypress, et il enroula ses index aux bretelles de son maillot, pour ensuite les faire délicatement glisser sur ses épaules, les dénudant pour ensuite venir poser ses baisers sur les traces rouges qui marquaient sa peau, sans pour autant arrêter son mouvement qui, lentement, faisait tomber le maillot, qui tomba enfin sous l'élégante poitrine de Cypress.

Hadrian fit un mouvement de recul pour apprécier la demi-nudité de Cypress. Son coup d'œil, bien que peu discret, était fort charmé par l'allure de la gorgone.

Superbe, et dangereuse.

Les mots glissèrent sur ses lèvres comme dans ses pensées avec une fluidité surprenante. Il ne fut pas absolument certain qu'il l'eut, ou non, prononcé de vive voix, mais il ne s'attarda pas à y réfléchir. Il s'approcha de nouveau d'elle, la poussant doucement contre les tuiles de la douche, et se pressa fermement contre elle, glissant ses doigts dans ses beaux cheveux noirs, ignorant ses ancêtres et, de l'autre main, caressa la peau délicate, parfaite de son dos, et plongea son regard dans le sien, au travers de ces lunettes.

Une tentation lui effleura l'esprit. Une tentation soudaine, stupide, et fort heureusement passagère, mais qu'il ne put s'empêcher de ressentir; il était curieux de savoir ce qu'il ressentirait à plonger son regard dans le sien, sans les lunettes pour dévier son pouvoir. Que ressentirait-il? De la peur? Ou, peut-être, comme le Baiser, croiser le regard d'une gorgone était une expérience de pure extase?

Il chassa l'idée, et se pencha sur le cou de la jeune femme, pour y poser des baisers.

Les sifflements des serpents lui rappelèrent immédiatement le risque qu'il encourait d'être aussi prêt du cou de la jeune femme, et il marqua une brève pause, avant de reprendre ses baisers, ses doigts glissant encore sur le corps de la belle gorgone, remontant jusqu'à sa poitrine, saisissant délicatement le rebord du maillot, et le fit encore descendre.

3
Blabla / Re : J'épouse, j'esclavagise, je tue
« le: jeudi 17 septembre 2026, 02:52:25 »
Dans l'ordre:

J'Embrasse Nowi
Je forme un Lien de Sang avec Lioren, parce qu'il le faut.
Et Matsuo deviendra mon prochain repas.

Hmmmmm...

Jack Marston, Mona Duval et Anéa

4
Blabla / Re : Mon voisin du dessus
« le: jeudi 17 septembre 2026, 02:50:40 »
Le bon langage, ma VDD, est celui qui, mieux que tous, fait passer le point.

D'où le fait que, techniquement, une droite en pleine gueule est une excellente façon de communiquer son déplaisir.

... d'expérience personnelle.

5
Blabla / Re : Embrasses-tu / n'embrasse pas
« le: jeudi 17 septembre 2026, 02:49:28 »
Certainement pas.

Embrasseriez-vous un septagénaire s'il vous assurait son héritage?

6
Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: jeudi 17 septembre 2026, 02:48:18 »
Après une telle prestation, en voilà un qui présume beaucoup.

7
Nous rappelerons à nos lecteurs que malgré son état de mort-vivants, ses paroles et, en vérité, son arrogance, Hadrian Kensley restait fondamentalement un être humain. Un être humain qui, en raison de son état de mort-vivant, ne pouvait pas développer son corps au-delà de ce qu'il avait déjà acquis au cours de sa vie et, n'ayant jamais vraiment pris la nage en affection, sa technique restait aussi rudimentaire que toujours.

Au signal de la gorgone, il se propulsa vers l'avant et s'élança sur un crawl. Un crawl qui, malgré les apparences, était loin d'être parfait. Plus d'éclaboussure que nécessaire, un mouvement de bras trop superficiel pour être conséquent, aux yeux d'une personne intéressé, Hadrian démontrait là tout le talent d'un amateur qui, à force d'avoir vu des professionnels s'exécuter, se figurait capable d'en faire autant. Si Vanessa n'était pas si naturellement préservée contre les éclats d'émotion ou si, vraiment, elle avait plus d'émotions, elle n'aurait certainement pas raté l'occasion de se moquer de la manœuvre de son maître, elle qui avait la nage élégante d'une pataugeuse de carrière

Ses mouvements, cependant, étaient rapides, et s'il ne parvenait pas à réduire la distance entre Cypress et lui-même, il parvenait à la suivre. Il était évident, cependant, après le premier lap, qu’Hadrian n’avait aucune chance de gagner. Aucune, du moins, sans tricher. Il le considéra, bien sûr, car de son amour propre, il ne pouvait pas se voir faillir devant la jeune demoiselle, et il y prendrait un coup. Un petit moment de réflexion un brin sexiste, nous en conviendrons, mais qu’on saurait pardonner à un homme ayant grandi dans les années où les attentes placées sur un homme étaient de surpasser la femme dans tout, sauf dans les tâches du foyer. Il chassa, cependant, furieusement cette pensée, et se contenta de persister dans le mouvement, et ce malgré sa défaite inexorable.

Et cette pensée, toxique et malvenue, s’effaça aussitôt qu’il vit le sourire victorieux de Cypress. Et il eut même un instant de regret, car bien qu’il n’eût jamais prononcé sa pensée, une part de lui ne pouvait s’empêcher de se reprocher ce moment. Le temps, pour les vampires, était bien souvent figé dans l’époque qui les avait vu naître, tout comme leurs mœurs et leurs pensées. Il ne réprima cependant pas une pensée pour ces ainés qui, malgré leur immense savoir, ne pouvaient fonctionner dans le monde moderne sans l’assistance d’une armée de goules, certains étant même incapable de parler la langue suite à une trop longue Torpeur.

Il s’approcha de Cypress, qui lui demanda alors sa dûe récompense. En homme de parole, Hadrian passa doucement son bras à la taille de la jeune femme, la souleva de l’eau pour l’asseoir sur le rebord par un procédé qui défiait les lois de la physique, et posa les mains de chaque côté de ses cuisses, avant de se hisser et presser sa bouche contre la sienne. Une première « récompense », pour ainsi dire, bien qu’il trouvait ces récompenses fort agréables de sa propre perspective, et les autres suivraient.

"Vanessa," lança-t-il à son assistante. "Je t'emprunte Cypress."

Pour toute réponse, la goule, qui en était déjà à sa huitième longueur dans un papillon des plus exquis, s'arrêta dans son élan, tourna la tête vers son patron, et lui fit un signe d'OK de la main droite, avant de reprendre son exercice.

À cette réponse, Hadrian ne put retenir un petit claquement de la langue. Le détachement de sa goule n'était pas forcément une mauvaise chose, mais cela pouvait signaler que son lien de servitude avait peut-être besoin d'être renouvelé. Mais, chaque chose en son temps. Plutôt que de la faire attendre, Hadrian prit la main de Cypress et l'emmena vers les vestiaires, puis la guida vers une des douches privées qu'il activa d'un geste de la main, avant de faire reculer Cypress jusqu'au mur et de la gratifier de nouveaux baisers, la ceinturant de ses bras avant de presser son front au sien, son nez touchant au sien alors qu'il regardait ses magnifiques yeux au travers de ses verres teintés.

Après un moment dans ce silence intime brisé seulement par le clapotement de l'eau sur leurs corps et sur le sol, il reprit la parole.

"Si la récompense vous indiffère, Cypress," dit-il d'une voix basse, presque conspiratoire. "J'aimerais réitérer ma suggestion de vous accompagner hors du complexe. Il y a des endroits, dans Seikusu, qui méritent le détour. Et en cette saison, on me dit que ce serait une période propice pour une visite nocturne. Je vous aurais bien proposé un musée, mais…"

Le vol du livre de Noah avait mis une pause aux activités du musée le temps que l'investigation policière s'effectue et, potentiellement, qu'il soit récupéré. Il eut presque envie de suggérer de ramener le fichu livre à ses soi-disant propriétaires, ne serait-ce que pour avoir accès à l'exposition, et passer une charmante soirée avec une femme cultivée, capable de comprendre et apprécier la réalité cachée des choses qu'elle voyait.

Il aurait presque regretté ce vol, si Cypress n'était pas une femme fascinante au point de justifier le vol en lui-même.

Il chassa ses pensées de son esprit, ramenant plutôt son attention sur la jeune femme qui, présentement, était devant lui, dans un accoutrement qui, maintenant qu'il y portait attention, la moulait presque à l'offense, et il n'avait même pas eu la délicatesse de lui faire un compliment.

"Ce maillot vous va à ravir," dit-il avec un sourire.

Et, ne pouvant pas se retenir de jouer le diable de la tentation, il leva une main, frolant de l'index la hanche de la jeune femme, frôlant le maillot à la hanche.

"Mais il faudrait vous l'enlever."

Il marqua une pause suggestive en la regardant dans les yeux.

"… pour le chlore."

Bien rattrapé, champion.

8
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: vendredi 27 mars 2026, 21:16:37 »
La perte d'équilibre de la gorgone arracha une exclamation inquiète de la part de Vanessa qui, pour sa part, semblait avoir opté d'accompagner son amie pour pratiquer ce que les gens d'internet appelle "aura farming", à savoir l'art de la pratique répétée d'un acte qui n'avait d'autre but que générer l'admiration, s'étant elle-même perchée sur le second tremplin en ne mettant que rarement un pied à l'eau, les yeux rivés sur son téléphone qu'elle tenait, jusque-là, dans une main, avant que la surprise ne le fasse tomber à l'eau. Elle songea même à bondir à la rescousse de la jeune femme quand elle la vit remonter à la surface et, voyant qu'elle n'avait rien et que le maître était présent de toute façon, elle revint à sa lecture.

Hadrian, pour sa part, n'avait également pas prévu le coup et s'était instinctivement approché pour intervenir, mais dans ce geste, il se retrouva éclaboussé d'eau tiède décemment chargée en chlore qui allait probablement ruiner son complet sombre. En d'autre temps, il aurait été fort déplu qu'on endommage ses biens, mais s'il avait ressenti ne serait-ce qu'une once d'agacement à ce dégât éventuel ou supposé, elle fut rapidement écartée. Devant l'expression joyeuse de Cypress à le voir, son habituelle rigueur fondait comme la neige au soleil.

-Ai-je le droit à un baiser pour avoir patienté calmement pendant votre absence ?

- Assurément, chère sirène, dit-il, souriant lui-même à son élégante, sinon un brin nulle, association mythologique. Votre patience à mon égard demande juste récompense.

Retirant son veston qu'il lança sur le banc contre le mur, il s'avança vers elle et s'agenouilla sur le carrelage trempé pour arriver à sa hauteur. Il glissa une main dans ses cheveux trempés, laissant ses doigts se faufiler entre les vénérables serpents qui les adornaient, et posa sur ses lèvres les siennes pour les gratifier d'un baiser délicat, puis d'un autre. Ces gestes d'affection, donnés librement, semblaient chasser de son esprit les déplaisirs et infortunes des jours passés, comme s'ils n'étaient rien de plus que des peccadilles sans importance, et il se rendait maintenant compte qu'il avait anticipé ces retrouvailles, car une tension dans un recoin de son esprit, jusque-là ignorée, s'évapora à cette simple proximité.

- L'eau est bonne? Demanda-t-il avec un sourire.

Au prix qu'il payait pour garder cette piscine à une température confortable, une réponse contraire l'aurait surpris.

Il lui accorda un troisième baiser avant de se redresser et de retirer ses vêtements, s'approchant du banc près du mur pour les poser dessus. Après avoir retiré son complet, sa chemise, ses souliers bien cirés et ses chaussettes, il ne resta que les boxers du vampire pour conserver sa pudeur. Enfin, conserver était peut-être un bien grand mot, car le sous-vêtement était fort séant, épousant le corps de son porteur en laissant fort peu d'espace pour l'imagination, et encore moins pour Jésus.

Il s'approcha donc du rebord et se laissa tomber tout bonnement dans l'eau, s'immergeant complètement et coulant à pic jusqu'au fond de l'eau. En l'absence d'air dans ses poumons, son corps n'était qu'un poids mort (l'auteur ne s'excuse pas de ce pun, même s'il le devrait), et donc il dût remonter à la surface à la nage. Une fois la tête hors de l'eau, il inspira à plein nez, et s'approcha de la gorgone, l'entourant d'un bras pour l'attirer contre son torse, l'autre s'agrippant au rebord pour ne pas couler de nouveau , et il posa son menton contre son épaule.

Il expira légèrement et inspira l'odeur chlorée de la peau de Cypress, et posa un baiser sur son épaule nue.

- J'ai quelques nouvelles pour vous, notamment que le danger est temporairement écarté, et que vous pourrez reprendre une certaine liberté à votre aise. À la condition, bien sûr, d'être accompagnée par Vanessa ou par moi-même, à titre de précaution. Bien que je ne croie que votre séclusion ne vous ait pas dérangée plus que ça.

Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour jeter un coup d'œil vers Vanessa, qui faisait toujours mine de ne pas porter attention à eux, et qui regardait plutôt vers le fond de la piscine où son téléphone se trouvait, comme pour décider si elle se mouillait, ou si elle l'abandonnait à son triste sort, avec un désintérêt parfait pour l'un comme pour l'autre.

Il ramena ensuite son regard vers Cypress, et lui murmura.

"Pour les autres nouvelles, elles peuvent attendre plus tard."

Il la relâcha de son étreinte, puis s'approcha du rebord pour se retrouver à ses côtés, pour que leurs yeux puissent se rencontrer aisément.

Une éclaboussure suivie d'ondulations dans l'eau leur signala que Vanessa avait enfin pris la décision d'aller chercher son téléphone.

"Mais je crois m'être interposé à votre baignade. Je crois que vous vous apprêtiez à faire quelques longueurs? Que pensez-vous d'une petite compétition de nage amicale? Si je gagne, je m'accaparerai votre personne pour une soirée, à la convenance de votre horaire. Si vous gagnez, j'accéderai à votre requête, quelle qu'elle soit. Et sur ma parole que je ne tricherai pas avec mes dons."

Dans sa bonne humeur, Hadrian était généreux. À croire que la capture d'Em et les informations qu'il comptait lui arracher bon gré mal gré le mettait dans les meilleures dispositions, et qu'il voulait faire profiter de cet accès d'enthousiasme à sa nouvelle amie qui avait encore, à son crédit, une réserve de bonnes actions à réclamer pour compenser les désagréments de son enlèvement, et de sa séquestration.

[Je te laisse choisir qui gagne. L'athlétisme d'Hadrian est… rudimentaire, malgré son physique :3]

9
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mardi 13 janvier 2026, 03:03:36 »
" Vous avez un "bouton d’urgence" pour vous contacter, ou une sorte de "bat-signal" ?"

La question était moqueuse, taquine, mais n'arracha qu'un léger mouvement des lèvres à Vanessa, qui s'abstint bien d'élaborer sur ses capacités, car les connaissant, Cypress deviendrait en mesure de les contrer, et donc quelqu'un capable d'accéder à son esprit et à ses pensées serait en mesure de faire pareil avec les bonnes questions.

Voyant la jeune femme somnoler de plus en plus alors qu'elle sentait elle-même, dans sa physionomie partiellement inhumaine, le changement d'ambiance qui venait avec les heures matinales, la goule hocha de la tête lorsqu'elle annonça vouloir retourner se coucher, et après avoir fait un tour sommaire de l'appartement pour s'assurer qu'il n'y avait plus de menace infiltrée, elle excusa la jeune femme et prit son congé, après avoir bien sûr verrouiller la porte à triple tour, non pas pour empêcher Cypress de se sauver, mais plus pour s'assurer que personne ne serait en mesure de la troubler. Le danger, après tout, n'était jamais complètement passé tant que les ennemis perduraient.

***

"Tu es une personne difficile à trouver, Em," fit la voix d'Hadrian alors qu'il tirait une longue bouffée de fumée de sa cigarette. "Et tu m'as fait beaucoup courir."

Le regard nerveux, anxieux et chargé de terreur d'Em, communément appelé le p'tit Ravnos, la p'tite anguille ou le p'tit con, dépendant qui en parlait, se tourna vers l'autre direction de la ruelle. Au sol, sa dernière victime, les yeux révulsés, la peau pâle, les traits figés.

"Euh… hey-hey, Hadrian~ Qu'est-ce qui me vaut l'plaisir, mon… err… mon vieux?" dit Em, comme s'il ne venait pas de faire dix kilomètres de course à pied, pourchassé par Hadrian et ses goules au travers de la ville.

Hadrian s'approcha de son homologue, lentement, sans se presser, et à chaque pas qu'il faisait, Em en fit un vers l'arrière.

Pour la plupart des gens, Em n'était pas vraiment un danger. Ce n'était pas le plus féroce des prédateurs, et il tâchait au possible de ne pas se faire trop remarquer par les grands de ce monde, mais Em était également ce qu'on appelait un sans-clan, ou Caitiff. Un rat à forme humaine. D'un côté, il était remarqué si peu qu'il était près d'autres gens de leur espèce, mais passait généralement inaperçu dans le monde vampirique, un peu à l'image de la vermine qui, si elle n'était pas directement vue, pouvait vivre confortablement sans jamais être importunée.

"Tu as fait une bourde," dit Hadrian en s'approchant encore de son homologue. "T'associer avec Victoria? Em. Em, Em, Em." Chaque itération du nom gagnait en gravité. "Je te croyais plus malin. Plus fin. Plus… déterminé à ta propre survie."

Le fond de la ruelle rencontra le dos du Ravnos, qui jetait des coups d'œil dans toutes les directions, cherchant une issue. Mais il était coincé, et Hadrian s'approchait encore et encore.

"A-attends, c'est pas du tout ce que tu crois, j-"

La main d'Hadrian agrippa les cheveux du vampire, et tira vers l'arrière, le forçant à ployer le cou et regarder vers son agresseur. Le regard bleu du Ravnos croisa les iris cramoisies du Tremere. Il poussa un petit cri, à peine un couinement, alors qu'il sentait la peur s'infiltrer dans ses veines et le prendre au cœur. Métaphoriquement, bien sûr, car nous le rappelons à nos lecteurs, ces créatures ne vivent pas comme nous vivons.

"Chut, Em. Tu auras tout le temps de m'expliquer une fois dans ta cage. Et si tu tentes de fuir…"

Les ongles d'Hadrian se déformèrent derrière le crâne d'Em, devenant de longues griffes acérées qui lui écorchèrent le crâne.

"Tu comprends, bien sûr?"

"O-oui…!"

"Oui, qui?" fit le vampire en montrant les crocs.

"Oui, Hadrian…!" couina l'autre.

"Bien."

Et il le relâcha.

"Goto, viens ici."

Goto, une goule du maître vampirique, apparut au bout de la ruelle. Un grand homme, blond, dans la quarantaine, habillé d'un habit complet, dont les lunettes cassées laissaient voir une blessure à l'œil qui, assurément, le laissait borgne. Il approcha le duo vampirique et, sans un mot de son maître, tira de son veston un rouleau de ruban adhésif, un baillon et un bandeau.

"Euh… normalement, les gars, franchement, je charge extra pour les trucs kin—" débuta Em, avant que sa bouche ne soit immédiatement couverte du baillong.

S'ensuivit du bandeau pour les yeux, et Goto le fit tomber au sol pour le saucissonner, enroula le ruban autour des bras et des jambes de l'otage.

"Est-ce que le baillon était absolument nécessaire, Goto?" demanda Hadrian avec son sourire stéréotypé.

"Capital, patron."

Em ne répondit que par un gémissement mécontent, avant que Goto ne le soulève de terre en coincant le bassin du vampire entre son bras et sa hanche, comme il l'aurait fait pour une boite ou un tapis, alors qu'au bout de la ruelle, un véhicule reculait et se plaçait entre les deux immeubles. Le coffre s'ouvrit devant eux, et Goto y déposa sa charge, avant de grimper dans la voiture et la traverser jusqu'à atteindre le côté passager, et que son maître ne fasse de même pour s'assoir sur la banquette arrière alors que la portière électrique se refermait d'elle-même.

***

Conformément à ses estimations, Hadrian ne fut pas parti bien longtemps. Certaines personnes auraient pu s'inquiéter de son absence, surtout sans nouvelle, pendant qu'il faisait… ce que les Caïnites font quand ils ont des adversaires à gérer, mais considérant tout ce qu'ils savaient l'un de l'autre, c’est-à-dire pratiquement rien, ce temps sembla relativement court.

Cypress, via Vanessa, se vit octroyer un changement de rythme en se voyant annoncé qu'elle n'était plus uniquement consignée à l'appartement du propriétaire des lieux, et si son accès au monde extérieur était, pour le moment, restreint par mesure de sécurité, elle jouissait de la permission de l'assistante à explorer le complexe, et ce même en journée. Que ce soient les bureaux, la cafétéria, la salle de sport, ou même la piscine, Cypress pouvait aller où elle le voulait, quoi qu'elle put tout aussi bien rester à l'appartement sans avoir à croiser quiconque si tel était son désir.

En bon hôte, et qui se verrait bien mal de laisser sa belle amie attendre, surtout considérant sa situation actuelle et le fait que de ne pas la retrouver serait fort discourtois considérant sa promesse de la retrouver rapidement, il appela Vanessa pour localiser son invitée, et parcourut les couloirs et les ascenseurs de la résidence pour la retrouver, où qu'elle se soit cachée pour la soirée.

Il était presque minuit, déjà, quand il retrouva Cypress, et son premier réflexe fut de lui sourire.

"Je suis de retour."

10
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: lundi 05 janvier 2026, 20:30:24 »
Après le repas, et considérant que Cypress avait probablement fini avec sa part, Vanessa se leva de son siège et débarrassa la table.

« C’est-à-dire, donc, que les gorgones des mythes sont encore plus rares que les Caïnites. Je trouvais déjà l’existence de Mr. Hadrian un brin affligeante, car n’ayant que peu de pairs à qui s’adresser, et qu’ils sont –par tradition, par nature, ou par la force des choses– hargneusement agressifs et territoriaux les uns envers les autres, mais de n’avoir, peut-être, que deux autres semblables dans le monde entier… Boarf, après, qui suis-je pour déplorer l’absence de créatures maudites. »

Le terme de créature maudite avait, bien sûr, été dit sans venin. La malédiction de Médusa, comme la malédiction de Caïn, était bel et bien une malédiction divine, et donc ceux qui en souffraient étaient bel et bien maudits, malgré les dons fantastiques qui accompagnaient leur talent.

Vanessa fit couler l’eau du robinet et plongea la vaisselle dans l’eau bouillante, ne ressentant que très légèrement la chaleur qui aurait fait, sinon gémir, au moins reculer par réflexe une créature plus sensible. Elle frotta les assiettes avec du savon, les yeux fixant les bulles qu'elle créait ainsi, se perdant un moment dans sa contemplation de la solitude subjective à laquelle la jeune femme s'était non seulement recluse, mais également à laquelle elle avait été forcée par la force des choses. Certes, les humains devenaient beaucoup moins intéressants à fréquenter lorsqu'on devait passer toute sa vie à cacher sa nature plutôt que de l'explorer.

Aussi, les humains sont stupides et rapides à paniquer dès qu'ils sont confrontés à quelque chose qu'ils ne comprennent pas.

Après avoir fini la vaisselle, Vanessa s'essuya les mains et regarda vers Cypress, puis s'avança vers elle. Elle lui prit alors le menton et lui leva les yeux vers les siens pour la regarder au travers de ses verres émeraudes.

"Aucune déformation… j'en déduis que les lunettes ne me doublent pas à titre de correction visuelle… si vos ancêtres ou vous-même pouvez me trouver le matériau neutralisant votre malédiction oculaire, je pourrais probablement en trouver et en faire parvenir à un laboratoire d'ophtalmologie. Hm… peut-être même confectionner des lentilles de protections pour certains indispensables, en cas d'urgence."

Après un moment, son regard descendit des yeux de Cypress et se posa sur ses lèvres, vermeilles, pulpeuses, assurément douces comme la caresse d'une couverture de soi. Une bouche pleine.

"Hm."

Elle retira sa main du visage de Cypress.

"Seriez-vous au courant d'autres facettes de la malédiction? Est-ce que vos frères et sœurs partagent un physique avantageux comme le vôtre, ou est-ce un trait garanti par votre lignée paternelle ?"

Il serait difficile, même pour l'auteur de ces mots, de dire précisément si cela était un compliment de la part de Vanessa vers Cypress, prononcée d'une manière très indirecte comme elle se plaisait à le faire, ou si cette phrase n'était révélatrice que d'une curiosité pure et simple. Ou, peut-être, que l'attirance d'Hadrian envers sa protégée, en raison du lien entre le maître et la goule, s'était transmise à celle-ci. Selon le mythe, après tout, Médusa était plutôt belle femme, et l'idée de tourmenter celle-ci et ses descendantes en les rendant exquises et irrésistibles à qui sait voir par-delà la première malédiction ressemble définitivement à ce qu'un gros taré de la Grèce Antique aurait comme idée d'imposer à une femme pour lui compliquer davantage l'existence. Comme un Tzimisce.

"Enfin. Prenez garde, dans Seikusu. Le mondain et l'anormal se côtoie ici, je ne suis pas certaine qu'il n'y aura qu'Hadrian pour perturber votre plénitude. Il serait important pour vous de vous entourer, petit à petit. Comme le font les jeunes vampires ayant détruit la chrysalide de leur humanité, et qui apprennent du monde qui se cache derrière la réalité superficielle."

Elle lui adressa alors un de ces regards qui disait, sans donner le mot, 'et si quelque chose venait à vous menacer, pensez à moi, car moi, je connais ce monde'.

Semblerait-il que Cypress ait fait, chez cette femme apparemment indifférente, une alliée potentielle?

11
Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mardi 23 décembre 2025, 21:47:58 »
Manger était un plaisir que Vanessa se surprenait à se réjouir de pouvoir apprécier. Une phrase qui semble faire peu de sens, mais dans le cas d'une personne qui passe le plus clair de son temps à amadouer un capricieux maître et lui apporter la satisfaction à ses objectifs, sans jamais vraiment s'arrêter aux petits plaisirs de la vie, le fait qu'elle n'ait pas complètement abandonné ces plaisirs humains relevaient de l'exploit.

Comme toujours, elle se garda bien de démontrer une trop grande explosion d'expressions faciales, comme si elle les gardait précieusement pour les moments importants; alors qu'elle se délectait du met, la seule démonstration de plaisir se manifesta ainsi; ses yeux, pour un instant plus long qu'à l'habitude, se fermèrent pour que son attention se fixe sur le goût qui se propageait dans sa bouche. Les commissures de ses lèvres, pour un laps de temps presque plus court qu'un clignement d'yeux, s'étira dans un bref sourire content. Sa langue joua un peu avec la mixture dans sa bouche, et elle déglutit le tout. Une légère volute de vapeur s'échappa de ses lèvres, et elle coupa un autre morceau de la tarte au poulet pour en reprendre un autre. C'était simplement délicieux.

Après un moment, et parce qu'elle était capable de comprendre une suggestion quand elle était mentionnée, elle rapporta son attention sur Cypress.

"Je peux ouvrir une requête avec un comparse d'une clinique d'ophtalmologie. Discret, professionnel, plus ou moins loyal, je suis convaincu qu'il saura vous aider. Cela nécessitera des tests, bien sûr, mais si vous désirez une alternative à vos lunettes –et garantir la sécurité du professionnel–, je m'arrangerai pour que vous en rencontriez un."

Elle prit une autre bouchée de tarte, arborant la même expression que décrite un peu plus tôt, avant de touiller un peu dans son assiette.

"Quoi que la méthode pour créer des lentilles en verre n'est plus vraiment pratiquée, si le matériau dont vos verres sont composés peuvent être adaptés au plastique pour faire une espèce de teinte homogène bloquant la pétrification."

Elle lécha sa fourchette.

"Sinon, si vous connaissez le nom de celui qui a fabriqué vos lunettes… il m'est avis qu'il est également au courant de votre condition, et donc qu'on pourrait le faire… 'déplacer', le temps d'une consultation."

Les kidnappings à l'international n'étaient pas forcément chose aisé, considérant le déplacement, mais pour Vanessa, la difficulté était presque une motivation de plus. Elle aimait les défis. En contrepartie, Cypress pouvait constater que le crime n'était pas seulement quelque chose dans lequel l'organization d'Hadrian trempait la main de temps en temps; il n'y avait rien de légal ou presque dans leurs opérations, au point que parler de ces choses devenait presque banal aux yeux de ceux qui étaient dans le milieu.

Après avoir plus ou moins englouti le repas, mais toujours avec son aura d'impeccable professionnelle, la goule essuya ses lèvres avant de se lever et d'aller rincer et ranger les assiettes, avant de bifurquer vers le frigo, d'en ouvrir la porte et d'en sortir un petit gâteau au fromage, afin de bien terminer le repas. Accompagnant le fromage au vin, comme le voulait la tradition, elle revint avec un Château d'Yquem, un vin conçu spécialement pour accompagner les desserts, et servit deux coupes.

"Feue ma sœur était une dent sucrée," dit-elle en s'asseyant de nouveau. "Et elle a passé quelques années à faire les tournées des vignobles français, avant que sa maladie ne l'emporte. Je conserve, en sa mémoire, quelques savantes combinaisons de desserts qu'elle affectionnait."

Après avoir pris une légère gorgée de vin, elle prit une bouchée de gâteau. Elle émit ce même micro-sourire de satisfaction à ce goût riche qui explosait dans sa bouche à la combinaison du vin et du fromage. Il ne durera pas, comme toutes ses expressions faciales, et revint sur Cypress.

"J'ai cru comprendre, en faisant mes recherches, que vous étiez la dernière de votre fratrie. Est-ce qu'ils ont tous votre particularité? Ou une particularité bien à eux en lien avec votre ascendance?"

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Les contrées du Chaos / Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]
« le: dimanche 21 décembre 2025, 06:16:22 »
"Comme certains le disaient lorsque j'étais... vivante, je connais le principe du « papa dans maman », mais c'est tout. Je...Je n'ai rien vu, je n'ai rien fait, je n'ai rien touché...Si on peut le résumer ainsi..."

Alors là, se dit le vampire, on n'est pas sorti du désert.

Il avait connu des gens un peu isolés, du genre qui ne pouvaient réalistement pas survivre sans le support d'autrui en raison d'une négligence familiale ou éducationnelle, mais quelqu'un avait vraiment arraché à cette pauvre demoiselle toutes ses chances de pouvoir survivre dans sa nouvelle position; aucune connaissance de ses propres capacités, aucune façon de se nourrir convenablement, aucune éducation quant à sa nature, et même pas une éducation de base pour pouvoir séduire une victime potentielle. Hadrian ne faisait pas souvent le parallèle entre le vampire séducteur de la télévision avec le vampire réel, qui se passait bien volontairement du consentement des autres pour son propre bénéfice.

Elle lui présenta encore des excuses, et il eut encore un brin de frustration, refoulé de nouveau pour ne rien laisser paraître sur son visage, et il lui rendit le baiser quand elle le lui offrit. Encore un baiser chargé d'incertitude, maladroit, sans conviction.

"Pardonnez ma fermeté, Calypso, mais pour ce soir, c'est non," dit le vampire en lui caressant délicatement la tête. "Le temps viendra peut-être où la chose vous engouera davantage. Pour le moment, je crains que ce ne devienne qu'un traumatisme. Essayons d'abord de reprendre des forces, et voyons si simplement être près d'une autre personne vous suffit pour ne pas être assaillie de cauchemars. Au retour de la nuit, nous essaierons de trouver un chemin pour regagner notre plan, en espérant ne pas croiser d'autres hommes-oiseaux."

La discussion sur les affaires du sexe, cependant, semblaient être close. Calypso n'était pas sa victime, ou une ennemie; il ne voyait donc pas l'intérêt de pousser la chose plus que de raison. Il pourrait, évidemment, manipuler son esprit d'une autre façon, instillant en elle des désirs et des appétits qu'elle ne possédait pas, mais cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur sa confiance en lui, et ils étaient clairement à une étape où ils ne pouvaient pas se permettre de méfiance.

Il l'attira donc de nouveau, la faisant passer sur lui, et passa ses bras autour de ses hanches. Il prit cette main douce et délicate qu'elle tenait contre sa joue, et baisa la paume d'une légère caresse des lèvres.

"Plus tard."

Et plus tard… fut sacrément loin.

Dès la tombée du soleil suivant, les deux vampires se tirèrent de leur antre. Hadrian, fort gorgé de sang grâce à son repas, s'extirpa de son sommeil de mort, et se leva de leur couche, afin de se rhabiller et de préparer le voyage à venir. Il ne savait rien de cette contrée, et pour être parfaitement honnête, son seul besoin était de trouver un endroit où se cacher de jour pour reprendre le voyage de nuit.

Le presque-moment sembla passer entre eux, ou du moins Hadrian ne chercha-t-il pas à pousser les limites de sa protégée plus que de raison. Il lui parla, bien sûr, et lui prodigua les enseignements qu'elle désirait, mais seulement selon sa curiosité. De toute façon, comme la nuit était plutôt solitaire et protectrice pour deux prédateurs nocturnes, ils n'eurent rien d'autre à faire que de discuter. Par quelques opportunités, un groupe de brigands ou de voyageurs égarés se mirent sur leur chemin. Les premiers furent exterminés rapidement, et leur sang récolté, les seconds, à l'inconfort de Calypso à commettre un meurtre sur des victimes innocentes, furent épargnés. Ces quelques rencontres leur permirent, cependant, de se changer de leurs loques et d'adopter une mode plus contemporaine. Une tunique noire, des pantalons gris et des bottes de marche devinrent la nouvelle garde-robe du vampire, ainsi qu'une cape à capuchon. Des brigands, il récupéra un poignard de bonne facture et quelques pièces d'argent, lesquelles il n'avait aucune chance de connaître la valeur légitime.

Deux semaines, c'était fort long. Même avec leur endurance surhumaine, il ne pouvait nier que ce ne fut guère plaisant. Plusieurs fois, ils furent forcé même de rebrousser chemin, incapable de trouver une cachette pour se dissimuler au regard du soleil, et Hadrian fort peu intéressé à s'exposer.

Après ce long périple, ils gagnèrent, de nuit, un endroit qui s'appelait, tout simplement, la Ville, une grande cité indépendante. C'était un poste de commerce s'étant établi comme un ramassis d'un peu tout ce qui pouvait passer dans les rues; des marchands, certes, mais aussi des mercenaires, des voyageurs, des putains, des aventuriers, des voleurs et probablement des tueurs. Un endroit où ceux qui, comme eux, n'avaient que leurs affaires en tête ne sembleraient pas hors norme.

C'était vite dit, cependant, de croire qu'ils seraient laissé à leur compte.

Alors qu'ils s'étaient installé sur une petite promenade pour se reposer et épargner leurs jambes endolories, Hadrian aida la jeune femme à retirer ses bottes et examina ses pieds, lesquels présentaient déjà des ampoules ayant éclatées.

"Hm. Des chaussettes ne seraient pas de trop," dit le vampire en tirant de son sac une petite huile qu'il avait chapardé à l'un des voyageurs commerçants. "Ne bouge pas."

Il versa un petit peu d'huile sur le pied abîmé de Calypso, avant de le masser délicatement, s'assurant de bien faire pénétrer la substance désinfectante dans ses blessures.

Alors qu'il passait enfin un pansement autour de son pied, des bruits de pas s'approchèrent.

"Alors, mes amis, une belle soirée en tête à tête?"

Hadrian eut un moment d'agacement à cette voix nasillarde. Typique des introductions d'antagonistes dans les téléséries américaines, il n'eut même pas à se retourner pour deviner que, derrière lui, devait se trouver un homme avec ses camarades arborant un grand sourire semi-édenté, probablement vêtus de loques et puant l'alcool.

Il finit de panser le pied de Calypso, et lui remit sa chaussure.

"Cette fois, tu t'en occupes, Cal," dit-il, doucement, utilisant le pseudonyme qu'il avait trouvé. Calypso était un nom un peu trop beau pour les va-nu-pieds qu'ils étaient. Pour sa part, il avait simplement changé l'accent de son nom pour Adrien, une version plus commune de son prénom.

Si la plupart de leurs soirées avaient été utilisées pour marcher, il n'avait pas omis de lui inculquer, un peu par la force, quelques aptitudes martiales. Rien de bien élaboré, mais d'eux-deux, elle était celle qui avait encore un peu de sang à dépenser, alors que lui avait dû s'interposer dans la plupart des conflits sur la route. Il lui avait montré à utiliser ce sang, à renforcer ses capacités physiques. Même sans son aide, elle devrait être au moins capable de gérer une bande de petites frappes, surtout si elle décidait de ne pas tuer.

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: samedi 20 décembre 2025, 18:00:28 »
La réponse de Cypress ne reçut aucune réaction particulière de la part de Vanessa, qui se contentait de siroter son latté en réfléchissant. C'était peut-être vraiment Seikusu qui était un ramassis de créatures normalement invisibles n'importe où ailleurs. C'était comme si être dans cette ville arrachait aux monstres cette capacité presque innée de se garder discret, car il n'y a que depuis son arrivée à Seikusu qu'elle avait été exposée aux monstres, alors qu'elle avait passé le plus clair de sa vie humaine sans même soupçonner leur existence.

" Et vous ? En avez-vous rencontré beaucoup, des êtres surnaturels ? "

"Plusieurs, oui. Trop à mon goût."

Elle prit alors place sur un des tabourets de l'autre côté du comptoir, trempant les lèvres dans son café à nouveau, avant de lever les yeux vers Cypress. Le rouge à lèvre de la goule semblait à l'épreuve de tout, car il ne laissa même pas une marque sur le verre, s'accrochant à sa bouche de toutes ses forces, presque à croire que ce rouge était naturel chez elle.

"Beaucoup de créatures existent en ce monde. Ne me basant que sur le folklore local, je peux vous dire qu'il y a toujours un fond de vérité aux rumeurs et légendes. Certes, les créatures dénommées yōkai ne sont pas forcément les plus visibles d'entre eux, mais les fantômes? Seikusu en est presque infesté, et les pires d'entre eux sont les esprits de rage. Les fantômes des défunts décédés de mort violente. On a eu un cas, ici, il y a quelque mois; une saloperie qui se baladait dans les toilettes des femmes."

Elle eut un petit sourire en coin à ce souvenir.

"Les spectres ne sont pas toujours hostiles, et celui-là était plus une nuisance qu'autre chose. Il n'était pas dangereux, mais il voulait être remarqué. Il retirait le papier de toilette des rouleaux, faisait tomber les téléphones dans la cuvette, ou montait la pression dans la cuvette pour arroser les fesses des usagères. Ça nous a pris trois semaines pour trouver son "lien" au monde des vivants, et c'était le jouet du gamin d'un des employés. On a été forcé de le détruire pour être libéré. Apparemment que le fantôme était un de ses camarades de classe."

Vanessa continua de raconter quelques histoires de fantôme supplémentaire, avec la même attitude qu'elle aurait eu si elle relatait les nouvelles de la semaine, tout en touillant son latté, sans vraiment y porter attention, avant d'enfin tomber sur le sujet des loup-garous.

"Honnêtement, je n'ai qu'un seul conseil à vous donner, et c'est d'enlever vos lunettes. Je vous dirais bien de fuir et de vous cacher, mais les Lupins sont tout simplement trop rapides et trop fins de museau pour que cela ne vous serve; les vampires sont dangereux, certes, mais ils utilisent les humains à leur fins ,alors que le Lupin n'en a absolument rien à faire. J'ignore si votre regard n'affecte que les humains, ou si toutes les créatures surnaturelles sont affectées, mais je prendrais la chance de regarder un Lupin dans les yeux plutôt que de fuir, si la première option avait une chance, même infime, de les tourner en pierre. Ils sont rares, encore plus au Japon, mais ce ne serait pas hors des possibilités qu'un voyageur soit secrètement un loup-garou."

Par le temps que Vanessa termine ses expositions, son horloge interne lui envoya une alarme d'urgence, et elle renifla l'air avant de faire un petit geste de son anguleux menton vers la cuisinière, dans laquelle gémissait maintenant une Chicken Pie bien dorée.

"Je crois que c'est prêt."

Elle se leva de son siège et alla mettre la table pendant que Cypress s'occupait de tirer la nourriture du four.

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: jeudi 18 décembre 2025, 08:14:29 »
" Oh, oui, je serais ravie que vous me montriez la recette. J’imagine que maintenant que… Um… Enfin. Etant donné comment la situation a évolué, ce ne sera pas du luxe si je ne veux pas me transformer en… En nymphomane totalement frappée. "

Un hochement de la tête signala que Vanessa pouvait comprendre le désir de ne pas développer une dépendance, même si elle ne partageait pas cette même horreur de la nymphomanie, n'ayant jamais été confrontée à une personne qui aurait pu lui donner horreur de l'acte sexuel.

" Monsieur Hadrian, tel que je le connais, n'a aucune intention de vous plier ainsi à lui, ou à quiconque.  Comme tous les hommes, il a ses côtés… enfin, il a ses failles… Vous devez comprendre aussi qu'il y a une énorme différence entre le traitement réservé aux gens que les Caïnites méprisent, à savoir le commun des mortels, et les rares êtres auxquels ils accordent une certaine importance. Hadrian prône l'utilité avant la servilité, et maintient la loyauté en se présentant comme le plus humain possible envers ses subordonnés. Ses ennemis, en contrepartie…"

Vanessa fixa la béchamel un moment, avant de rajouter quelques épices au mélange. Un peu de sel, de poivre et encore une cuillérée de farine, presque machinalement.

"Bref."

Elle regarda la jeune femme et corrigea un autre malentendu.

"Je n'ai pas besoin de régurgiter la nourriture. La malédiction des vampires ne m'affecte pas, tout comme le soleil ne m'affecte pas. Je mange, je bois, je peux même, à ma discrétion bien sûr, m'intoxiquer. Par "nourrir", j'entends le sang de Monsieur."

À la simple mention de vitae, même dans le langage profane, elle sembla démontrer un signe de frustration, au même titre que l'idée d'être soumise à une crise de nymphomanie soudaine pourrait frustrer Cypress, ou tout simplement l'idée de ne pas pouvoir se plonger dans un bouquin après six semaines sans en avoir vu un. La goule secoua brièvement la tête avant de plonger sa main dans la poche de son veston et en sortir un flacon de cachets. Elle en fit tomber trois dans sa paume, avant de les ingurgiter, s'abreuvant à l'évier à la main pour faire passer les cachets plus facilement.

Une fois la crise passée, elle se redressa en soupirant, adressant un regard à la gorgone qui venait d'enfourner la tarte au poulet.

"Et hop, au four ! Je baisserais la température d’ici 20 minutes, et 20 minutes plus tard nous pourrons manger. Si ça ne vous gêne pas d’attendre un peu ?"

"Du tout," dit la goule avec un hochement entendu de la tête. "L'attente fait partie de mes fonctions principales."

La surveillance et la protection était deux activités qui demandaient une patience à toute épreuve, et c'était peut-être parce qu'elle était une goule et parvenait aisément à laisser s'écouler les minutes, mais Vanessa ne semblait pas s'importuner du temps. Elle se tourna plutôt vers la bouilloire électrique qu'elle remplit d'eau avant de la mettre en marche, avant de se tourner vers la machine à café. En quelques minutes, elle prépara respectivement un café latté vanille avec garniture, ainsi qu'un thé composé de plusieurs herbes qu'elle tira des sacs qu'elle avait apporté plus tôt, avec des herbes deux fois infusées.

Une fois les breuvages terminés, elle posa le thé devant Cypress, et trempa ses lèvres cramoisies dans le latté, une extravagance qui semblait jurer avec cette apparence sobre et presque trop professionnelle. Elle inhala ensuite la délicieuse odeur du grain moulu, et expira lentement, avant de boire une autre gorgée, avant de lever les yeux vers Cypress.

"Si je puis vous poser une question personnelle… est-ce que nous sommes les premières créatures du genre non-humain que vous avez rencontré? Je veux dire… au niveau des êtres que les humains ne croient pas exister, j'entends."

Il y avait une pointe de curiosité sincère dans le ton de voix de la jeune femme.

"Jusqu'à il y a dix ans, vous m'auriez dit que les vampires, les loups-garous ou les fantômes existaient, je crois que je n'aurais pu m'empêcher d'être très, très cynique. Maintenant… le mur entre le fantastique et la réalité me semble incroyablement friable, et composé simplement de malentendus, de rumeurs et d'ignorance."

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Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: mercredi 17 décembre 2025, 16:46:46 »
"Est-ce que les effets induits par le… um… sperme, la salive et la sueur… -Mmh, les trois S ? Non, ça ferait quatre avec le sang, ce serait perturbant…- Est-ce que ce sont des effets permanents, comme le sang ingéré, ou bien il y a une limite de temps à leur… Efficacité ?”

“À ma connaissance, si les effets sont cumulatifs, ils sont normalement temporaires, donc tout au plus une à deux heures. Mais c’est comme l’alcool; la modération est recommandée. À force d’exposition, cela peut causer une addiction. Une addiction plus légère que celle du sang, certes, mais une addiction tout de même. Honnêtement, je vous dépeins un tableau fort sévère, mais c’est simplement pour que vous soyez informée, pas pour vous terrifier. Certains vampires ont une vie sexuelle plutôt normale, que ce soit entre eux, avec leurs goules ou avec des mortels."

Vanessa la suivit donc jusqu’à la cuisine alors que la jeune femme semblait s'y diriger, lui collant plus ou moins les basques. À sa question quant au menu, elle se contenta d'un hochement de la tête et, pendant qu'elle préparait la viande, la goule usa de ses sens aiguisés pour évaluer la préparation. Habituée à s'occuper du maître, certains pourraient croire qu'elle n'a aucun talent culinaire, puisque les vampires ne mangent pas, mais une grande partie de son travail incluait également de mettre ses victimes… enfin… "interlocuteurs", à l'aise. C'est donc machinalement qu'elle passa un bras à la hanche de Cypress pour l'arrêter un moment, renifla l'air et rajouta une pincée d'épice au poulet. Elle se tourna ensuite vers les ingrédients et, pour lui donner un coup de main, se tourna vers l'îlot pour préparer la pâte, avec

" Il y a un processus pour se purger de ces effets ? Je serais curieuse de le connaître, au cas où… Oh, et, aucun rapport avec... Um… Le sexe. Mais… Est-ce que c'est gênant ai jamais je cuisine avec de l'ail ? Je ne voudrais pas vous empoisonner, vous ou Hadrian. Ni vous indisposer si l'odeur est repoussante… "

"C'est une mixture. Connaissant votre affection pour le thé, je me dis que vous pourriez même rendre la recette potentiellement digeste. C'est une recette normalement utilisée par les Chasseurs et leurs collaborateurs. Il semblerait que, dans les derniers siècles, ils aient trouvé des méthodes scientifiques plutôt que magique pour se débarrasser de la plupart des effets nuisibles. En ce qui concerne l'ail… non. Le maître n'est pas indisposé par l'odeur. En contrepartie, il ne peut pas manger. Quoi qu'il mange, quelques heures plus tard ou, tout au plus, trois jours plus tard, il doit vider son estomac."

Voyant l'air inquiet qui se dessina sur le visage de Cypress, elle précisa.

"Il le régurgite. Et il est conscient du risque, c'est sa responsabilité, et non la vôtre."

Inutile de l'inquiéter et de lui parler de l'explosion de sang expulsé par la même occasion. La pauvre demoiselle en avait déjà assez appris. Elle ne savait déjà pas si elle devait ou non lui admettre la relation préexistante entre elle-même et le vampire, de crainte qu'elle la voit comme une rivale ou ait le mauvais réflexe de se comparer. Les humains étaient des créatures émotives, quelque chose qu'elle-même n'avait jamais été, et elle avait appris qu'ils n'appréciaient guère d'être exposé à des "exs", même dans le cas d'une relation purement physique, et occasionnelle.

Une fois la pâte préparée, elle fouilla dans les armoires pour en tirer un plat en aluminium et posa la pâte dedans, avant de la poser à côté de Cypress, et observer ses yeux au travers du verre émeraude, et elle posa une main contre le dos de la gorgone, en signe de… fraternité féminine? Elle ne savait elle-même pas ce qui avait poussé ce geste.

"Globalement, je partage plus de points communs avec les mortels que les vampires. Les goules ne sont, sommairement, que des humains. Ils n'ont aucun des points faibles du vampirisme, et sont généralement physiquement et mentalement supérieurs au commun des humains, mais… considérant que le "commun des humains" désigne une population globalement stupide et ignorante, ce n'est pas vraiment une grande amélioration."

Il y avait ce petit côté clairement misanthrope chez Vanessa. Elle partageait également la misandrie des gorgones qui habitaient la tête de Cypress; les hommes, notamment, la répugnaient. Il n'y avait que Hadrian qui trouvait grâce à ses yeux, et cela n'était peut-être que simplement dû au Lien.

La main de la goule glissa dans celle de la jeune femme et serra doucement, jusqu'à ce que celle-ci puisse sentir son pouls au travers du contact.

"Les goules sont toujours vivantes. On vit simplement plus longtemps, tant que nous sommes occasionnellement nourries."

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