Comment se vêtir tout en s'adaptant à la mode de l'époque actuelle n'est pour Lucian pas une tâche qui lui ait aisée d'accomplir. Entre son univers d'origine, les coutumes de son clan, les conventions sociales qui y sont de mises, il ne peut que se contraindre de constater que pour chaque instant, une tenue adéquate est conseillé d'arborer et il en va de même pour la vie qu'il mène au sein de la ville de Seikusu. Une autre époque, des traditions qui lui sont encore étrangère, auxquels il n'est pas totalement familier malgré les quelques années qui se sont écoulées depuis ses premiers pas sur cette Terre. S'il prête l'oreille aux multiples discours des employés de L'auberge Thermale, chacun d'entre eux ont des goûts et des styles qui varient d'un tempérament à l'autre mais aussi datant de temporalités vairés. Ce n'est que lorsqu'il est devenu enseignant qu'il est parvenue à se faire une idée du style à adopter sans pour autant totalement y parvenir, ne sachant pas toujours comment bien dissocier la thématique aux conventions de ce pays. Trop habillé ou pas assez, quoiqu'il en soit, tous s'accordent à dire qu'il ne sait être décontracter, et de ce fait, le voir affublé d'un simple t-shirt est tel un mirage.
Pour beaucoup, il est un homme qui attire les regards de par sa carrure naturelle qui transparaît avant son allure vestimentaire, ce qui en temps normal est suffisant mais pas assez lorsqu'il s'agit d'une assemblée de Représentant en tout genre. En cette occasion, cette fois-ci il n'a eu d'autre choix que de se plier aux suppliques de ses associées qui lui ont vivement conseillés de se rendre en ville afin de se procurer la tenue adéquate qui saura le mettre en valeur et plus encore, qui devrait le placer en premier plan. Pour ce faire, une seule adresse lui avait été donnée, celle d'une boutique de luxe tenue sous le nom et la tutelle d'une illustre créatrice de talent : Cruella Trevylaine. Bien qu'il ne soit pas originaire de ce monde, il ne peut nier le fait qu'il en ait lui-même entendu parler et qu'il serait donc idiot, voir stupide de ne pas y prêter attention, ne serait-ce que par curiosité, puis qu’après tout, porter un produit de la collection Dalmatia est un luxe que tous ne peuvent s'octroyer.
Le chic est l'élégance, c'est ainsi qu'on se plaît à associer le genre de vêtement que porte habituellement Lucian comme c'est le cas aujourd'hui. Souvent bercé dans le sobre, c'est presque avec désinvolture qu'il porte cette chemise au teint bordeaux qui épouse la carrure de ses épaules forgées par les champs de bataille, le tout surmonté d'un veston noir rayé à la verticale qui ceinture son abdomen et lui donne ce petit air de barman ou bien mannequin. En cette saison froide sa veste s'était vu troqué par un long manteau noir afin de le protéger bien qu'il ne craigne pas particulièrement les basses température de par sa génétique qui fait de lui ce qu'il est. Nul doute, il attire les regards, il le sait, il en a parfaitement conscience et fait de son mieux pour ne pas y prêter plus d'attention qu'il en faut. On pourrait penser qu'il est le genre d'homme à aimer jouer de son physique, or ce n'est le cas que lorsqu'on est parvenu à échauffer ses sens, du reste, il se montre particulièrement distant, peu intéressé.
Cette distance ne met pas à l'écart la politesse qu'il applique en permanence envers ses interlocuteurs, une règle de vie dû à une éducation stricte et rigoureuse qui s'est construite et incrustée en son être tout au long de ses siècles d'existence. Alors, bien qu'il puisse paraître hors d'atteinte par moment, toujours il adresse un sourire chaleureux à ceux et celles croisant son regard et cherchant son attention, comme ce fut le cas des employés de la boutique dans laquelle il venait de se rendre avant que l'atmosphère ne soit imprégné d'une forme de stresse. Il pu se rendre compte de la tension qui les animes, un mélange de crainte mais également de fierté, un état d'esprit qui donne à cet établissement une valeur certaine que seul le professionnalisme est capable de fournir, ne faisant que le conforter sur la bonne décision qu'il a prise en venant ici, fort dans l'espoir qu'il a de trouver ce dont il a besoin.
Cela aurait été en effet le cas s'il n'y avait pas eu cette interruption qu'on ne voit généralement que dans les films qui l'oblige à remettre à plus tard – si l'avenir le permet – sa recherche pour se plier aux exigences des indésirables. De là où il vient, il ne se serait pas fait prier pour établir le contact afin d'établir des négociations dans le but d'éviter une confrontation qui généralement n'est pas sans verser du sang. Or, il n'est pas dans son monde, il a conscience que faire usage de ses pouvoirs n'est pas une bonne idée, qu'ici, en dehors des êtres humains, tout ce qui lui est propre leurs est étranger, néfaste même. Cacher son identité est selon lui la meilleure chose à faire, qui plus est, il lui semble que dans ce genre de situation, c'est aux Forces de L'ordre de se manifester afin d'assurer la protection des citoyens, ce qui l'amène à devoir être spectateur, c'est tout du moins ce qu'il prévoyait.
Silencieux jusque là, tous s'était tûe sauf une personne, une très belle et surprenante personne même qui n'est tout autre que l'illustre et propriétaire des lieux, la grande Cruella Trevylaine. Sa présence en cet instant précis ainsi que ce cambriolage ne sont dû qu'au fruit du hasard ? Une coïncidence qui lui paraît curieusement douteuse, ne pouvant croire qu'ils se soient pointés en ignorant qu'elle serait là, dans cette boutique précise, aujourd'hui à cette heure. Cela étant, aussi importante et précieuse puisse-t-elle être, ça n'empêcha pas l'un d'entre eux de la prendre en joue et encore moins de se montrer violent sur sa personne pour instaurer la terreur et affirmer leur domination sur la situation. La rage qui anime la belle trentenaire est parfaitement palpable, la voir ainsi se rebeller malgré l'adversité et la douleur apporte un mélange de sensation parmi les clients et employés devenus otages. Nombreux sont ceux qui détournent le regard, craignant certainement de subir pareil traitement, d'autres sont en pleurs, se précipitant pour vider leurs poches en espérant que cela se termine plus rapidement, puis, il y en a, rare et en minorité, qui se font saigner de colère en voyant leur patronne se faire malmener, désireux de vouloir lui porter secours sans pouvoir le faire. Peur, déni et colère, des émotions qui emplisse les lieux tandis que le regard de la victime brûle d'une rage et détermination sans faille, une lueur qui exprime à quel point elle est accrochée à ce qu'elle a construit, le fruit d'une existence et d'un travail acharné. Comment rester de marbre face à pareil tableau ?
Les cris de l'homme ainsi que la lutte cause une agitation qui attire l'attention et en fait une diversion suffisante pour que Lucian se risque à se glisser auprès de l'un des ravisseurs trop occupé à se moquer de son complice incapable de s'occuper d'une femme. Son manteau retiré, c'est après avoir pris en compte les positions de chacun des membres du groupes qu'il se décida à se mettre en action, ne pouvant se permettre d'attendre plus longtemps tout en souhaitant que la police ne tarde pas à se manifester, sans quoi il pourrait y avoir plus que de simple blessure à soigner. Il sait que son intervention n'est pas la bonne chose à faire, que la plus part du temps, un comportement « héroique » n'est pas toujours la solution, que cela peut et souvent empire la situation. Mais, il ne peut rester sans agir, pas quand il peut lire une telle fureur dans le regard de la jeune femme. Alors oui, il prend le risque de s'élancer dans la bataille comme il l'a déjà fait un bon millier de fois auparavant. On peut le croire guider par l'adrénaline et ce n'est pas totalement faux, cependant, il n'est pas sans avoir un minimum de stratégie bien au contraire, il n'a en rien oublié ce que lui a apporté son expérience. La surprise c'est ce qu'il y a de plus efficace face à un plus grand nombre et c'est avec cela en tête qu'il s'est redressé en projetant son manteau tel un voile pour masquer la vue du bandit le plus proche.
Il pourrait facilement ôter la vie de ses opposants, cependant, les lois de ce monde ne sont pas aussi « souple » que peuvent l'être celles d'où il vient. S'il ne peut leur briser la nuque , c'est avec un certain contrôle qu'il restreint sa force lorsqu'il bouscule de tout son poids le premier homme à qui il venait d'obstruer la vue pour l'écarter de son chemin et de sa course vers son objectif. Avant de s'occuper clairement d'eux et qu'ils ne s'en prennent aux otages, il se doit de mettre hors de danger celle qui avait attirée toute leur attention, à savoir miss Trevylaine. Pour y parvenir, il se doit donc de l'éloigner de l'ignoble qui s'en était prit à elle et pour cela, il doit dans un premier temps l'atteindre. Pris la tête dans le tissus épais et opaque puis percuté, son premier obstacle venait de trébucher en lui laissant le champ libre pour poursuivre sa charge. Il n'avait pas perdu de temps pour s'élancer la tête en avant et les bras écarter pour adopter la posture d'un rugbyman qui grossit sa puissance et sa masse en élargissant sa carrure, donnant l'espace d'un instant l'illusion d'être une proie à celui qui en est la cible. L'homme déjà handicapé des coups adroitement placés de la jeune femme n'eut pas suffisamment de temps à la réflexion lorsque le contact s'imposa à lui dans un mélange de craquement et d'un bruit sourd. Tombant au sol avec force, emporté par le poids qui venait de le charger, la surprise était telle qu'elle permis à Lucian de tendre précipitamment son bras en direction de la propriétaire des lieux, sa main venant effleurer son derme immaculé dans une caresse avant de se saisir derrière elle d'un morceau du miroir qu'il extirpa de force afin de le planter sans la moindre once de pitié dans la cuisse de leur assaillant de sorte à ce que ce dernier ne puisse se relever.
Cette vitesse d'action avait été rapide, brusque. Une violence qui interpelle et trouble ceux qui ni s'y attendait pas. Une perturbation amplement suffisante qui lui a permis de se saisir du poignet de la rebelle blessée et la tirer jusque derrière le comptoir de la caisse, là où devrait se situer le bouton d'alarme pour appeler la police.
- Je crains que la situation empire et je doute pouvoir faire gagner du temps. Mais si vous avez la possibilité de faire rappliquer qui de droit, peut être pourrions nous nous en sortir sans trop de dégât ? Une suggestion glissé dans un sourire faussement rassurant, légèrement imprégné d'un mal aise. Il ne veut pas avoir de mort sur la conscience, pas qu'il n'y soit pas étranger, mais s'il pouvait éviter d'en avoir sur cette terre-ci et garder un cassier judiciaire vierge, ça lui faciliterait la vie. - Peut-être n'aurai-je pas dû intervenir ? Questionne-t-il sans vraiment attendre de réponse de sa part.