Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane

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Franz Bauer

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    Démon de la Paresse et de la Luxure et génie de son état, Franz tente de racheter ses crimes passés en vivant pour le Bien commun. Mais il n'est pas facile de tout bien faire quand une idée peut rendre les autres accro à s'en damner...
« Grmblmblmbmlmgrm… C’est pas vrai… ! »

Franz était d’un naturel calme. Quand on avait l’éternité devant soi, on avait tendance à prendre les choses avec légèreté et recul. Ses projets étaient, pour la plupart, le genre de grands programmes au long cours qui ne serait de toute manière jamais appliqué aujourd’hui ; du moins, pas sur Terre ! Le capitalisme, c’était quand même un sacré truc…

Mais, des fois, ses projets étaient un peu plus sensibles, temporellement parlant. C’était le cas de celui-là, censé lutter contre une nouvelle maladie juste découverte, mais qui risquait de tuer toute une variété de plantes dans les prochaines décennies si quelque chose n’était pas fait rapidement. Les mortels voyaient ça avec intérêt, mais sans réaliser forcément la gravité de la situation. Franz, lui, comprenait bien que la situation était critique, et il n’avait pas perdu de temps pour chercher toutes les données sur ce parasite invasif et agressif. Si ces pantes mouraient, on pourrait aussi bien commencer à creuser des fosses, parce qu’entre elles et les abeilles, et le reste…

Bref, il était en pétard, il était stressé, et il n’aimait pas ça. Ah ! Il regrettait parfois l’époque où tout le monde fumait partout ! Maintenant, il lui fallait sortir, et il s’exécuta en jetant rageusement sa sucette, victime collatérale de son anxiété, pour filer dans les couloirs de l’aile des professeurs et pousser une issue de secours vigoureusement. Il la cala avec un bout de parpaing, comme d’accoutumée, et alluma la clope qu’il avait déjà au bec dans un soupir consterné.

Il fit les cent pas quelques minutes avant de se détendre enfin, et de ressortir ses notes, s’asseyant par terre, dos contre la paroi de l’escalier de secours en béton, une main dans ses cheveux blancs en pétard tandis qu’il examinait ses écrits de l’autre, tirant sur la cigarette à ses lèvres sur un rythme machinal et tranquille. Il ne trouvait pas le problème. Il n’arrivait pas à comprendre quelque chose. Ou bien, il prenait le problème à l’envers. Est-ce qu’il devait tout recommencer ?

« Évidemment qu’il faut tout recommencer ! Je fais de la merde ! Putain ! C’est pas vrai ! Espèce de… papier de… de merde ! »

Il le jeta rageusement par-dessus la balustrade, soupirant, se grattant la tête nerveusement, et réalisa que sa cigarette était finie. Il souffla, se releva et alla jeter un œil par-dessus la balustrade, avisant le tas de papier froissé en boule avec dégoût avant d’aller écraser son mégot dans la boîte qu’il avait posé là à cette fin, et de s’en retourner à ses travaux. Il avait vingt minutes avant son prochain cours. Il devait revoir ces données. Il ratait quelque chose…

En même temps , il avait raté la présence de la nouvelle professeure, Séliane Noctelume, qui, elle, n’avait rien manqué de son esclandre, de ses étalages publics et de son air renfrogné. Et il était loin de se douter que sa perspective pourrait bien le débloquer.

Séliane Noctelume

Créature

On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane

Réponse 1 dimanche 07 décembre 2025, 23:50:48

Le soleil est haut, éclatant, brutal.

Les façades de béton clair et de verre poli, typiques du campus japonais, renvoient une lumière si nette qu’elle en devient presque coupante. Les escaliers métalliques extérieurs, fixés contre l’aile des professeurs, brillent comme des lames chauffées par le jour.

Au milieu de cette clarté uniforme, Séliane Noctelume se déplace, et quelque chose, imperceptible aux yeux humains, s’infléchit autour d’elle.

Ce n’est pas une ombre. Ce n’est pas une magie. C’est une présence nocturne, douce mais distincte, comme un écho de lune oublié en plein midi.

Pour les mortels, elle reste simplement élégante, un peu trop calme peut-être.
Mais pour toute créature non humaine, sensible aux nuances que le jour efface, son aura s’étend comme un reflet de nuit sur l’eau en plein soleil.

La lumière autour d’elle semble légèrement moins agressive. Les contours du monde se font un souffle plus feutré. La chaleur du béton lui-même semble hésiter à la toucher.

Son papillon translucide, lui aussi, révèle alors une nature différente : sous le soleil, la lumière passe à travers lui, mais pour un œil non humain, elle se plie légèrement, comme sous l’influence d’une lueur lunaire invisible.

Elle tient un sac de papier rempli de figues entre son buste et le creux de son bras gauche, un autre fruit dans la main droite.

La pulpe sombre qu’elle goûte ne reflète pas le soleil : elle l’absorbe, comme un murmure de crépuscule dans un monde trop brillant.

Elle avance.

Un bruit sec éclate soudain : frt...ploc... et une boule de papier roule jusqu’à ses pieds.

Elle relève les yeux, et son regard se pose sur la balustrade du troisième étage, où un professeur aux cheveux blancs en bataille lutte avec ses notes, sa colère et sa fatigue. Sa frustration crépite dans l’air comme de petites étincelles.

Pour un humain, la scène est banale. Pour un non humain, la rencontre entre la nervosité électrique de cet homme et la présence discrètement nocturne de Séliane crée un contraste presque audible.

Elle se penche. Le sac bascule, trois figues roulent.

Et alors, juste un instant, à peine un souffle, sa présence semble atténuer la lumière du soleil autour d’elle. Un minuscule repli de jour. Une respiration nocturne. Rien de visible… mais tout à fait sensible pour ceux qui disposent de sens plus vastes.

Le papillon, lui, descend lentement, ses ailes iridescentes laissant une traînée si ténue qu’elle n’existe pas pour les humains, juste un tremblement subtil dans l’air, comme un frisson de nuit.

La fée royale se faisant passer pour une humaine ramasse d’abord les figues, puis la boule de papier.

La manière dont elle déplie la feuille est silencieuse, lente, presque liturgique. Quelques mots. Une maladie végétale. Une urgence. Une peur.

La feuille semble soudain perdre sa nervosité dans ses mains, comme si, là encore, son aura nocturne laissait retomber la colère dont elle était imprégnée.

Elle referme la page. Lève le visage.

Le soleil frappe son profil… mais refuse d’en ternir la douceur. Autour d’elle, pour des yeux non humains, sa silhouette est cerclée d’une lueur subtile, pas lumineuse, mais ombrée, comme si une nuit discrète persistait tout autour d’elle malgré le jour.

La jeune femme s’avance. Trois pas. À l’endroit exact où, si l’homme se penche, il ne pourra manquer sa présence, même si une part de lui aura peut-être l’impression de la "remarquer" avant de la voir.

Sa voix s’élève alors, douce mais portée par une résonance calme :
"Monsieur…"

Un souffle. Une note suspendue, étrange, comme si le son avait une ombre.

La professeure lève la feuille.
"Je pense que vous cherchiez ceci."

Le papillon se stabilise à côté d’elle, ses ailes renvoyant une lueur pâle qu’aucune lumière solaire ne devrait produire. Une trace de nuit dans le plein midi.

Et dans cette cour brûlante, bordée de béton et d’acier, Séliane Noctelume est la seule chose qui semble appartenir au crépuscule.

Franz Bauer

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Re : On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane

Réponse 2 vendredi 09 janvier 2026, 03:59:46

Alors qu’il s’apprêtait à filer, tirant déjà la porte pour en dégager le bout de parpaing la retenant et la reclaquer derrière lui, Franz fut soudainement interrompu par un mot, simple, une voix légère portée jusqu’à lui par la force des lois de la physique et… d’autre chose. Il marqua une pause, remit le parpaing en place et se dirigea à nouveau jusqu’à la balustrade, s’y accoudant mollement pour découvrir la jeune femme se tenant là.

En tout cas, cette chose avait l’air d’une jeune femme, mais elle était autre. Franz ne le remarqua pas immédiatement, préoccupé par son mauvais sang et par son empressement, mais, lorsqu’elle leva la main avec son papier, les choses commencèrent à s’additionner dans un coin de sa tête et il tiqua enfin, s’interrompant pour l’examiner plus attentivement. Un truc n’allait pas avec elle. Elle n’avait pas l’air d’appartenir à cette scène, mais d’être plongée dans un crépuscule sylvain éternel. L’environnement dans ses alentours immédiats était altéré, et un papillon voletait à ses côtés comme un animal de compagnie, imprimant dans l’air une marque elle aussi surnaturelle.

Franz ignorait ce que pouvait être cette femme, mais elle n’était pas humaine, ça non. Il fronça les sourcils et choisit de n’en rien dire pour le moment, levant une main pour poser son menton dans son creux en la toisant de son perchoir d’un air détaché.

« Oui, j’aurais dû le mettre à la corbeille. Désolé, s’excusa-t-il avec détachement. »

Sentant que la discussion risquait de durer plus de cinq minutes, il sortit une autre cigarette et prit le temps de se l’allumer. Ses gestes, fluides, rapides, sophistiqués, trahissaient eux aussi sa nature non humaine, sans être aussi évidents que la trace de Séliane aux yeux de qui pouvait la voir. Ils faisaient partie de sa nature, et de sa malédiction. Autant de traits et manières qui lui venaient naturellement, lui donnant un air de maîtrise sensuelle quand il aurait aimé être gauche et lent comme Monsieur Tout-le-monde, pour que personne ne le remarque.

« Vous savez quoi, fit-il finalement en revenant à elle ? Vous seriez un amour de vous en débarrasser en passant, pour moi. Merci beaucoup, Madame… ? »

Il la provoquait un peu en la flattant, pêchait un nom. Il cherchait à s’informer, à comprendre à qui il avait affaire. Depuis le temps qu’il se baladait sur Terre, il avait vu son lot de créatures. Les guerres, d’ailleurs, avaient le don de les révéler dans leurs natures tantôt terribles, tantôt majestueuses, et il s’interrogeait quant à ce qu’il avait face à lui. Majesté, ou Terreur ?

Séliane Noctelume

Créature

On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane

Réponse 3 samedi 10 janvier 2026, 16:23:21

Séliane jette un rapide coup d'œil aux alentours. Que faire pour avoir une conversation civilisée ? S’asseoir à même l’herbe à l’ombre d’un arbre bienveillant ? Sur le banc peut-être en plein soleil ? Ou dans un de leur bureau ? Encore est-il que la nouvelle professeure a toujours la feuille en main.

Elle s’arrête à quelques pas, pas tout à fait hors de vue de la balustrade, comme si elle avait prévu qu’il pourrait encore l’observer, ou la suivre.

Son regard, lui, ne quitte pas Franz. Pas de manière insistante. Plutôt comme on observe un phénomène rare. Sans empressement, mais sans en perdre un détail. La façon dont il remet le parpaing. Celle dont il se penche. La pause calculée avant ses mots. Infime, avant qu’il ne s’accoude. La cigarette sortie avec une aisance trop parfaite pour être anodine. Chaque geste s’inscrit en elle, catalogué sans effort, et quelque chose, très loin sous son calme professoral, frissonne.

Il est autre, confirme-t-elle intérieurement. Pas comme elle. Mais pas humain non plus.

La fumée descend lentement, portée par l’air chaud, se glisse entre les lignes de béton… et finit par l’atteindre.

Séliane ne se retourne pas tout de suite. Elle inspire lentement et profondément, puis se ravise aussitôt. Un léger froncement de sourcil. Une toux brève, discrète, qu’elle couvre d’un geste élégant en portant la main à ses lèvres.

Le papillon, près de son épaule, s’éloigne d’un battement d’ailes presque contrarié.

Sans commentaire, sans reproche, elle porte la figue à sa bouche et y mord doucement. La pulpe sucrée éclate, chasse l’amertume âcre de la fumée, et son souffle se stabilise aussitôt.

Ce détail-là aussi, Franz pourrait le percevoir : elle ne dramatise rien, mais elle n’ignore rien.

Sa voix s’élève alors, toujours calme, mais plus basse, presque confidentielle. Suffisamment pour porter, sans jamais chercher à forcer.
Je crains que ce ne soit pas judicieux. Toutefois, vous avez raison sur un point. Professeur… ?

Une pause.
Ce que vous appelez un déchet est en réalité une pensée interrompue. Et dans mon expérience…

Une interruption, presque imperceptible.
Les pensées interrompues ont tendance à revenir, mais déformées, si on les rejette trop vite. Ce papier aurait pu disparaître sans conséquence immédiate.

La jeune femme se retourne enfin, lentement, posant sur son interlocuteur un regard qui ne le jauge plus tout à fait… mais qui l’inclut désormais.
Mais certaines recherches ne tolèrent pas l’approximation. Pas quand elles touchent au vivant.

Ses doigts glissent légèrement sur la feuille, comme si elle en ressentait la texture autrement qu’avec la peau.
Les maladies végétales, les parasites, les déséquilibres…

Elle incline la tête, pensive.
Ce sont rarement de simples problèmes biologiques. Ce sont des symptômes.

Le mot résonne. Pour un humain, c’est une métaphore. Pour quelqu’un comme Franz, c’est une clef.

Le papillon flotte un peu plus près de son épaule, immobile, comme suspendu dans un point fixe de l’air.
Je commence seulement demain.” ajoute-t-elle, presque comme une information anodine. “J’ai donc le luxe d’observer, aujourd’hui.

Un infime sourire, presque aimable, pas séducteur. Curieux.
Et d’écouter ce que les autres préfèrent jeter.

Elle lève légèrement la feuille.
Si vous souhaitez la reprendre maintenant, je ne m’y opposerai pas. Mais si vous acceptez qu’elle me suive jusqu’à mon bureau…

Celle qui se fait passer pour une humaine s’arrête alors, pivote avec lenteur, et relève enfin le regard vers lui, se rappelant qu’elle ne s’est pas encore présentée.
Noctelume Séliane.

Un silence s’installe. Voulu.
Professeure d’Histoire & Origines de la Magie.

Le titre ne cherche pas à impressionner. Il est énoncé comme un constat ancien.

Son regard glisse brièvement vers la cigarette, puis revient au visage du jeune homme. Quelque chose s’y adoucit, presque malgré elle, une reconnaissance muette, infime.
Quant à Madame…” un souffle, un battement de cils, “Cela suffira, pour l’instant. Sauf si vous y voyez une meilleure manière de m'appeler, en restant dans le respect.” terminant sa phrase par un petit sourire un peu plus franc.

Séliane croque une nouvelle fois dans la figue, effaçant les dernières traces de fumée sur son palais, puis reprend sa marche vers le bâtiment.

Le papillon la suit.

Un silence mesuré.
Je pourrais peut-être vous poser une question. Une seule.

Elle ne la formule pas encore. Elle lui laisse l’espace de décider. De choisir s’il descend, s’il parle, ou s’il laisse cette femme, professeure, étrangère, présence nocturne en plein jour, franchir une porte de plus sans lui.

Dans l’air, pour des sens non humains, quelque chose palpite doucement. Pas une menace. Pas une promesse. Une invitation prudente.

Derrière elle, il reste plus qu’un papier à récupérer :  une décision à prendre, et l’étrange impression que, pour la première fois depuis un moment, quelqu’un a vu au-delà de la colère du professeur mâle.

Franz Bauer

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    Démon de la Paresse et de la Luxure et génie de son état, Franz tente de racheter ses crimes passés en vivant pour le Bien commun. Mais il n'est pas facile de tout bien faire quand une idée peut rendre les autres accro à s'en damner...
Cette créature, quelle qu’elle soit, était assez curieuse. Elle était un peu lente, sans penser à mal. Disons qu’elle prenait son temps à une époque où plus personne ne se souciait de profiter de la vie ; pas vraiment. C’était bizarre. Comme si elle venait d’un autre temps. Franz se demanda si elle avait déjà visité la Terre, autrefois, avant de s’absenter un temps pour réapparaître maintenant. Ou bien, elle était allée ailleurs, ou venait d’ailleurs, un ailleurs où l’on prenait encore le temps.

Comme il avait pris l’habitude et le pli de l’empressement, de l’urgence, du besoin de faire, le démon l’observa avec un détachement relatif, laissant ses pensées s’immiscer entre ses souffles. Cependant, les paroles de l’inconnue eurent assez vite fait de le retenir de plus en plus, ce qu’elle put voir chaque fois qu’elle posait son regard sur lui. Il y avait une lueur d’intérêt qui grandissait malgré son silence.

Comment comprenait-elle ce qu’il avait écrit et comment pouvait-elle émettre un avis sur le sujet ? Si ses notes avaient été évidentes, il aurait jeté la remarque sur une croyance New Age à la con, mais non, ses notes n’avaient aucun sens pour un profane. Et si cette Noctelume Séliane était bien professeur d’Histoire et de Magie…

Noctelume... réfléchissait le démon, Histoire et magie… Serais-je face à une représentante du peuple Fey ?

Il y a longtemps qu’il n’avait pas croisé de fey. Quand il était né, leurs peuples étaient déjà sérieusement sur le déclin sur Terre. Ils avaient quasiment disparu, partis ailleurs, ne se mêlant plus trop des affaires humaines et restant concentrés très discrètement en des lieux rares et puissants. Ce que celle-là pouvait bien faire à Seikusu sous des traits humains, il l’ignorait. Mais si elle avait un conseil à lui donner…

« Quelle question ? »

Merde ! Allez ! Il mordait à l’hameçon ! Éteignant sa cigarette et la glissant dans la boîte à mégots, il hésita à juste se jeter au sol. Si elle était ce qu’il croyait, elle savait aussi qu’il n’était pas humain. Mais il eut une hésitation, regarda à droite et à gauche et, soupirant, luttant contre l’empressement, il se résolut à descendre les escaliers. Très vite. Trop vite.

« D’accord, Noctelume, lança-t-il arrivé au pied de la cage d’escaliers, je marche. Je vais vous suivre. Mais quelle est la question ? »

Séliane Noctelume

Créature

Séliane ne se retourne pas lorsqu’elle entend les pas derrière elle. Elle les mesure. Trop rapides pour quelqu’un qui prétend simplement marcher. Trop décidés pour être indifférents.

Un sourire à peine perceptible effleure ses lèvres.

Le papillon ralentit son vol, décrit une brève spirale lumineuse, puis revient se suspendre près de son épaule lorsque Franz atteint le bas des marches.

Alors seulement, elle s’arrête. Et se tourne. Avec lenteur.

Son regard l’enveloppe d’une attention plus fine qu’auparavant. La professeure observe la tension encore logée dans ses épaules, la respiration légèrement écourtée par la descente précipitée, cette façon qu’il a de se redresser aussitôt comme si l’empressement était une faiblesse qu’il refusait d’assumer.
Il lutte. Pas contre elle. Contre l’élan qui le pousse toujours trop vite.

Un rire doux lui échappe. Léger. Nuancé.
Vous marchez ?

Elle incline la tête.
Je n’en doutais pas, Professeur.

Lorsqu’il prononce “Noctelume”, son regard se suspend une fraction de seconde. Puis elle rectifie, sans dureté :
Madame suffira.

Un battement de cils.
Ou Professeure, si vous préférez.

Ce n’est ni une correction sèche ni une réprimande. Simplement une ligne tracée avec élégance.

Autour d’eux, l’aile professorale s’élève dans sa rigueur académique : béton pâle, balustrades métalliques parfaitement alignées, larges baies vitrées capturant la lumière franche du jour. Tout respire l’ordre et la clarté.

Et pourtant… Autour de la jeune femme, la lumière semble s’approfondir. À peine. Comme si une nuance plus nocturne persistait sous l’éclat solaire. Invisible pour les humains. Pas pour lui.

Elle reprend sa marche vers l’entrée, l’amenant naturellement à s’ajuster s’il souhaite rester à sa hauteur.
Vous dites que vous marchez.

Son regard glisse vers lui, pensif.
Est-ce une manière de dire que vous êtes prêt à écouter ?

La fausse humaine porte la figue à ses lèvres. La pulpe rouge accroche brièvement la lumière avant qu’elle n’y morde. Le parfum sucré se mêle à l’air chaud, dissipant les dernières traces de tabac.

Elle avale.
Ou souhaitez-vous comprendre pourquoi je n’ai pas laissé cette feuille disparaître ?

Ses yeux rencontrent les siens. Calmes. Profonds.
Ma question est simple, Professeur.

Ils atteignent l’ombre de l’entrée.
Lorsque vous avez écrit ces lignes… cherchiez-vous à percer un phénomène ?

Une pause.
Ou espériez-vous que quelqu’un d’autre puisse en saisir l’écho avec vous ?

Le silence qui suit n’est pas pesant. Il est offert. Elle ne détourne pas les yeux.

Puis, son expression se nuance, moins analytique, plus attentive.
Puisque vous avez choisi de marcher…

Sa voix baisse légèrement, devenant plus intime sans perdre sa tenue.
Il serait peut-être juste que je sache sous quel nom vous acceptez d’être appelé.

Pas une formalité. Une invitation.

Le papillon suspend son vol, vibrant à peine dans l’air immobile.
Nous ne partageons pas certaines réflexions avec des inconnus.

Une inclinaison de tête.
Et je doute que vous en soyez un.

Franz Bauer

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Après l’avoir invité à lui trouver une nomination lui convenant, Séliane avait objecté, revenant à un très formel Madame ou, pire, à professeure. C’était très distant, mais peut-être ne saisissait-elle pas les usages sociaux ? Oh ! Franz avait du mal, lui aussi, et pas juste avec les Japonais, qu’il apprenait encore. Peut-être était-ce elle qui avait raison, en l’occurrence… Mais elle n’avait pas saisi le sens de ses propos lorsqu’il avait dit qu’il marchait dans son jeu, et ses suppositions se portaient désormais moins sur une créature du passé revenue pour quelque obscure raison pour se porter sur une première incarnation. Pourquoi maintenant ? Tel était le mystère à lever le jour venu.

« Très bien, professeure. »

Un sourire malicieux se glissa, facétieux, sur son visage sans âge, tandis qu’il marquait le pas avec elle, approchant de l’entrée de l’austère bâtiment académique dans les couloirs duquel leurs voix résonnaient. Enfin, elle sembla comprendre la teneur de ses propos précédents, et le démon esquissa une moue amusée, sans pour autant se moquer.

Il allait confirmer lorsqu’elle s’étendit encore, de cette manière si curieuse, presque hachurée dans sa réflexion, pesée à chaque étape. Elle s’arrêta juste avant d’entrer, semblant prête à lui dévoiler ses motivations.

Mais ses propos portèrent une autre question. Cherchait-il de l’aide ? Peut-être. Mais il avait l’habitude de travailler seul. Les collaborateurs se laissaient souvent aveugler par leurs valeurs nationales ou par l’intérêt pécuniaire. Fut un temps où sa contribution aux œuvres humaines avaient culminé vers la pire inhumanité qui soit. Il avait alors renoncé à sa démonité, et renoncé au monde pour se poser au-delà des intérêts partisans, au-delà des préoccupations humaines. Mais Noctelume, elle, n’était pas humaine, n’est-ce pas ?

Lorsqu’elle lui demanda son nom, elle insinuait bien savoir, elle aussi, qu’il n’était pas ce qu’il semblait et, après un mouvement initial laissant soupçonner un réflexe de fuite instinctif, le professeur soupira, se retourna pleinement vers elle et répondit :

« Franz Bauer. Scientifique, répondit-il laconiquement avant d’ajouter avec facétie : « Mais vous pouvez m’appeler Monsieur, ou professeur. »

Il s’arrêta là d’abord, mais il se pencha finalement sur elle, s’arrêtant tout près de son visage pour chuchoter :

« Nous ne nous connaissons pas, non. Mais non, nous ne sommes pas des inconnus. »

Avec un sourire énigmatique, il se redressa, soutenant le regard de la fée sans un geste avant de s’ébranler légèrement, observant la cour comme s’il y avait entendu quelque chose.

« Je ne travaille pas avec les Humains. »

Et, en disant cela, il confirmait qu’ils s’étaient bien compris et que, oui, il savait. Sinon, il ne serait pas descendu après elle. Il aurait laissé couler et laissé la paresse humaine faire son œuvre pour enterrer ses notes dans l’oubli.

« Vous disiez qu’il s’agissait de symptômes, aborda-t-il finalement avant de recroiser son regard avec une avidité soudaine. Des symptômes de quoi ? »

Ne pas savoir était une des pires choses pour un enfant de Belphégor. Franz avait été damné d’un savoir encyclopédique et vivace, le servant autant qu’il le desservait. Il était rare qu’il fasse face à un mur ; surtout un mur aussi dangereux, tant par sa proximité que par les dégâts qu’il menaçait d’occurrer. Il était frustré, un peu en colère, mais surtout inquiet dans sa contrariété.

« Je dois absolument savoir, insista-t-il. »

Séliane Noctelume

Créature

Le silence qui suit ses mots n’est pas vide. Il se transforme.

Lorsque Franz se penche près de son visage, la distance entre eux se réduit à presque rien. Une proximité qui, pour un humain, aurait été intrusive. Mais Séliane ne recule pas. Elle ne cille pas davantage lorsque ses mots murmurés effleurent l’air entre eux.
« Nous ne sommes pas des inconnus. »

Son regard reste posé dans le sien, calme, profond, comme une eau sombre où la lumière du jour ne descend jamais complètement. Puis il se redresse et parle des Humains. Alors seulement, quelque chose en elle se confirme. Pas une surprise. Plutôt une reconnaissance silencieuse.

Le papillon suspend son vol un instant, comme si l’air lui-même avait changé de texture. Dans le regard de la professeure, une nuance apparaît. Infime. Pas une alarme. Pas une inquiétude. Une compréhension. Très ancienne. Elle incline légèrement la tête.
Je vois.

Deux mots simples. Mais ils portent l’acceptation implicite de ce qu’il vient d’avouer sans le dire. Elle ne relève pas davantage. Ni son refus des humains. Ni la nature qui transpire désormais à travers ses gestes trop précis, trop anciens pour appartenir entièrement à ce siècle. Parce qu’elle sait déjà. Et parce que certaines vérités n’ont pas besoin d’être prononcées pour exister.

Le papillon reprend lentement son vol autour de sa propriétaire, décrivant une boucle paresseuse dans l’air chaud du couloir.

Puis Franz pose la question.
« Des symptômes de quoi ? »

L’avidité dans son regard ne lui échappe pas. Elle la reconnaît aussitôt. Pas la curiosité ordinaire. Autre chose. Plus dense. Une faim de comprendre qui brûle presque. Alors, pour la première fois depuis le début de leur échange, Séliane ne répond pas immédiatement. Elle l’observe. Vraiment.

Ses yeux glissent sur les lignes de son visage, la tension dans ses mains, cette énergie comprimée qui semble toujours lutter contre elle-même. Et derrière cela…

Quelque chose d’autre. Une signature. Une empreinte ancienne, ténue mais indéniable. Comme l’ombre d’un savoir trop vaste pour un esprit mortel.

Son regard s’adoucit légèrement. Pas de compassion. Plutôt une forme de reconnaissance silencieuse.
Vous devez absolument savoir…

La princesse fée d’une autre planète répète ses mots doucement, comme si elle en pesait la nécessité.

Puis elle détourne brièvement le regard vers la cour baignée de lumière. Le contraste entre le soleil éclatant et l’ombre douce qui semble persister autour d’elle devient presque palpable.
Voilà une urgence que je reconnais.

Elle revient à lui. Un pas à peine. Pas pour envahir son espace. Juste assez pour que leur conversation devienne réellement privée.

Sa voix baisse d’un ton.
Ce que vous observez dans ces plantes… n’est pas simplement une maladie.

Une pause.
Une maladie détruit.

Son regard glisse vers la feuille qu’elle tient encore.
Ici… quelque chose perturbe.

La professeure relève les yeux.
Comme si un équilibre ancien avait été déplacé.

Le papillon passe entre eux un instant, laissant derrière lui un frisson presque invisible dans la lumière.
Lorsque les équilibres du vivant se rompent, les symptômes apparaissent d’abord là où les racines sont les plus sensibles.

Elle marque une très légère suspension.
Les plantes.

Son regard revient dans celui de Franz. Et, cette fois, il y a dans ses yeux une étincelle presque imperceptible. Observatrice.
Vous avez raison de vous inquiéter.

Une autre pause. Puis, avec une douceur étrange :
Mais si vous cherchez une cause purement biologique… vous chercherez longtemps.

Séliane incline légèrement la tête. Le geste est presque gracieux. Presque royal.
Certaines perturbations ne commencent pas dans les laboratoires.

Un silence. Puis, très calmement :
Elles commencent lorsque quelque chose, ou quelqu’un, déplace des forces qui devraient rester en sommeil.

Le papillon revient se poser près de son épaule. Et dans le couloir lumineux, la présence nocturne de Séliane semble s’approfondir légèrement. Pas menaçante. Simplement… plus réelle.

Elle observe Franz encore une seconde. Puis ajoute, avec une curiosité désormais assumée :
Dites-moi, professeur Bauer…

Sa voix redevient presque légère.
Depuis combien de temps ce phénomène vous résiste-t-il ?

Franz Bauer

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    Démon de la Paresse et de la Luxure et génie de son état, Franz tente de racheter ses crimes passés en vivant pour le Bien commun. Mais il n'est pas facile de tout bien faire quand une idée peut rendre les autres accro à s'en damner...
Franz était réputé pour être nonchalant. Il était même connu pour être irrévérencieux, mou et iconoclaste, incapable de passion. C’était bien mal le connaître, mais qui pouvait vraiment savoir qu’il adoptait cette attitude pour ne jamais s’emporter, pour toujours contrôler ses pulsions, ses pouvoirs, et cette aura qui condamnait ses victimes à un désir indigne et toxique ? Personne, sinon ses victimes, justement, accidentelles.

En vérité, il portait en lui les vices en Enfers. La colère pouvait vite le gagner lorsqu’il ne parvenait pas à ses fins et on en voyait là un bel exemple. Cet agacement et cette intensité lui étaient usuellement étrangers, mais il s’agissait bien d’un cas particulier. En outre, il fallait bien souligner qu’en dépit du lâcher irrépressible de ce parfum stupreux et insidieusement prégnant tout autour de lui depuis un instant, Séliane, elle, n’y réagissait pas. Alors même qu’en remontant le couloir, quelques professeurs sentaient le rouge leur monter aux joues et une chaleur inattendue et impropre les gagner dans leurs salles de travail, la nouvelle, elle, le fixait droit dans les yeux sans un soupçon d’influence. Aussi l’effet-miroir habituel n’arrivait-il pas et ne pensait-il pas à se contrôler aussi bien.

Dans l’immédiat, en tout cas, il aurait aimé dire à la professeure d’Histoire et Magie d’abréger. C’est un peu égoïste et méchant, mais tel était-il quand le seuil de la découverte se tenait devant lui sans qu’il soit en capacité d’y parvenir par l’obstruction d’un·e autre. Ça lui était insupportable. Ça le grattait, lui donnait de l’urticaire. Il avait failli souffler et l’engueuler, rétorquer des piques agacées à ses observations et ses détours conservateurs. Il se tenait parce qu’il avait appris à le faire, et parce que s’énerver pourrait bien briser leur aptitude à collaborer. Il était comme ces démons contraints à donner leur nom à des imbéciles heureux lors de séances de spiritisme et condamnés à les écouter et les exaucer avant de pouvoir rentrer chez lui. Sauf que lui ne risquait pas de la maudire, d’insérer un détail pervers dans son accord. Ce n’était pas son style.

Le temps lui sembla interminable jusqu’à ce qu’elle finisse, mais il enregistra tout bien et, se tenant, l’agacement contenu trouva une catharsis dans l’abattement, puis dans une fataliste acceptation. Il décroisa ses bras, se détendit, leva le visage au ciel et soupira par le nez en laissant la pression redescendre. Et, le temps de finir, elle avait enfin terminé.

« Alors, embraya-t-il dans la seconde, vous insinuez que les plantes ne sont que le début. »

Il rabaissa son visage vers elle et la fixa d’un air perplexe, qui vira assez vite à l’inquiétude.

« C’est quoi, la pollution… ? Un aspect plus métaphysique lié à l’ordre naturel ? Non, ne me le dites pas ! »

Il s’adossa au mur et alla instinctivement chercher une cigarette mais, s’arrêtant et lui jetant un regard, il se ravisa avec un brin de frustration et souffla.

« Je ne peux pas arrêter ce putain de capitalisme tout seul ! hurla-t-il d’un coup dans le couloir. »

Il y eut un silence lourd passant à travers le bâtiment, comme si tout le monde avait entendu et retenait son souffle face à la profanité de retord communiste prononcée à portée d’oreille. Le professeur, qui avait levé les bras avec colère, mais pas contre sa consœur, après le monde et ses dominateurs, avait aussi exsudé une vague de puissance maléfique primaire qui alla s’étaler alentour. Ça lui fit du bien, mais certains, dans l’école, allaient commencer à se prendre le chou.

Finalement, il se détendit à nouveau et reprit sa marche avec Séliane, plus nonchalante, plus à son habitude.

« Ça fait des mois que je bute dessus, confessa-t-il alors. J’ai beau être ce que je suis, je n’ai pas toutes les réponses. Et puis, je sais que les primordiaux, ceux du plan originel, peuvent facilement aller et venir ici ou ailleurs, mais moi, je suis né sur Terre. Je suis lié à elle. Ce genre de voyage m’est… étranger. Et j’ignore même si ça pourrait m’aider. »

Instinctivement, il comprenait bien qu’elle disposait de connaissances étendues sur les mystères du monde, et qu’elle devait tant connaître les plans spirituels comme les Paradis et les Enfers que les dimensions physiques comme Terra. Franz, lui, n’en avait qu’une très vague connaissance issue de mythes et légendes de démons mineurs terrestres, mais rien de plus.

Pendant une seconde, une pensée noire traversa l’esprit du démon, le faisant pouffer d’un rire las et nerveux : J’aurais peut-être dû continuer sur ma voie, il ne resterait personne pour déranger quoi que ce soit aujourd’hui. Mais non, il n’aurait pas pu. Il en serait mort. C’était ainsi. Il avait fait du mal, et il s’était engagé à faire le Bien. Aujourd’hui, il devait trouver un moyen de protéger les Terriens d’eux-mêmes. Après, rangerait-il sa blouse pour vivre en paix, sa conscience lavée ?

« Par où commencer si je veux atteindre la bonne conclusion ? »


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