Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Bienvenue à Loudpard, école de sorcellerie

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Yukka

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    Dernière des Nunaat. Herboriste solitaire, un brin bagarreuse.
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Re : Bienvenue à Loudpard, école de sorcellerie

Réponse 15 mercredi 07 juillet 2021, 19:58:49

Quand bien même ai-je décrassé mon corps avant-hier, dans la chambre de taverne, je ne rêve que d'une chose : un bain...Une délicieuse baignoire remplie d'eau chaude, sans avoir à rester sur mes gardes pour ne pas me faire voler mes affaires, ni même me faire attaquer par une bête ou des esclavagistes. J'aimerais pouvoir profiter enfin d'un moment de pure tranquillité, sans me soucier de rien. Me retrouver seule avec moi-même, trouver une véritable paix intérieure ne serait-ce que pour un court instant. Non pas que la crasse me dérange en soi. J'ai bien l'habitude de la vie en extérieur, d'être recouverte de boue assez longtemps qu'on pourrait se demander si quelqu'un ait déjà vu la véritable couleur de ma peau. Et cela, je pourrais sûrement en profiter quand je serais arrivée à Lenwë. Quand j'aurais livré le colis à l'Académie, là où il sera entre de bonnes mains, j'aurais tout le temps pour m'occuper enfin un peu de moi. L'idée de me baigner dans le point d'eau ne me dérange pas. Loin de là d'ailleurs...Mais il y a un énergumène qui pourrait se rincer l'oeil et je n'hésiterai pas à utiliser de force pour le castrer et ne plus lui donner envie de regarder mon corps nu. Quoique...

Hein ? Quoi ? Mais qu'est-ce que j'imagine moi, encore...Je dois avoir les hormones qui me travaillent...Je suis pathétique, encore une fois...C'est pourtant la voix de l'autre pervers là, qui me sort de mes pensées. Le paysage avait évolué autour de nous. Nous avions bien avancé dans la journée. Après avoir quitté les hauts arbres de la forêt qui nous avait servis d'abri pour la nuit, c'est une immense prairie qui s'étendait à perte de vue devant nous. Se dessinaient plus loin quelques champs où y travaillent de bien courageux paysans. Certains y labourent leurs terres, pendant que d'autres gardent leurs bêtes qui vagabondent ici et là...L'une d'elle vient s'approcher de moi. Un minuscule et ridicule agneau vient à mes côtés et me renifle les jambes. Je le chasse gentiment d'un léger coup de pied, le repoussant avec douceur alors que son berger le siffle pour l'ordonner à revenir à lui. Cette mignonne petite chose disparaît dans les hautes terres pour mon plus grand bien. Mais évidemment, il y a quelqu'un qui n'allait pas râter une occasion pour me taquiner.

- Il semblerait que tu ais un bon feeling avec les animaux.
- C'est peut-être pour cela que l'on s'entend si bien.

Tu voulais me tacler, bonhomme ? C'est raté ! Tu croyais que j'allais seulement grimacer comme à mon habitude ? Et bien non. Ras l'cul que tu m'balances des...Merde, je ne m'attendais pas à la suite. Il m'a prise par surprise, l'enculé ! Et puis, c'est assez rare d'entendre des compliments, ne serait-ce qu'un seul. C'est vrai que sa remarque ne sonnait pas comme une moquerie mais...

Bref, c'est rien. Je secoue brièvement la tête et j'entame de nouveau la marche. Je n'ai qu'une envie : rentrer à Lenwë, voir Miuggrayd me ferait le plus grand bien. Le ciel s'assombrit de quelques nuages et une odeur particulière me chatouille le nez. Je n'ai pas le temps d'en chercher la source que mon compagnon de route tourne la tête en sa direction. Le nez retroussé et les narines dilatées, j'en fronce les sourcils. Tout cela ne me dit rien qui vaille.

Et quand on parle du loup, on en voit toujours le bout de la queue. Mes tympans vrillent l'instant d'après. Un cri perçant accompagne la sortie d'une silhouette, apparemment chancelante, de la lisière du bois. Cela sent les ennuis à plein nez, mais étrangement, ça ne me dérange pas tant que ça. Pour faire bonne figure, j'émets un grognement comme si cela m'agaçait de voir Zorro filer à toute allure. Et bien, je n'ai pas le choix. Allons-y...Je ne vais tout de même pas laisser ce zigoto s'amuser tout seul. Je ne lui ai pas dit que j'aimais me battre, mais peut-être qu'il verra sur mon visage.

Une jeune fille accourt maladroitement vers nous, suivie de ses agresseurs : trois hommes, avec l'un d'eux qui se met alors en retrait. Un archer qui tend déjà sa corde pour finir sa chasse. Je ne serais jamais assez rapide pour éviter la mort à cette gamine, même avec ma magie ! Putain ! J'en serre les dents de rage devant mon impuissance du moment. Mais à peine ai-je le temps de cligner les yeux que j'aperçois Zorro foncer au devant du danger pour dévier la flèche de sa cible. Et le voilà qui fonce vers ce foutu merdeux. Bien, bien...À moi les deux autres. Je ne vais pas me gêner.

Un rictus déforme le coin de mes lèvres foncées et charnues alors que je continue ma course vers les deux lourdeaux. Attrapant fermement ma grande hache, j'en déploie toute la magie qu'elle renferme, recouvrant mon corps d'une toute nouvelle armure, ainsi que mon arme d'un halo glacial. Certes, la situation n'est pas la plus joyeuse au monde, mais au fond de moi, je la trouve très grisante. J'avais besoin de me défouler et j'ai trouvé deux personnes pour faire les cobayes.

Mon cœur bat un peu plus vite. Me propulsant en avant à l'aide de mes sabots, je fonce directement sur le premier assaillant laissé de côté par Zorro. D'un coup d'épaule, je le fais tomber en arrière. Un peu sonné, c'est son autre compagnon qui vient me faire la peau. Approche, le gueux, je sais qui va mourir aujourd'hui. Tenant avec fermeté et adresse ma lourde lame à deux mains, j'effectue quelques mouvements pour esquiver le tranchant de mon ennemi encore debout. J'ai beau être lente avec ce type d'armes, il semble l'être encore plus que moi. Adieu, fils de pute. Fendant l'air, ma hache vient tailler son ventre chaud, y restant un instant dedans. Oups, c'est coincé. Rendant son dernier soupir, je lui asseigne un coup de sabot dans le torse pour libérer ma lame. Son corps inerte tombe sur le dos, du sang ruisselant de ma hache. Inspirant longuement et bruyamment, je lui crache dessus. Et un gros porc en moins.

Le tout premier se relève, ayant retrouvé ses esprits. Il voit enfin l'horreur qui l'attend, mais la vengeance se lit dans son regard. Cela tombe bien : dans le mien aussi, ce sentiment doit briller. Il ne m'a clairement rien fait, mais il tente de me tuer et il a déjà fait assez de mal comme ça. Je fais sûrement une projection de mon traumatisme mais ça me soulagera quelques instants. Serrant les dents de rage, je n'attends pas qu'il m'attaque pour donner le premier coup. Ce manant esquive bien mais j'arrive à le déstabiliser en enchaînant une autre estocade, trop près de son corps. Il ne s'y attendait pas et tant mieux. Cela le fait tomber en arrière, du moins presque. Il perd l'équilibre et j'en profite pour le saisir autour de son cou. Il n'est pas si grand. Il n'est pas si fort. Ma poigne se serre alors que je le soulève, qu'il décolle du sol. Son visage rougit avant de prendre une teinte tirant plus vers le bleu ou le violet, alors qu'il essaie de dégager mes doigts. Dans un ultime soupir, il gargouille un mot.

- Pitié...

- Tu n'en as pas eu pour cette gamine. Et je n'en ai pas pour les enfoirés de ton espèce...

Mes doigts empoignent davantage la chair de son cou jusqu'à entendre un craquement.  Je laisse retomber son corps inerte au sol. Un fin sourire se dessine sur mon visage. Buter ses enculés était purement et simplement jouissif. Mes yeux sans pupille viennent fixer le cadavre, avant de trouver la silhouette de Zorro un peu plus loin. Il s'approche de la jeune fille encore allongée dans l'herbe, alors que je rengaine mon arme dans le dos, mon armure enchantée disparaissant dans une légère brume. À mon tour, je m'avance vers elle, tandis que mon compagnon la soulève très légèrement. Tout ce sang...C'en est fini pour elle, malheureusement. Même dans ses derniers instants, elle ne pense pas à elle. À quoi bon ? Si elle avait fini dans cet état, avec trois gros porcs à ses trousses, il ne reste probablement rien des villageois dont elle parlait. Cela me fatigue déjà, mais si ce sont des esclavagistes, on risque d'avoir des problèmes.

Je suis Zorro après qu'il est redéposée le corps glacé de la jeune femme. Il semble avoir un meilleur odorat que moi. C'est alors en de grandes enjambées que nous arrivons rapidement dans la forêt, sur les lieux du crime. Les quelques gourbis qui servaient d'habitations ne sont plus que ruines et cendres. Je laisse mon compagnon chercher des preuves ou des survivants, tandis que j'utilise très légèrement ma magie pour éteindre le peu de flammes et braises qu'il reste. Une fois cette infime chose finie, j'observe à mon tour ce que ces monstres ont laissé derrière eux : la désolation, la mort...et des putains d'empreintes qui vont dans la direction où nous devons aller. Un soupir exaspéré s'échappe de ma bouche sans que je ne cherche à le retenir.

- Ça pue...Mais c'est par là qu'on doit aller, alors autant faire d'une pierre deux coups, non ?

Je n'ai pas envie de laisser ces connards trouver nos traces et les guider à Lenwë. C'est une académie et non un camp de soldats, et bien qu'ils sachent en partie se défendre, je ne peux pas savoir combien il y a d'hommes. Faisant un signe de tête à Zorro, je suis minutieusement les traces de charrette qui mènent plus loin, vers l'aval de la montagne. Mes sabots se font lourds à chaque pas. J'espère que ce sont des esclavagistes, sincèrement, car cette rage qui monte en moi, j'ai besoin de la déverser. Je ne suis guère très bavarde, mais je crois que je dois lui expliquer les choses.

- N'y vois pas un quelconque sentiment de justice de ma part. Dans ce monde, c'est “marche ou crève”. C'est juste que je ne veux pas mener ce genre d'ordures là où on doit se rendre.

Un sifflement de narines m'échappe un peu. C'est la vérité ou une simple excuse ? Au fond, je ne saurais vraiment le dire, et peut-être bien que je n'ai pas envie de le savoir. Nous avançons toujours jusqu'à ce que la nuit voile le ciel de son tulle sombre, et que des points lumineux éclairent le bas de la montagne, à travers les arbres parsemés ici et là. Leur camp est donc là. Quelques tentes de toiles, une maisonnée de bois, un énorme feu de camp et surtout, une cage...Avec leurs prises, certainement, du village précédent ou d'autres rafts. D'un mouvement de main, je montre à mon compagnon de voyage que je m'accroupis et cherche à faire le moins de bruit possible. Avec ma grande taille, mais aussi simplement par ce que je suis, une Nunaat, je ne suis pas la mieux placée en terme de discrétion. Avant de trop s'approcher du camp, je me tourne vers Zorro.

- Une idée ? Parce que sinon, je fonce dans le tas. Je ne suis pas du genre à faire dans la finesse, ni même à porter secours aux autres.

Après, je pourrais toujours utiliser la glace pour les déstabiliser, et comme j'ai pu voir une partie de ce qu'il pouvait faire, notamment en terme de rapidité et de force, je ne crains en rien pour la vie de mon étranger. Ehm...”Mon étranger” n'est pas vraiment ce que je souhaitais dire...Pensées de merde.

Zorro Wolfen

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Re : Bienvenue à Loudpard, école de sorcellerie

Réponse 16 samedi 21 août 2021, 18:46:13

Dans le village dévasté, l'air était lourd. Lourd de cette odeur pestilentielle de sang et de mort. Lourd de la terreur des villageois massacrés, de la soif de carnage de leurs assaillants. La forêt, le vent eux-mêmes s'étaient tues, plongeant les lieux dans un silence angoissant, comme la crypte de quelque cruel animal, à peine éclairés par la lueur sanglante des feux qui brûlaient encore.

Alors que Yukka éteignaient ces quelques incendies, empêchant les flammes de se propager au reste de la forêt, Zorro marchait parmi les décombres, errant au milieu des cadavres mutilés et des maisons effondrées. Et sous son regard éteint se rejouaient des scènes semblables, vues tant et tant de fois qu'elles finissaient par se fondre dans un brouillard grisâtre. Des scènes auxquelles il n'avait jamais su s'habituer réellement.
Il ne cherchait pas de survivant. Le silence inhabituel qui régnait en ces lieux, l'odeur qui dominait… Cela lui suffisait pour savoir qu'il n'y en avait aucun. Du moins pas ici.
La tête penchée, le pas lent, il observait les traces au milieu du chaos, cherchant à comprendre comment s'était déroulée l'attaque. Qui, combien, pourquoi. Parfois il s'arrêtait, examinant une piste, ou retirant d'un corps l'empan humiliant d'une flèche brisée. Autour de lui, la plupart des morts étaient soit des personnes âgées, soit des hommes. Les femmes et les enfants n'étaient guère présents. Et il n'était pas très difficile de deviner ce qui leur était arrivé.

L'attaque avait dû être fulgurante. Les agresseurs, une bonne vingtaine, étaient arrivés en milieu d'après-midi, à l'heure où les hommes, épuisés, rentrent de leur dur labeur. Quelques cavaliers, une poignée d'archers et le reste à pied. Des hommes durs, violents et sanguinaires, à l'image des trois qui étaient sortis de la forêt devant la nunaat et le mercenaire.
Ils n'avaient laissé aucune chance aux villageois. Les maisons incendiées, les vieillards, inutiles, éliminés, toute résistance réprimée par le fer et le sang. Un carnage éclair et unilatéral…

Il revint vers sa compagne alors que celle-ci poussait un profond soupir.

-Ca pue … Mais c'est par-là qu'on doit aller, alors autant faire d'une pierre deux coups, non ?

Il répondit d'un bref grognement. Puis sans attendre plus longtemps, il se mirent en route, suivant les traces clairement visibles du chariot et des brigands.
Ils marchaient ainsi de plusieurs minutes, concentrés, lorsque Yukka brisa le silence qui s'était installé, sa voix résonnant étrangement entre les arbres dense. Zorro haussa un sourcil et laissa échapper un sifflement entre ses dents, couverts par le souffle agacé de sa compagne.

Pas une question de justice hein ? Juste empêcher ces monstres d'arriver jusqu'à chez toi ? Allons Yukka, cesse de jouer les cyniques. Je ne dis pas que tu ne veux pas effectivement protéger ton foyer, mais tu cherches autant que moi à faire s'abattre la justice sur le crâne de ces ordures.
Et même si je te connais mal, j'ai bien vu que tu manifestais une rage inhabituelle, violente, lorsque tu as affronté les deux esclavagistes tout à l'heure. Parce qu'il s'agit sûrement de foutus esclavagistes !
Alors quelque chose me dit que même si ce n'est pas pour les villageois, tu cherches tout de même la justice pour toi. La justice, et la vengeance.


Mais il garda tout ça pour lui, se contentant de lui adresser une grimace peu convaincue et un bref hochement de tête. Et tant pis si son expression dubitative froissait la jeune femme ! De toute manière, elle n'avait pas l'air de croire elle-même à ses propos …

Ils poursuivirent leur route.
La piste, qui menaient toujours plus loin vers les montagnes, était maintenant plus ouvertes, les arbres plus espacés, le sol plus rocailleux et une pente légère commençait à se faire sentir. Sans y être totalement, ils approchaient des premiers contreforts des massifs tout proches.
Au-dessus de leurs têtes, la lune se cachait timidement derrière un voile sombre, enveloppant le monde dans un linceul ténébreux. Ils continuaient de suivre la piste, avec plus de difficultés, quand soudain, au détour d'une crevasse, une dizaine de points lumineux en entourant un plus gros percèrent l'obscurité. Là, un peu plus bas, se dressait le camp des ravisseurs.

D'un même mouvement, l'herboriste et le mercenaire s'accroupirent, l'homme nettement plus bas qu'elle et s'approchèrent un peu plus, aussi furtivement que possible.
Alors qu'elle exposait sa proposition, Zorro jeta un œil à sa compagne, avec un sourire à moitié moqueur.

-Pour la discrétion, je ne dis pas, tu es une femme remarquable. Dans tout les sens du terme, ajouta-t-il, charmeur. Mais pour ce qui est de porter secours aux autres, c'est exactement ce que tu t'apprêtes à faire !

Il détourna le regard, observant la configuration des lieux, la maisonnette, les tentes, les feux, l'emplacement de la cage.

-Le souci c'est que si on fonce dans le tas, ils risquent fort de se servir des prisonniers comme otages. Tu as beau ne pas être du "genre à porter secours", je doute que tu veuilles aggraver leur situation. Laisse-moi une minute …

En silence, il fixa intensément le campement en contrebas, remuant les lèvres sans bruit, comme s'il calculait, ou planifiait. Finalement il se tourna vers sa compagne.

-Voilà ce que je te propose. Je vais m'infiltrer dans le camp, par derrière, et essayer de libérer les villageois, discrètement. Toi, tu te planques derrière le bosquet là-bas. Dans … Six minutes, tu lances l'assaut. Soit la plus bruyante possible. Utilise le feu, la glace, tout ce que tu veux. Si tu peux, incendie les tentes et la baraque. Je veux que ça pète comme un feu d'artifice. Ca couvrira la fuite des prisonniers. Si j'ai le temps, j'en profite pour libérer les chevaux et les faire charger. Ca ajoutera à la confusion. Dans tous les cas, je te rejoins en les prenant à revers. Tu es prête ?

Avec cet air d'assurance et d'autorité qu'il avait à l'époque où il était leader de commando d'éclaireurs dans son ancien monde, il planta son regard d'émeraude dans les yeux de lait de Yukka, attendant qu'elle soit sûre, puis il se releva, à moitié courbé.

-Au fait, tu devrais arrêter d'être aussi cynique. Et surtout… Ne meurs pas.

Avant qu'elle ne puisse répondre, il avait disparu dans les ombres.

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La première sentinelle ne vit absolument rien venir. Elle marchait dans le noir, peu attentive, en sifflotant. La morsure glacée d'une lame fut la dernière chose qu'elle perçut.
La seconde n'eut pas beaucoup plus de chance. Elle s'était éloignée pour soulager sa vessie. Elle n'avait pas fini quand la mort vint l'emporter.
La troisième fut plus attentive. Une ombre à la lisière de son regard l'alerta. Elle se leva, suspicieuse, sortant son poignard du fourreau. Un bref mouvement, à sa droite. Elle fendit l'air de sa lame. Son bras fut brutalement bloqué. Un choc violent à la tempe l'étourdit. Un second lui fit perdre l'équilibre. Puis ce fut le noir.

Deux hommes se tenaient devant la cage aux esclaves, regardant les femmes aux frusques déchirées qui s'y blottissaient, apeurées, cherchant à rassurer les quelques enfants. Dans le regard des hommes brillaient une lueur malsaine, avivées par le vin et un sentiment de supériorité.

-Bonnes prises cette semaine !
-Ouais, on a bien bossé ! Tu crois qu'le chef nous laisserait en avoir une ou deux avant de …
-J'sais pas. P't-être.
-Tu choisirais laquelle toi ?
-Hmmm … La gamine là. J'les aime bien plus jeunes …
-Ouais mais laisse tomber, le patron voudra pas. Valent trop chers.
-Pas faux. Celle-ci al
-Bonsoir messieurs.

Les deux bandits se retournèrent, surpris, clignant de leurs petits yeux stupides pour essayer de distinguer la silhouette qui se découpait à contrejour.

-Que … ?

Son crâne percuta violement celui de son compagnon, les envoyant tout les deux au pays des songes.

-Sales ordures...

Avançant vers la cage, Zorro se retint de cracher sur les corps étendus. A la place, il saisit une torche allumée et éclaira son visage, souriant aux prisonniers pour les rassurer.

-Pas d'inquiétudes, nous sommes venus vous aider, mon amie et moi.

Au même instant, un terrible vacarme retentit à l'autre bout du campement.

-Quand on parle du loup … Voilà les renforts. Il va falloir faire vite. Fuyez aussi loin et rapidement que possible ! Et écartez vous un instant.

Le mercenaire leva haut sa lame et en abattit le pommeau sur le cadenas qui fermait la cage. Celui-ci se gondola. Un second coup, et il tomba au sol, la porte s'ouvrant dans un grincement stridant.

-Allez-y. Fuyez ! Vite !

Dès que les villageois seraient sortis, il foncerait vers l'enclos des chevaux avant de filer aider Yukka. Il fallait faire vite : aussi formidable soit-elle, à une contre trente ou quarante, elle n'allait pas pouvoir tenir éternellement !
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Yukka

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Re : Bienvenue à Loudpard, école de sorcellerie

Réponse 17 samedi 30 juillet 2022, 20:27:48

Je ne suis pas aveugle, mon cher Zorro. Crois-tu que je n'ai pas remarqué tes traits de visage se déformer quand je t'ai avoué les raisons de cette poursuite ? Il est vrai que je déteste les esclavagistes. Ce sont des déchets, des personnes qui se croient au dessus de tout le monde, parce qu'ils sont lisses de toute différence réellement visible. Et ce sont les gens comme moi qui en pâtissons. Nous qui devons payer le prix de cette différence. Nous sommes considérés comme des simples marchandises, bons à devenir de simples servants pour les biens-heureux d'entre nous, des sacs à foutre pour ceux encore destinés à vivre. D'autres encore serviront de cobayes pour je ne sais quelle expérience, et je ne veux pas l'imaginer.

Il m'est arrivée plus qu'une fois d'être poursuivie par ce genre d'ordures. La plupart du temps, pour ne pas dire tout le temps, j'arrive à m'en défaire. Mais parfois...J'ai pu être sauvée par quelques âmes bienveillantes, heureusement. Je pense qu'on ne pourra jamais les éliminer totalement. Ils sont comme de la vermine. On aura beau essayer de tous les défaire, il en refleurira de nouveau. Mais si je peux écraser quelques uns de ces insectes, je le ferai avec joie. Moins il y en aura, moins Lenwë risque d'être attaquée par ces enculés.

Suis-je trop lisible ? Ou as-tu appris à me comprendre plus rapidement que moi ? Mpf...Peu importe. Le chemin jusqu'au devant du camp se fit sans encombre. Mais quoi faire pour la suite ? Si j'y vais en rentrant dans le lard, les prisonniers seront tous exécutés, ou bien, ils seront emmenés autre part alors que nous serons occupés au combat. Et pour être totalement sincère, à part à la chasse où je suis plutôt discrète, lorsqu'il s'agit de combat, je ne suis pas des plus délicates. Peut-être est-ce le fort de Zorro ?

Je fais part de mes « compétences » à mon compagnon vengeur. Il me laisse alors prendre connaissance de son plan et je dois avouer que c'est le mieux que l'on pourrait faire. Que je fasse l'appât et que j'en profite pour faire le plus de bruit possible.

« Ça me va ». J'accompagne mes paroles d'un froncement de sourcils, démontrant que j'étais prête à rentrer dans le lard. Un « toi non plus » s'échappa de mes lèvres bleutées. Certes, il pouvait être énervant, à trop savoir me lire, mais ce n'était pas pour autant que je lui souhaitais la mort. Par contre, ce n'était pas le cas de ces esclavagistes...Maintenant, comptons...

Doucement, les nombres défilent dans mon esprit. Mes yeux fouillent la scène qui se passe un peu plus loin. Quelques hommes se trouvent autour du feu de camp, d'autres filant dans leurs tentes, voulant se reposer pour changer de rôle au milieu de la nuit pour monter la garde. Cela va être mon tour. Je délie mes jambes, fais quelques flexions pour m'échauffer et sors enfin du bosquet. Zorro voulait du spectacle, alors il va en avoir.

Avançant vers la lumière du grand feu, je me mets à siffloter un petit air qu'un homme de petite taille m'a apprise à Lenwë.

- La maison est derrière...Le monde est devant...Nombreux sentiers ainsi, je prends...

Ma voix n'est pas aussi belle que mon petit ami mais elle n'est pas horrible pour autant. Il m'avait racontée qu'il l'avait chantée pour un roi assez fou pour envoyer son dernier fils à la mort, sans l'ombre d'un remord.  Je chante assez fort pour être entendue, comme si je leur chantais déjà leur marche vers l'au-delà.

- À travers l'ombre jusqu'à la fin de la nuit...Jusqu'à la dernière étoile qui luit...

- C'est quoi ce bordel ?

- J'crois qu'on a d'la visite...

- Brumes et nuages, noyés dans l'obscurité...

C'est le cas, et pas des moindres. D'un mouvement ample, je dégaine ma hache. Alors que régnait l'obscurité, une brume légèrement bleutée semble gagner l'herbe. Une petite étincelle semble briller dans la nuit, se rapprochant davantage du camp éphémère d'esclavagistes. Dans les ténèbres de la nuit, ces connards ne peuvent voir que les volutes bleutées de magie qui se dégagent de mon armure, métamorphosant son allure, la renforçant. Il sera bien difficile de l'entailler. Un voile givré enveloppe doucement la lame de mon arme.

- Un feu-follet, tu crois ?

- Abruti, ça chante pas c'te conn'rie. À vos armes !

Dans mon esprit, c'est le foutoir. Tous ces sentiments qui s'entremêlent et se nouent...Amertume, colère, satisfaction, extase...

- Tout va se mêler...Ooooh, tout va se mêler...

En voilà quatre qui viennent sur moi, un cinquième allant dans l'obscurité du camp, sûrement pour prévenir le reste du groupe de mon attaque soudaine. J'espère que tu auras celui-ci en douce, très cher Zorro. Pour les autres, je ne vais pas me retenir. Aucune retenue est de mise avec de sombres merdes comme eux. Les mains tenant fermement ma hache enchantée, je les attends. Deux hommes en capes, munis de simples épées, se jettent sur moi, pensant m'avoir en sandwich. J'ai beau être une combattante avec une hache, cela ne m'empêche pas d'être plus rapide qu'eux dans mes mouvements. Quand ils me foncent dessus, je me baisse et me décale sur le côté. Les deux imbéciles...Leurs corps s'entrechoquent en un bruit sourd, tombant ensuite lourdement sur le sol. Je ne leur laisserai pas le temps de se relever. Plaquant ma main droite dans l'herbe, je murmure quelques mots dans une langue peu commune. Deux pics de glace se dressent vers les cieux, traversant les tripes des deux gus assommés à l'instant. Et de deux de moins. Je ne compte pas faire dans la dentelle...

Ceux encore présents s'arrêtent net et hurlent après des renforts de toute urgence. Au loin, j'entends des voix qui portent davantage. Je n'en connais pas le nombre mais il y en aura plus que quatre d'ici quelques secondes, et au mieux, quelques minutes...Mais devant moi, il en reste encore. Ils n'osent pas m'attaquer de front, de peur de finir comme leurs camarades, cloués au sol, et ils semblent attendre l'aide promise. Tss...Ils n'ont même pas les couilles de se lancer alors qu'ils sont déjà en supériorité numérique. À moi de leur rentrer dans le lard. Ils se mettent sur mes côtés, l'un à gauche, l'autre à droite. Encore un sandwich, sérieusement ? Levant les yeux au ciel le temps d'une seconde, je pousse un soupir las devant leur incroyable connerie, ou leur manque d'imagination. Ou même d'art du combat. Bref, je n'ai pas affaire à des lumières. Allez...

D'un bond sur ma droite, je surgis devant mon adversaire. Ce n'est pas la lame de ma hanche qui heurta son corps, mais bien l'extrémité de son manche qui rencontra élégamment son menton. Il me semble avoir vu, dans le feu de l'action, des dents volés. Bien fait, connard ! J'en profite qu'il soit désorienté, presque assommé, pour m'occuper de son ami. Claquant des sabots à chaque pas qui me rapproche de lui, j'émets un son guttural, comme une bête. Enragée ? Je le suis, je me laisse porter par mes pulsions et sûrement par cette furieuse envie de vengeance, comme une plaie toujours ouverte, qui me brûle jusque dans les tréfonds de mon âme. Ma petite « comédie » semble fonctionner, et le gars recule doucement, comme effrayé. Tu peux l'être, pourriture...Il est déstabilisé, alors j'en profite. Je fonce sur lui et lui assigne un coup tranchant sur son torse. Le sang gicle et j'en reçois un peu sur mon visage. Me voilà avec des peintures de guerre.

Alors que j'entends la cavalerie arriver, d'autres murmures s'échappent d'entre mes lèvres et un nouveau piquet de glace vient transpercer le connard encore dans les vapes. Deux autres en moins...Mais là, y'en a beaucoup qui se pointent. Zorro, t'as intérêt à te grouiller. J'ai beau être douée en combat, seule contre je sais pas combien, c'est un peu chaud, tout de même. Et je ne dois pas mourir ici, clairement pas.

Une dizaine d'ordures rappliquent, observant les morts au sol. Je grogne une nouvelle fois, prête à rentrer dans le lard. Un des esclavagistes, qui s'avère être une femme, s'approche du gars dernièrement abattu au sol. Elle touche son cou, cherchant un pouls, puis me fusille du regard, hurlant des ordres.

- Abattez-moi cette garce!

Plusieurs gars foncent dans ma direction. D'un coup de sabot puissant dans la terre, le sol se refroidit fortement jusqu'à se glacer totalement sous les pieds de ces enculés.  Un peu de patinage artistique, ça ne leur fera pas de mal ! Certains tentent de rester debout sur cette patinoire, mais d'autres les entraînent dans leur chute. Je ne fais pas attention sur le moment, trop concentrée sur ceux qui s'effondrent pour mieux profiter de cette dégringolade. Déshonneur sur moi. Des archers, arrivés ensuite, me visent et tirent leurs premières flèches. J'en esquive quelques unes, les faisant se planter dans des pics de glace mais l'une d'elle vient se nicher dans mon épaule droite. Celle qui n'est pas protégée, bien évidemment !

- Argh, merde !

Bordel...D'un mouvement brusque de la main, je casse la flèche, ne laissant que la pointe et un petit bout de bois dépassé de mon épaule. Du sang ruisselle sur ma peau et mon armure. Fait chier, putain ! Je dois me concentrer...Prise d'une forte colère, je me rue vers l'un des gaillards qui s'est pété la tronche pour lui planter le bout de flèche que je tiens en main, dans sa putain de gorge. Crève, fumier ! Cherchant à massacrer les autres abrutis au sol, je marmonne des paroles magiques pour faire dresser un mur de glace devant les archers pour éviter de me faire tirer comme du gibier. Un à un, je viens les achever au sol. Plus vite Yukka, plus vite...

Mais ces insectes sont toujours là. Une vraie fourmilière, il en arrive encore. Des bourrins viennent péter les  murs de glace, créant des failles. Une nouvelle volée de flèches. Je bouge aussi vite que je le peux. Une autre volée. J'esquive autant que je le peux. Encore une. Une autre flèche transperce ma queue, presque à sa base. Cela m'arrache un râle rauque.

- Enfoiré !

La douleur me lance jusque dans la chute de reins...Saloperie. J'essaie de donner un autre coup de sabot pour déstabiliser les archers. Espérons que ça fonctionne...


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