Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Saël Thorne

Pages: [1] 2 3
1
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: mardi 19 mai 2026, 22:58:43 »
Et si nous allions faire un petit tour à TROYES ?!

2
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: mardi 19 mai 2026, 22:54:24 »
- Dû quoi ?

La question reste suspendue entre eux. Le Prince des Trônes ne répond pas. Parce qu’il ne le peut pas. Ses lèvres s’entrouvrent pourtant. Un souffle vient. Meurt aussitôt.

Il reste assis, le regard posé sur elle tandis qu’elle tapote son épaule pour lui signifier qu’elle a terminé. Le bandage serre maintenant son torse, maintient la blessure fermée… sans parvenir à contenir ce qui s’agite plus profondément.

La réalité revient d’un coup, brutale, puis la main de la désormais brune s’approche de son visage. Le haut-ange ne bouge pas. Pas même lorsqu’elle lui donne cette pichenette sèche au front. Cette dernière le frappe avec une absurdité presque irréelle. Pas la douleur. Elle est dérisoire. Une simple pulsation chaude au milieu du front. Rien qu’un humain n’aurait déjà oublié. Mais le geste…

Tsaphkiel reste immobile tandis qu’Anéa se détourne avec sa trousse de soin entre les mains. Ses yeux suivent la jeune femme sans même qu’il s’en rende compte. Puis, lentement, presque avec précaution, ses doigts viennent effleurer la légère marque rouge laissée sur sa peau. Comme s’il essayait de comprendre ce qui vient réellement de le traverser.

- Arrête de dire des bêtises, abruti.

Les mots résonnent encore. Abruti. Personne n’a jamais parlé ainsi au Prince des Trônes. Ni aux Cieux. Ni sur les champs de bataille. Ni devant le Trône. Et pourtant… aucune colère ne vient.

Seulement cette sensation étrange. Profonde. Vivante. Quelque chose qui fissure lentement la statue immobile qu’il a été pendant des siècles.
Je ne dis pas de bêtises.

Sa voix descend encore.
Tu parles de ta chute comme d’une faute impardonnable…” 

Un souffle traverse ses lèvres.
…Mais depuis que je suis ici…

Il s’interrompt une seconde. Rare. Dangereux.
…Je ne vois qu’une femme qui a survécu seule à quelque chose qui aurait détruit beaucoup d’êtres célestes.

Sa… non LA guerrière s’éloigne.

Le canapé bouge légèrement sous le retrait de son poids et, stupidement, il ressent aussitôt le vide laissé derrière elle. Ses yeux descendent malgré lui vers ses pieds nus qui traversent l’appartement. Le léger bruit humide contre le sol. Le tissu de son t-shirt qui épouse encore certaines courbes de son corps après la douche.

Tout devient trop précis. Trop proche. Le Prince des Trônes devrait détourner les yeux. Il ne le fait pas. Et quand il comprend qu’elle est réellement en train de partir, quelque chose réagit en lui avant même que son esprit ne l’autorise. Sa main se tend. Instinctivement. Ses doigts referment doucement le poignet d’Anéa. Le contact est immédiat. Chaud. Vivant. Et aussitôt… le silence semble se contracter autour d’eux.

Il se fige presque dans la seconde suivante, comme si son propre geste venait seulement de l’atteindre. Son regard descend lentement vers sa main autour du poignet de la jeune femme. Une incompréhension fugace traverse ses traits. Lui ?!

Lui. Qui vient de retenir quelqu’un. Pas pour l’arrêter dans son devoir. Pas pour rendre un jugement. Pas pour protéger l’Équilibre. Juste… pour qu’elle ne s’éloigne pas encore.

Ses doigts hésitent imperceptiblement. Comme s’il ne savait plus s’il devait immédiatement la relâcher ou resserrer légèrement sa prise pour la garder là une seconde de plus.

Son souffle devient plus lent. Plus lourd aussi. Et quand il relève finalement les yeux vers elle, il n’y a plus rien de l’Archange dans son regard à cet instant précis. Plus de distance sacrée. Plus de froideur parfaite. Seulement un homme qui réalise trop tard à quel point il est en train de vaciller.

Anéa…

Sa voix est basse. Grave. Presque rauque d’avoir été retenue trop longtemps.

Puis le silence revient. Parce qu’il ne sait plus quoi dire sans franchir une limite qu’il s’est interdit toute son existence. Ses doigts glissent légèrement sur sa peau dans un mouvement involontaire. Presque une caresse. Presque. Et ce simple presque semble déjà être une faute immense.

Alors il finit par relâcher lentement son poignet. Mais pas immédiatement. Jamais assez vite pour prétendre que ce geste n’a compté pour rien.

3
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: mercredi 15 avril 2026, 14:43:55 »
Le couloir est étroit. Trop étroit pour ce qui circule entre eux.
Quand Anéa lui demande de se retourner, Tsaphkiel ne discute pas. Il obéit aussitôt. Le geste est net, presque militaire… mais une légère rigidité traverse sa nuque. Comme si ce simple mouvement lui coûtait davantage qu’un affrontement. Il lui tourne le dos. Et pourtant… il la sent. Pas comme une présence à analyser. Pas comme une menace. Autrement. La chaleur encore humide de sa peau. Le froissement du tissu. Le glissement discret contre sa propre chair. Tout devient trop précis.

Il fixe un point devant lui. Immobile. Cherchant à reprendre le contrôle. Sans y parvenir tout à fait.

Derrière lui, elle bouge. Elle s’habille. Et lui… imagine malgré lui. Pas par choix. Par manque de défense. Il ferme les yeux une seconde. Lorsqu’elle passe à côté de lui sans le regarder, quelque chose cède en lui. Un vide bref. Presque une chute.

Puis sa voix.
Tu veux dire avant ou après que j’ai merdé ?

Le mot heurte. Trop dur. Trop injuste. Il ne répond pas. Mais il la suit. Quand elle attrape sa main, il ne se dérobe pas. Le contact est simple… et suffit à tendre légèrement ses épaules. Il se laisse guider. Puis pousser.

Le canapé l’accueille sans résistance. Il s’assoit, droit d’abord, puis s’ajuste sous la pression de son geste. Sa main vient instinctivement resserrer la serviette à sa taille. Réflexe.

Mais son regard revient à elle. Toujours.
Bouge pas et laisse-toi faire…

Il obéit. Pas à un ordre. À elle. Quand la guerrière s’installe face à lui, en tailleur, si proche… son souffle se tend légèrement. Rien de visible. Rien de bruyant. Mais présent.

La compresse touche sa plaie. Une brûlure brève. Il ne réagit pas. Mais ses yeux descendent sur ses mains. Sur la précision de ses gestes. Sur cette attention silencieuse qu’elle lui accorde. Et cela le trouble plus que la douleur.

Anéa parle. Et l’archange écoute. Pas comme un juge. Pas comme un supérieur. Comme quelqu’un qui reçoit. Chaque mot s’ancre lentement. Le lycée. L’infiltration. Les cheveux teints. Son regard remonte légèrement, comme s’il essayait de la voir ainsi. Différente… et pourtant identique. Puis elle continue.

Et quelque chose change. Quand elle dit “je me suis prise au jeu”, ses doigts se crispent imperceptiblement sur le tissu de la serviette. Puis viennent les sentiments. Le “quelqu’un”. Et là… quelque chose se fissure en lui. Silencieusement. Profondément. Il ne bouge pas. N’interrompt pas. Mais son regard se fige.

Et quand la vérité tombe… Le démon. Son souffle s’arrête. Une seconde. Ses yeux se ferment lentement. Pas à cause de son erreur. À cause de ce qu’elle a vécu.

Quand elle reprend ses soins, il rouvre les yeux. Et cette fois… il ne regarde plus la plaie. Il la regarde elle. Ses traits. La tension dans sa mâchoire. Ce qu’elle évite encore. Il voit. Trop bien.

Quand elle parle de sa “pureté envolée”, quelque chose de dur traverse son regard. Pas contre elle. Contre ce mot. Contre ce qu’on lui a fait croire. Mais il ne l’interrompt pas. Il la laisse aller jusqu’au bout. Jusqu’au jugement. Jusqu’à la chute.
- Satisfait de la réponse ?

Le silence retombe. Lourd. Vivant. Le Juge de l’Equilibre ne répond pas immédiatement. Parce qu’il ne peut plus répondre comme un Prince. Pas après ça. Quand elle lui demande de se décaler, il le fait lentement, sans la quitter des yeux. Juste assez pour lui laisser l’espace. Et lorsqu’elle se rapproche encore, trop près, quelque chose cède.

Sa main se lève. Pas brusquement. Comme une hésitation qui prend forme. Ses doigts s’arrêtent à quelques centimètres de son bras… puis remontent lentement. Jusqu’à frôler sa peau. Un contact à peine perceptible. Mais voulu.

Sa voix tombe, plus basse. Dénuée de toute solennité.
Ce n’était pas une erreur.

Un souffle.
Tu as été trompée.

Une pause.
Ce n’est pas la même chose.

Ses doigts se retirent lentement, comme s’il réalisait seulement le geste. Mais il ne s’éloigne pas vraiment. Quelque chose, dans sa posture… dans son regard… refuse de la juger. Refuse de la condamner. Refuse même de la voir comme une déchue.

Il la regarde comme quelqu’un qui aurait dû être protégée. Et qui ne l’a pas été.

Les bandes passent autour de son torse. Le tissu glisse contre sa peau encore tiède, épouse ses lignes. Il ne bouge pas. Mais son regard ne la quitte plus. Trop présent. Chaque mouvement d’Anéa, chaque contact de ses doigts… fait naître en lui une tension basse, continue. Qu’il ne nomme pas. Qu’il ne fuit plus.

Le silence change. Devient plus dense. Quand elle se rapproche pour passer la bande derrière lui, son bras se lève pour l’aider. Mais il ne s’écarte pas. Il reste. Trop près. Son bras redescend lentement derrière elle. Sans l’enfermer. Pas vraiment. Mais assez pour que la distance disparaisse presque entièrement. Son souffle effleure ses cheveux encore humides. Et là… il s’arrête. Comme au bord de quelque chose qu’il découvre trop tard. Ses doigts se posent dans son dos. Légèrement.

Un geste inutile. Donc sincère.
Tu n’aurais pas dû être seule.

Ce n’est pas un reproche. C’est pire. Ses doigts glissent à peine. Entre hésitation et découverte.
J’aurais dû…

Il s’interrompt. Parce qu’il n’a pas le droit de finir cette phrase. Son front s’incline légèrement. Presque contre le sien. Sans tout à fait toucher. Leurs souffles se mêlent. Et il reste là. Suspendu. Ses yeux cherchent les siens. Et pour la première fois… il n’y a plus de distance. Plus de fonction. Plus de titre.

Seulement lui.
Je ne laisserai plus cela arriver.

Un murmure. Calme. Mais chargé d’une promesse qui dépasse son rôle. Ses doigts se crispent légèrement dans le tissu de son t-shirt. Pas pour la retenir. Parce qu’il lutte. Encore. Toujours. Et malgré cela… il ne s’écarte pas.

4
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 29 mars 2026, 18:50:37 »
Le tissu tombe. Mais Tsaphkiel ne le voit pas. Pas immédiatement. Parce que son regard est ailleurs. Sur elle. Entièrement. Anéa. Debout devant lui. Vivante. Réelle. Trop proche.

Quelque chose dans sa démarche, dans ce léger mouvement de ses hanches qu’elle ne contrôle peut-être même pas, le frappe avec une force qu’aucune lame n’a jamais atteinte. Ce n’est pas violent. Ce n’est pas brutal.

C’est… inconnu. Et cela suffit.

Ses yeux mordorés ne la quittent plus. Comme s’il découvrait une réalité qui lui avait toujours échappé. Comme si, soudainement, tout ce qu’il avait ignoré prenait forme devant lui.

Elle est… Magnifique. Pas comme les créations parfaites des Cieux. Pas comme les formes idéales, figées, immuables. Non. Vivante. Imprévisible. Troublante. Et cette simple vérité le désarme. Une pensée traverse son esprit. Fugace. Interdite. L’attirer contre lui. La retenir. Sentir… Le Juge Silencieux coupe.

Trop tard.

- Il serait dommage que tu attrapes froid...

Sa voix le ramène brutalement au réel. Ses yeux s’abaissent. Le silence se fissure. Et il comprend. La serviette. Le vide. La chaleur lui monte immédiatement au visage. Franche. Visible. Incontrôlable. Pour la deuxième fois depuis… leur duel. Il rougit. Mais le plus troublant, ce n’est pas cela...

C’est qu’il ne détourne pas les yeux. Même maintenant. Même conscient. Il la regarde encore. Comme s’il en était incapable. Comme si quelque chose en lui refusait de rompre ce lien fragile.

Elle s’approche. Trop. Beaucoup trop. Son souffle se suspend. Lorsqu’elle s’accroupit, son corps se tend imperceptiblement. Pas dans la défense. Pas dans la menace. Dans une forme de tension que le Grand Archange ne connaît pas. Qu’il ne comprend pas.
Anéa...

Sa voix se brise presque. Il inspire. Fort.
T-tu n’as pas à…

Les mots lui échappent.
…faire cela.

Il détourne brièvement le regard, se mordant légèrement l’intérieur de la lèvre pour retrouver contenance, alors que sa proximité le désarme plus sûrement que n’importe quel affrontement.

Elle se redresse. Trop près. Beaucoup trop près. Et lorsqu’elle murmure “- J'ai déjà vu mieux...” Un silence. Son regard vacille une fraction de seconde. Le jeune homme hausse très légèrement les épaules. Comme si cela n’avait… aucune importance.
…Cela m’est égal.

À peine audible. Mais faux. Terriblement faux.

Sa main se lève. Instinctivement. Vers son visage. Vers elle. Pour lui caresser la joue, mais elle est déjà partie.

La porte de la salle de bain se referme. Le contact n’a pas lieu. Sa main reste suspendue dans le vide et retombe lentement. Le silence envahit l’appartement. Tsaphkiel reste immobile un instant.

Ensuite, avec un calme presque mécanique, il récupère la serviette et la noue de nouveau autour de sa taille. Le tissu encore humide apaise légèrement la tension diffuse qui parcourt son corps. Il inspire. Longuement. Mais cela ne suffit pas.

Son regard se tourne vers la salle de bain. Il avance. S’arrête devant la porte fermée. S’abaisse lentement. À genoux. Sa main gauche vient se poser contre le bois. Un contact simple. Presque fragile. Ses yeux se ferment. Et dans un murmure à peine audible, en énochien, il parle. Pas comme un Prince. Pas comme un Juge. Comme un homme qui avoue trop tard ce qu’il a toujours refusé de voir.

Une prière sans témoin. Une demande impossible. Qu’il puisse porter tout ou partie de son fardeau. Qu’elle ne soit plus seule à le porter. Qu’elle comprenne… qu’elle ne l’a jamais été. Les mots sont calmes. Profonds. Sincères. Et dangereux. Parce qu’ils dépassent le devoir. Quand il rouvre les yeux, le silence lui répond.

Alors Le Prince des Trônes se relève. Se détourne. Respecte la distance. Il ne reste pas. Ne force pas.

Dans le salon, il s’assoit à même le sol. Droit. Stable. Comme autrefois. Mais ce n’est plus tout à fait la même présence. Ses ailes se déploient lentement derrière lui. Sombres. Imposantes. Et dans le silence, il appelle Méniel.

La réponse ne tarde pas. Claire. Précise. Présente.
Seigneur.

Le lien est net. Respectueux. Mais teinté d’une vigilance inhabituelle.
Votre absence est masquée. Le subterfuge tient. Aucun mouvement suspect dans les Cieux.

Une pause. Puis, plus bas :
Mais votre silence… ne vous ressemble pas.


Tsaphkiel ne répond pas immédiatement. Ses yeux se perdent un instant dans le vide.
La femme que j’ai combattu… Il se trouve que c’est bien elle.

Un battement.
Anéa.

De l’autre côté, une légère tension.
Confirmé.

Encore un silence. Puis :
Dois-je intervenir ?

Non.

Immédiat. Tranchant. Puis, plus bas :
Personne n’intervient.

Une pause.
Pas pour elle.

Le lien se tend légèrement.
Compris… Seigneur.

Mais Méniel n’est pas dupe.
Vous restez.

Ce n’est pas une question.

Tsaphkiel ferme les yeux une seconde.
Oui.

Un souffle.
Jusqu’à ce que l’Équilibre soit rétabli.

Une pause. Presque imperceptible.
Pour elle.

Le silence s’étire. Et :
Je veillerai.

Le lien se coupe. Ses ailes disparaissent lentement. Le calme revient.

Quand la porte s’ouvre de nouveau, il est déjà debout, se dirigeant dans le couloir. À distance. Comme il se doit. Mais pas aussi loin qu’il le devrait.

Son regard se pose sur elle. Un instant. Puis il parle. Et cette fois, ce n’est pas le juge. Ce n’est pas le Prince. C’est… autre chose. Plus direct. Plus vrai.
Que s’est-il passé…?

Sa voix est basse. Grave.
Exactement après ton arrivée sur Terre.

Une pause. Ses yeux ne la quittent pas.
Inutile de me parler du jugement.

Un souffle.
Je veux savoir… ce qui t’a brisée.

Et là, il ne recule pas. Parce que cette fois, il ne cherche plus seulement l’Équilibre. Il la cherche Elle.

5
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: vendredi 27 mars 2026, 00:42:36 »
Le regard d’Anéa glisse sur lui. Froid en apparence. Mais pas indifférent. Tsaphkiel le sent. Et lorsqu’elle souffle, presque agacée “- Ce n'est que de l'eau chaude. Ne t'emballes pas pour si peu.”, quelque chose, contre toute attente cède.

Un souffle passe entre ses lèvres. Pas un soupir. Pas une réplique. Un rire. Infime. Retenu. Comme un réflexe oublié. Ses épaules se détendent à peine, et ses lèvres s’étirent en une esquisse presque imperceptible. Son regard se pose sur elle, plus clair, plus vivant qu’il ne l’a été depuis leur arrivée.
Ce ton…

Sa voix est basse. Presque absente.
…m’avait manqué.

Puis, le Juge Silencieux se fige. Parce qu’il le sent. Ce regard. Pas celui qu’elle lui lance en surface. Celui derrière. Celui qui s’attarde. Qui questionne. Qui voit. Son sourire disparaît lentement. Son visage retrouve son calme. Mais moins parfait qu’avant.

Ses yeux descendent un instant sur la marque qui traverse son torse et son bras.
Une longue histoire.

Sa voix est redevenue stable.
Sanctuary… son fragment.

Une pause. Presque imperceptible.
Il m’a choisi.

Ses doigts se referment légèrement.
Pour en être le légataire universel.

Le silence retombe. Il relève les yeux vers elle. Et cette fois, son regard est différent. Plus doux. Comme une brise tiède en plein été. Puis il détourne légèrement la tête avec un prétexte qui pourrait paraître… normal aux yeux de l’ancienne archange. Observer l’appartement.

Reprenant de la distance :
J’imagine que cela entre dans ta définition de ‘pire’.

Un battement.
Être vu nu après un combat.

Très léger.
Par mon scribe.

Une respiration calme.
Méniel a ses… angles morts.

Mais déjà, le Grand Archange pense ailleurs. À elle. Malgré lui. Blonde autrefois. Brune maintenant. Et pourtant inchangée. Son regard s’attarde une seconde de trop sur son visage. Ses traits. Sa fatigue. Sa force. Ce joli minois de guerrière qu'elle a toujours porté sans en avoir conscience.

Et une pensée surgit. Brutale. Silencieuse. Combien d’humains… Combien d’hommes… L’ont regardée ainsi ? Il coupe net. Immédiatement, comme on tranche une ligne de pensée interdite.

Son regard se détourne. Plus froid. Plus maîtrisé. Mais pas totalement intact.

Elle lui ordonne de sécher ses cheveux. Il baisse légèrement les yeux vers le sol encore humide. Pas pour lui. Pour elle. Si elle glisse… Non. En Prince des Trônes il ne s’excusera pas de mettre de l’eau au sol pour éviter de trahir l’inquiétude s’insinuant tel le serpent tentant Adam et Lilith.

Que doit-il faire ? Attraper la serviette qu’elle lui a lancée ou devrait-il se soigner d’abord ? Hésitation. Infime. Inhabituelle. Et c’est précisément à cet instant que le tissu heurte son visage. Sec. Inattendu. Il ne l’avait pas anticipé. La serviette glisse légèrement avant qu’il ne la récupère, ses doigts se refermant dessus avec ce réflexe toujours parfait.

Un silence. Puis, sans commentaire, la porte à ses cheveux. Lentement. Méthodiquement. Comme s’il n’était pas, à cet instant précis, en train de perdre une partie de son contrôle.

Et dans ce mouvement, dans ce geste simple, dans cette seconde où son attention bascule ailleurs, le nœud à sa taille cède. Sans bruit. La serviette glisse le long de ses hanches. Puis tombe.

6
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: jeudi 19 mars 2026, 22:08:30 »
Que l'on m'oppose les 9 archanges et anges les plus forts pour voir !

7
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: jeudi 19 mars 2026, 22:03:08 »
Le seuil est franchi. Et avec lui, quelque chose d’invisible.

Tsaphkiel s’arrête à peine un instant à l’intérieur de l’appartement. Son regard parcourt les lieux sans jugement. Il observe. Enregistre. Chaque détail. Chaque trace de vie. Chaque imperfection.

C’est… habité. D’une manière que les Cieux n’ont jamais été.

Son regard s’attarde une fraction de seconde sur la vaisselle laissée dans l’évier. Sur le fauteuil entouré de verdure. Sur ce canapé marqué par l’usage. Puis il revient à elle.

Anéa lui indique la salle de bains. Il incline très légèrement la tête. Un geste sobre. Ancien. Presque cérémoniel.
Merci.

Un mot simple. Mais venant de lui, il porte le poids d’un serment discret. Sans ajouter quoi que ce soit, il se détourne et se dirige vers la pièce indiquée. La porte se referme doucement derrière lui.

Le silence retombe. Puis l’eau. Un bruit clair. Continu. Régulier.

À l’intérieur, le Prince des Trônes reste immobile un instant sous le jet. L’eau glisse sur sa peau, emporte le sel, le sang, les résidus du combat. Lentement. Méthodiquement.

Ses doigts passent sur sa plaie. Il ne grimace pas. Il nettoie. Avec précision. Avec respect. Pas pour lui. Pour elle. Parce qu’elle l’a accueilli. Parce qu’elle lui a offert un espace. Et que cela mérite d’être honoré.
Ses gestes sont mesurés. Presque rituels. Comme s’il exécutait une liturgie oubliée. L’eau coule le long de son dos, suit les lignes de ses épaules, s’attarde sur les cicatrices anciennes. Certaines visibles, d’autres à peine perceptibles.

Puis, presque sans qu’il s’en rende compte… L’Archange fredonne. Très bas. Une mélodie lente. Ancienne. Les mots glissent en énochien, doux et graves à la fois. Une langue qui ne devrait pas résonner ici. Une langue faite pour les hauteurs, pour les voûtes infinies et les lumières immuables.

Et pourtant… Elle vit entre ces murs. Un chant sans destinataire. Ou peut-être… si.

L’eau finit par se couper. Le silence revient. Quelques secondes passent.

Puis la porte s’ouvre. Le Juge de l’Equilibre réapparaît. Une serviette simplement nouée autour de la taille, encore humide, l’eau perlant lentement le long de sa peau sans qu’il cherche à l’essuyer. Comme si sécher naturellement allait de soi. Comme si forcer le processus n’avait aucun sens. Ses cheveux sombres collent légèrement à sa nuque. Quelques gouttes glissent encore le long de sa clavicule.

Son regard se pose sur l’appartement. Puis sur elle. Et pendant une fraction de seconde, infime, il semble… désarmé. Pas faible. Pas vulnérable au sens humain. Mais dépourvu de cette distance parfaite qu’il maintenait jusque-là. Comme si, entre ces murs, quelque chose de lui refusait de reprendre entièrement sa place.

Sa voix revient pourtant. Calme. Maîtrisée.
L’eau était suffisante.

Une pause. Puis, légèrement, presque imperceptiblement :
Merci, Anéa.

Et cette fois, ce n’est pas un Prince qui parle. C’est simplement… lui.

8
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: lundi 16 mars 2026, 19:03:48 »
Je sens que je vais finir par enfoncer 7 épées dans le corps de celui ou celle qui ose profaner le corps de ma b... La guerrière la plus douée que je connaisse !

9
Blabla / Re : J'épouse, j'esclavagise, je tue
« le: dimanche 08 mars 2026, 23:07:06 »
Puisqu'il faut en passer par là, j'épouse Deirdre sans consommation de mariage !
J'esclavagise Ashley
Je tue Emi.

Anakha, Réo, Franz...

10
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: dimanche 08 mars 2026, 23:03:30 »
Faut-il descendre dans la ville de Sète ?

11
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 08 mars 2026, 22:11:53 »
Le vent passe entre eux, chargé de sel et d’embruns. Tsaphkiel s’était déjà préparé à beaucoup de choses en venant sur cette île. À la colère. À la haine. Au combat. Mais pas à cela.

Lorsqu’elle prononce son nom, et qu’elle remarque ce détail, il se fige.
- Tsaphkiel...Je rêve ou tu...rougis ?

Un silence tombe, presque palpable. Ses yeux mordorés restent sur elle une fraction de seconde… puis se détournent avec une lenteur calculée vers la mer. Comme si l’horizon exigeait soudain toute son attention. La couleur sur ses pommettes ne disparaît pas. Au contraire. Elle s’intensifie très légèrement. Pour quelqu’un d’autre, ce serait insignifiant.  Pour le Prince des Trônes… c’est une catastrophe stratégique.

Sa mâchoire se serre.
Tu te trompes.

La réponse tombe trop vite. Et surtout… elle est parfaitement inutile.

Parce qu’Anéa vient de se pincer la joue en poussant un petit cri de douleur, comme pour vérifier qu’elle ne rêve pas. Et ce simple geste, absurde et presque enfantin, produit sur lui un effet inattendu. Ses épaules se détendent imperceptiblement. Quelque chose, dans sa poitrine, cède un peu. Lorsqu’elle dit que c’est la première fois qu’elle voit ça… il ferme les yeux une seconde. Comme s’il cherchait à retrouver l’équilibre exact de son propre corps. Quand il les rouvre, son calme est revenu.

Ou du moins… l’apparence du calme.
Tu passes trop de temps à observer des détails inutiles.

La phrase est sèche. Presque sévère. Mais elle manque de conviction. Et lui-même le sait. Son regard glisse malgré lui vers ce sourire qui vient d’apparaître sur ses lèvres. Petit. Fragile. Fatigué. Et quelque chose en lui se serre. Parce qu’il réalise qu’il ne l’a pas vue sourire depuis… combien de temps ? Il ne sait même plus.

Sa main est toujours posée sur son poignet. Quand elle propose de rentrer chez elle pour soigner leurs blessures, il baisse les yeux vers la plaie de son flanc. Le sang a ralenti. Le mélange du sien et du sien sèche déjà en une trace sombre sur sa peau.

Puis il relève les yeux vers elle.
Une cicatrice ne changerait rien.

Sa voix est redevenue posée. Presque distante.
Les Cieux en portent de bien plus anciennes.

À la mention des escadrons célestes qui pourraient venir la liquider… une ombre traverse brièvement son regard.
Aucun ange ne viendra.

La certitude est absolue. Calme. Tranchante. Puis il ajoute, après un court silence :
Et si quelqu’un l’envisage… il me trouvera sur son chemin.

La phrase n’est pas une menace. C’est une simple information.

Le vent soulève ses cheveux sombres autour de son visage encore légèrement coloré. Il n’en semble même plus conscient. Lorsqu’elle lui demande s’il doit retourner aux Cieux… il reste silencieux un moment. Ses yeux se tournent vers la mer. Les vagues frappent les rochers en contrebas. L’horizon est vaste. Gris. Immobile.

Les Cieux. L’Équilibre. Ses devoirs. Tout cela existe toujours. Mais pour la première fois depuis très longtemps… cela semble légèrement plus loin que d’habitude.

Lorsqu’il repose finalement les yeux sur elle, sa voix est plus basse.
L’Équilibre ne se brisera pas en quelques heures. Méniel, mon scribe, utilise un subterfuge.

Une pause. Puis il relâche enfin son poignet. Très doucement. Comme si le geste lui coûtait plus qu’il ne le voudrait.

Le grand archange, récupère ses vêtements "d'humain" puis se rhabille tout en parlant à son interlocutrice. Sans oublier de remettre son épée à sa place d'origine, contre sa hanche.
Montre-moi le chemin.

Ses yeux mordorés restent sur elle encore un instant. Et il ajoute, presque malgré lui :
Anéa…

Un souffle passe.
Je ne retournerai nulle part tant que cette conversation ne sera pas terminée.

Le vent se lève plus fort autour d’eux.

Et quelque part dans sa poitrine, Le Prince des Trônes comprend qu’il vient de prendre une décision qu’aucun Prince des Trônes n’aurait dû prendre aussi facilement.

12
Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: samedi 07 mars 2026, 17:40:54 »
Le vent continue de courir sur l’île d’Habomai. Mais pour Tsaphkiel, le monde vient de se déplacer d’un axe imperceptible.

Il la regarde pleurer. Sans détourner les yeux. Chaque larme qui roule sur ses joues laisse une trace étrange dans sa poitrine : une douleur sourde, qu’aucune bataille n’a jamais su provoquer.

Lorsqu’elle parle d’anomalie… de ne jamais avoir eu sa place… Sa mâchoire se crispe légèrement. Mais il ne l’interrompt pas. Pas cette fois.

Puis sa main se lève vers son propre cou, vers la blessure qu’elle s’est infligée sur sa lame. Le geste attire instinctivement son regard… avant que l’ancien supérieur ne sente les doigts de sa subordonnée glisser sur son flanc. Le contact est chaud.

Vivante. Sa paume se pose sur la plaie ouverte. Et pendant une fraction de seconde, une seule, le Prince des Trônes cesse de respirer.

Son dos se redresse presque imperceptiblement. Ce n’est pas la douleur. Il a connu pire. C’est la proximité. La chaleur de sa peau contre la sienne.

Le contraste entre le froid qui semblait l’habiter quelques instants plus tôt… et cette présence si réelle maintenant. Une légère couleur apparaît sur ses pommettes. Subtile. Presque invisible sous la lumière grise de la mer.

Mais pour quelqu’un qui connaît le grand Archange… c’est un cataclysme. Il détourne brièvement les yeux vers l’horizon, comme si l’immensité de la mer pouvait lui rendre sa contenance.

Sa voix tombe finalement, basse.
Ce n’est rien.

Un mensonge calme. Sa main se lève instinctivement, comme pour écarter la sienne… mais elle s’arrête à mi-chemin. Parce qu’Anéa parle. Parce qu’elle dit qu’elle attendait qu’il mette fin à sa vie. Ses yeux reviennent brusquement vers les siens.

Une dureté traverse son regard. Pas contre elle. Contre l’idée.
Ne dis pas ça.

Le ton est bas, mais ferme. Presque sévère.

Puis son interlocutrice continue. Elle parle de respect. De lui. De ce qu’il lui a toujours montré. Les mots semblent le désarmer plus sûrement que leurs lames quelques minutes plus tôt.

Son regard glisse vers leurs mains. Le sang mêlé. Le sien. Celui de celle qui lui fait face.

Un silence passe. Long.

Le vent agite lentement ses cheveux sombres, collés par l’humidité et le sel. Quand il parle de nouveau, sa voix est plus calme. Plus douce qu’il ne le voudrait.
Tu n’as jamais été une anomalie. Métatron et Sandalphon se trompent.

Son regard se relève vers elle. Stable.
Tu restes ce que les Cieux produisent rarement.

Un léger souffle quitte ses lèvres.
Quelqu’un de vrai.

Puis ses yeux descendent brièvement vers sa main posée sur sa blessure. La chaleur de ses doigts continue de se diffuser dans sa peau. Et malgré lui… la rougeur revient légèrement sur son visage. Il détourne de nouveau les yeux une seconde, comme si ce détail l’irritait.

Puis il reprend, avec cette dignité calme qui lui appartient :
Je n’ai pas besoin d’être soigné.

Une pause. Très courte. Ses yeux reviennent vers elle. Ils sont moins durs. Moins distants.
Mais…

Sa main se lève finalement et effleure brièvement son poignet. Pas pour la repousser. Pour stabiliser le geste.
si cela peut te rassurer…

Il incline très légèrement la tête. Un geste presque imperceptible venant d’un Prince.
alors je te laisserai le faire.

Le vent souffle plus fort autour d’eux. Les vagues frappent les rochers.

Et pour la première fois depuis des siècles, Tsaphkiel réalise qu’un simple contact peut être plus déstabilisant qu’une bataille entière.

Ses yeux mordorés restent posés sur elle. Calmes en apparence. Mais son cœur ne l’est plus tout à fait.

13
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: vendredi 06 mars 2026, 00:12:44 »
Le métal de ses armes heurte les galets. Le bruit est simple. Brut. Définitif. Et soudain, le champ de bataille disparaît.

Le vent marin continue de courir sur l’île d’Habomai, mais autour d’eux, quelque chose change. Une tension invisible, presque imperceptible, se déploie dans l’air.

Tsaphkiel ne bouge pas. Sa main tient encore son poignet, mais la pression a changé. Ce n’est plus une prise de combat. C’est un ancrage. Son sang coule lentement le long de sa côte. Une goutte tombe sur la pierre pâle. Puis une autre.

Ses yeux mordorés restent posés sur elle lorsqu’elle demande :
- Eux ? Qui ça « eux » ? Mais pourquoi vouloir me protéger MOI ?

Un souffle passe entre ses lèvres. Lent. Fatigué.

Puis il relâche son bras. Pas brusquement. Pas comme on libère un ennemi. Comme on relâche quelqu’un qu’on refuse de voir tomber. Sa main retombe à son côté. Et avec ce geste, quelque chose se répand autour de lui. Ce n’est pas visible. Pas vraiment. Mais l’air devient plus calme.

La rage qui brûlait dans la gorge d’Anéa semble rencontrer une résistance invisible. Comme si le monde lui-même refusait d’alimenter l’incendie. L’Aura du Silence. Pas une contrainte. Pas une domination. Un apaisement. Le Prince des Trônes ne détourne toujours pas le regard.

Sa voix tombe, plus basse maintenant.
"Ceux qui te regardaient comme une anomalie."

Le vent soulève légèrement ses cheveux sombres.
"Ceux qui murmuraient que ta force rompait l’équilibre des rangs. Que ta manière de combattre n’était pas… céleste."

Une absence de bruit.

Il se souvient. Les salles de marbre. Les couloirs de lumière. Les murmures derrière les ailes.
Son regard se trouble un instant.
"Métatron et Sandalphon disaient que tu étais trop."

Sa mâchoire se serre à peine.
"Trop rapide. Trop brutale. Trop efficace."

Un souffle lui échappe presque comme un rire sans joie.
"Trop dangereuse pour rester simplement une guerrière."

Ses yeux reviennent aux siens.
"Alors ils ont commencé à parler d’équilibre."

Le mot tombe avec une ironie froide.
"Pas l’Équilibre que je sers."

Sa main se lève lentement, essuie distraitement le sang qui coule de sa côte.
"Le leur."

Il la regarde trembler. Et pour la première fois depuis leur affrontement, le Prince des Trônes ne ressemble pas à un juge. Il ressemble à quelqu’un qui porte un souvenir trop lourd.
"Je ne voulais pas te protéger parce que je te croyais faible."

Sa voix devient plus grave.
"Je voulais te protéger parce que je savais exactement ce qu’ils feraient un jour. Et se sont assurés de mon absence puis m'ont fait croire à ta disparition."

Son regard glisse brièvement sur les marques rouges qui serpentent sur sa peau. L’Archange les observe. Longuement. Sans dégoût. Sans peur.

Puis il relève les yeux.
"Et je vois que j’avais raison d’avoir peur."

Le silence revient. Anéa détourne le regard. Sa phrase flotte encore entre eux.
- Il n’y a plus rien à sauver.

Quelque chose passe dans les yeux de Tsaphkiel. Une étincelle. Pas de colère. Pas de pitié. Une certitude calme. Il avance d’un pas.

Les galets crissent doucement sous ses pieds nus.
"Tu te trompes."

Sa voix est calme. Terriblement calme.
"S’il ne restait vraiment rien…"

Il s’arrête à un souffle d’elle.
"Tu n’aurais pas lâché tes armes."

Le vent passe entre eux. Ses yeux descendent un instant vers le katana et le khopesh abandonnés sur le sol.

Puis remontent vers elle.
"Tu n’aurais pas hésité."

Un silence.
"Et tu ne serais pas en train de trembler."

La phrase n’est pas une accusation. C’est un constat. Tsaphkiel incline légèrement la tête. Et pour la première fois depuis leur rencontre sur cette île, sa voix se fait presque douce.
"Il reste quelque chose, Anéa."

Le vent se lève plus fort. Les vagues frappent les rochers en contrebas. Ses yeux mordorés ne quittent pas les siens.
"Sinon tu m’aurais déjà tué."

14
Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 01 mars 2026, 11:47:39 »
Le cri la traverse.

- FERME TA GRANDE GUEULE !

Le vent lui-même semble reculer. Tsaphkiel ne cille pas. Le hurlement le frappe de plein fouet. Non comme une attaque, mais comme une vérité longtemps retenue. L’air tremble encore lorsque sa lame descend. Le choc est brutal.

L’île gémit sous l’onde qui se propage. Les galets éclatent, le sel s’élève en nuage pâle, et la trajectoire parfaite du Gardien de l'Equilibre laisse dans la terre une entaille nette, droite, presque sacrée. Comme si le sol venait d’être jugé.

L’archange glisse d’un demi-pas sous la pression. Pas déséquilibré. Pas surpris. Attentif. Ses yeux mordorés se posent sur elle lorsqu’elle lui reproche son air supérieur. Quelque chose se fissure brièvement dans son regard. Pas de colère. Une fatigue ancienne.
"Si je savais tout, Anéa… je ne serais pas venu."

Les marques apparaissent. Rouges. Vives. Vivantes. Elles serpentent sur sa peau comme une écriture étrangère. L’air change. Plus dense. Plus chaud. Une odeur âcre effleure le sel marin. Il le sent. Il ne recule pas.

Il avance.
"Alors c’est cela que tu portes maintenant…"

Aucun jugement dans sa voix. Seulement le constat d’un fait.

Puis le mouvement. Elle disparaît à la perception ordinaire. Le khopesh accroche sa lame dans un cercle sec. Le métal hurle. Il accompagne la déviation au lieu de la briser. La frappe descend vers sa hanche. Il relâche son ancrage au lieu de s’y opposer, pivote, absorbe. L’acier effleure sa peau. Une ligne chaude s’ouvre, mais son mouvement ne s’interrompt pas.

Sa main libre se referme sur son poignet. Implacable. Le contact brûle. Le monde ralentit. Son autre main frappe. La lame décrit un arc brutal vers le sol. L’impact écrase l’air. Une onde verticale se déploie, compresse la terre, plie l’herbe, impose une gravité soudaine.

Le coup n’était pas destiné à sa chair. Il était destiné à son centre. À sa position. À rappeler qui tient l’axe. Le Prince des Trônes la relâche puis recule d’un pas.

Son sang coule lentement.
"Tu voulais me voir me battre sérieusement."

Son regard n’est plus doux. Il est souverain.
"Ne me force pas à te traiter comme une ennemie."

Le vent revient. Plus fort. Ils s’affrontent de nouveau.

Les lames se heurtent, éclatent en étincelles blanches. Anéa est plus rapide. Plus incisive. Chaque attaque cherche l’angle mort avec l’intelligence brutale de celle qui a survécu.

Il encaisse. Il répond. Chaque mouvement est exact. Mais l’acier finit par mordre son épaule. La blessure est réelle. Le sang perle. Et cette fois, il la saisit de nouveau. Pas pour neutraliser. Pour arrêter. Sa main se referme sur son avant-bras marqué de rouge. Leurs visages sont proches. Trop proches. L’air vibre autour d’eux sous la pression de leurs puissances mêlées.

Le monde semble suspendu.

Il murmure, rauque, bas :
"Je n’ai jamais voulu te protéger de la guerre…  Je voulais te protéger d’eux."

Ses doigts se resserrent légèrement.
"Ils parlaient d’Équilibre pour masquer leur peur. Je voyais ta valeur. Je refusais qu’on la souille parce qu’elle les dépassait."

Et en prononçant ces mots, la vérité le traverse. Pas à cause des marques. Pas à cause du sang. Pas à cause de la rage. À cause de la peur. La peur nue de la perdre définitivement.

Ce n’était pas seulement du devoir. Ni seulement du respect. Ni même seulement de la loyauté.

Il l’aimait. Depuis quand ? Il l’ignore. Mais l’idée de la voir sombrer lui arrache quelque chose qu’aucune guerre, aucun jugement céleste n’a jamais pu atteindre. Son souffle vacille. Une fraction. Une seule.
Et cette faille suffit. L’acier entaille sa côte. Il recule franchement. Le Prince des Trônes recule. Non vaincu. Touché.

Son regard se relève vers elle.

Il n’est plus seulement souverain. Il est “humain”. Et c’est infiniment plus dangereux. Car désormais il ne se bat plus seulement pour l’Équilibre.

Il se bat pour elle.

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Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: lundi 23 février 2026, 19:33:11 »
A 2 mains Ô ma Anéa !

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