Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Elianora Valeris

Pages: [1] 2 3 4
1
Initiée par une déesse de l’amour ? Elle, la simple redresseuse de torts en tuant les coupables des pires méfaits. Oui, Katarina devrait se sentir honorée après tout. Instinctivement, sans savoir le pourquoi du comment, la jeune femme commence à calquer le rythme du bassin sur celui de l’entité supérieure. Alors que le plaisir vient insidieusement en elle tel le serpent ayant tenté les premiers Hommes à croquer le fruit défendu, une dernière étincelle de rébellion s’anime.

Noxaria profite que Nannaka lève le bras afin de se piquer le doigt sur une de ses cornes, pour renverser la situation et reprendre ainsi le dessus. L'espace d’un instant. D’un mouvement de bassin et de jambes, l’humaine déséquilibre la démone pour inverser les positions. L’assassine n’empêche pas la cornue de se piquer le doigt et ne se rebelle pas non plus lorsque l’entité pose son doigt entre ses seins. Curieusement des frissons s’emparent d’elle, encore. Ils ne sont pas désagréables. Même lorsque le sang démoniaque s'immisce par les pores de sa peau. Il y a quelque chose de particulier dans ce sang et l'Épine Noire le ressent sans avoir envie de se battre contre, de le rejeter.  Kat’ continue même les ondulations, ne voulant pas être une simple marionnette, une coquille vide. Elle se permet même de plonger son regard dans les yeux de la déesse-démone.

- Je suppose… que je dois… dire merci… lorsque tu… auras terminé !  essaie-t-elle d’articuler malgré ce qu’elle ressent.

2
Si Katarina continue à se contrôler, l’air saturé de substances aphrodisiaques et la magie de la déesse-démone vont l'étouffer. La voix de son grand-père lui revient en tête. Une voix plus chaleureuse que d’habitude, plus insidieuse lui rappelant “Pour mieux avoir un ennemi plus fort que soi il faut apprendre à le connaître, à être plus proche”. Le plus récent souvenir de la tueuse à ce sujet remonte à l'enfance, lors de ses premiers pas dans l’Art de tuer les coupables. Pourquoi maintenant ? Serait-ce la magie de sa cible ? Les encens et autres manipulations de la nonne ?

Le fait d’entendre un murmure près de l’oreille ne lui fait rien. Non. Il s'agit plutôt de la voix doucereuse de son adversaire qui lui fait abattre une barrière. S’en rendant compte, la jeune femme décide d’embrasser pleinement son Art et donc d’en apprendre un peu plus sur Nannaka. Et ce, simultanément avec le souffle chaud, les lèvres et la langue parcourant son cou. Le premier signe visible de son début de laisser-aller est peut-être son serrage de poing sur le sol.

La chasseuse devenue proie sursaute lorsque ses mains se retrouvent avec celles de Nannaka dessus, s’attendant à plus de… force. Ainsi donc, la déesse d'amour est capable de douceur ? Ou est-ce encore quelque chose de feint pour obtenir ce qu’elle désire ? Pourquoi pas plus de froid dans ses mains ? Quoique depuis son intrusion dans le bâtiment les seules fraîcheur qu’il y avait était la sienne et celle de la bâtisse. Très certainement celle de Soeur Maery aussi.

Tandis que l’appendice démoniaque se meut en elle comme une entité propre, les mains de Nannaka guide celles de Noxaria sur le divin fessier tout en accompagnant la tueuse pour lui imprimer un mouvement de palpation. L’humaine s’y exécute au début mais se rebelle un peu en terminant par serrer d’un coup les terminaisons des jambes de la déesse. L’Epine Noire se cambre légèrement. Est-ce sous le plaisir débutant ? Ou est-ce pour tenter de chasser la queue ? Allez savoir…

3
Mon… mon… coeur… m’appartient !”  articule-t-elle difficilement à cause de la douleur.

Bien sûr que Katarina a compris ce dans quoi elle est tombée et si elle ne ressort pas dans les prochaines secondes, l’espion de la famille filera prévenir Rodin et son père. Ils comprendront quoi faire. Père et grand-père attendront à la sortie de l’église en ruines avec antidote, calmant, bandages, désinfectant, toute une trousse de secours digne des assassins. La tueuse tente de reprendre lentement le contrôle de sa respiration et de son rythme cardiaque.

Le meilleur moyen de s’apaiser ou de garder encore un minimum de contrôle est de laisser son côté “Voix de Velours” s’exprimer. Ce n’est pas pour Nannaka qu’elle se met à chanter, mais pour elle-même, pour faire abstraction de ce qui arrive. Et si la déesse-démone en a marre de l’entendre chanter, elle n’a qu’à l’embrasser pour la faire taire, car l’intruse continuera de fredonner, psalmodier.

"Tu es consumée par ta soif de vengeance,
Tu te laisses dominer par la colère,
Tu vas devoir apprendre une nouvelle danse
Ou tu finiras par perdre la tête.
Tu es déterminée Kat’
Tu connais la douleur
Ce qu’il faut maintenant
C’est de battre la chaleur.
Laisse-toi envahir par la terreur
De perdre ta plus belle raison de vivre
Tu sauras comment survivre…
"

Mais alors qu’elle chante, la jeune femme se retrouve à la place de sa cible. Au sol. Sur le dos. Les rapides allers-retours de l’appendice en elle, l’empêchent de faire la différence entre la douleur et ce qu’elle pourrait ressentir d’autre. La poitrine exagérément opulente de la démone sur celle de la tueuse la comprime, l’empêche un peu de respirer calmement. Etrangement, la chaleur que son adversaire ne la brûle pas mais a tendance à diminuer la douleur.

Difficile pour Katarina de dire si elle commence à y prendre du plaisir. Seul Nannaka pourrait le dire ou le deviner. En tout cas, c’est loin de ce qu’elle avait imaginé.

4
Katarina ne retire pas son arme lorsque la démone presse sa gorge sur le fil de son kukri. Un infime filet de sang coule du cou de sa cible. La tueuse ne la quitte pas du regard. Là est son erreur. Elle aurait dû garder une vue d’ensemble. Elle aurait dû se relever lorsque ladite déesse la prévint  de vouloir vérifier une chose.

La jeune femme ne voit pas le coup venir. Lorsque l’appendice de la propriétaire des lieux prend possession de l’intimité de l’importune, cette dernière serre les dents sous la douleur et se retient de ne pas se pencher en avant. Noxaria serre ses deux kukris au point d’en blanchir les jointures de ses mains puis assène un coup en croix sur la queue de Nannaka. Apparemment rien y fait. Pourtant, une effluve de sang lui prend le nez. Katarina ne comprend pas au début. Ce n’est que lorsqu’elle ressent quelque chose de chaud couler entre ses cuisses qu’elle comprend. En bonne professionnelle, elle respire le plus calmement possible afin de ne rien laisser paraître. La jeune femme ne cherche pas à s’échapper. Pas au début, car elle sait pertinemment que cela est impossible pour le moment.

Il faut penser stratégiquement et le seul instant logique est quand sa proie devenue le chasseur se décidera de bouger. Là, elle pourra tenter une éventuelle diversion pour se libérer. L’Epine Noire remarque seulement que le poison qu’elle avait instillé un peu plus tôt n’est efficace contre sa cible. Par contre, sur elle, bien qu’elle soit immunisée aux poisons, la jeune femme sent petit à petit ses muscles ralentir, tout comme son coeur.

Du coin de l'œil, Katarina voit quelque chose briller derrière la démone. Son antidote qui a dû glisser au sol lorsque ses vêtements ont éclaté. A moins qu’il ne s’agisse des préparations que Soeur Maery préparait dans le plus grand calme avant de se faire renvoyer qui commencent à agir à son plus grand dam. Alors elle secoue la tête comme pour chasser un brouillard s’emparant de son esprit tel des griffes possessives sur quelque chose de ardemment désiré.

« En tout cas ce seuil là a été plutôt facile à franchir. »

Parce que la démone a l’intention de passer un autre seuil ? Comment ça ? Où ? Non, non, non ! Elle ne doit pas y penser, cela ferait plaisir à son interlocutrice.

- Je t’ai… dit que… tu ne… m’auras pas !  termine-t-elle par dire en tentant de se planter un kukri dans le ventre.

5
La pichenette l’a projetée au sol, mais elle ne reste pas étendue.

Katarina roule sur le côté, le souffle arraché de ses poumons, la tête bourdonnante. Le monde tangue une fraction de seconde. Elle secoue violemment la tête, comme pour chasser une eau noire qui chercherait à s’y installer. La chaleur est toujours là. L’envie imposée aussi. Lourde. Poisseuse.

La jeune femme refuse. Pas avec des mots. Avec son corps.

La tueuse se redresse d’un mouvement sec, presque brutal, ignorant la douleur qui pulse encore dans sa cuisse. Ses yeux accrochent le sol. Les kukris. À portée. À peine.

Elle s’élance. Ce n’est pas élégant. C’est déterminé.

Sa main se referme sur l’un des kukris tandis qu’elle fonce droit sur la déesse-démone, sans détour, sans hésitation. La lame remonte dans un geste net, une attaque franche vers la gorge. Une feinte. Calculée. Professionnelle.

Au dernier instant, Katarina change d’angle.

Son centre de gravité s’abaisse, sa jambe balaie, violente, précise. Le choc est réel. Assez pour déséquilibrer. Assez pour faire basculer son interlocutrice en arrière.

La pierre résonne.

L'Epine Noire ne laisse pas le temps. Jamais.

Elle se jette dans l’espace créé, se plaque contre l’adversaire, bloque le bassin, verrouille l’appui. Un genou ancré, l’autre au sol. Pas de domination. Pas de mise en scène. Du contrôle. Brut. Fonctionnel. Bien qu'elle avait hésité l'espace d'une seconde à s'asseoir à califourchon sur la propriétaire des lieux.

La lame du kukri s’immobilise à quelques centimètres de la gorge de Nannaka.

La main de Katarina tremble. Pas de peur. D’effort. Son souffle est court, irrégulier, mais ses mains ne tremblent pas.

La lame s’est arrêtée. Pas par hésitation. Par décision.

Katarina plonge son regard dans celui de la déesse, non pour la défier, mais pour lui faire comprendre.

Comme on explique une règle à quelqu’un qui ne l’a jamais apprise.
Tu crois que je lutte contre toi… dit-elle d’une voix basse, râpeuse.

Noxaria secoue légèrement la tête.
Ce n’est pas le cas.

La pression est toujours là. La chaleur aussi. Elle la sent. Elle ne la nie pas.
Je lutte contre ce que tu cherches à faire de moi.

Un silence. Pas sacré. Opérationnel.

Il y a des choses que je ne contrôle pas. La douleur. La peur. Le désir même, si tu insistes assez.

Elle inspire, lentement.
Mais il y a une limite que je contrôle toujours.

Elle désigne brièvement la lame. Puis sa poitrine.
Celle où je m’arrête.

Sa voix ne monte pas. Elle se fait plus stable.
Tu peux m’atteindre. Me salir. Me forcer à ressentir.

Un battement.
Tu ne me feras jamais franchir ce seuil.

Ses yeux ne quittent pas ceux de Nannaka.
Parce qu’avant, je m’éteins.

Pas de pathos. Pas de promesse héroïque.
Et ça, aucun dieu ne peut me l’enlever.

Elle se redresse légèrement, toujours prête à frapper.
Voilà la seule chose qui m’appartient encore ici.

6
Donner les pleins pouvoirs sur ma vie sans en être consciente ? Si je priais les dieux ou les déesses, oui. A la rigueur. Sans vouloir vous offenser, Déesse, je suis athée.

L’air se fait encore plus pesant. Toutefois, depuis quand une véritable divinité, selon ses dires, demande la permission de renvoyer quelqu’un ? Katarina a pourtant appris lors de son éducation par une sirène que les véritables dieux ne demandent pas la permission à part les plus cléments.

La tueuse a de la peine lorsqu’elle voit la nonne soulevée dans les airs et projetée plus loin qu’elle ne peut la voir. Elle tente de se lever et tendre la main. En vain.

- NON ! Soeur Maery ?!

L’atmosphère change encore. Plus dangereuse. Chargée de magie. Et voici qu’apparaît ladite déesse. L’Epine Noire ne peut s’empêcher de pencher la tête à gauche et à droite pour l’observer. Non pas par curiosité, mais pour observer la moindre faille, le meilleur angle d’attaque. Mais l’effluve d’ylang-ylang, de néroli, de géranium rosat et d’argan qui émane la démone commence à perturber la tueuse encore plus que les préparations de la nonne.

Noxaria se retrouvant quasiment nue a des petits frissons dûs au craquage de ses vêtements voit quatre de ses armes à terre. Etant toujours à genoux, la jeune femme se retrouve front contre front avec son interlocutrice. Cette dernière veut encore de la résistance ? Celle dont le chant est son métier de façade lui fera encore cet honneur. Récupérant l’usage de ses mouvements, elle lève lentement ses bras vers ses cheveux puis retire ses aiguilles enduites du poison le plus fort possible pour un démon. Celui à base de venin d’araignée à toile-entonnoir, de digitale pourpre et de venin du taïpan du désert. En un geste sec, vif, rapide, précis et méticuleux, Katarina les abat, une dans le creux de l’épaule droite et la dernière dans le flanc gauche avant de reculer vivement.

Ses yeux malachites répondent au regard rubis sans peur, ou presque. Un demi-sourire illumine son visage.
- Avouez que vous n’aimez pas lorsque toutes vos brebis sont des plus dociles !  finit-elle par dire. Cela répond-il assez à votre attente ?

7
La vague la traverse. Brûlante. Désordonnée. Invasive.

Ce n’est pas du désir. C’est une surcharge.

Le monde se dilate un instant, comme si son corps recevait trop d’informations à la fois. Sa respiration se coupe, non par envie, mais par saturation. Son estomac se noue. Sa vision se brouille sur les bords.

Katarina ferme les yeux. Pas pour fuir. Pour ne pas offrir de prise.

La chaleur s’écrase contre elle, cherche une direction, un exutoire. Elle n’en trouve pas. Rien ne s’ouvre. Rien ne répond. Il n’y a ni image, ni projection, ni fantasme. Seulement une pression absurde, sans cible, qui se heurte à un mur.

Tu confonds… murmure-t-elle, la voix rauque mais étonnamment stable. Intensité… et consentement.

La main qui la tire par les cheveux arrache un souffle sec de sa poitrine, mais son regard, lorsqu’il se relève, n’est pas perdu. Il est dur. Ancré. Présent.

Vide de peur.

Quand les lèvres de soeur Maery s’écrasent sur les siennes, Katarina ne répond pas. Pas de recul théâtral. Pas de lutte désespérée.

Elle se fige.

Son esprit se retire d’un pas, comme on le fait face à une lame trop proche. La chaleur est toujours là, oui, mais elle est tenue à distance, compartimentée, contenue par la douleur sourde qui pulse dans sa chair blessée.

Le baiser glisse sur elle sans entrer.

Quand la pression se relâche juste assez pour lui permettre de bouger, elle tourne lentement la tête, brisant le contact. Un filet de salive s’étire, puis se rompt. La jeune femme inspire, profondément, malgré tout.

Ce que je ressens ? demande-t-elle enfin.

Un rire bref, sans joie, lui échappe.
Rien.

Ses doigts se referment plus fermement sur un de ses kukris dissimulés sous son manteau. La tueuse ne la brandit pas. Elle ne menace personne d’autre qu’elle-même, et c’est précisément ce qui rend le geste irrévocable.

Tu peux forcer des sensations. Tu peux écraser un corps. Tu peux violer des réactions.

Son regard se plante dans les yeux vides de la nonne.
Mais tu n’obtiendras jamais ce que tu cherches. J'ai même de la peine pour elle.

La chaleur reflue légèrement, remplacée par une lucidité glaciale.
Je ne te désirerai pas. Je ne t’aimerai pas. Je ne deviendrai pas ton jouet.

Sa voix tremble à peine, mais chaque mot est posé comme une pierre.
Et si ton jeu consiste à me pousser jusqu’à me détruire… alors sache-le.

Elle incline très légèrement la lame vers elle.
Tu perdras ton amusement avant que je perde mon âme.

Perdre son âme. Sans jamais n'avoir livré un bon duel contre un autre assassin, un homme bien entendu, du même niveau qu'elle, sans lui avoir offert son corps en guise de récompense si elle venait à perdre. Voilà peut-être son seul regret.

Un silence lourd s’installe, tendu comme une corde trop serrée.
Voilà ma réponse, Déesse des passions. conclut-elle.
Tu peux tout contrôler… sauf ce que je choisis de ne pas être.

Katarina reste à genou.
Blessée.
Oppressée.

Mais intacte.

8
Le quartier de la Toussaint / Le Seuil des Faux Saints [PV Soeur Maery/Nannaka]
« le: dimanche 21 décembre 2025, 00:58:59 »
La pression se referme.

Ce n’est pas une main. C’est une injonction. Une certitude étrangère qui s’abat sur elle, plie l’air, alourdit la pierre, comprime jusqu’à la respiration.

Ses muscles cèdent avant sa volonté. Un genou heurte le sol.

La cathédrale semble expirer en même temps qu’elle. Les encens brûlent plus fort, plus épais. La chaleur devient pesante, presque intime. La voix s’impose, mielleuse, impérative, sûre de son droit.

Katarina baisse la tête.

Pas par soumission. Pour se recentrer.

Son monde se réduit à quelques points précis : la froideur de la pierre sous son genou, le battement irrégulier de son cœur, le poids familier de ses armes.

Sa main glisse sous son manteau. Le geste est discret. Économe. Appris depuis longtemps.

Quand la lame de son couteau de lancer s’enfonce dans sa chair, la douleur jaillit nette, franche. Pas envahissante, mais suffisante. Une brûlure vive qui tranche à travers le brouillard, qui ancre, qui rappelle.

Ici. Maintenant. Elle.

Son souffle se brise une seconde, puis revient, plus court, plus maîtrisé. La pression est toujours là. La voix aussi. Mais quelque chose s’est réorganisé en elle. Un point fixe. Inébranlable.
Non… souffle d’abord la tueuse.

Puis elle relève lentement la tête.

À genou. Blessée. Mais présente.

Tu peux forcer mon corps… dit-elle, la voix vibrante, mais pleine. Tu peux troubler mes pensées. Les salir. Les provoquer.

Sa main libre se crispe, et sous le tissu de son manteau, une autre arme attend. Plus lourde. Plus définitive.
Mais écoute-moi bien.

La jeune femme inspire, malgré la brûlure, malgré la chaleur qui cherche encore à la détourner.
Je préférerai toujours m’arrêter moi-même… plutôt que de lever la main sur un enfant.

Les mots tombent avec un poids terrible, sans emphase, sans appel.
Si tu m’imposes une passion que je ne peux contenir… Alors je me détruirai avant qu’elle ne s’exprime.

Un silence tendu s’installe, chargé de magie et de défi muet.
Et si quelqu’un doit tomber pour empêcher ça… ce ne sera jamais un innocent.

Son regard se fixe, dur, lucide, droit dans la présence qu’elle sent plus qu’elle ne voit.
Ce sera un adulte. Un responsable. Un coupable.

Sa voix tremble encore légèrement. Non de peur, mais d’effort.
Voilà la différence entre nous.

Elle redresse un peu le menton, malgré la sueur, malgré la pression invisible qui persiste.
Toi, tu joues avec les passions. Moi, Noxaria, je décide où elles s’arrêtent.

Katarina reste à genou. La douleur pulse sourdement. Le rituel continue autour d’elle.

Mais son esprit est verrouillé.
Tu voulais savoir jusqu’où tu pouvais me pousser… conclut-elle dans un souffle rauque. Maintenant, tu le sais.

9
Le quartier de la Toussaint / Le Seuil des Faux Saints [PV Soeur Maery/Nannaka]
« le: samedi 20 décembre 2025, 23:02:10 »
La voix ne vient pas de l’autel. Elle ne vient pas de sœur Maery. Elle naît directement dans sa tête.

Katarina ne sursaute pas, mais tout son corps se fige une fraction de seconde trop longue. Comme si son système entier venait de reconnaître une menace d’un autre ordre. La chaleur, déjà présente, se resserre autour de son crâne. Les mots ne résonnent pas : ils s’installent.

Un chemin d’Amour.

Son souffle se bloque brièvement. La jeune femme inspire à nouveau, plus court, plus sec. Les psalmodies de Maery forment désormais une nappe sonore continue, presque liquide. Les encens brûlent plus fort. Trop fort. Ses tempes pulsent.

Non… murmure-t-elle.

Ce n’est pas une réponse. C’est un refus instinctif.

Transformer un vivant en mort…

Les images affluent malgré la tueuse. Pas celles que la Déesse voudrait lui montrer, mais les siennes. Des corps trop petits. Des regards qui ne comprennent pas encore. Des silences imposés à coups de menaces ou de mains.

Sa mâchoire se crispe. Un goût métallique envahit sa bouche.
Ne comparez pas… souffle-t-elle, la voix plus rauque qu’elle ne l’aurait voulu.

L'intruse porte brièvement une main à sa poitrine, comme pour vérifier que son cœur bat encore à son rythme, pas à celui du lieu.
Ne comparez jamais ce que je fais… à ce que vous laissez vivre.

La voix tente de s’insinuer à nouveau, plus douce, plus enveloppante. Elle promet l’équilibre. Le double salut. La réparation.

Katarina ferme les yeux une seconde.

Mauvaise idée.

La cathédrale s’impose aussitôt. Les parfums deviennent presque tangibles. La chaleur descend plus bas, dans le ventre, dans les cuisses. Pas un désir. Pas encore. Mais une désorganisation. Une perte de netteté.

Noxaria rouvre brutalement les yeux et recule d’un demi-pas. Enfin.
Vous parlez de sauver deux vies… dit-elle plus fort, comme pour reprendre possession de l’espace.

Sa voix tremble. À peine. Mais cette fois, c’est réel.
Mais vous ne sauvez que ceux qui peuvent encore supplier.

Elle fixe l’autel, les symboles, la statue marquée.
Vous laissez les autres apprendre à survivre seuls à ce qui a été fait à leur place.

La voix dans sa tête se tait un instant.

Katarina en profite. Elle s’ancre. Talons contre la pierre froide. Respiration hachée mais volontaire. Elle sent la magie peser contre ses pensées, essayer de les plier, de les arrondir.

Vous appelez cela de l’Amour… reprend-elle.

Ses yeux brillent d’une colère contenue, pas hystérique. Funèbre.
Moi j’appelle cela une indulgence accordée à ceux qui ont déjà pris trop.

La jeune femme serre le poing autour de l’hostie. La chaleur y est presque brûlante maintenant. Elle le sait : si elle reste, quelque chose cédera. Pas aujourd’hui peut-être. Mais bientôt.
Écoutez-moi bien, Déesse.

Elle ne s’agenouille pas. Elle ne défie pas non plus. Elle énonce.
Si un être qui fait du mal à des enfants se tient encore debout… alors aucun amour ne l’a arrêté.

Un souffle tremblé lui échappe. Elle le transforme en mots.
Et tant que je respirerai, moi, je le ferai.

Les psalmodies continuent. Les encens brûlent. La présence est là, lourde, presque curieuse.

Katarina redresse le menton, malgré la moiteur de sa peau, malgré le brouillard qui menace.
Vous pouvez m’ouvrir autant de portes que vous voulez.

Ses yeux se lèvent vers l’idole.
Mais celle-là… vous n’y entrerez pas.

Elle ne bouge plus.

Mais désormais, ce n’est plus seulement la cathédrale qui la travaille.

C’est un affrontement de doctrines. Et Nannaka vient de comprendre que cette humaine ne flanchera pas sans payer le prix fort.

10
Le quartier de la Toussaint / Le Seuil des Faux Saints [PV Soeur Maery/Nannaka]
« le: samedi 20 décembre 2025, 19:32:36 »
Katarina ne fait pas un pas de plus vers l’autel. Mais elle ne recule pas non plus.

L’air a changé. La tueuse en elle le sent immédiatement. Ce n’est pas une intuition mystique, ni une peur diffuse : c’est une réaction apprise, presque réflexe. La densité. La chaleur. Cette façon qu’a l’encens de ne plus seulement flotter, mais de s’accrocher.

Muscs blancs. Notes sucrées. Une pointe plus sombre, presque lactée.

Aphrodisiaques. Altérants légers. Ouverture sensorielle.

Elle inspire malgré elle. Une fraction de seconde de trop. Sa poitrine se soulève lentement, plus profondément qu’elle ne l’aurait voulu. La chaleur glisse sous sa peau, insidieuse, comme une caresse qui ne demande pas la permission.

Ses doigts se crispent imperceptiblement dans le tissu de ses gants.
Je reconnais ces fumées… dit-elle enfin.

Sa voix reste posée, mais plus basse. Un demi-ton en dessous de la normale.
Elles ne servent pas à apaiser. Elles servent à ouvrir.

Son regard se fixe sur la flamme du cierge. La jeune femme ne cligne pas des yeux. Se concentre. Inspire par le nez, expire lentement par la bouche. Une technique ancienne. Efficace… mais pas infaillible.

Quelque chose glisse dans ses pensées.

Des images, fugaces. Pas des désirs. Pas encore. Mais des distorsions. Les contours deviennent plus doux. Les symboles sur les pages du livre semblent presque… beaux. Harmonieux. Un instant trop long, Katarina se surprend à suivre leurs lignes comme si elles avaient un sens pour elle.

Elle serre les dents.
Vous proposez toujours la même chose… murmure-t-elle. Une altération. Une transformation imposée.

Son regard quitte la flamme pour Sœur Maery, toujours de dos.
Vous dites soigner. Mais vous commencez par affaiblir.

La chaleur continue de monter. Sous sa peau. Derrière ses tempes. Son cœur bat un peu plus vite. Pas de panique. Pas encore. Juste une lutte silencieuse, intérieure, que rien ne trahit vraiment.

Sauf peut-être cette infime pause avant qu’elle ne reprenne.
Vous affirmez partager mes combats.

Un pas. Lent. Calculé. L'importune reste hors de l’axe, mais la distance se réduit légèrement. Comme si l’air lui-même l’y poussait.
Pourtant, dans votre réponse… l’homme repart.

Sa main se referme doucement sur l’hostie. Katarina sent maintenant une chaleur plus nette. Pas une brûlure. Une présence.
Vivant. Corrigé. Apaisé.

Un souffle lui échappe. Presque un soupir, qu’elle réprime aussitôt.
Et l’enfant, ma sœur ?

Le silence s’épaissit encore. Les encensoirs crépitent doucement.
Qui le soigne, lui ? Qui lui rend le sommeil, la confiance, le corps qui ne tressaille plus au moindre contact ?

Elle cligne enfin des yeux. Une fois. Lentement.
Vous dites que ce n’est pas de votre ressort. Que vous n’êtes pas un tribunal.

Son regard se fait plus dur, comme une lame qu’on sort à peine de son fourreau.
C’est là que nos chemins se séparent.

La chaleur est désormais partout. Dans l’air. Dans ses veines. Katarina le sait : rester trop longtemps ici n’est pas anodin. Elle lutte. Encore. Mais l’effort est réel, et pour la première fois, visible dans la tension de sa mâchoire.

Agir sur le spirituel est peut-être efficace… dit-elle. Mais le spirituel ne saigne pas. Ne crie pas. Ne supplie pas qu’on arrête.

L'assassine relève légèrement le menton.
Vous m’invitez à communier pour comprendre.

Un battement. Trop long.
Mais je comprends déjà assez pour rester debout.

Elle ne s’approche pas du cierge. Ne tend pas la main. Ne rompt pas le rituel.
Si votre Déesse partage réellement mes combats…

Ses yeux glissent vers les statues idéalisées, vers leurs visages sereins.
Alors elle saura que certains maux ne se transforment pas.

Un dernier souffle. Plus court. Plus maîtrisé.
Ils se stoppent.

Katarina reste là. Toujours présente. Toujours lucide.

Mais désormais, la cathédrale la travaille.
Et Nannaka peut le sentir.

11
Le quartier de la Toussaint / Le Seuil des Faux Saints [PV Soeur Maery/Nannaka]
« le: samedi 20 décembre 2025, 00:55:06 »
Katarina ne suit pas immédiatement Maery lorsqu’elle s’éloigne.

Elle reste immobile un instant, respirant l’air saturé d’encens, laissant la chaleur lui effleurer la peau comme une présence étrangère.

Une Déesse d’amour.

Le mot s’impose à elle malgré elle. La jeune femme essaie, sincèrement, d’en tracer les contours. Pas comme une faiblesse. Pas comme une excuse. Comme un concept.

Des images floues lui viennent. Une main tendue. Une voix qui apaise. Une promesse de protection.

Puis, presque aussitôt, tout se referme.
L’amour… murmure-t-elle, plus pour elle-même que pour Maery.

Elle relève lentement les yeux.
On m’a appris qu’il brouille le jugement. Qu’il crée des angles morts.

Un pas. Lent. Calculé. Toujours hors de l’axe.
Ma famille m’interdit de m’y abandonner. Pas par cruauté. Par nécessité.

Sa voix reste stable, mais quelque chose de plus ancien, de plus dur, affleure.
Aimer demande du temps. De l’indulgence. Des secondes d’hésitation.

Noxaria secoue imperceptiblement la tête.
Je n’ai droit à aucun de ces luxes.

Son regard glisse vers le livre posé sur l’autel, vers les symboles, vers l’idole idéalisée.
Vous dites soigner les âmes. Transformer les passions.

Katarina marque une pause, puis pose enfin la question qu’elle retenait depuis son entrée dans la nef.
Dites-moi alors.

La tueuse fixe Maery sans agressivité, mais sans échappatoire.
Que fait votre Déesse lorsqu’un homme qui a fait du mal à des enfants se présente à elle ?

Le silence devient plus dense encore.
Lorsqu’il pleure. Lorsqu’il dit regretter. Lorsqu’il implore l’amour, le pardon, la transformation.

Sa main se referme doucement sur l’hostie, toujours intacte.
Est-il accueilli ?

Un souffle.
Est-il purifié ?

Un pas de plus. Toujours mesuré.
Ou est-il renvoyé… avant qu’il ne puisse recommencer ?

L'Epine Noire ne brandit aucune menace. Elle cherche une réponse.
Voilà pourquoi je ne peux aimer, ma sœur.

Elle incline légèrement la tête, geste presque respectueux.
Parce que là où je viens, les enfants n’ont pas le temps d’attendre qu’un adulte apprenne à devenir meilleur.

Elle se redresse, droite, ancrée.
Et je veux savoir si, ici, quelqu’un leur dit non… ou si l’amour suffit à tout absoudre.

12
Katarina ne détourne pas le regard.

La craie crisse doucement contre la pierre. Le symbole apparaît lentement, tracé avec soin, presque avec tendresse. La jeune femme enregistre l’emplacement, la forme, l’intention. Le bas-ventre de la statue. Toujours le même point d’ancrage.

L’air semble plus chaud ici. Plus dense. Chargé d’un encens trop sucré.
Voilà donc votre remède… murmure-t-elle.

Sa voix ne tremble pas. La jeune femme ne juge pas. Elle constate.

Ses doigts s’ouvrent lentement. L’hostie repose toujours dans sa paume. Le biscuit est intact, mais elle sent désormais une légère chaleur contre sa peau. Subtile. Insistante.
Vous ne domptez pas les passions. reprend-elle. Vous les déplacez. Vous les retirez du regard des hommes.

Un pas. À peine un ajustement. Toujours hors de l’axe.
Vous parlez de maladie. D’impureté. De guérison.

La tueuse relève les yeux vers Maery. Son regard est clair, attentif, terriblement lucide.
Là d’où je viens, quand quelqu’un n’est plus capable de se contenir… on ne lui arrache pas ce qu’il est.

Le silence s’étire, presque respectueux.

On lui retire la possibilité de nuire.

La main de Katarina se referme doucement sur l’hostie, sans la briser. Elle ne la rejette pas. Elle ne l’accepte pas non plus.
Vous appelez cela une immunité. Pour moi, c’est une dépossession.

Sa voix reste basse. Maîtrisée.
Je n’ai pas besoin d’être vide pour être incorruptible, ma sœur.

Un souffle. À peine perceptible.

Et je n’accorde à personne le droit de décider ce qui doit être arraché de moi, même au nom d’un bien supérieur.

L'importune incline la tête. Le geste est poli. Définitif.
Votre Déesse peut garder ses remèdes.

Puis, sans élever la voix :
Mais je reste.

Ses yeux glissent vers les arches, les ombres, les statues silencieuses.
Parce que ce lieu prétend protéger les innocents.

Elle revient sur Maery.
Et je veux voir comment il le fait réellement.

13
Le quartier de la Toussaint / Le Seuil des Faux Saints [PV Soeur Maery/Nannaka]
« le: jeudi 18 décembre 2025, 21:30:02 »
La jeune femme écoute jusqu’au bout. Même lorsque les mots se parent de légèreté, même lorsque l’humour affleure, même lorsque le discours glisse doucement vers l’intime.

Elle ne sourit pas.

Son regard suit Sœur Maery lorsqu’elle s’éloigne, non pas attiré par les mouvements calculés de son corps, mais attentif à ce qu’ils cherchent à provoquer. La démarche. Le rythme. L’exposition partielle, jamais vulgaire. Une liturgie du geste aussi maîtrisée que les prières.

Vous parlez de dompter les passions. reprend-elle enfin.

Sa voix est calme. Trop calme pour être affectée.
Comme si elles étaient des montures sauvages. Indociles par nature. Mais utiles, si l’on sait tenir les rênes.

Katarina baisse brièvement les yeux vers l’hostie toujours intacte dans sa main close.
C’est une vision… confortable.

Un pas. Lent. Mesuré. Elle ne réduit pas réellement la distance, mais modifie l’angle. Toujours ce léger décalage. Jamais dans l’axe.

Vous me prêtez une vulnérabilité que je ne possède pas, ma sœur. Je ne crains pas de rencontrer une “âme sœur”.

La tueuse relève les yeux vers les statues, vers les corps idéalisés figés dans la pierre.
J’ai appris que les concepts trop parfaits servent surtout à désarmer ceux qui y croient.

Un silence. Pas accusateur. Observateur.
Vous dites accueillir sans juger. Offrir un cadre. Poser des limites.

Elle tourne enfin la tête vers la nonne.
Pourtant, tout ici est conçu pour tester ces limites. Pour les effleurer. Les repousser. Les redéfinir.

Sa main se desserre légèrement. L’hostie repose toujours là, intacte.
Ce n’est pas un reproche. C’est un constat.

Katarina incline très légèrement la tête.
Là où je viens, les passions ne sont ni bénies ni condamnées. Elles sont… observées. Et lorsqu’elles deviennent destructrices, on les arrête.

Un battement.
Vous parlez de désirs illégaux qu’il faudrait “purger”. Le mot est intéressant.

Son regard se fait plus aigu, sans dureté.
Dites-moi, ma sœur… lorsque quelqu’un échoue à se contenir ici… lorsque le cadre ne suffit plus…

Elle marque une pause, laissant l’écho de la cathédrale porter la question.
Qui intervient ?

L'intruse à ces lieux ne serre pas l’hostie. Ne la consomme pas. Ne la rend pas non plus.
La Déesse ?

Un léger souffle.
Ou ses serviteurs ?

Le silence retombe, dense, presque respectueux.

Katarina ne bouge pas. Elle attend.

14
Le quartier de la Toussaint / Le Seuil des Faux Saints [PV Soeur Maery/Nannaka]
« le: jeudi 18 décembre 2025, 16:27:43 »
Katarina écoute. Jusqu’au bout.

Le timbre de la voix de Maery, sa douceur maîtrisée, la façon dont chaque mot semble déjà avoir été prononcé mille fois avant celui-ci. Tout s’inscrit dans la pierre de la cathédrale comme une litanie ancienne. La jeune femme ne se crispe pas lorsque la distance se réduit. Elle se contente d’ajuster son ancrage, sentant sous ses bottes la froideur du sol, la manière dont le silence avale le moindre son.

Une oreille divine… répète-t-elle lentement.

Son regard glisse vers les statues nues, vers les corps idéalisés figés dans l’offrande éternelle. Elle n’y lit ni honte ni tentation. Seulement une intention claire : exposer, inviter, absorber.

Vous parlez beaucoup de partage. De cadre. De réconfort.

Elle inspire calmement.
Pourtant, tout ici est silencieux. Trop silencieux pour un lieu dédié aux passions humaines. Mais votre Déesse, comment considère-t-elle les non-humains ?

Lorsque Maery lui présente de nouveau l’hostie, Katarina ne recule pas. Après un court instant, mesuré, volontaire, elle tend la main.

Ses doigts se referment sur le biscuit consacré sans trembler. Le contact est sec, presque anodin. Elle ne le porte pas à ses lèvres. Ne le cache pas non plus. Elle le garde là, visible, posé dans le creux de sa paume comme on tiendrait une pièce à conviction… ou un symbole.

Par respect. dit-elle simplement.

Ses yeux reviennent à ceux de Maery.
Mais je préfère rester lucide.

La tueuse baisse un instant le regard vers l’hostie, comme pour en peser le sens plus que la substance.
Offrir quelque chose implique toujours un risque. Celui de perdre ce que l’on donne… ou de ne jamais le récupérer.

À la question sur les désirs, Katarina marque une pause plus longue. Le silence s’étire, chargé par l’immensité du lieu.

J’ai appris très tôt à les considérer comme des faiblesses. finit-elle par répondre. Des distractions. Des portes ouvertes.

Son ton n’est ni fier ni amer. Factuel.
Ce n’est ni une vertu, ni un sacrifice. C’est une nécessité.

Elle relève les yeux.
Ce qui m’intéresse, ma sœur… ce n’est pas ce que les fidèles offrent volontairement.

Sa voix se fait plus basse, presque feutrée.
Mais ce que votre Déesse prend lorsque quelqu’un n’est pas assez fort pour repartir intact.

La jeune femme referme lentement les doigts sur l’hostie, sans la briser.
Vous êtes très convaincante ma Sœur.

Un léger hochement de tête, poli.
Et c’est précisément pour cela que je reste prudente.

Le silence retombe. L’hostie n’a pas été consommée. Le rituel n’est ni accepté, ni rejeté.

Juste suspendu.

15
Katarina écoute sans interrompre.

Elle laisse les mots couler, les explications s’empiler, les justifications se déployer avec une aisance trop parfaite pour être improvisée. Son visage demeure impassible, mais son esprit dissèque chaque phrase. Rien n’est faux. Rien n’est entièrement vrai non plus.

Elle observe la manière dont Sœur Maery se déplace dans l’espace, la fluidité presque ritualisée de ses gestes, l’assurance tranquille de quelqu’un qui n’a jamais eu à craindre les conséquences de ses paroles. Les yeux émeraude derrière les lunettes. Le sourire constant. Une façade soigneusement entretenue.

Vous parlez d’amour et de réconfort. reprend Katarina d’une voix égale lorsque la nonne a terminé.

Elle fait lentement quelques pas sur le côté, modifiant à peine l’angle entre elles, comme si elle cherchait simplement à mieux voir les statues. En réalité, elle teste encore la résonance, les distances, les lignes de fuite.

De protection. De fertilité. De pulsions encadrées par la foi.

Son regard s’attarde sur l’une des effigies de Nannaka, sur la sérénité figée du visage de pierre.
Ce sont des choses puissantes. Intimes. Faciles à exploiter… quand on sait comment parler aux gens.

Elle se tourne de nouveau vers Maery, sans agressivité.
Vous dites écouter la Déesse. Mais ce que je vois ici, ce sont surtout des fidèles qui écoutent beaucoup.

Lorsque la nonne se détourne pour prendre le récipient, Katarina ne bouge pas. Elle observe le geste, la présentation des hosties, l’invitation.

Elle ne tend pas la main.
Je vous remercie, ma sœur. dit-elle calmement. Mais je n’ai ni mari ni épouse.

Un battement.
Et ce genre de bénédiction ne fait pas partie de mon chemin.

Il n’y a ni gêne, ni justification excessive. Simple constat. Son éducation ne lui a laissé ni place pour le désir, ni temps pour l’illusion de la tendresse. Ce monde-là lui est étranger et elle n’en éprouve ni manque ni curiosité.

Ses yeux quittent brièvement les hosties pour revenir à Maery.
Vous semblez très sûre de la bienveillance de votre Déesse. Pourtant, même les divinités les plus clémentes exigent quelque chose en retour.

Elle marque une pause, laissant le silence reprendre sa place.
Dites-moi… qu’attend-elle réellement de ceux qui franchissent ce seuil ?

Katarina reste immobile, droite, parfaitement ancrée dans le sol de pierre.
Parce que, de là où je me tiens... murmure-t-elle.

Son regard glisse vers les zones d’ombre entre les colonnes.
Ce lieu ressemble moins à un sanctuaire qu’à une épreuve.

Elle soutient le regard de la nonne sans défi apparent, mais sans ciller.
Et je doute que tous ceux qui entrent ici sachent ce qu’ils sont en train d’offrir.

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