Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Guillot de Belloy

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1
Tandis que Guillot servait, il fut en tout cas conforté dans son geste par l’absence de manières plus grande encore de Droekor. Car si les Cocagnards étaient plutôt connus pour faire fi des usages les plus fins de Nexus au profit de la bonne chaire et de la bonne franquette, personne n’avait jamais dit d’un Orc qu’il fut distingué. Évidemment, la race ne faisait pas l’homme, on n’en était plus à l’Âge des Ténèbres, mais celui-ci marquait sans affect le genre de culture dans lequel il avait dû être élevé avant d’en arriver ici.

La petite recette astucieuse de Diamant reprit en tout cas la vedette. Et, on pouvait dire ce qu’on voulait des manières de Droekor, mais il ne se mettait pas plus en avant que Ceryse. Il en imposait tout en laissant la place aux autres, ce qui avait, en quelque sorte, plus d’effet encore que s’il avait été timide et gringalet ; ou pire : femme. Le paladin l’écouta comme tous en lui versant la liqueur, se concentrant sur sa main pour s’arrêter à son signe tandis qu’il pouffait à la question tendancieuse de l’Orc.

« Je crois que Dame Diamant a d’autres manières de nous… »

Il allait dire « saouler ».

« … ravir nos sens qu’en utilisant un grog, aussi sophistiqué soit-il. »

Il n’y eut pas de mépris dans sa répartie. Au contraire, il riait de bon cœur avec le peau-verte.

« En tout cas, elle n’en a pas besoin pour délier nos langues. »

Puis, il avait parlé de ses motivations et de sa mission, et Droekor s’était mépris en s’imaginant tomber sur un autre mercenaire. Ainsi, c’est comme cela qu’il avait fini par rejoindre Nexus ; comme beaucoup d’Orcs, en soi. Il aurait été curieux d’en savoir plus, mais il était possiblement mal avisé d’interroger un Orc sur son passé. Celui-ci était souvent sanglant et riche en tragédies, célébrées chez eux comme autant de rites de passage, d’actes de vie ; ou de survie.

« Très bien, accepta-t-il comme Ceryse l’enjoignait à raconter une histoire. Mais je tiens à lancer une vraie table ronde ! »

Avec un sourire malicieux, il mettait ainsi chacun et chacune au défi de dévoiler une histoire du même ton que celle qu’il allait trouver. Et, en réfléchissant, il corrigea cependant Droekor avec tact.

« Mais, d’abord, non, je ne suis pas mercenaire. Je suis le code de chevalerie, qui m’enjoins à aider les plus faibles quoi qu’il en coûte et quoi qu’il y ait à la clé. Parfois, on tient à me récompenser, et je ne refuse pas un toit, un repas ou même une pièce symbolique. Certaines cultures, j’ai appris, en prendraient offense. Mais, si on ne me donne rien, je l’accepte, et je ne réclame rien. Ceci dit, je comprends que peu peuvent se permettre ce style de vie. »

Il assurait ainsi tout le monde qu’il ne jugeait pas les gens se battant ou rendant service contre argent. Il n’était pas hors-sol comme beaucoup de nobles nexusiens et il comprenait parfaitement la nécessité de devoir gagner sa vie. Il se considérait bien heureux d’avoir un domaine à hériter, un statut lui ouvrant des temples, et un nom lui ouvrant les manoirs.

« Maintenant, je vais vous raconter une histoire. Alors… C’était il y a quelques années et un percepteur royal avait soulevé le peuple avec des pratiques fiscales proprement scandaleuses. Par la force des choses, il s’était replié sur notre villa et nous avions été en devoir de garantir sa sécurité. Mon père a réussi à calmer les gens et a donné une chambre au fonctionnaire jusqu’à ce que les choses se soient tassées.
« Cet homme méritait bien cette colère, si vous voulez mon avis. C’était un petit chauve hargneux, vénal et méprisant, égoïste comme pas deux, et bien déterminé à collecter son impôt en s’engraissant dessus. J’avoue avoir eu envie de le mettre dehors, mais ce n’était pas ma place, et le code est clair à ce sujet.
« Bref : il a amplement abusé de notre hospitalité et tout le monde a fini bien énervé contre lui. Je n’ai jamais vu mon père aussi jaune avec qui que ce soit. Je me demandais quand il passerait à l’action ; et comment.
« Alors, un soir, au dîner, nous avons été servis et cet homme se plaignait de tout, comme d’habitude. Nous avions pris coutume de commencer à manger tout de suite pour ne pas avoir à lui répondre. Alors, nous avons commencé à manger et, là, nous nous sommes tous regardés avec angoisse et surprise. Seul mon père souriait. Lorsque le percepteur se mit à table et commença à manger, il s’arrêta vite de râler, et il vira blanc, rouge, puis jaune, se jetant de sa chaise en criant et en s’étouffant, en nous accusant de l’empoisonner. »

L’assistance était silencieuse, et perplexe. Guillot marqua un silence pour goûter le thé à la liqueur, qu’il s’était arrangé lui aussi, et afficher sa satisfaction.

« C’est vraiment délicieux. »

Il reposa la tasse avec un sourire pour Diamant, et reprit son histoire.

« Voyez-vous, son assiette était vraiment empoisonnée. Toutes les assiettes l’étaient. »

Il sentit le souffle de tout le monde s’arrêter et il gloussa en faisant un aparté :

« Voyez-vous, je ne suis pas juste un chevalier. Je suis aussi un paladin, un chevalier sacré. Je n’adhère formellement à aucune Église mais toutes m’ouvrent leurs portes. Ma capacité est de purifier l’environnement, de détoxifier. Ça inclut les poisons. Donc, après que notre invité se soit fort mal conduit avec une femme de chambre, qui s’avérait être la fille du cuisinier… Ne vous mettez jamais le cuisinier à dos… Mon père et lui avaient concocté un petit stratagème. Ils avaient caché une fiole d’un poison très puissant, au goût très reconnaissable, dans ma chambre, et l’avaient récupéré ce jour-là pour l’incorporer dans le repas. Le goût était là ; mais pas les toxines. »

Il pouffa et conclut :

« Le percepteur nous accusa à corps et à cris, jusqu’à ce que mon père, avec un sourire, parvienne à l’arrêter et lui fit croire que c’était le goût de ce plat, et qu’il devrait déjà être mort autrement. Il lui fit goûter le plat, puis son assiette, et l’homme dut bien reconnaître qu’il n’avait pas été empoisonné.
« Ça ne l’empêcha pas de nous insulter encore pour lui avoir fait manger un plat au goût pareil et de partir sur-le-champ, se glissant hors du pays à la faveur de la nuit. Apparemment, il aurait alors essayé de porter le cas devant la justice royale, mais un rival aurait utilisé le contexte pour ouvrir une enquête sur ses pratiques, et il est aujourd’hui en prison pour détournements fiscaux et corruption.
« Voilà ! »

Il reprit un biscuit et le croqua allègrement en se réinstallant confortablement.

« A qui le tour ? »

2
Les contrées du Chaos / Re : La salade magique [PV Guillot/Deidre/Lucian]
« le: mercredi 07 janvier 2026, 16:23:09 »
Finalement, Lucian avait pris la parole, expliquant plus précisément sa nature à Guillot qui, n’en attendant pas tant, hocha la tête respectueusement et afficha un sourire poli. Mais ils furent vite court-circuités par la harangue féroce du mouflon, qui affirma une fois de plus son absence d’attachement aux bonnes manières en s’agitant encore dans son curieux sous-vêtement roulé. Son idée première était de boire une bière, et il comptait prendre le premier quart à cette fin. C’était très peu professionnel et très indiscipliné, mais le Cocagnard ne pouvait pas le lui reprocher. Cet individu exubérant était clairement doté de grands pouvoirs, et qui savait d’où il pouvait bien venir et quelle potence son sang pouvait porter ? Comme le disait Lucian, le sang portait un certain pouvoir. En Cocagne, comme ailleurs, la noblesse se faisait valoir par son « sang bleu » porteur de force, elle aussi.

Finalement, si Guillot s’attendait à voir l’ange annoncer faire équipe avec Barbak pour le premier tour de veille, comme elle avait annoncé le prendre, il fut surpris de l’entendre déclarer qu’elle prendrait le second sur un ton passif-agressif avant de sauter dans le plus grand arbre proche avec un avertissement sinistre. Le blond la regarda faire d’un air perplexe. Finalement, la douceur cache la brutalité. Main de fer dans un gant de velours. Qui disait cela, déjà, s’interrogea-t-il ?

Tandis que la fille s’isolait donc avec ses affaires, Guillot, lui, avisa donc ses deux autres compagnons. Deirdre avait-elle cherché à éviter de faire un tour de veille avec le mouflon chaotique ? Qui sait… Mais, en avisant Lucian, le paladin songea que celui d’eux deux dont le tempérament passerait le mieux avec celui de Barbak serait le sien. Ainsi, répondant au devoir et aux valeurs chevaleresques inculquées, le Cocagnard hocha la tête au roux flamboyant avant de se tourner vers le demi-Nain.

« Passez donc une chope, Barbak ! Nous passerons la moitié d’une nuit ensemble. »

Ce n’était pas forcément de gaieté de coeur, mais pas à cause du caractère du compagnon. Il avait dû cavaler pour les rattraper et il se sentait fourbu. Mais il n’était pas fatigué et, assis ou semi-allongé près du feu, il pourrait se détendre en restant alerte. La bière ferait passer les crampes, au pire des cas. Foi de Cocagnard, s’il ne pouvait lutter avec un Nain, Guillot pouvait bien tenir compagnie à son compagnon sans faillir !

Ainsi, après un sourire bienveillant à Lucian, il se releva pour rassembler ses affaires et préparer sa place pour la nuit.

3
« Je suis une vampire. » Les mots avaient glacé le sang du Cocagnard d’un seul coup, et il avait certainement pâli nettement. Sans doute Calypso, avec ses sens ultradéveloppés, capta-t-elle le saut du cœur et la tension panique soudaine. Pourtant, le blond n’attaqua pas. Il n’attaqua pas car il croyait en la bonté, et il voulait l’entendre quand elle assurait ne boire que du sang animal.

« C’est… C’est très inattendu. »

Il tentait de rester brave et ferme, mais ça lui était impossible. La tension était clairement présente. Pourtant, il l’écoutait, et il l’entendit quand elle parla d’autre chose rôdant dans les environs. Il tiqua, la considérant avec sa stature, sa pâleur particulière et son apparente faiblesse. Bien sûr, tout cela pouvait n’être que la pâleur d’un vampire et de la comédie, mais il sentait l’honnêteté dans ses paroles.

Il tiqua, discrètement, et écouta attentivement, même si sur ses gardes. Il considérait vraiment ses options. Peut-être était-elle honnête, mais qui lui disait qu’elle ne profiterait pas de son dos tourné ? Pour une suceuse de sang en manque, un gars vigoureux comme lui qui ne faisait pas attention, c’était un festin de roi à s’en rendre malade. Mais il était là pour protéger le village et, si elle n’était pour rien dans les enlèvements, alors…

Et puis, il comprit : elle était sincère en disant ne boire que du sang animal. Sinon, elle ne serait pas dans cet état. Il avait vu peu de faune par ici, sans doute chassée par la même peur de cette chose qu’elle évoquait. Elle aurait pu se jeter sur un agonisant ou subtiliser un petit chasseur pour se requinquer, mais elle n’en avait rien fait. Soit elle était vraiment mauvaise à ça, soit elle était sérieuse dans sa démarche.

Alors, le Cocagnard prit une lourde décision. Il décida de lui faire confiance, et il relâcha la poignée de son épée pour le lui démontrer. Il restait un peu tendu et sur ses gardes, mais il n’était plus prêt à tirer l’arme au clair contre elle. Lentement, son regard fixé dans le sien, il essaya de comprendre.

« D’accord. Je veux bien vous croire, Calypso. Mais, cette chose… Vous avez bien dû la voir, pour en être si effrayée ? Dites-moi à quoi ça ressemble. J’aurai peut-être une idée de sa nature. »

4
Les contrées du Chaos / Re : La salade magique [PV Guillot/Deidre/Lucian]
« le: jeudi 04 décembre 2025, 07:02:11 »
Sa présentation faite, Guillot n’eut pas longtemps à attendre avant que le moufflon ne lui réponde. Apparemment quelque peu froissé par son qualificatif de pyromane, qui n’avait rien d’insultant et n’était qu’une appréciation de ce qu’il avait vu de ses talents, celui-ci se mit en tête d’exposer de manière assez brute et fleurie son identité et ses arts, le paladin ne le corrigeant que d’un « Guillot » lorsqu’il se trompa sur son nom, avant de réaliser que cela ne changerait rien.

Kan tenta de faire arbitre, mais il fut bien vite décontenancé. Guillot lui sourit avant de se retourner vers Barbak, et il lui hocha la tête dignement.

« Mes excuses si je vous ai froissé, Barbak, fils de Barbeuk et Karagwyr. Si vos actes suivent vos paroles, je suis certain que nous saurons trouver l’un et l’autre un bon compagnon de route. »

Ce fut ensuite le tour de Deirdre, qui n’y alla pas par quatre chemins et tira au paladin un hochement de tête surpris. Ange et fée, voilà un mélange bien inattendu et certainement rare. Il avait entendu des histoires d’Anges tombant sur Terra pour quelque mission ou après quelque faute, mais il n’avait jamais vu quelqu’un qui soit ne serait-ce qu’en partie angélique. Il était, décidément, entouré d’illustres, lui, fils de baron cocagnard.

Puis, elle entreprit quelque récit, apparemment rituel, et Guillot garda le silence, l’observant d’un air sobre, baissant le regard en recueillement, mais le tournant quand même vers les autres comme pour leur demander si c’était chose commune. Elle passa de l’un à l’autre, et cette fois encore Kan en prit pour son grade. Le chevalier se sentit un peu désolé pour leur guide et commanditaire. Mais il fut attentif quand elle décrivit succinctement ce qu’ils venaient d’affronter. Une arme magique. Oui. On disait que les Terres du Chaos en étaient pleines, armes échappées et oubliées, ou conséquences collatérales de combats magiques intenses. Certains disaient aussi qu’Ashnard répandait volontairement ces hordes monstrueuses, mais personne ne pouvait être si mauvais. Si ?

Cette commandante, en tout cas, affectait toute la gravitas d’un officier d’expérience. Elle rangea Kan durement, mais honnêtement, sans cruauté, et, cette fois, Guillot ne fut pas désolé pour lui. Elle avait raison, et le Terranide le savait aussi, même s’il était contrarié.

Et puis, elle avait servi le repas. Un vrai repas de campagne, fait avec la prise du jour. En l’occurrence, une arme magique. Rien que ça ! Guillot en était tout excité. Il inspecta le bouillon avec un intérêt gourmand, mais releva la tête quand Deirdre sembla appeler quelqu’un à prendre le relais. Il regarda à droite et à gauche. On l’observait. Alors, il se racla la gorge et parla à la nuit.

« Guillot, enfant de Cocagne, et… euh… prêt à protéger tous ceux qui en auraient besoin ! »

Il n’était pas convaincu. Il avait même essayé de lever son poing en l’air, mais il se sentit bête. Il rabaissa la tête dans un autre raclement de gorge et croisa le regard de Lucian, qui n’avait pas encore parlé, et détourna le sien passivement.

« C’est Lucian Kalvenhaar. C’est un Démon. »

Son sang fit un tour, mais, si celui-ci était là, c’était sans doute parce qu’il était digne de confiance et pas si mauvais, n’est-ce pas ? Un peu perturbé, Guillot eut du mal à décrocher son regard de lui tandis qu’il entamait son dîner.

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Les contrées du Chaos / Re : La salade magique [PV Guillot/Deidre/Lucian]
« le: mardi 04 novembre 2025, 23:09:46 »
L’intervention du paladin n’avait pas avancé grand-chose, mais elle avait au moins donné quelques secondes de répit aux autres ; un répit mis à bon escient. Chacun se mit en action avec plus ou moins de succès, apprenant et entreprenant. Désarmé, Guillot se présenta quand même à l’engagement, distrayant le monstre, plongeant et esquivant les larges frappes avec une puissance et une agilité que seul un chevalier entraîné pouvaient déployer en armure de plates.
Finalement, un des membres de la troupe, un Terranide plus proche du véritable mouflon que de l’Humain, se débrouilla pour mettre le feu à la créature, qui vécut rapidement ses derniers instants. Le combat était dangereux, brutal, mais assez court pour épargner de véritables blessures aux compagnons, qui finirent par abattre le monstre.

Une fois la plante bodybuildée au sol et inerte, le Cocagnard sauta en poussant un cri victorieux, poings en l’air, et il s’avança précipitamment lorsqu’il vit la garde de l’épée familiale dépasser du corps à travers les flammes. Il hésita, souffla comme s’il allait l’éteindre comme une bougie d’anniversaire, et finit par plonger la main dans le brasier pour en tirer la lame.
Ce n’était pas de l’acier. La famille avait perdu les secrets de sa conception, mais ça n’en était pas. En dépit de la température et des flammes, le métal restait intact, et n’était même pas si chaud, Guillot faisant rapidement passer le manche d’une main à l’autre en poussant des vivats anxieux tandis qu’il éloignait l’arme du corps incandescent pour la laisser tomber dans l’herbe grasse et humide.

Tandis qu’il soufflait dans ses mains pour les refroidir, il prit finalement conscience des faits et gestes du reste du groupe. Les paroles de la guerrière ailée le firent réagir, et il se dressa en la fixant.

« Une arme… ?! »

Elle ne lui répondit pas, occupée à parler d’autre chose avec Kan, leur commanditaire terranide, le renard précédemment cité, et le blond posa un regard circonspect vers la créature avant d’entendre des mots lui révélant la raison de cette conclusion : évidemment, ils étaient dans les Contrées du Chaos, les landes mortelles, divisées et rongées par la guerre et les hordes monstrueuses se dressant entre Nexus et Ashnard !
Bien sûr, ici, du côté de Nexus, c’était plutôt une terre tranquille de royaumes plus ou moins indépendants et belliqueux parfois visitée par des monstres du genre. La transition jusqu’aux territoires scarifiés et démoniaques d’Ashnard était progressive et on pourrait vite oublier qu’on se trouvait maintenant en terre contestée, frappée par les magies dangereuses employées dans les grandes guerres entre les deux empires.

Guillot n’avait voyagé qu’à travers les terres nexusiennes jusque là, et sans doute dans des parties très tranquilles. Il allait devoir se faire à la sévérité des menaces d’ici. Il restait rassuré par sa capacité latente et inexpliquée, qui devrait aider à guérir ces terres sur son passage et les aiderait peut-être à éviter certains écueils de leur trajet dangereux.

Il vit le roux aux cheveux longs, celui qui avait exhibé une énorme claymore un instant plus tôt, et il s’interrogea sur sa nature. Il ne semblait pas très impressionnant, physiquement, mais il avait clairement de la puissance. Il avait cru entendre que la fille avait du sang angélique. Et lui ? Avec appréhension, il se permit quand même de le rejoindre tandis qu’ils rejoignaient le groupe se reconstituant.

« Ça va aller ? »

Son élan de sollicitude fut coupé court par Kan, qui le présenta à la troupe sans lui donner l’opportunité de le faire.

« Ah ! Madame, messieurs, voici Guillot de Belloy, un chevalier errant cocagnard doublé d’un aspirant paladin. Je l’ai contacté pour sa capacité à guérir les affections et éliminer les poisons autour de lui. Ça nous sera certainement utile. Et il commence à se faire une bonne réputation de bretteur ! »

Guillot se gratta la tête, visiblement embarrassé, en saluant le reste de la troupe.

« Oui, voilà, c’est moi… Bref… »

Il jeta un regard au mouflon, qui arrivait dans la tenue la plus curieuse et minimaliste qu’il ait vu dans des circonstances si publiques, et il passa de la surprise, à la confusion, à la désapprobation et à l’acceptation en une paire de secondes tandis qu’il digérait la curieuse attitude de cet individu. Comme il fixait Barbak, il s’adressa à lui en premier.

« Vous, vous avez des talents en pyromanie. Mais je ne sais rien de vous tous. »

Il tourna son regard de l’un à l’autre, croisant les leurs et les soutenant quelques secondes.

« J’aime savoir aux côtés de qui je me bats. »

6
Guillot avait été si pris par son anxiété et immergé dans sa perception de la situation qu’il n’avait pas remarqué le comportement, effrayé et résigné, de l’inconnue. Une victime aurait été interdite ou heureuse de voir du secours arriver, peut-être anxieuse à l’idée de se tromper ou que son sauveur soit occis avant leur fuite, mais elle ne devrait pas être effrayée par lui. Il aurait dû avoir la puce à l’oreille, mais il ne faisait pas attention. Il était jeune et encore inexpérimenté, et il aurait bien pu payer cet aveuglement de sa vie.

Mais les choses allaient se dessiner peu à peu en lui. Déjà, Calypso le frappa comme un prénom sonnant différemment de ceux qu’il avait pu entendre au village ; et même dans cette région en général. Ce n’était pas grand-chose mais, puisqu’elle parlait et se présentait, il se mettait à faire attention. La question du prénom resta innocemment dans un coin de sa tête, avec d’autres observations qui s’accumulaient. Car, à mesure qu’elle parlait et qu’il l’observait, recroquevillée à l’autre bout de la petite salle troglodytique, inquiète, éteinte, dubitative à la fois ; et, oui, résignée aussi.

Quand elle confirma qu’elle n’était pas d’ici et qu’elle évita de répondre à ses autres questions, le blond commença vraiment à tiquer et, lorsqu’elle demanda, finalement, s’il venait l’éliminer, elle, il se figea, incertain, coi. Il voulut se porter vers elle de façon rassurante, mais il se figea dans son mouvement, pris au ventre par l’instinct, frappé par une réalisation tardive, mais réelle.

Enfin, il remarqua l’absence du fatras qu’on devait attendre d’une planque de bandits, ou des chaînes que la femme aurait dû porter aussi. Il remarqua ses yeux décolorés, sa peau diaphane, si pauvre en mélanine qu’on voyait ça et là ses veines en transparence. Il remarqua ses cheveux, non pas blancs, comme chez certains, mais blanchis, comme vidés de leur vie.

Il perçut aussi la tentation, l’appétit dans ces yeux d’un vert passé qui le scrutaient à la lueur de la flamme vacillante. Elle se tenait recroquevillée là comme pour se défendre, mais était-ce pour se retenir ? Il y avait une tension dans ses membres, comme si elle se retenait de les déployer pour bondir. Et il y avait cette goutte de sueur froide qui glaça son échine sous son armure, et le fit, lui, bondir sur ses pieds, sur ses gardes, la main à mi-chemin du manche de son épée.

« Que dites-vous là ?! Calypso, je… Que voulez-vous dire ? »

L’évidence s’écriait à lui. Il n’arrivait simplement pas à croire qu’il puisse être si stupide, au point de s’asseoir, désarmé, face à quelque créature potentiellement mortelle. Mais la réalité s’imposait en lui. Il ne voulait seulement pas tirer de conclusions hâtives et, le regard perçant, un rictus méfiant et effrayé barrant son visage, le paladin voulut savoir la vérité.

« Êtes-vous la responsable de ces disparitions… ? Soyez honnête, je vous prie ! Je suis ici pour rendre la Justice, pas pour condamner des innocents ou pour me faire balader. »

Il espérait avoir l’air intimidant. En vérité, il était extrêmement inquiet. Par conviction, il ne tirait pas la lame au clair pour ne pas provoquer la violence. Mais il était vraiment tenté. Il avait peur. Et il était prêt à se défendre sans retenue ni réflexion s’il devait se sentir en danger pour de bon.

7
Les contrées du Chaos / Re : La salade magique [PV Guillot/Deidre/Lucian]
« le: jeudi 09 octobre 2025, 01:12:02 »
Après un repas rapide, mais bien consistant et conséquent, le paladin cocagnard s’était remis en chemin, endossant son sac de voyage et contenant un rôt profond en remerciant le tenancier avant de retourner sur la route.
Le grand gaillard était peut-être un noble, mais c’était un brave. Il n’avait peur ni de la marche, ni de l’inconnu, et il s’engagea sur le chemin désigné par le patron avec enthousiasme, ses longues jambes lui prêtant de longues foulées et lui faisant rattraper et dépasser quantité d’autres voyageurs sortis à cette heure.
Autant dire qu’au moment où le groupe s’était arrêté, lui qui avait pris son temps pour ne pas risquer de le distancer, il avait déjà comblé l’essentiel de la distance les séparant, et il n’était plus si loin que cela.

Pourtant, ce n’est pas lui qu’entendit et salua Kan lorsqu’il crut l’accueillir à son tour, et le monstre végétal se présentant devant lui mit la pagaille dans le groupe, le renard se figeant avant de sauter de panique dans tous les sens pendant que le reste de la troupe se préparait au combat. Deirdre porta la pointe de l’attaque pour épargner leur commanditaire et donner à ses compagnons le temps de s’apprêter proprement.
De son point éloigné, Guillot entendit les débuts de l’affrontement et il frissonna. Son sourire quitta son visage tandis qu’il cessait la mélodie fredonnée pour passer le temps. Tendant l’oreille, il détermina la direction du combat et estima que ce n’était plus très loin sur son chemin.
Il ignorait qu’il s’agissait du groupe qu’il était censé rejoindre. Tout ce qu’il savait était que quelqu’un affrontait quelque chose de gros, et son sens du devoir lui interdisait de détourner le regard.

« Morbleu ! Quel vacarme ! Ça doit vraiment chauffer ! »

Sans une hésitation, il empoigna les sangles de son sac et accéléra, trottant sur le chemin rapidement pour rejoindre le combat. Plusieurs individus semblaient communiquer et affronter un monstre encore inconnu. Lorsqu’il commença à voir les silhouettes s’engager dans une clairière, le blond se délesta de son sac et tira l’épée au clair, piquant un sprint et faisant irruption dans la clairière en grognant.

« Mon arme et ma foi ! »

Il cria l’obscur motto cocagnard en fondant sur le colosse végétal et planta son épée familiale dans le flanc de la créature, qui se figea, et faisant une entrée fracassante.

« Ah ! Vous voilà, » pépia le renard, angoissé.

Mais le grandiose de son irruption ne dura pas. Le colosse se remit en action et lança un revers de la main au paladin, qui protégea sa tête de ses bras et fut projeté au bord de la clairière, d’où il venait. Il atterrit lourdement et toussota, mais son armure, humble en apparence, mais d’excellente facture, n’avait pas bougé et l’avait protégé.

« Diantre ! Quelle force ! Hmmm évidemment qu’il n’est pas fait comme nous… »

Téméraire, l’humain se redressa comme si de rien n’était et, poings armés comme un boxeur, se rapprocha du combat pour récupérer son arme sur l’ennemi et reprendre les hostilités.

8
Le coin du chalant / Re : Carnet de traque / Lioren
« le: dimanche 05 octobre 2025, 20:33:25 »
@Guillot de Belloy > oh ça c'est à voir en terme de cohérence avec le rp et le déroulement des péripéties hihi ! tant qu'on n'y vient pas non plus au bout de deux pages ::)
y a des choses qui te gênent niveau écrit ? des limites inrp ? :D

Pour être sûr : tu aimerais qu'on y arrive avant la page 3, en somme.  ::)
C'est faisable !

Pour ce qui me gêne ou non, tout est sur mon chalant. Pour le limites, je cite :
Mineurs (!!)
Inceste
Grossesse
Gore (hors combat), Vore
Uro (fontaines incluses), Scato
Odeurs
Futanaris
Zéro contexte

En soi ça se goupille plutôt bien.

On le tente ?

9
Le coin du chalant / Re : Carnet de traque / Lioren
« le: samedi 04 octobre 2025, 00:56:57 »
Guillot > Lioren est pas connue pour son côté sociable, mais ça pourra rendre quelque chose d'intéressant ! De préférence j'aime bien que mes rp soient hentai, donc si ça dérive là-dessus j'espère que ça ne te dérange pas...?  ::)
Me déranger ?! Oh, non, pas du tout. ;)
Est-ce que tu préfères, à la limite, passer vite sur les prémisses et aller plus rapidement vers le rapprochement ?

10
Le coin du chalant / Re : Carnet de traque / Lioren
« le: vendredi 03 octobre 2025, 08:54:25 »
Salut à toi et bon retour !

Je peux te proposer, avec Guillot ici présent, une petite quête basique sur laquelle les deux protagonistes pourraient être en compétition.
Avec son esprit dz compétition, Lioren pourrait gagner, mais se retrouver blessée. Elle pourrait s'attendre à ce que l'humain la laisse pour morte et empoche la récompense, mais il va rester avec elle, la soigner et laisser ses petits pouvoirs passifs aider sa convalescence.
A voir comment cette relation évoluerait.

Ton opinion ?

11
Guillot avait cru qu’il n’allait jamais réussir à atteindre cette personne. Avec sa petite taille et sa finesse, la silhouette faisait penser à une jeune fille, ce qui rendait la perspective de retourner un cadavre d’autant plus inquiétant, au bord de l’insupportable.
Lorsqu’elle s’était soudain animée, sautant sur ses pieds et faisant volte-face pour le fuir vers le fond de sa cachette, l’inconnue l’avait à la fois soulagé et terrifié, lui tirant un glapissement étranglé tandis qu’il reculait lui aussi de quelques pas, traînant la lanterne au sol avant de se ressaisir et de la reposer près de lui, dévisageant cette fille aux cheveux blancs, petite, plutôt commune, mais au visage élégant et aux yeux d’un vert captivant qui le retinrent immédiatement.

Elle semblait terrifiée ;  bien plus qu’il avait pu l’être. Alors, il ne chercha pas à pousser ses propres questions tout de suite et, gardant son épée au fourreau, tâchant de se montrer rassurant, il tâcha de répondre aux siennes :

« Je me nomme Guillot. J’ai été envoyé par les villageois, en bas, pour chasser ce qui enlève les leurs dans la forêt. »

Il la dévisagea en essayant d’estimer quel âge elle pouvait avoir. Elle était jeune. Plus que lui. Peut-être majeure, mais pas beaucoup plus. C’était difficile à dire. Elle avait l’air d’avoir vingt ans à peine, mais son allure et ses yeux transpiraient une lassitude transmettant une impression d’éternité, et une solitude infinie. Elle empoignait presque son cœur de sa seule tristesse, et il se sentit poussé à l’aider.

« Et vous ? Êtes-vous du village ? Vous a-t-on enlevée ailleurs ? »

Croyant avoir trouvé une victime, il se laissa aller à l’enthousiasme de son enquête. Trouver une survivante était inespéré et lui offrait une source d’informations inattendue qu’il ne pouvait pas ignorer.

« Est-ce bien un monstre qui chasse les jeunes d’ici ? Les chasseurs ? Ou une bande de bandits en maquis ? Ont-ils… abusé de vous ? »

En songeant à l’idée que puissent traîner ici des bandits en repos, refaisant peut-être leurs rangs avec de jeunes chasseurs impressionnables, il donnait une nouvelle perspective à la survie de cette jeune femme. Leur servait-elle de chaufferette en vue des nuits froides ? Et devait-il s’attendre à voir arriver une file de soudards bite à l’air ?!

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Les contrées du Chaos / Re : La salade magique [PV Guillot/Deidre/Lucian]
« le: mardi 30 septembre 2025, 13:23:33 »
Dans un monde en proie à de multiples dangers, les embûches de trajet étaient légion. Tandis que le reste de la petite compagnie avait pu se reposer et faire connaissance, Guillot, parti répondre à une demande personnelle dans une affaire encore mystérieuse, avait dû faire face à l’attaque de bandits contre un convoi de paysans ayant trop traîné sur le chemin. Ceux-ci amenaient un peu de cheptel et leurs récoltes en surplus en ville pour les y vendre, mais ils avaient certainement sous-estimé les distances, ou brisé un essieu sur le chemin, et ils avaient été pris à parti par des bandits sur un axe de la route qui n’était pas patrouillé passé une certaine heure.

Le paladin n’avait écouté que ses principes, et il avait mis pied à terre pour se porter au combat dès qu’il avait fait irruption dans la scène chaotique au détour du chemin. Les paysans, bien bâtis, se défendaient bien, avec des fourches, fléaux, haches et autres surins emportés pour ce genre d’occasions. Mais les bandits étaient des roublards de métier, pour certains confirmés, et dotés, pour la plupart, d’armes dignes de ce nom. Ils gagnaient l’engagement, jusqu’à l’arrivée du chevalier.

Avec celui-ci du côté des paysans, le combat avait vite tourné en leur défaveur et ils n’avaient pas insisté, se repliant en ramassant un blessé et en en laissant un autre derrière eux, déjà à moitié mort, frappé dans le flanc d’un coup d’estoc. Le convoi s’était réorganisé précipitamment et s’était résolu à attendre pour la nuit, rassemblant les blessés et disposant les chariots en un rectangle défensif. Guillot avait aidé à soigner les blessés et avait dormi parmi eux, et, pendant la nuit, ses pouvoirs de purification latents avaient évité toute infection et nettoyé les plaies. Les paysans étaient sidérés, mais heureux. Sans savoir que le paladin était à l’origine de leur bonne fortune au-delà de leur victoire improbable, ils le remercièrent de quelques pièces et avaient repris leur chemin tandis que Guillot reprenait le sien.

En arrivant à l’auberge, ce matin-là, il réalisa vite que la compagnie était déjà partie. Il n’y avait pas de bande atypique dans les environs, comme pouvaient l’être les aventuriers. D’ailleurs, le propriétaire lui fit vite signe pour lui demander qui il était et lui tendre un papier. Le Cocagnard avait pris le papier, l’avait lu silencieusement, et l’avait replié en soupirant.

«  Reste-t-il du déjeuner de ce matin ?»

«  Du gruau à l’œuf, messire. Rien de bien noble. Oh ! Il reste du lard, aussi !»

«  Ce sera parfait, voyons. Je ne repartirai pas le ventre vide. Je les rattraperai sûrement ce soir.»

Ainsi, Guillot s’installa afin de se sustenter un peu, aux frais des paysans sauvés, avant de se relancer sur la route et de rattraper sa compagnie supposée.

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En abordant ce petit village tranquille à l’orée de la forêt, Guillot n’aurait pas pensé tomber sur une scène pareille. A peine arrivée à portée de vue, le message de son arrivée avait dû commencer à se répandre. Qui sait si un jeune pâtre ne l’avait pas déjà repéré plus tôt et alerté les anciens depuis un moment. Une vague de femmes, de mioches et de vieux avait fondu sur lui avec des suppliques, pensant qu’il était la réponse à leurs messages alarmés, et son ignorance de la situation n’avait pas plu ; mais ils n’avaient eu d’autre choix que de l’informer et de l’implorer à son tour.

En apprenant leur situation, le paladin se retrouva partagé : les informations étaient parcellaires et il pouvait faire face à un danger trop grand pour lui seul, mais le code qu’il suivait l’incitait à répondre à leur appel à l’aide et à se mettre en danger pour eux. Il ne leur réclamerait rien, d’ailleurs, bien qu’il émette une demande préalable : pouvoir se reposer avant de partir en chasse aux premières heures du lendemain : il se faisait déjà tard, et il ne pisterait rien de nuit.

Le vieux qui semblait être leur chef proposa sa maisonnette en ronchonnant, mais le regard du blond repéra une jeune femme fatiguée dont le nourrisson frissonnant était trop fatigué pour pleurer. Une impression terrible le saisit, et il pressentit la mort rapide du petit enfant. Il marcha alors vers cette femme et lui demanda de dormir chez elle. Sa première réaction fut une méfiance évidente teintée de répugnance, songeant qu’il allait littéralement se payer sur son dos alors qu’elle n’y consentirait pas, et elle lui lança qu’il n’aurait pas mieux qu’une paillasse au milieu de leur cahute et à côté du lit du petit. Guillot sourit et accepta avec joie.

Lorsqu’il partit, peu avant l’aube, laissant une jeune mère émergente, celle-ci se sentait bien mieux, ses maux et sa fatigue envolés, et son petit dormait à poings fermés, dormant paisiblement et profondément en marmonnant dans ses rêves apaisés, le visage rose et la santé restaurée.

Fidèles à la réputation du troisième âge, les anciens étaient déjà levés et affairés, et ils pointèrent au paladin des indices utiles. Dans la forêt d’Elsen, disaient-ils, du bétail mort était retrouvé, et les chasseurs disparaissaient. Ils avaient demandé à un de ceux-là, un jeune rouquin nommé Levin, de le guider jusqu’à la lisière des « bois dangereux », et ainsi avait fait le garçon, le laissant à l’aube au plus profond de la forêt d’Elsen sans oser faire un pas de plus, pressé de rentrer chez lui en courant après l’avoir conduit au pas de course. Guillot l’avait remercié et, fatigué par cette marche forcée en armure dans les bois, il se permit un instant avant de poursuivre, se faisant silencieux et contemplatif devant la beauté majestueuse de l’environnement arboricole.

C’est ainsi qu’il put percevoir le passage d’une ombre rapide entre les arbres. Sans doute la créature était-elle trop pressée pour remarquer un chevalier immobile, car elle ne fit pas mine d’avoir repéré quoi que ce soit tout en poursuivant son chemin perché. D’abord stupéfait, le Cocagnard se remit ainsi en marche, suivant les bruissements, les craquements des branches et les envols agités de quelques oiseaux pour avoir une direction générale. Il aurait sûrement été semé, et il le fut en vérité, si la grotte n’avait pas été relativement proche. Car, la trace du monstre perdu, il tomba dessus et déduisit que, si une créature nocturne sévissait dans les environs, ce genre de grotte était une cachette diurne idéale. Levin avait évoqué l’existence de nombreuses anfractuosités rocheuses dans la région, mais il n’en avait pas fait cas jusqu’à cet instant. Les grottes étaient sans doute la raison pour laquelle une créature jusque là inconnue avait pu s’installer ici.

Tirant son épée au clair, il s’avança prudemment en avant, remontant et allumant une petite lanterne avant de pénétrer dans le refuge ténébreux. Il s’y était avancé silencieusement, ses souliers rembourrés ne claquant pas sur le sol rocheux, tandis qu’il limitait intentionnellement ses mouvements dans son armure robuste, mais pourtant discrète en son genre. Et c’est ainsi qu’au plus profond du goulot accessible à l’humain, il tomba sur un abri. Mais il fut choqué de découvrir une forme humaine, une jeune femme sale endormie sur un tas de vêtements passés, miséreuse selon toute évidence, qui ne bougea pas à son approche.

Il hésita. Il s’attendait à trouver un monstre, mais il ne trouvait rien de tel. Il lui vint l’idée que cette jeune femme pouvait être une victime. Peut-être ne dormait-elle pas du tout, peut-être était-elle morte. Après tout, il la voyait de dos. S’il la voyait de face, peut-être verrait-il des yeux révulsés de terreur et un ventre tout éviscéré ? C’est sans entrain qu’il combla la distance entre eux, se penchant sur ce qu’il supposait finalement être un cadavre tout frais, lanterne tendue au-dessus d’elle, pensant trouver un carnage quand il était en fait en train de déranger le sommeil d’une authentique suceuse de sang.

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Après la débandade timide du paladin, les choses auraient très bien pu se tasser. S’il avait été seul présentement, elles auraient sûrement pris un tour plus calme à partir de là, les Muses jugeant leur mécène comme quelqu’un de prude ou de trop réservé, amené ici par la curiosité autant que l’ignorance. Seulement, Diamant était aussi présente, et l’Elfe ne se laissa pas désarmer par le repli stratégique du Cocagnard, partant de sa proposition pour la détourner de la sienne avec intelligence et conduire à un aparté spécial. Le jeune chevalier se racla la gorge d’embarras, mais, sollicité, il tourna une expression stressée vers elle et un son de fausset avant de toussoter et de répondre aussi poliment que bas :

« Oh, une boisson chaude, bien sûr, bien sûr. Excellente idée. »

Il aurait probablement préféré se cogner le petit orteil sur le coin de cet énorme vaisselier, là-bas, mais l’option n’était pas ouverte, et il devait s’avouer qu’il peinait à justifier sa réserve. Les lieux étaient clairement officiels, si proches du Palais d’Ivoire et si bien introduits, si bien connus, qu’il n’avait aucune raison de se sentir compromis par sa présence ici. Peut-être était-ce son attitude en présence de courtisans si huppés et professionnels qui l’inquiétait ? Il n’avait jamais encore fréquenté de travailleurs du sexe, même si nombreux étaient les aventuriers à se faire régulièrement ce plaisir, et il savait pourquoi. Ce n’était pas tant une question de réputation, et même pas tant une question de moralité, qu’une façon de se voir. Lui, le guerrier sacré, protecteur des gentils, se pavanant dans les draps parfumés de quelque inconnue fardée : telle n’était pas la vision qu’il avait de lui-même.

Et pourtant… Il savait bien quel échange de regards avait immédiatement conduit Cyrise à se lever, la Charmante prenant les devants autant par utilité que par appel.

Quant à Diamant, loin d’être contrainte par ses préjugés, elle savait tout autant qui l’intéressait, et le blond fut à peine étonné de voir le colosse à la peau verte être convoqué pour les accompagner.

Les choses s’enchaînèrent assez vite, Guillot se laissant happer par la prise de la Charmante sur sa main, aussi légère et douce que chargée d’intention, le soulevant sans tirer, tandis que son esprit vagabondait à la mention des pâtisseries, sans se résoudre à se montrer chauvin en se demandant, soudain, si leur pâtissier pouvait être un Cocagnard, lui aussi. Leur terroir riche et gras était, en effet, célèbre pour la richesse de sa gastronomie, même s’il n’était pas le seul à fournir sa dose de douceur à Nexus. Droekor brisa son songe à l’évocation du thé de fleur d’ombre, et il se demanda de quoi il pouvait bien s’agir avant d’être finalement mené dans ce salon privé, qui avait plutôt des allures de fumoir ashnardien, la qualité romantique nexusienne en plus.

Face au lieu, invitant à l’abandon et à la candeur, il faillit bafouiller, mais il ne le fit vraiment que lorsque la petite brune l’eut tirée à elle pour chuchoter à son oreille. Il avait tourné le visage pour voir le sien, et l’expression mutine, voilée par son masque de détachement professionnel, ne lui échappa pas. Il déglutit et s’emmêla la langue en tentant de répondre, mais son regard en disait aussi long sur son intérêt que la rougeur de ses pommettes. Il ne se sentit même pas s’installer, le regard rivé dans celui de la Charmante, et ne reprit ses esprits qu’une fois la Muse installée à son côté, découvrant l’Elfe et son Ork tout près et se faisant finalement réveiller par l’entrée de Jorah, l’éphèbe efféminé qui leur apporta finalement le thé demandé par le Colosse.

L’arrivée des boissons et des confiseries sembla réveiller le jeune guerrier aventureux, qui se redressa pour les admirer de loin, mais n’osa pas céder à l’invitation de Cyrise de se servir ; du moins, pas immédiatement, puisqu’il finit par attraper une petite mignardise pour la goûter, se faisant arracher un sourire.

« Hmmm… Pardon, mais je n’en ai pas mangé d’aussi bonne depuis que j’ai quitté mes terres. Elles sont… Mes compliments à votre chef. »

Afin de se faire pardonner sa gourmandise et son empressement, il avisa les deux contenants fumants sur le plateau et fit un tour de table du regard.

« Qu’est-ce que vous voulez boire ? »

Il servit chacun selon son désir, ne prenant aucunement ombrage du fait qu’il soit ici le client et un noble chevalier de surcroît pour faire honneur aux manières plus franches de son pays. Concentré sur l’exécution, il ne sut pas laquelle des deux femmes s’interrogea, justement, sur le nom des terres qu’il avait évoqué. C’était sans doute la Charmante, qui se faisait un plaisir de les mettre à l’aise depuis le début. Et il répondit tout en poursuivant.

« Je viens de Cocagne. Plus précisément, de Belloy. Vous avez sûrement une idée de ce à quoi ça ressemble, nos produits et nos histoires foisonnent jusqu’ici. Je suis parti pour… »

Il allait évoquer les véritables raisons l’ayant poussé à prendre la route : la mort tragique de sa fiancée, la colère de son comte de père, et les dangers tant pour ce dernier que pour lui-même. Il n’avait pas été forcé, il l’avait choisi, car il avait toujours eu ce côté aventureux en lui, mais il préférait ne pas se vanter des véritables circonstances. Alors, il préféra éluder en jouant sur ses fantasmes d’enfant.

« … La paix qui se prolonge émousse nos lames, sur nos terres paisibles, mais il y a beaucoup de monde qui requiert l’aide d’hommes armés au quotidien, alors je me suis dit : pourquoi ne pas faire ma part ? »

Calmement, il avait servi chacun ce faisant.

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Par contre (je double-poste pour la peine), Guillot est toujours sur Terra. Et vous avez juste continué votre RP sur Terre, dans la zone sous-marine (??).

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