Suite à cet interrogatoire, Adel se trouve donc en cellule pour la nuit, une cellule qui n'a évidemment rien de très confortable et dont la propreté est juste assez pour provoquer un haussement de sourcils durant une inspection sans causer trop de problèmes aux agents après coup.
Mis à part ça, il y a évidemment des détenus dans les cellules à sa gauche et à sa droite, généralement des types saouls, des types louches, ou les deux, ainsi que dans sa cellule à lui ou, manque de bol pour lui, il y a les deux en même temps. C'est à dire, deux brutes avinées qui font parti de deux gangs différents, d'après ce qu'il comprend de leurs dispute, ce qui est plus embêtant pour lui, vu qu'il n'a plus son arme. Bien entendu, il peut sûrement utiliser ses sorts pour les dompter, mais il préfèrerait éviter d'en arriver là.
A la place, il ressasse les évènements qui l'ont amené jusqu'ici. Les autorités locales le soupçonnent d'avoir fichu le feu au temple pour jouer les héros ensuite, mais vu leur attitude à la fin de son interrogatoire, ils n'ont pas de preuve étayant cette théorie, et Adel se garde bien de leur donner des détails et des hypothèses qui pourraient se retourner contre lui. Non, il n'a pas fichu le feu à ce temple, mais qui, alors? L'hypothèse de l'accident est toujours possible mais plutôt improbable, au vu de la substance qu'il a trouvé grâce à Séliane. D'ailleurs, il ne peut s'empêcher de se demander si la fée pourrait être coupable de cet incendie. Elle était avec lui lorsque l'incident s'est déclaré, a participé à l'extinction des feux et le sauvetage des gens, mais cela ne fait pas d'elle une innocente pour autant...quoiqu'il a senti une énergie similaire à celle de son patron sur ce lieu, et il ne peut s'empêcher de penser que si Séliane était coupable, les esprits locaux l'auraient pris en grippe, et rapidement.
Adel soupire. Encore une bonne action qui se retourne contre lui. Ce n'est pas la première fois que ça arrive, et il y a des fois ou c'est à le dégouter d'écouter son empathie...mais il sait qu'il se sentirait horriblement mal s'il avait laissé des enfants brûler dans l'incendie...
Ses réflexions sont interrompus par des clameurs discordantes à côté de lui. Oh, parfait...les deux détenus commencent à s'empoigner et se frapper en braillant comme des ânes sous influences. Adel sent la colère issu de sa situation présenter monter en lui, mais il sait que l'exprimer lui vaudra à nouveau des ennuis, donc il ravale son envie de leur demander, poliment et sans crier, de FERMER LEUR GRANDE GUEULE et il fait de son mieux pour qu'ils oublient sa présence. Un plan qui marche fort bien jusqu'a ce qu'un agent vienne frapper contre leurs barreaux en leur ordonnant exactement ce qu'Adel voulait "demander". Du coup, les deux types se sont rappelés qu'il y en a un troisième avec eux, lui. Et comme il est moins large qu'eux, ils ont visiblement conclu qu'il est une victime, et qu'il sera la leur.
Bien entendu, le champion ne voulait rien de tout ceci, et n'a eu d'autre choix que de faire apparaitre un dard dans sa main en leur faisant comprendre ce qui allait se passer s'ils veulent jouer à ça, et surtout s'ils révèlent ce qu'Adel vient de faire apparaitre dans sa main. Fort heureusement, c'est suffisant pour intimider le crétin et l'imbécile, quoiqu'il a fallu qu'Adel s'y reprenne une nouvelle fois au moment de dormir, pour qu'ils lui foutent la paix.
-zzz-
Adel est réveillé par le bruit métallique de l'ouverture de la porte de la cellule, et il lui faut un peu de temps pour se rappeler qu'il est en cellule, et qu'il y a deux ahuris avec lui, dont la gueule de bois ne les rendent pas plus supportables. Sa colère monte à nouveau, et il fait ce qu'il peut pour se retenir d'insulter toute la généalogie de l'agent devant lui ou celle des deux imbéciles qui se trouvent avec lui. A la place, il se prépare mentalement pour un nouvel interrogatoire, en notant au passage que le policier qui est venu les voir semble étrangement tendu.
Et pour cause, il n'y a pas d'interrogatoire supplémentaire. Adel est relaché, faute de preuve, une chose qui le réjouirait, normalement. Si ce n'est que l'expression de son vis à vis, ainsi que de tous les agents et inspecteurs qu'ils croisent, laisse à penser qu'il est libéré aussi bien parce qu'ils n'ont pas de preuve contre lui que parce que quelqu'un leur a "demandé". Bien évidemment, Adel se demande qui ferait ça, une question qui est importante car il sait par expérience que les "bienfaiteurs" de ce genre s'imaginent souvent qu'une faveur non demandée doit être repayée par une faveur "demandée", ou sinon...
Bon, Adel n'a pas de proches ou d'amis à menacer, mais cela reste une situation qu'il devrait démêler au plus vite, surtout si le bienfaiteur en question peut obtenir ce genre de chose de la police, même à Seikusu. Mais pour l'instant, il va se contenter de sortir, et il verra après. Une fois les obligations administratives effectuées, la police lui rend ses affaires, et "l'invitent" à partir, ce qu'il fait.
Une fois dehors, il décide de rentrer directement chez lui, car il n'a pas envie d'examiner ce qui lui a été pris au milieu de tout le monde. Une fois arrivé dans sa très modeste demeure, il peut le faire à loisir. Voyons voir...
Son arme est intacte, personne n'a essayé de la briser.
Sa lanterne est intacte également, personne n'a essayé de la forcer.
Son grimoire est intac...hé, attend une minute...il a cru voir entre deux pages...une enveloppe?!
Adel soupire, la faveur qu'il doit en échange de sa libération lui est déja adressé. Tout d'abord, il regarde la page contre laquelle cette enveloppe se trouve...et il lui semble bien qu'il ne reconnait pas le sort qu'il s'y trouve! Ca, au moins, c'est une bonne nouvelle.
Que fait ce sort en question?
Apparemment, cela lui permet d'infuser des objets, avec l'énergie qu'il manipule pour pouvoir les faire exploser avec son pouvoir, provoquant une déflagration de plasma....
En gros, un pouvoir qui pourrait effectivement mettre le feu à une personne ou un bâtiment....visiblement son Patron a un sens de l'humour bien particulier. Il met ça sur le compte du coma dans lequel il se trouve...
Il regarde l'enveloppe...il n'y a rien à l'extérieur. Pas de nom, d'adresse, ou quoi que ce soit, et il n'y a pas non plus une partie transparente qui pourrait l'aider à savoir ce qu'il y a dedans, même si les possibilités sont bien évidemment minimes. Par conséquent, il n'y a rien d'autre à faire pour lui que de l'ouvrir.
Dedans, il y a effectivement une lettre. Formule de politesse, l'auteur de la lettre lui demande comment il va, etc...ah? On l'a invité à enquêter sur l'incendie en question. Apparemment, ses précédentes aventures ont commencé à lui créer une notoriété...mais de là à être sur le radar de quelqu'un qui peut le sortir de cellule? Pourquoi lui...ah...apparemment, cette personne a perdu un fils dans l'incendie.
S'ensuit des promesse de récompense, fin de la lettre, un numéro de téléphone, pas de signature ou même de nom.
Adel replie la lettre, et ferme les yeux en prenant une grande inspiration. Bon...il n'y a pas de menaces, même sous-entendues. Pas d'indication sur l'auteur de la lettre non plus. Un père qui a perdu un enfant...
Il va falloir qu'il mette ses recherches légèrement de côté, il suppose. Maudite conscience, il le jure sans vraiment le penser. Bien, ainsi soit-il l'inconnu, il accepte l'affaire.
Mais avant toute chose, un problème à régler.
Il n'a pas de téléphone portable.
...joie.