Bureau de la direction et infirmerie / Re : On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: vendredi 12 juin 2026, 05:29:30 »C’était donc la première fois qu’il cherchait une faille. Et c’était la première fois qu’il en voyait une si… Et bien, si instable. En comparaison du portail tangible et bien délimité qu’il avait vu, celui-ci lui semblait d’une sauvagerie et d’une imprévisibilité confondantes. Il avait senti cet autre monde, et ce n’était pas normal. Pas du tout. Il n’y avait rien d’étonnant à ce que Seikusu subisse des contaminations si les phénomènes s’y produisant étaient ainsi. Une poignée de failles pareilles par an suffiraient déjà à risquer des transferts dangereux, et ce des deux côtés.
En tout cas, aucune mesure ne semblait témoigner de la présence de ce phénomène. Il n’avait rien laissé en disparaissant. Rien. Perplexe, le démon chercha à se rassurer. Peut-être était-ce bon signe ? Peut-être une absence totale de résidu radioactif supposait une absence de contamination, de transfert de matériau d’un côté à l’autre ? Bien sûr, il aurait presque préféré que ce soit le cas. Il aurait alors pu étudier le phénomène et apprendre des choses sur ce qui arrivait ici. Des choses concrètes.
Il allait faire son observation à sa consœur quand son attitude le fit tiquer. Il ne l’avait pas prise en compte depuis plus d’une minute et elle était radicalement différente de ce qu’il avait pu observer jusque là. Elle qui semblait toujours sereine lui paraissait tendue. Avait-elle vu ou senti quelque chose, elle ? Il ignorait toujours exactement ce qu’elle était, ou du moins ne pouvait-il que supposer, mais il lui semblait qu’elle avait une relation particulière aux flux et aux éléments. Peut-être que… ?
En s’approchant, il la vit s’accroupir, et c’est là que la faible lueur au sol le frappa enfin. Ce n’était pas vraiment une lueur, en vérité. Ça semblait plus être phosphorescent. Ou fluorescent ? S’approchant, il vit la fée tendre la main et il fit des pas rapides en frissonnant, pris d’une crainte profonde pour elle.
« Attention ! C’est peut-être dangereux ! »
Mais elle avait déjà touché, et il se figea. Rien ne se passa. Pas encore. Il soupira, et avança encore en tendant son appareil devant lui, le capteur dans la direction de la fleur qu’il distinguait maintenant clairement. Rien d’anormal. Toujours rien. Si ce n’était, justement, cette curieuse fleur. En qualité de biologiste ayant vu le modernisme passer et mourir et des découvertes innombrables se révéler aux Terriens, il était à peu près sûr que ceci ne venait pas… d’ici.
Il remarquait le trouble de Séliane et s’en inquiéta. Il attendit un instant, debout derrière elle, jaugeant sa posture du regard en fronçant les sourcils, la tête penchée sur le côté, attentif. Elle ne montrait pas grand-chose, mais il savait qu’elle était secouée par cette chose. Cette chose qui poussait dans une fissure presque invisible au sol. Etait-ce un résidu de la faille ? Là encore, rien ne grésillait plus fort qu’ailleurs en ville. Peut-être cette fissure était-elle déjà là. Sinon, on aurait quand même sûrement fini par signaler toutes les coupures improbables et inexplicables dans les sols, les murs et les plafonds de la ville.
« Est-ce que ça va ? »
Il s’était raclé la gorge doucement pour tenter de la sortir de sa torpeur et, distinguant un tressaut infime, il avait tenté de reprendre le contact.
« Vous avez l’air secouée, Madame la professeur ? »
Il esquissa une brève grimace et renifla avant de tenter avec douceur :
« Séliane ? Vous êtes avec moi ? »








