Centre-ville de Seikusu / Re : [Cypress Thornwood] That Beautiful Monster
« le: vendredi 09 janvier 2026, 18:31:00 »Elle se perdit par la suite dans ses pensées, songeant à ce qui avait pu advenir de ses semblables. Si les neveux et nièces de Medusa étaient immortels (ou vivant jusqu’à trois cents ans), et que chacun avait eu au moins deux enfants… Et que ces enfants, immortels -ou vivant au moins trois cents ans- à leurs tours, avaient eu au moins deux enfants… Essayer de calculer le nombre de gorgones qui parcouraient la terre -en assumant qu'ils étaient immortels ou vivant longtemps au moins- en prenant en compte un taux de mortalité infantile, un refus d’enfanter et un taux d’infertilité… Mmmh, cela lui donna mal au crâne et elle ne put aller au bout de ses calculs, se perdant dans ses mathématiques. Chat GPT aurait aisément pu calculer tout ça, en venant à la conclusion qu’il y aurait environ 60 millions de descendants de Stheno et Euryale, dont environ 12 millions seraient des gorgones à part entière. Mais pas Cypress, certainement pas.
Revenant à la réalité et à l’instant présent quand Vanessa se rapprocha d’elle, l’étudiante leva les yeux tandis que la goule examinait les verres de ses lunettes. Un petit sourire répondit d’abord à la question, avant que la jeune femme ne caresse du bout du doigt la monture qui encadrait les verres teintés.
« J’en ai acheté tout un stock quand j’en ai eu l’occasion, et j’ai confectionné deux paires en rab. J’ai une paire de secours dans mon sac à main, et l’autre est à la maison sur ma table de chevet. Quant au cristal utilisé, je le garde dans un coffre que je loue à la banque. Si vous voulez, j’ai un double des clés dans mon sac également. Ils ne demandent pas de pièce d’identité, juste un papier signé et un mail prévenant du retrait par une personne tiers 48h avant. »
La perspective de pouvoir avoir des lentilles était trop bonne pour la laisser passer. Cypress était consciente de la nécessité de garder ses lunettes en toute circonstance pour éviter de malheureux accidents, mais parfois c’était plutôt fastidieux. Sous la pluie, par exemple. Ou quand le soleil brillait haut et que des lunettes de soleil auraient été appréciables. Ou encore en passant d’un endroit très froid à un endroit chaud, la buée était très pénible.
Fronçant les sourcils à la question suivante, la gorgone réfléchit un instant.
« Mmmh, je ne sais pas trop… Objectivement, je dirais que mes frères et sœurs sont plutôt… Quelconques ? Une beauté classique, peut-être, mais sans plus ? Si vous voulez, je dois avoir des photos dans mon téléphone. Je ne saurais vraiment juger… »
Et son téléphone était quelque part dans son sac. Elle ne l’avait pas consulté depuis son enlèvement, à vrai dire. Toute pensée concernant l’appareil technologique s’évapora cependant quand Vanessa lui conseilla de commencer à s’entourer. Probablement de personnes -ou de créatures- capables de la protéger, voulait-elle dire. Il est vrai qu’en dehors d’ôter ses lunettes pour pétrifier ceux qui voudraient lui faire du mal, Cypress n’avait pas vraiment d’autres armes contre le surnaturel. Elle n’avait pas forcément de force herculéenne, elle ne se déplaçait pas plus vite que la lumière, elle n’avait pas de capacité de régénération accrue (en omettant les serpents sur sa tête, même si c’était super douloureux).
Avec un petit sourire, comme en réponse au regard lancé par la goule, l’étudiante opina doucement.
« Vous avez un « bouton d’urgence » pour vous contacter, ou une sorte de « bat-signal » ?, plaisanta-t-elle doucement. Mais je prendrais mes précautions, oui. Et même si vous avoir rencontré, Hadrian et vous, n’a pas commencé sous un jour favorable, je n’imagine pas ne plus vous revoir quand j’aurais traduit l’intégralité du Livre… »
Parlant de traduction lui fit jeter un coup d’œil à la pendule, d’ailleurs. Il était tard. Ou tôt. Encore peu habituée au rythme nocturne des vampires, la gorgone sentit la fatigue s’abattre sur elle d’un coup. Peut-être un effet de la digestion, mais elle ne pensait pas être capable de se concentrer sur son travail avant une bonne nuit de sommeil. Ou journée.
Secouant la tête, et réprimant le bâillement qui voulait sortir, elle s’étira légèrement les épaules avant d’indiquer sa somnolence à Vanessa.
« Si ça ne vous dérange pas, je crois que je vais aller me coucher. Changer de rythme ainsi est plutôt éprouvant… »
Elle lui souhaita alors une bonne nuit, ou une bonne journée si la brune avait d’autres tâches à accomplir, et se retira dans la chambre d’Hadrian par réflexe. Ce n’est que le lendemain, au réveil -en fin de journée- qu’elle se demanderait si elle privait le vampire de sa retraite habituelle.








