Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Lyadril Ilfirin

Pages: [1] 2 3 ... 5
1
Le quartier de la Toussaint / I run to you...
« le: dimanche 30 août 2026, 19:19:47 »
Un frémissement remonte le long de sa main. Le simple contact des lèvres de Réo contre sa paume devrait n’être qu’un geste courtois. Une marque d’attention presque désuète. Pourtant, le corps de Lyadril en décide autrement.

La caresse de ses doigts contre les siens fait courir une onde chaude jusque sous sa peau, si fine qu’elle pourrait presque la confondre avec le frisson provoqué quelques instants plus tôt par leurs effluves mêlés. Son souffle se suspend brièvement. Ses doigts demeurent docilement dans les siens, mais quelque chose, au fond d’elle, se réveille avec une satisfaction qu’elle n’aurait jamais imaginée ressentir.

La fille d’Az’Kharel, elle, rit intérieurement. Alors c’est ainsi que tu comptes me recevoir… Une pensée qui n’a rien de la réserve prudente de l’herboriste. Elle lui ressemble davantage. À cette part d’elle-même qu’elle tient habituellement loin de la lumière.

L’elfe laisse pourtant son hôte l’entraîner à travers l’Eden, découvrant peu à peu ce qu’elle n’avait aperçu jusque-là qu’au travers des silhouettes et des lumières de la salle principale. Et lorsqu’elle comprend ce qu’il lui montre… Elle s’arrête presque.

Seikusu s’étend sous leurs yeux. Toute entière.

Les lumières de la ville dessinent des constellations artificielles jusque dans les quartiers les plus éloignés. Les rues deviennent de fines veines lumineuses, les immeubles des masses sombres découpées par des centaines de fenêtres, et plus loin encore, les contours de la ville semblent se perdre dans la nuit.

C’est magnifique et vertigineux. Tellement hyperbolique que son premier réflexe n’est même pas de reculer. Mais de regarder vers le vide. Un peu trop longtemps. Une lueur presque amusée traverse ses yeux émeraudes. Elle pourrait sauter. Sans hésiter. Enfin… Pas exactement sans hésiter. La démone en elle, elle, n’hésiterait absolument pas.

Elle s’imagine déjà franchir le rebord, laisser le vent arracher sa cape à ses épaules et tomber droit vers les lumières de Seikusu, la chute avalant progressivement toute prudence avant que, dans les derniers mètres, ses ailes ne se déploient brutalement.

Une pensée folle. Magnifique. Dangereuse. Typiquement démoniaque.

Elle réprime un sourire avant que celui-ci ne puisse réellement naître.

Puis son regard rencontre la lune. Et quelque chose change. La légèreté disparaît. Le disque pâle suspendu dans le ciel lui rappelle un autre endroit. Un autre ciel. Un souvenir qui n’a pas besoin d’être convoqué pour revenir.

Ses parents. Son père. Sa mère. Tous deux dans cette barque, glissant silencieusement sur une eau sombre d’un recoin secret de l’Enfer qu’elle n’a jamais oublié. Un endroit à eux. L’image est presque douce. Presque irréelle.

Lyadril reste quelques secondes prisonnière de cette réminiscence avant de sentir la présence de Réo derrière elle.
- Si tu me permets…

Son cœur s’arrête. Littéralement. Ou du moins, c’est l’impression qu’elle en a. Ses doigts se crispent imperceptiblement lorsqu’elle sent ses mains venir se poser autour de son ventre. Sa joue contre la sienne. Le monde entier paraît soudain beaucoup plus silencieux. La ville demeure là. La lune aussi. Mais elles deviennent presque secondaires. La chaleur contre son dos, le souffle tout proche, la proximité de leurs deux corps… tout cela efface momentanément jusqu’au souvenir de la hauteur.

Lyadril baisse légèrement les yeux vers le reflet que leur offrent les vitres. Deux silhouettes enlacées. Sa forme elfique. La forme humaine de son partenaire. Et quelque chose entre eux qui n’a encore besoin d’aucun nom. Un sourire minuscule menace cette fois de se former au coin de ses lèvres. De même qu’une pensée fugace se demandant ce que cela donnerait sous leur forme démoniaque à tous les deux. Mais elle n’a pas le temps de s’y abandonner car ils ont une tâche à accomplir.

La pièce choisie pour commencer leur travail retrouve bientôt une atmosphère différente. Plus silencieuse. Plus concentrée.

L'invitée dépose sa besace avec précaution.

Les bougies apparaissent les premières. L’ivoire trouve sa place aux quatre points destinés à purifier l’espace. Les rouges sombres viennent ensuite, réservées au lien du sang. Les violettes entourent les emplacements prévus pour les Arcanes. Puis les noires, plus éloignées, prêtes à contenir les éventuelles décharges d’énergie.

Elle dispose ensuite les herbes. La sauge blanche. L’armoise. Le romarin infernal réduit en fragments presque noirs. Les fines branches d’if.

Et enfin, à distance des flammes, les pétales de datura noir enveloppés dans leur tissu.

Chaque élément trouve sa place avec une précision qui contraste presque avec la douceur de ses gestes.
Lorsqu’elle se redresse, quelque chose dans son regard a changé.

La femme qui contemplait Seikusu quelques minutes auparavant laisse place à l’herboriste. À celle qui a sauvé son hôte d’une mort certaine s’il n’avait été qu’humain. À celle qui sait que les Arcanes pardonnent rarement l’à-peu-près.

Sa propre dague apparaît entre ses doigts. La lame accroche la lumière violette d’une bougie.

Lyadril s’agenouille devant le premier emplacement, fermant son poing afin de laisser doucement le sang rejoindre la surface préparée. Puis elle commence.

Un trait. Une courbe. Une rune. Sa main ne tremble pas. Ses lèvres, elles, fredonnent à peine. Une mélodie ancienne, presque inaudible, dont les paroles se mêlent au crépitement des flammes.
- Elenath dîn naur aníra, cuio avel… (Que les étoiles veillent, que le feu protège, que la vie demeure…)

Sa voix reste basse. Presque une prière.

- Ça a l’air d’être actif…

Le soulagement n’a pas encore eu le temps de retomber. L'éclat arcanique danse encore quelque part derrière les paupières de Lyadril lorsqu’elle rouvre les yeux. Et elle croise les siens. Une seconde. Peut-être deux. C’est tout ce qu’il faut. Quelque chose se rompt. Ou peut-être quelque chose se libère. Leurs lèvres se rencontrent. Se retrouvent.

Le souffle de l’elfe se suspend aussitôt, surprise par la soudaineté du geste, avant que cette surprise ne fonde sous la chaleur de ce contact. Ses doigts se crispent légèrement contre le tissu de sa propre robe tandis que son corps, lui, semble avoir compris bien avant son esprit.

Elle répond. Sans réfléchir. Sans chercher à analyser ce qui se passe.

Un baiser aux allures de plat favori, doux et familier, où l’autre se glisse soudain comme une pincée de piment brut. Une caresse qui s'amorce dans la tendresse avant d’éclater en bouche engourdie, le souffle court de la soigneuse et une envie irrépressible d’y revenir malgré la chaleur qui consume tout.

Il y a dans la façon d’embrasser de Réo, la même ivresse cuisante qu’une épice tombée dans une recette trop douce. Le contact initial suave et réconfortant, se mue instantanément en une empreinte de feu sur la peau, une attaque vif-argent qui embrase le palais, pique la langue et laisse le corps groggy, envenimé d’un besoin cruel d’en reprendre une gorgée.

Le monde des Arcanes, les glyphes, les bougies et jusqu’au travail qu’ils viennent d’accomplir semblent disparaître derrière cette proximité devenue brusquement évidente.

Son cœur cogne contre ses côtes. Ses effluves se mêlent aux siens. Et quelque part, dans les profondeurs de son être, la fille d’Az’Kharel laisse échapper un rire silencieux. Enfin ! La pensée lui arrache presque un frisson.

Le baiser se prolonge juste assez pour que Lyadril perde à son tour la notion de ce qui devait venir ensuite. Ses mains remontent instinctivement, s'arrêtant pourtant avant de savoir où se poser, comme si une part encore lucide d'elle-même cherchait une limite qu'elle refuse de franchir sans l'accord du moment.

Puis cette même lucidité revient. Brutalement. Pas sous la forme d'une peur. Plutôt comme un rappel. Les Arcanes. La protection. L'Eden. Leur devoir.

Leurs lèvres se séparent presque au même instant. Le silence qui suit est plus éloquent que n'importe quelle explication.

Lyadril garde les yeux clos une fraction de seconde supplémentaire. Son souffle est court. Ses joues sont brûlantes et quelques mèches argentées se sont échappées autour de son visage.

Lorsqu'elle rouvre finalement les yeux, quelque chose de nouveau brille dans ses prunelles aux couleurs des forêts verdoyantes. Un mélange de trouble… Et d'amusement. Elle pourrait presque entendre sa part démoniaque se moquer doucement de sa propre retenue.

- Nous finirons cela plus tard.

La promesse résonne encore dans son esprit. Et, étrangement, elle ne lui déplaît pas du tout.

Lyadril inspire profondément avant de se détourner avec une lenteur calculée, reprenant possession de ses gestes.
- Oui…

Un murmure à peine audible. Son regard glisse brièvement vers les glyphes invisibles. Puis revient vers lui.
- Plus tard.

Deux mots seulement. Mais cette fois, son léger sourire ne cherche plus à dissimuler entièrement ce qu'elle ressent. Elle reprend alors sa dague. Le travail n'est pas terminé.

Chaque glyphe reçoit son sang avec une précision presque maniaque. Lorsqu’une erreur apparaît dans les tracés de Réo, elle ne peut s’empêcher de la signaler. Pas avec sévérité. Avec cette patience légèrement taquine qu’elle réserve déjà à celui qui accepte de réellement apprendre auprès d’elle.

Un angle trop fermé. Une rune légèrement désaxée. Une terminaison qui menace de modifier la circulation de l’énergie. Elle corrige. Explique. Lui fait recommencer.

Parce qu’ici, quelques millimètres peuvent faire la différence entre une protection fonctionnelle et une réaction arcanique imprévisible.

Le temps disparaît peu à peu. Les bougies diminuent. Les odeurs des herbes se mêlent à celle du sang. Et les flashs lumineux finissent par éclater les uns après les autres. À chaque activation, Lyadril ferme instinctivement les yeux quelques secondes avant de les rouvrir sur des glyphes redevenus invisibles.

Enfin… Le dernier caractère disparaît. Le silence qui suit semble presque assourdissant.

Elle expire lentement. Ses épaules se relâchent. La tension quitte progressivement ses doigts. Et pour la première fois depuis son arrivée, elle s’autorise à regarder autour d’elle autrement que comme une arcaniste. Ils l’ont fait. Ensemble.

Alors lorsque Réo lui propose finalement de boire quelque chose, Lyadril accepte d’un léger mouvement de tête. Elle le regarde préparer le cocktail avec cette curiosité tranquille qu’elle réserve aux choses qu’elle ne connaît pas encore. Les gestes précis. Les plantes. La vodka. Le piment. Cette pointe de démoniaque qu’il ajoute à la préparation.

Un amusement discret vient adoucir ses traits. Lorsqu’il lui tend finalement son verre, elle le prend entre ses doigts.
- A notre collaboration…

Son regard à la teinte d'une feuille de tilleul vient chercher le sien. Puis ses yeux descendent un bref instant vers le breuvage.
- …et à…nous ?

Les mots restent suspendus. Lyadril porte le verre à ses lèvres. Une première goutte touche sa bouche. Puis une seconde. La plante arrive d’abord. Le feu du piment ensuite. Et enfin l’alcool. Elle laisse le goût se déposer sur sa langue.

La première chose qu’elle ressent n’est pas le baiser. C’est sa main. La chaleur de sa paume contre sa cuisse lui arrache un frisson qui remonte jusqu’à sa nuque avant même que ses lèvres ne retrouvent les siennes. Lyadril n’a pas le temps de s’interroger. Elle reconnaît cette saveur. La sienne. Celle qu’elle avait déjà goûtée quelques instants auparavant et dont le souvenir semble soudain bien trop présent sur sa bouche.

Alors ses paupières se ferment. Cette fois, la surprise ne vient pas.

Il n’y a que cette chaleur familière qui se répand en elle, plus vive encore parce qu’elle sait désormais ce que signifie ce contact. Ses doigts se referment doucement autour de son verre, qu’elle éloigne instinctivement afin de ne pas le renverser, tandis qu’un souffle presque inaudible s’échappe entre deux baisers.

Et la fille d’Az’Kharel, elle, jubile. Ainsi donc, Monsieur le propriétaire de l’Eden n’a finalement pas tant de patience que cela… Une pointe d’amusement traverse son esprit.

Puis la cape glisse. Le tissu quitte progressivement ses épaules et dévoile ce qu’elle avait soigneusement choisi avant de quitter “Dae & Calad”. La robe d’alternanthera “Purple Knight” parcourue de reflets pourpres semblables à ceux d’une braise qui refuse de mourir. Le tissu épouse sa silhouette avec souplesse avant de laisser ses épaules nues sous les lumières tamisées de l’Eden. Le décolleté demeure mesuré, mais suffisamment assumé pour révéler qu’elle n’a pas choisi cette tenue uniquement pour sa praticité.

Lyadril sent la chaleur gagner ses joues. Pas de honte. Plutôt cette étrange sensation d’être soudainement regardée autrement. Elle avait préparé plusieurs vêtements. Mais celui-ci… Elle l’avait choisi pour lui. Et cette pensée, à elle seule, fait accélérer son cœur.

Ses yeux émeraude se lèvent vers les siens. Une lueur presque malicieuse y danse. La part démoniaque en elle voudrait évidemment profiter de cet instant pour pousser davantage. Pour provoquer. Pour voir jusqu’où elle pourrait faire vaciller celui qui, quelques minutes auparavant encore, prétendait vouloir attendre.

Mais l’herboriste garde une parcelle de raison. Une toute petite. Juste assez pour ne pas oublier qu’ils viennent de passer des heures à inscrire une protection arcanique autour de l’Eden.

Ses doigts quittent lentement le verre pour venir se poser contre lui, sans chercher à rompre leur proximité.
- Tu avais pourtant dit… plus tard.

Sa voix est basse. Un souffle presque amusé. Pas un reproche. Certainement pas. Ses lèvres conservent encore le souvenir du baiser lorsqu’un sourire discret vient finalement les effleurer.
- Je crois que tu viens de redéfinir ce que signifie plus tard.

La fille d’Az’Kharel rit intérieurement. Et cette fois, Lyadril ne cherche même pas vraiment à la faire taire.

Pourtant… Quelque chose ne va pas.

Ce n’est presque rien. Une sensation. Un infime décalage. Une impression qui ne devrait pas être là. Ses doigts se resserrent imperceptiblement autour du verre. Le sourire qui commençait à apparaître disparaît.

Son regard se détourne lentement de Réo. Les flammes des bougies. Les herbes. Les glyphes désormais invisibles. La pièce. Tout semble parfaitement normal.

Et pourtant, au fond d’elle, quelque chose vient de tirer sur une corde invisible. Un mauvais pressentiment. Faible. Presque imperceptible. Mais suffisamment présent pour faire frissonner la fille d’Az’Kharel derrière le calme de l’herboriste. Lyadril ne dit rien. Pas encore. Elle garde simplement le verre entre ses doigts. Et écoute ce que son instinct cherche désespérément à lui dire.

Quelques respirations plus tard, l’herboriste entrouvre les lèvres, les referme, puis ose enfin poser la question sans pour autant en avouer la raison :
- Réo… souhaites-tu un sceau… sur le plafond ?

2
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: dimanche 09 août 2026, 21:47:28 »
J'en connais qui vont tirer une gueule de 6pieds de long !

3
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: mardi 14 juillet 2026, 15:48:20 »
Panique à l'idée de monter dans un Grand HUIT.

4
Le quartier de la Toussaint / I run to you... [PV : Lyadril Ilfirin]
« le: vendredi 22 mai 2026, 01:30:04 »
Sept nuits depuis le sang versé dans le cercle. Une semaine s’est écoulée depuis cette frontière franchie de justesse entre la l’appel à un spécialiste des Arcanes… et la catastrophe frôlée de peu. Un acte qui s’il avait été mené à bout, lui aurait été impardonnable, insupportable à vivre au point de se jeter à corps perdu dans un duel contre son père.

La clochette de “Dae & Calad” tinte une dernière fois pour quelques jours lorsqu’un patient quitte finalement l’herboristerie avec ses remèdes serrés contre lui. L’odeur familière des plantes séchées flotte toujours entre les poutres anciennes ; camomille suspendue, sauge, menthe poivrée, racines d’aunée abandonnées près du foyer encore tiède.

Puis le silence revient. Un silence que Lyadril connaît. Qu’elle maîtrise. Contrairement au trouble qui habite sa poitrine depuis que Réo a quitté l’herboristerie au début de journée.

Ses doigts effleurent distraitement le cuir de la besace ouverte sur le comptoir central.

À l’intérieur reposent plusieurs fagots d’herbes soigneusement liés par des fils écarlates ; sauge blanche séchée, armoise, romarin infernal réduit en fragments presque noirs, fines branches d’if destinées aux sceaux protecteurs. Plus loin, enveloppés dans un tissu sombre, quelques pétales de datura noir attendent encore sans libérer leur parfum lourd.

Les bougies ont été rangées avec une minutie presque cérémonielle. Ivoire pour purifier. Rouge sombre pour le lien du sang. Violettes pour les Arcanes. Noires pour contenir ce qui ne devrait pas déborder.
Puis il y a la dague. Pas celle du premier sang. Pas le karambit de Réo ayant ouvert le premier passage entre eux. Non.

Cette lame-là porte encore le souvenir du second versement. Celui accompli pour appeler Diamant. Lorsque l’elfe la récupère, l’acier reflète faiblement les dernières lumières de l’herboristerie avant de disparaître dans la besace. Comme si elle craignait encore de réveiller les échos du rituel. Ou les émotions qui y étaient liées.

Quelques étoffes soigneusement pliées reposent également contre les herbes et les bougies. Le rouge profond d’une longue nuisette. Le blanc plus innocent d’une autre, courte et légère. Le noir délicat commandé à une tisseuse.

La robe couleur d’alternanthera “Purple Knight” que Réo a déjà vue parer son corps lors de l’invocation de Diamant.
Ainsi qu’une autre encore. Plus sombre. Noire comme une braise mourante aux reflets pourpres, dont les tissus épousent sa taille avec souplesse avant de glisser le long de ses hanches dans une élégance presque infernale. Le décolleté demeure mesuré, mais assumé, laissant apparaître la naissance de sa poitrine ainsi que la ligne délicate de ses épaules nues.
Une tenue qui n’appartient ni totalement à l’elfe… Ni totalement à la fille du Général des Légions Infernales.

Lorsque “Dae & Calad” ferme finalement ses portes, Lyadril demeure quelques secondes immobile devant le bois ancien, la paume posée contre celui-ci comme pour retenir encore un fragment de ce refuge qu’elle connaît depuis toujours.

Car cette fois… Elle ne quitte pas son herboristerie pour un patient. Mais pour Lui. Pour un rituel visant à protéger son bébé qu’est l’Eden, pour reprendre ses termes.

Alors Seikusu lui paraît soudainement immense. Vivante. Bruyante. Les conversations éclatent dans les rues, les lanternes colorées se reflètent contre les pavés humides, et quelques regards s’attardent parfois sur cette silhouette encapuchonnée avançant seule dans la nuit.

L’elfe garde instinctivement les yeux baissés sous l’ombre profonde de sa capuche. Discrète. Presque fuyante. Elle connaît les démons de l’Enfer. Les généraux. Les guérisseurs. Les anciens elfes de son clan. Mais les foules humaines demeurent encore un territoire étranger.

Ce n’est qu’après avoir reconnu l’un de ses patients près d’une rue commerçante qu’elle ose finalement lui demander avec douceur s’il connaît l’Eden. Une légère gêne traverse sa voix lorsqu’elle admet ne plus réellement se souvenir du chemin. L’homme lui indique alors la direction avec empressement, visiblement honoré de pouvoir lui rendre ce service, et Lyadril incline légèrement la tête avant de reprendre sa route.

Puis son cœur change de rythme. Avant même que le bâtiment où se trouve l’établissement n’apparaisse réellement. Quelque chose sous sa peau le reconnaît déjà. Le sceau invisible marqué sur sa main gauche pulse faiblement. Une fois. Puis deux. Comme une réponse silencieuse à une présence qu’elle ressent désormais jusque dans son souffle.

Et lorsqu’elle franchit finalement les portes de l’Eden…

La chaleur du lieu l’enveloppe aussitôt. Les lumières tamisées. L’alcool. Les peaux échauffées. Les éclats de rire. Les désirs flottant dans l’air avec une densité presque palpable. Puis il y a lui. Sa voix. La fille d’Az’Kharel n’en revient pas. Pas immédiatement en tout cas. Elle ignorait que Réo avait cette capacité.

Le chant de Réo traverse la salle entière comme une caresse lente glissant contre son échine.
Alors ses propres effluves lui échappent à leur tour. Faiblement. Instinctivement. Bien moins maîtrisés qu’elle ne voudrait l’admettre.

Le regard turquoise de l’elfe se relève malgré elle vers la scène… et pendant un instant, le reste du monde devient flou. Les lèvres. Les yeux violets. Cette manière qu’il a d’attirer les regards comme un brasier dans l’obscurité.

Les pensées qui traversent alors son esprit lui brûlent les joues avec une chaleur silencieuse qu’elle ne connaît pas encore totalement. Et elle résiste moins. Aux siennes. À lui.

Un homme à la carrure massive la heurte soudainement en passant près d’elle, comme pressé de quitter les lieux avant de succomber à quelque pulsion honteusement inavouable. Le choc arrache Lyadril à cette étrange torpeur.

Puis la voix de Réo résonne de nouveau dans l’Eden. Une affaire urgente à régler. Son souffle se suspend. Elle est arrivée trop tôt.

Alors elle se tait. Immobile dans l’ombre. Jusqu’à ce que l’Eden se vide peu à peu. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que trois présences. Louis. Réo. Et elle qui se fait bousculer une nouvelle fois.

Le regard du Bras Doit croise finalement le sien. Lorsqu’il reconnaît l’elfe sous la pénombre de sa capuche, il incline respectueusement la tête.

Lentement, Lyadril retire alors le tissu couvrant ses traits. L’argent pâle de ses cheveux capte aussitôt les lumières tamisées de l’établissement. Puis elle s’incline à son tour avec cette grâce discrète propre aux siens.
- Bonsoir Louis. C’est un plaisir de vous revoir… Je suis sincèrement désolée d’interrompre vos retrouvailles.

Quelques secondes plus tard, Louis quitte finalement l’Eden. Et lorsque la porte se referme derrière lui dans un claquement feutré…

Le silence qui suit paraît presque irréel. Seulement habité par leurs respirations. Et leurs cœurs qui, déjà, se reconnaissent. Un pas. Puis un autre. Toujours trop lents. Pas assez.

Le cœur de Lyadril cogne désormais si fort contre sa poitrine qu’elle craint presque qu’il puisse l’entendre tandis que sa main vient chercher celle que Réo lui tend. Et lorsque leurs doigts se frôlent enfin, un frisson remonte immédiatement le long de son bras.

Ses yeux rappelant les étoiles visibles entre les feuillages d’une forêt nocturne plongent dans le violet clair des siens.
- Mae govannen, melamin mîr vi dû. Hannon le na i annon… (Bonsoir, ma lumière dans les ténèbres. Merci pour l’accueil.)

5
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: vendredi 20 mars 2026, 01:19:45 »
Et de.... HEIN ????
Un humain prendre un Empereur ? Ne devrait-ce pas être l'inverse ?

6
Blabla / Re : Le Flood de La Grande Fête de l'Hiver
« le: samedi 27 décembre 2025, 22:06:05 »
Lyadril s’est à peine redressée lorsqu’elle sent, à son tour, ce regard posé sur elle. Pas insistant.
Mais attentif.

Elle tourne lentement la tête vers la jeune femme aux flammes bleutées, et pendant un bref instant, quelque chose dans l’air semble se resserrer. Une résonance sourde, profonde, que seuls ceux qui ont foulé certains royaumes reconnaissent vraiment.

Ses yeux émeraude soutiennent ceux de Cindy sans défi, sans crainte non plus.
"Cindy…" répète-t-elle doucement, comme pour goûter le nom.
"Fille d’Hadès."

Une inclinaison de tête, respectueuse, mesurée. Ni révérence, ni désinvolture.
"Je comprends votre curiosité." ajoute-t-elle calmement.
"Certains lieux laissent des traces. Même lorsqu’on les traverse sans y appartenir."

Elle marque une courte pause, puis répond enfin à la question, sans se presser.
"Je nomme Lyadril Ilfirin."

Rien de plus. Rien de moins.
"Et vous n’êtes pas la première, ce soir, à percevoir quelque chose d’inhabituel." conclut-elle avec un léger sourire.
"Les fêtes ont parfois tendance à… brouiller les frontières."

Son regard glisse un instant vers les flammes dans la chevelure de Cindy, non sans une pointe d’intérêt sincère, avant de revenir à son visage.
"Soyez la bienvenue parmi les vivants pour cette nuit." dit-elle enfin.
"J’espère que l’Hiver vous sera clément cette fois."

7
Blabla / Re : Le Flood de La Grande Fête de l'Hiver
« le: jeudi 25 décembre 2025, 22:18:01 »
Lyadril est à peine revenue à sa place que la voix vive de la princesse l’atteint. Elle tourne la tête vers elle, légèrement surprise par cet enthousiasme soudain, et pourtant, aucune irritation ne traverse son regard. Seulement une patience tranquille.

"Votre Majesté, je ne fais pas de spectacles." répond-elle doucement.
"Et les cartes mentent souvent plus qu’elles ne révèlent."

Un bref sourire effleure ses lèvres.
"Quant à scier quelqu’un en deux sans le tuer… je préfère ne pas vérifier si cela fonctionne vraiment."

À la mention du nom de Zorro, elle marque une courte pause. Hésitant à dévoiler sa véritable nature.
"Je connais certains elfes, oui. Mais tous les chemins ne se croisent pas."

Déjà, son attention glisse ailleurs.

Quelque chose a changé dans l’air.

Une odeur métallique, ténue mais indéniable. La fille de l'Enfer se redresse imperceptiblement, ses yeux émeraude se posant sur la scène un peu plus loin. La main blessée, le vampire trop nerveux, la panique maladroite qui suit.

L'elfe s’approche sans précipitation.

"Respirez." dit-elle simplement, d’une voix assez calme pour ne viser qu’Em.

Puis elle se tourne vers Cypress, retirant de l’intérieur de sa cape un petit carré de tissu propre. Ren d’extraordinaire, rien de magique.
"Appuyez ici. La tête peut tourner après ce genre de… surprise."

Son geste est sûr, mesuré. Pas une inquisitrice. Pas une sauveuse. Juste quelqu’un qui sait quoi faire.
"Ce n’est pas grave." ajoute-t-elle, comme pour clore l’incident autant que la plaie.

"La fête n’a pas besoin de plus de frayeurs que nécessaire."

La soigneuse se recule déjà, laissant aux autres le soin de réagir, comme si elle n’avait fait que traverser la scène.

8
Blabla / Re : Le Flood de La Grande Fête de l'Hiver
« le: mardi 23 décembre 2025, 19:37:42 »
Lorsque la voix de Céleste se glisse près d’elle, Lyadril tourne cette fois pleinement le regard. Il y a, dans ses yeux émeraude, une lueur différente. Une reconnaissance silencieuse, instinctive, née de cette parenté diffuse que seuls les sangs mêlés perçoivent vraiment.

"L’équilibre est parfois une question de retenue." murmure-t-elle à son intention.
"Et de savoir quand ne pas forcer les fils."

Un bref sourire, plus complice qu’elle ne l’aurait laissé paraître avec quiconque d’autre, effleure ses lèvres.

À l’adresse de d’Aldricht, Lyadril se redresse légèrement. Son infusion est mise de côté un instant, et elle esquisse alors une révérence discrète, mesurée, d’une élégance ancienne. Un geste appris, jamais exhibé, mais profondément ancré.

"Votre Majesté, ce n’était qu’un ajustement nécessaire." répond-elle avec calme.
"Les célébrations gagnent à rester… intactes."

Alors qu’elle se relève, son regard glisse vers les allées où circulent les serviteurs, plateaux chargés et pas pressés. Un bref instant, elle semble hésiter, comme tentée de se porter à leur aide. Un plateau allégé par une main invisible, une fatigue soulagée sans être remarquée.

Mais l'hybride se retient. Pas ici. Pas ainsi.

"Que la fête vous soit douce." conclut-elle finalement.

L'elfe récupère sa tasse et se fond de nouveau dans l’observation tranquille de la salle, laissant derrière elle l’impression d’une présence attentive, prête à agir… mais toujours sans jamais s’imposer.

Profitant d’un moment d’accalmie, Lyadril s’éloigne légèrement du cœur de la salle. La cape toujours sur ses épaules, elle observe un instant le va-et-vient des serviteurs, jusqu’à ce que son regard s’arrête sur l’un d’eux, visiblement chargé de trop de plateaux à la fois.

Sans un mot, elle s’approche.
"Permettez." dit-elle doucement.

L'invitée prend l’un des plateaux, ses gestes sûrs malgré la porcelaine fragile et les coupes encore pleines. Elle accompagne le serveur sur quelques pas, le temps de déposer les verres sur une table déjà encombrée, puis remet le plateau vide entre ses mains.

"Voilà. Ce sera plus simple ainsi."

Un léger sourire, sincère mais discret.

Déjà, elle se recule, reprenant sa place parmi les invités, comme si ce geste n’avait jamais mérité davantage qu’un instant de partage silencieux.

9
Blabla / Re : Le Flood de La Grande Fête de l'Hiver
« le: lundi 22 décembre 2025, 23:23:18 »
Lyadril se tient légèrement en retrait de l’agitation, enveloppée dans une cape de laine sombre, épaisse et souple, conçue pour repousser le froid mordant de l’hiver. Ses bords sont doublés d’une fourrure claire, douce et dense, qui contraste avec le tissu nocturne. La capuche, abaissée sur ses épaules, laisse apparaître ses cheveux et son visage pâle, éclairé par la lueur dorée des décorations.

Entre ses doigts fins, une tasse fumante, une infusion épicée, choisie avec prudence, diffuse une odeur rassurante de cannelle et de plantes chauffées.

Ses yeux émeraude suivent la scène qui se déroule devant elle. L’empilement humain. L’étoile. Le déséquilibre inévitable.

Un très léger soupir franchit ses lèvres. Sans un mot, elle effleure l’Art des Arcanes.

La magie ne se manifeste ni par éclat ni par symbole visible : une modulation subtile des forces, une trame invisible qui épouse la chute annoncée. Le poids semble soudain moins cruel, l’élan se brise juste assez pour que l’effondrement devienne une cascade maladroite plutôt qu’un désastre, des corps qui roulent, des jurons étouffés, mais rien de brisé.

Lyadril ne cherche pas à attirer l’attention. Elle se contente d’incliner légèrement la tête, un sourire à peine esquissé.
"Joyeuse fête de l’Hiver." souffle-t-elle calmement.

Puis elle porte sa tasse à ses lèvres, comme si la gravité et son caprice font simplement partie des festivités.

Une voix s’élève à quelques pas d’elle, hésitante.
Attendez… Je vous connais.

Il s’approche, le regard fixé sur elle avec une reconnaissance prudente.
Vous m’avez sauvé la vie. Il y a des mois. Je ne l’ai pas oublié.

Lyadril relève lentement les yeux vers lui. Ses prunelles émeraude se posent sur son visage, attentives, mais sans surprise. Un bref silence s’installe.

Elle incline légèrement la tête.
"Vous êtes encore debout." constate-t-elle simplement.

Puis, après une pause :
"Alors l’essentiel a été préservé."

Elle esquisse un sourire discret, presque absent.
"Profitez de la fête. Ce genre de nuit mérite d’être vécu."

Déjà, son regard glisse ailleurs, comme si le passé n’avait pas besoin d’être exposé davantage.

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Blabla / Re : Mon voisin du dessus
« le: lundi 20 octobre 2025, 21:38:02 »
Mon VDD a un problème ? Car je pourrai me charger de son VDD si j'allais au-delà de la colère...   ;D

11
Blabla / Re : Mon voisin du dessus
« le: lundi 20 octobre 2025, 10:36:06 »
La VDD de mon VDD est bien curieuse. xD
Quant à mon VDD, il est inconscient d'empêcher une soigneuse herboriste. Il va réveiller ma seconde nature, et vaut mieux pas.  ;D

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Le parc et son sous-bois / Re : Agonie & herboristerie [Lyadril]
« le: samedi 18 octobre 2025, 02:02:43 »
Le poids du sang et des étoiles


« Ho, allons, je ne suis sûrement pas la plus grande sage en pacte de sang, arcanes et tout ce qui s’ensuit. Mais, il est vrai que je suis experte en la matière. »

L’herboriste esquisse un sourire fin.
"Sans vouloir vous offenser, ou simplement vous flatter, je pense que si, vous l’êtes. Les plus grands sages en pactes de sang et en arcanes sont ma grand-mère maternelle et mon… père. Si vraiment vous ne l’étiez pas, c’est l’un d’eux qui serait apparu dans le cercle d’invocation de mon bureau."

La demi-haute elfe frissonne encore à ce souvenir.
"Une elfe de lune !" murmure-t-elle, fascinée.

Pourtant, la moitié de sa propre tribu s’était exilée jadis sur une autre planète. Vianola lui avait conté ces histoires, à la lueur des lunes jumelles, autrefois.

La Dame Blanche ignore sans doute l’honneur qu’elle fait à la sang-mêlée en l’appelant "ma chère Lyadril". Peu d’elfes, même aujourd’hui, la considèrent pour elle-même.

"Ce sont mes grands-parents qui ont dessiné les plans des deux bâtiments. Le clan est venu les construire. Ma mère s’est chargée des protections runiques qu’elle avait créées avec mon père, en mêlant leur sang et leur serment."

Elle incline doucement la tête.
"Merci infiniment pour ce compliment. J’espère pouvoir vous rendre la pareille un jour, ô Diamant."

Mais la question tombe, tranchante :
« Bon… passons aux choses sérieuses, ma chère. Comment avez-vous réalisé le pacte de sang qui vous lie maintenant à cet incube ? »

Lyadril inspire lentement.
"Avant tout, ma chère Diamant, j’ai un aveu à faire. Je ne suis pas une simple demi-démone… On me surnomme la Fille de l’Enfer car mon père est un incube, le Général des Légions Infernales, Az’Kharel Ilfirin. Et Réo est son ancien Commandant… qui a déserté."

Sa voix se voile.
"Nous ne nous connaissons que depuis quelques jours. Il est arrivé mourant devant la boutique, après avoir été attaqué par le Bras Droit de mon père, un démon devenu un scorpion géant aux poisons multiples. J’ai simplement fait mon devoir de guérisseuse."

Son regard s’égare vers le feu.
"Nous nous sommes avoués nos véritables identités. Je l’ai haï pour ce qu’il représentait, aimé pour ce qu’il a fui. Nous étions ennemis, mais nos âmes cherchaient la même délivrance."

Elle baisse la tête, puis reprend, la gorge serrée.
"Lorsque vous dormiez encore, et qu’il veillait sur vous, j’ai voulu me rendre à mon père pour le supplier de laisser Réo en paix éternellement… en échange de mon retour indéfini."

Un silence tombe. Seule la flamme crépite.

À la question sur les effets secondaires, elle serre sa robe entre ses doigts.
"Pour ma part… une attirance forte. Le besoin de le sentir près de moi. La peur de le perdre. Et l’amour. Mais je crains que ce ne soit que le pacte qui nous guide."

Quand Réo vient s’asseoir à ses côtés et lui prend la main, elle la serre à son tour lorsqu'il murmure la venue de sa grand-mère. Et bien que la jeune femme frémisse discrètement lors du murmure, elle lâche dans un souffle en sindarin :
"Nad Ithil a Gîl o gwanûn nîn !" (Par la lune et les étoiles de ma lignée !)

Puis soudain, son regard se fige.
"Pourquoi là-bas… et pas ici ?! Non… pas déjà !"

Elle se redresse, embrasse brièvement le front du démon.
"Veuillez m’excuser, je fais au plus vite. Réo ? Prends soin d’elle. Et sois un hôte digne. S'il te plaît."

Elle sort précipitamment du salon, ses pas résonnant dans le hall pour rejoindre sa boutique.


Le sang des lunes et la colère du bois

L’air de la salle de soins physiques vibre, chargé d’effluves de menthe, de lavande et de sève d’if. Les fioles tremblent sur leurs étagères, les voiles de mousseline oscillent doucement.
Lyadril ralentit en franchissant le seuil : elle sent la présence avant de la voir.
Une silhouette droite, aux cheveux d’argent tressés d’ombres lunaires, l’attend près de la grande table de pierre.
Vianola.

L’herboristerie semble retenir son souffle.
La demi-haute elfe s’avance, puis s’incline profondément, le genou gauche posé au sol, la main droite sur le cœur. Sa voix, à la fois douce et solennelle, s’élève dans la langue ancienne :
"Hailas, Vianola, sellath nîn. A im nadad uin gîl a ’laer." (Je vous salue, Vianola, ma grand-mère. Que je sois digne des étoiles et de la flamme.)

Un silence se déploie. Puis la voix glacée de la doyenne fend l’air :
- Relève-toi, Lyadril.

Elle obéit, tête baissée.

Vianola la fixe, d’un regard à la fois dur et brûlant de tristesse contenue.
- Tu n’aurais pas dû répéter la folie de ta mère. Elarinya aussi croyait qu’un démon pouvait aimer. Et elle en a souffert jusqu’à la fin. Toi, tu as recommencé.

Lyadril tressaille.

La voix se fait plus froide, impitoyable.
- Des hauts elfes de pure lignée auraient pu t’honorer, t’élever à ton rang. Et toi, tu choisis un démon, pire, l’un de ses lieutenants ! Tu as mêlé ton sang à celui d’un être que ton propre père commandait, sans prévenir personne.

Les mots sont cinglants.
- Et tu as lancé une invocation ouverte, sans sceller ton appel. Tu sais ce que cela signifie ? Tu as appelé le plus savant en pactes de sang ! Tu aurais pu ouvrir un passage entre les plans ! Par les cieux, Lyadril, étais-tu seulement consciente de ce que tu faisais ?!

Les herbes murmurent, les bocaux vibrent, le sol semble palpiter sous les pieds de la propriétaire des lieux.
Les runes du plafond s’illuminent d’un éclat blanc-bleuté, les bandages s’agitent comme pris dans un vent invisible.
Lyadril chancelle, ses larmes éclatant enfin.

Elle tombe à genoux, le souffle coupé, la magie bouillonnant dans ses veines. Les lignes runiques tatouées sous sa peau s’embrasent, pulsant d’un éclat violet sombre aux reflets argentés.
Sa forme démoniaque menace d’émerger : ses iris virent à l’écarlate, ses épaules frémissent, comme si les ailes voulaient jaillir. Le bas de son dos la fait souffrir comme si un appendice démoniaque voulait sortir d'entre le bas de ses hanches pour la toute première fois. Le bout de ses doigts est si glacé, qu'il menace d'éclater pour laisser ses griffes acérées prendre place.
"Non… non, pas maintenant…" souffle-t-elle, la voix brisée.

Le sol tremble, des étagères chutent, les potions éclatent en bruines parfumées.
Une lumière dorée jaillit soudain du glyphe central de la pièce, apaisant l’onde magique.
Lyadril, épuisée, s’effondre contre le sol, haletante.

Dans un sursaut d’énergie, l’onde se propage au-delà des murs de l’herboristerie.

Vianola reste immobile, puis s’avance lentement. Son ombre se penche, sa main hésite, puis se pose sur la tête de sa petite-fille.

Sa voix, plus douce, glisse à peine :
- Tu es si semblable à elle… si semblable à moi.


Pendant ce temps,  dans le hall d’entrée, les runes de protection incrustées dans les pierres du sol se mettent à luire d’un argent douloureux, puis virent au rouge carmin, comme blessées. Celles sur les murs prennent le ton d'un vert doré d'une feuille d'automne allant jusqu'au bleu argenté de l'hiver.
Les vitraux représentant la lignée de Lyadril, ses ancêtres elfiques, ses maîtres guérisseurs, sa mère Elarinya, se fissurent en émettant un son clair, presque un cri.

Une bourrasque glaciale traverse le couloir, soulevant les herbes suspendues et les voiles de lin.
Les scellements runiques inscrits sur les poutres se déforment, les symboles se tordent, cherchant à contenir quelque chose d’invisible : la part infernale la plus pure et la plus complète de Lyadril.

Des chuchotements s’élèvent, d’abord faibles, puis nombreux, superposés — les échos des voix de la lignée :
"Retiens-la…"
"Le sang brûle trop fort…"
"Pas maintenant… pas elle aussi…"

La maison, vivante, souffre.


Le salon principal. Là où Diamant et Réo demeurent, le changement est immédiat.
L’air se charge d’une chaleur suffocante et d’un souffle glacé mêlés, comme si deux plans de réalité tentaient de s’imposer l’un à l’autre.

Les flammes des chandelles s’allongent, bleues, puis se fendent en deux langues opposées.

Réo, dont le lien du sang avec Lyadril vibre, sent une douleur brûlante pulser violemment dans sa main gauche. Sa main tremble, et son regard se trouble, il peut voir à travers le pacte des éclairs d’images :
les ailes sombres cherchant à naître, les larmes de l’elfe, la silhouette d’une femme aux cheveux d’argent — Vianola.

Le plancher du salon gémit, les fioles tintent sur les étagères, et les parchemins de runes s’envolent comme des papillons pris dans la tempête.

Autour de Diamant, la lumière pâlit ; l’air s’alourdit d’un parfum d’herbes et de poussière d’argent. Elle peut comprendre.


De retour au moment présent, sur le pas de la porte de la salle de soins physique. Vianola, debout au milieu du chaos à peine apaisé, regarde le corps de sa petite-fille inerte.

Ses doigts tremblent à peine, mais son regard reste de glace.
Autour d’elle, les bandages se sont figés dans l’air comme suspendus à un souffle invisible.

Elle ferme les yeux, et murmure pour elle seule :
- Que les lunes me pardonnent… J’ai réveillé bien plus que sa colère.

Puis, se tournant légèrement vers la porte de l’arrière-boutique, elle ajoute dans un souffle, avec une lucidité qui fend la pièce :
- Viens, Dame Blanche. Toi seule peux éteindre le feu que le sang d’Elarinya a rallumé. Et peut-être... ce... dé...mon.

Les runes murmurent de nouveau.

Dans la lumière blafarde, la silhouette de Vianola se dresse, immobile, tandis que le vent des deux lunes fait bruire les herbes séchées comme une prière ancienne.

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Blabla / Re : Mon voisin du dessus
« le: dimanche 12 octobre 2025, 14:22:40 »
Si on teint les cheveux de Serenos en rouge (quoique c'est probablement l'armure qui fait cela), on dirait le beau-père et ancien supérieur de mon VDD.  ;)

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Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: jeudi 09 octobre 2025, 00:30:09 »
Une petite révolte façon cheval de Troie ?

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Le parc et son sous-bois / Re : Agonie & herboristerie [Lyadril]
« le: jeudi 09 octobre 2025, 00:28:09 »
La demi succube aurait presque pu s’endormir ainsi, lovée contre l’incube, si leur étreinte avait duré ne serait-ce qu’un souffle de plus. Le monde s’était rétréci autour d’eux jusqu’à ne devenir qu’un halo de chaleur partagée et de respirations mêlées. Mais la voix claire et légèrement tranchante qui retentit alors les fait sursauter comme deux enfants pris sur le fait. Lyadril entrouvre les lèvres, incapable de trouver une excuse immédiate, et remercie silencieusement Réo lorsqu’il prend les devants pour répondre à l’inconnue. Cela lui laisse le temps d’observer leur invitée inattendue.

L’elfe qui se tient devant eux est aussi pâle qu’une pleine lune d’hiver, mais son teint semble habité d’une lumière douce, presque surnaturelle. Un peu plus petite qu’eux, elle dégage une assurance tranquille, presque directive. Ses cheveux longs, fins et d’un blanc neigeux tombent en cascade jusqu’aux pieds, bordés par une frange légère qui encadre un visage d’une finesse rare. Le noir profond de sa tenue accentue encore l’éclat de sa peau. Ses cils d’encre soulignent des yeux si particuliers que Lyadril sent une réminiscence remuer dans un coin de sa mémoire : elle a lu quelque chose, un jour, à propos d’elfes aux prunelles ainsi auréolées… Une pensée qu’elle garde pour plus tard. Une seule certitude s’impose : cette femme est une elfe de sang pur, et une très belle représentante de son peuple.

Les premières présentations échangées, Réo s’éloigne doucement de l’herboriste pour inviter l’invoquée à le suivre vers la salle de soins physiques. Lyadril, par respect, les devance et ouvre la marche. Elle ne lui présente pas la table de soins, trop impersonnelle pour ce genre de rencontre, mais un lit de repos, plus confortable et propice à une surveillance paisible. Elle allume trois bougies blanches dont les flammes dansent lentement, puis glisse dans un brûleur une feuille de papier parfumé au jasmin, une senteur qu’elle n’avait encore jamais utilisée depuis l’ouverture de son herboristerie. L’air se charge peu à peu d’une douceur fleurie, presque enivrante.

Elle s’incline respectueusement, demandant silencieusement la permission d’approcher. Lorsque l’elfe acquiesce d’un mouvement du menton, la demi-haute elfe pose la face interne de son poignet contre le front de l’inconnue, cherchant la moindre chaleur suspecte. Rien. Ses doigts effleurent ensuite le poignet droit de l’invoquée, palpant avec légèreté le battement de son cœur, observant la régularité de sa respiration. Tout semble stable. Elle s’apprête à se reculer quand elle sursaute, Réo vient d’aborder directement le sujet des effets secondaires, sans détour. Son cœur se serre un instant. Elle fait de son mieux pour ne rien laisser paraître, mais elle tend malgré tout à la nouvelle venue un petit bonbon au gingembre, confectionné maison, afin d’atténuer les effets résiduels du transfert d’invocation.

En se reculant, elle remarque que l’incube garde désormais les mains dans le dos. Est-ce par nervosité ? Inquiétude ? C’est bien la première fois qu’elle le voit ainsi. Elle hoche la tête lorsqu’il l’informe qu’il va appeler Louis, étonnée, presque amusée, qu’il n’y ait pas pensé plus tôt. Une fois qu’il s’éloigne, Lyadril s’installe sur la chaise qu’il occupait, pour être à la hauteur de l’invoquée. Ses gestes sont mesurés, doux, empreints d’un respect instinctif.

"Bonjour, je vous prie de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée et notre manque d’élégance." dit-elle avec sincérité.

"Nous ignorions qui allait répondre à l’appel. Puis-je connaître le prénom que les Arcanes ont désigné comme étant celui de la plus grande sage en matière de pactes de sang ?"

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres, trahissant à la fois sa curiosité et sa fascination.
"Serait-ce impoli de ma part de vous demander si vous êtes bien une elfe de lune ?"

La conversation se poursuit avec fluidité, mais Lyadril sent l’atmosphère de la salle encore un peu trop formelle. Pour alléger la tension, elle propose bientôt de poursuivre leur échange dans un lieu plus chaleureux. Avant de partir, elle se tourne vers le couloir d’où Réo est sorti. Leurs regards s’accrochent dans la lumière tamisée. À cet instant précis, son cœur se serre d’une manière différente : un battement plus fort, comme une note unique frappée au centre de sa poitrine. Elle inspire doucement pour contenir l’émotion qui affleure, puis laisse les mots couler dans la langue elfique, souples et clairs :

"Réo, calad nîn mi fuin, menno na i coe. Gwaithel lîn ennas." ("Réo, ma lumière dans la nuit, nous allons à la maison. Nous t’y attendrons.")

Un instant suspendu, juste assez pour que le parfum du jasmin se mêle à la chaleur de ses mots. Puis, d’un geste doux, elle invite leur hôte à la suivre. Les bougies continuent de brûler en silence derrière elles alors que les deux femmes quittent la salle de soins pour rejoindre la chaleur tranquille de la maison attenante, laissant derrière elles l’odeur apaisante du jasmin et la promesse d’une conversation plus intime.

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