Dany, le chien fou, ne voyait plus seulement rouge : elle baignait dedans. À chaque mot que l’avorton lâchait, elle sentait la pression grimper dans son crâne comme si quelqu’un y serrait un étau. Ses muscles se nouaient, son corps entier se tendait, prêt à rompre. Ses poings se cimentaient, faisant ressortir les lignes sèches de ses bras, de ses épaules et de son dos. Un signal assez clair pour que Charly comprenne que la moindre étincelle ferait exploser la poudrière. Robbie venait de s’écraser tout en bas de l’échelle de Dany : tenir tête, se foutre d’elle, lui faire la morale… il signait son arrêt de mort.
Dany : Je vais —
La main de Charly se posa brutalement sur l’épaule de sa sœur, une laisse improvisée. Il colla ses lèvres à son oreille pour lui souffler quelques mots.
Charly : Tu ne vas rien faire.
Libres ou pas, réparés ou pas, il restait des moments où Dany avait besoin de quelqu’un pour la retenir avant qu’elle ne dévore tout. Celui-ci en était un. Robbie se vantait d’être increvable ; Charly savait, lui, que Dany avait mille façons de faire regretter ce genre de déclaration. Si la douleur physique ne l’atteignait pas, elle trouverait autre chose. Pire. Alors il resserra encore sa prise, ses doigts râpeux enfoncés dans sa peau.
Dany : Tu crois qu’on va expliquer à une petite merde comme toi ce qu’on fout ici ?
Sa voix vibrait, coupée par la rage prête à jaillir. Une veine battait dans son cou, une autre pulsait à sa tempe, comme si son cœur frappait contre sa chair pour sortir.
Dany : Tu vas voir si on a d’la chance d’être en vie. Si notre peau va finir scotchée aux murs d’une de tes villes de merde. C’est ta sale gueule qui va —
Un
clac sec résonna dans le corps du chien : son frère venait de lui broyer à main nue la clavicule, sentant qu’elle s’emportait de trop. Pour Dany, ce n’était pas bien grave ; elle ne fit même pas un sourcillement de douleur. Son corps se remettrait en place sans qu’elle le remarque.
Charly : Tu n’as pas tout à fait tort sur un point. Ma sœur ressemble bien à un bœuf dans une corrida. Et pour être plus précis : à un chien en cage. Mais tu devrais t’en méfier. Il est loin, celui qui réussira à la briser entièrement.
Oui, entièrement. Il serait hypocrite de prétendre qu’elle n’avait pas déjà été à moitié brisée dans le passé par James, autant mentalement que physiquement. Ils ne pouvaient pas occulter toute une partie de leurs vies. Mais ils avaient réussi à se relever, à se reconstruire à leur rythme. Ils étaient devenus bien plus forts qu’avant : ils n’étaient plus des enfants qu’on pouvait manipuler.
Charly lâcha l’épaule de sa sœur pour suivre Robbie, laissant Dany redescendre en pression. Heureusement qu’il était là : plus calme, plus diplomate, gardant toujours les idées claires.
Charly : Pour ta gouverne, on est bel et bien des invités ici —
Contrairement à Dany, lui n’avait pas oublié le nom qu’on lui avait soufflé dans la barque.
Charly : — L’invitation vient
d’Helel.
Est-ce que ce nom allait faire réagir Robbie, comme l’homme de la barque l’avait laissé entendre, ou allait-il encore une fois éclater de rire ? En tout cas, du côté de Dany, la révélation n’était pas plaisante. Elle aurait préféré ne rien dire, avancer par leurs propres moyens et ne pas se faire remarquer ainsi.
@Helel Excuse-moi pour cette longue absence. J’ai eu de grosses complications de mon côté, et le temps a fini par tout bousculer. Je reviens ici en espérant pouvoir continuer notre RP. Je ne sais pas si tu as débloqué l’accès aux messages privés, mais si tu veux en parler, n’hésite pas.