L'Enfer / Re : And I said hello Satan... Helel, ah.
« le: mardi 13 janvier 2026, 21:51:24 »Dany, elle… Elle brulait comme une flamme ardente, visible dans la nuit noire d’émotion qui l’entourait. De la chaleur, de la nourriture. Elle ne s’en rendait pas compte, mais elle faisait déjà une attrayante victime pour les enfers.
Lorsque Charly reviendrait, il aurait tout le loisir de constater que la chambre où Dany s’était réfugiée était vide. Il aurait beau hurler son nom, fermer et rouvrir la porte un million de fois. Dany avait disparu.
Et pour la chienne hargneuse, ce qui était un petit instant allongé à réfléchir aurait pu paraître avoir duré une journée entière. Car la grande fenêtre de la chambre ne donnait plus que sur le noir le plus obscur. Y avait-il seulement des nuits, en enfer ? Pas même le bas de la rue était visible. Juste l’abysse. Dénué de son, dénué de vie.
Chose intéressante, si Charly ne pouvait entendre Dany, l’inverse n’était pas nécessairement vrai. Le son produit par Charly parvenait à Dany comme si son frère se trouvait à l’exact endroit où elle était, mais quelques étages plus haut. Les cris devenaient bruits de fond, presque murmure. La solution pouvait alors sembler simple :
« Il suffit de monter, pas vrai ? »
Etait-ce la voix intérieure de Dany, ou une autre ? Pourtant, elle l’avait bien entendu. Et visiblement, Charly n’entendait rien, lui.
Lorsque la jeune femme quitterait enfin cette chambre, probablement frustrée que son frangin ne l’entendre pas, elle ferait face à un mystère sorti tout droits des tréfonds d’un mauvais creepypasta. Un hall vide, fait de béton brut. Un hall mal éclairé par une unique ampoule sans cache, qui oscillait de droite à gauche. Toutes les portes étaient condamnées, et il n’y avait qu’un escalier de disponible au bout du couloir. Un escalier qui allait juste plus haut.
Et l’ascension était bien évidemment infinie. Ou tout du moins, elle le paraissait. Si les heures existaient en ce lieu, sans doute Dany aurait-elle mis un peu moins d’une dizaine d’heure à arriver au bout de ce petit jeu sans intérêt. Et le bout du jeu en question était d’une banalité déconcertante.
Le dernier étage, le seul qui différait des précédents, était une petite chambre dotée d’un simple lit. L’endroit ne devait pas dépasser la dizaine de mètres au carré, quoique les draps et couettes purent paraître fort confortable, tant la fatigue devait désormais gagner la combattante. Accompagnant le lit, il y avait une petite table de chevet, sur laquelle trônait une lampe à la lumière tamisée par un abat-jour sépia, et une lettre.
Et cette lettre lisait :
« Tu dois être épuisée. Repose-toi, je t’en prie.
- H »
Avait-elle seulement une autre issue ?
Quant à Charly, la réalité se faisait claire : Dany n’était plus là. Bien sûr, elle était débrouillarde, aussi inhabituelle que leur situation puisse être. Et, sans doute lorsque Charly fouillait la chambre, préoccupé ou non par sa sœur, un signe apparut à lui. Comme un scintillement voué à lui accaparer le regard, une lueur à la fenêtre cherchait à attirer son regard sur un cul-de-sac des plus banals.
« Chez le Grand-Duc », lisait une enseigne en néon, dans un langage que Charly n’aurait même pas pu déchiffrer ou écrire, mais qu’il comprenait pourtant comme une langue natale. Plus étrange encore, la figure atypique qui venait de s’y précipiter était sans aucune erreur possible Robbie en personne.
Cependant, la jugeotte de Charly devait hurler dans son cerveau que si un piège avait une apparence, ce serait sans nulle doute celle-ci. De plus, la disparition de sa sœur le mettait face à un dilemme : devait-il persévérer à la recherche de leur hôte, ou devait-il laisser la mission de coté pour chercher à retrouver sa sœur ? Ou bien, sa chance d’en savoir plus sur un sujet comme sur l’autre, était-elle d’attraper Robbie ?
Helel n’avait pas réellement laissé de choix à Dany. Ce n’avait jamais été son projet. Car si la gaillarde refusait de s’endormir volontairement, la fatigue de cette prison sans issue la pousserait bien à s’exécuter à un moment.
Et lorsque la fatigue gagnerait son regard défaillant, elle se réveillerait aussitôt dans le domaine du Grand-Duc. Dans une chambre sobrement décorée, de tons boisés foncés, le bruit des vagues et de la mer en fond alors que les fenêtres de son nouvel habitat donnaient sur un océan d’un bleu infini. Dans l’élégant lit à baldaquin qu’elle occupait de sa grande taille, elle serait nue. Et à coté d’elle, dans un fauteuil proche du lit en question, le Grand-Duc l’attendrait, l’air amusé, joue contre le poing.
« Mes salutations, Dany. » Le sourire du démon s’élargit.








