Les alentours de la ville / Re : La Course éternelle [Grayle-Lynn]
« le: vendredi 03 avril 2026, 21:39:23 »Grayle n'était pas un grand intellectuel mais n'était pas non plus né de la dernière pluie. Il avait très vite compris ce qui se passait, et que cette fille ne l'avait évidemment pas soudainement reconnu, mais faisait semblant. Pour quelle raison ? La seule raisonnable, c'était de se rapprocher de lui pour montrer qu'elle n'était pas seule, ni isolée.
En clair, quelqu'un la menaçait.
Elle avait à peine fini de lui chuchoter de jouer le jeu que Grayle avait déjà réagi. Alors qu'elle enroulait ses bras autour de lui, les siens vinrent se caler dans le creux de son dos, tandis que l'autre la soulevait en tenant fermement sa croupe, maintenant une prise solide, et un brin osée, afin de montrer à tout le monde à quel point ils étaient proches... et aussi, il fallait l'avouer, tâter ce postérieur rebondi et musclé qui avait attiré l'attention de centaines d'yeux se matin.
- Lynn ! Tu es devenue si grande ! Je n'arrive pas à y croire ! dit-il avec excitation et surprise. Ni surjeu, ni hésitation dans sa voix. Grayle était un excellent acteur habitué à s'intégrer dans toute société, et faire semblant d'être un ami de longue date était un jeu d'enfant pour lui. Sa main remonta du creux du dos de la jeune femme pour passer dans ses cheveux, se perdant dans cette cascade argenté, caressant doucement l'arrière de son crâne.
- Tu n'as plus tes cheveux courts ! J'approuve...
Leurs yeux bleus se perdirent l'un dans l'autre pendant quelques instants, alors que le temps semblait suspendu. Le bruit des coureurs et de leurs pas percutant le sol était devenu distant et lointain, tandis que Grayle ne pouvait s'empêcher de sourire en contemplant l'étrangère. Puis, la magie se brisa, et Lynn s'écarta, retombant gracieusement au sol, se recoiffant en mettant de la distance entre eux. Une douce chaleur avait déjà embrasé le coeur et le corps du pérégrin.
- Ils sont partis oui... ses yeux lâchèrent sa compagne à regret, regardant passer le troupeau de coureurs comme une vache regardant passer le train.
- J'ai passé pas mal de temps en haute altitude dit-il en cognant son torse avec son poing avec fierté. J'en ai plus dans le coffre que n'importe qui ici ! Alors ouais, j'ai remonté tout le monde. Ils seront tous crevés et transpirants bien avant que je commence à fatiguer. Mais tu sais...
Il la détailla de haut en bas. Pas avec la perversité torve du mâle en rut, mais avec un éclat d'admiration, tel un artiste devant une superbe sculpture, reconnaissant une belle oeuvre d'art. Ces jambes interminables, ces mollets fuselés, ce torse sculpté, ces épaules droites... Lynn était l'incarnation même de l'athlétisme et de la santé. Combien d'heures, d'années avait-elle du passer à la salle, pour arriver à une telle perfection.
- Je pense qu'on a largement de quoi remporter la victoire, toi et moi. Ce trail se joue sur plusieurs jours. Si se serre les coudes, on passera devant tous ces péquins.
Il tendit le bras vers elle, sa main puissante de paysan tendue vers elle.
- Qu'en dis-tu, Lynn ?









