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De découvertes en surprises (PV William Dolan)

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William Dolan

E.S.P.er

Re : De découvertes en surprises (PV William Dolan)

Réponse 15 samedi 26 juin 2010, 16:38:01

       William s’attendait à cette réponse. Qui voudrait habiter à Nexus ? Personne qui ne connaitrait la terre. Un monde merveilleux qui s’affranchi de la magie et de toutes les incohérences qui l’accompagne. Sans parler du niveau de culture et de technologie bien supérieur sur terre. Quand au luxe, la comparaison n’est plus à faire. William jeta un regard morne à son écuelle en terre cuite et commença à la vider essayant d’oublier que la viande n’était pas d’une qualité irréprochable, que la cuisson laissait à désirer et que ses couverts n’étaient pas en argent… Superficiel ? Oui, mais personne n’est sensé le savoir.
       Lorsque William lui demandait sa confiance ce n’était pas un abus de langage. Vu les précautions qu’il allait prendre pour garder le secret de son portail, il y avait de grande chance qu’elle fasse marche arrière devant le fait accomplie. Heureusement, que Mary-Lou n’est qu’une jeune fille innocente, car si elle avait montrée un caractère un peu plus fouineur, il aurait tout simplement été hors de question qu’elle retourne sur terre et puisse apporter un témoignage disant que maitre Dolan se promène occasionnellement dans un monde étrange. Vu son caractère rêveur, l’adorable petite Nolan pouvait raconter ce qu’elle veut, personne ne la croirait.
       C’est vrai qu’elle aurait pu tomber sur pire que William en tant que première rencontre sur terra, mais elle aurait aussi pu tomber sur mieux. En fait, elle avait surtout de la chance de ne pas avoir de pouvoir. Si William était tombé sur une jeune fille capable de… guérir des blessures ou ramener à la vie, par exemple, il l’aurait envoyé rejoindre ses petits amis les nekos dans son chariot. Certains paieraient des fortunes pour pouvoir se faire soigner ou pour ressusciter leur proche décédés. Une vraie poule aux œufs d’or. Mais Mary-Lou est une humaine, tout ce qu’il y a de plus normal, donc cette hypothèse ne la concerne pas.

       -Je demanderai à ce qu’on te remplisse un bain dans ta chambre. Il n’y a pas l’eau courante mais je suppose qu’ils ont des baignoires dans cette auberge.

       Inutile de préciser qui allait remplir la baignoire et qui allait payer le petit extra que cela allait demander. Une somme ridicule mais autant lui faire croire que c’est compris dans le prix pour ne pas la gêner. Quand à sa dernière question, elle était pour le moins étrange. Evidement, toutes les possibilités que sous-entend une telle question avaient traversées l’esprit de William, qui ne savait, en définitif, pas trop quoi en penser. Mais peu importe les motivations de la jeune fille, la réponse était de toute façon identique.

       -Ma chambre est juste à côté de la tienne. Tu peux venir frapper quand tu veux.

       William était fatigué. La journée avait été éprouvante mais pleine de succès. Le chariot d’esclave devait être arrivé dans son building et ses hommes mettaient sans doute les esclaves dans leur cage. Après, il n’aura qu’à les distribuer à ses clients. L’avocat finit donc son infâme brouet et secoua sa chevelure noire pleine de poussière.

       -Moi aussi je vais prendre un bain. Evite de sortir de l’auberge pour te promener, ne discute pas avec les clients et préviens-moi si tu as un problème.

       Une fois qu’il eut fini sa liste de recommandation. William se leva, déposa un baiser sur la joue de la jeune fille et lui souhaita une bonne nuit. Il partit ensuite en direction de sa chambre et s’arrêta en chemin pour demander à la maitresse de maison un bain pour les deux chambres. Cette dernière lui proposa également une femme pour la nuit, mais il déclina l’offre aussitôt. Il savait bien ce qu’elle entendait par « femme » et quoiqu’on en dise, William n’attribuait jamais ce terme aux terranides. Il n’avait aucune attirance pour les femelles de cette race.
       Lorsqu’il fut entré dans sa chambre, William n’eut pas à attendre bien longtemps avant qu’on toc à la porte et que des terranides viennent remplir une baignoire en étain avec des seaux d’eau chaude. Il ne les regardait pas, attendant simplement qu’elles aient fini. Lorsque la baignoire fut remplie, William commença à se déshabiller sans même attendre que les esclaves s’en aillent. Elles n’existaient pas pour lui et avaient à peine plus de valeur qu’un meuble. La pudeur n’avait donc aucune signification en leur présence. Alors que les esclaves sortaient, il s’immergea dans la baignoire. Le jeune noble poussa un soupir lorsque l’eau chaude vint détendre ses muscles fatigués. Il inclina la tête faisant tremper ses cheveux qui filèrent comme des anguilles dans toutes les directions, se débarrassant du même coup des saletés qui s’y étaient accumulées. Ses pensées dérivèrent vers Mary-Lou Nolan et avisa que finalement, il aurait peut-être dû prendre une femme pour la nuit.

Mary-Lou Jonhson

Invité

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Re : De découvertes en surprises (PV William Dolan)

Réponse 16 lundi 28 juin 2010, 11:53:48

Lou n’était pas aussi catégorique concernant Nexus que Dolan. Selon elle, certaines personnes ayant connu la terre préfèreraient vivre là bas plutôt que de rester sur la planète bleue. Certes, le luxe et les valeurs humaines étaient sans commune mesure plus développées sur terre mais Nexus offrait l’attrait de la nouveauté, la curiosité également. Lou n’était pas curieuse à outrance, mais certains l’étaient. De même, ceux qui adoraient les jeux de rôles et autres projection d’une vie différente de la leur auraient pu se plaire à Nexus. Mais pas Mary-Lou. Non, la jeune femme était trop attachée à sa famille pour la laisser tomber, et elle se sentait en sécurité mine de rien dans sa vie, ce qui n’était pas vraiment le cas à Nexus. Elle ne se voyait pas du tout vivre seule dans une ville pareille, avec des esclaves ! Non non, décidément, elle préfèrerait beaucoup mieux rentrer chez elle.
La cuillère de la rouquine replongea dans son ragoût puis retourna déverser son contenu dans la bouche de la jeune fille. Elle en estima le goût, ne la trouvant pas si mauvaise finalement cette pitance, au contraire même. Elle s’en accommoda très bien et termina son bol sans se faire prier. Elle mourrait de faim de toutes façons, donc quand on a faim, on mange.

Du point de vue d’un possible témoignage, Dolan ne risquait rien. Lou n’était pas du genre à débiter ses fantasmes et autres rêveries à tous les passants. Quant à ce que représentait William Dolan, avocat de son état, elle s’en fichait un peu beaucoup, n’ayant aucun goût pour ce genre de choses. Elle n’aurait donc aucun intérêt à aller le discréditer. Non, vraiment, tout ce qu’il risquait ça serait qu’elle l’accoste pour le saluer si d’aventure elle venait à le croiser dans une rue. Elle ne le pourchasserait pas, loin de là. Quant à son pouvoir et à la possibilité d’en faire une esclave… Remercions les Dieux, ou qui que ce soit, de l’avoir préservée des blessures en compagnie du juriste ! Puisqu’elle ne possède aucun moyen d’empêcher ses cellules de se régénérer  d’elles-mêmes. La jeune femme se demandait d’ailleurs si elle serait immortelle à cause de ça… Mais ça, elle le saura bien assez tôt. Peut-être que quand sa famille commencera à se poser des questions sur le fait qu’elle ne montre aucun signe de vieillesse, ni rides ni cheveux blancs, alors elle fuirait pour Nexus, pour se cacher. Peut-être. Peut-être pas. Nous verrons bien.

Toujours est-il qu’elle hocha la tête avec gratitude aux paroles de William, reposant sa cuillère dans son bol vide et enfouissant ses mains sous la table, les emprisonnant discrètement entre ses cuisses, tic de gène, dissimulée derrière un sourire doux.
Elle fut rassurée d’apprendre que la chambre du jeune homme n’était pas loin de la sienne mais mitoyenne. La tête de Mary-Lou s’inclina sur le côté, et elle tenta d’imaginer quelle réaction pourrait-il avoir s’il la surprenait alors qu’elle le rejoignait dans sa chambre… Elle haussa ensuite les épaules, se disant finalement qu’elle ne le saurait que si elle tentait la chose avec désinvolture et garda encore le silence. Appréciable chose d’ailleurs sans doute. Elle détailla encore une fois l’auberge pendant que William terminait son propre repas, puis vint l’heure pour lui de monter. Lou enregistra les recommandations, accueillit le baiser donné sur sa joue avec un petit sourire emprunt de plaisir et le regarda monter, se perdant déjà dans ses pensées. Elle vit à peine les esclaves débarrasser, ne se réveillant qu’au bruit de sa cuillère bringuebalant dans son bol vide. Elle se redressa et se poussa afin de livrer passage à la neko et lui donna la vaisselle qu’elle n’avait pas encore saisit. Elle proposa aussi de l’aider à faire la vaisselle… Mais comme on s’en doute, l’esclave refusa. De toutes façons, on vint la chercher pour lui dire que son bain était prêt. Mary-Lou monta donc à son tour dans sa chambre, et se dévêtit après avoir fermé la porte derrière elle. La baignoire était une sorte de baquet en métal, elle dû constater que ce bain était indispensable puisqu’elle était couverte de poussière, et se faire violence pour y entrer. Elle qui n’était habituée qu’à l’émail des baignoires modernes…  Mais bon, une fois que l’eau chaude eut détendu ses muscles et lavé sa peau des impuretés, elle ne fut plus à ce la près. Néanmoins, elle ne s’attarda pas dans ce baquet. Elle préféra faire rapidement ce qu’elle avait à faire et en sortir, s’enroulant elle-même d’un linge qui la couvrit de la poitrine aux cuisses, puis son imposante tignasse rousse ans l’équivalent d’un drap de lit. Elle demanda à une neko qui venait vérifier si tout allait bien si elle voulait bien lui apporter une brosse, et une fois que l’esclave eut satisfait le désir de la jeune femme, elle lui proposa de l’aider à démêler ses cheveux. Ce que Lou accepta avec gratitude. En temps normal, elle mettait une tonne de démêlant et s’en sortait seule… Mais là… Et puis ses cheveux étaient particulièrement épais, donc lourd. Elle se serait épuisée sans aide. Toujours est-il que pendant cette fastidieuse besogne, les deux jeunes femmes se mirent à parler, de choses et d’autres. Mais Mary-Lou avait comprit, en interrogeant l’esclave de la place du marché, que la questionner sur sa condition d’esclave n’était pas une chose à faire, aussi évitèrent-elles se sujet mais parlèrent de Nexus, et du plan de Terra en général. Jusqu’à pousser les choses dans le domaine du personnel. Un peu du moins. La neko lui avoua qu’elle aurait aimé avoir des enfants, mais qu’elle était stérile. Lou s’étonna que des « pécores » sachent dire si une femme est stérile ou non. Mais la Neko lui expliqua qu’après tous les partenaires qu’elle avait eus, à tout moment depuis plusieurs années, elle n’était jamais tombée enceinte. Lou avait soupiré, et avait cessé de réfléchir. Elle porta son index à sa bouche et se mordit à sang. Elle prit ensuite un verre et fit goutter laborieusement les maigres gouttelettes de son sang qu’elle pu tirer. Elle versa un peu d’eau fond, les propriétés de ses capacités seraient diluées mais toujours là, c’était l’important. Elle tendit ensuite le verre à l’esclave qui l’observait avec perplexité.


-Pose pas de question. Ca devrait résoudre ton problème. Bois.

Le sang de Lou était rouge, mais n’avait pas ce goût infâme de rouille que pouvaient avoir ceux des autres créatures. Le sien était un peu sucré, comme le serait un bonbon acidulé à sucer. Ou comme de la citronnade peut-être. Quoiqu’il en soit, la neko obéît, elle avait été dressée pour ça en même temps, et écourta leur entretient. Les cheveux de Mary étaient parfaitement démêlés. Avant qu’elle ne parte, Lou demanda à l’esclave de ne rien dire la concernant. L’autre opina du chef et ferma la porte après sa sortie alors que Mary-Lou ôtait le linge mouillé qui l’avait séchée et se mettait à la recherche d’un vêtement de nuit.

William Dolan

E.S.P.er

Re : De découvertes en surprises (PV William Dolan)

Réponse 17 vendredi 02 juillet 2010, 15:39:54

       La nuit fut courte. William se réveilla avant l’astre diurne. L’horizon commençait à peine à s’embraser comme un feu lointain et peu menaçant. Les étoiles s’éteignaient une à une, vaincu par le soleil qui reprenait une nouvelle fois possession de Nexus. C’est donc dans les rues nimbées d’un voile orangé qui l’avocat progressait, à la recherche de ses commanditaires. Au cas où, la jeune Nolan était aussi matinal que lui, il avait pensé à laisser un mot à l’auberge pour qu’elle ne s’inquiète pas. De toute façon, cela n’allait pas durer bien longtemps. Dolan déboucha sur une sorte de place publique, où les représentants de la guilde des mercenaires qu’il avait engagés hier étaient rassemblés. Une petite troupe d’hommes armés, entourant ce qui ressemblait à un ancien soldat avec un embonpoint qui laissait présumer que cela faisait un moment qu’il n’avait pas tenu une arme. Ces yeux vifs et intelligents expliquaient pourquoi il n’avait plus besoin de se battre. Les hommes semblaient impatients et nerveux. L’avocat ne s’en formalisait pas puisque c’était la première fois que ces gens travaillaient pour lui. Les mauvais payeurs étaient tellement répandus dans Nexus qu’il plaignait sincèrement ces pauvres mercenaires, obligés de briser les membres de ceux qui ne leur donnent pas leur paye bien méritée. En tout cas, ce système a le mérite d’être plus efficace que les grèves ou les manifestations. Le chef se leva en voyant son employeur arrivé et le salua. Il y eut un échange d’argent à sens unique et l’atmosphère tendue du professionnalisme se dissipa immédiatement.

       -La cargaison arrivera saine et sauve, lui assura le bonhomme en malaxant les pièces d’or que William venait de lui donner.

       -Si c’est le cas, je ferai peut-être de nouveau appel à vos services, rétorqua Dolan avec un signe de tête.

       William s’apprêtait à tourner les talons, lorsque le bonhomme le héla. Il avait déjà rangé son or dans sa bourse et jeta à l’avocat, un regard montrant qu’il aurait bien aimé la remplir un peu plus.

       -Quelques uns de mes hommes vous seraient peut-être utile pour vous escorter jusqu’au point de rendez-vous, messire, proposa l’homme en le jaugeant discrètement.

       Il est vrai que William n’avait absolument pas la carrure d’un combattant. La route pour le portail était dangereuse car elle était à la frontière des landes dévastées. Certains monstres pouvaient y roder et c’était le lieu de villégiature idéal pour la vermine qui n’a pas sa place à Nexus ; les bannis, les maraudeurs et les éclaireurs d’Ashnard. C’était un voyage risqué pour un noble tel que lui, surtout accompagné d’une jeune fille qui, pour certains, avait plus de valeur que quelques pièces d’or. Pourtant, William déclina l’offre en assurant le prince marchand, qu’il était capable d’assurer sa propre protection. Ce dernier acquiesça, septique, puis s’en fut avec ses compagnons d’armes.
       William dut passer à l’écurie pour acheter deux chevaux. Il demanda au garçon qui s’occupait de changer la paille, d’aller acheter des vivres pour deux jours. L’adolescent trop heureux de gagner quelques pièces en échange d’un travail facile, courut dans les rues de la ville, effectuer sa besogne avec zèle. Les affaires terminées, Dolan revint enfin à l’auberge. Le soleil avait presque dépassé l’horizon lorsqu’il ouvrit la porte de l’établissement. Il chercha Mary-Lou du regard parmi les clients qui s’étaient rassemblés pour le petit déjeuner. Au cas où cette dernière n’était pas encore réveillée, il n’avait qu’à toquer à la porte de sa chambre et réveiller sa majesté.
« Modifié: samedi 03 juillet 2010, 16:55:11 par William Dolan »

Mary-Lou Jonhson

Invité

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Re : De découvertes en surprises (PV William Dolan)

Réponse 18 lundi 05 juillet 2010, 11:37:30

William n’était pas le seul à être matinal. Loin de là. Mary-Lou l’était aussi. Mais elle ne quittait pas sa chambre tout de suite. Non, même si elle se levait très tôt, elle avait beaucoup de choses à faire avant. Sautant à bas de son lit après avoir envoyé valser ses couvertures, Lou s’était approchée de la fenêtre de sa chambre et avait ouvert en grand les rideaux. L’astre diurne pointait le bout de ses rayons dans sa direction, réchauffant dès le matin délicieusement la peau de la jeune femme, qui ouvrit la fenêtre. Nexus commençait déjà à s’éveiller et s’agiter, et Lou se laissa perdre l’espace de quelques minutes dans l’observation de ce spectacle d’un autre temps. Elle le délaissa bien vite, l’esprit encore tourmenté par sa rencontre houleuse de la veille avec une esclave et se prépara. Elle enleva tous les draps de son lit et les étala en un petit tas uniforme au sol. Normalement, elle faisait ça sur des tapis faits pour ça, mais à la guerre comme à la guerre, il fallait savoir s’adapter.
Elle procéda donc, pour commencer, à de longs étirements et positions afin de saluer le soleil. Elle commença par s’étirer rapidement, échauffa un peu son cou et autres jointures sensibles, avant d’attaquer la première position : l’arbre. Face au soleil, elle prit son équilibre sur un pied, posa la plante de l’autre contre sa cuisse et joignit ses mains au-dessus de sa tête en tendant les bras. Normalement, elle le faisait avec de la musique d’ambiance relaxante mais le faire dans le bruit du Nexus était un chouette défi. Défi que, distraite comme elle l’était, elle parvint à relever sans problème.
Après l’arbre, Lou passa à la seconde position. Le triangle. Elle écarta les jambes, gaina ses abdominaux et se pencha afin que sa main gauche touche son pied droit, l’autre bras tendu à la verticale au-dessus d’elle. Elle tint la position, alterna tranquillement. Elle avait l’habitude maintenant. Elle passa ensuite au cobra, qui consistait à s’allonger sur le sol et à se relever lentement, pour terminer le dos cambré, sans que le bassin ne se détache du sol cependant. Lou avait acquis, depuis qu’elle avait commencé le yoga, une souplesse appréciable. Elle poursuivit avec d’autres positions, comme la pince ou la torsion, avant de rassembler le tas de draps contre un mur, d’y poser la tête et de faire le poirier. Cette position réalignait les chakras et oxygénait parfaitement le cerveau. Mais en descendant, on avait la tête qui tournait. Alors Lou terminait toutes ses séances matinales, parce qu’elle faisait ça tous les jours, par la position du lotus et une bonne vingtaine de minutes réservées à la méditation.

Aussi, quand elle rouvrit les yeux, elle était parfaitement fraîche et réveillée. Plutôt enjouée même, et vive comme à son habitude. Elle avait, évidemment, fait la totalité de ses étirements en sous-vêtements, mais on lui en avait apporté des propres. Ils étaient… Un peu archaïques, mais c’était mieux que rien. Après quelque ablution rapide, Lou démêla ses cheveux et arrivait, fraîche et dispo, dans la salle de l’auberge au moment où William y entrait. Elle lui sourit et le rejoignit, en se faufilant à travers la masse de clients.


-Coucou ! Bien dormi ? Moi très bien.

Elle aurait pu s’étonner, voire s’insurger qu’il l’ait laissée seule dans l’auberge, mais en fait non. Il vivait sa vie, ce qui était normal, et elle n’avait pas la moindre envie d’être un poids pour lui. Surtout s’il pouvait l’aider à retourner chez elle. Elle se détourna ensuite de l’avocat et fit l’effort d’attacher sa tignasse de cheveux roux plus que bien fournie en une queue de cheval serrée. Plutôt que de lui tomber sur les chevilles, ses cheveux ne lui tombaient « plus » qu’au niveau de la jointure du genou. On aurait dit Poucelina, mais en rousse. Et plus grande. Elle n’était plus maquillée non plus. En temps normal, elle n’en portait pas beaucoup, mais un petit peu quand même. Des traits foncés sous les yeux par exemple pour souligner la couleur de ses iris. Ce genre de choses simples. Là, plus rien. Tout avait disparu lors du bain.
Une fois ses cheveux attachés, elle se retourna vers l’avocat.


-J’espère ne pas t’avoir retardé. Je viens juste de descendre là en fait, t’as pas eu à attendre trop longtemps ?


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