Bien que l’opération soit difficile, les apprentissages douloureux et les expéditions meurtrières, la petite entreprise d’exploration et de pillage des mystères cachés derrière les failles de Seikusu avait commencé à remplir les coffres de Vance. Contre une bonne prime d’engagement et la promesse d’une compensation conséquente pour les familles en cas de décès, il n’avait aucun mal à recruter des mercenaires de tous horizons. Ses agents patibulaires, sautant dans les failles sans peur et sans reproche pour en ramener les trésors ou y disparaître à jamais, comptaient autant des Américains que des Russes, des Japonais et Coréens que des Chinois, des Français que des Algériens. Nombre de nations se croisaient et se côtoyaient, faisant fi des rivalités passées pour s’émuler face à l’adversité monstrueuse pouvant les attendre derrière chaque halo mystérieux. La machine, une fois lancée, ne s’était jamais grippée.
Vance avait aussi engagé des gens pour s’occuper de sa collection. Certains artefacts et technologies étaient évidemment vendus à des prix improbables à des conglomérats intéressés par les perspectives d’une percée révolutionnaire, mais il lui fallait aussi le concours de chercheurs de toutes spécialités, à titre ponctuel ou permanent, pour conduire certaines études.
Une des collections les plus mystérieuses n’était pas la plus surnaturelle ou improbable. Un égyptologue avait été contacté après qu’elle ait été collectée dans des ruines que les soldats avaient jugés sortis de Stargate, et il avait certifié que ces reliques ne pouvaient qu’être des vestiges des premières dynasties égyptiennes, voire de temps encore débattus ayant précédé l’ère pharaonique telle que communément représentée. Leur avancement technique et leur excellente conservation, cela dit, l’avaient pris de court un moment, et il avait mené de longs examens pour écarter les risques de faux et de modifications avant de se prononcer.
Vance y avait pensé un moment, avant de passer à autre chose. Puis, la question avait resurgi de façon inattendue lorsque le conservateur de ses collections exotiques l’avait contacté à propos d’une proposition d’achat de cette fameuse collection. L’acheteur en question était justement une jeune Égyptienne au nom curieux, Honey Osiris, qui avait prétendu avoir un lien familial ancestral avec ces reliques et vouloir les posséder.
Immédiatement, l’esprit de Vance s’était mis à tourner et il avait discuté avec le conservateur un moment. Etait-il possible que ces reliques soient vraiment liées aux ancêtres de cette femme qui se prétendait descendante des premiers pharaons, porteuse du sang divin sacré originel de l’Égypte Antique ? Dans ce cas, cela voulait-il dire que ces reliques avaient été perdues à travers l’espace et les dimensions avant d’être retrouvées et retournées sur Terre ? Ils avaient écarté le risque de voyages temporels, il était donc impossible qu’ils aient voyagé en Égypte avant même l’invention de l’écriture. Ou bien les conspirationnistes n’avaient-ils pas tout à fait tort, et les pyramides étaient bien d’origine extraterrestre, et le Sphinx la représentation d’une créature d’outre-monde ? Plutôt que des plateformes d’atterrissage pour leurs vaisseaux, pouvaient-elles être des points focaux pour l’ouverture de portails vers leur monde d’origine ? Les théories farfelues et sans base solide fusaient, et il était devenu clair que, s’ils voulaient pouvoir espérer des réponses de cet ordre, il allait falloir en apprendre plus sur cette Honey Osiris.
Une opération spéciale avait été montée. A bord de son navire, Vance avait fait installer une cellule de recherche de pointe supplémentaire, vouée à l’analyse de tout prélèvement qui serait fait sur la jeune femme à son passage. Elle avait été invitée à rencontrer l’entrepreneur à bord et ils feraient en sorte qu’elle laisse le plus de traces possibles, afin qu’ils examinent ses traces et résidus sous tous les angles possibles.
Le jour venu, la jeune femme avait été amenée à un
ACH160 luxueux, qui avait décollé pour prendre la direction du large. Il avait fallu un peu moins d’une demie-heure de vol à pleine vitesse pour arriver en vue de la destination.