Combien de temps n’ai-je pas pris de vacances ? De vraies vacances, de celles où l’on ne fait rien de sa journée et où le seul stress qui doit habiter l’esprit est de choisir quel cocktail prendre à l’apéritif. Je crois bien que je n’en ai jamais réellement pris ! Il faut dire qu’après mes études, j’ai décroché rapidement un premier job grâce à mes compétences. Puis vint mon époux, le poste de direction des finances dans son entreprise et mes portées de lapinous d’amour. Techniquement, je ne travaille plus réellement depuis que j’ai quitté mon poste pour intégrer le conseil d’administration, mais la vie de lapine au foyer à gérer ma nombreuse progéniture n’est pas toujours de tout repos !
J’ai donc décidé que j’avais le droit de m’accorder au moins une semaine de tranquillité ! J’ai laissé les marmots à Kaya, nos robots esclaves, et ai tiré suffisamment de lait pour contenter ceux qui tètent encore. Tout devrait bien aller et, au pire du pire, c’est plus ma guerre pendant une semaine. J’ai d’abord pensé m’envoler pour Miami et ses plages remplies de petits vieux, mais ce n’était pas assez dépaysant à mon goût. Je me suis donc laissé convaincre par une agence de partir pour Terra.
Jusqu’à mon arrivée dans l’hôtel, je dois bien reconnaître que j’étais perplexe. Un centre hôtelier pour touristes sur cette planète de gens frustres et barbares ? Pourtant, je dois admettre que je suis finalement conquise. L’hôtel en lui-même est charmant et propose de nombreuses activités. La forêt tout autour donne un côté exotique au cadre et j’ai même pu apercevoir de nombreuses espèces d’oiseaux dans le ciel que je n’avais jamais vues. La première journée, j’ai participé à une visite organisée où nous avons pu découvrir des ruines non loin. J’ai même pu repérer un joli lac.
En bondissant de mon lit de bon matin, je me suis dit que cela me ferait du bien de courir en pleine nature. Comment ? Une mauvaise idée pour une lapine d’aller courir hors des chemins touristiques bien balisés ? Bah, qu’est-ce qui pourrait m’arriver ? C’est pas comme si j’allais croiser la route d’un minotaure ou d’un géant qui allaient abuser de la douce lapinoute que je suis ! J’ai donc enfilé un minishort de sport gris, une brassière blanche, mes baskets et hop. J’ai directement pris le chemin de la forêt en me repérant de mes souvenirs de la veille pour gagner le lac que j’avais vu.
Après une bonne heure de course à une allure tranquille, je finis par retrouver le lac. Il s’agit d’une grande étendue d’eau avec une petite cascade non loin, qui continue en s’enfonçant plus profondément dans la forêt. Je sors ma gourde et bois une gorgée avant de me laisser tenter par l’eau cristalline. Il ne me faut pas longtemps pour décider de me déshabiller et d’aller sous la cascade pour délasser mes muscles. Par chance, j’ai pied à cet endroit et l’eau, qui m’arrive un peu au-dessus du nombril, est bonne !
Alors que l’eau s’écoule sur ma tête et glisse entre mes larges et lourds seins, je pousse un soupir de soulagement. Ah. La quiétude enfin ! Voilà une bonne journée qui commence.