Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

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Jack Marston

Humain(e)

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  • Fiche — Chalant

    Description
    Jack est un ancien militaire devenu chasseur de primes. Après avoir un temps servi sur le Masterclass sous les ordres de son frères d'armes Spike Masters, il a décidé de prendre son indépendance et il trace avec optimisme et positivité de primes en galères à travers l'espace et, parfois, les dimensions.

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

jeudi 06 août 2026, 03:56:33

Fisk était bien connu des gens du bloc. Dans les tréfonds de cette interminable mégalopole, sur ce monde sans fond, la proximité était redevenue la seule norme, la seule référence accessible à l’esprit humain. Ici, on ne se sentait pas concerné par les affaires des hauteurs. Chaque bloc de chaque fondation de chaque arcologie de la cité gigantesque les surmontant fonctionnant comme son propre petit monde à l’insu de ceux vivant au-dessus. Ici, des gens comme Fisk étaient connus. Ils étaient connus parce que leurs actes influençaient des vies.

En l’occurrence, Fisk était un chasseur de têtes pour le réseau de proxénétisme le payant. C’était un organisme criminel tentaculaire dont les extrémités couvraient de nombreux blocs et allaient se perdre jusqu’aux cimes, et personne ne cherchait donc à saisir son existence. Fisk était le proxénète. Il échangeait des profils intéressants contre de belles sommes de devises et obtenait souvent une réponse favorable. Les gens étaient, tout simplement, plongés dans la misère plus souvent que bercés par le confort.

Mais Fisk était aussi un escroc. Lorsqu’il ne trouvait pas ce qu’il cherchait par des moyens conventionnels, des moyens que certains ici diraient honorables, ou honnêtes, il s’arrangeait pour forcer ses cibles, les plongeant dans des situations dont lui seul pouvait les sortir. C’était déjà d’une cruauté sans nom, mais il avait aussi fini par atteindre le plus bas creux du caniveau en payant ses victimes avec des faux. Une association de victimes avait fini par se constituer et avait survécu assez longtemps pour rassembler une somme suffisante pour solder Fisk. Il semblait que même ses patrons cherchaient désormais une excuse pour le remplacer.

Jack avait répondu présent. Il avait conduit la Banshee ici pour faire installer la dernière optimisation de son scanner de failles auprès d’un mécanicien d’un bloc voisin, et il avait reçu l’annonce et pris le contrat le temps d’attendre que ce soit fait. Un malfrat prétentieux à prendre vivant. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?


◕ Ѫ ¯ º ѧ


« Et merde ! Me claque pas entre les doigts ! »

Fisk s’étouffa dans un rire sanguinolent, apparemment indifférent à son sort. Il avait compris que si son agresseur mystérieux le voulait en vie, c’était pour le livrer à quelqu’un. Ca voulait dire qu’il allait se faire torturer un moment avant de crever. Il en avait conscience. Pourtant, une partie de lui espérait encore de survivre, aussi tenait-il son pansement compressif gorgé de sang fermement pour chercher à limiter le saignement.

Jack râlait. Ça s’était mal passé. Très mal. L’informateur qu’il avait dégoté l’avait envoyé dans un guet-apens, lui donnant l’adresse non pas de la planque personnelle du trafiquant d’âmes damnées, mais d’un tripot clandestin rempli de criminels et de joueurs peu enclins à se laisser déranger. Dès qu’il avait poussé la porte, et après quelques secondes de réalisation des deux côtés, les armes avaient commencé à sortir et les détonations s’étaient déchaînées. Le Tanexien ignorait comment il s’en était sorti. Il lui semblait que certains en avaient profité pour tenter de régler une dette et que la fusillade était devenue confuse, beaucoup de tireurs se reportant vers d’autres cibles avec inquiétude et tirant sur tous ceux qui faisaient mine de diriger leurs viseurs sur eux avec la même anxiété.

Il avait fini par coincer Fisk, mais le gars l’avait accueilli en se jetant sur lui avec un poignard à monofilament. C’était une belle saloperie, extrêmement coupante. Jack avait réagi pour survivre, esquivé le coup, détourné la force du bandit et retourné l’arme contre lui, lui perçant le foie dans un coup sec et brutal avant de réaliser son erreur. Maintenant, il traînait sa prime en passe de périmer, vomissante et chancelante, jusqu’au dispensaire que quelqu’un lui avait indiqué de quelques mots, semblant comprendre qu’une vie devait être sauvée.

On lui avait dit qu’à un moment, il pourrait se guider aux vibrations des basses. Qu’il y serait presque alors. Et il se savait donc presque rendu. Il ne cherchait pas à comprendre dans quel genre d’endroit il arrivait. Il voulait juste empocher sa prime. Tant pis s’il en dépensait une bonne partie dans les soins de ce tocard.

Quelque chose, cependant, lui laissa penser qu’il risquait d’avoir du mal à y parvenir. En effet, comme il approchait de la porte, son oreille entraînée remarqua soudain un autre rythme irrégulier accompagner les drones mathématiques. Il y avait une fusillade à l’intérieur. Quelle veine ! Il risquait de retrouver le médecin mort à présent. Refusant de laisser tomber et concentré sur son objectif, il laissa Fisk glisser le long du mur et s’asseoir près de la porte avant de se préparer à intervenir, et de faire tout son possible pour secourir la personne tenant ce curieux établissement.
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Kaz L.

Humain(e)

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 1 vendredi 07 août 2026, 22:44:14

Les basses arrivent avant le dispensaire. Elles remontent les conduites d'aération comme un second souffle, s'insinuent dans les passerelles métalliques et font vibrer les rambardes rouillées que les habitants ne remarquent même plus. Sous les semelles, l'acier pulse avec régularité, comme si tout le bloc possédait un cœur mécanique dissimulé dans ses entrailles.

Puis, lorsqu'on tend l'oreille au-delà du grondement électronique...

Une guitare. Quelques accords clairs, presque poussiéreux.

Le chant lointain d'un violon vient s'y mêler, mélancolique, avant d'être englouti par des nappes synthétiques et une ligne de basse profonde. Un mélange étrange. Inattendu. Une vieille âme habillée de néons.

La musique ne cherche pas à couvrir le vacarme de la ville. Elle semble au contraire dialoguer avec lui.
À l'intérieur, les murs vibrent au même rythme que les lampes suspendues.

Une guirlande lumineuse clignote paresseusement au-dessus d'étagères encombrées de bocaux, de composants cybernétiques et de flacons étiquetés d'une écriture vive. Des outils pendent à des panneaux magnétiques. Plusieurs drones médicaux glissent silencieusement dans la pièce, leurs diodes colorées traçant de brèves lueurs bleutées dans l'air saturé d'odeurs d'antiseptique, de métal chaud... et de café oublié depuis bien trop longtemps.

Au milieu de ce désordre méticuleusement organisé… Kaz L.

Elle ne voit plus rien d'autre que son patient. Ses cheveux, dont les racines se parent d'un bleu saphir profond avant de se fondre progressivement dans un violet intense jusqu'aux pointes, sont relevés à la va-vite en un chignon maintenu par deux longues aiguilles d'acier. Quelques mèches rebelles ont déjà retrouvé leur liberté et oscillent au rythme des basses. Ses avant-bras tatoués disparaissent sous des gants chirurgicaux.

Ses yeux, eux, ne quittent jamais la plaie.
- Dronix, aspiration.

Le petit appareil pivote aussitôt.
- Aspiration en cours.

Une sonde vient remplacer une pince. Une pince succède à un fil de suture. Chaque geste trouve naturellement le suivant. Sans hésitation. Sans empressement. Comme si ses mains dansaient avec la musique plutôt que de lutter contre elle.

Un bip discret résonne.
- Pression stabilisée.

La jeune femme laisse échapper un léger sourire.
- Tu vois ? Je t'avais dit que tu pouvais attendre deux petites minutes avant de mourir.

Le patient, encore conscient malgré l'anesthésie locale, laisse échapper un souffle qui ressemble autant à un rire qu'à une grimace.
- Ouais...

- Merci. Ça m'arrange.

Une dernière suture. Puis une autre. Elle serre délicatement le fil. Le coupe. Observe son travail quelques secondes. Presque aucune marque. Comme toujours.
- Voilà...

Elle incline légèrement la tête, visiblement satisfaite.
- Tu reviendras dans une dizaine de jours. Et cette fois, essaie d'éviter les balles. Elles finissent par devenir répétitives.

Le blessé esquisse un sourire fatigué.
- J'vais essayer...

- Je note ça dans ton dossier : patient optimiste.

À cet instant...

Quelque chose change. Pas un bruit. Une absence.

Les basses continuent de faire vibrer les murs. Les drones poursuivent leur ronde. Mais, derrière tout cela...

Des pas. Lourds. Irréguliers. Le frottement d'un corps que l'on soutient. Le souffle plus court de quelqu'un qui porte bien plus que son propre poids. La Doc n'a pas besoin de lever la tête. Elle écoute.
Son regard glisse machinalement vers l'écran holographique où défilent encore les constantes de son patient. Ses doigts retirent leurs gants. Un. Puis l'autre. Elle les laisse tomber dans le collecteur.

Dehors. Une silhouette s'immobilise devant la porte. Une autre s'affaisse contre le mur.

Le bois renforcé vibre sous une main qui hésite un bref instant. À l'intérieur, un des drones annonce calmement :
- Salle opératoire disponible.

Kaz tend simplement la jambe. Du bout de sa chaussure, elle presse une petite pédale métallique fixée au pied de son établi. Instantanément, la musique baisse d'un cran. Pas complètement. Juste assez pour laisser davantage de place aux voix.

Elle attrape une compresse propre. Essuie distraitement ses mains. Puis tourne enfin la tête vers l'entrée. Ses yeux malachite se posent sur la porte...

Au moment précis où celle-ci s'ouvre. Un homme apparaît. Grand. Armé. Le souffle court. Les vêtements encore marqués par la poussière et la poudre.

Et, malgré la distance, Kaz remarque aussitôt plusieurs détails. La façon dont ses épaules restent contractées. Sa respiration un peu trop haute. Une légère raideur dans sa jambe gauche. Une éraflure récente sur sa manche. Il tient encore debout. Mais il a puisé loin dans ses réserves.

Son regard descend ensuite vers l'homme adossé contre le mur. Le sang. Beaucoup trop de sang. Une plaie abdominale. Probablement profonde. Le diagnostic s'esquisse déjà dans son esprit avant même qu'elle n'ait approché.

Son expression ne change pas. Ni surprise. Ni inquiétude. Simplement cette concentration paisible qui semble remplacer toutes les autres émotions lorsqu'une vie est en jeu.

Sa voix s'élève enfin, couverte par les dernières notes du morceau. Calme. Naturelle. Comme si cette scène faisait simplement partie de son quotidien.
- Ne restez pas sur le seuil.

Elle désigne d'un signe de tête la seconde table d'intervention déjà débarrassée et préparée. Son éternel sourire insolent revient éclairer son visage.
- Posez-le là.

Une infime pause.

Son regard revient sur Jack, l'observe encore une seconde. Puis ajoute avec une simplicité presque désarmante :
- Et vous aussi.

Elle penche légèrement la tête.
- Vous boitez.

Jack Marston

Humain(e)

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  • Fiche — Chalant

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    Jack est un ancien militaire devenu chasseur de primes. Après avoir un temps servi sur le Masterclass sous les ordres de son frères d'armes Spike Masters, il a décidé de prendre son indépendance et il trace avec optimisme et positivité de primes en galères à travers l'espace et, parfois, les dimensions.

Re : Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 2 samedi 05 septembre 2026, 03:00:27

En ouvrant la porte et en découvrant la clinique, qui faisait plus penser à un atelier et à un salon de tatouage edgy qu’à un établissement médical, Jack arriva très vite à la réalisation qu’il devait passer pour un gros benêt. Arme à la main, il réalisa, la musique baissant, qu’il avait pris une série de battements particulièrement secs et puissants pour des coups de feu. C’était extrêmement embarrassant, et encore plus dans la mesure où la praticienne l’accueillit d’une passivité flagrante avant de se tourner vers lui et de presque lui reprocher de prendre son temps.

Secoué, mais conscient de l’urgence, Jack remit vite la sécurité de son pistolet avant de le ranger et de récupérer son contrat au sol. Il était fatigué et devait effectivement avoir l’air d’avoir traversé le no man’s land pour tomber sur une tranchée poussiéreuse en plein été, mais Jack était plein de ressources. Ses amis le connaissaient bien pour ça. Il n’eut aucun mal à récupérer le blessé et, celui-ci fatiguant, en revanche, nettement plus, et tournant de l’œil maintenant qu’il était assis, il le hissa sur ses épaules avant de lui faire passer prudemment la porte et de la porter d’un pas preste vers la table désignée.

Il le posa de cette manière rude mais courtoise que développaient les soldats à force d’évacuer des camarades. Les fesses trouvèrent la surface froide avec un léger choc, et il le manipula rapidement, mais avec une précision née de l’habitude, et avec une prudence lui évitant tout choc supplémentaire. En se reculant, il eut un regard pour l’autre patient, mais il le détourna vite par pudeur, et il s’écarta pour laisser la place à la jeune femme qui, à sa surprise, le prit aussi en charge. Elle lui fit remarquer son boitement et le vétéran baissa la tête pour examiner sa jambe. Il renifla en notant l’absence de blessure mais, maintenant qu’elle le disait et qu’il ignorait les effets de l’adrénaline, il réalisait que, oui, il avait mal.

« Cet homme vaut cher, remarqua-t-il finalement en repérant un tabouret. Vous pensez pouvoir le sauver ? »

Il boitilla jusqu’à l’assise repérée et s’y installa avec un soupir de soulagement. L’excitation descendait vite, maintenant, et le dégrisement s’accompagnait d’une prise de conscience tout aussi rapide de la fatigue et des commotions, et des douleurs les accompagnant. Maintenant qu’il se posait, aussi, il prenait davantage conscience de son environnement, et en particulier de la personne chez qui il avait débarqué. C’était un cadre extrêmement inorthodoxe, mais il s’y était attendu. Ce qui l’étonnait peut-être était la jeunesse apparente du médecin qui, selon la femme l’ayant envoyée là, avait excellente réputation. S’était-il fait avoir par la grand-mère d’une arnaqueuse ? Il le verrait vite.
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Kaz L.

Humain(e)

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 3 mardi 08 septembre 2026, 23:12:10

La question de Jack reste suspendue quelques secondes.
« Cet homme vaut cher...Vous pensez pouvoir le sauver ?»

Kaz ne répond pas. Pas immédiatement. Son regard demeure fixé sur Fisk.

Le sang continue de s'échapper de la plaie abdominale, glissant entre ses doigts avant de tomber en gouttes épaisses sur le revêtement métallique de la table. Le moniteur accroché à son flanc émet un bip irrégulier. Un autre. Plus lent.

Elle penche légèrement la tête. Puis ses doigts claquent une fois.
- Dronix. Cartographie vasculaire.

Le petit drone quitte son emplacement avec un léger sifflement mécanique et vient se positionner au-dessus de Fisk. Une lumière blanche balaie son abdomen avant qu'une projection holographique ne se déploie dans les airs. Des réseaux de vaisseaux apparaissent. Certains brillent normalement. D'autres clignotent.

La jeune médecin plisse légèrement les yeux.
- Hémorragie interne importante.

Une seconde d'observation.
- Probablement hépatique.

Elle attrape déjà une seringue.
- Coagulant.

Un bras mécanique apparaît à côté d'elle et dépose le nécessaire dans sa main. Puis, sans prévenir...

La musique change. La première guitare saturée de Welcome to the Jungle déchire l'atmosphère. Le morceau est vieux. Terriblement vieux selon les standards de cette ville. Une guitare agressive, une batterie lourde, une énergie presque animale qui contraste violemment avec les nappes électroniques qui accompagnaient jusque-là le travail de Kaz.

Elle esquisse un sourire.
- Ah...

Ses yeux reviennent sur Fisk.
- Celui-là, je l'aime bien.

Et elle se remet au travail. Ses gestes s'accélèrent. Pas suffisamment pour devenir précipités. Simplement plus précis. Une pince. Une compresse. Une sonde.

Le drone se déplace au-dessus d'elle et lui transmet en temps réel les informations dont elle a besoin.
- Pression en chute.

- Je vois.

Elle injecte le coagulant. La guitare gronde dans la pièce.

Kaz fredonne machinalement quelques paroles, presque couverte par la musique.
“Welcome to the jungle,
It gets worse here everyday
Ya learn ta live like an animal
In the jungle where we play…
”

Ses doigts plongent de nouveau dans la plaie. Le sang macule ses gants. Aucune hésitation.

Elle trouve enfin ce qu'elle cherche.
- Là.

Ses yeux s'illuminent légèrement.
- Dronix, aspiration ciblée. Maintenant.

Le petit appareil obéit. Le sang disparaît progressivement de son champ de vision. Le rythme du moniteur reste inquiétant. Kaz ne quitte pas l'écran des yeux.
- Allez...

Un murmure. Presque affectueux.
- Tu ne vas quand même pas me faire travailler pour rien.

Elle attrape une fine aiguille chirurgicale. La vieille guitare hurle derrière elle. Kaz fredonne encore quelques mots.
“If you got a hunger for what you see
You'll take it eventually
You can have anything you want
But you better not take it from me.
”

Puis son geste tombe exactement au bon endroit. Une seconde. Deux. Le bip du moniteur change. Plus régulier. Kaz ne sourit pas immédiatement. Elle attend. Observe. Contrôle une nouvelle fois les constantes.

Là seulement, ses épaules se détendent légèrement.
- Voilà.

Elle pose l'instrument.
- C'est mieux.

Le drone confirme quelques secondes plus tard :
- Hémorragie contrôlée. Pression stabilisée.

La doc’ laisse échapper un souffle discret.
- Merci.

Elle commence à refermer. Une suture. Puis une deuxième. Ses mains retrouvent leur rythme tranquille tandis que la musique continue de résonner autour d'elle.

Lorsqu'elle termine enfin, elle observe la cicatrice quelques secondes. Fine. Propre. Presque discrète malgré la violence de la blessure.

Elle retire ses gants. Le morceau continue encore quelques instants.

Puis Kaz se tourne enfin vers Jack, comme si elle venait simplement de passer au dossier suivant. Ses yeux cyan descendent vers sa jambe.

Elle s'approche.
- À votre tour.

Elle s'accroupit devant lui. Ses doigts viennent effleurer son genou, puis descendent lentement le long de sa jambe sans appuyer suffisamment pour provoquer une douleur inutile. Elle observe la manière dont il répartit son poids, langle de son pied, la tension de certains muscles.

Puis elle sort un petit scanner de la poche de sa blouse.
- Pas de plaie ouverte.

Elle fait glisser l'appareil le long de sa jambe. Bip.

Kaz hausse légèrement un sourcil.
- Mais vous avez pris un sacré choc.

Un autre passage du scanner.
- Et l'adrénaline vous a probablement empêché de remarquer que ça commençait à gonfler.

Elle relève finalement les yeux vers lui. Un sourire revient au coin de ses lèvres.
- Vous avez de la chance.

Une courte pause.
- Vous êtes le deuxième problème le plus urgent de cette pièce.

La sauvageonne se redresse légèrement.
- Ce qui, chez moi, est plutôt bon signe.

Jack Marston

Humain(e)

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Re : Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 4 samedi 12 septembre 2026, 04:30:11

A la manière dont la fille était restée figée à sa question, Jack craignit d’avoir fait une bourde en la posant, et d’avoir eu tort d’associer une valeur pécuniaire à la vie de cet homme. De ce qu’il savait de ce monde et de cette société, similaire à toutes celles ayant conduit à ce genre d’enfer et y perdurant, il en doutait beaucoup. Mais il y avait toujours des originaux. Il faillit se redresser et lui demander d’agir mais, à peine ses muscles avaient-ils commencé à s’agiter que la belle se mit en action, d’un coup net, appelant un drone et entamant sa procédure.

Jack se détendit et se décida à attendre, suivant l’opération avec une fascination prudente. Il avait fait la guerre. Il connaissait les blessures et ce qu’il fallait faire pour les soigner, ou pour éviter qu’elles ne tuent. Il connaissait aussi certains mots, sans forcément en connaître le sens. A force de rapporter des blessés à l’arrière, on apprenait lesquels impliquaient quelles chances de survie, aussi grimaça-t-il à hépatique et serra-t-il les dents en suivant le début des événements, impuissant et condamné à l’attente.

Appuyé là où il était, il avait une vue imprenable sur les choses. Ce qui n’est pas forcément du goût de tout le monde, mais il avait les boyaux solides. Non, il se prit surtout assez vite de curiosité pour cet environnement si curieux pour un établissement de santé, un univers si loin du cadre souvent très neutre et formel de la plupart des établissements. On trouvait des mondes où la couleur était considérée comme une part du processus curatif, mais jamais ainsi. Pas à sa connaissance.

Et puis, il y avait cette musique, toujours là. Quand elle changea et que la fille approuva avec enthousiasme sans cesser de travailler, sa contemplation fut immédiatement tirée des lieux à la propriétaire, tandis que ses oreilles se tendaient à la recherche de ce qu’elle aimait, pas pour plaire, mais par simple curiosité.

Le morceau de rock, ses percussions et ses vers graves, remplirent littéralement salle, corps et esprits tandis que l’intervention s’engageait pour de bon, et Jack la regardait faire. Ou plutôt, il la regardait, elle, sous les néons bleutés. Ses cheveux violets brillants aux racines d’un bleu stellaire en chignon, sa tenue à la fois pratique et informelle, les marques des prothèses autrement invisibles à ses bras. Choix ou contrainte ? Il l’ignorait. Il le découvrait. Il découvrait une femme forte, sauvage et professionnelle, qui se donnait à fond sur la musique comme sur son patient, prospérant dans cette ambiance de guerre en battant le rythme d’un chant sur les instincts primaires et le désir de conquête et de possession, sur les pulsions sexuelles naturelles et profondes guidant tout être. Il la découvrait médecin, et il la découvrait femme. Il voyait ces mains plonger dans la plaie pour sauver ce patient. Il voyait cette silhouette féminine et puissante vivre pleinement toute sa passion et ses instincts. Il entendait cette voix défier la Mort avec conviction, et voyait ces yeux brillants exprimer tout son plaisir d’être là.

Oui, Jack resta scotché là, bêtement, bloquant sur elle avec fascination. Il se trouva admiratif de la beauté pure se tenant devant lui comme de la vie palpitante courant dans toute chose en elle. Il se trouva attiré par son aura vive et entière, désireux de sa proximité, rêveur de son contact.

« Hémorragie contrôlée. Pression stabilisée. »

« Merci. »

Quand Dronix annonça la fin de la récré, le mercenaire sortit de sa transe tourmentée en un clignement d’yeux et chassa rapidement ses pensées d’un redressement et d’un soupir, et d’un secouement de tête. Il ne pouvait pas se faire des idées pareilles, comme ça, alors qu’elle était juste en train de bosser et qu’il repartirait dès que Fisk serait transportable ! Il se maudit et reposa un regard vaguement plus raisonnable sur la scène, la voyant finir ses sutures.

La musique n’était pas encore finie. Elle avait été très rapide. Les paroles et le rythme continuaient à vibrer en lui, jouant les cordes de son être comme les fils d’un pantin. Et comme elle se tournait vers lui et plantait ses yeux d’un bleu improbable sur lui, il se surprit à frissonner et à déglutir. Pas de peur. Ou plutôt, pas de peur pour lui. Mais de peur d’être tenté de dépasser les bornes.

Autant dire qu’il fut contraint de garder les yeux droit devant lui lorsqu’elle s’accroupit devant lui et que ses doigts, de fer dans des gants de velours, commencèrent à le saisir, à le palper et à l’ausculter. Elle travaillait. Il dut se le rappeler. Ne pas laisser ses pulsions sauvages dominer ses songes, même si cette chanson entretenait vivement la tentation.

Il se risqua à rabaisser le regard lorsque, le toucher cessant, les machines l’examinant à la place, il se résolut à recueillir son diagnostic les yeux dans les yeux ; pour la trouver là, souriante en levant la tête vers lui, accroupie devant lui. Il déglutit encore et hocha la tête plutôt que de répondre, avant qu’un sourire ne soit rendu comme elle le rassurait sur son état et se relevait, enfin, lui permettant de souffler. Quoique cette proximité entre eux n’aidait en rien, en vérité, comme il sentait subitement sur elle le mélange de produits d’hygiène, de désinfectants et d’effort émanant d’elle, mélange brut et complet épousant à merveille sa personnalité. Il la fixa un instant sans un mot, l’air hagard, suspendu à son regard cyan, à son souffle chaud glissant une fraction de seconde sous son nez, captif de cette torpeur voulue par la lutte contre une fascination confinant à l’obsession.

« Alors, parvint-il quand même à dire, humectant ses lèvres sèches, on ne coupe pas ? »

C’était la question classique du soldat blessé au front. La peur de tous et la blague cruelle qu’on se faisait à l’idée d’une blessure. Il s’y était rabattu par instinct, se sauvant de la transe, brisant le sort d’un renvoi brutal à ses bases, et il ricana doucement, se préparant à s’excuser pour la question de mauvais goût quand, tout d’un coup, à sa gauche, la porte s’ouvrit brutalement, attirant leur attention.

Trois individus patibulaires entrèrent. Là encore, l’instinct entra en jeu. Jack ne les sentait pas. Il repéra vite l’absence de malade ou de blessé apparent. Et il repéra les armes une fraction de seconde après. Sa main était déjà au holster, qu’il avait déboutonné par réflexe, et il ira son revolver pour mettre la bande en joue dans un réflexe conditionné, pivotant sur sa bonne jambe pour leur montrer son profil, et attrapant Kaz de sa main libre pour la glisser derrière sa stature robuste et la couvrir de sa personne.

« Doc ! Il est temps de passer à la caisse ! »

Des collecteurs de dettes ?! Jack n’aimait pas leur ton. Ils étaient venus pour en découdre, pour casser du mobilier, et peut-être une partie de leur créancière. Bien qu’il n’aurait pas dû s’en mêler, le vétéran n’était pas du genre à regarder bêtement sans rien faire. Il avait décidé qu’il aimait bien le doc, même si une bonne partie de ce jugement rapide reposait sur une appréciation qui n’avait rien ni de raisonnable ni de raisonné.

« Et si vous me disiez qui vous êtes et pourquoi vous êtes là ? »

Deux des bandits tirèrent enfin leurs armes, les pointant vers lui. Le meneur, lui, le découvrit avec surprise, mais retrouva vite un air suffisant et condescendant en écartant les mains avec bonhommie.

« Et t’es qui, toi ?! Bah, rien à foutre… Marek a contracté une grosse dette pour sauver sa p’tite Kaz. Et l’échéance est passée depuis belle lurette. Alors, où est la thune ? J’espère qu’elle a pas servi à payer tes services de protection, mec, parce que tu m’fais pas peur, et tu fais pas l’poids. »

Il tira son arme à son tour. En effet, Jack était largement dépassé. Il était bon. Vraiment bon. Et les munitions qu’il avait chargé… Disons qu’elles avaient de quoi les surprendre s’ils en arrivaient là. Mais il serait forcément blessé, cette fois. Pourtant, il n’avait pas peur. La Mort, lui l’avait exorcisée de longue date. Et il sourit narquoisement en tenant sa position.

« Allons, messieurs, on ne va pas en arriver là, non ? Laissez un rappel à Madame et rentrez chez vous, et nous dormirons tous dans nos lits dans quelques heures plutôt que de moisir ici. »
--

Kaz L.

Humain(e)

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 5 vendredi 18 septembre 2026, 22:07:19

Le rire de Jack est encore suspendu dans la pièce lorsqu'un bruit sec retentit derrière eux.

La porte.

La Doc’ tourne légèrement la tête.

Trois silhouettes viennent de franchir le seuil. Elle ne bouge pas. Son regard les parcourt rapidement. Trois hommes. Trois armes visibles. Aucun blessé. Aucun patient. Aucun signe d'urgence médicale. Donc trois problèmes.

Jack, lui, réagit avant même qu'elle ait terminé son observation. Sa main glisse vers son holster. Son arme apparaît. Et, dans le même mouvement, sa main libre vient saisir Kaz pour la ramener derrière lui, couvrant sa silhouette de la sienne. La jeune femme reste une fraction de seconde immobile contre son dos. Ses sourcils se soulèvent. Elle allait probablement lui faire remarquer qu'elle n'avait pas besoin d'être protégée.

Mais un des trois importuns à l'avant parle.
- Doc ! Il est temps de passer à la caisse !

Kaz ne répond toujours pas. Jack, lui, demande qui ils sont et ce qu'ils veulent.

Le meneur ricane. Puis les mots tombent.
- Marek a contracté une grosse dette pour sauver sa p'tite Kaz. Et l'échéance est passée depuis belle lurette.

Le temps semble se contracter. Clac. La dernière partie de "Welcome to the Jungle" arrive à son terme derrière eux. Une guitare crache encore quelques notes. La batterie résonne une dernière fois. Puis le morceau s'achève dans un grésillement. Comme un vieux disque que l'on aurait poussé jusqu'à la dernière rotation.

Silence.

La jeune femme ne bouge pas. Son regard reste fixé sur l'homme.

Le moniteur de Fisk continue pourtant d'émettre ses bips réguliers derrière elle. Un drone passe lentement au-dessus de la table d'intervention.

Quelque part, une goutte de liquide tombe dans une bassine métallique. Ting.

Elle baisse les yeux. Sa main quitte doucement le bras de Jack et l’effleure sans le vouloir. Pas pour s'éloigner de lui. Pour passer. Elle contourne simplement sa silhouette, avec cette tranquillité presque déroutante de quelqu'un qui refuse de laisser un inconnu décider de la place qu'elle doit occuper dans sa propre clinique.

Une pression de son index sur la console. La musique repart. Mais pas la même. Quelques notes de guitare. Sèches. Sombres. Puis le rythme s'installe. Obstiné. Hypnotique. "Paint It, Black".

Kaz avance d'un pas. Son visage a changé. Le sourire insolent a disparu. Ses yeux cyan ne brillent plus de cette malice permanente qui semblait les habiter quelques secondes plus tôt. Ils sont calmes. Terriblement calmes.

Elle regarde le meneur.
- D'abord...

Sa voix est douce. Presque trop douce.
- Ce n'était pas ma dette.

Elle incline légèrement la tête.
- C'était celle de Marek.

Ses doigts se referment autour du petit scanner médical qu'elle tient encore. Elle le fait tourner distraitement entre ses doigts.
- Et il n'a pas contracté cette dette pour me sauver.

Une pause.
- Il l'a contractée pour que je puisse continuer à travailler.

Ses yeux glissent brièvement vers Fisk. Vers les instruments. Vers les drones. Vers les cicatrices tatouées sur ses propres avant-bras. Tout ce que Marek lui a appris. Tout ce qu'il lui a laissé.

Puis son regard revient aux trois hommes.
- Alors...

Elle sourit. À peine. Mais ce n'est plus son sourire habituel.
- Vous allez m'expliquer quelque chose.

Elle avance encore d'un pas.
- Comment un homme qui est mort depuis des années peut encore vous devoir de l'argent ?

Le meneur semble prêt à répondre. La propriétaire des lieux lève simplement un doigt. Pas pour le menacer. Pour l'arrêter.
- Et avant que vous me répondiez...

Elle désigne vaguement leurs armes du menton.
- Vous allez peut-être vouloir les ranger.

Un silence.

Le morceau continue. Son rythme régulier emplit l'espace.

Kaz ne regarde même pas les canons braqués sur elle.
- Parce que vous êtes dans un cabinet médical.

Elle laisse passer une seconde.
- J'ai encore un patient sur cette table.

Son regard se pose brièvement sur Fisk. Puis revient sur eux.
- Et j'ai déjà assez de travail comme ça.

Un sourire plus franc apparaît enfin. Mais quelque chose de froid demeure derrière.
- Alors ne me faites pas perdre mon temps.

Elle penche légèrement la tête.
- Je déteste ça.

Un nouveau silence. Kaz fait tourner le scanner entre ses doigts. Puis ajoute, avec une simplicité presque désarmante :
- Et je vous déconseille vraiment de me donner une raison de sortir autre chose qu'un instrument médical.

Ses yeux descendent lentement vers leurs armes. Puis remontent.
- Vous risqueriez d'être surpris par tout ce qu'on peut faire avec du matériel de chirurgie.

La musique continue. Fisk respire. Jack tient toujours son arme.

Et Kaz, elle, demeure debout au milieu de son dispensaire. Parfaitement calme. Comme si les trois hommes venaient simplement d'entrer dans une pièce où ils n'avaient pas encore compris qu'ils étaient chez elle.

Jack Marston

Humain(e)

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  • Fiche — Chalant

    Description
    Jack est un ancien militaire devenu chasseur de primes. Après avoir un temps servi sur le Masterclass sous les ordres de son frères d'armes Spike Masters, il a décidé de prendre son indépendance et il trace avec optimisme et positivité de primes en galères à travers l'espace et, parfois, les dimensions.

Re : Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 6 mardi 06 octobre 2026, 18:05:34

Jack mesurait ses chances d’en réchapper. Elles étaient maigres. Il se connaissait et, à condition de ne pas prendre une bastos dans la tête, dans le palpitant ou dans le foie, il avait de bonnes chances de s’en tirer. Même pour le foie, au vu de la planète et du lieu, c’était jouable. Il avait assez de cicatrices pour témoigner de son expérience en matière d’aimant à balles. Mais il était déjà fatigué. Il était blessé. Et il avait une civile à protéger. Il allait tout se prendre dessus. Ses chances n’étaient pas maigres. Elles étaient rachitiques.

Puis, la situation avait évolué. Il avait senti la doc bouger et l’effleurer. Son toucher avait été si assuré et délicat qu’il avait laissé faire, gardant les bandits en joue et les fixant, mais la suivant bien du coin de l’œil. Elle avait remis la musique avant de se coller dans le champ de tir et, s’il ne voyait pas son regard, il devinait à sa voix et à la réaction des types qu’elle avait de quoi leur donner matière à réfléchir.

A mesure que la musique s’élançait et qu’elle continuait, les contours des enjeux se dessinaient plus clairement. Et la tension grimpait dangereusement. Elle n’avait pas l’intention de payer. Elle ne pouvait probablement pas, de toute manière. Ce genre de types appliquaient des intérêts orduriers. S’ils venaient après des années, c’était qu’ils étaient en manque de liquidités et qu’ils comptaient bien la ponctionner sans merci. Elle devait le savoir.

Elle avait raison de leur tenir tête. Jack n’aurait probablement pas dit ça de n’importe qui, mais cette femme avait clairement les moyens de ses ambitions. S’il lisait bien entre les lignes, elle avait subi une augmentation cybernétique pour lui permettre de bouger, et si ce monde obéissait aux mêmes règles que ses analogues, son système nerveux devait être particulièrement fin et réactif. Elle avait des capacités physiques exceptionnelles, à n’en pas douter. Et elle savait se servir d’un scalpel.

Les bandits, eux aussi, avaient bien compris la situation. Mais peut-être avaient-ils évalué leurs chances autrement. Soit ça, soit ils étaient là pour rembourser leur propre dette et considéraient qu’ils seraient de toute façon morts s’ils partaient les mains vides. Impossible à dire. Leurs motivations étaient inconnues. Mais elles étaient assez fortes pour les pousser à insister. En vérité, leur nouveau chef était du genre à vouloir imposer son autorité par de belles démonstrations de force, et ceux qui ne démontraient pas leur force…

« Nan mais tu t’prends pour qui, la minette ? »

Le leader du trio éclata de rire. Un rire un peu forcé, pour se redonner du courage, qui eut au moins un effet contagieux sur ses camarades, rassurés par son assurance apparente. Plutôt que de ranger leurs armes, ils les pointèrent plus ostensiblement. Un sur Fisk. Un sur Jack. Et le canon du leader sous le menton de Kaz.

« C’est pas toi qui décides des règles ! Une dette, ça s’repaye ! Mais puisque tu insistes pour faire des soucis… »

Le gars eut un sourire sinistre. L’échine de Jack trembla d’un coup de froid. Ce tueur était déterminé à faire couler le sang, maintenant. Il raffermit sa prise et hésita sur le bandit à mettre en joue, entre celui qui le ciblait et celui qui menaçait son gagne-pain.

« Alors, tes patients, on va t’en débarrasser. Après ça, on prendra tout c’qui a d’la valeur ici. Et pour finir, on se compensera avec ce joli p’tit cul que tu remues un peu trop partout. »

Il se lécha les babines, pressant son canon au creux de la gorge du médecin en ricanant.

Tout se passa très vite. Les bandits se préparèrent à tirer. Jack perçut le mouvement de la femme avant de vraiment le voir. D’une pulsion, il réagit, pointa son viseur vers les yeux du type qui se préparait à abattre Fisk. Il caressa la détente. Le coup partit.

Le temps que la détonation finisse, tout était déjà terminé.
--

Kaz L.

Humain(e)

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 7 dimanche 11 octobre 2026, 22:10:07

Le canon presse contre sa gorge. Le métal est froid. Désagréablement froid.

Kaz baisse brièvement les yeux vers l'arme, puis les relève vers son propriétaire. Son sourire s'étire lentement, avec cette insolence presque insoluble qui lui tient lieu de mécanisme de défense depuis qu'elle est assez grande pour comprendre que, dans les profondeurs, montrer sa peur revient parfois à tendre le cou.
- Oh, chéri… Tu sais que c'est vraiment impoli de pointer un flingue sur quelqu'un qui essaie de te sauver la vie ?

Paint It, Black continue de vibrer dans les haut-parleurs. Les basses s'insinuent sous les côtes, la guitare grince, et les doigts de Kaz frôlent le bord du plateau d'instruments.

Son regard glisse une fraction de seconde vers Fisk. L'homme armé le vise toujours.

La plaisanterie meurt presque aussitôt sur ses lèvres.
- Et puis, franchement… le coup du joli petit cul, c'était nécessaire ? Tu menaces de me tuer, tu insultes mon travail et tu me fais des avances dans la même phrase. T'as vraiment aucune notion du consentement, toi.

Elle incline légèrement la tête, juste assez pour que le canon appuie plus durement contre sa peau.
- Ça doit être épuisant d'être aussi con.

Le sourire demeure. Mais ses doigts se referment sur le scalpel posé près de sa main.

Elle ne calcule pas ses chances de survie. Elle ne se demande pas si elle peut désarmer trois hommes, ni si ses augmentations suffiront à compenser une balle dans le ventre.

La Doc’ voit seulement Fisk. Son patient. Et l'homme qui s'apprête à lui tirer dessus.
- Hé. Le grand.

Son regard se plante dans celui du tireur.
- T'as oublié un truc.

Le mouvement de Kaz précède sa dernière syllabe. Elle plonge.

Pas vers le sol, pas pour chercher un abri : vers la table d'intervention, vers Fisk, vers la seule chose qui compte encore à cet instant. Son épaule heurte le rebord métallique. Sa main balaie le plateau et se referme sur le scalpel.

La jeune femme le lance dans le même mouvement.

L'acier file droit vers la carotide de l'homme le plus proche, porté par un geste bref, précis, presque déconcertant au milieu de cette précipitation. Kaz connaît les corps humains. Elle connaît la distance, l'angle, la fragilité de cette petite zone où la vie circule à quelques millimètres sous la peau.

Elle n'a pas besoin de réfléchir pour savoir où frapper.

Une détonation éclate. La balle lui racle le bras.

Une douleur brûlante lui traverse l'avant-bras, déchire sa manche et ouvre une longue entaille superficielle dans sa peau. Le choc lui arrache un souffle brutal tandis qu'elle s'écrase contre la table.
- PUTAIN !

Le juron fuse avec une spontanéité presque joyeuse. Puis le coup de Jack retentit dans le dispensaire.
Le tireur qui menaçait Fisk s'effondre. Presque simultanément, le scalpel atteint sa cible : le second homme porte les mains à sa gorge, son arme lui échappe et il s'écroule à son tour.

Le troisième n'a plus devant lui qu'un dispensaire dévasté, des armes qui viennent de tomber et une médecin qui saigne sur le sol sans avoir la moindre intention de lui accorder davantage d'attention qu'il n'en mérite.

Kaz, elle, a déjà rejoint Fisk.

Elle se place devant lui, vérifie son thorax, son pouls, les moniteurs. Ses doigts courent sur les paramètres avec une rapidité fébrile, tandis que le drone médical pivote au-dessus de la table et déploie ses bras articulés pour protéger la zone opératoire.
- Allez, mon grand. Tu ne vas pas me faire le coup de mourir maintenant. J'ai déjà assez de problèmes avec les vivants.

Bip… Bip.. Bip.

Son rythme tient. Fisk respire.

La propriétaire des lieux relâche un souffle, puis baisse enfin les yeux vers son bras. Le sang coule le long de sa peau et vient tacher le bord de sa blouse.

Elle observe sa plaie. Remue les doigts. Une grimace lui plisse le nez.
- Ah, super. Une balle perdue. C'est toujours les trucs gratuits qui coûtent le plus cher.

La disjonctée attrape une compresse et la plaque contre l'entaille sans douceur particulière. La douleur lui arrache un petit sifflement entre les dents, mais elle ne s'attarde pas dessus.

Son regard se lève vers Jack.
- Bon ! Je crois qu'on peut ajouter fusillade dans le cabinet à la liste des prestations non remboursées.

Elle lui adresse un sourire de travers, les yeux encore brillants d'adrénaline.
- Vous, ça va ? Toujours entier ? Parce que si vous me claquez entre les doigts après tout ça, je vous préviens, je vais le prendre personnellement.

Elle désigne ensuite Fisk d'un mouvement du menton.
- Lui, en revanche, n'a pas fini sa consultation. Et tant qu'il respire, il reste mon problème.

Son expression se fait un peu plus froide lorsqu'elle jette un coup d'œil aux hommes à terre.
- Quant à ces charmants messieurs… j'espère qu'ils ont une bonne mutuelle.

La femme médecin se penche de nouveau sur son patient, déjà absorbée par les vérifications nécessaires, comme si elle venait simplement de traverser un incident particulièrement pénible dans une journée qui l'était déjà suffisamment.

La musique continue. Le sang goutte sur le sol. Et Kaz reprend son travail.


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