Ville de Seikusu, Kyoto, Japon, Terre > Zone Sous-Marine
Under the Sea [ft. Lyli]
Emi Nakano:
Dire qu’elle était impatiente était bien en dessous de la vérité. Des semaines qu’elle cherchait l’endroit parfait pour une séance photo. Un petit coin de verdure, suffisamment isolé, baigné par une lumière naturelle, qui saurait mettre son regard en valeur et sublimer ses traits… Enfin, pas seulement. Ne soyons pas hypocrites. Emi n’avait pas passé des heures à scroller sur les réseaux et les sites touristiques pour de simples clichés ordinaires. Ce qu’elle voulait, c’était captiver, que chaque regard posé sur elle se perde sur ses formes généreuses, sur la courbe de ses lèvres mutines, sur ce maillot de bain ridiculement minuscule qu’elle avait choisi spécialement pour l’occasion.
Après tout, ces photos, Emi comptait bien les vendre à prix d’or.
Certains abonnés se feraient un plaisir de payer pour chaque image, pendus à ses posts. Suspendus à ce mélange d’innocence et de provocation qu’elle usait savamment, qu’elle savait parfaitement doser, et ce, depuis de nombreuses années.
Ainsi, notre jeune modèle avait déniché le genre d’endroit où chaque feuille, chaque rayon de soleil, chaque grain de sable ne pourrait que conspirer pour rendre sa présence hypnotique. Et bien sûr, à cette heure-ci, Emi était seule au monde. Pas d’âme qui vive à l’horizon. Cette petite crique sauvage, nichée entre deux falaises immenses, offrait un décor à la fois intime et spectaculaire, parfait pour transformer une simple séance photo en un véritable spectacle de séduction. Plus encore, la plage valait bien toutes les cartes postales des Caraïbes : eau cristalline, sable fin et lumière dorée, elle avait presque l’impression d’être en vacances, alors qu’elle passerait cette après-midi à poser pour son appareil photo. Un travail de longue halène, n’est-ce pas ?
Qui pourrait croire une telle chose ?
Dans un sourire léger, un soupir de soulagement au bord des lèvres, Emi ne tarda pas à déposer ses affaires dans le sable, son sac à dos aussi lourd qu’un demi-tonne. Pour accéder à ce recoin, elle avait marché des heures, escaladant des sentiers escarpés et contournant des rochers glissants, sous un soleil de plomb. Heureusement, Emi était sportive, habituée à de nombreuses séances d’entraînement épuisantes – marche, course, musculation. Ainsi, cette escapade ne lui avait presque rien coûté, peut-être quelques muscles endoloris par l’effort, mais rien qui ne puisse être compensé par le plaisir anticipé de la séance. Le jeu en valait clairement la chandelle.
Mais pour l’heure, il lui fallait préparer son matériel, afin qu’elle puisse commencer son shooting photo. D’un geste marqué par l’habitude, appareil photo et autres accessoires furent sortis de son sac, réglés, réajustés, vérifiés avec une précision quasi obsessionnelle. Chaque objectif avait été soigneusement choisi, chaque filtre positionné, et le trépied installé sur le sable pour garantir la stabilité parfaite. Emi passa ses doigts sur les boutons et les molettes, testant la lumière, l’ombre et les angles, anticipant déjà les clichés les plus flatteurs. Elle savait ce qui fonctionnait. Elle n’était plus une débutante, à présent, bien au contraire.
Un dernier coup d’œil autour d’elle : le soleil effleurait l’eau d’un éclat doré, le vent jouait doucement avec les branches des arbres un peu plus loin. Par-fait. Passant une main sur sa nuque pour replacer une mèche de cheveux rebelle, Emi finit par retirer sa petite robe de sport, légère, parfaite pour plusieurs heures de randonnée. Toutefois, à cet instant, elle n’en avait plus besoin. Elle saurait la retrouver plus tard, à son départ. Nue au milieu de nulle part, ses pieds plongés dans le sable chaud, et pas le moins du monde embarrassée par une quelconque pudeur malvenue, Emi sortit plusieurs maillots de bain de son sac. Uhm, lequel porter ? Le rouge, ou peut-être le noir ? Une ou deux pièces ? Et pourquoi pas tous, chacun leur tour ? Elle avait suffisamment de temps devant elle pour en changer.
Spoiler (cliquer pour montrer/cacher)
Savourant la sensation du soleil sur sa peau, elle enfila son maillot de bain ridiculement minimaliste, ajustant les bretelles et tirant légèrement sur le tissu pour qu’il épouse parfaitement son corps. Rouge vif, ultra-mince et très échancré, son trikini dévoilait presque tout, soulignant ses hanches, son ventre plat et sa poitrine volumineuse. Il conservait juste ce qu’il fallait de tissu pour éveiller la curiosité, laissant l’imagination de ses abonnés vagabonder là où le tissu s’arrêtait. Et nul doute qu’ils avaient l’esprit fertile, pas vrai ? Elle pouvait le confirmer, au regard de tous les commentaires laissés sur ses publications, récentes comme anciennes.
Fin prête, Emi ne se fit pas prier – voilà qu’elle se plaçait devant l’objectif, une petite télécommande à la main, pour déclencher l’appareil photo à distance. Indispensable lorsqu’elle était seule. Un sourire espiègle étira ses lèvres, avant qu’elle ne s’abandonne à plusieurs poses spontanées : une main sur la hanche, assise ou allongée dans le sable, accroupie, un bras levé au-dessus de la tête, penchée en avant, ou bien, son dos cambré, ses fesses légèrement relevées. Par la même occasion, ses doigts jouèrent avec le tissu de son maillot de bain, tirant sur l'élasthanne pour dévoiler sa poitrine, ou au contraire, épouser parfaitement la forme de ses lèvres intimes. Bien qu’en réalité, la culotte du maillot était si échancrée qu’on pourrait presque douter de sa présence.
Toutefois, la brunette finit par se lasser de ces simples poses, et d’un coup d’œil vers la mer, un sourire malicieux étira ses lèvres. Pourquoi ne pas mêler l’utile à l’agréable ? L’eau scintillait sous le soleil, invitante et certainement rafraîchissante. La chaleur était si lourde qu’elle transpirait légèrement, chaque goutte perlant sur sa peau hâlée. Sans hésiter, Emi se leva, récupéra son appareil photo, heureusement étanche, et s’avança vers le rivage, sentant le sable chaud glisser sous ses pieds. Bien qu’elle ne savait pas nager, ou très peu, elle ne s’inquiétait pas outre mesure. Après tout, elle ne comptait pas trop s’éloigner du rivage. L’idée était simplement de prendre de nouvelles photos dans l’eau, de profiter de l’humidité de son maillot pour prendre de nouveaux clichés, bien plus suggestifs et audacieux.
Cette séance serait parfaite. Et ferait un carton.
Lyli:
La saison estivale prenait doucement fin, refroidissant peu à peu l’étendue d’eau salée. Si pour le commun des mortels, deux ou trois degrés en moins peut paraître modeste, il n’en est pas de même pour les créatures marines, en majorité à sang froid. Heureusement, la combinaison d'écailles de Lyli est spécialement adaptée aux variations de températures, pour ne pas souffrir de ce genre de désagrément. En dehors de l’eau, par contre, l’air sec et implacable continue de vivre, offrant pour certain sa lueur salvatrice, et pour d’autre, un supplice.
Les plages, encore pleines à craquer de vacanciers et de locaux, étaient à proscrire de ce fait pour la sirène, qui avait bien trop fait parler d’elle dernièrement. La légende d’une sirène sur les plages avait fini par être prise au sérieux à force de se répandre dans diverses bouches, et si les autorités n’y songeaient pas sérieusement, ces histoires intriguaient assez pour mener des investigations plus poussées : Une personne mal intentionnée qui “ enlevait “ ses proies sur la plage, une vaste blague visant à nuire au tourisme… Les pistes étaient variées.
Pour Lyli, qui s’était habituée au contact humain et aux amantes récurrentes, qui en plus de douceur intime lui apprenait souvent les coutumes et histoires du monde humain, cette situation devenait délicate. Elle avait dû se faire justice pour laisser passer ces rumeurs un moment et rester dans son coin, proche d’une petite crique pratiquement inaccessible ou elle y resterait seule, à s’ennuyer, à se languir du contact humain. Si bien qu’elle se demandait presque si traverser l’océan, en vue de s’installer dans un autre pays, ne serait pas une bonne idée. Après tout, c’était son but initial, découvrir le vaste monde… Mais la sirène avait fini par s’attacher étrangement à ce lieu.
Dérivant telle une planche de bois morte à la dérive, Lyli faisait l’étoile de mer, certaine de ne pas être démasquée par qui que ce soit. Alors que…
- Mhhh ? !!
Imperceptible pour un humain, les quelques bruits sourds d’affaires et de pas dans le sable se propagent à la surface de l’eau comme une onde, affolant les sens de Lyli qui plonge aussitôt sous l’eau pour ne pas être vue. Avec méfiance, elle s’approche, et se cache à proximité d’une falaise escarpée, au versant tombant net dans l’eau. Une femme ? Seule ici ? Comment aurait-elle pu trouver cet endroit et y venir toute seule ? Mhhh, elle ne semble pas avoir remarqué la présence sous-marine, et Lyli continue de l’observer déballer ses affaires, et surtout… joue les petites voyeuses devant le changement de maillot.
Ses yeux brillent d’un éclat vif, des étoiles dans ses prunelles alors qu’elle admire cette humaine…déesses ? Une humaine peut-elle vraiment être aussi belle ? Non, il s’agit sûrement d’une créature dangereuse, d’une vile succube tentatrice qui lui tend un piège avec son corps si parfait, ou d’un ange envoyée par les cieux pour punir la sirène ! Ca expliquerait comment elle a pu trouver cet endroit seule !
*Du calme Lyli… Ce n’est qu’une humaine, une très belle humaine… tu n’as eu aucun contact depuis 2 semaines… alors forcément ça te joue des tours…*
Elle se rassure en répétant se mantra alors que son cœur palpite, Elle est si hypnotisée par cette silhouette qu’elle ne se rend même pas compte d’être remontée à la surface, le haut de son visage sortant de l’eau pendant la séance photo de l’humaine. Elle sera donc sûrement sur les clichés en arrière plan. Ah, voilà qu’elle rentre à l’eau maintenant ! Lyli retourne vite se cacher, ses écailles brillantes sous la surface, tel un arc-en-ciel aquatique, sera lui aussi sûrement visible sur les premiers clichés de la belle, qui franchit la frontière d’eau salée.
Ah, maintenant qu’elle est à moitié dans l’eau c’est encore pire, les sirènes ayant comme les poissons des sens et donc également un odorat très développé dans leurs milieux… Cette fine pellicule de sueur qu’elle avait sur sa peau si parfaite se répandait, son odeur, tel un appel à la luxure, invitait presque Lyli à aller découvrir le corps de cette charmante tentatrice descendu de l’olympe… Elle s’approcha donc encore et se trahit une fois de plus en sortant cette fois la tête complètement de l’eau, dans son dos, avant de se rendre compte d’une chose.
*Cette chose c’est... la boite à image dont on m’a parlé… Ca veut dire que… oh non !*
Lyli sait qu’elle va apparaître sur les clichés maintenant, aie, loupé pour la discrétion. Mais au lieu de vite s’en aller, de prendre peur, un large sourire taquin se forme sur ses douces lèvres, Foutu pour foutu..autant s’amuser un peu plus, et faire d’autres clichés “ surprise “ !
Lyli prend donc la pose derrière elle, sans un seul bruit, montrant un peu plus de son corps en dévoilant le haut de son buste, plus loin, là où l'eau est plus profonde. Quand l’humaine semble prendre des pose plus suggestifs, la sirène fait de même, soufflant des baisers, soupesant sa poitrine, et elle s’amuse même à se mettre la tête à l’envers pour ne faire ressortir que ses jambes écaillés, très galbées et scintillant. Oops, peut-être pas la meilleure idée de montrer cette partie là ! Ça rend déjà moins humaine soudainement !
Sans s’en rendre compte, Lyli prend peu à peu plus de risque, s’approchant de plus en plus, prête toutefois à vite se cacher au moindre danger. Plus elle s’approche, plus l’étaux de la tentation se resserre… Cette couleur rouge cerise et moulante… renfermant sa lourde poitrine aux airs si moelleux, comme deux fruits défendus… et…
*Waho c’est… ça ne lui fait pas mal ? On dirait presque que le maillot va finir par éclater…*
L’échancrure si prononcée ne cache pratiquement, le coeur de Lyli bât si fort alors qu’elle est là, sous l’eau, presque entre les deux cuisses de cette femme, un peu trop subjuguée… au point d’en oublier de se faire discrète et d’entrouvrir un peu trop la bouche, soufflant une grande quantité de bulle hors de ses lèvres. Des bulles qui remontent vers la surface en caressant et en éclatant contre le maillot échancré !
*Mince !!!*
Son cœur battant toujours la chamade, elle se retourne vite en nageant à une vitesse spectaculaire, au raz du sable pour ne pas se faire remarquer, regagnant sa cachette. Ouf… c’était moins une… Il y aura surement un tas d’autres raisons à ces bulles d’airs dans l’esprit de l’humaine… Mais quelle sera sa réaction ?
En fait, la situation commençait à amuser Lyli, malgré le danger de se faire prendre.
(j’espère que tu apprécieras : D )
Emi Nakano:
Concentrée sur son appareil, ainsi que les poses qu’elle enchaînait au fil des minutes, Emi reculait mécaniquement dans l’eau, sans vraiment s’en rendre compte. Chaque pas la menait un peu plus loin du rivage ; le sable sous ses pieds devenait traître, plus meuble, et surtout, l’eau, plus vivace, plus profonde, gagnant lentement du terrain sur ses cuisses, puis sa taille. Pas plus qu’elle ne se rendit compte de cette silhouette qui se mouvait sous la surface, se rapprochant sensiblement de ses jambes, glissant entre les reflets sans un bruit. Les remous de l’eau suffisaient à masquer sa présence ; tout juste, peut-être, une ombre fugace passait-elle au bord de son champ de vision.
Toutefois, Emi sentit distinctement cette remontée soudaine de bulles, qui ne tardèrent pas à effleurer ses jambes, puis à grimper traitreusement jusqu’à ses fesses et son intimité. Ce chatouillis inattendu la fit sursauter, puis baisser brièvement les yeux, dans une exclamation surprise. Qu’était-ce ? Un poisson ? Quelque chose de plus gros, voire dangereux ? Les requins se faisaient rares dans ces eaux, seulement la crainte, foudroyante et irrationnelle, s’immisça vicieusement dans son esprit. Emi n’était pas de celles qui prenaient peur facilement, mais dans un endroit qu’elle ne connaissait pas, seule, et alors qu’elle ne savait pas nager…
Un frisson d’angoisse dégringola son échine. Incontrôlable. Irrépressible.
Soudainement, les battements de son cœur se mirent à battre plus vite, ses mains crispées sur l’appareil photo, tandis que l’eau, à présent jusqu’à sa poitrine, semblait l’entourer et l’enserrer. Une menace supplémentaire se fit sentir dans le courant imprévisible qui tentait de la déséquilibrer, rendant chaque pas plus difficile et amplifiant son sentiment de vulnérabilité. Et alors qu’elle résistait contre ces vagues insidieuses, ses pieds glissèrent vers une cuvette invisible, dans les profondeurs de la mer. L’eau, d’un bleu limpide quelques secondes plus tôt, prenait maintenant des reflets sombres. De la couleur de sa fin.
Parce qu’il n’y avait plus rien à saisir, rien à se rattraper, et Emi fut rapidement engloutie par la houle. Le monde bascula autour d’elle, le soleil disparaissant derrière un écran liquide, et la fraîcheur de la mer se mua en un froid brutal, qui l’étreignit de toutes ses forces. La jeune femme essaya de remonter à la surface, mais ses bras semblaient brasser le vide, inefficaces. Comment ne pas s’y attendre, alors qu’elle n’avait jamais appris à nager ? Bientôt, ses poumons se tendirent, brûlants, tandis que la panique s’installait, rendant ses mouvements désordonnés. L’asphyxie. Elle n’y échapperait pas, Emi le savait.
Voilà qu’elle haletait, engloutissant de petites gorgées d’eau à la place de l’air, les yeux grands ouverts dans l’effroi. Ses jambes se débattirent dans un sable invisible, incapable de trouver un appui. Son cœur battait à tout rompre, ses muscles tremblaient, et chaque seconde paraissait s’étirer à l’infini dans ce vertige liquide. Le monde était réduit à un tumulte de sensations – la brûlure dans sa poitrine, l’eau glaciale qui lui pinçait la peau, l’obscurité mouvante et oppressante tout autour.
Ce fut à cet instant qu’elle se sentit sombrer. Pas dans les profondeurs de la mer, mais bien dans les méandres de l’inconscience.
Des regrets, aux portes de la mort ?
Peut-être en éprouva-t-elle. Celui de ne pas pouvoir serrer ses parents dans ses bras, une dernière fois. De n’avoir pas profité suffisamment de son argent durement gagné, accumulé pour des lendemains qu’elle ne verrait plus. De ne pas avoir trouvé son âme-sœur, la personne qui l’accompagnerait le restant de sa vie. Tous ces manques se mirent à défiler, fulgurants, comme un film trop rapide qu’elle ne contrôlait plus. Ses jours, ses nuits, ses projets, tout semblait se dissoudre dans cette eau froide et salée. Et ces jours s’arrêtaient aujourd’hui.
( @Lyli : C'était parfait, hâte de lire la suite, eheh ! )
Lyli:
C’était moins une, Lyli ne s’est pas faite attrapée, elle peut soupirer de soulagement dans son petit coin à l'abri de toute vue, telle une murène ayant regagné sa tanière. La belle inconnue semble avoir été un peu perturbée ceci-dit, et Lyli en ricane. Ah, elle va sûrement penser que de petits poissons l'ont taquiner, se dit-elle. D’ailleurs, voilà qu’elle glisse en arrière, n’ayant pas remarqué le soudain dénivelé. C’est souvent le cas dans les petites criques au pied de falaises escarpées, les niveaux tombent soudainement, abyssalement, parfois de plusieurs dizaines de mètres. Ah ah, Elle a l’air bien fine, à se débattre comme ça pour ne pas tomber et… plouf ! Voilà qu’elle cède à la gravité, aidée par la forte houle qui termine de l’engloutir.
Lyli gonfle les joue, ferme les yeux puis, pouf de rire… Elle aurait sûrement moins rigoler et plus vite réagi si elle avait compris qu’en réalité, il y avait vraiment danger. Si la belle se débat maladroitement, ce n’est pas qu’elle cherche ses repères après la chute, c’est qu’elle ne sait pas nager, qu’elle coupe comme une enclume. Lyli ne veut pas le croire tout de suite, prenant un air interrogateur, restant planquée.
*Elle en met du temps avant de reprendre ses esprits… Bon, elle sait nager quand même, hein ? Forcément que oui… on va pas comme ça dans l’eau, toute seule si on ne sait pas nager hein… N’est-ce pas ?*
Mais Lyli commence à douter un peu et sent un frisson glacial lui parcourir le dos… Et si… Non quand même pas ? Il faudrait vraiment avoir un sacré mauvais instinct de survie…pour… Elle a quand même pas fait tout ça sans savoir nager ?!!
Il faut se rendre à l’évidence pourtant, les membres qui s’agitent, tels des fléaux désorganisés, Les bulles qui éclatent de plus en plus hors de sa pauvre bouche et de ses pauvres narines. Lyli est sur le point d’y aller lorsqu’elle s’arrête. Et si… Et si c’était un piège ? Si en fait Lyli avait été repérée, et que cette vile tentatrice le faisait exprès, jouait la comédie pour faire sortir Lyli de sa tanière et l’attraper… Le pour et le contre tournent en boucle alors que Lyli panique. Bientôt, la belle semble aux frontières de la noyade, aux portes de l’asphyxie. Elle suffoque, sa bouche rejetant l’air vicié et absorbant l’eau, la faisant ressembler à une carpe qui chercherait avidement son air absent.
*Non… non non non elle ne joue pas du tout la comédie, je dois aller la sauver ! Tant pis si je me fait prendre !*
La créature marine décide alors de fondre à toute vitesse sur la belle femme en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Elle la ceinture, l’enlaçant de ses deux mains dans le dos, pressant sa poitrine quasi nue contre les deux monts de chair de la pauvre noyée. Ah, c’est si moelleux, mais pas le temps de s’extasier, car c’est cette même poitrine que Lyli sent se cambrer, se soulever contre elle, à cause du diaphragme poussant les poumons à inspirer de force. Elle qui avait l’air d’une si belle sirène, avec ses longs cheveux flottant tout autours avec élégance… quelle ironie de la voir se noyer.
- Tiens bon… Je vais te sauver…
Arrive-t-elle à voir, à entendre, ou même à sentir la sirène en cet instant ? Lyli ne sait pas si elle est inconsciente, ou juste totalement dans les vapes. Par réflexe, elle ira déposer un bref baiser sur ses lèvres ne trouvant que l’eau, pour lui offrir à la place un peu de son oxygène, espérant faire gagner quelques secondes à ses poumons en feu.
Comme la surface n’est pas loin, ce moment paraissant surement être une éternité pour l’humaine n’aura en fait duré qu’une dizaine de secondes, entre le moment où Lyli a foncé sur elle et l’a remonté ! Elle aura même pu sur le chemin du retour, libérer une de ses mains pour attraper “ la boite à image “ de la dame. Il ne faudra pas plus longtemps pour qu’elles ne soient toutes les deux sur le sable, l’humaine dos contre le sédiment meuble et mouillé.
- Mince je dois faire quoi maintenant ! J’ai déjà vu des humains faire ça une fois je dois… appuyer là et… lui faire un bisous ?
Paniquée, la sirène se penche à son chevet, appuyant 3 fois sur ses gros seins moelleux… donc pas forcément au bon endroit pour le massage cardiaque ! Le “ bisous “ par contre, elle sait au moins le faire, engloutissant ses lèvres dans les siennes, les joignant tendrement pour expirer son air et le transférer à ses poumons.
- Voila, je l’ai fait et maintenant ?! Normalement elle doit se réveiller… Ah comment ça marche déjà !! Hé madame, tu es pas morte hein ?!!
Mince, Lyli aurait dû être plus rapide. En tout cas, maintenant qu’elle est si proche, Lyli peut sentir irrémédiablement son cœur battre la chamade, et être subjuguée alors qu’elle replace une mèche bleu marine hors de son visage. Qu’elle est belle, a t-elle déjà vu si belle humaine ? Ce n’est pas le manque de contact récent qui lui fait penser ça, elle en est sûre… C’est elle, la plus belle créature humaine qu’elle ait vu jusque là.
Peut-être un peu trop subjuguée, Lyli se rends compte un peu tard que la belle n’est pas morte, Lyli a juste le temps de déguerpir au plus vite en poussant un petit cri de surprise, retournant se cacher à l’eau. A été été démasquée ? De toute façon, la boîte à image de l’humaine possède les preuves irréfutables qu’elle n’était pas seule dans l’eau… en cas de doute.
( @Emi Nakano : Cool : x J'adore ta façon de décrire les choses en tout cas ! )
Emi Nakano:
Ce fut dans une quinte de toux spectaculaire qu’Emi reprit ses esprits, les poumons douloureux, la gorge en feu, le cœur tambourinant dans sa poitrine. Elle l’avait échappé belle, et pas qu’un peu. Des larmes aux coins des yeux, sa vision était complètement floue, et ne parlons même pas de son étourdissement, qui semblait lui faire voir mille et un astres au-dessus de sa tête. Reprenant lentement conscience de son corps tremblant, recroquevillée sur le sable humide, ses doigts enfouis dans les grains dorés et chauds, elle ne paraissait pas réaliser qu’elle était bien vivante. À bout de souffle, certes, mais consciente.
Que quelqu’un l’avait sauvée.
Qui donc ?
Ses jambes, lourdes et flasques, refusaient presque de la soutenir, tandis que sa peau frissonnait malgré la chaleur du soleil. Les vagues continuaient de lécher doucement le rivage, paisibles et indifférentes, comme si le drame s’était déroulé dans un autre monde, une réalité bien différente. Sur ses épaules, ses cheveux collaient désagréablement à son épiderme, baignés de sel et d’écume. De quelques algues, également, peut-être ? Secouée par cette expérience, il lui fallut plusieurs minutes pour trouver la force de se redresser sur ses coudes, alors que son maillot de bain, trempé de la tête aux pieds, l’enserrait d’une manière désagréable. Et sensuelle, sans aucun doute, surtout pour un spectateur extérieur à la scène.
Complètement embrouillée, prise de toussotements et de crachotement gorgés d’eau de mer, son regard finit par se poser sur son appareil photo, abandonné à ses côtés. Bon sang, était-il encore en état, malgré son étanchéité ? Elle l’avait payé une fortune, elle ne pouvait décemment pas s’en acheter un autre sans piocher dans ses économies ! Fébrile, elle s’en saisit dans un soubresaut incontrôlable, afin de l’examiner à la hâte. Quelques gouttes glissaient encore sur l’objectif, mais rien ne semblait cassé ni fissuré. Alors, un soupir de soulagement au bord des lèvres, Emi se laissa retomber en arrière, dans le sable, incapable de retenir son rire nerveux.
Elle avait manqué d’y passer. Sérieusement. Quelle idée de s’enfoncer dans l’océan, quand elle ne savait pas nager ? Emi ne pensait pas s’éloigner autant du rivage. Les vagues l’avaient poussée malgré elle, sans qu’elle ne s’en rende compte, et une fois la cuvette sous ses pieds, impossible de remonter à la surface. Les événements auraient pu prendre une tournure bien plus dramatique. Irréversible, même.
Entre deux inspirations fragiles et quelques frissons résiduels, une pensée persistante traversa son esprit. Qui ? Qui l’avait sauvée ? Depuis son arrivée, Emi était seule sur cette plage, elle en avait la certitude. Elle n’avait pas vu âme qui vive. L’idée que quelqu’un, ou quelque chose, l’avait empêchée de disparaître sous les vagues la laissait à la fois perplexe et étrangement troublée. Alors, ses yeux balayèrent l’horizon, la mer et le rivage, cherchant un indice, une silhouette, un geste, n’importe quoi qui lui expliquerait ce miracle soudain. Mais rien. Juste le silence et le clapotis tranquille des vagues.
Une éternité plus tard, Emi trouva la force de se relever, mais surtout, de tirer sur le tissu humide de son maillot, pour le remettre correctement en place. L’arrière lui rentrait entre les fesses, et pire encore, l’avant, trop étroit et trempé, moulait sa vulve d’une manière outrancière. Un inconfort certain. Un plaisir pour les yeux vicieux de ses abonnés, s’ils étaient présents, assurément.
Lentement, ses jambes titubantes la guidèrent jusqu’au bord de l’eau, sans qu’elle n’ose y mettre un pied. Autour d’elle, toujours aucune présence. Que s’était-il passé, bon sang ? N’avait-elle pas senti un corps contre le sien ? Une prise ferme contre sa poitrine, des bras autour de sa taille, des mains dans son dos ? Ou l’avait-elle imaginé ? Mais comment serait-elle revenue toute seule sur la plage ? C’était tout bonnement impossible. Et en même temps, totalement inexplicable. C’était à ne rien y comprendre. Alors, frustrée, Emi écarta quelques mèches de son visage, tout en allumant son appareil photo. Il s’était éteint durant sa noyade. Au moins n’avait-il pas immortalisé son cauchemar.
Tandis qu’elle parcourait les derniers clichés pris dans l’eau, Emi remarqua quelque chose qui la fit s’arrêter net. À l’arrière-plan, une silhouette semblait se fondre dans les reflets mouvants de la mer, presque imperceptible au premier regard. Intriguée, elle pinça l’écran de son appareil pour zoomer, rapprochant son visage des images, plissant les yeux pour distinguer les contours. Ses doigts tremblaient légèrement alors qu’elle ajustait la mise au point, essayant de comprendre ce qu’elle voyait : un mouvement furtif, quelque chose d’étrange qui ne devrait pas être là… Une silhouette humaine. Mais en même temps, si loin de l’endroit où tout être humain aurait pied.
Immédiatement, elle redressa la tête, ses yeux quittant l’écran pour balayer l’eau devant elle. Son cœur s’accéléra à nouveau, entre perplexité et incompréhension. Si quelqu’un l’avait sauvée, pourquoi ne pas être resté à ses côtés ?
« Hehooo ! s’exclama-t-elle soudainement, en tournant son regard vers le chemin bordé de verdure qui menait aux falaises. »
Peut-être était-il (ou elle) dans les environs ? Ou déjà parti(e) ? Qu’en savait-elle, au final ?
« Il y a quelqu’un ? lança-t-elle à nouveau, entre deux inspirations hésitantes. Vous pouvez vous montrer, je ne vais pas vous faire de mal, voyons ! Vous venez de me sauver, tout de même ! »
( @Lyli : Merciii, j'aime beaucoup ta plume aussi, et ton personnage est super attachant ! )
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