Ville de Seikusu, Kyoto, Japon, Terre > Zone Sous-Marine
Rencontre dans un village enjoué ? Amusement possible ! [PV Barbak] {Terminé]
Deirdre:
Le lendemain du combat contre La Bête et de celui contre des terranides-loups avec Anakha, la jeune femme était partie chercher du bois. Pas encore totalement remise de ses combats, ses réflexes sont plus ou moins amoindris. Peu réceptive à ce qui l’entoure car bâille de bon cœur en mettant la main devant sa bouche, la mercenaire tombe d’un précipice sans fond, froid et bruyant.
Lorsque Deirdre se réveille, le corps endolori, elle se réveille dans une petite zone boisée non loin d’un village selon toute vraisemblance. Le doute est permis niveau visuel à cause du brouillard, mais pas olfactivement vu qu’une effluve de viande rôtie à la broche parvient au nez de l’ange-fée.
L’hybride, sous forme humaine, profite qu’il n’y ait pas âme qui vive dans les parages pour se changer, se désarme, ôte sa cape et sa tenue de mercenaire, dépose l’uniforme dans sa besace pour revêtir son kosode blanc, son hakama rouge sans omettre de remettre sa dague angélique entre son hakama et ses hanches, d’attacher ses wakizashis de chaque côté de ses hanches puis remet sa cape à capuche maintenue par la fibule d’argent. En faisant quelques pas, la semi fée trouve du lierre qu’elle arrache afin d’en faire un lien pour s'attacher ses longs cheveux bleus en une queue de cheval haute avant de reprendre la route.
Le petit village en question s’accroche à la pente douce d’une colline, là où la mer et le ciel se confondent à l’horizon. Le parfum salé des embruns se mêle aux effluves de thym et de lavande portés par le vent, et chaque souffle d’air semble murmurer une vieille chanson de marins oubliée.
Les maisons, bâties en pierre blonde et en bois sombre, ont des toits de chaume ou d’ardoise irisée qui scintillent sous la lumière. Les vitraux colorés reflètent la mer dans mille teintes mouvantes, comme si chaque demeure abritait un fragment d’océan. Aux poutres des balcons pendent des coquillages qui tintent doucement, produisant une musique cristalline à chaque rafale.
Sur la petite place pavée, le marché est un festival de couleurs et de voix. Les marchands vendent des huîtres perlières aux coquilles gravées de runes, des fruits aux couleurs impossibles, et des tissus si fins qu’ils semblent tissés dans la lumière de l’aube. Marchands ambulants qui saluent la jeune femme encapuchonnée d’un joyeux mouvement de la main. Des bardes en manteaux chamarrés jouent des airs envoûtants sur des instruments aux cordes d’argent, et parfois, un accord bien placé attire la curiosité d’un minuscule esprit de l’air, invisible sauf pour ceux qui savent regarder.
Le port, protégé par un vieux môle moussu, abrite des barques peintes aux couleurs éclatantes. Leurs proues sculptées de sirènes, d’hippocampes, ou de dragons marins semblent presque respirer alors que le brouillard se lève. Les mouettes et goélands se mêlent à d’autres oiseaux plus étranges : petits volatiles aux plumes nacrées, légendaires dans la région, que l’on dit messagers de bonnes nouvelles.
Une belle promenade en soi. L’étrangère s’arrête sur invitation des villageois qui l’invitent à s’asseoir près du feu de joie et des bardes qui animent la fête du coin. Les habitants lui racontent qu’au nord, la “tour de guet des brumes”, comme ils aiment l’appeler, domine la baie. Que ses pierres noircies portent encore de fines inscriptions argentées qui s’illuminent chaque nuit au contact de la lumière lunaire. Que par temps clair, d’autres affirment voir depuis son sommet des cités entières au fond de la mer, lointains royaumes engloutis qui clignotent comme des étoiles sous l’eau.
Les campagnards racontent leur histoire avec tellement d’entrain qu’ils lui font perdre l’écoute attentive car plonge dans ses souvenirs, l’espace d’un instant. La commandante reprend ses esprits lorsqu’elle se retrouve bousculée et que sa capuche tombe.
Barbak:
L'air vivifiant de la mer était quelquechose d'inexistant chez les nains. La ou le feu et la roche domine est diamétralement opposé à cet endroit gouverné par l'eau et le vent. Malgré la différence, il y avait cependant des familiarités. Le dur labeur de ceux qui bravent la terrifiante immensité bleue pour ramener la délicieuse nourriture.
Méprisant d'un regard noir ceux qui tentent de lui refourguer des perles en prétextant que ça ne se mange pas et que l'or est un péché avec lequel il ne veux pas se salir les mains. Sa vision de l'or était paradoxale dans un sens c'est un outil qui peut être utile quand on à rien à échanger ou à offrir par rapport à un service, mais c'est également un poison qui peut corrompre l'âme.
Pour les mortels cette matière est précieuse, pour les nains c'était le but de toute une vie et pour son père c'était un péché. Pour Barbak, l'or est un outil qui ne doit pas être convoité aux détriment des autres. Malgré tout son respect pour les nains et son pères, il avait son propre jugement sur les choses. L'une de ses tâches consistait à détruire la soif de l'or, mais la vie sur terre lui à fait comprendre que même si l'or est une hérésie, pour l'humanité c'est une nécessité pour vivre.
Un sujet un peu trop complexe pour son esprit étroit. Quoi qu'il en soit, il décida tout de même de discrètement se mêler à la foule. Les locaux étaient visiblement des bonnes personnes. Certaines étaient vénales, voire cupide mais rien qui ne mérite des coups de hache dans la figure. C'était paisible, convivial et par dessus tout dépaysant.
Voyager et prêcher la bonne parole était son but mais il consacrait tout autant de temps à profiter des délices que le monde pouvait offrir sous toutes ses formes. Cependant, malgré toute la beauté la vivacité de l'endroit, il y avait quand même toujours de la misère, de la faim et de la pauvreté.
C'est à ce moment qu'il repéra un enfant des rues. L'aspect sale et famélique du bambin montrait bien que c'était un orphelin. Orphelin qui s'apprêtait à commettre un vol. Sa façon de filer le train d'une bourgeoise au sac grand ouvert ne mentait pas. Il se précipita alors pour l'arrêter, bousculant
dans son élan une personne au passage pour lui saisir le poignet avant qu'il ne commette son larcin.
C'est à ce moment que tout se barra un peu en sucette. Entre le gamin qui pousse un cri de surprise la bourgeoise qui se mets à hurler "Au voleurs!" à plein poumons, la garde qui est appelé, Barbak obligé de prendre le gamin sous le bras et de bondir par dessus les habitations pour fuir et ce cacher dans les bois, le bordel et le chaos fût sans précédent dans le village.
Bien que lui aussi soit un nain par la taille, il avait tout de même un cœur de géant. Il voulait éviter au gamin de faire une bêtise total des courses, ils était tout les deux dans la mouise. Il sermonna le gamin sur le fait que c'était pas cool de voler et utilisa sa magie pour faire apparaitre de la nourriture et des jus de fruits afin de les offrir au minot des rues. Il expliqua au gamin qu'avant de voler, il devait au moins essayer d'emmerder les gens jusqu'a ce que ses derniers lui donne du boulot. Voler pour bouffer c'est autorisé mais uniquement en dernier recours. Avant de recourir au vol il devait essayer de chasser ou pécher ou bosser, pour le logement il devait soit temporairement emprunter une hache et se construire un abri. Bref il devait explorer des chemins un peu plus honorable que le vol.
C'est alors que quelquechose alerta ses sens. Ils n'étaient pas seuls. Quelqu'un les avaient suivit. Pas étonnant vu le bordel qu'a causé le malentendu. Il soupira et se mit instinctivement en protection devant l'enfant tout en faisant apparaitre une hache dans sa main.
Hoy! Je sais pas qui t'est ni ou tu te cache et je suis un peu désolé d'avoir foutu un peu le bordel! Je ne suis pas capable de te voir donc ça veux dire que tu n'est pas une mauvaise personne, mais un bon conseil évite d'engager un combat quand il y à un enfant à proximité! Ce genre de conneries me fout en rogne.
Deirdre:
À peine heurtée par un inconnu, Deirdre perçoit qu’un désordre se levait dans le village. Là où règne encore, un instant plus tôt, la liesse des préparatifs de fête, s’élèvent désormais des cris discordants. Deux voix jaillissent de la foule : l’une, aiguë, marquée par la stupeur ; l’autre, plus sombre, accusant le vol.
D’un bond, Deirdre est debout. L’instinct en éveil, elle s’élance vers la source du tumulte. Elle aperçoit bientôt un enfant aux vêtements râpés, maigre silhouette qui porte déjà sur elle le sceau de l’abandon. Point de foyer, point de famille pour lui tendre la main. Dans son propre monde, elle l’aurait pris sous son aile, formé aux arts de la défense et offert la liberté de choisir son destin au sein de la compagnie des armes. Nul n’aurait osé lever la main sur lui pour un simple larcin. Mais ici, dans ce royaume soumis à des lois humaines implacables – comme toutes espèces en possèdent – le châtiment peut s’abattre sans rémission.
Si le coupable avait été un homme fait, Deirdre eût défendu la victime. Mais il ne s’agit que d’un gamin. Et cette fois, elle refuse d’être dupe. Qu’importe l’objet volé : la guerrière n’a guère le temps de s’en enquérir. Déjà, des voix appellent les gardes. Et elle redoute qu’il ne vient point d’hommes justes, mais des soldats aigris, prompts à frapper d’abord et à juger ensuite.
"Par les dieux… où est-il ?" *souffle-t-elle en scrutant la foule.*
L’enfant a disparu. Peut-être qu’une âme charitable l’avait conduit à l’abri. Pourtant l’air s’est chargé de lourde tension. Les bardes se sont tus, les villageois s’agitent, et l’approche des gardes se fait sentir.
Alors l'hybride s’arrête net, fait volte-face vers la foule et lance d’une voix claire qui coupe le brouhaha :
"Braves gens ! Je ne suis qu’une étrangère en vos murs, mais laissez-moi retrouver l’orphelin et vous le ramener, s’il n’est déjà parmi vous caché. Accordez-moi votre confiance, car j’ai l’expérience de tels fardeaux !"
Et son regard, dur et lumineux, parcourt les visages, dévoilant sous ses traits sereins l’éclat d’une guerrière qu’on ne doit pas prendre à la légère.
— C’est un voleur ! hurle un homme. Qu’on lui coupe les mains !
— Oui ! Aux voleurs, le fer ! reprirent d’autres.
La colère s’enflamme dans le cœur de Deirdre, elle que l’on disait toujours si paisible.
— Comment osez-vous ? *s’écrie-t-elle.* Ce n’est qu’un enfant ! Un orphelin sans guide ni maître ! Aucun de vous n’a pris soin de lui montrer la voie de la sagesse, et déjà vous appelez au châtiment !
Ainsi parle-t-elle, et, sans plus de mots, elle tourne les talons et repart en quête du petit. Et voici que ses prières muettes trouvent réponse : au loin, elle aperçoit l’enfant, mais il n’est point seul. Une silhouette cornue se tient à ses côtés. Est-ce homme ou femme ? La semi fée ne peut le dire, mais le garçon ne paraît pas en danger.
Alors, d’un geste prompt, Deirdre ôta sa cape, et ses ailes s’ouvrent dans un éclat secret. Elle prend son envol, planant au-dessus des toits, légère comme l’ombre d’un oiseau. Nulle douleur n’entrave ses mouvements : nul démon n’était là.
Elle se pose devant eux, à quelque distance pour ne pas dévoiler sa nature, réabsorbe ses ailes, remet sa cape et avance vers eux d’un pas ferme et assuré, jusqu’à ce que sa présence soit ressentie.
"Le bonsoir vous soit donné. *dit-elle d’une voix calme, les mains ouvertes.* Je ne viens point en ennemie. Mais sachez que les gardes approchent derrière vous, et je doute qu’ils viennent en paix."
Déjà, le fracas des bottes et le cliquetis des armes se rapprochent. Tous trois en ont conscience.
Deirdre s’agenouille devant l’enfant et lui murmura d’une voix douce comme une caresse :
"Grimpe dans cet arbre, si tu en as la force, ou cache-toi dans les fourrés derrière moi. Hâte-toi."
Puis la mercenaire se relève, et, d’un geste lent, écarte les pans de sa cape, révélant à son vis-à-vis les lames jumelles à sa ceinture.
"Acceptez-vous mon aide, si le besoin s’en faisait sentir ? *demande-t-elle, le regard clair et la voix vibrante de promesses de combat.*
Barbak:
Finalement, l'obscure présence se révèle. Barbak scruta l'inconnue avec sa vision du mal mais visiblement elle n'as pas de mauvaises intentions et ses mots vibrent du son de la vérité, alertant du danger qui approche.
Barbak regarda en direction du danger...... Sa vision du mal révéla une lueur rouge. Certaines âmes avaient été salies par un désir pervers, la soif du sang et le plaisir de voir les autres souffrir. Bien que le dieu Barbeuk soit contre le vol, il l'autorise dans des mesures de survie. L'enfant n'avait pas soif d'or, il avait juste faim.
Il poussa un grognement et posa sa hache sur son épaule pour regarder la personne devant lui. Une femelle à première vue. Les femmes ont tendance à être plus calme et plus réfléchies que les hommes mais sont souvent plus versé dans l'art de la manipulation. Cependant comme son aura est nette, il décida de lui faire confiance.
Pfeuh! Comme si j'avais besoin d'aide contre une poignée de mortels! Mais le problème c'est que la situation nécessite la subtilité d'un scalpel pour être apaisée. Je suis capable de voir les auras de ceux que mon père juge indésirable dans ce monde. J'aimerais éviter de faire des dommages collatéraux autant que possible! Je n'en ai pas l'air mais je suis l'équivalent d'une arme de destruction massive.
La femme avait le physique et un mental subtil. Elle savait bien parler. Trouver les bons mots tout en éludant les malentendus. Barbak lui était du type brutalement direct. Il n'y avait aucun détour, aucune fioriture dans ses mots.
T'est taillée comme une brindille mais t'as l'air de savoir te battre. Je suis un enfant de la pierre et du métal, je ne craint pas les armes des mortels. Parmis nos ennemis, il y a des gens qui ont de la bonté en eux! Je suis pas doué pour parler. Mon truc c'est mettre des bourre pifs. Je vais essayer de leurs faire peur! Toi de ton coté essaye de leur faire entendre la raison! T'as l'air intelligente donc je te fait confiance pour ça! J'aimerais épargner le plus de gens possible.
Avant qu'il n'ai pu finir une voix s'éleva.... L'aura rouge.
"Vous! Vous êtes tous en état d'arrestation! Pour vol et complicité de vol! Vous serez pendu haut et court sur la place publique pour vos crimes."
L'homme avait un sourire malsain et Barbak pouvait voir ses crimes :
- Sadisme
- Complexe de supériorité
- Désillusion de grandeur
- Meurtres abusifs de petits criminels sous couvert de la justice
- Meurtres d'innocents sous couvert de la justice
Mais ce qui fit virer les yeux de Barbak en vertical c'est que cette personne avait la claire intention de commettre un péché encore plus grave car en voyant la chose de plus près, son aura commençait à virer vers une couleur encore pire :
- Désir de meurtre d'enfant sous couvert de la justice.
Malgré tout, son âme n'était pas encore noire. Malgré son désir de réduire l'homme en bouillie impossible à reconnaitre il décida de garder son calme même si l'on pouvait sentir une tension si palpable que l'air était difficilement respirable.
Le mouflon traça une ligne sur le sol.
- Ainsi donc, ici on pend les gens sans écouter leurs version de l'histoire, Pire encore on pend des gamins avec même pas deux chiffres à leurs âge pour des erreurs qu'ils commettent parce qu'ils ont faim. Drôle de vision de la justice. Laissez moi vous présenter la mienne.
Il laissa planer un lourd silence et lança un regard à la femme pour lui demander silencieusement de protéger le gosse.
- Ceux qui franchissent cette ligne seront considérés comme des tueurs d'enfants et mourront avec un maximum de préjudice. Ce ne sera pas une mort douce, ce ne sera pas une mort que vous pourrez échapper, ce ne sera pas une mort contre laquelle vous pourrez lutter. Vous pensez représenter la justice? Vous pensez que vos loi prévalent. Je vais vous énoncer une loi supérieure, une loi absolue et divine. "Ceux qui n'accordent aucune importance à la vie ne recevront ni mercie, ni pitié!". Donc soit vous vous calmez, vous écoutez ce que l'on a à dire et vous donnez un bon coup de pied au cul du môme avec un travail et un moyen de se loger et se nourrir de façon honnête, Soit je vous fait découvrir la vraie terreur qu'inspire la justice des Dieux!
Choisissez judicieusement. Contrairement à certains ma patience et ma bonté ont des limites.
Deirdre:
Deirdre observe la ligne tracée par le colosse, et malgré la tension, un éclat amusé traverse son regard. Voilà un être qui ne connaît guère les demi-mesures. On aurait dit sa Main d’Argent lorsqu’elle était encore dans son monde. Une arme de destruction massive, dit-il ? Elle n’en doute pas, mais parfois, une parole bien placée peut frapper plus fort qu’une hache.
Elle s’avance d’un pas, se place aux côtés du mouflon et plante son regard clair dans celui de l’homme qui menace l’enfant.
“Vos lois, dites-vous ?” *lance-t-elle, sa voix projetant une clarté qui traverse le tumulte.* “De bien étranges lois que celles qui frappent un enfant affamé, mais tolèrent qu’un adulte s’en repaisse de cruauté.”
Elle désigne du menton le gamin, réfugié dans l’arbre, puis le capitaine.
“Voilà donc votre justice ? Pendre un enfant et sourire en le condamnant ? Si c’est là le visage de votre ordre, alors je préfère le chaos.”
Un murmure parcourt les gardes. Certains gardes échangent des regards, troublés. Une hésitation s’installe. Mais déjà, d’autres — les plus brutaux, les plus prompts à obéir sans réfléchir — s’avancent, armes brandies, vers le plus agité des deux protagonistes, tandis que trois soldats décident de sauter sur celle qui paraît humaine, pensant surprendre cette frêle silhouette qui n’a même pas encore tiré ses lames.
L’hybride, imperturbable, ne fait qu’un mouvement. Ses mains se dégagent de sa cape, et dans un éclat d’acier vif, ses lames jaillissent enfin de sa ceinture, dégageant une aura glaciale et venteuse.
La mercenaire fait reculer les assaillants d’un seul geste circulaire, l’acier sifflant dans l’air, puis se redresse de toute sa hauteur.
“Vous prétendez défendre la cité, mais je ne vois qu’un homme avide de sang. Et sachez-le : je ne laisserai personne poser la main sur ce gamin. Si vous franchissez cette ligne, vous ne trouverez pas seulement la colère des dieux… mais aussi la mienne.”
Puis, se tournant légèrement vers son interlocuteur, ses lèvres esquissent un sourire léger, presque complice.
“Quant à toi, ô grand destructeur dont je ne connais pas le prénom… laisse-moi donc jouer un instant du scalpel, comme tu dis. Si la persuasion échoue, alors ta hache fera le reste.”
Elle fait un pas en avant, ses deux lames abaissées mais prêtes, son port altier rappelant moins une guerrière fatiguée qu’une championne invaincue.
“Maintenant, messires, moi Deirdre, commandante de la Guilde des Mercenaires d’Argent, je vous le demande une dernière fois. Qui de vous osera se dire juste, et lever la main sur un enfant affamé ?”
Les trois gardes s’élancent sur elle, sûrs de leur avantage. Mais Deirdre se meut déjà. Son corps fluide, précis, esquive la première attaque avec la grâce d’un souffle de vent. D’un pivot sec, elle crocheta la jambe du soldat et, d’un revers de lame, fit voler son épée hors de ses mains. Il tomba lourdement, sonné mais vivant.
Le second, plus hardi, lève sa hallebarde. Deirdre ne recule pas. La demi-ange glisse sous le coup, dans un mouvement, une rapidité presque irréelle, et pose Charybde, froide contre la gorge de l’homme. Elle n'appuie pas. Son regard, clair et dur, suffit à le figer.
Quant au troisième, il hésite. Trop tard. D’un geste vif, elle fait claquer le plat de Scylla sur son poignet, lui arrachant un cri de douleur. Son arme tomba dans l’herbe. D’un coup de pied sec, Deirdre l'envoie rouler à plusieurs pas de là.
En un souffle, la mercenaire a neutralisé trois hommes sans verser une goutte de sang. Elle recule d’un pas, ses lames toujours levées, et laisse le silence retomber comme un couperet.
“Voilà.” *dit-elle calmement, sans même reprendre haleine.* “Trois de vos meilleurs soldats à terre en un instant… et je ne leur ai pas ôté la vie. Réfléchissez donc à ce que je ferai si vous osez franchir cette ligne."
La guerrière abaisse légèrement ses lames, mais sa posture demeure altière, inébranlable. Son regard brille d’une étincelle presque espiègle lorsqu’elle jette un coup d’œil à Barbak.
“À toi, colosse, de leur montrer ce que peut une montagne quand elle s’ébranle.”
Un silence pesant s’abat après la fulgurante démonstration de Deirdre. Trois gardes gisent au sol, grognant de douleur mais indemnes, leurs armes éparpillées autour d’eux. Le reste de la troupe, figé, n’ose ni avancer ni reculer. L’aura glaciale du mouflon, conjuguée à l’élégance tranchante de la semi-fée, rend l’air presque irrespirable.
Dans la foule, un vieil homme qui a tout vu porte une main tremblante à sa bouche. Ses yeux s’agrandissent comme ceux d’un enfant. Puis, sans attendre, se met à courir à toutes jambes vers le cœur du village, sa voix chevrotante perçant l’atmosphère tendue :
“Par les Dieux ! Deux étrangers ! Deux étrangers qui défendent un des orphelins !”
À ces mots, des murmures s’élevèrent. Les villageois, d’abord pétrifiés, échangent des regards. Les uns se signent comme devant une apparition divine, les autres hochent la tête avec un mélange d’effroi et de respect. L’histoire prend racine — déjà, elle se propage comme une traînée de poudre : les étrangers, la jeune femme aux lames de lumière et le colosse de pierre, se sont dressés contre l’injustice.
Face à eux, une partie des gardes se raidit, leurs pas hésitants les menant malgré tout vers la ligne tracée par le plus provocateur des deux. L’avidité dans leurs yeux les pousse plus que le devoir. Mais d’autres, troublés, baissent la pointe de leur arme. Pour certains encore, la voix de l’innocence crie en eux, plus forte que l’ordre d’un supérieur.
Deirdre, ses lames encore levées, perçoit cette hésitation. Elle laisse un mince sourire fendre son visage :
“Vous voyez ? Même parmi vous, certains savent encore distinguer le bien du mal. Faites comme eux. Posez vos armes, ou jurez que vos mains ne seront pas salies par le sang d’un enfant.”
Son regard clair défie les plus intrépides de franchir la ligne, intrépides au nombre de six qui franchissent quand même la ligne, tandis que dans leur dos, l’écho du vieil homme s’éloigne déjà, répandant leur intervention dans le village comme un feu sacré.
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