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Rencontre entre un homme et sa femme (Okkoji - Rubis)

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Okkoji Yamamoto:
**Okkoji, le Dragon Écarlate**

Dans l’ombre des lanternes de cerisiers en fleurs, Okkoji se tenait droit, imposant, un véritable démon vêtu d’un costume noir impeccablement taillé. Sa cravate rouge ornée de motifs floraux contrastait avec la noirceur de son regard, et une cigarette pendait nonchalamment entre ses lèvres, la fumée dansant autour de lui comme un serpent. Ses cheveux teints en rouge flamboyant, rasés sur les côtés, semblaient refléter le feu de son âme, et les tatouages complexes qui recouvraient son cou et ses mains racontaient une histoire de violence et de pouvoir. Un dragon enroulé autour d’un sabre, symbole de son clan, ornait sa peau, visible même sous le col de sa chemise blanche immaculée. Une montre de luxe brillait à son poignet, un rappel constant que le temps était un luxe qu’il contrôlait.

Okkoji était une légende vivante, le chef incontesté du clan Yakuza le plus puissant du monde, craint des gouvernements et respecté par ses pairs. Surnommé le Dragon Écarlate, il avait bâti un empire criminel s’étendant de Tokyo à New York, ses doigts invisibles manipulant les fils du pouvoir mondial. Mais derrière cette façade impitoyable se cachait un secret que personne, pas même ses lieutenants les plus fidèles, ne connaissait : Okkoji était marié.

Sa femme, Aiko, était une ancienne danseuse traditionnelle, une beauté délicate aux yeux de biche et au sourire timide. Ils s’étaient rencontrés lors d’une soirée dans un ryokan isolé, loin des regards indiscrets. Contre toute attente, Okkoji, l’homme qui n’avait jamais plié devant personne, était tombé amoureux. Mais leur union devait rester secrète – dans son monde, l’amour était une faiblesse que ses ennemis exploiteraient sans hésiter.

Pour la protéger, Okkoji avait décidé de l’éloigner de Tokyo, où les tensions entre clans Yakuza s’intensifiaient. Il avait choisi Seikusu, une petite ville côtière discrète, connue pour ses eaux thermales et son calme. Là-bas, Aiko pourrait vivre en paix, loin des ombres qui hantaient la vie d’Okkoji. Il avait tout arrangé : une suite dans un palace luxueux, le Seikusu Palace, à seulement un kilomètre de la gare. Les chambres, décorées avec un raffinement moderne, offraient une vue apaisante sur la mer, et le restaurant gastronomique proposait une cuisine japonaise traditionnelle qui rappellerait à Aiko les saveurs de son enfance. Le bar feutré, avec son ambiance tamisée, serait parfait pour ses soirées solitaires, et la piscine intérieure chauffée ainsi que le centre de bien-être – avec son sauna et ses massages – lui permettraient de se détendre.

Ce soir-là, Okkoji se tenait dans le jardin du palace, sous les lanternes de pierre, observant les pétales de cerisier tomber doucement. Il venait de finaliser le déménagement d’Aiko. Elle était arrivée dans l’après-midi, et il l’avait accompagnée jusqu’à sa suite, s’assurant qu’elle avait tout ce dont elle avait besoin. « Tu seras en sécurité ici, » lui avait-il murmuré, sa voix rauque mais empreinte d’une tendresse rare. Aiko avait hoché la tête, ses yeux brillants de larmes contenues. Elle savait qu’il ne pouvait pas rester – pas encore. Pas tant que ses ennemis rôdaient.

Okkoji tira une dernière bouffée de sa cigarette, puis l’écrasa sous sa chaussure vernie. Il ajusta sa cravate, son regard se perdant dans la nuit. Seikusu n’était qu’une étape. Bientôt, il mettrait fin à cette guerre de clans, et alors, il pourrait enfin vivre avec Aiko au grand jour.

Rubis Starling:
Aiko essayait de prendre ses marques au Seikusu Palace. Cela n’était pas évident pour elle, même si elle savait parfaitement s’adapter à toute situation et environnement, ce qui l’aidait à relativiser et garder le contrôle peu importe les contextes environnants. Elle savait être d’un calme olympien et toujours de bons conseils, ce qui faisait d’elle une femme sage.

Malgré cela, il lui était parfois difficile de présenter les choses avec sagesse et surtout logique, notamment envers son fils. Le petit Katsu, âgé de 4 ans, qui était curieux sur les raisons pour lesquelles lui et sa mère avaient dû déménager et quitter leur grande maison à Tokyo, pour venir s’installer dans une autre ville. Bien entendu, la jeune femme avait sû trouver les mots, expliquant ainsi à son enfant qu’ils avaient dû déménager en raison d’importants travaux à faire dans la maison qu’ils habitaient jusque là, et qu’en attendant, ils vivraient ici, à Seikusu, et qu’en plus la mer n’était pas très loin et qu’ils pourront souvent y aller ensemble.

Un mensonge, malheureusement, mais qui était nécessaire. La suite ? Elle l’avait déjà orchestré, plus ou moins :  la maison était sur un terrain dangereux pour une habitation et il fallait donc trouver une autre maison, mais que les recherches allaient être longues et qu’ils allaient donc devoir rester ici en attendant. La belle brune était malheureusement habituée aux mensonges, même si elle n’aimait pas spécialement ça, mais, dans le domaine d’où elle venait et le monde dans lequel son mari vivait, c’était monnaie courante, c’était même une question de survie.

Donc, après ce petit mensonge, Aiko prit le temps de ranger leurs affaires dans la suite que son mari, Okkoji, avait fait apprêter pour elle et leur fils. Le petit garçon avait hérité des cheveux de jais de sa mère ainsi que de ses prunelles si particulières d’un rouge écarlate et à l’iris blanchâtre. C’était certes une couleur des plus atypiques, absolument pas commune sur notre bonne planète. Certains aux idées plus modernes pourrait-on dire, considéré cela comme une anomalie génétique comme cela pouvait être le cas chez certains animaux, ou bien encore comme une simple décoration via le port de lentilles colorées. Mais pour d’autres, notamment ceux aux idées plus folkloriques, cette couleur si particulière était vue comme un signe d’appartenance à de quelconques entités démoniaques ou un signe de mauvaise fortune à cause d’un mauvais acte que nos ancêtres avaient pu faire dans le passé.

Katsu était le rayon de soleil de sa mère, un vrai petit miracle, d’où la signification de son prénom qui voulait dire « victoire ». Aiko était malheureusement de santé fragile et pour couronner le tout, elle faisait partie de ses femmes qui avaient des difficultés à pouvoir enfanter. Elle aurait pu très bien y rester le jour de la venue au monde de son fils, tout comme il aurait pu être né mort-né. Cela avait été un risque énorme pour elle comme pour le petit, mais fort heureusement, tout se passa sans encombre.

Étant la prunelle de ses yeux, Aiko ne confier pas son enfant à n’importe qui. Seules quelques « nounous » avaient ce privilège, strictement sélectionné par les soins d’Aiko et d’Okkoji, des gens de confiance, qualifiés pour défendre le petit au péril de leur vie et qui voué un profond respect ainsi qu’une conviction sans faille au puissant yakuza qu’était son mari. C’est donc à l’une de ses nounous spéciales que la belle brune confia son fils, qui s’occupa d’amener le petit à une autre pièce de la grande suite, une pièce spécialement dédiée au cinéma où ils pourront regarder un magnifique film d’animation pour le petit avant l’heure du dodo.

Rassurée de savoir son fils en sécurité, la jeune femme au teint de porcelaine et au doux sourire timide sortit de sa chambre et se mit à arpenter les couloirs du palace. C’est vêtue d’un magnifique kimono en satin noir et rouge aux broderies dorées, le tout noué avec une ceinture en soie rouge et blanche ainsi que d’une cordelette dorée pour s’harmoniser avec la dorure des motifs de son vêtement, que la belle brune marchait d’un pas gracile et léger en direction du jardin du palace, là où elle espérait pouvoir y trouver son mari avant qu’il ne parte, si cela n’était pas déjà fait.

Et c’est avec joie qu’Aiko put apercevoir au loin Okkoji, regardant à l’horizon en jouant avec sa cravate, ce qui lui arracha un doux sourire. Sans perdre de temps, elle pénétra dans le jardin du palace, éclairé par les lanternes sous les cerisiers en fleurs, quelques pétales de fleurs virevoltant dans les airs mais surtout autour d’elle, jusqu’à une un peu insolente qui vint se poser dans ses cheveux.

« Okkoji… »

Et c’est d’une voix douce et rassurée que la belle brune prit la parole, tout en s’approchant doucement de son mari, avant de s’arrêter à quelques mètres à peine de lui dans la pénombre. Quand elle attira enfin son regard, elle esquissa un sourire tendre en rougissant doucement, ses yeux pétillants en le regardant.

« Tu… Est-ce que tu vas rester dîner ou… Rester un petit peu avant de partir ? »

Demanda-t-elle timidement en venant passer une main dans ses cheveux, mettant une de ses mèches à l’arrière de son oreille. Son cœur battait la chamade, même si c’était son mari. Oui, elle était toujours aussi amoureuse de lui, mais elle appréhendait plus que tout son départ. Elle souhaitait passer du temps avec lui, que ce soit le temps d’un repas, d’une simple conversation ou même d’une étreinte. Elle savait qu’il devait repartir, il n’avait pas le choix. Mais, elle ne savait pas quand elle le reverrait, et, elle souhaitait juste sa présence, passer un moment avec lui, juste être avec lui, même si ce n’était que pour 5 malheureuses minutes avant qu’il ne doit partir et la quitter de nouveau.

Okkoji Yamamoto:
Okkoji Yamamoto se tenait au cœur du jardin du Seikusu Palace, baigné par la lueur tamisée des lanternes qui projetaient des ombres mouvantes sur ses traits acérés. Les cerisiers en fleurs frémissaient sous la brise légère, leurs pétales délicats virevoltant dans l’air comme des murmures éphémères, porteurs d’une beauté fugitive. Ses doigts, marqués par les combats et les années, jouaient distraitement avec le bord de sa cravate ornée de dragons rouges et noirs, un tic nerveux révélant l’ouragan de pensées qui tourbillonnait sous son apparence impeccablement maîtrisée. Ce soir-là, le poids de son empire pesait plus lourd que jamais : les clans rivaux, tels des vautours, guettaient la moindre faille ; les murmures de trahison s’amplifiaient dans l’ombre ; et l’étau des autorités, implacable, se resserrait autour de lui. Pourtant, au milieu de ce chaos, une seule pensée l’ancrait, une lueur dans l’obscurité : Aiko.

« Okkoji… »

Sa voix, douce comme une caresse mais assez puissante pour trancher le tumulte de son esprit, l’atteignit comme une flèche. Il pivota lentement, ses yeux cramoisis, brillants comme des braises, rencontrant les siens dans la pénombre tamisée. La vision d’Aiko lui coupa le souffle, comme à chaque fois. Vêtue d’un kimono de satin noir et rouge, rehaussé de broderies dorées qui scintillaient doucement sous les lanternes, elle semblait une apparition née de la nuit elle-même, une incarnation de grâce et de mystère. Un pétale de cerisier, audacieux, s’était niché dans ses cheveux noirs comme l’ébène, et un sourire rare, presque vulnérable, effleura les lèvres d’Okkoji. Elle était son refuge, son point d’ancrage dans un monde où le sang, la trahison et la violence dictaient les règles. La voir ainsi, gracile et élégante, éveillait en lui un mélange complexe de fierté – qu’elle ait choisi de rester à ses côtés – et de douleur, celle de savoir qu’il l’avait entraînée dans son univers impitoyable.

« Aiko », murmura-t-il, sa voix rauque vibrant d’une chaleur qu’il réservait uniquement à elle. En quelques pas mesurés, il combla la distance qui les séparait, son costume noir taillé sur mesure épousant ses mouvements avec une grâce féline, bien que son regard s’adoucît en se posant sur elle. Le parfum subtil d’Aiko, mêlé à l’odeur sucrée des cerisiers en fleurs, l’enveloppa, le ramenant à l’instant présent, loin des intrigues et des dangers qui le traquaient sans relâche.

Sa question, timide mais chargée d’un désir contenu, flotta entre eux comme un fil fragile. « Tu… Est-ce que tu vas rester dîner ou… Rester un petit peu avant de partir ? » Son léger rougissement, la manière dont ses doigts fins glissèrent une mèche derrière son oreille, firent naître une chaleur dans la poitrine d’Okkoji. Une pointe de culpabilité le transperça – pour la vie qu’il lui imposait, pour les mensonges qu’elle devait tisser, même à leur fils – mais elle était contrebalancée par une gratitude infinie pour son amour indéfectible. Aiko était sa lumière, la seule capable d’apaiser la tempête qui grondait en lui, et ce simple geste, ce regard pétillant, suffisait à le ramener à elle.

Okkoji tendit la main, ses doigts calleux, marqués par une vie de combats, effleurant le pétale dans ses cheveux avec une délicatesse presque incongrue pour un homme de sa stature. Il le laissa retomber doucement au sol, son regard ne quittant pas le sien, comme s’il cherchait à ancrer cet instant dans sa mémoire. « Aiko », répéta-t-il, plus bas, sa voix comme un grondement chargé d’une dévotion absolue. « Tu crois vraiment que je pourrais partir sans te voir d’abord ? »

Il s’approcha encore, assez près pour sentir la chaleur de son corps, ses yeux cramoisis scrutant les siens avec une intensité qui trahissait l’ampleur de son amour. Ces prunelles écarlates, si semblables à celles de leur fils Katsu, portaient une force tranquille qui le désarmait toujours, le ramenant à une humanité qu’il craignait parfois de perdre. « Je peux rester pour le dîner », dit-il, un sourire en coin éclairant son visage, bien que son ton restât empreint de sincérité. « Et peut-être même un peu plus longtemps, si notre petit Katsu ne me kidnappe pas pour regarder un de ses dessins animés préférés. »

Sa main s’attarda près de sa joue, hésitant un instant avant de s’y poser avec une douceur infinie, son pouce traçant un arc tendre sur sa peau de porcelaine. Il baissa les yeux un instant, comme pour rassembler ses mots, avant de relever son regard vers elle. « Je sais que ce n’est pas facile », murmura-t-il, sa voix se faisant plus grave, presque confessional. « Quitter Tokyo, s’installer ici, tout recommencer… Je le vois dans tes yeux, même si tu ne dis rien. Tu es forte, Aiko, plus forte que je ne le serai jamais. » Il marqua une pause, son regard s’adoucissant davantage, comme si les mots eux-mêmes peinaient à porter tout ce qu’il ressentait. « Toi et Katsu, vous êtes ma raison de tout risquer, de tenir cet empire debout. Et je hais chaque seconde qui m’éloigne de vous. »

Il se pencha lentement, déposant un baiser doux sur son front, ses lèvres s’attardant comme pour capturer cet instant fragile dans un monde où tout semblait pouvoir s’effondrer. La chaleur de sa peau sous ses lèvres, son parfum, tout en elle était un rappel de ce qu’il protégeait farouchement. « Cinq minutes, une heure, une nuit… ce n’est jamais assez avec toi », chuchota-t-il, sa voix à peine audible, vibrante d’une émotion qu’il laissait rarement transparaître. Il se redressa juste assez pour plonger à nouveau dans ses yeux, ses prunelles cramoisies brûlant d’une passion contenue. « Mais ce soir, je suis là. Pour toi. Pour nous. »

Okkoji prit sa main, son étreinte ferme mais empreinte d’un soin presque révérencieux, comme s’il craignait de briser quelque chose d’aussi précieux qu’elle. Il inclina la tête vers le palais, un éclat de son audace habituelle perçant dans son sourire, mais ses yeux restaient rivés sur elle, absorbant chaque détail de son visage. « Viens », dit-il, sa voix plus légère, presque taquine. « Dînons ensemble. Raconte-moi comment tu fais pour garder notre petite victoire occupée dans cet endroit. Je veux tout savoir – chaque détail, chaque sourire qu’il t’a offert aujourd’hui. »

Il fit un pas, l’invitant à le suivre, mais s’arrêta un instant pour la contempler à nouveau, comme s’il voulait graver son image dans son esprit avant que le devoir ne l’arrache une fois de plus à elle. La lumière des lanternes dansait sur son kimono, soulignant la courbe délicate de ses épaules, et il sentit son cœur se serrer. « Aiko », ajouta-t-il, sa voix plus basse, plus intime, presque un murmure. « Tu es mon foyer. Peu importe où je vais, peu importe les batailles, c’est toujours vers toi que je reviens. » Ses yeux ne la quittèrent pas, absorbant chaque détail de la femme qui tenait son cœur dans un monde où la pitié n’avait pas sa place. Puis, avec un sourire plus doux, il l’entraîna doucement vers le palais, déterminé à savourer chaque seconde de ce répit à ses côtés avant que la nuit, implacable, ne l’appelle à nouveau dans son tourbillon de violence et de pouvoir.

Rubis Starling:
Quand Aiko réussit à attirer l’attention d’Okkoji, elle n’avait pu s’empêcher de sourire tendrement et de rougir, surtout en voyant les lèvres de celui qu’elle aimait se mouvoir, l’entendant murmurer son prénom d’un timbre de voix qui lui faisait chaud au cœur. Et son coeur se mit à s’emballer en le voyant s’approcher d’elle, venant briser le peu de distance qu’il y avait entre eux, offrant ainsi à la belle brune l’opportunité de pouvoir l’admirer de plus près et d’humer discrètement son parfum, comme elle le faisait toujours d’ailleurs. C’est donc enivrée de son parfum boisé aux notes d’agrumes, que la jeune femme prit son courage à deux mains, venant donc demander à son mari avec des yeux pétillants s’il allait rester, que ce soit pour le dîner ou même juste quelques instants, avant de la quitter.

Et alors qu’elle replaça un peu nerveusement et timidement une mèche derrière son oreille, son coeur battant à tout rompre en le regardant, attendant avec impatience et appréhension la réponse de cet homme si cher à son coeur, ses prunelles écarlates se mirent à trembler en le voyant lever sa main pour retirer un pétale d’une fleur de cerisier qui s’était posée dans ses cheveux. Souriant, émue et attendrie par son geste, Aiko plongea son regard tendre dans celui d’Okkoji, se noyant dans ses prunelles amoureusement. Puis son cœur se mit à tambouriner plus fort dans sa poitrine en entendant son mari répéter son prénom, la faisant un peu plus rougir sous l’effet que cela lui faisait. Et ce fut encore plus intense quand elle l’entendît la questionner, faisant trembler de plus belle ses mirettes qui ne le quittaient pas. 

« Je… J’ai toujours peur qu’un jour tu… Tu partes sans me dire au revoir car… Tu n’aurais pas le choix… Et je… C’est idiot je sais, mais… J’ai cette frayeur constante de ne pas pouvoir te voir avant chacun de tes départs… »

C’était un aveu timide mais sincère. Ressemblant à celui d’une adolescente amoureuse, mais qui sonnait si fort malgré le timbre si doux et bas de sa voix en cet instant, démontrant ainsi toute l'importance qu’il représentait pour elle. Mais dévoilant aussi toute la sensibilité qui l’habitait, cachée sous cette force dont elle faisait la démonstration en permanence aux yeux de tous.

Et après cette confession, Aiko put voir Okkoji mettre fin à cette distance qui les séparait, faisant battre son coeur de plus belle, donnant terriblement chaud à tout son être, tout en lui donnant l'irrépressible envie de lui sauter au cou en cet instant, mais se contenant car ils n’étaient pas vraiment dans un endroit intimiste pour ce genre de démonstration affective. La belle brune pouvait ressentir la chaleur du corps de cet homme si cher face à elle, cette passion dans ses yeux écarlates qui lui donnait l’impression qu’ils étaient enflammés par un feu ardent et qui la fascinait tant. Mais elle fut sortie de sa contemplation en entendant les mots de son mari, la faisant esquisser un large sourire ravie en apprenant qu’il allait rester pour le dîner, voire même un peu plus.

« J’en suis si heureuse… Et notre petit Katsu sera heureux de te voir. Il ne pourra pas s’empêcher de te kidnapper, malheureusement, il tient beaucoup trop de moi pour ne pas s’empêcher de réclamer et accaparer son papa… »

Ses yeux pétillaient plus intensément en disant cela, sa voix douce était emplie de tendresse alors qu’elle esquissait un petit sourire amusé et nostalgique. Aiko se rappelait avec émotion du nombre de fois où leur fils avait aperçu son père, se jetant dans ses bras, à son cou ou à ses jambes en l’enlaçant avec ses petits bras, l’assaillant de questions et lui demandant de regarder des dessins animés avec lui ou de lui lire une histoire. Et elle se rappeler aussi d’elle il y a quelques années, qui ne pouvait s’empêcher d’accaparer Okkoji dès qu’elle le voyait, venant même parfois à l’attraper par la manche de son costume en le tirant dans une pièce à l’abri des regard, avant de se blottir contre lui dans une douce étreinte ou se jeter à son cou en l’embrassant avec passion.

C’est avec amusement qu’elle souffla doucement par le nez, gardant son joli sourire aux lèvres en ne cessant d’admirer celui qu’elle aimait en repensant à tout cela. Puis elle se mit à rougir de nouveau en sentant sa main sur sa joue, sentant son pouce la caresser avec une tendresse infini, faisant ainsi battre son cœur à toute allure tout en le sentant se réchauffer de nouveau. Et les réactions tout comme les mots qui suivirent d’Okkoji ne laissèrent pas la jeune femme indiferente, bien au contraire.

« Okoji… Tu es plus fort que tu ne le penses… Je t’assure que tu n’as pas idée à quel point tu es fort, à quel point tu es formidable… Tout ce que tu fais pour nous et à la mémoire de ceux qui te sont chers est si courageux… »

Dit-elle avec tendresse, venant poser une de ses mains sur la sienne posée sur sa joue, la caressant tendrement en ne le quittant pas des yeux.

« Katsu et moi sommes fiers de toi… Nous sommes si fiers de toi… Tu peux être fier de tout ce que tu as fais Okkoji… Et je suis sûre qu’une beau jour, tout ces sacrifices n’auront pas été vains et qu’on n’aura plus besoin d’être éloignés, qu’on pourra étre ensemble plus d’un soir…  »

La belle brune esquissa un sourire émue tout en poursuivant sa prise de parole, gardant une voix douce et basse, se voulant rassurante, apaisante mais surtout aimante envers son mari. Et comme pour appuyer ses mots, remuant légèrement sa tête en direction de la main d’Okkoji,  Aiko posa discrètement mais tendrement un baiser dans la paume de la main de l’homme qu’elle aimait, sans le quitter du regard.

« Mais en attendant, profitons ce soir de ce temps pour nous… J’ai envie qu’on soit ensemble… J’ai envie que tu sois heureux et je ferais tout pour ça Okkoji… »

Après ses mots, les lèvres de la jeune femme quittèrent la paume de la main d’Okkoji, sa main s’apprêtant à relacher la sienne avant de le sentir la saisir délicatement, venant la faire rougir de nouveau par ce geste. Et c’est d'un sourire tendre mais timide qu’elle le regarda, admirant chacune de ses micmics et expressions sur son visage, ne manquant pas de la faire rire avec légèreté en l’entendant prendre un ton taquin en l’invitant à le suivre poursuivre la soirée à l’intérieur.

C’est d'un hochement de tête que la belle brune répondit à son mari, autant à son invitation qu’à ses mots, commençant donc à le suivre avant qu’il ne s’arrête, venant lui faire une belle déclaration d’amour. Les yeux d’Aiko se mirent à trembler sous l’émotion, scintillants à en avoir presque les larmes aux yeux tant les mots d’Okkoji résonnaient en son cœur mais aussi dans son âme. Et là, sans réfléchir, oubliant tout ce qui les entouraient l’espace d’un instant, la jeune femme s’approcha plus près de son mari, venant presque à se coller à lui. Puis en se mettant sur la pointe des pieds, elle rapprocha son visage du sien à présent, et avec une tendresse infinie, elle vint poser avec douceur ses lèvres contre les siennes dans un doux baiser.

Cela dura quelques secondes à peine, mais pour Aiko, cela sembla durer presque une éternité, et, si elle ne s’était pas retenue, ça aurait pu durer bien plus longtemps et elle serait même aller plus loin. Mais ils n’étaient pas dans un cadre intimiste, pas pour le moment du moindre. Et donc, après ce tendre baiser du bout des lèvres, elle reprit sa taille, le regardant tendrement avant de rougir de son acte, esquissant un sourire timide mais conquise en l’admirant, venant lui chuchoter d’une voix toujours aussi douce.

« Et toi, tu es mon tout Okkoji, ne l’oublie jamais… Je n'attends que toi et je ne suis complète que dans tes bras… »

Après cette déclaration à son tour, la belle brune serra avec tendresse la main de son mari, ses yeux pétillants de tendresse et toujours son sourire timide sur ses lèvres. Et, pour changer, c’est elle qui se mit à s'avancer, prenant les devant tout en ne lâchant pas la main de l’homme qu’elle aimait, le guidant et le tirant avec douceur avec elle en direction du palace, s’apprêtant à poursuivre la soirée avec lui en toute hâte.

Okkoji Yamamoto:
Okkoji Yamamoto s’arrêta un instant sous le ciel crépusculaire de Seikusu, ses yeux écarlates captant les reflets chauds des lanternes du Seikusu Palace, dont les contours majestueux se découpaient dans la lumière douce du soir. Les paroles d’Aiko, empreintes de tendresse et de vulnérabilité, résonnaient encore dans l’air, comme une mélodie fragile perçant le chaos de son monde de pouvoir et de violence. L’odeur subtile des fleurs de cerisier, omniprésentes dans les jardins du palais, se mêlait à son parfum boisé aux notes d’agrumes, l’ancrant dans cet instant précieux où son rôle d’oyabun s’effaçait face à la femme qu’il aimait. Son baiser, fugace mais incandescent, avait allumé une flamme dans sa poitrine, qu’il contint avec effort, conscient des regards indiscrets qui pourraient surgir, même dans l’enceinte protégée du palais. La discipline forgée par des années dans l’univers impitoyable des yakuzas imposait une retenue, fidèle aux codes japonais de discrétion en public. Sa mâchoire se crispa légèrement, un réflexe de son contrôle implacable, mais ses yeux, fixés sur Aiko, débordaient d’une tendresse qu’il ne réservait qu’à elle.

« Aiko », murmura-t-il, sa voix rauque et profonde vibrant d’une chaleur qu’elle seule pouvait susciter. Il serra sa main avec une douceur calculée, ses doigts calleux, marqués par les cicatrices d’une vie de combats, effleurant sa peau délicate. Ce contact, si simple, portait tout le poids de son amour, une réponse silencieuse à ses mots qui l’avaient touché au plus profond. « Tu ne sais pas… ce que tes paroles font à mon cœur », ajouta-t-il, un sourire discret, presque imperceptible, se dessinant sur ses lèvres – un sourire qu’elle seule pouvait lui arracher. Il s’avança légèrement, réduisant l’espace entre eux, mais veilla à maintenir une distance respectueuse, son corps droit et imposant, reflet de l’autorité qu’il incarnait. Même dans cet instant d’intimité, il restait l’oyabun, conscient que chaque geste pouvait être observé, même dans l’enceinte sacrée du Seikusu Palace.

Il jeta un regard furtif autour d’eux, s’assurant que leur moment restait à l’abri des curieux, même ici, dans ce sanctuaire de pouvoir qu’il contrôlait. Les jardins du palais, avec leurs cerisiers en fleur et leurs lanternes de pierre diffusant une lueur chaude, semblaient un havre temporaire face aux tempêtes de sa vie. « Katsu… et toi », continua-t-il, sa voix s’abaissant jusqu’à n’être qu’un murmure, comme s’il confiait un secret aux pétales flottant dans l’air. « Vous êtes mon ancre. Les seules raisons pour lesquelles je continue à me battre dans ce monde. »[/i] Son pouce caressa doucement le dos de sa main, un geste fugace mais chargé d’une tendresse qu’il ne montrait jamais en public. Il mourait d’envie de la serrer contre lui, de faire disparaître le monde, mais les traditions japonaises et la vigilance imposée par son rôle l’en empêchaient. Ce contact discret était un fil ténu mais puissant, reliant leurs cœurs dans le silence.

« Ce soir, j’ai une surprise pour toi », dit-il soudain, son ton mesuré mais teinté d’une pointe d’amusement, une lueur espiègle dans ses yeux écarlates. « Pas seulement le palais. Je t’emmène quelque part… un endroit digne de nous. » Il relâcha sa main avec une réticence presque palpable, son regard s’attardant sur elle un instant avant de l’inviter à le suivre d’un léger signe de tête. « Viens. »

Ils traversèrent les couloirs élégants du Seikusu Palace, leurs pas résonnant doucement sur le parquet poli, jusqu’à atteindre le restaurant kaiseki du palais, un joyau caché connu sous le nom de *Hana no Uta*. Niché dans une aile isolée, ce restaurant incarnait l’essence de l’élégance japonaise, avec ses cloisons shoji ornées de motifs délicats de fleurs de cerisier et ses baies vitrées donnant sur un jardin zen illuminé par des lanternes en pierre. L’ambiance était feutrée, l’éclairage tamisé des lanternes en papier washi diffusant une lumière douce qui semblait caresser les lieux. Une serveuse en kimono traditionnel les accueillit avec une révérence gracieuse, les guidant vers une salle privée, une table basse en bois de cerisier disposée face à un petit jardin intérieur où un ruisseau murmurait sous un érable aux feuilles rougeoyantes.

Okkoji s’installa avec sa prestance habituelle, son costume noir taillé sur mesure contrastant avec la simplicité raffinée du décor. La pochette rouge sang de son costume captait la lumière, ajoutant une touche audacieuse à son allure imposante. Il observa Aiko s’asseoir, ses gestes gracieux captivant son regard comme toujours. « J’ai voulu un endroit où nous pourrions… être nous », dit-il, sa voix basse mais empreinte d’une chaleur sincère. « Un moment où je ne suis pas l’oyabun, mais juste… ton Okkoji. » Il marqua une pause, ses yeux cherchant les siens, une lueur de vulnérabilité perçant son masque d’autorité. « Et où Katsu pourra nous rejoindre plus tard, quand il aura fini de réclamer ses histoires. » Il esquissa un sourire, repensant à leur fils, à ses éclats de rire et à ses étreintes enthousiastes dès qu’il le voyait. « Il te ressemble trop », ajouta-t-il, une note d’amusement dans la voix. « Cette façon de s’accrocher, de ne jamais lâcher… Je ne pourrais pas rêver d’un meilleur héritage. »

Le premier plat arriva, une composition délicate de sashimi de fugu, présenté comme une œuvre d’art sur une céramique artisanale aux motifs de vagues, accompagné d’une soupe claire au parfum subtil de yuzu et de shiso. Chaque détail, de la disposition des plats à la présentation méticuleuse, reflétait l’élégance intemporelle de la cuisine kaiseki. Okkoji observa Aiko, captivé par la manière dont la lumière douce dansait sur ses traits, accentuant la douceur de son visage et la lueur dans ses yeux. « Aiko », murmura-t-il, son ton redevenant sérieux, presque solennel. « Ce que tu as dit tout à l’heure… sur ta peur que je parte sans dire au revoir… » Il s’interrompit, ses doigts jouant nerveusement avec la montre en acier à son poignet, un rituel hérité de son mentor. « Je te le promets, jamais je ne ferai ça. Peu importe les dangers, peu importe les ennemis. Je trouverai toujours un moyen de revenir à toi. À vous. »

Il se pencha légèrement en avant, sa voix s’abaissant encore, comme si les murs du palais, pourtant sous son contrôle, pouvaient trahir ses mots. « Ce monde… il est impitoyable. Il prend tout ce qu’il peut. Mais toi et Katsu, vous êtes à moi. Ma force. Ma raison de tenir, même quand tout semble vouloir m’abattre. » Ses yeux écarlates, si intimidants pour le reste du monde, brillaient d’une intensité douce, presque fragile, réservée à elle seule. « Je ne suis pas aussi fort que tu le dis », ajouta-t-il, un aveu rare, sa voix teintée d’une ombre de doute. « Mais pour vous, je ferai tout pour l’être. »

Il tendit la main, effleurant la sienne sur la table, un geste audacieux dans cet espace semi-public, mais si discret qu’il passa inaperçu. « Ce soir, profitons de cet instant. De nous. Laisse-moi voir ton sourire, entendre ta voix… oublier, juste pour quelques heures, le poids du dehors. » Il retira sa main, reprenant sa posture composée, mais son regard restait ancré dans le sien, un mélange d’amour profond et de désir contenu. « Et dis-moi… », ajouta-t-il, une pointe de malice dans la voix pour détendre l’atmosphère, « est-ce que Katsu a encore essayé de te convaincre de lui lire trois histoires au lieu d’une ? »

Le repas se poursuivit, chaque plat – un tofu soyeux au sésame noir, un tempura de crevettes de rivière, une tranche de bœuf wagyu grillée à la perfection – racontant une histoire de tradition et de raffinement. Okkoji, malgré son apparence imposante et son aura de danger, semblait plus léger, ses épaules se relâchant légèrement à mesure que la soirée avançait. « Je veux que tu saches », dit-il finalement, alors qu’ils partageaient un dessert de mochi à la pâte de haricot rouge, « que chaque sacrifice, chaque combat… c’est pour un jour où nous n’aurons plus à nous cacher, à craindre les ombres. Je te le promets, Aiko. Ce jour viendra. » Ses mots, prononcés avec une conviction farouche, portaient le poids de son ambition, mais aussi de son amour indéfectible.

Il posa sa main sur la table, paume ouverte, une invitation silencieuse. « En attendant, ce soir est à nous. Et je veux le graver dans mon cœur. » Ses yeux écarlates scintillaient, reflétant les lanternes du jardin, et dans cet instant, loin des intrigues et des dangers, Okkoji Yamamoto n’était qu’un homme amoureux, prêt à tout pour protéger ce moment de paix avec la femme qui était son monde.

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