Mh. La réponse à ma première question est un peu suspecte. Il a l'impression que je l'agresse ? Pourquoi ce gamin m'donne la sensation d'être sur la défensive ? Bon, il peut l'être en vrai. Enfin, dans le sens où on ne se connaît pas depuis longtemps, donc ça pourrait se comprendre qu'il soit sur ses gardes. Mais putain, j'ai pas une gueule de voleuse ! Ahem...Non, hein ?
- Pourquoi ça m'intéresse? Hé, t'emballes pas ! J'en veux pas, d'ton sac à main d'bourgeoise ! Tu m'poses des questions et j'te réponds. T'peux faire la même, non ? C'est que d'la simple curiosité et pour faire la conversation, tss.Sale con. Pff. Pour une fois que je veux bien papoter un peu au lieu de faire ma
rustre froide et solitaire comme on me le reproche si souvent à l'Académie, on me prend pour une possible voleuse. Je grommelle un peu, les dents et la mâchoire serrés. Puis je l'ai remarqué, son p'tit jeu lààà ! Il roule très légèrement des mécaniques, faisant mine de s'étirer pour exposer sa musculature. Oui, bon, il s'étire vraiment mais il en profite pour se faire voir, le bougre. Bon, ça ne veut pas ma masse musculaire, mais la lueur des flammes dansantes sur ses muscles, ça leur donnait...une impression plus...Imposante, je dirais. Et j'suis presque certaine qu'il a remarqué que j'avais compris son p'tit stratagème. Oui, j'ai des yeux, p'tain ! Oui, je matte, mais y'aura rien de plus, gamin ! J'ai des yeux, j'vais regarder hein ! J'vais pas jouer la pucelle et rougir parce que t'es à moitié à poil !
Pour passer à autre chose, il m'envoie son sac pour que je le teste. Tirant une grimace, je lui redonne aussitôt, sans fouiller, la mine agacée.
- C'est bon, j'ai compris que c'était QUE TON trou sans fond, quoi. Et j'parle pas d'ton cul, hein.Je ne vois aucune raison de fouiller son sac si j'y vois rien. Et puis, qui peut me dire ce que j'risque de toucher si j'y fourre ma main. Je pousse un long, looooog soupir, hochant du chef, en réponse à sa question, me massant une tempe légèrement douloureuse.
- Ton accessoire est intéressant, c'est vrai. Et ouais, j'suis satisfaite de ta réponse.Si le conditionnement au sein du sac n'est pas à chier, en vérité, ça pourrait être bien que j'en demande un à Lenwë. Peut-être qu'un des professeurs pourra m'en confectionner un. Je pourrai ramener davantage de plantes et d'échantillons lors de mes prochains voyages.
Visiblement, lui aussi est curieux et c'est pas si déplaisant, en réalité. Je me relève, m'étirant à mon tour. Je lève mes bras au dessus de ma tête, comme si je visais le ciel. J'attrape l'un de mes sabots, puis l'autre une fois le premier reposé, effectuant des « talons-fesses » pour détendre mes jambes.
- Ma hache ? Elle fonctionne un peu comme ton sac à main. Elle ne réagit qu'avec moi.Je secoue la tête lorsqu'il émet l'hypothèse que je l'ai chapardé dans un temple ou tout autre lieu maudit à la « mord-moi l'nœud ». Parce qu'un acte vaut mieux que mille mots, je dégaine ma hache, la saisissant à deux mains.
Mon armure change alors, se faisant plus lourde, plus robuste, plus adaptée au combat. Aussi, ma hache et cette nouvelle protection émettent une lueur d'un bleu très clair, rappelant la glace de hautes montagnes.
- Elle a été forgée spécialement pour moi. Elle a été enchantée par un ami pour que je puisse manipuler facilement la magie tout en combattant...Elle en jette, pas vrai ?Oui, je me vante un peu, mais entre les ombres orangées du feu sur mon corps, et les lueurs givrées qui s'y reflètent tout autant, j'ai presque l'impression d'être une œuvre d'art vivante. Oui, mes chevilles vont bien, aucun gonflement en vue...