Ville de Seikusu, Kyoto, Japon, Terre > Centre-ville de Seikusu
[Terminé] Can you spot a fake from a mile away ? [Feat. Ralph Flynn]
Ralph Flynn:
La première tentative d'Eva se solde par un échec. Même si je n'en étais pas étonné, j'étais juste surpris qu'elle puisse si mal agir de la sorte, alors qu'elle avait pourtant été conçue pour facilement répondre à des problèmes, surtout avec les plus basiques. Mais j'imaginais que cela avait peut-être été fait en partie exprès par ses concepteurs qui ne m'en auraient pas parlé, histoire que cela la rende plus humaine qu'elle n'était bien évidemment déjà à mes yeux. La seconde tentative semblait cette fois être bien meilleure, mais c'est la troisième qui manqua de peu à Eva d'attraper quelque chose.
- Allez vas-y Eva! On est des Flynn et dans notre famille, l'échec ne peut être toléré! Alors go! Go! Go!
Je serre les poings et j'apporte mes plus vifs encouragement à mon adorable petite sœur, qui semblait être encore un peu perdue. Mais la vérité, était que je voulais surtout qu'elle s'amuse. Je voulais qu'elle partage avec moi mon entrain. Je vis alors en elle que cela porta ses fruits. Eva sembla devenir beaucoup plus concentrée et déterminée. Et puis ce ne serai certainement pas une machine à touristes, qui allait nous résister. Et c'est alors que je me suis mis à crier et à vivement l'applaudir, lorsqu'elle réussit au bout de ce quatrième essai, à capturer une de ces peluches et à la ramener à elle.
- Ouuuuuiiiii! Bravo Eva!
Tandis que je l'applaudis, je vois enfin ma sœur sourire avec satisfaction, ce qui me faisait évidemment plaisir plus que n'importe-quoi d'autre en ces instants. C'est alors un peu surpris, que je la vois se rapprocher de moi pour m'embrasser sur la joue. Après tout, si Eva était loin de ne jamais me faire de marques d'affections, je l'aurai plus imaginé faire cela vers la fin. Mais bon, pourquoi pas? Ainsi je préfère ne pas relever ces détails, de peur que cela la mette mal à l'aise ou l'embarrasse pour rien. Elle était maintenant heureuse et il était important qu'elle continue de le rester. Puis, avant que nous réfléchissions vers quel autre stand ou manège nous diriger, j'observe un peu plus en détail la peluche que Eva a remportée.
- Un serpent? Ahaha... Tu... Tu as un bien drôle de gout. Toi qui préfère les trucs plus kawai... Mais bon, pourquoi pas... Non vraiment, je trouve ça plutôt amusant. Tu ne cesseras décidément jamais de me surprendre. Tu as toujours un coup d'avance sur tout le monde dans ton genre, Eva.
Je laisse passer mon étonnement au prix de mon amusement. Bien que je trouvais cette peluche un peu bizarre, voir ce long machin pendre entre ses mains, avait quelque chose d'assez drôle. J'en profite pour lui repasser la main dans les cheveux, avant de prendre son lot et de le mettre autour de mon cou, comme si c'était une écharpe.
- Hé? Tu as vu un peu? Le gang des serpents est dans la place. Ma fois, il faut plutôt bien reconnaitre que ça me va bien, non?
J'écarte les bras, tout en ne cessant de lui montrer mon engouement. Je ne regrettais pas d'être venu là, avec elle. J'étais comblé d'avoir pris la bonne décision. Et puis, tandis que je garde le serpent au tour de moi, histoire que Eva ne se retrouve pas encombrée par la suite, j'observe autour de nous. Il y avait pas mal de monde. Beaucoup de bruits et de musiques qui se mélangeaient, d'un endroit à un autre. Et comme je ne voulais pas nous sentir trop oppressés, je m'aide d'une simple analyse pour mettre en évidence tous les potentiels endroits où ne se trouvait pas trop de monde, en ces instants. C'est alors que je repère un stand de basketball.
- Là! Regarde là-bas Eva! Qu'est-ce que tu en dis? Je parie qu'on va encore gagner des trucs, si on arrive à faire un bon score.
Je pointe du doigt le stand assez éloigné de notre position, puis j'entraine encore une fois Eva avec moi. Ce devrait normalement être à elle à se décider, mais je ne pouvais généralement pas m'empêcher de prendre les devants. C'est donc la main sur son épaule, que nous-nous rapprochons ensemble du stand. Une observation rapide du jeu, me fait rapidement comprendre les règles de cet endroit. Au niveau de chaque ligne d'où était positionné une personne, se trouvait un panier. A chaque fois que quelqu'un rentrait une balle dans celui-ci, le panier s'éloignait toujours un peu plus. Le nombre d'essais était de dix et il semblait être possible après confirmation, de gagner un lot à partit de huit paniers remportés. Dix pour les plus gros. Je paye ainsi au gérant du stand l'acompte nécessaire, puis j'enroule délicatement la peluche autour d'Eva, tout en me rapprochant d'elle avec tendresse en même temps.
- Okay. Cette fois ma jolie, c'est moi qui commence.
Sans perdre plus de temps, j'attrape un ballon que je fais tourner sur un doigt. Cette sensation me procurait d'anciens souvenirs. Le basket était certainement le sport que j'aimais le plus, à l'époque. Mais ça faisait depuis longtemps que je n'en avait plus fait, du coup je comptais sur mes nanomachines pour remporter la totale de paniers et surtout, continuer de faire encore plaisir à Eva.
- Okay Eva. Si je ne rentre pas les dix paniers, je veux bien faire un tour d'autotamponneuse avec les gosses.
C'était vraiment ridicule. Jamais en temps normal je ne me serai permis de faire ce genre de bêtises. Surtout que je savais que quelqu'un pourrait peut-être me reconnaitre. Mais pour Eva, je ferai n'importe-quoi pour la voir épanouie. Et c'est donc après avoir regardé le ballon, tout en continuant de me rappeler encore quelques anciens bons moments, que je commence à tirer. Les premiers paniers sont d'une facilité débordante. C'est lorsque je passe le cinquième, qu'il m'est nécessaire de me concentrer, avant de tirer. Si les nanomachines m'aidaient indirectement en me donnant ma position exacte par rapport au panier, comme par exemple l'indicateur de force et de hauteur à mettre à chaque tir, je devais surtout compter sur ma dextérité avant tout. C'est ainsi que je marque le cinquième, puis le sixième presque d'affilé.
- Haha. C'est tellement amusant. Voila que l'on va enfin rentrer dans le vif du sujet, maintenant.
Oui, ma dextérité était toujours bien là. Ces nanomachines avaient vraiment fait un sacré boulot par le passé, sur moi. Mais je savais qu'elle n'étaient pas infaillibles pour autant. Donc c'est avec un très léger rebond sur l'anneau, que la septième balle rentre à l'intérieur. Je crie et je caresse la tête d'Eva, avant d'entrer dans les plus hautes hostilités du jeu. Quelques instants de concentration, avant de réussir le huitième essai. Pour l'instant, c'était un sans fautes. Lorsque arrive le neuvième, il me fallait rester un bon instant concentré, avant de bien tout calculer et de tirer mon coup. La balle qui hésite d'abord à rentrer, finit elle aussi à l'intérieur de l'anneau.
- Oh ouiii! Allez plus qu'un!
Durant mon excitation, je regarde Eva encore affectueusement avant de prendre le dernier ballon en main. Je voulais à tout prix lui faire gagner le meilleur prix. Et alors que je finis de me concentrer, je tire la balle qui rebondit sur l'anneau et qui...
- Oh noooon...
Je ne cache pas ma déception, lorsque le ballon n'entre finalement pas et tombe à côté...
- Je suis vraiment désolé Eva. Je voulais tellement te faire gagner le meilleur lot. J'ai vraiment été un looser...
Je caresse doucement l'épaule de ma tendre petite sœur, non sans cacher une certaine déception...
- Bon. Vois avec le gars du stand quel lot tu peux avoir. J'imagine qu'avec neuf paniers, on doit déjà avoir du choix. Puis dis-moi après si tu veux y participer aussi ou aller directement ailleurs, avant qu'on termine dans ces autotamponneuses.
Tandis que je rigolais encore, je profitais de l'occasion pour obliger indirectement Eva à prendre des décisions sur la prochaine marche à suivre. Je m'étais bien amusé, mais maintenant c'était à son tour de nous faire un peu rêver tous les deux, avec un truc qui lui plairait.
Nowi la Caméléone:
Après avoir été encouragée par Ralph, Nowi réussit enfin à sortir une de ces fichues peluches de la machine. Même si elle une imposture pour une Flynn, elle était bien heureuse de ne pas avoir échoué et en ressentit une certaine fierté. Elle fut si fière et heureuse qu’elle eut envie d’exploser de joie comme le fit le jeune homme mais son rôle l’obligeait à être plus retenue dans ses émotions, ce qui ne l’empêcha pas de tenter un premier sourire et un premier contact physique avec le garçon qui sembla surprise par ce simple bisou sur la joue. Décidément, il n’avait vraiment pas l’air habitué à ce qu’Eva soit aussi directe avec lui. À croire qu’elle n’était qu’une coquille vide. Nowi commença à se demander comment pouvait bien être leur vie de couple avec une demoiselle aussi renfermée sur elle-même. Mais cela ne la regardait pas, elle devait juste jouer son rôle jusqu’à pouvoir disparaître comme elle était venue.
Néanmoins, elle reçut un petit coup de stress quand Ralph pointa du doigt que le choix du serpent était loin d’être anodin pour la véritable Eva. Nowi s’en doutait quand même pas mal mais elle ne put avouer qu’elle avait choisir un truc au pif total et se contenta d’un sourire aussi timide qu’effacé en constatant qu’une fois encore, celui qui devait être son mari prenait bien la nouvelle et trouva un amusement constant dans sa bizarrerie. C’était si troublant pour la caméléone qu’elle avait du mal à savoir s’il était sincère ou s’il se doutait de quelque chose mais préférait faire semblant de ne rien remarquer. D’un côté, on ne se réveillait pas le matin en se disant qu’un(e) inconnu(e) prendrait la place de l’un de ses proches, à moins d’être sacrément paranoïaque.
Alors elle continua simplement de jouer le jeu, surprise que Ralph lui reprenne son serpent pour le placer autour de son propre cou, tel une écharpe. Il avait l’air idiot à chercher à amuser Eva et Nowi n’arrivait pas trop à se fixer sur la manière de réagir. Plus le temps passa, plus elle se rendit compte qu’elle n’avait pas une mais deux énigmes à résoudre. Elle ne dut pas seulement comprendre la fille inexpressive qu’était Eva mais elle dut aussi comprendre le comportement étrange de celui qui lui fit face en faisant le pitre. Tout cela aurait été tellement plus simple si elle avait pu se lier à Eva depuis le début… La voyageuse se demandait si elle ne devait pas simplement se lier à l’homme du couple plutôt que chercher désespérément à comprendre la femme mais… c’était loin d’être aussi simple à faire de façon discrète dans un tel contexte.
Finalement, cette phase passa et cette fois, la prochaine attraction choisie fut un stand de panier de basketball. Si elle devait être franche, la demoiselle ne trouvait pas cela spécialement amusant mais elle devait bien se plier aux envies de l’homme au collier de serpent. Elle fut d’ailleurs un peu chagrinée qu’il ne lui rende pas son serpent durement gagné mais elle ne le montra pas, se contente de suivre sans broncher. Elle était de nouveau devenue impassible. Ils arrivèrent à ce nouveau stand et Ralph se proposa de commencer à jouer le jeu. Ce n’était pas Nowi qui allait l’en empêcher étant donné que, contrairement à la machine précédente, elle n’était vraiment pas emballée par cette attraction.
De son côté, Ralph conservait son engouement pour tout ce qu’il faisait. Même quelqu’un d’aussi joviale que Nowi était surprise de voir quelqu’un d’aussi heureux pour si peu de chose. Il sembla particulièrement sûr de lui à l’idée d’enfiler les dix paniers. Mais cela n’avait rien d’impressionnant. Comme il avait pu le dire lui-même, Dans notre famille, l'échec ne peut être toléré.
- Tu ne devrais pas prendre de tels risques. Les chances de ne pas enchaîner les dix paniers sont quand même très forte, même pour toi.
Elle se permit une petite mise en garde sans trop savoir pourquoi, se disant que, peut-être, Eva aurait agi ainsi. En réalité, elle tentait des choses, essayant de connaître les autorisations et interdictions dans le comportement qu’elle devait adopter.
De son côté, il débuta le jeu et enchaîna les quelques premiers paniers avec une aisance montrant qu’il n’était clairement pas à prendre à la légère et que sa confiance n’était pas simplement une façade. 1, 2, 3, 4,5 et 6, tous enchaînés sans la moindre hésitation. Ce n’était que 60% du chemin fait mais déjà plus de la moitié et Nowi commença à se dire qu’il était bien capable d’enchaîner les dix. Et pendant qu’elle était un peu dans ses pensées, le 7ème panier rentra. Nowi avait presque envie de l’applaudir pour cette performance, même si elle n’était pas encore finie.
Cela se sentait que Ralph se concentrait un peu plus quand il réussit son 8ème panier. 80% du travail ! C’était déjà un très bon score et ça ouvrait le droit aux récompenses. Mais le but était d’enchaîner les dix. Puis ce fut d’ailleurs le cas du 9ème. C’était de plus en plus dur et ça se voyait, le ballon semblait plus hésitant à rentrer. Plus qu’un. Il était très enthousiaste et Nowi l’était elle aussi. Elle se retint de réagir mais son regard trompait sa concentration exponentielle sur les paniers enchaînés. Un échange de regard, un lancer et… la déception. L’échec d’un Flynn. Le 10ème panier raté, si près du but. Il s’excusa et la frustration se sentait assez fortement. Nowi se permit de vanner gentiment le garçon :
- Finalement, un Flynn peut échouer, voilà qui est inattendu. Même si elle conservait son calme, ça se sentait qu’elle n’était pas sérieuse. Elle reprit même aussitôt : Ce n’est pas grave. Tu as quand même mis neufs paniers sur dix, c’est un meilleur résultat qu’une très grande majorité de personnes. Tu n’es pas parfait mais tu restes mon champion.
Un doux sourire au visage, toujours légèrement effacé, elle se rendit au stand des récompenses mais elle eut une idée. S’il essayait continuellement de lui faire plaisir, elle pouvait bien lui rendre son comportement et en faire réciproquement.
- Pour te réconforter, je te laisse le choix de la récompense cette fois. Ce sera ton cadeau.
Elle le regardait droit dans les yeux, déterminée et lui faisant comprendre qu’elle ne changera pas d’avis. Puis, souhaitant esquiver son tour de jeu, elle se mit aussi en tête de proposer une autre activité. Elle avait enfin le choix et elle comptait bien en profiter ! Ce qui lui fit envie n’était pas un jeu mais un truc qui la bottait énormément et qui ferait sûrement aussi très envie à Eva d’après ce qu’elle crut comprendre.
- Et quand tu auras choisi, on pourra aller à la grande roue s’il te plaît ? Je suis curieuse de savoir la vue qu’on a de là-haut.
Intérieurement, Nowi se réjouissait de son idée. C’était sûr, cette fois, elle ne fit pas de faute sur son choix !
Ralph Flynn:
Bien que je regrette de ne pas avoir mis ce foutu dernier panier dans la bonne case, au moins Eva passait un bon moment ici. Je souris à sa remarque, lorsqu'elle me rappelle sans doute ce qui est certainement devenu plus une réalité pour moi aujourd'hui, qu'à cette époque révolue avec le basket. Eva me rappelle ensuite la juste vérité sur ce score plutôt talentueux, avant de me glisser un autre mot d'encouragement. J'approuve tout ce qu'elle dit tout en lui ébouriffant gentiment son adorable petite tête de princesse, juste avant qu'elle insiste à ce que ce soit plutôt moi qui choisisse un lot. Je n'étais pas disposé à céder, mais visiblement elle non plus...
- Okay, okay. En principe c'est plutôt ta soirée, Eva. Mais j'aurai de la peine à froisser ton adorable petit minot, simplement pour une histoire de lot à choisir.
C'est juste après lui avoir fait un clin d’œil tout en mettant deux doigts de ma main en forme de ciseaux, que je me dirige vers le gérant pour lui demander la liste des lots auxquels un talentueux Flynn aurait le droit de prétendre ici. Et effectivement, le choix ne manquait pas. Puis alors que je regardais un peu partout pour constater qu'il y avait quand même aussi tout un sacré tas de merdes, la décision que je devais prendre se révélait vite être un peu plus délicate que je ne le croyais. Devais-je faire plaisir à Eva en choisissant un truc pour moi et que je laisserai très certainement trainer dans un coin d'ici deux jours tout au plus? Ou devais-je plutôt prendre encore un lot pour elle? J'étais bien évidemment tenté par la seconde option, étant donné que c'était ce que je voulais pour elle dès le départ. C'est alors que me vint une petite idée...
- Et bien... Il y a beaucoup de choses vraiment très intéressantes ici. Du coup il va peut-être falloir que je décide à l'aveugle.
Tu parles. il y avait plus de gadgets et de trucs qui ne servaient vraiment à rien, que de choses réellement utiles réunies dans tout ce stand de touristes paumés, mis à part peut-être les deux trois trucs que j'avais finalement repéré. Donc je fais semblant de fermer les yeux et y place ma main juste devant ces derniers. Je pointe ensuite du doigt les différents lots, avec l'autre. Tout en mimant que tout allait être choisi au pif, mon doigt s'arrête sur l'un des objets qui pourrait peut-être bien intéresser Eva. En espérant que ce ne soit pas encore une merde de plus surtout... Le gérant me donne ensuite le lot que j'ai décidé de prendre pour elle. Sauf qu'une autre idée me vient et j'en profite pour y glisser ce que j'ai choisi pour Eva dans la poche, pendant qu'elle semble réfléchir à la prochaine attraction. Eva me dit alors qu'elle veut aller faire un tour dans la grande roue.
- Bon allez. En route. Après je doute que la vue soit aussi impressionnante que le toit du gratte-ciel de la société "Mécha Corps Inc", mais tant que ça donne envie à mademoiselle, votre serviteur ne vous refusera rien.
J'attrape la main d'Eva que j'entraine assez vigoureusement, dans le but de la faire volontairement oublier de me questionner sur ce choix de lot. Puis lorsque nous arrivons devant la grande roue encore assez déserte, j'y prends les ticket pour nous installer ensuite dans le petit compartiment qui nous faisait juste face. Le temps que la roue démarre, je réfléchissais à comment essayer de la faire un peu plus vivement parler. Donc je décide de me pencher davantage vers elle, juste après qu'elle y ait pris ses aises, mais attendant bien sagement l'instant idéal.
- Alors Eva. Quel bilan retiens-tu de tout ce mois passé ensemble, dans notre nouveau chez nous? Tu m'as dis que tu aimais bien passer du temps dehors en trainant dans des endroits qui semblaient te plaire?
Je me rapproche encore un peu de ma sœur, osant risquer à aborder une question potentiellement un peu plus sensible pour elle.
- A quoi réfléchis-tu, lorsque je te vois perdue dans tes songes quand tu regardes toutes ces jolies choses, tels que ces points de vues des plus magnifiques depuis chez nous? Tu sais... J'aime regarder tout ça aussi, mais je n'ai jamais touché ou ressentis la profondeur qui semble t'habiter au quotidien... Et puis, ce n'est certainement pas un hasard si tu as choisi justement la grande roue, n'est-ce pas?
C'est avec le regard à la fois léger, curieux et profond, que je scrute Eva. La rendre bavarde avec ce qui l'intéressait, c'était une bonne stratégie qui marchait bien avec la plupart des filles. J'en avait largement fait l'expérience par le passé à ce sujet. Pourtant, d'aucune n'a jamais été aussi intrigante et intéressante que ma propre sœur. En principe, j'avais le sentiment que je devais éviter de trop m'aventurer avec elle sur genre de terrain, contrairement aux autres filles. Mais peut-être qu'en ces instants propices où elle se sentait bien et apaisée, s'ouvrirait-elle un peu plus à moi avec ses profonds ressentis?... C'est que sortir d'un coma pendant des années, puis savoir que l'on devient ensuite un cyborg à part entière, est très certainement une expérience des plus traumatisantes.
Nowi la Caméléone:
Peu à peu, Nowi arrivait à finalement créer une connexion entre Ralph et elle. Le caractère sympathique et jovial du garçon aidait beaucoup à cela, lui pardonnant même ses fautes. Ainsi, c'était une Eva qui s'ouvrait un peu plus qui s'offrait à Ralph qui en était particulièrement heureux. Et malgré l'imposture dans laquelle la caméléone plongeait cet homme, elle était tout aussi heureuse de le voir resplendir de bonheur. Mais il restait une question en suspens : Combien de temps cette usurpation allait pouvoir durer ? La terranide s'efforçait de ne pas y penser et profitait plutôt de l'instant présent tant que cela lui était accessible.
Elle proposa alors à Ralph de se choisir un cadeau pour se consoler de son échec et, même si cela ne semblait pas l'emballer, il accepta. Il continuait de se montrer toujours aussi tendre et se dirigea vers le stand pour choisir sa récompense. Bien sûr, la plupart des gadgets qu'on trouvait ici étaient futiles contrairement à la peluche serpent que Ralph continuait d'arborer fièrement autour de sa nuque, mais il ne fallait pas toujours s'attendre à des trucs sympathiques en parc d'attraction. Et il semblerait que choisir un truc dans le lot soit difficile car le Flynn laissa le hasard choisir pour elle. Nowi roulait des yeux devant cette tricherie mais, après tout, elle n'avait pas fait mieux avec sa peluche de serpent. À croire qu'elle avait peut-être plus d'une Flynn qu'il n'y paraissait. Elle attendait qu'il récupère son lot pour voir ce que ça allait être mais il en décida autrement, dissimulant l'objet dans sa poche et embarquant Eva avec lui sans lui laisser le droit ou le temps de réagir.
Ils arrivèrent au pied de la grande roue comme des fusées et c'était tout aussi rapidement qu'ils s'installèrent sur les banquettes de leur cabine, face à face. La fausse Eva déposa délicatement son fessier et son regard se tourna presque par réflexe vers l'extérieur alors même que la roue n'avait pas encore démarré. Mais si Nowi prévoyait de se la jouer silencieuse profitant de la vue, Ralph en décida autrement. Il était visiblement déterminé à faire parler sa femme mais il posait des questions auxquelles l'improvisation devenait de plus en plus difficile. Au moins, une nouvelle information fut récoltée : ils venaient d'emménager il y a peu, ce qui donna quelques pistes de réponses évasives mais potentiellement pertinentes.
- J'essaie encore de me faire à ces nouveautés. Je fais du repèrage de ce qui pourrait me plaire. J'essaie de prendre mes marques. Elle tourna ensuite le visage vers lui et lui adressa un doux sourire, reprenant : Mais tant que je suis avec toi, je suis heureuse.
Normalement, elle ne devait pas avoir fait d'erreurs dans sa réponse. Elle l'espérait en tout cas. Mais cela ne semblait pas lui suffire puis qu'il enchaîna sur d'autres interrogations, toujours plus intimes. Testait-il Nowi en ayant compris que quelque chose clochait ou souhaitait-il vraiment converser avec Eva qui se veut habituellement si silencieuse ? La frontière entre les deux cas semblait si mince. Mais il fallait répondre de nouveau, Nowi ne pouvait pas se contenter d'esquiver la question et, sur ce point, peut-être pouvait-elle répondre avec honnêteté et ses propres mots puisque la véritable Eva semblait avoir en commun avec son impostrice dans la capacité à savoir apprécier la beauté de ce monde, même dans sa simplicité :
- Je ne réfléchis pas vraiment. Lorsque je suis face à un panorama, je profite simplement de la vue qui s'offre à moi, comme si j'avais une œuvre d'art qui était exposée sous les yeux. La beauté de ces paysages n'est pas quelque chose qui demande de la réflexion, c'est quelque chose qui se vit et ressent Ralph. C'est un peu difficile à expliquer mais je suppose que c'est une question de sensibilité.
Elle lui souriait de nouveau, déposant de nouveau son regard sur l'extérieur. La roue commençait déjà à monter, dévoilant un peu les rues de la ville alors illuminées en cette douce soirée. C'était un spectacle simple, présent tous les soirs, mais étincelant de beauté dans ce point de vue particulier qu'offrait l'attraction.
- C'était pour ressentir de nouveau ce frisson de fascination que j'ai voulu aller dans la grande roue. Donc... merci de veiller à mon épanouissement Ralph, c'est gentil.
Puis Nowi plongea de nouveau dans le silence, admirative de la vue qui devenait toujours plus belle à mesure que la roue montait. Elle se fichait pas mal du reste de ce parc ou même de la soirée. C'était dans ce moment pourtant anecdotique qu'elle y trouva son point culminant. Elle était simplement calme et sereine et ça lui faisait du bien.
Ralph Flynn:
Je laisse parler Eva tout en l'écoutant. J'étais concentré autant sur ses expressions que sur chaque syllabes qui sortait de ses lèvres. J'esquisse un sourire un peu plus prononcé lorsqu'elle me dit se sentir heureuse d'être avec moi. C'était ce genre de mots que j'avais besoin d'entendre d'elle. Ainsi, même si mes parents avaient décidés de me sacrifier au nom de leur cause insensée, au moins je continuerais de me battre pour protéger Eva de ce fléau. Qu'elle reste éloignée autant que possible des activités de la société était la meilleure option pour elle. Car pour Eva, pour ma sœur, je tiendrais contre vents et marées... Pour elle, pour nous deux... Puis je la laisse continuer de parler sans forcer alors que je glissais tranquillement mes questions. C'était la première fois qu'elle me parlait un peu plus ouvertement de ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même depuis nos retrouvailles. Et lorsque la cabine se trouve au point culminant, ma douce sœur me rappelle pourquoi voulait-elle être là en ces instants, tout en me remerciant des délicatesses que je lui portais.
Je baisse un instant les yeux au sol avant de regarder le paysage qui nous entourait. Je ne disais plus rien. Je me laissais aller en profondeur. J'essayais moi aussi de percer les secrets de ce qu'elle voulait me faire partager ou du moins comprendre, à travers l'observation des panoramas qui nous entouraient. Alors moi aussi j'observe la vue à cet instant. Je regarde le ciel à la fois rosé et azuré. Les immeubles grisés que le soleil couchant reflétait de sa lumière orangée à travers l'horizon, tout en passant mon intense observation avec l'apparition des tous premiers astres situés à l'opposé de celui-ci. Mais aussi les arbres verdoyants à perte de vue tout au loin. Les collines vallonnées aux irrégularités presque envoutantes. Sans oublier les montagnes aux sommets encore teintés de neige ou bien encore l'océan aux lueurs de l'éternité... Tout ce paysage ici. Maintenant. Avec elle...
- Je crois que je commence à comprendre de quoi tu parles Eva...
Je laissais volontairement débrancher mon cerveau pour n'y admirer plus rien d'autre que la vue qui nous entourait. Je me sentais alors comme plus léger, libre... C'était... plus familier que je ne le croyais en vérité...
- Je te parie 100 dollars que j'arrive avant toi!
- Ah bon? T'as l'air d'être vraiment sûr de toi pauvre crétin!
- Vas-y! Essaie de me rattraper enfoiré!
- Hé! Mais t'es vraiment un tricheur!
Je roule alors à toutes vitesses tout en repensant à une scène avec mon connard de frère... Mais ce n'était pas exactement lui qui me donnait cette sensation à ce moment là. C'était ce qu'il y avait de magique à côté de nos petit paris de gosses encore un peu attardés à cette époque. Et surtout Eva qui était parfois à côté de nous et qui nous regardait inquiète quand on partait de chez nos parents à la fin de la journée après les cours. Et puis il y avait eu la vitesse. L'adrénaline. Les paysages qui défilaient à toute allure tout autour de nous. Tout était reconstitué selon les mêmes schémas que ce que Eva me parlait à cet instant. Je crois bien que je commençais à comprendre ce qu'elle ressentait...
Il se passe un instant dont j'ignore avant de regarder Eva. J'attrape alors sa main sans rien dire, puis je la recouvre de mon autre main avec douceur et protection. Je la regardais avec intensité, sans vraiment sourire mais en vérité profondément pensif ou plutôt inspiré. Totalement allégé d'un poids durant ces quelques instants qui nous unissait si intimement elle et moi...
- Je crois que je comprends de quoi tu parles Eva... Tes mots viennent de me faire revivre un de mes plus beaux souvenirs, simplement en regardant avec toi ce paysage qui nous entoure. Et j'ai parfois eu la même sensation quand on pilotait nos méchas. Je me rappelle surtout ce jour où on était tous les trois dans le ciel... nos parents avaient commencés à nous gueuler dessus à la fin, quand on s'est dit qu'on allait juste voler au-dessus de l'océan pour ne plus jamais se retourner ni revenir en arrière. On a commencé à se marrer. On déconnait. On disait n'importe-quoi mais on était là, dans le juste instant. Père était furieux à notre retour et mère était en larmes quand on a finalement décidés de rentrer après avoir parcouru je ne sais plus quelle distance. Mais qu'importe pour moi le nombre de fois qu'il nous avait punit pour ce genre de conneries qu'on avait faite, parce que pour moi la vérité, tout ça a été un des meilleurs moments de toute ma vie.
Alors que le tour de roue se termine plus rapidement que je ne pensais, je prends Eva dans mes bras lorsque nous-nous levons. Je restais silencieux. Je sentais l'émotion me monter. Mais je continuais de la tenir dans mes bras. Je ne voulais pas qu'elle voit que je commençais à avoir un début de larmes. Plus personne ne m'avait vu publiquement pleurer depuis le jour où elle s'était retrouvé dans le coma...
Quoique dise Eva, je refusais de la lâcher tant que je ne finissais pas de récupérer de cette émotion. Je suis un Flynn et je devais rester fort. Pour Eva. J'étais ses oreilles, ses yeux. Je n'avais pas le droit de montrer ma faiblesse alors qu'elle pourrait avoir besoin de moi à chaque instant. Aussi je respire un grand coup et je la relâche doucement lorsque je reprends doucement le contrôle de moi-même...
- Euh... Pourriez-vous sortir de la cabine sil vous-plait? Il y a encore d'autres personnes plus haut qui attendent leur tour pour pouvoir partir...
- Partir... Ouais... Désolé... Vraiment désolé...
Nous sortons alors de la cabine. Je profite de regarder un des plans de la foire situé juste à côté pour y sécher discrètement le reste de mes larmes et ainsi ne pas avoir à affronter le regard d'Eva durant ces instants. C'est alors que je propose à Eva de nous diriger vers l'arène des méchas, aidé naturellement par cet ancien souvenir soudainement retrouvé.
- Allez. Avec tout ça l'heure avance vite et je ne pense pas que nous aurons assez de temps pour pouvoir faire le tour aujourd'hui. Allons faire un tour dans cette arène de méchas. Peut-être que toi aussi tu y retrouveras d'anciens souvenirs oubliés en la visitant?
Puis tandis que nous-nous dirigeons vers l'arène nous entrons dans ce qui s'apparente à un grand stade. Encore une fois certains souvenirs d'un temps révolu me reviennent. Mais alors que nous étions sur le point d'entrer dans la partie principale pour y voir les méchas exposés pour une future compétition à venir, un message m'avertit depuis mes nanomachines que j'étais en train de recevoir un appel.
- Vas-y Eva. Commence à aller à l'intérieur sans moi. Je te rejoins rapidement.
Je marque une seconde d'arrêt avant de lui dire ce qui me brûlait subitement sur les lèvres en ces instants...
- Au fait je... Merci. Merci de m'avoir fait voir et revivre ce qui nous est le plus cher et le plus important. Je te jure que je n'oublierais pas cet instant passé avec toi.
C'est en utilisant encore le reste des émotions qui me faisait encore vibrer durant cet instant magique passé avec Eva, que j'ai réussi à trouver l'instant pour lui dire ce que je ressentais au plus profond de moi. Et cela me libérait encore un peu plus...
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