Ville de Seikusu, Kyoto, Japon, Terre > Centre-ville de Seikusu
[Terminé] Can you spot a fake from a mile away ? [Feat. Ralph Flynn]
Nowi la Caméléone:
Peu après la prise de parole de Nowi qui, sûrement pour la première fois depuis qu’elle avait prit l’apparence d’Eva, parlait avec sincérité en étant elle-même, Ralph se montra étrangement pensif comme si, l’espace d’un instant, il était totalement ailleurs. La caméléone aurait bien eu envie de se connecter à lui afin de savoir un peu plus ce qu’il traversait mais elle se retint, préférant profiter de cette forme de calme et de silence que seul le bruit de leur cabine montant dans le cycle de la grande roue venait troubler.
Elle admira le paysage quelques secondes avant que l’homme ne sorte de sa torpeur naissante, faisant une déclaration à celle qu’il pensait être sa femme. Ses mots trouvèrent écho chez le jeune homme qui, troublé, vint de revivre un souvenir qui lui était précieux. Il décrivait alors ce souvenir et peut-être que la véritable Eva devait s’en souvenir mais Nowi n’était qu’une usurpatrice et tout ce dont il parlait lui était inconnu. Alors, privée de pouvoir lui répondre franchement ou réagir à ses mots, elle se contenta d’écouter, un doux sourire au visage. Elle réfléchissait à ce qu’elle aurait pu ajouter de plus aux mots qui vinrent d’être prononcés mais elle fut prise de court quand le Flynn vint la prendre dans ses bras pour une accolade pleine de tendresse. Demeurant silencieuse, elle se blottit contre lui, fermant les yeux et profitant, encore une fois, de l’instant. Même si elle ne le vit pas, elle put sentir l’intensité des émotions ressenties et ce fut une raison de plus de garder le silence.
Ils étaient comme isolés dans leur bulle quand le tour finissait son cycle, ce que fit remarquer le gérant de l’attraction qui leur demanda de libérer la cabine. Après quelques excuses, ils ne se firent pas prier pour ficher le camp. La soirée gagnait de plus en plus en beauté et même pour Nowi, elle prit peu à peu de l’importance et en valeur. Ralph proposa qu’ils se rendent à l’arène des méchas, par manque de temps et cette volonté de rester attaché au souvenir qui fut débloqué. Il espérait aussi qu’Eva débloque des souvenirs oubliés, ça qui intrigua la terranide qui ne comprit par ce qu’il voulait dire par là. La véritable Eva souffrait-elle d’une forme d’amnésie ? Ou alors espérait-il tout simplement qu’elle revive un souvenir cher tout comme lui dans la cabine ? Elle n’avait pas la réponse à cela et ne pouvait bien évidemment pas poser de questions dessus
Les deux amants se dirigeaient finalement vers la dîtes arène qui portait bien son nom puisqu’elle semblait immense, ce qui était incroyable pour un parc d’attraction, quand Ralph proposa finalement à cette fausse Eva de commencer à entrer sans lui, semblant retenu par quelque chose. Il la remercia quand même pour ce que Nowi avait fait pour lui bien que cela ne fut pas pleinement volontaire, lui ayant alors offert un nouveau souvenir à chérir. Elle sourit, heureuse, avant d’entrer dans l’arène sans plus se faire prier. Elle s’efforça de ne pas trop s’éloigner pour être facile à retrouver, oubliant qu’elle devait se méfier de ne pas être démasquée.
Elle se balada à l’entrée de l’exposition, regardant les différents robots. Nowi était habituellement curieuse et facilement émerveillée mais, cette fois, ces machines ne lui firent rien ressentir. Alors c’est avec un regard un peu désintéressé qu’elle regardait ces choses avant qu’elle ne remarque que Ralph revenait vers elle. Retrouvant son sourire, elle prit la parole la première pour une fois :
- Je t’ai attendu pour qu’on ait le plaisir de la découverte ensemble. Ça a été ?
Nowi ne savait pas ce qui avait pu le retenir et demanda donc naturellement s’il allait bien, bien loin de se douter qu’au lieu de l’attendre, elle aurait mieux fait de disparaître car il venait de recevoir un coup de fil qui allait complètement changer sa soirée…
Ralph Flynn:
A peine celle dont je croyais être encore ma sœur en ces derniers instants s'éloigne t-elle de moi, que je réponds à l'appel pour y voir...
- Eva??? Mais qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu fais là?...
C'est d'abord très surpris que je vois ma sœur juste devant mes yeux. Pour être exact, à chaque fois que je répondais à un appel depuis mes nanomachines, il m'était possible d'y projeter devant-moi un hologramme de la dite personne qui m'appelait, mais sans que cela ne se remarque par d'autres personnes aux alentours. Je n'ai pas le temps de comprendre ce que Eva me dit dans une tonalité à la fois neutre mais qui trahissait bel et bien un début d'inquiétude, qu'elle cherchait surtout à savoir où étais-je partis depuis tout ce temps. Apparemment elle me disait qu'elle se trouvait toujours encore en train d'attendre sur le toit de la société, mais que la porte d'accès vers l'intérieur du bâtiment en avait été verrouillé. Je ne perds pas une seconde et je réagis immédiatement en essayant de repérer celle qui devait pourtant être en principe ma sœur, jusqu'à ce que je la vois encore toute proche, concentrée à regarder l'un des robots exposés non loin de moi.
Spoiler (cliquer pour montrer/cacher)Scan en cours... Rapport terminé en 0,06 secondes.
Identité : Nowi
Âge : ? ? ?
Sexe : Féminin
Race : ? ? ?
Sexualité : ? ? ?
Status Particulier : ? ? ?
Je reste un instant choqué par la découverte que me révèlent les nanomachines à propos de cette fille qui n'était pas Eva. Ainsi celle qui se faisait soi-disant passer pour ma sœur, était en réalité une toute autre personne...
- Ralph? Qu'est-ce qu'il se passe? Est-ce que tu veux que je vienne?
Je sors de ma stupeur lorsque ma véritable sœur se propose de venir me retrouver.
- Non! Reste ici Eva. Ou plutôt rentre directement à la maison avec l'aide de tes propulseurs. Je vais m'occuper moi-même de cette fille.
- D'accord Ralph. Mais... Est-ce que tu ne voudrais pas que...
- J'ai dis que je m'en occupais! Terminé!
Alors que je coupe la communication sans laisser à Eva le temps de répondre, je regarde avec nervosité cette intruse qui avait réussi je ne sais comment, à usurper l'identité d'Eva. J'y repère dans la foulée des toilettes vers lesquelles je me dirige sans attendre. Arrivé à l'intérieur, je me regarde un instant dans le grand miroir, comme figé par ce que j'avais encore du mal à croire. J'avais comme le sentiment d'avoir été trahis. Une inconnue dont je ne savais rien, s'était en plus permise d'utiliser l'identité de celle que j'affectionnais le plus au monde. C'était intolérable!...
- Merde!!!
Sans même m'y être préparé, j'envoie un violent coup de poing dans la grande glace qui se brise nette et se fracasse de quasiment tout son long. Alors que les éclats tombent autant au sol que dans les éviers dans un bruit de tintement, j'affiche un rictus déformé par la colère.
- Comment... Comment n'ai-je rien vu arriver?...
Une douleur et de la chaleur se répand presque aussitôt au niveau de la main avec laquelle je venais de briser le long miroir. Du sang y coulait abondamment. Je passe celle-ci sous l'eau froide, sans même prêter attention à une personne qui venait de sortir discrètement de l'une des toilettes pour filer rapidement vers l'extérieur et me regarder comme si j'étais un fou ou un pestiféré. Mais je n'en avais rien à foutre. Je continuais ainsi de laisser ma main meurtrie sous l'eau durant plusieurs longues minutes, tout en m'assurant que plus aucun morceau d'éclat ne se trouvait encore planté dans celle-ci. Je prenais ensuite en abondance du papier essuie-mains qui se trouvait juste à côté et y roulait celui-ci tout autour de mes doigts et de mes clavicules déchiquetés. Je profite qu'il n'y ait toujours personne en vue pour passer mon autre main dans l'une des poches intérieures de mon blouson en cuir, pour y sortir le revolver que j'avais toujours sur moi, au cas où. Je le regarde un instant pensif avant de déverrouiller le cran de sureté et de m'y assurer que ce dernier y était bien chargé. Je commençais doucement à comprendre que cette fille avait certainement essayé d'endormir ma méfiance, en vue de profiter d'un instant d'égarement de ma part pour essayer de me tromper et d'abuser de ma confiance par quelques dangereux subterfuges.
- Non! Ça ne se passera pas comme ça... Ici c'est moi qui fixe les règles du jeu. Et tous ceux qui jouent avec moi sont toujours emmenés à perdre! Et toi aussi tu comprendras ton erreur! Tu vas le payer très cher!
Je ressors des toilettes tout en tentant de garder au mieux le contrôle de moi-même, histoire de n'éveiller aucun soupçon. Tandis que je m'aide d'une reconnaissance rapide pour y repérer plus facilement l'intruse, je me rapproche d'elle alors qu'elle continue tranquillement d'user piètrement de ses artifices sur moi.
- Changement de programme Eva. Il va falloir que nous partions d'ici dès maintenant. J'ai reçus un appel d'urgence venant du travail. Je te dépose en ville et je file directement à un rendez-vous...
C'est sur un ton très sec que je demande à cette espionne ou que sais-je pire encore, de me suivre et de quitter cet endroit sans plus attendre. Dans ma tête j'avais déjà un plan et celui-ci allait être des plus simples.
Il ne nous faut pas plus que cinq minutes pour nous retrouver à nouveau sur le parking. Durant le trajet, je n'avais strictement rien dit. Peu importe ce que cette fille essaierait d'ajouter comme commentaires, mon plan était d'aller le plus rapidement possible droit au but. Je comptais bien la cuisiner et avoir légitimement accès aux réponses auxquelles j'étais en droit de recevoir de sa part.
- Pas la peine de prendre les casques. Je te dépose pas loin de toutes façons.
J'attends qu'elle monte derrière-moi avant de démarrer. Au début, je ne savais pas exactement où aller. Aussi fallait-il que j'évite de tourner en rond. Par chance, je finis rapidement par apercevoir en chemin un sorte de grand terrain vague. Alors que la pénombre commence doucement à pointer, je m'engage sans attendre dans celui-ci. Je roule suffisamment loin à l'intérieur et lorsque je pense être suffisamment à l'abri de tous les regards possibles, je descends de la moto sans perdre une seconde. Je me retourne immédiatement dans sa direction et j'y pointe mon arme avec ma main valide vers elle. Le seul petit problème était que j'étais obligé de le faire avec la non directrice, à cause de mon autre main blessée et surtout entourée par le papier maintenant totalement imbibé de sang.
- Bouge pas! Tu essaies de t'enfuir ou de tenter quoi que ce soit d'autre, je te tue! Tu cries, je te tue! Tu ne réponds pas à mes questions, je te tue!...
C'est non sans cacher une colère beaucoup plus grande que je ne l'aurais moi-même pensé, que je pointe très nerveusement mon puissant revolver à six coups dans la direction de cette fille qui a essayé de se payer ma tête.
- Tu t'es bien foutue de ma gueule, Nowi! Oser en plus venir comme ça directement me voir dans les bureaux en prenant l'apparence de ma sœur, il fallait vraiment oser!
Je faisais nerveusement quelques pas sur place avant de me refixer vers elle. Autre ma colère, j'éprouvais un ressentis plutôt dérangeant et inhabituel. Pourquoi avais-je cette sensation désagréable qui m'envahissait, alors que je maitrisais parfaitement le jeu et la situation?
- Je vais aller droit au but avec toi. Déjà sache que j'ai une sainte horreur qu'on essaie de me berner, de me manipuler ou tout simplement me payer ma tête si tu préfères! Te voir être ce que tu n'es pas, en particulier ma sœur qui représente tout pour moi et qui a dut subir plus de six années de souffrances en continu, me donne envie de te coller directement une balle entre les deux yeux sans attendre.
Je respire nerveusement un long et grand coup pour essayer de garder le contrôle de moi-même avant de poursuivre.
- Qui es-tu et qu'est-ce que tu me veux? Une espionne venue essayer d'obtenir des informations sur mes agissements? Ou peut-être une assassin envoyée par une organisation venue pour me tuer? J'ai aussi beaucoup d'ennemis tu sais? Mais venir comme ça directement vers moi presque la fleur à la bouche, il fallait vraiment oser... Alors maintenant tu vas me dire qui tu es et ce que tu me veux, si tu ne veux pas que je te fasse sauter la cervelle. Je te préviens, tu as intérêt à être claire. Alors vas-y. Parle!
Tandis que le soleil est maintenant presque couché et qu'aucune lumière ne semble nous déranger, à part le phare de la moto renversée aux pieds de cette sale petite trainée, je la regarde avec une immense froideur. Mes yeux étaient comme transformés. Ils étaient maintenant faits de glace. J'étais prêt à éliminer cette impostrice si elle ne répondait pas correctement à mes interrogations. Rarement je n'ai autant été en colère que maintenant. Il y avait beaucoup trop d'enjeux mêlés à des souvenirs rattachés à Eva qui en étaient la cause, pour justifier l'état dans lequel j'étais à présent. C'était intolérable!
Nowi la Caméléone:
Lorsque Ralph revint vers Nowi, elle capta très rapidement que quelque chose n’allait pas. Il sembla soudainement nerveux. La caméléone s’interrogeait, d’autant plus qu’il proposa finalement à la fausse Eva de filer d’ici alors que l’arène des méchas semblait lui tenir vraiment à cœur. Venait-il d’apprendre quelque chose d’inquiétant ? Une urgence au travail peut-être ? Elle s’inquiétait soudainement, se demandant ce qu’il se passait et, forcément, une partie d’elle se demandait s’il ne l’avait pas démasqué, d’une façon ou d’une autre. Nowi était loin d’être stupide.
Prise au dépourvue et hésitant entre conserver son rôle ou fuir, elle se terra de nouveau dans un silence sauf que cette fois-ci, ce ne fut pas Eva mais la véritable Nowi qui ne parlait plus. Ils arrivèrent sur le parking, grimpant sur le bolide, sans protection. Tout se fit à la hâte, Nowi avait de plus en plus un mauvais pressentiment. Mais il était trop tard, elle ne pouvait s’enfuir en étant sur la route et à la vitesse à laquelle Ralph roulait. Chaque seconde devenait un enfer à supporter pour la pauvre caméléone qui était en proie au doute. Par chance, ou peut-être pas, le trajet fut court avant que la moto ne s’arrête au milieu d’un terrain vague, désert, sans personne autour. La déposer hein ? Cette fois, il ne fit aucun doute, elle était démasquée. La situation ressemblait beaucoup trop à des scènes clichées de film, elle savait ce qui l’attendait.
Le moteur se coupa, l’homme descendit le premier et se retourna aussitôt vers l’usurpatrice qui le regarda faire, scrutant ses moindres faits et gestes. Elle était potentiellement en danger, elle le sentait. En un instant, une arme se trouva pointée vers elle. Le voilà. C’était ça le danger. Nowi avait déjà connue des situations où elle fut démasquée mais des aussi intenses, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus commun. Pourtant, elle conserva son calme, ne paniquant pas. Ralph lui hurlait dessus et donnait des ordres qu’elle appliquait déjà sans qu’il ne lui demande. La tuer… En était-il seulement vraiment capable ?
Si la terranide conservait son calme, c’était car elle savait qu’elle ne craignait rien pour le moment. Elle se voulait pacifiste et détestait faire preuve de violence mais elle n’était pas pour autant une pauvre créature sans défense. Le Flynn était en colère, sa haine était si forte qu’il n’y avait nullement besoin de se connecter à lui pour la sentir. Et soudain, quelque chose choqua la concernée. Il vint de l’appeler Nowi. Elle ne fut pas seulement démasquée, il savait qui elle était. Ce fut une très grosse surprise. Il déblatérait des choses, partant dans un monologue, instable, incapable de rester sur place. Il bougeait et gesticulait limite. Son âme avait besoin d’être apaisée mais il était clairement impossible que Nowi puisse y faire quoi que ce soit présentement.
Puis vinrent les questions et… la terranide se figea sur place. Non pas par intimidation ou soumission, mais par incompréhension. Elle ? Une espionne ou une assassine ? Elle ne comprenait pas. La seule chose qu’elle réussit à comprendre fut qu’elle avait décidément mis les pieds là où il ne fallait pas. Le hasard ne faisait pas toujours bien les choses. En gros, la pauvre doucette fut au mauvais endroit, au mauvais moment et avec la mauvaise apparence.
Il attendait des réponses mais deux problèmes se posaient. Premièrement, elle ne pouvait lui dire toute la vérité, même si elle le voulait. Secondement, était-il prêt à l’entendre ou souhaitait-il seulement entendre ce qu’il espérait ? Il n’y avait qu’une seule façon de le savoir. Nowi sortait de son silence, parlant, mais la voix fut volontairement la sienne, pas celle d’Eva. Une voix douce, presque mignonne, avec ce soupçon d’innocence qui la caractérisait. Une voix sans émotion négative.
- Je vous ai menti en effet, je ne suis pas Eva. Cependant, je ne comprends pas ce dont vous parlez. Je ne vous veux aucun mal. À vrai dire, je ne vous veux même rien du tout. Libre à vous de me croire ou non mais je me suis retrouvée sur le toit de votre immeuble et j’ai cherché comment fuir de là-bas. Il se trouvait que le seul moyen fut de devenir Eva. Je savais que prendre cette apparence allait comporter des risques c’est pourquoi je cherchais à l’origine à quitter les lieux sans me faire repérer. Mais vous êtes tombée sur moi dans les bureaux et vous connaissez déjà la suite.
Elle soupira, n’ayant pas bougé de la moto. Il n’y avait aucun mensonge dans ce qu’elle a pu dire mais c’était difficile à gober. Elle leva finalement les mains en l’air en guise de bonne foi et se retira du véhicule pour faire face à cet homme.
- Vous pouvez me détester de m’être faite passer pour Eva, c’est votre droit. Mais si je peux vous permettre un conseil, ce serait de baisser votre arme. La garder braquer sur moi ne vous mènera à rien de bon. J’aimerais éviter que quelqu’un soit blessé, que ce soit vous ou moi.
Lui dire cela constituait un plus grand risque encore. Il pouvait prendre cela pour une menace et, dans un sens, ça en était une. Les yeux de la terranide ne quittèrent plus du tout l’individue, prête à agir à tout instant contre tout ce qui pouvait constituer une menace.
Ralph Flynn:
Je ne la quittais pas des yeux. Même si ma main tremblait légèrement, je continuais de la garder en joue. A chaque fois que je la maintenais en visée, un pourcentage de précision représentant mes chance de la toucher en cas de tir, s'affichait juste au-dessus de sa tête. Celui-ci oscillait en permanence entre 70% et 100%. Il me suffisait de tirer un seul coup, avec l'aide d'une seule balle juste dans sa tête pour très certainement la tuer. Ou au moins la blesser suffisamment gravement pour qu'elle ne s'en sorte pas vivante.
Mais plus je l'écoutais parler et plus je commençais à douter de la véracité de ses propos. Non... Rien ne collait dans ce qu'elle racontait. Comment pouvait-elle prétendre être arrivée par hasard sur le toit de la société? C'était absurde. Il n'y avait aucune issue à part le petit escalier qui faisait la jonction entre le toit et le dernier étage d'où étais mon bureau. Ça n'avait aucun sens. Je secoue la tête nerveusement. De toute évidence cette fille mentait sur toute la longueur.
- Tu mens!
Je me crispe ensuite lorsque cette insupportable fille se permet en plus de me défier et de me mettre en garde sur mes agissements à son égard. Cela ne faisait que rajouter encore plus de suspicions que j'avais déjà pour elle.
- Ton discours n'est pas cohérent et tu le sais pertinemment. Tu n'expliques pas la véritable raison de ton arrivée soudaine sur le toit de ma société. De plus, tu sais qu'il n'existe aucune autre issue que celle que tu as emprunté pour me retrouver à l'étage d'en-dessous. Tu cherches quelque chose de moi. Aussi...
Je tire alors sans prévenir une balle juste à côté de sa tête, histoire de l'intimider. Si elle ne voulait pas me dire la vérité sur ses agissements, j'étais disposé à la travailler durant autant de temps qu'il le faudrait.
- Te permettre en plus de prendre tes grands airs, alors que tu sais que tu n'as aucune chance de t'en sortir vivante. J'avoue que tu es une espionne aussi insolente que téméraire. Mais sache que je ne suis pas du genre à être facilement intimidé. Et crois-moi que je compte bien te faire parler. Et ce par tous les moyens. Nowi!
Je me rapproche dangereusement d'elle tout en continuant à la mettre en joue. Tandis que le pourcentage de lui infliger un coup mortel à la tête ne descend plus jamais en dessous de 98%, je m'arrête à seulement deux mètres de distance de l'arrogante petite espionne.
- Montre-moi ta véritable apparence! Retire immédiatement ce déguisement ridicule! Personne! Je dis bien personne, n'a le droit de se payer ma tête à travers ma sœur!
J'étais alors si soudainement énervé, que je perds le contrôle de moi-même le temps d'un instant. Je passe soudainement la distance de sécurité minimale entre elle et moi et cherche à lui envoyer ni plus ni moins qu'un coup de crosse à la tête. Une erreur certaine, qui allait se terminer en combat direct entre elle et moi, si je ne prenais évidemment pas un mauvais coup en retour en fonction de ses réelles capacités.
- Espèce de sale petite...
Nowi la Caméléone:
Forcément, c'était prévisible que Ralph n'allait pas croire un mot de ce que pouvait lui raconter Nowi. Déjà que c'était sûrement difficile à gober pour une personne lucide et sobre, ça devait sûrement l'être encore plus pour Ralph qui était en proie à ses démons. Il était tout bonnement persuadé des mensonges de la terranide qui avait pourtant été honnête avec lui. Il tira finalement une balle en direction de celle qui avait pris l'apparence de sa sœur et heureusement qu'il ne l'a pas touché car Nowi avait fait l'erreur de baisser sa garde une fraction de seconde, une erreur qu'elle n'allait sûrement pas refaire.
Il voulait la faire parler. Mais difficile de faire parler une personne qui n'avait rien à dire. Plongeant peu à peu dans une certaine forme de folie, la caméléone ressentait de la peine et de la pitié pour celui qui lui voulait pourtant du mal. Elle l'écoutait parler, silencieuse. Elle ne pouvait rien ajouter de probant de toute façon. Demeurer muette était sûrement la meilleure chose à faire.
Il approchait de plus en plus et devenait par ce fait de plus en plus dangereux pour la caméléone. L’écart entre eux était tel qu’il demeurait presqu’impossible pour l’homme de rater son coup s’il tirait encore sur l’usurpatrice. Il voulait voir sa véritable apparence, celle qui se cachait réellement sous ce masque d’Eva. Était-ce une bonne idée de lui montrer ? Ce n’était pas comme si elle avait le choix de toute façon. Elle décida d’accepter sa requête.
Cependant, Ralph étant visiblement plongé dans une colère noire essaya d’asséner un coup de la crosse de son arme à Nowi qui créa instantanément un clone pour le recevoir. La fausse Nowi, ou plutôt Eva, s’écroula sur le sol, la joue en sang alors que la véritable Nowi se rendit invisible pour fuir d’ici. C’était décidément trop dangereux et elle préférait fuir lâchement que risquer de blesser cet idiot de Ralph.
La diversion de son clone effectué, elle prit la forme d’un petit animal pendant sa phase d’invisibilité, en profitant pour disparaître dans la noirceur de la nuit et laisser un Ralph pantois au milieu de ce terrain désert tandis que sa doublure s’effaça et disparut comme si tout cela n’eut jamais lieu, ne laissant que le souvenir de cette fausse Eva à l’homme en colère sans avoir eu toutes les réponses qu’il voulait au final.
De son côté, Nowi gardera la souvenir de ce passage dans la grande roue qui l’eut comblé de joie, même si elle était fausse. Elle chérissait les bons souvenirs comme de véritables trésors, aussi anecdotiques pouvaient-il être.
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