Ville de Seikusu, Kyoto, Japon, Terre > Centre-ville de Seikusu
De tortue à torture, il n'y a qu'une lettre [Pv]
Hayao Tachibana:
HAYAO
& CLAIRE
Elle avait une vie bien difficile, je le savais, tout comme, il était un temps, ma propre vie avait été difficile. Elle ne comprenait pas mes propres maux, tout comme je ne pouvais pas comprendre ses malédictions. Toutefois, je savais que nous nous ressemblions sur un point : nous avions début sans avoir de contrôle. Aujourd’hui, j’en avais, mais ce n’était pas passé loin, à plus d’une reprise. Donc je pouvais comprendre certains aspects. Je lui fis un sourire, doux, alors qu’elle continuait à s’occuper de mes cheveux
Je ne bronchais pas même quand elle jura. Je ne le lui reprochais pas, parfois, ça faisait juste un bien fou. Et surtout celui-là.
« Oh, crois-moi, je comprends plus que tu ne l’imagines... »
Je n’en disais pas plus, je ne voyais de toute façon pas ce qu’il y aurait pu avoir de plus, dans le fond, à dire. Elle ne comprendrait pas, sans doute, ce que je voulais dire par là. Mais je supposais que nous en rediscuterions après, devant un verre.
« Je suis plus comme toi que comme ce truc… mais on en discutera plus tard, je pense. »
Le silence tomba et je le laissais planer, et durer ; le silence n’était pas une mauvaise chose... enfin bref. Je lui fis un sourire et je la laissais travailler, fermant même les yeux sous ses doigts agiles et experts. Je ne dormis pas. Je ne pouvais pas, mais je laissais un moment mon esprit vagabonder. Tant et si bien qu’à m’annonce que c’était fini, j’en sursautais presque. J’en tressaillis.
« Oh. »
Je me redressais, m’admirais un instant, me tournais un chouia pour voir les côtés et finissais par jeter un regard dans le miroir sur ma nuque pour voir l’arrière.
« Impec, c’est parfait. »
Je lui adressais un grand sourire.
« Félicitation, tu es désormais ma coiffeuse attitrée. Je te promets de ne confier mes cheveux à personne d’autre. »
Je lui fis un air volontairement un peu pédant, en espérant la faire un peu rire, le regard plein de malice.
Bon, maintenant, un petit verre, avait-on dit, n’est-ce pas ?
Petit verre repoussé, semblait-il, puisqu’elle devait fermer boutique avec le nettoyage adéquat. Merde.
« Oui, on peut se retrouver plus tard. Zi tu me dis dans combien de temps tu penses finir, je passe te chercher et on va se faire une petite bouffe. On se trouvera bien un truc pas trop vilain. On aura tout loisir de discuter. T’en dis quoi ? »
Claire:
"Ça ... me va."
Le ton est indéfinissable, posé entre accord et résignation teintée d'intrigue ou d'amertume. L'ensemble, bien que difficilement discernable rend malgré tout un effet qui reste favorable.
"Donc dans une heure devant le salon."
Ce soir, le rangement c'est express. Suki pourra faire les gros yeux demain matin mais ce n'est pas grave. Ou au pire, je viendrai plus tôt pour terminer le ménage. Là, un bon coup de balai suffit. En revanche je nettoie mon poste de travail impeccablement parce que ... c'est là que je bosse et que mes clients voient dans cette propreté une part de mon professionnalisme. Après, je ferme le salon et me précipite chez moi. Par chance, je ne vis pas si loin. Hors de question que je me rende à un rencard, quel qu'il soit, marinant dans mon jus après une journée de travail.
Pourquoi est-ce que je me presse d'ailleurs? Je ne lui dois rien à cet homme qui semble me courir après. La question, c'est qu'est-ce qu'il me veut à moi? ... parce que je ne crois absolument pas aux histoires de bon samaritain qui interviennent pour résoudre gratuitement les problèmes des autres. L'altruisme, c'est dans les films, pas dans la vraie vie. Ça reste mon opinion.
Donc la douche, j'y reste plus longtemps que nécessaire parce que je l'ai méritée. Après, la case préparation esthétique ne me demande que peu de temps. Je ne force pas sur le maquillage, on ne se rencontre pas pour débuter une belle histoire d'amour. Cependant, si on mange quelque part, je vais éviter le cargo et le sweat à capuche. Un jean un peu fashion ira avec le croptop blanc que je passe. Et dans l'entrée de mon appart rikiki, j'hésite entre des converses blanches à semelles compensées et des chaussures de ville ouvertes à talons ... Les converses feront l'affaire. Bijoux? Non, pas bijoux. Je passe une main dans mes cheveux pour les rebeller, ce qui n'est pas bien compliqué. Prête !
Quand j'arrive devant le salon, cela fait presque exactement une heure que nous nous sommes quittés. Pas possible ... Même en faisant exprès de trainer, je suis à l'heure. A croire que même mon emploi du temps personnel est régulé. J'évite de fulminer, ce serait nul, et j'attends donc ce fameux Tachibana dont je ne sais rien. Oh? Et si c'était un proxénète ou un truc dans le genre qui aurait flashé sur moi? Il aurait peut être trouvé des informations à mon sujet en ... Non, pas possible. Arrête de délirer Claire!
J'attends sur le trottoir alors que le milieu de la nuit prend le pas sur celui de la journée. Les hordes de salariés diurnes sont déjà rentrées chez elles et là, c'est les fêtards de la nuit et la jeunesse qui commence à émerger des profondeurs du métro ou qui se déverse des bus de nuit. Le quartier est animé jusque très tard, la profusion de restaurants, boites, bars, pubs et autres lieux branchés y contribue.
Je consulte mon samsung, rien ... Et d'ailleurs pourquoi, puisqu'il ne risque pas de m'appeler sur mon numéro privé. Un groupe de garçons qui n'a pas froid aux yeux m'accoste, très sympas, marrants aussi, mais ... pas ce soir les gars. Avant de finir ensevelie sous un gangbang, je veux d'abord savoir ce que mon drôle de client a à me révéler.
Hayao Tachibana:
Une heure à tuer. Ça passait avec une lenteur et une lenteur… affreux, affreux, affreux ! Mais ce n’était pas si grave. Je lui fis un signe de tête positif et je lui signifiais un « à tout à l’heure ». Je me sentais un peu con, en fait, de me réjouir d’aller faire ce diner et cette sortie avec elle. Du coup, je partais faire un autre truc, et j’oubliais presque l’heure du rendez-vous. Et c’était presque en courant que j’arrivais, avec un chouia de retard devant le salon de coiffure où elle m’attendait. Canon en plus. Elle avait fait un petit effort de préparation apparemment, dans le style casual qui allait bien.
Bon, par contre elle n’était pas seule. Je ne dirais pas qu’elle allait se faire chahuter, mais bon, dans le doute….
« Hey ! »
Je souris, et je me glissais dan le groupe pour venir, sans la moindre gêne, saisir la taille de la jeune femme d’un bras, et lui poser un baiser sur la joue. Une manière de la saluer de manière très familière pour essayer de décourager un peu l’entourage.
« Désolé, je t’ai fait attendre. »
Je regardais les mecs autour, qui semblaient un peu déçus, voir un peu vexés, que quelqu’un s’interpose.
« Hey mec, on était avec elle, tu veux pas te barrer… »
« Ouais, dégage… »
Je sentais bien que j’avais attiré un peu d’animosité.
« Désolé les gars, on rencard… »
Et avec douceur, et d’une légère pression sur les reins, je venais entrainer Claire hors du groupe qui l’avait entourée…. Je ne doutais pas que si elle avait été prise d’assaut par la malédiction, elle aurait probablement sauté sur l’occasion pour se faire sauter dans cette occasion.
« Vraiment désolé, j’espère que tu n’auras pad ‘ennuis avec eux quand ce sera le mauvais moment. »
Ils n’avaient pas l’air méchant ceci dit parce qu’après s’être vexés et nous avoir un chouia injurié ils étaient en train de passer à autre chose, puisque je ne les entendais plus. Je ne prenais même pas la peine de regarder pour voir s’ils nous foutaient la paix ou pas. Fussent-ils revenus à la charge, je ne les aurais pas vus.
« T’as faim ? »
Claire:
Il arrive, je vois bien qu'il a couru et mon petit égo en tire une petite satisfaction même si je me demande bien pourquoi étant donné que hormis des réponses, je n'attends rien de cette soirée. Je ne m'autorise pas à penser à autre chose que ça car concernant mes autres ... nécessités, ce sera pour plus tard, et pas forcement avec lui.
Qu'on soit bien d'accord, ce n'est ni un rencard, ni un date. Il ne s'agit que d'une rencontre censée apporter un truc complémentaire à l'éventuelle tentative de solutionner un jour mon problème. Et ça démarre mal puisque moi, Claire, la jolie nénette de la scène en cours, je m'efface au profit d'une parade presqu'amoureuse de mâles en rut. Les garçons se hérissent face à leur adversaire qui s'empare de moi comme de sa chose. Euh ... c'est dans les films de seconde zone qu'on voit ça d'habitude? : l'inconnu qui se la fait petit copain ... et après on baise. Sauf que ça ne passe pas. Il ne manque plus que l'un des garçons me fasse une parade nuptiale sur le trottoir et c'est le bouquet. Allo? J'existe! Je peux avoir mon mot à dire aussi? Mais non, l'échange sous demi teinte de virilité défini qui remportera le gros lot, c'est à dire moi.
La juste logique des choses fait que la situation se rétablit selon le plan initial, et sans baston. Tant mieux. Je me dégage de l'emprise de mon conspirateur en regardant le groupe de perdants s'éloigner.
"Je n'ai jamais d'ennuis avec les mecs."
Ce n'est pas véritablement vrai, mon petit caractère me jouant parfois des tours.
Après cette journée de travail, aussi longues que les précédentes, oui, j'ai faim. J'ai toujours la dalle quand je sors du boulot et en toute honnêteté, je suis capable d'avaler n'importe quoi, sans jeux de mots. D'ailleurs, il n'est pas rare que je m'offre un truc énorme et gras qu'une femme normale n'accepterait jamais de manger ... trop risqué pour la ligne. Sauf que moi, je ne prends pas un kilo. Au contraire, si mon échéance personnelle hebdomadaire se rapproche de trop, je fond comme neige au soleil. Mais là, comme je ne suis pas seule, je ne vais pas m'afficher en dévorant un monstrueux burger plein de sauce. Je pense que je me contenterai d'un poisson ou d'une salade. Je soupire. Je me ferai un truc en rentrant à l'appartement après.
"Oui j'ai faim. Mais un truc léger suffira."
A Seikusu, trouver un resto relève d'une extrême simplicité. Il y en a autant que des grains de sable sur une plage. On fait quelques pas sans que je me laisse enlacer non plus. Il va payer l'addition donc d'autorité, je choisis un établissement que je sais réputé et onéreux. Ce n'est pas un palace, loin de là mais ce n'est pas un boui-boui non plus.
"On va ici ... la carte me parait sympa."
J'y entre d'autorité ... accueil, bonsoir, installés à table, les cartes ... je commande un énorme steak de bœuf de Kobé avec garniture de petits légumes. M'en fous au final, j'ai faim! Et soif! Mais comme je n'y connais rien en vin, je passe la main.
J'observe celui qui va crever sa bourse à la fin du repas. Autant ne pas tergiverser après le départ du très mignon serveur.
"Je t'écoute, marcheur de rêve." ... un nom comme un autre mais les suppositions m'orientent un peu.
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