Bac à sable > One Shot

La lecture, c'est la cul-ture [Pv.]

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Shun:
Ce chapitre là était des plus intéressants! Un rien pensif, Kyo plaça son marque page pour retrouver facilement la suite de sa lecture et referma son livre. Le titre apparut en grosses lettres noires et le garçon sursauta, se hâtant de retourner le bouquin pour en cacher la teneur. "Éducation sexuelle avancée, ou comment se libérer de préjugés dépassés". En bref, l'auteur passait en revue les pratiques "à la mode" et les notait en fonction d'une étude qu'il avait demandée auprès d'un institut spécialisé. Il n'y avait pas d'images mais pour chaque pratique, on trouvait des conseils d'application, des exemples de situations, et comment bien amener la chose pour ne pas être embêté.

Pourquoi avoir choisi ce livre? Par hasard en vérité. Kyo n'était pas un grand lecteur mais la librairie où il se trouvait avait quelque chose de spécial. Et ce quelque chose de spécial avait l'apparence adorable d'une jolie jeune femme drôlement bien foutue qui avait tapé dans l’œil du garçon. Il était entré la première fois dans cette boutique un mois plus tôt pour acheter un livre scolaire et il avait bégayé quand il s'était retrouvé face à elle, à la caisse. Alors oui, le fait qu'un bouton du chemisier tendu de la fille ait craqué sans qu'elle s'en aperçoive avait provoqué cet émoi, mais elle dégageait surtout un charme fou qui avait frappé l'étudiant de plein fouet. La librairie avait un petit coin bibliothèque. C'était quelques rayonnages de livres qu'on pouvait emprunter ou lire sur place, confortablement installé dans un fauteuil confortable. Kyo avait pris ce prétexte pour revenir très souvent, et en faisant semblant de farfouiller à la recherche d'un livre, il était tombé sur celui-ci, hautement intriguant.

Kyo avait grandi avec internet et l'accès illimité à des contenus dits pour adultes. En théorie, il était super fort; en pratique il était super nul. Pas puceau hein, mais inexpérimenté. Et pourtant, il s'imaginait bien avoir une copine super fun et pas réticente à essayer pleins de trucs crapuleux. La libraire faisait partie de ses fantasmes mais pour rien au monde il ne ferait le premier pas! Tout simplement parce qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait bien lui dire. Parler bouquin?  Il se ridiculiserait. Pour le reste, il ne la connaissait pas et ne pouvait pas deviner ce qu'elle aimait. D'ailleurs, une bombe pareille avait surement un copain, voire plusieurs.

Kyo regarda sa montre et soupira, il devait partir. Il venait de terminer le chapitre consacré à la sodomie et il avait appris pleins de trucs dont certains étaient super bizarres. Il devrait relire certains passages et c'est pourquoi le marque page indiquait le début du chapitre. Il se leva et alla planquer le livre derrière une rangée de bouquins. Au moins là, personne ne risquait de le prendre. Évidemment il aurait été plus simple de l'emprunter mais ... non; la honte ! D'ailleurs, il ne s'était jamais demandé comment cet ouvrage était arrivé là ...

En partant, il fit un signe de la main à la jolie libraire. Ça, il y arrivait au moins. Lui parler était plus difficile.

OoOoOoOoO

Le lendemain, même heure, il était présent au même endroit et après un coucou à son égérie, il fonça trouver sa lecture du moment. Mais .... stupeur! Le bouquin n'était plus là où il l'avait laissé. Il se retourna vers la fille dont il ne connaissait pas le nom et faillit faire une boulette. Sortir un truc du genre "euh ... excusez-moi? Le bouquin sur la sodo? Quelqu'un l'a pris?" Mais ... non, il se retint et chercha autre chose, histoire de pouvoir mater en douce celle qui prenait de la place dans ses pensées.

Rubis Starling:
Dans un coin tranquille de la ville se tenait une grande librairie avec une devanture légèrement dépassé sur laquelle le nom de l’établissement était écrit de manière traditionnelle, réalisé au pinceau, on pouvait même distinguer en s’approchant de plus près de l’enseigne les traces de chaque poils qui constituait celui-ci. Les touristes pouvaient trouver cela kitch comme pittoresques, tout dépendait des mentalités et goûts de ceux-ci, mais pour les locaux c’était une devanture des plus classique dans les traditions japonaises, qui n’avait certes pas encore modernisé leur devanture avec des néons et lumières ou un habillage imprimé de l’enseigne, mais c’était une des meilleures librairies de la ville qui avait bonne réputation et cela depuis des années.

« Hon for everyone » était son nom qui était un mélange de japonais et d’anglais signifiant « Un livre pour tous ». Les propriétaires, un couple très âgé aujourd’hui, avaient décidés de donner un nom original à leur commerce afin de se démarquer de leurs concurrents et de montrer que la culture c’était le mélange des autres cultures, d’où le choix de ce nom mêlant deux langues. Ils étaient dans les âges de la soixantedizaine et avait un fils marié (Dieu merci pour sa mère qui commençait à désespérer de ne jamais avoir de petits enfants !) qui avait repris la boutique et était donc le patron de ce commerce connu de tous en ville depuis une bonne cinquantaine d’années maintenant.

La librairie était tenue tantôt par le patron ou par l’un de ses parents qui aimaient revenir travailler dans cette librairie qui était chère à leurs yeux, le tout avec toujours un ou deux employés, pour tenir la caisse, entretenir les lieux et gérer les stocks. Il y avait eu pas mal de vendeurs et vendeuses qui étaient passés entre ces murs entourés de livres mais une s’était démarquée parmi la longue liste que les propriétaires et le patron avait rencontrés : une jeune femme albinos, une étrangère, qui était belle comme un ange, douce et gentille mais également très polie telle une vraie petite japonaise, qui avait travaillé dans de nombreuses librairies et bibliothèques, dont l’intérêt pour les livres était une véritable passion et pas seulement un métier pour elle. Hormis son apparence physique pas commune pour le Japon, elle semblait être une personne tout à fait respectable qui aimait les livres comme les gérants de la librairie et qui partageait leur vision qu’il y avait un livre pour tous, même si les gens ces dernières années avec les technologies lisaient de moins en moins, trouvant même les livres parfois débiles. C’est tout naturellement qu’elle fut embauché chez eux il y a trois ans et depuis elle fait elle aussi partie des murs de cette librairie, connue de tous depuis quelques décennies.

Et depuis quelques années il y avait eu une augmentation de la fréquentation de la librairie par des hommes, jeunes comme vieux, qui venaient acheter des livres ou en emprunter car l’établissement permettait l’emprunt des livres comme une bibliothèque et il y avait même un coin bibliothèque pour s’installer et feuilleter tranquillement les ouvrages du commerce. Cela était dû par la présence de la jolie demoiselle, qui se faisait souvent aborder par les clients pour lui demander des conseils sur les livres mais pas que… Certains se la jouait russés et revenaient plusieurs fois avant de lui proposer un rencard, d’autres la jouait franc-jeu et d’autres encore se la jouaient discrète admirant la demoiselle mais sans trop lui parler n’osant sûrement pas lui demander son numéro ou si elle était libre ce soir.

Et parmi cette troisième catégorie il y avait un jeune homme plutôt discret, un mignon petit  (enfin grand) brun, qui venait souvent depuis un mois et qui profitait de la bibliothèque en lisant avec assiduité. La jeune femme à la chevelure de neige l’avait bien remarqué, il aurait été difficile autrement de ne pas le remarquer vu qu’il venait tous les jours, mais en revanche elle n’avait pas remarqué qu’elle se faisait admirer telle une œuvre d’art par le jeune homme discret. Mais à un moment elle remarqua qu’il semblait lire le même ouvrage, ne distinguant pas vraiment le titre de loin et qu’il semblait marqué les pages par le marque-page en tissus qui étaient reliés au livre. Curieuse, elle se demandait bien quel type d’ouvrage ça pouvait être : roman, bd étrangère, manga, culture, apprentissage ou autre ? Cela l’intriguait tout simplement mais elle trouvait ça mignon de lire avec autant de sérieux un livre. Si elle savait quelle type d’ouvrage c’était, aller savoir si elle trouverait toujours ça mignon…

Un beau jour, lors de la mise en rayon de nouveaux bouquins qu’elle installait sur chaque étagère par type et ordre alphabétique, elle fini par découvrir l’ouvrage que lisait ce jeune homme avec tant d’assiduité et que fut sa surprise en découvrant les joues légèrement un peu rosées le titre de l’ouvrage. Elle haussa cependant légèrement un sourcil, intriguée, voyant le marque-page, puis par pure curiosité elle ouvrit le livre pour voir à quelle page c’était marqué et elle toussa doucement en découvrant le chapitre sur la sodomie alors que son visage s’enpourpra légèrement en lisant quelques lignes malgré elle. Par cette lecture dû par le plus pure des hasards, elle se fit la réflexion que ce qu’il disait là-dedans était différent de ce qu’elle avait connue personnellement avec certains hommes qui l’avaient obligé à faire ça et elle n’avait pas tellement eu son mot à dire sur la chose car le « client » est roi, que ce soit dans son second travail au bar avec son patron qui lui imposait certains soirs de devoir faire des extra en plus d’être une jolie serveuse ou bien encore les hommes avec qui son défunt (de connard) de fiancé la forcer à coucher (sinon ses doux poings lui faisait passer l’envie de refuser). À ces quelques pensées sur sa vie, actuelle comme passé, elle perdit la jolie couleur rouge qui était montée à ses joues et soupira doucement en fermant les yeux.

Quand tout à coup, une voix se fit entendre à côté d’elle d’un ton jovial « Ma petite Rubis ! Vous sembler avoir trouvé quelque chose d’intéressant ! » ce qui fit sursauter légèrement la jeune femme qui ouvrit de grands yeux en refermant le livre d’un coup avant de tourner son visage vers la mère de son patron qui était là à côté d’elle, tout sourire, la regardant avec un regard brillant de taquinerie tout en tenant une pile de livres dans ses bras auxquels la jeune femme albinos jeta un regard avant de dire d’une voix inquiète « Madame Fuku, pourquoi vous ne m’avez pas appelé pour porter ça ? C’est lourd, vous risquez de vous blesser… » ce à quoi la propriétaire de la librairie lui répondit « Tut tut tut tut ! Ne noyez pas le poisson ma petite ! Alors, vous avez trouvé quelque chose d’intéressant ? » dit la femme avec une voix taquine avec un regard insistant sur le livre que la demoiselle aux yeux de pourpre tena entre ses mains.

Rubis suivit le regard de la femme a ses côtés puis se mit à rougir légèrement en voyant le livre entre ses mains dont le titre était bien voyant « Ce… Non ! Ce… Ce n’est pas ce que vous croyez ! Je, je, je… Je suis tombé dessus par hasard ! » ce qui fit glousser la vieille femme qui continua à taquiner la jeune demoiselle « Hohohoho ! Mais bien sûr, c’est le hasard ! Allons ma petite Rubis, vous savez, moi aussi j’ai été jeune et curieuse de bien des choses. Ne soyez pas si gênée mon enfant. » en lui adressant un clin d’œil taquin, ce qui fit rougir encore plus la jeune albinos qui se sentait horriblement gênée et qui secoua la tête à la négative, avec toujours le fameux livre entre ses douces mains « Mais mais mais… Mais je vous assure que c’est vraiment un hasard, je… J’ai trouvé ce livre en faisant la mise en rayon et je… Je l’ai ouverte par curiosité car j’ai remarqué qu’un client venait souvent le consulter donc… J’étais curieuse de quoi il s’agissait… » répondit Rubis tentant de rétablir la vérité mais cela fit encore plus glousser Madame Fuku qui était amusée de la situation « Mais oui mais oui petite coquine ! Quel heureux hasard n’est ce pas ? » insista la libraire en riant doucement amusée par la réaction de la jeune femme qu’elle s’amusait à taquiner de bon matin avant l’ouverture de la librairie.

Les joues totalement rouges la jeune femme regarda désespérément la libraire qui ne cesser de rire doucement amusé par la réaction de son employée, puis Rubis jeta de nouveau un regard à la pile de livres que Madame Fuku tenait dans ses bras « Vous… Ces livres c’est pour… ? » demanda la jeune femme pour changer de sujet mais pas seulement, elle était inquiète par le fait que cette vieille femme tienne autant de livres dans ses bras, ce à quoi celle-ci lui répondit avec un air enjouée « C’est pour la loterie ! On va organiser une petite loterie surprise et offrir un livre à tous les clients aujourd’hui ! Et nous donnerons le livre correspondant au ticket de loterie à chaque client selon son numéro de loterie ! » . En entendant cela la jeune albinos haussa un sourcil, ayant une idée « Prenez celui-ci aussi alors, on pourra le donner au client qui vient le consulter régulièrement… » dit-elle en regagnant son teint de porcelaine en posant le livre sur le dessus de la pile provoquant ainsi un gloussement de la part de la vieille femme « Hohoho ma petite Rubis, vous êtes une drôle de petite coquine ! » ce qui fit de nouveau rougir la jeune femme comme une tomate qui était terriblement gênée par les propos de la mère de son patron qui partit joyeusement ensuite en fredonnant vers le comptoir pour y déposer tout les livres alors que Rubis soupira de soulagement d’être enfin libéré de la taquinerie de Madame Fuku puis elle elle reprit sa mise en rayon doucement afin d’avoir fini tout ça avant l’ouverture.

Puis la journée commença comme d’habitude, Rubis faisait ses taches habituelles en conseillant les clients et en les encaissant ensuite pendant que Madame Fuku distribuait une partie des tickets de loterie de son côté aux clients. Puis elle prit ensuite une petite pause, fatiguée de rester debout et la jeune femme aux cheveux de neige proposa à la vieille femme de s’occuper de distribuer les tickets de loterie comme cela elle pouvait se reposer tranquillement pendant que Rubis commença à distribuer les tickets aux clients qui rentraient ou ceux qu’elle croisait entre les rayons quand elle y passait pour faire un peu de rangement ou bien encore quand elle alla dans le coin bibliothèque pour ranger les livres rendus qui avaient été emprunté, rencontrant ainsi d’autres clients à qui elle distribuait les tickets en souriant avec douceur comme à son habitude avant de bientôt y rencontrer le jeune homme brun.

Shun:
Ah oui ... la tombola ... Kyo avait noté sur le panneau d'affichage que cet évènement était prévu aujourd'hui. C'était toujours sympa de pouvoir gagner un lot, surtout quand il était gratuit, et alors qu'il observait la jolie employée, il avait remarqué que la grand-mère avait commencé la distribution des tickets. Elle en mettait du temps ... Pour chaque personne qu'elle croisait, elle prenait le temps de discuter un peu et de radoter aussi, mais bon, avec l'âge, c'était excusable.

Enfoncé dans son fauteuil, Kyo ne trouvait aucun intérêt au livre qu'il avait choisi aujourd'hui. Son regard perçait par dessus le bouquin et suivait tous les faits et gestes de la fille. Elle, elle ne chômait pas. Elle était partout, rangeait, comptait, classait, tenait la caisse, conseillait, et arrivait même à avoir un mot gentil pour telle ou telle personne. Bien évidemment, elle avait du succès auprès des hommes, c'était visible. certains étaient discrets, d'autres lourds et maladroits. c'est vrai qu'avec sa petite jupe et son chemisier un rien trop serré, elle dépotait. Il n'était pas nécessaire d'être très imaginatif pour se la représenter dans le plus simple appareil. Ses formes étaient parfaites et plus d'une pratique lue dans le livre favori de Kyo pourrait tout à fait lui convenir, selon l'avis très personnel du jeune homme.

Il profitait d'elle sous chaque angle de vue, qu'elle soit de face, de dos ou de profil. Mais dès qu'elle regardait dans sa direction, il replongeait entre ses pages, espérant qu'elle ne l'ai pas surpris. Seulement à force de mater, il en oublia son environnement et il s'aperçut qu'un client avait remarqué son manège. très gêné, Kyo se leva pour aller poser le livre dans son rayonnage. Il s'était fait capté et avait décidé de partir. Mais ... quelle ne fut pas sa surprise quand il se retourna et se retrouva nez à nez avec la jolie Rubis. Oui, Rubis, la grand-mère l'appelait ainsi, entre autres... La fille l'avait rejoint dans la travée et il n'y avait personne d'autre qu'eux. Impossible d'esquiver, impossible de fuir, et impossible de ne pas craquer pour cette énorme poitrine ce visage adorable. Elle avait un ticket de tombola a la main et il comprit que c'était pour lui.

"Ah ... euh ...bonjour ... Je suis ..."

Non, ce n'était pas un rencard donc elle n'avait pas besoin de savoir son nom ... Il prit donc son ticket et regarda le numéro: 69 ... Hasard ... Il se sentit bête et comme dans tout genre de situation identique, il se sentit obligé de parler encore.

"C'est ... sympa d'organiser une tombola. Tout le monde aime votre boutique parce que ..."

Parce que  les mecs aiment les jolies nénettes avenantes?

"Parce que ... vos livres sont passionnants. Moi je m'instruis beaucoup ici."

Si elle savait ... Ça oui il en apprenait des choses: des trucs bien crapuleux et inavouables, et dont elle était l'objet secrètement utilisé quand il rêvait d'elle.

"Quand va avoir lieu le tirage?"

Rubis Starling:
La jeune femme avait fait le tour de la libraire pour distribuer les billets de tombola tout en continuant de voguer à ses occupations depuis l’ouverture de la librairie. Et à un moment elle finit par tomber sur un jeune homme brun, plutôt grand et fin mais pas gringalet non plus et plus grand qu’elle du haut de son 1 mètre 68 (mais qui était monté à 1m 75 avec ses talons aiguilles de 7cm). Il semblait plus jeune qu’elle, ça devait être un étudiant et il avait un côté innocent qui transparaissait dans sa manière d’agir et de parler à la demoiselle.

Mais elle savait qu’il n’était pas si innocent que ça vu le livre qu’il consultait sur lequel elle était tombé en rangeant les rayons et qui lui avait attirer les taquineries de la mère de son patron, faisant rougir de gêne la pauvre jeune femme qui ne savait plus où se mettre avec un tel ouvrage entre les mains. Puis elle savait aussi qui ne fallait pas se fier à la couverture d’un livre et c’était exactement la même chose pour les gens, les apparences pouvaient donc être trompeuse, même si d’apparence son innocence ne transparaissait pas forcément car il dégageait une certaine assurance qui pouvait être troublante même.

Un ticket de tombola à la main, Rubis était face au jeune homme qui semblait être un peu pris au dépourvu en lui disant bonjour avant de prendre le ticket qu’elle lui tendait en souriant. Elle n’avait pas fait attention au numéro, mais quand son regard se posa sur le ticket avec le numéro 69, elle rougissa très légèrement alors qu’intérieurement elle était très gênée de ce numéro très hasardeux et gênant par la même occasion. Ne laissant rien paraître hormis la légère couleur rose sur ses jolies joues, elle ne cessa pas de sourire au jeune homme pendant  qu’il lui disait que c’était génial d’organiser une tombola car tous le monde aimait cette librairie parce-que les livres qui était proposés ici étaient passionnant et qu’il s’était beaucoup instruit, ce qui arracha un sourire amusée intérieurement à la demoiselle qui n’oubliait pas le livre qu’il venait consulter régulièrement qu’elle avait mis dans la tombola pour qu’il puisse l’avoir.

Puis quand le jeune homme finit par lui demander à quelle heure allait se passer la tombola, elle esquissa un tendre sourire en penchant doucement la tête avant de lui répondre de sa jolie voix « Bonjour et merci pour tout ces compliments à propos de la boutique, cela fera grandement plaisir aux propriétaires. » dit-elle d’une voix délicate avant de rajouter « Et ravie que l’idée de la tombola vous plaise, cela ravira également une des propriétaires qui en a eut l’idée. » ajouta t-elle en parlant de la vielle femme que tout le monde connaissait bien. C’est vrai qu’elle radotait et adorait taquiner les gens, surtout sur des sujets très délicats mais ça faisait le charme de Madame Fuku qui était très gentille et à l’écoute de tout les clients quand c’était nécessaire.

Rubis redressa doucement sa tête et la tourna légèrement pour regarder l’heure affichée à l’horloge avant de reporter son regard sur le jeune homme en lui souriant toujours  « Le tirage aura lieu à 15h, soit dans moins de 15 minutes. Les numéros seront appelés un à un à la caisse pour venir récupérer leur lot mais nous savons que certains clients peuvent être mal à l’aise devant d’autres personnes surtout dans ce type de situation. Donc les clients peuvent venir récupérer leur lot après le tirage si ils veulent ne pas attirer trop l’attention sur eux. » tout en lui disant ces quelques mots d’une voix rassurante et douce en le regardant avant de hausser un sourcil amusée en repensant à son bonjour « D’ailleurs vous ne m’avez pas dit comment vous appelez tout à l’heure, Monsieur « je suis… » ? » dit-elle avec un petit sourire amusée mais doux en le regardant, amusée par ses réactions plus tôt et curieuse de voir ce que ce jeune homme si assidu en éducation sexuelle allait lui répondre.

Shun:
Est-ce que cette demoiselle savait que son chemisier était trop serré et que la boutonnière tendue s'écartait pour laisser entrevoir sa peau et son soutien gorge? Kyo essaya de ne pas se focaliser sur l'idée qu'il se faisait de cette jolie poitrine et tenta de regarder ailleurs. Où? Plus bas? Il ne pouvait qu' admirer ses belles jambes au galbe parfait. Plus haut? C'était se noyer dans son regard rubis. De côté, cela aurait été bien impoli. Aussi, le garçon se concentra sur les adorables lèvres de la miss en essayant de rester le plus sérieux possible.

"Je m'appelle Kyo. Je viens souvent ici profiter de vos rayonnages de livres à disposition."

Plus que 15 minutes avant le tirage. Sans savoir trop quoi lui dire, il prit un livre au hasard.

"Vous voulez que je vous lise un passage de celui-ci?"

Quelle drôle d'idée ... De plus, le titre indiquait: Physique quantique et raisonnement sur l'infiniment petit. C'était tellement nul que Kyo faillit éclater de rire. Il se retint mais arbora un grand sourire. Qu'il réagisse comme un garçon enfin! Les règles strictes du flirt et de la séduction au Japon ne devaient pas être un obstacle à l'épanouissement. il respira un bon coup et se lança donc.

"Cela vous dirait de prendre un verre à la fin de votre journée de travail? On parlerait littérature et  ... vous pourriez me raconter comment vous en êtes venue à faire ce métier? Il y a un tout petit bar à deux pas d'ici, tout en bois avec une arrière cour ouverte qui donne sur le ciel nocturne. Il y a toujours un peu de monde mais l'ambiance y est très agréable."

Il avait neuf chance sur dix de se prendre un râteau. Personne au Japon n'invitait une demoiselle après un échange de paroles aussi court. Son intention était évidente et elle allait surement se dire qu'il était un pervers ou un profiteur. Maintenant, il avait tenté. Aucune autre occasion ne se présenterait. Il n'eut pas le temps d'avoir sa réponse qu'un grand type costaud vint demander quelque chose à la fille, l'entrainant presque de force. Kyo tendit la main vers elle mais ... tant pis ...

Il marronna dans son coin. Le type ne la lâchait pas et les minutes passèrent ainsi. C'est la grand-mère qui attira l'attention de tout le monde en agitant son panier de tickets et en rameutant les clients de sa voix fluette. Très théâtralement, elle remercia les participants pour leur présence et leur fidélité puis commença le décompte des tickets. Elle brandit les numéros uns à uns, invitant à applaudir les heureux élus. Et quand elle réclama la présence du numéro 69, Kyo se raidit. Quelques rires et un commentaire salace fusèrent et le garçon rentra la tête dans les épaules. Hors de question d'aller de ridiculiser devant tout le monde. En plus, la jolie Ruby avait rejoint la grand-mère. Il n'allait pas s'afficher publiquement. Pas de 69? Tant pis! La tombola se termina et petit à petit, les clients quittèrent la boutique. Kyo attendit patiemment et quand il fut le dernier, il s'approcha du comptoir. La grand-mère lui fit un clin d'œil malicieux ... Hein ? ... avant de filer ailleurs, le laissant avec son égérie.

"Euh ... j'ai gagné quelque chose je crois ..."

Il posa son ticket sur le comptoir et s'aperçut qu'un bouton du chemisier de la fille avait finalement cédé ... et révélait un superbe tableau ... Kyo se garda bien de dire quoi ce soit ...

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