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Capitaine Read

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jeudi 13 octobre 2022, 15:17:05

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« Modifié: lundi 20 novembre 2023, 15:14:37 par Kõya Breathless »

Vittorio Vulcano

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Re : Loin des problèmes. [PV]

Réponse 1 dimanche 16 octobre 2022, 22:13:50

La voici juchée au sommet d’un tonneau de rhum ; Vittorio – qui préférait le vin à ce genre d’alcools – avait été tout d’abord surpris que le Capitaine Read soit… en réalité une femme ! Sur les quais il l’avait longtemps cherché ce bonhomme au nom de famille si commun de prime abord. Quelques bavardages avec quelques badauds passant par-là lui indiquèrent qui était cette personne et son sexe, d’aucuns la décrivirent comme une très jolie jeune femme, loin des représentations qu’on se fit habituellement de ces pionnières qui entreprennent dans un domaine traditionnellement dévolu aux hommes. Cela l’intrigua aussitôt ; il balayait les rangées des bâtiments marins présents sur les docks en vue de repérer une dame qui sortait du lot ; cela lui coûta quelques minutes de rigoureuses inspections durant lesquelles sa vue perçante fut on ne peut plus mobilisée à cette fin et… il fut alors agréablement surpris de constater à quel point elle était superbe, splendide, carrément. La bougresse avait du charme avec ses grands yeux glacés, sa taille de guêpe et son ensemble en cuir qui sublimait une silhouette très avantageuse. Avant de la rencontrer, l’Italique s’éclaircit la voix, replaça à l’endroit l’une des mèches sauvageonnes qui défrayait avec sa crinière frumentaire, puis s’approcha de sa future employeuse qui semblait s’impatienter de quelque après avoir congédié un petit garçon, lequel n’avait clairement pas sa place par ici ; à se demander s’il ne s’agissait pas plutôt d’un guetteur ou de quelque mouchard que les criminels du coin disséminaient, ci et là, afin de glaner quelques informations sur de potentiels concurrents.

« Bien le bonjour, Capitaine Read !... Est-ce que ton offre tient toujours ? »

Tels furent les mots que proféra Vittorio, que l’impétueuse amirale pouvait entendre juste derrière elle. La voix du signore était chantante, mâtinée de cet accent lyrique dont les Italiques ont le secret !. Lorsque la boucanière tournera la tête pour savoir à qui appartenaient ces vocalises, elle découvrirait un damoiseau plutôt huppé, la vingtaine ardente, des lèvres épaisses et charnues qui suscitent bien des fantasmes féminins et des yeux d’ambres évoquant le clinquant et le faste de l’or.

« J’oublie mes manières et la politesse avec une femme de ta trempe. Navré pour mon retard. Mon nom est Vittorio Vulcano. J’ai lu ton annonce ; elle m’intéresse. On peut en discuter autour d’un bon verre peut-être ? Tu ne le regretteras pas, je t’assure. »

Ainsi s’achève cette courte introduction, futilité que de s’épancher davantage ! L’Italique n’avait qu’un seul désir après ses déboires dans la Citta Dei Fiori : retrouver un semblant de vie aventurière, loin de ces fiévreux brouillaminis bureaucratiques où se sont enterrées ses ambitions grandiloquentes dans une ville où prospèrent les médiocres dépourvus d’imagination. Par son allure de femme forte et décidée qui jugeait notamment des hommes en fonction de la taille de leurs membres virils, la Capitaine semblait toute indiquée pour lui servir d’aiguillon et de glacis défensif en ces temps incertains où notre bellâtre devait voguer à l’aveuglette en quête d’un avenir meilleur. S’il pouvait associer l’utile à l’agréable avec cette Capitaine Read, il serait un homme comblé et peut-être en bonne voie pour se restaurer.

Merci Tenshi !

Vittorio Vulcano

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Re : Loin des problèmes. [PV]

Réponse 2 mercredi 02 novembre 2022, 22:06:19

Il lâcha un premier soupir après ce premier contact… finalement raté. Quelle terrible déception. Il fallait garder à l’esprit que le Signore avait beau traverser une mauvaise passe en ce moment même, il ne se réduirait certainement pas à être un peigne-cul. Ce déclassement ne pouvait être que provisoire.

Aucunes salutations préalables, un dévisagement à peine supportable comme si la donzelle se prenait pour une marchande d’esclaves avide d’examiner sa marchandise, suivi d’une remarque d’un assez mauvais goût sur son allure. Ces grands yeux glacés d’abord si agréables à regarder témoignaient surtout d’un absurde mépris, mais loin s’en faut, le Néréide la fixait également… Et ses prunelles dorées présageaient surtout d’une défiance subtile envers elle et ses remarques. En effet, Vittorio fronça franchement des sourcils, comme si un vent de perplexité effleurait son faciès. Le sourire qui pointait au bout de ses lèvres pulpeuses trahissait son amusement… fugitif par la mise en scène de la capitaine, vite succédé par un désagréable sentiment de gêne, d’embarras : la Capitaine Read correspondait à ses à priori, celui d’une femme forte, peut-être fatale, rude au commandement, munie du plus âpre et du plus sec des langages aussi brutal que les lanières d’un fouet. Ce n’était certes pas surprenant qu’une femme progressant dans un milieu désespérément masculin en vienne à contracter les us et coutumes de la flottille. De mauvaises habitudes s’étaient clairement enracinées chez elle… mais soit ! Il s’en ficherait comme d’une guigne. Il avait besoin de son navire pour faire escale ailleurs, loin de l’effroyable Cité des Fleurs. Peut-être qu’elle ferait l’affaire.

Alors certes, sans mauvais jeu de mot, on hissait quand même les voiles de travers d’entrée de jeu. Est-ce que ce n’était pas mesquin de se fier aux premiers préjugés ? Elle l’avait bien fait de son côté ; il ne s’en priverait aucunement par la suite. En effet, tout de suite, sans tarder, sans préavis aucun, la choucanière lui donnait du « prince charmant », écartant grand ses bras effilés, sans doute dans le but de se gausser de lui et de rappeler une distance qui les séparant dans la Table des Rangs. Toute cette couleur, toutes ces manières pour lui rappeler à quel point elle se sentait infériorisée par rapport à son humble personne exhalaient des relents de tabac bon marché, de rhum de pacotille et de jurons à peine articulés dans un langage intelligible. Il secoua la tête à droite puis à gauche, indiquant par ici qu’il ne partageait pas vraiment cette saillie. Cet humour de réprouvé qui se fie aux apparences ne lui plaisait pas. Il asséna un simple « Monseigneur suffira, merci à toi » agrémenté d’un faux sourire qui peignait la considération forcée, la politesse tout juste formelle d’un rentier qui cède le bail de sa garçonnière à une illettrée ou une vulgaire catin, ou d’un jeune homme qui essaie de manifester une minuscule étincelle de réceptivité. Il montait alors sur le pont, comme promis.

Elle eût néanmoins la grâce – ce qui était logique – de le guider jusqu’à ses quartiers qui ont le mérite de disposer d’un assortiment de meubles d’un meilleur goût que ses plaisanteries ridicules. En revanche, son hygiène laissait à désirer : draps piteusement entretenus et baignoire rongée par la rouille. Tout ceci rappelait des souvenirs désagréables au Néréide qui se remémorait alors en silence les événements de son enfance assez médiocre en compagnie d’un équipage composé de gens encore plus médiocres ; il aurait cru que le passage du temps effacerait les sinistres visions de son passé : pures foutaises que cela. Malheureusement, il avait encore besoin de ce genre d’individus remarquablement pénibles. Toujours debout en l’absence de toute permission de s’asseoir sur le canapé ci-là, les jambes roides, fières, altières, le damoiseau, après s’être éclairci la gorge, prit la parole.

« Donc, je te propose de nouer un contrat. Jusqu’à la prochaine escale, je t’apporterai le soutien de ma magie agricole ; je peux faire pousser rapidement des denrées afin de nourrir les membres de ton équipage, mais aussi du bois pour entretenir ta coque, ton armature et toutes sortes de choses qui requièrent cette matière première », énonça-t-il d’une voix expéditive en faisant apparaître dans le creux de sa main un arbuste qui ressemblait à un érable, en guise de première prestation prouvant sa compétence.

Reste à attendre la réponse de la briscarde.
« Modifié: jeudi 03 novembre 2022, 12:20:12 par Vittorio Vulcano »

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Re : Loin des problèmes. [PV]

Réponse 3 jeudi 09 février 2023, 22:44:33

L’arbuste disparut aussitôt. Lorsque la louve de mer lui tendit ce verre de rhum, Vittorio s’en saisit énergiquement, comme s’il s’emparait du premier bienfait de sa rencontre avec la Capitaine Read. Après avoir reniflé, un instant fugitif durant, l’arôme qui émanait de ce liquide brunâtre, le Néréide lampa ce breuvage, sans dire mot, le regard fixé sur les lèvres de son interlocutrice. S’il n’était pas sûr de goûter à ce « bon » crû local, il savourait en revanche l’image d’Epinal qui s’offrait à ses yeux d’ambre ; un visage d’ange aux nattes dorées ; un langage haché aussi âpre que la plus sombre des piquettes ; une veste en cuir basanée par un soleil de plomb ; des bottes fracassantes et clinquantes ; une ceinture garnie en armes ; un chemisier sombre – bref, une femme forte et indépendante, une vestale catapultée dans un monde masculin et peu amène, qui redoublait d’efforts pour maintenir les apparences de la puissance parmi des brutes écervelées. Voilà, elle empestait la virilité faite femme ; Mary Read ? Elle sonnait comme l’un de ces personnages romanesques, voire baroques. Il ne lui manquerait plus qu’une enfance sordide, une tragique déception amoureuse et l’exécution d’un ancien capitaine sans aucune classe et la jeune femme deviendrait un archétype littéraire.

La boucanière sut faire preuve de diplomatie, approximative, en présentant des excuses symboliques, assorties de curieuses justifications résonnant comme des arguties. Il n’était pas sûr d’identifier le lien de causalité entre ses difficultés à se constituer un équipage complet, le profil nauséabond de ses flibustiers et son statut de femme émancipée et omnipotente à bord de son navire. Fière de sa boutade, elle jugea bon de ricaner, seule, plongeant ses doigts, qu’il se figurait à présent collants, dans sa bouche. Instinctivement, il cessa de lamper son verre de rhum, se faisant la réflexion que si l’hygiène de la capitaine laissait à désirer, il devait sans doute être de même pour la verroterie. Enfin, passons. À brûle-pourpoint, il aurait pu lui rétorquer que son raisonnement pouvait être facilement pris à l’envers, qu’une femme dominant un équipage aussi rustre devait forcément détenir des qualités – et par conséquent se pâmer d’avoir quelques gages de sa compétence, mais il n’avait nullement l’intention de rabattre la conversation autour de ce sujet. C’était son sentiment subjectif après tout.

En revanche, il jeta regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent comme des coups d’épervier sur le canapé puis sur la briscarde, laquelle engloutissait un agrume devant lui ; tout bien considéré, il restera debout. Après avoir achevé son soliloque, elle entra enfin dans le point le plus essentiel de leur conversation : les modalités de leur association. Spectatrice de ses compétences, elle changea de ton, passant du doux dédain au tranquille opportunisme. Ni plus ni mieux, elle souhaitait, après l’avoir toisé de haut en bas et régalé du plus vulgaire des jugements hâtifs, concevoir des projets ambitieux à moyenne ou longue-vue. Un silence, instaurée pendant plusieurs longues secondes, servit de réponse à la capitaine au tricorne. Il plaça son verre sur le bureau de Mary, puis, de son index, il le projeta au niveau de son buste, près de ses épluchures. Le Demi-Dieu chancela du chef. Négatif.

« Non. »

Du tac au tac, la réponse de Vittorio était sèche, nette et catégorique.

« Je suis obligé d’être franc et honnête, tu brosses un portrait tellement peu enviable de ta soldatesque, je ne vois à priori donc aucune raison de me faire torture sur de longs mois à cohabiter avec vous ; et vice-versa. Nous vivons dans deux mondes différents, comme tu l’as très bien relevé dès le début. Cependant, les circonstances sont telles que nos intérêts se croisent momentanément, du moins jusqu’à la prochaine escale comme je te l’ai déjà dit. »

Il se cambra ensuite, étendant ses deux bras souples sur ledit bureau, fixant la reine sur le navire de ses prunelles d’or.

« Les bons comptes font de bons amis. Ne me parle pas d’exploitation, ça ne veut rien dire avec moi ; mon intention, c’est de t’offrir des gages en échange de ton hospitalité. Dès demain, je te constituerai des réserves de citrons pour lutter contre le scorbut, des cargaisons entières de bois préparés en accord avec tes charpentiers afin de renforcer ta coque si nécessaire – et assez de lin pour développer et entretenir ta voilure. »

Le damoiseau lève ensuite les bras puis les croise.

« Tel sera mon loyer, s'il te convient. Maintenant que tout est dit, où se trouve ma cabine, madame la capitaine ? demanda-t-il d’une voix blanche. Avec, si possible, une baignoire et un lit. »

Un sourire plus espiègle se dessina sur la bouche lippue de Vittorio.

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Re : Loin des problèmes. [PV]

Réponse 4 jeudi 23 février 2023, 21:32:41

 Le Néréide s’octroya un temps de réflexion. La vie lui offrait peut-être une nouvelle opportunité ; le Demi-Dieu entendait s’en saisir après ses déboires passés. S’il fallait faire contre mauvaise fortune bon cœur et pactiser avec une flibustière au visage d’ange afin de rétablir sa puissance passée, alors soit ! Il devait distinguer dans cette embarcation menée rondement la charrue qui laboure le champ de ses ambitions, au milieu duquel croissent d’arpent en arpent les floraisons de ses desseins et où ses sortilèges semés sonneraient comme une semence que le râteau de la croupière, ici présente, moissonnerait d’un coup tranchant, comme une faucille, qu’elle pousserait en sa direction, celle du gagnant.

Derechef, Vittorio opposa un silence pensif à la charmante Capitaine Read, quoiqu’il gardât tout de son sourire lippu et espiègle. Faisant l’éventail de ses talents de négociatrice, la boucanière, toute sûre d’elle, riposta par une contre-proposition pas piquée des hannetons, en apparence séduisante, mais porteuse de contraintes non seulement pratiques – quel genre de royal invité oserait loger dans la cabine de la reine à bord et lui dire d’aller voir ailleurs sur le pont ? – mais morales – n’avait-elle pas le droit de coucher décemment ?. Les prunelles d’or du Néréide pointèrent ensuite vers le buste de la donzelle qui, pour se mettre plus à l’aise, libéra les premiers boutons de son gris chemisier où nous devinions poindre une poitrine ferme et abondante. C’était osé, audacieux. C’était sans doute intentionnel ; elle qui, au demeurant, le prenait pour un bourgeois désagréable ou un vulgaire peigne-cul, la voici en train de jouer de ses charmes pour gagner ses faveurs maintenant qu’elle était consciente de sa valeur. Il serait faux de dire que Mary Read laissait Vittorio Vulcano indifférent. « Je saurai te supporter. Ne t’inquiète pas. » La réponse était donnée : oui. Il valait mieux ne pas tirer sur la corde, en rester là et veiller à ménager sa nouvelle alliée. Férue de compromis, la capitaine était de surcroît belle, resplendissante, avec un fort caractère arraché aux remous des tempêtes, et lorsqu’elle ôta son tricorne, elle dévoila la rivière d’épis qui lui faisait office de chevelure. Et puis, elle le regardait, elle le fixait avec une ardeur de rêveuse, telle une Laitière avec son Pot au lait, comme si le calcul prenait enfin le pas sur les bisbilles précédentes. Quoiqu’il soit de souche divine et habitée par la plus arrogante des morgues, Vittorio restait un mâle qui comprenait toutes les lettres du mot « association » circonstanciée avec la boucanière, sans doute son esprit, mais seules les circonstances soumettront à l’épreuve des faits ces affirmations.

« … Mais, pour l’heure, tu voudras bien me tenir compagnie ce soir dans notre cabine ; je ne veux pas te chasser de ton territoire ; nous tracerons les grandes lignes de notre collaboration à côté d’un plateau de fruits, de ceux que tu aimes et de ceux que tu aimeras. Je suis sûr qu’il existe des saveurs fruitières que tu ignores encore. »

Il introduisit, distraitement, l’une de ses mains dans la poche de son bleu pardessus. À cet instant, le visage du Néréide s’illumina soudain et se rajeunit presque ; les plis sous ses yeux fiers et profonds diminuèrent, ces derniers se mirent à briller comme une parure dorée luisante sous les rayons du soleil, le corps, contracté en avant, se releva, clair, léger, vigoureux ; il était devenu souple comme un cavalier porté par le sentiment du triomphe : les doigts faisaient sonner avec vanité et amour une paire de prunes rondes et généreuses ; ils les faisaient glisser l’une contre l’autre, les faisaient danser et tinter comme dans un jeu. Puis il détourna de nouveau la tête, parcourut le bureau de la maîtresse de ces flots tempétueux comme avec les narines flaireuses d’un jeune fauve qui cherche une bonne piste. Elle put entendre un bruit très singulier, un craquement ou un claquement, comme provenant d’articulations qui s’entrechoquent. Sous ses yeux, une main droite et une main gauche qui étaient accrochées l’une à l’autre comme des animaux en train de se mordre, et qui s’affrontaient d’une manière si farouche et si convulsive que les articulations des phalanges craquaient avec le bruit sec d’une gorge que l’on étrangle. C’étaient des mains graciles, longues, extraordinairement minces, et pourtant traversées de muscles puissants, nerveux, très rigides, des mains très blanches, très pâles, avec, au bout, des ongles impeccables, nacrés et taillés avec la rigueur d’un orfèvre. Soudain, une fièvre s’empara des mains de Vittorio. Leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s’étreindre et de lutter entre elles, présageaient d’un sortilège imminent. Ici, c’était un mage qui concentrait toute sa vigueur et sa passion dans les extrémités de ses doigts, pour qu’elles ne fissent pas exploser son être tout entier.

« Tout cela, ce n’est qu’un acompte… » Et soudain, d’un geste rapide, presque nerveux, il versa toute une lichette de fruits rouges, framboises volumineuses, fraises au parfum entêtant, myrtilles arrogantes, mûres plantureuses et cerises libidineuses, dans la coupole aux délices sucrées. « Goûte les, goûte d’abord mes fruits avant d’aboyer tes ordres à ton équipage de forbans. » La remarque était irrévérencieuse, cinglante, cavalière, mais foncièrement taquine.

Et à Vittorio, qui empoignait sa valise, de tourner les talons, la jambe roide, fière, altière, attendant que sa nouvelle partenaire le guide pour découvrir ses nouveaux quartiers.


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Re : Loin des problèmes. [PV]

Réponse 5 mercredi 12 avril 2023, 15:24:22

Indéniablement, l’ambiance se détendit, mais comme un simple prélude avant le début des affaires sérieuses...

Vittorio affichait un tendre sourire satisfait à la vue du plaisir que la Capitaine tirait de la consommation desdits fruits rouges et passionnés. Ah ! Les fruits, ces joyaux de la nature… Qui étaient la source de toutes les convoitises. Leur forme voluptueuse, leur peau lisse et colorée, leur chair juteuse et parfumée éveillaient les sens et promettaient un plaisir inoubliable ! Lorsque les lèvres pulpées de la belle pirate s'entrouvraient pour goûter à leur douceur sucrée, c'était comme si tout son corps se mettait en émoi. Ce jus qui coulait sur la langue, qui éveillait ses papilles avec une intensité délicate et enivrante…  Les arômes se mêlaient dans sa bouche. Et Vittorio se figurait volontiers qu’elles se fondaient les unes dans les autres pour composer une symphonie de saveurs, chaque note étant plus délicieuse que la précédente. “Dans mes contrées, on dit que le fruit est comme une amante insatiable”, lui rétorqua le Néréide d’une voix hachée, articulant longuement chaque syllabe, avec audace. Les fruits de Vittorio ravissant les sens avec une aisance déconcertante. Le palais de la capitaine était indubitablement submergé par la fraîcheur de la pulpe, par la richesse de ses arômes, par la complexité de ses saveurs. Et tandis que la langue explorait chaque recoin de ce fruit si parfait, indéniablement son désir montait, inéluctable, insatiable. Car le fruit n'était pas seulement un plaisir gustatif, il était aussi une promesse de plaisir charnel, une invitation à la luxure et peut-être même à l’extase.

Il la fixait du coin de l'œil, ses prunelles d’or ravies, satisfaites, orgueilleuses. La bouche de la donzelle était en feu, ses joues rougies, ses yeux mi-clos. Les sensations gustatives avaient sans doute éveillé une faim plus profonde, plus intense, son goût délicieux n'était qu'un avant-goût de l'extase ultime qu'il promettait. “Merci à toi pour ta générosité, je place ma valise ici dans tes quartiers. C’est dit, considère ça comme chose déjà faite. Tu me rejoindras ce soir dans ta cabine.” Et au Néréide de se pâmer d’un sourire en coin, espiègle, sourire presque sournois tout compte fait. Il s’empara d’une framboise juteuse. “Avant de me présenter à ton navire, un conseil, peut-être devrais-tu monter cette nuit sur le pont.”

Elle sera toute trempée. En effet, le navire s'avançait majestueusement sur les flots agités, tel un puissant monarque sur son trône. La mer, capricieuse et indomptable, faisait tout son possible pour le défier. “Là maintenant. La tempête se lève ; il pleut des cordes ; tes marins ont besoin de toi, tu dois aboyer tes ordres.” Et au damoiseau de ponctuer son propos en croquant son fruit à pleines dents.

Il croisa ensuite les talons, non sans adresser, au préalable, une courte salutation à l’accorte capitaine Read.

Le vaisseau fendait l’écume avec grâce, comme s'il avait été conçu pour dominer les éléments eux-mêmes. À bord, les marins s'affairaient avec ardeur, leurs muscles tendus sous leur chemise trempée de sueur. Leurs regards étaient fixés sur l'horizon, à la recherche d'un signe, d'un indice, qui pourrait les guider vers leur destination. Mais pour l'instant, il n'y avait que le mouvement inlassable de la mer, qui semblait caresser doucement la coque du navire, comme une amoureuse passionnée. Le vent, capricieux lui aussi, se jouait des voiles, les gonflant puis les relâchant au gré de ses humeurs. Les cordages tendus créaient une symphonie de craquements et de grincements, qui faisait vibrer les sens de ceux qui se trouvaient à bord. Soudain, une vague plus forte que les autres vint secouer le navire, faisant vaciller les marins et projetant des gouttes d'eau salée sur leur visage. Mais ils étaient des hommes de mer, aguerris, habitués à affronter les tempêtes et les dangers, et leur assurance ne fléchit pas. Envers et contre tout, de Charybde en Scylla, le navire continuerait son chemin, toujours plus loin, toujours plus vite, porté par la puissance de l'eau et le désir de ses occupants. Le mouvement sensuel de la mer et le bruit envoûtant des vagues semblaient avoir tout envahi, tout l'espace, imprégnant chaque pore de leur peau et chaque fibre de leur être. C'était comme si le navire et la mer ne faisaient plus qu'un, comme si leur union avait créé une force nouvelle, inébranlable.

Et pendant ce temps, Vittorio accédait à la baignoire des quartiers de la corsaire. La baignoire était là, devant ses yeux, sculptée dans un marbre blanc immaculé, trônant au centre de la pièce, telle une offrande qui lui était faite. Elle était si grande qu'elle aurait pu accueillir deux amants, mais pour l'heure, elle était vide, attendant que l'eau comblasse son vide. Lentement, avec une douceur infinie, le robinet se mit à couler, laissant échapper un filet d'eau clair et cristallin. Les gouttes s'écrasaient contre la surface lisse de la baignoire, suscitant une musique délicate et sensuelle. Les mouvements du navire se firent sentir jusque dans la salle de bain, mais ils ne faisaient qu'ajouter au charme de la scène un supplément de sensualité. Le tangage doux puis agité de l'embarcation donnait à l'eau un mouvement hypnotique, comme si elle dansait pour célébrer l'amour et la passion. L'eau montait lentement, enroulant ses bras autour de la baignoire comme une amante qui enserre son partenaire. Elle caressait la peau, la réchauffait, la préparait pour l'extase à venir.

Vittorio se dénuda, portant sa virilité dénudée avec dignité, fierté. Sa chevelure blonde tombait en boucles autour de son visage, encadrant des yeux en amante dorés qui brillaient d'une lueur intense, presque infernale. Sa peau était lisse et dorée, sans imperfection ni défaut, comme si elle avait été sculptée dans l’ardoise la plus fine. Les muscles sous sa peau étaient délicatement dessinés, comme si chaque ligne avait été tracée par un artiste inspiré. Chaque mouvement de ses bras ou de ses jambes faisait apparaître de nouveaux reliefs, de nouvelles courbes, qui attiraient le regard. Mais c'était plus qu'une simple musculature. C'était une force brute, un pouvoir latent, divin, qui ne demandait qu'à être libéré. Les muscles semblaient vibrer sous la peau, comme s'ils ne pouvaient plus contenir leur énergie.

Et pourtant, malgré cette impression de force, il y avait une grâce féline, une élégance léonine qui se dégageait de chaque mouvement. Chaque geste, chaque mouvement était d'une fluidité envoûtante, comme si le corps se mouvait au rythme d'une danse. Lorsqu'il s'approcha de la baignoire, l'eau, qui s'était retirée pour le laisser entrer, semblait à présent prête à se jeter à ses pieds, comme une servante en attente de ses ordres. Il ne dit rien, mais son regard brûlant en disait long sur ses intentions. Il pénétra dans l'eau, lentement, avec une aisance déconcertante. Et lorsque son corps fut immergé, il sembla y trouver un début de plénitude. Le Néréide se leva ensuite puis pointa son index près du parquet ; un halo de brume dorée s'élevait lentement, comme une effluve de mystère et de sensualité. Les reflets dorés de la brume semblaient danser et onduler, comme des flammes crépitantes sous un ciel nocturne. Au fur et à mesure que la brume se dissipait, les contours d’un plateau en bois de chêne immaculé finement ciselé se dessinaient, accompagnés d’une amphore toute charbonneuse et marbrée qui étincelait sous la lumière tamisée. Les fruits éclatants semblaient alors surgir de nulle part, leur forme ronde et sensuelle évoquant une promesse de douceur et de plaisir. Une coupole de fruits frais était disposée avec élégance à côté de la baignoire. Des fraises, des framboises et des myrtilles étaient alignées en rangées symétriques, leur forme ronde et sensuelle évoquant une promesse de douceur et de plaisir... Des quartiers de pamplemousse rose étincelaient comme des étoiles, tandis que des morceaux de melon jaune brillaient sous la lumière douce de la cabine. L'amphore était ornée de motifs subtils et de gravures délicates. Le vin rouge et noir qu'elle contenait était d'un rouge profond et velouté, comme le sang qui coulait dans les veines de chaque homme et de chaque femme.

L'ensemble créait un tableau élégant et raffiné, qui invitait à la sensualité et à la délectation. Les fruits semblaient déborder de fraîcheur et de saveurs, tandis que le vin exhalait un parfum envoûtant, comme une promesse d’hédonisme.
« Modifié: mercredi 12 avril 2023, 15:59:30 par Vittorio Vulcano »

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Re : Loin des problèmes. [PV]

Réponse 6 samedi 16 septembre 2023, 10:53:44

Le navire tangue sous l’effet des embardées propagées par les courants marins. Il oscille au gré des flots tumultueux, aux humeurs capricieuses des remous du grand océan, grand océan dont la furieuse acrimonie arrache aux marins éplorés des minutes de profonde angoisse. Hommes frustes et frustrés, mais durs aux labeurs et aux sinistres aléas de l’existence en haute-mer, les flibustiers à la solde de la très remarquable Capitaine Read témoignaient toutefois de leur résilience, redoublaient de vigueur et de courage pour maintenir leur bâtiment. Leur arche dans ce déluge. Leur issue de secours dans cette perdition. Leur unique moyen de survie, en un simple mot. Les jurons emplissent les poumons, les voix éraillées et empestant l’alcool bon marché hurlent d’immondes imprécations face à la cruauté du destin…

Et durant ce laps de temps si tendu, le Titanide, quant à lui, se prélassait paisiblement dans la large baignoire de Mademoiselle Read. La douce teinte de la liqueur dorée qui remplissait cette dernière témoignait d’un usage massif des herbes aromatiques et des encens venus du lointain orient ; avec sa chevelure mielleuse qui caressait tendrement le derme de cette onde pure, Vittorio évoquait immédiatement l’image d’Epinal du satrape, du prince que capitonnait un luxe hors de prix, malgré la relative vétusté de sa cabine. Quant à l’atmosphère de celle-ci, elle humait un parfum enivrant, celui des roses, celui du jasmin, celui de l’huile d’olive ; l’appropriation des lieux par le Néréide était totale ; il avait ainsi fait de cette chambrette le sanctuaire de son propre hédonisme. Un hédonisme, un certain culte du plaisir, qu’il entendait partager avec la reine de la nef mentionnée ci-dessus. Lorsque celle-ci lui revint, toute trempée, toute endolorie, un beau sourire facétieux orna la bouche pulpée de cette impétueuse créature mâle. Toujours animé de sa divine assurance, le beau en silence toisait la belle de bien haut, tandis que ses prunelles mordorées détaillaient la beauté dévêtue de la capitaine. « Tiens, tu es revenue ; mais je n’en attendais pas moins de toi », lui rétorqua aussitôt Vittorio. Comme cela, à brûle-pourpoint, du tac au tac, tout de go… Il parlait alors d’une voix satinée, voilée, séduisante, une voix qui entrait dans l’oreille d’une femme comme une musique, comme le chant envoûtant d’une sirène qui exerce son emprise sur un marin recru de souffrances. Une voix qui contrastait avec celle qui était la sienne lorsque son caractère difficile exerçait sa prédominance. « Ma petite intuition, ma chère, m’indique que les vents nous seront favorables demain matin. Plus que favorables. » Peut-être en avait-il déjà trop dit, mais les pouvoirs du Néréide étaient vastes, terriblement vastes, et, dans ce milieu marin, ils étaient plus que décuplés. « La baignoire est assez vaste pour nous deux. Rejoins-moi. Laisse-moi t'étreindre : figure-toi qu’ici-même, je t’ai vu sur le pont, tu es une formidable navigatrice, ma désirée. » Ses grands yeux ambrés dardaient un désir de feu, une douce accalmie romantique dans le domaine si cruel et si sauvage de la flibuste.

Il avait bel et bien l’allure du concubin qui complimentait sa maîtresse, du putain qui aguichait sa cliente, ou, plus sordidement, de l’homme-sirène qui s’apprêtait à entraîner sa proie dans les abysses de la luxure.


Merci Tenshi !


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