Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

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Héraclès

Créature

Allez, encore une.

J'porte une énième poutre en métal qui finira sur un tas de poutres en métal pour la énième fois cette semaine. La construction d'un nouveau building lancé depuis quelques temps, j'ai été engagé à la maçonnerie pour les manipulations de force. Bizarrement j'assiste les véhicules qui sont censés prendre ma place. Mais ça va plus vite au moins, et puis, j'suis mieux payé qu'un salaire classique.

Seulement, le boulot est très binaire. Porte et pose. Porte et pose. Porte et...Bon, vous avez compris. Rien de transcendant. A ce moment, on est pas vraiment présent, nos gestes son mécaniques malgré les muscles qui travaillent. Le regard flouté, dans une sorte d'hypnose qu'on pourrait avoir quand on est au volant de sa bagnole pour rentrer chez soi. L'avantage d'être presque inépuisable, c'est de pas vivre les tourments physiques des terriens qui dégustent beaucoup, à l'usure du job. Mais comme moi, ils n'ont pas le choix.

On doit bouffer.

Dans mon état, j'regarde pas vraiment l'heure, seulement en train de broyer du noir. Pensant aux paroles de mon père biologique, qui doit être bien déçu de me voir faire ça. N'ayant aucun sens à ce que j'fais, ne compter pour personne, ne pouvoir aider personne. Du moins, pas à grande échelle. Est-ce que j'devrai m'en contenter? Hm, possible.

- Héraclès !

J'devrais pouvoir sourire alors, mais j'y arrive pas.

- Héra, merde !
- Hm ?

J'cligne des yeux à plusieurs reprises, comme pour retrouver un ancrage sur terre. Yashida mon patron de chantier qui me fait un signe de la main pour dire que c'est la fin de journée. Alors que j'suis sur mon tas de métal qui doit maintenant peser une centaine de tonnes. Une bonne journée de faite.

- J'arrive.

J'marche en trainant des pieds vers la sortie du chantier, des tapes amicales entre les collègues pour se féliciter du boulot. Le patron m'interpelle une main sur le torse.

- Héra, t'as encore oublié ton casque.
- Désolé, m'sieur, c'est pas un réflexe.
- Même si ton crâne ne risque rien, les autres c'est pas le cas. Je vais devoir prendre des dispositions sinon, et je sais que tu as besoin de ce travail.

J'le retire de mon harnais pour le foutre sur la tête, étirant un sourire timide.

- Allez, champion, demain même heure, avec ce truc sur la trogne.
- Bien compris patron.

On se dit tous aurevoir, on me propose de boire un café pour conclure cette journée, mais pas envie. J'refuse poliment pour prendre le chemin du retour. En m'envolant? Non pas cette fois, j'aimerai rester sur le plancher des vaches et marcher peinard sans prendre le risque de me prendre un oiseau par manque d'attention. Les mains dans les poches, une tenue de travail souillé par les gravas, le sable, la terre, la rouille et la peinture, sans oublier une sueur de mâle piquante pour le nez traduite par une gueule tout aussi dégueulasse, j'deviens un vrai répulsif pour les gens que j'croise sur mon trottoir. J'ai l'habitude de prendre une venelle qui est un p'tit raccourci pour aller plus vite à mon studio. Pianotant sur mon téléphone, j'fais pas trop attention ou est-ce que j'vais évidemment. De toute façon qu'est-ce qui m'attends...?

Et bien, j'm'attendais à tout, sauf ce flash blanc qui m'aveugle. J'crois même perdre connaissance dans un blackout.

Le bruit du vent me réveille alors que j'suis à ... Des centaines de mètres de haut ?! J'arrive en fendant l'air à une vitesse croissante, filant comme un boulet de canon vers le sol. Un sol qui se précise, on dirait une métropole, futuriste. Bordel, j'suis en train de rêver ?! J'vais trop vite, beaucoup trop vite, mon corps est comme paralysé parce qu'il voit, impossible d'utiliser mon don pour voler, mes yeux s'écarquillent à la vue d'un bâtiment qui grossit bien trop vite devant moi.

Merde, trop tard.

J'vois un mur, puis un sol, puis un mur, un autre sol, un bureau, des papiers, une salle de bain avant de traverser un autre mur que j'me retrouve de l'autre côté avant de voir un parc qui m'annonce le terminus.

Boom.

Dans un fracas, la collision avec le sol sonne comme un coup de tonnerre. Deuxième blackout. J'ouvre difficilement les yeux, essaie de chercher des blessures, mais rien. Juste avec encore plus de terre, de béton, de gravas sur le corps, habillé de vêtement déchiré de haut en bas. Le cratère a une circonférence d'une bonne dizaine de mètres alors que j'vois la lumière des sirènes. Montant difficilement, j'parviens à me hisser jusqu'au replat. Mais plusieurs canons seront pointés sur moi.

- Sortez de ce trou, les mains derrière la tête !

Une voix féminine. J'relève la tête, et c'est une floppée de paires de jambes, aussi sculptées les unes que les autres dans une cacophonie d'ordres qui me sont destiné, j'ai du mal à tout comprendre. En faite, j'comprends que dalle.

- Où est-ce qu'on est...

Une matraque part sur mon crâne, le métal se plie sous les regards ahurit dans cette auditoire dépourvus...D'homme ? Mais visiblement celle qui est en tête de groupe sort une pierre qui m'envoie une vague bizarre dans mon corps avant qu'un coup de cross me dévisse la tête. Les genoux au sol, des menottes dans un archétypes futuristes scellent mes bras en croix contre le torse alors que j'entends des espèces de fusils plasmiques charger devant moi. J'regarde derrière moi... Un énorme trou béant orne le building que j'viens de traverser et autour de moi, c'est un immense public apeuré qui me méprise du regard... Merde, j'ai fais du mal...? Le canon dans le creux de mon dos, on me fout dans un véhicule blindé prenant une direction encore inconnue... Mais qui n'a pas l'air commode.

***

J'essaie encore de m'approcher de la sortie de la cellule, j'reprends une autre décharge qui m'expulse contre un mur. C'est bien la première fois que j'ressens autant de douleur... Ils ont pris...

...Mes pouvoirs?

Deux gardes à l'entrée se tapent une marrade alors que mes traits se durcissent.

- Où suis-je ?
- Bienvenu à Tekhos, misérable mâle.

Tekhos... Je ne suis plus sur terre. Alors je suis seul. Comment j'ai pu finir ici ?

... Comment j'vais sortir de là..?

« Modifié: dimanche 24 janvier 2021, 17:34:16 par Héraclès »

Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 1 dimanche 24 janvier 2021, 19:07:35

Samedi ! Weekend ! Ô bonheur et félicité, que soit louée la fin de semaine ! Doux instant de repos où l'on peut rentrer chez soi, à la fin d'une journée épuisante, épuisée, et que l'on se rend compte que, le lendemain, c'est samedi, le début du weekend, le début de deux longues journées où l'on peut prendre soin de soi, traîner en pyjama toute la journée devant la télévision à manger un gros pot de Holly Scream, une divine crème glacée aux parfums des plus extravagants. Pouvoir supplier au téléphone pour avoir de la visite de sa meilleure amie, de sa petite sœur, de ses deux mamans, voire même de sa cousine ! Bref, c'était là un simple résumé de ce qui attendait la jeune et jolie tekhane qui venait juste de s'éveiller au creux de son lit, la pénombre englobant encore sa chambre, vestige de sa nuitée divinement reposante. Il était rare qu'elle ait tout son weekend à elle : tantôt elle fournissait des informations ou faisait des heures supplémentaires le premier jour, et était tant épuisée le second et dernier qu'elle le passait à dormir, écrasée quelque part, bien peu souvent son lit, dans son appartement. Non, cette fois-ci, l'aînée Mueller avait réservé tout son weekend, envoyé chier tout son boulot, parce qu'il se passait quelque chose d'important en cette fin de semaine : la venue exceptionnelle de mamie Mueller à la capitale. Il était rare que cette dernière quitte son foyer en bord de mer, loin de tout souci, chahut ou brouhaha qui était monnaie courante pour ses deux filles et ses petites-filles. Lied s'était toujours bien entendu avec elle, depuis son plus jeune âge. Après tout, elle n'avait guère hérité des dons de génie de sa mère, était une enfant simple qu'elle avait pu gâter humblement comme n'importe quelle grand-mère bienveillante. Non sans compter toute sa douceur à son égard et ses précautions concernant sa santé terrible.

Eléanor Mueller était finalement une femme ayant bien mérité sa retraite. Assignée à la partie secrétariat d'une agence de police tekhane, la dame avait eu bien du fil à retordre avec ses deux filles, chacune semblant redoubler d'effort pour créer des cheveux blancs à leur mère à coups d'éclats géniaux. La pauvre avait dû en perdre tout autant en apprenant à peu d'années d'écart que l'aînée adoptait une demoiselle de laboratoire, et que la conjointe de la cadette, quelques années plus tard, portait un enfant en son ventre. Si ses craintes furent quelque peu avérées concernant Belphégor, qui se révéla assez turbulente sur certains points, elle dut sentir au contact de la petite Lied ô combien une enfant à peu près normale pouvait être un bonheur. Profitant ainsi de sa retraite paisiblement, elle venait parfois rendre visite pour une occasion particulière que seule elle semblait connaître. Et en ces rares occasions, la jeune sénatrice se démenait toujours pour être présente, afin de pouvoir échanger longuement en sa compagnie, d'autant plus depuis qu'elle n'avait plus à faire tant de précautions avant de pouvoir venir lui embrasser ses deux joues ridées. Lied sauta hors de son lit, trépignant sur place d'impatience. Son programme était simple, avant le rendez-vous fixé à midi chez ses mères : elle avait pris un rendez-vous express avec sa coiffeuse d'ici quarante minutes, comptait filer chercher un cadeau pour sa grand-mère, et pourquoi pas faire un peu de lèche-vitrine avant de simplement filer à l'appartement ? La jeune femme courut dans son logis, situé au dernier étage d'une grande tour tekhane. Il n'y avait rien d'autre à dire pour le qualifier que deux mots : luxueux et douillet. Attrapant au vol dans son frigidaire une brique de lait, un bol dans le placard d'à côté avec ses céréales préférées, elle engloutit son petit-déjeuner avant de filer prendre une bonne douche. La demoiselle prit grand soin de choisir avec minutie ses produits : son shampoing à la fleur de thyls, , un savon aux baies de krambola, le tout lui donnant une odeur sucrée, douce et suave, alors qu'au moment où elle enroulait son corps d'ancienne mannequin dans une serviette, elle perçut la sonnerie de sa porte.


« J'arrive Meyllie, j'arrive !! »


Le temps d'enfiler un peignoir que la demoiselle vint ouvrir à une charmante dame, bien plus haute qu'elle, à la peau couleur cacaotée, mais surtout, un charmant sourire au visage qui faisait toujours fondre Lied quand elle la voyait. A peine une heure et demi plus tard, les deux femmes descendaient dans l'ascenseur ensemble, Lied ayant revêtit une de ses robes préférées, mais surtout, ayant eu sa coupe de cheveux roses rafraîchie avec une précision parfaite. Le premier arrêt de la sénatrice fut dans une pâtisserie passablement réputée dans tout Tekhos, où elle avait fait une commande très spéciale qu'elle s'empressa de récupérer, une boîte de chocolats aux fleurs comestibles, avant d'aller faire son arrêt rituel chez l'un des rares et derniers fleuristes. Cette fois-ci, elle opta pour une composition de fleurs estivales aux couleurs passant du jaune pâle jusqu'à l'orange sanguin. La dernière fois, elle avait pris un bouquet de fleurs rouges qui sentait si bon qu'elle aurait pu les manger ! Et comme tous les bouquets étaient presque à ce paroxysme, la sénatrice ne put aller faire ses emplettes ensuite, faute de quoi elle aurait été en retard. Un fait inadmissible ! Mais elle fut à l'heure, les joues roses et étirées d'un sourire devant la porte de ses mamans, puis, finalement, accrochée au cou d'Eléanor pour la saluer sans retenue.

L'après-midi de la famille Mueller fut ainsi passablement joyeuse. Feyril, la jeune sœur de Lied, dut partir en catastrophe à cause d'une urgence en fin d'après-midi, sans avoir le temps de préciser ce qui venait de se dérouler. Bah, si c'était grave, elles le verraient aux infos, mais elle pensait surtout à un manque d'effectifs. Seule dans son appartement, enroulée dans une couverture vert pâle, sur son canapé, la demoiselle regardait un film passionnée sur sa télévision en grignotant des bonbons. Une énième histoire d'un amour interdit, cette fois-ci entre une humaine ayant été transformée en vampire, qui craignait pour la vie de sa compagne. C'était un peu ridicule, mais la demoiselle se plaisait à se détendre devant une telle niaiserie. Alors que se déroulait une scène à en faire vomir n'importe qui, Lied entendit son téléphone vibrer, et s'empressa de tendre le bras sous ses multiples coussins pour l'attraper et regarder ce qu'elle venait de recevoir. Sa petite sœur lui demandait de changer de chaîne pour mettre les infos, ce qu'elle fit, et écarquilla de grands yeux en observant son écran.

« En effet, un individu de sexe masculin d'une taille anormale s'est écrasée dans le secteur centre-ouest de la cité de Tekhos Metropolis, après avoir détruit partiellement un bâtiment sur son passage. Résistant aux forces de l'ordre, celui-ci a immédiatement été maîtrisé et incarcéré à la prison Eternum. Une enquête est ouverte, et.... »

Nul temps d'écouter la suite que, cette fois, on l'appelait, et la sénatrice se retrouva avec son écran devant les yeux, mais surtout, une collègue. Elle était à peu près dans la même tenue qu'elle, soit celle d'une femme profitant enfin de son samedi soir en paix loin de la paperasse habituelle, et la lumière bleutée sur sa joue lui indiquait qu'elle aussi, venait de voir cet étrange reportage à la télévision.


« Lied, tu as dû voir les infos, n'est-ce pas ?
- Oui, en effet. C'est.... bien étrange, ma foi. Mais que me vaut un appel aussi tard ?
- Et bien je ne vais pas y aller par quatre chemins : nous avons des raisons de croire que cet homme ne vient pas de notre plan, aussi, nous aurions souhaité entamer un entretien diplomatique avec lui. Et.....
- Et comme je suis la seule qui ne risque pas de lui cracher à la gueule juste en le voyant, tu as gentiment pensé à moi, c'est ça ? »


De manière simple, Lied n'attendait pas de réponse. Elle savait qu'elle avait raison, et venait mentalement de faire une croix sur son dimanche. Et ça ne l'enchantait pas le moins du monde...

Le lendemain, donc en ce dimanche sacrifiée, Lied s'ennuyait en appuyant nonchalamment son doigt sur la vitre du véhicule qui l'emmenait à la prison Eternum, celle dont nul ne réchappe à moins d'en sortir dans un sac mortuaire. Ce n'était clairement pas ce dont elle avait envie. Elle voulait s'acheter quelques habits, bon sang ! Juste ça ! Mais voilà qu'elle se retrouvait dans ce trou austère et lugubre, escortée par une douzaine de soldates surentraînées à la manière dont l'était sa cousine. Elle aurait crû qu'elle entendrait des cris, des injures sur son passage, voire même des crachats, mais étrangement, tout le trajet se déroula calmement, sans encombre aucune. On mena la menue jeune dame vers la porte d'une cellule, qu'on ouvrit avec beaucoup de précaution, et lorsqu'elle laissa place à l'individu qu'elle renfermait, elle écarquilla ses grands yeux bleus. Elle avait adoré, enfant, les contes sur des géants, créatures gigantesques qui auraient pu la briser entre deux doigts, d'autant plus elle avec sa condition fragile. Mais ce qu'elle avait alors sous les yeux était bien réel, et elle ne doutait pas un instant qu'il aurait pu la briser en deux juste en la percutant par accident.

Cet homme était tranquille, installé sur le sol, à défaut de pouvoir s'installer sur la banquette qui aurait sans doute dû se briser sous son poids qu'elle devinait grâce aux formes courbes sous ses habits. Peu étonnant donc qu'on lui ait passé de lourdes menottes d'obsidienne, qui cerclaient ses poignets, de la taille de deux poêles. Loin de se dégonfler pour si peu, Lied s'avança et vint sur le seuil de la cellule, toquant timidement sur la porte de fer.


« Hm... Bonjour ? Je me présente, Lied Mueller, je suis sénatrice, et je suis là pour... discuter, on va dire ! Puis-je entrer ?
- Madame, vous n'avez pas à lui demander, c'est un-
- C'est mon entretien, votre boulot, il s'arrête au seuil de cette cellule, sur ce, à tout à l'heure ! »


Et elle finit d'entrer dans la cellule, et claqua la porte à sa suite. On lui avait gâché son dimanche, et elle ne comptait pas se faire en plus gâcher son pourparler par quelque soldate avec une fierté tekhane mal placée ! Même lorsqu'il était assis, Lied aurait juré qu'il était plus grand qu'elle. N'importe qui aurait été effrayé à l'idée d'être enfermé avec un titan pareil, mais le petit brin de femme aux cheveux roses s'avança, se pencha même en sa direction, avant de lui adresser une nouvelle fois la parole.


« Tout d'abord... Est-ce que vous savez au moins où est-ce que vous êtes ? A votre mine accablée, je crois deviner que ce n'était pas non plus prévu à votre programme, de vous retrouver ici, n'est-ce pas ? »


Sa mine se teinta d'une sourire compréhensif, alors que, derrière elle, la porte s'ouvrait pour lui apporter une chaise, afin qu'elle puisse s'asseoir elle aussi. A peine l'eut-elle en main qu'elle referma la porte, expressément, s'installa, et prit son visage en coupe dans ses mains, ses coudes sur ses genoux.


« Je ne suis pas là pour vous mettre la corde autour du cou, au contraire, pour écouter votre histoire et, si possible, vous aider à sortir d'ici de la meilleure des façons. Et nous avons toute la journée ! Même si je crois que vous comme moi préférerions déjeuner sous le soleil plutôt que dans ce trou humide. »

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 2 lundi 25 janvier 2021, 00:18:57

Le temps défile. Enfin, j'crois. Impossible de savoir, la pièce est dépourvu de fenêtres. Pas de rayon, pas de lumière de cet astre qui me manque horriblement. J'me perds dans le temps, sans savoir si j'dois dormir, bouffer. Pas de télé, mon téléphone est en mille morceaux depuis la collision avec le building. J'ai envie de rire, j'ai envie d'hurler, j'ai envie de sangloter. Mais non, ca sera une tête complètement impassible à toute émotion que j'dégage un maximum pour éviter de satisfaire les deux nanas armées jusqu'aux ovaires et qui gardent le battant.

L'une d'elle s'avance avec un sourire narquois.

- T'es laid.

L'autre se fend la poire. J'reste silencieux, j'ai bien compris qu'on essaie de m'énerver le plus possible. Mais avec ces menottes qui bloquent mes pouvoirs, impossible de renvoyer la pareille, et j'arrangerai pas mon cas.

- T'as perdu ta langue le mâle ?
- J'veux pas de problème.

Deuxième marrade, c'est même plus vexant à force. Juste ridicule. J'pousse seulement un soupir en guise de réponse.

- Tu vas moisir ici. Et on sera aux premières loges.

Elles se retournent toutes les deux, bras au fusil, puis se tcheck avant de reprendre leur poste. Et j'attends encore. J'me lève, tourne en rond, pose ma tête contre les murs, m'allonge, en essayant de dormir. Une gamelle, se glisse sous la porte. J'présume que si elles ont la même routine journalière ici que nous sur terre, nous sommes potentiellement en début de soirée. La bouffe a une sale gueule, presque impossible de bouffer avec ces menottes. Dans ma tête c'est les montagnes russes, essayant de chercher une alternative à tout ça. Ma parole n'a pas de valeur, on vient de me mettre en cage comme un cabot, alors comment me faire entendre ? 

J'essaie quand même de manger ce merdier. C'est infâme, mais ça remplit laborieusement le ventre, il m'en faudrait beaucoup beaucoup plus pour me rassasier. L'inconvénient du gabarit. Mon organisme tape déjà dans mes réserves, j'ai un creux dans le bide.

Et l'envie de pisser me prend. Alors j'me dis que c'est peut-être le moment d'aller les consulter. J'me relève et marche doucement dans leur direction, sans me risquer à toucher la porte qui m'enverrai une autre châtaigne.

- Excusez-moi.
- Ta gueule.
- J'ai... Envie de pisser.

Troisième marrade.

- Eh ! Les filles, z'avez entendu ? Monsieur doit faire pipi !

J'grogne. Mais pendant ce temps, trois autres gardes viennent avec un sceau, toutes armées de fusils d'assaut.

- Recules connard !

La porte s'ouvre alors qu'elles remplissent la pièce en cercle, me gardant dans leur ligne de mire. Le sceau finit devant moi alors qu'on retire mon pantalon. Un énième fou rire général, sous le regard écœuré de celle qui me déshabille. J'essaie de pas écouter ; mais j'comprends juste que visiblement le paquet trois pièces d'un homme est considéré comme la pire chose qui existe, j'me rends pas service en libérant une chaleur dont l'odeur est assez entêtante alors que j'pisse sous leurs yeux. J'ai un peu honte, mais j'garde la tête haute. j'ai peur d'aucune d'elle, et sans leurs armes et leurs technologies, j'veux bien voir ce que j'vaux entre douze cordes contre l'une d'elles. Mais ça sert à rien d'imaginer tout ça, ça n'arrivera jamais. Le sceau remplit, on remonte mon pantalon, sans bien sûr ranger mon engin pendant paresseusement alors que j'fuite le regard de côté pour m'éviter d'assister à un tel supplice aussi honteux.

Un coup de crosse dans le crâne pour me dire aurevoir sur des rires humiliant et la porte se referme. J'essaie alors de m'accrocher à quelque chose d'important dans ma vie. Mon boulot ? Non, il est pathétique.  Une fille ? Non, et les rares fois où j'en croise une soit j'm'emporte et elle finit dans un sale état, ou alors j'prends un énorme râteau.

Ma famille, alors. Mes parents adoptifs. P'pa, j'veux bien que tu m'expliques pourquoi l'équipe de football américain des Jets ont perdu le Superball cette saison. Me bassinant pendant des heures sur le mauvais lancé du quaterback lors du dernier quart temps. M'man, j'veux manger ton pain de viande dégueulasse, te dire qu'il est délicieux en me forçant à le bouffer, te servir un thé pendant que tu bouquines dans le salon avant que je regarde les étoiles et parler de constellation. Parler de mes origines.

Parler avec toi tout simplement de tout et rien.

Mes yeux se ferment là-dessus, et pour la première fois dans cette putain de cellule... Je souris.

***

Le lendemain, on tambourine à la porte avant de glisser une autre gamelle que j'bouffe sans savoir ce que c'est. Comme un animal vorace. On ouvre le vasistas, une paire d'yeux - féminine évidemment - me toise, les pommettes tirées vers le haut cachant un sourire narquois.

- C'est ça mange, gentil molosse, fais toi tout beau, t'as de la visite. Tiens toi tranquille ou on vide nos chargeurs sur toi
- Hein ?
- Tiens toi tranquille ou on vide nos chargeurs sur toi. Qu'elle insiste une nouvelle fois.
 
Comment ça j'ai de la visite ? Putain, c'est peut-être ma carte de sortie. J'm'adosse au mur, assis au sol, car le banc a couiné pas mal de fois en essayant d'y poser mes grosses cuisses dessus. J'entends du monde s'approcher du battant, et j'me dis que cette fois je vais encore déguster. Mais mon regard va devenir intrigué quant à la personne concernée venant faire cette visite.

Une jolie créature, ses cheveux me rappellent les cerisiers de Tokyo à une journée ensoleillée, en pleine saison printanière. Des prunelles azurés, presque glaciales, son corps est sculpté dans des courbes fatales pour n'importe quel mâle hétéro dans le périmètre. Moi autrement dit. J'déglutis légèrement, mais l'envie va passer en me rappelant ma situation. Merdique. D'abord avec de l'appréhension, mes traits vont s'adoucir suite au discours totalement différent de cette personne par rapport à ses semblables.

J'retrouve une douceur dans sa voix. Une voix qui donne envie de faire confiance. Polie et courtoise. J'prends alors une voix assez faible, dont le roulement dans mon torse était tout de même nettement plus bruyant que mon vis-à-vis. 

- Enchanté, Héraclès. Oui bien sûr, entrez.

Elle envoie chier l'une des gardes et j'me dis qu'enfin le karma existe. Et aussi, qu'elles ne sont pas toutes pareilles dans le coin. Rassurant. J'garde un regard dur, mais assez épuisé dans sa direction alors qu'elle s'approche, des fragrances s'émanent d'elle, et j'dois avouer que ça détonne sur ce miasme odorant qui règne ici depuis mon incarcération. Et comme si elle savait déjà tout sur moi, j'suis touché par son empathie. J'étire un petit silence pour trouver mes mots avant d'étirer un sourire timide pour l'assurer de la volonté que j'ai à vouloir coopérer.

- Non pas du tout. Je n'ai aucune foutue idée de où est-ce que j'suis. Vous pouvez me dire ? Je vous assure, c'est un effroyable malentendu.

Son sourire attendrit naturellement mon visage. Mais pas ma prudence, j'suis pas à l'abri d'un vicieux piège. Une chaise arrive pour qu'elle puisse s'installer et reprend notre conversation là où elle l'a laissé. J'pousse un soupir presque soulagé, maintenant que j'sais que quelqu'un veut enfin écouter ce qui m'arrive plutôt que de rigoler stupidement en me balançant des coups de crosse juste pour le plaisir. Mes épaules se relâchent, comme un pseudo délivrance, maintenant que j'sais qu'on peut me sortir de là. Va falloir tout miser sur elle. J'incline la tête alors, répondant par l'affirmatif à sa proposition.

- Je... J'venais de terminer mon boulot. J'suis dans une équipe de maçonnerie, on construit des immeubles. Sur le chemin du retour pour aller chez moi, un énorme flash lumineux m'aveugle. Puis le noir total. Avant que je me réveille à plusieurs centaines de mètres de haut, dans le ciel, à foncer droit dans votre ville et ce... Building.

Mon visage devient légèrement inquiet.

- Dites moi que je n'ai tué personne lors de mon crash... J'veux faire de mal à personne. Je vous promets qu'en aucun cas j'ai cherché à vouloir venir ici. Je veux juste rentrer chez moi.

Ma mâchoire ce serre alors que mes pupilles vacillent dans cet océan dans lequel je me noie, cherchant une once d'espoir, tout en appuyant ce regard pour lui faire comprendre par mes traits que c'est la triste et pure vérité.

Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 3 lundi 25 janvier 2021, 10:16:27

La suspicion était de mise, dans cette cellule de l'aile nord de la prison, venant aussi bien de l'homme qui craignait pour son devenir que de la femme qui avait l'impression de s'être mal réveillée. La seule chose dont elle était parfaitement certaine était qu'il s'agissait d'un étranger à Tekhos. Certes, elle avait autorisé bien des choses au sein de la capitale, puis étendu certaines sur tout le territoire. Le travail masculin n'était pas interdit, mais restait quelque chose de passablement rare, et ce, même pour les basses besognes. Lied ne l'interrompit pas un instant alors qu'il racontait brièvement ce qui lui était arrivé, quand bien même elle ne comprenait pas tout, quand bien même elle cherchait à mettre bout à bout tout élément qui pourrait l'aider à faire la lumière sur toute cette affaire. Elle se devait de lui demander de préciser, parvenir à déterminer si, petit un, il ne se jouait pas d'elle, et petit deux, s'il ne venait pas d'un territoire limitrophe qui risquait ainsi de poser des soucis si l'on traitait mal un de leurs citoyens. Elle avait en mémoire combien des régions comme celle d'Ashnard étaient à prendre avec des pincettes dès que la moindre tension se faisait sentir, ou qu'il était en question la détention d'un personnage important. Alors quand elle posait les yeux sur cet homme à la mine fatiguée, la face sale et les habits poussiéreux, elle n'osait imaginer ce qui pourrait se passer si elle découvrait qu'il avait quelque importance en ces lieux et méritait un traitement plus digne que ce qu'elle cherchait à lui offrir.
 
Ce qui lui coupa l'herbe sous le pied fut sa panique quand il mentionna le building à moitié écroulé qu'il avait semble-t-il traversé comme un couteau dans du beurre. Et à cet instant, Lied fronça les sourcils, soucieuse. Elle voyait son état, sa détresse, cette étincelle de culpabilité dans ses yeux bruns qui lui indiquait combien il avait besoin de savoir qu'il n'avait mis en danger la vie de personne. C'était tout à son honneur de s'enquérir de ses dégâts. Le problème était que, face à lui, toute la gestuelle de la sénatrice, surtout son visage contrarié, témoignait du fait qu'elle... n'en avait aucune foutue idée. Sa collègue l'avait appelée tard la veille, elle avait ragé un certain temps de combien tout le monde lui tapait sur le système avant d'aller se coucher, et était partie passablement tôt afin d'arriver de bonne heure dans ce trou à rats. Lied lâcha donc un soupir et appuya ses mains sur son front en secouant doucement la tête.


« Pour tout avouer, je n'en ai pas la moindre idée. Des blessés, je sais qu'il y en a. Pas mal, même. Mais je n'ai pas eu la moindre information concernant des morts, et surtout, je n'ai pas eu l'occasion d'en demander. Mais.... Oh, je vais demander, justement. »


C'était un éclair de génie venant de sa part, alors qu'elle se relevait, retournait à la porte, faisant dos à ce pauvre Héraclès ravagé par l'inquiétude, pour taper de son petit poing sur la porte métallique. On vint lui ouvrir, pensant qu'elle en avait fini ou assez, mais la seule chose que demanda Lied fut qu'on lui apporte son téléphone. Immédiatement. On lui déblatéra le discours habituel, à base de « dangereux » ou « pas autorisé », ce à quoi elle répondit avec un grand sourire qu'actuellement, c'était elle, la figure d'autorité. Elle aurait presque juré voir, du coin de l'oeil, un sourire narquois étirer le visage du captif dans son dos, un autre indicateur pour la jeune femme, qui lui indiqua qu'elle devait sortir mais ne tarderait pas à revenir, juste le temps de discuter avec quelqu'un. Une soldate lui apporta son téléphone, et la guida au bout du couloir, là où elles seraient sûres que personne n'écouterait ce qu'elle avait à dire, et qu'on puisse la surveiller. Sénatrice oui, autorité oui, mais elle restait dans un lieu hautement sécurisé où la rigueur était de mise. Lied contacta alors une personne avec qui elle discutait plutôt souvent, dont le numéro était enregistré en favoris, juste au dessous de celui de ses deux mères, de sa cousine, et de Sylphe : Feyril Mueller. Et pour quiconque n'avait vu à qui elle passait un coup de fil ou pensait la jolie sénatrice fille unique, la discussion pouvait semblait comique.


« Coucou mon petit chat !
- Ooooooh Lied ! Qu'est-ce qui se passe ? Je te manque déjà ?
- T'es mignonne ma puce. On s'est vues hier. J'ai besoin de toi.
- Que puis-je faire pour la merveilleuse sénatrice Mueller ?
- Et bien je voudrais le rapport sur l'incident hier, celui concernant...
- Ouah, celui avec le mâle qui a explosé le building ?! C'est toi qui t'en occupes ? Mais c'est trop bien ! Il est comment ? De ce que j'ai aperçu il est giga grand putain ! Un vrai bâtiment à lui tout seul ! C'est fou ! Il a fait un putain de trou, c'est dingue que tout ne se soit pas écroulé, ahah !
- Feyril.....
- Ah ! Pardon, pardon ! Oui oui alors.... Euh.... Ah non tombe pas ! Alors alors. On a soixante deux blessés dont douze sont en soins avancés. Aucun en soins intensifs. Pas de mort. On a crû en avoir une, sous un tas de gravas, mais on sait pas comment, elle dormait !
- Parfait, merci mon petit champignon.
- Et tu me raconteras, hein ? Heeeeeeeeiiiiiiiiiin ? Teuplait Lied, teuplait teuplait !
- Oui oui ! Allez je te laisse, il attend, le pauvre. S'il n'est pas déjà mort d'appréhension. A plus tard Feyril. »


Rendant son petit appareil à celle qui allait pouvoir retourner le ranger dans le casier qui contenait ses affaires à l'entrée, Lied ne put s'empêcher de remarquer quelques rougeurs et un regard levé vers le plafond de la soldate, comme si elle venait de surprendre un appel entre deux conjointes, ce qui lui arracha un gloussement amusé. Elle faisait parfois cet effet aux autres, et lorsque que cela concernait le corps militaire, elle ne pouvait s'empêcher de penser à Sylphe, sa douce Sylphe, qui rougissait comme une tomate et montait dans les aigus quand elle commençait à dire que ses collègues devraient avoir honte, de reluquer une dame telle qu'elle ! Adorable jeune femme. De retour à la cellule, reprenant place sur sa chaise, si Héraclès ne se détendait pour l'instant point, Lied, elle, était sereine, un léger sourire sur le visage, alors qu'elle s'asseyait en croisant les jambes.


« J'espère ne pas avoir été trop longue. J'ai contacté ma sœur, qui travaille pour les services médicaux : elle m'a indiqué que même s'il y avait une soixantaine de blessés, aucune tekhane n'est décédée dans cet incident. Et cela allège considérablement votre dossier, en plus. Alors vous pouvez cesser d'être tendu comme un arc, ça va aller. »


La sénatrice se racla la gorge, alors qu'elle anticipait déjà la suite de ses questions. Autant commencer par le moins dangereux, il lui fallait remplir un dossier, et pour cela, il fallait des informations simples : prénom, nom, âge, date de naissance, recueillir ses empreintes et un cheveu. Ne restaient sur le document presque rempli que les informations sensibles, qui pouvaient être cruciales pour la libération de cet individu. Il allait lui falloir la jouer fine pour les recueillir, potentiellement les fausser, et surtout, les obtenir sans que d'autres ne les obtiennent, comme celles qui veillaient à l'entrée de la cellule et dont les oreilles traînaient. Il lui fallait une bonne excuse... Excuse qu'elle trouva en se rappelant ce maigre détail que son sourire moqueur quand elle s'adressait aux gardiennes. Sans perdre un instant, la jeune femme s'approcha, et le prévint de ne pas bouger, juste de la laisser faire. Peut-être était-elle trop sûre d'elle, mais en tout cas, elle se pencha au dessus de lui, se moquant de la sympathique vue qu'elle lui offrait, tandis qu'elle écartait des mèches de cheveux épais jusqu'à la trouver, là, cette vilaine bosse à l'arrière du crâne. C'était monnaie courante d'envoyer dans les vapes les prisonniers pour qu'ils la ferment durant la nuit. Et une excuse parfaite pour qu'ils aient enfin un réel entretien en tête à tête.

 
« Oh mais, Héraclès, vous êtes blessé ! C'est étrangement localisé, alors que vous avez fait un gros trou en vous écrasant ! Allez, venez, on va aller à l'infirmerie soigner ça. Mesdames, ouvrez cette porte, je vais m'en occuper moi-même. »


Visiblement, cette injonction ne plaisait que peu aux gardiennes, mais il suffit à la demoiselle de glisser qu'elles avaient intérêt à la fermer si elles ne voulaient pas un rapport dans leur dossier de recommandation quand elles auraient mystérieusement perdu leur emploi pour faute sur détenu pour pouvoir faire sortir le colosse de sa cellule. Si à son entrée les prisonniers étaient plutôt sage, voir le petit nouveau marcher derrière la forme menue d'une tekhane les fit réagir avec bruit. De manière surprenante, les jurons et moqueries étaient destinés à celui qui la suivait docilement, un gentil gros toutou, un suceur de lesbienne, putain sans couilles, et tout un lot de mots tout aussi fleuris. Autant dire que la marche se fit hâtivement jusqu'à la porte blanche qui menait à la salle propre et aussi stérile que possible que celle de l'infirmerie, où Lied claqua la porte de ses maigres forces pour signifier combien elle refusait qu'on vienne.


« Pfiou ! Enfin un peu d'intimité, là-dedans ! »


Elle rayonnait de soulagement, et sous la lumière blanche de la pièce, elle se sentait plus à l'aise, ne paraissait plus autant fatiguée, et savait pertinemment qu'il était ainsi plus aisé de la jauger. Quand bien même la jeune femme s'était levée tôt, était partie de manière précipitée, il n'empêchait qu'elle avait pris le temps de prendre soin de son apparence. Après tout, la première image que son interlocuteur se ferait d'elle était celle qui prédominerait dans l'entretien, et elle avait semble-t-il réussi son coup. Tandis qu'elle lui indiquait un lit au cadrant de métal, dont elle ne doutait alors aucunement de la solidité, elle sortit les quelques désinfectants qui lui serviraient à le soigner ainsi que de quoi nettoyer de prime abord la plaie. S'approchant tranquillement, elle lui demanda de baisser la tête pour qu'elle puisse s'occuper de lui, toute joyeuse qu'elle était.


« Même si je suis politicienne, croyez-moi, je sais très bien m'y faire en premiers soins. C'a été prédominant dans ma vie, vital même. Sans parler du métier de ma jeune sœur. Bon, vous vous en doutez, si je fais ça, c'est surtout que je ne veux pas que quiconque entende ce qui va se dire dans cette pièce. »


Lied reposa son coton rougi sur la petite table à côté et prit place en face du géant, toujours aussi à l'aise, mais cette fois-ci, le visage plus sérieux que jamais, une pointe de tension se lisant dans les plis de sa peau douce.


« On n'envoie pas une sénatrice en prison comme ça, vous savez ? A Tekhos, les sénatrices sont la figure du gouvernement, celles qui font les lois. Les femmes cherchent à se débarrasser de tous les hommes sur le territoire, ils n'ont quasiment aucun droit. Si je suis autant surveillée, c'est parce que je suis l'initiatrice de nombreuses lois pour la protection des tekhans. Ce n'est donc guère étonnant de me trouver ici. Mais ma question va être très simple : vous venez d'où ? »


Alors qu'il ouvrait la bouche, elle lui fit signe de se taire, son doigt fin contre ses lèvres charnues, se penchant en sa direction pour parler tout bas, l'invitant à en faire de même.


« Terra ? Ou... Terre ? Ville ? C'est très important, personne ne doit savoir pour l'existence de la Terre. Personne ! »


Et ce qui devait arriver arriva : il opina du chef, et la sénatrice soupira fortement. Il était plus que dans la panade, et même si elle écrivait dans son dossier qu'il s'était perdu depuis une région où l'on pratiquait la magie, avec sa taille, ses capacités, et ce qui pendouillait entre ses cuisses, jamais elle ne parviendrait à le faire autoriser en ville le temps de trouver un moyen de le faire rentrer chez lui ! Il fallait malgré tout procéder par étapes, dont la première consistait à le faire sortir de lui, puis admettre en sursis à Tekhos, et ensuite, aviser.

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 4 mardi 26 janvier 2021, 00:39:58

La question résonne encore dans ma tête. Depuis que j'suis terré dans ce trou, j'ai fait le film des centaines de fois dans ma tête. Des cris, des supplications, des sanglots sur le corps de femmes tués pendant l'accident. Tout un chaos à cause de moi. J'pouvais presque les entendre, les voir, m'arrachant frisson sur frisson, essayant tout de même de me rassurer que leur technologie puisse faire quelque chose.

Un silence s'allonge alors que j'entends son soupir, le regard un peu paumé. J'm'attendais à la pire mauvaise nouvelle, évidemment. Mais je n'aurais qu'un simple manque d'information. Mais elle va vite y remédier. Mes yeux vont la suivre, glissant vers le bas pour constater ses hanches rouler au pas de ses talons avant de me ressaisir. J'reste vraiment sidéré sur sa capacité à entrer et sortir d'ici comme un moulin. J'ai bien l'impression que nous somme dans un centre de détention hyper sécurisé pourtant.

La porte claque, libérant un son électrique désignant son verrouillage. Blindé, sans doute. Qui devrait pas me résister quand même avec mes pouvoirs. J'suis étonné de pas souffrir de claustrophobie, puisque c'est la première fois que j'me retrouve enfermé dans une pièce. Une gardienne va venir encore une fois m'emmerder, comme pour me rappeler ou étouffer tous mes espoirs d'un claquement de doigts.

- Elle est belle, hein.

Question piège, ne pas répondre. Elle ricane avec un sourire sadique.

- C'est la toute la différence entre nous, méprisable créature. Les femmes sont supérieures dans tout les niveaux. Vous êtes des engeances ratées.

J'baille, daignant paresseusement à l'écouter. Et aussi parce que, ouais, j'suis quand même crevé. Une fatigue que j'connaissais pas avant aujourd'hui. Étrange, l'impression d'avoir mon corps tourner au ralentit, faible. J'ai une douleur dans le crâne, j'ai mal aux yeux quand on allume la lumière de la cellule. Des espèces de courbatures sur tout le corps. Pour en revenir à la donzelle qui crache comme une chatte de gouttière, elle se retourne en grognant, reprenant sa garde. Et finalement, j'suis pris de pitié pour elle. C'est vrai, d'avoir un regard aussi biaisé sur la dignité et l'égalité des sexes. J'me demande ce que les hommes ont pu faire dans leur société pour mériter un tel traitement.

Une histoire qui ne me concerne pas, et qui me concerne quand même par la force des choses.

Pas le temps de réfléchir si cette situation était écrite pour que ça m'arrive que ma sauveuse revient dans la pièce. Et j'ai enfin le topo, mon visage se déforme par l'inquiétude, puis par la colère, ensuite la culpabilité, avant quand même de relâcher les épaules quand j'apprends n'avoir tué personne. Un soupir traduit mon soulagement.  D'autant plus quand je sais que ça va pas me pénaliser dans mon dossier. Parce que ouais, j'ai un dossier.

- Ravi de savoir que personne n'est mort par ma faute. En espérant que les blessés puissent se rétablir au plus vite.

Mon visage finit dans le creux de mes mains pour faire chuter la pression et essayant de garder un minimum de lucidité pour la suite. Mais avant que ma curiosité prenne le dessus, elle me coupe l'herbe sous le pied pour la suite des évènements. Monter ce foutu dossier. Mais alors que dans ses yeux j'y décèle un éclair de génie, elle s'approche de moi, dans un geste silencieux qui m'intime à rester immobile avant qu'elle ne se penche dans ma direction. Mon regard glisse de nouveau, tombant sur un buste charnu qui plonge vertigineusement, m'arrachant une déglutition de gêne. Ses dextres plongent dans ma crinière, glissant dans ma chevelure comme d'une caresse à l'instar des plus douces plumes, avant de m'arracher une grimace quand j'sens une douleur à l'arrière de ma caboche.

Elle s'exclame et allez savoir, j'ai l'impression que ça cache quelque chose. Un prétexte pour se barrer ? Silencieusement j'accepte, parce que, bien sûr que j'veux me tirer de cette cellule, même pour cinq minutes et un bisou magique qui résoudra rien. Le plus étrange c'est qu'elle veuille s'en occuper elle-même. Alors qu'elle a l'air assez importante pour envoyer des larbins à sa place. De toute manière, elle est la seule qui m'inspire confiance. Et elle va encore me prouver l'étendue de ses pouvoirs en remballant vite fait bien fait les gardiennes avec des promesses bien intimidantes pour leur carrière. On me dévisage comme la plus pitoyable des bestioles avant de ravaler leur haine plus tard.

Dehors, enfin, pas vraiment. Mais c'est quand même le pied de sortir d'ici. Mais c'était sans savoir la jungle qui m'attend. Les personnes incarcérées m'accueillent comme il se doit, des voix que j'vais vite oublier pour me concentrer sur mon nouveau guide. On traîne pas longtemps avant de trouver le battant qui me sort de ce boucan rempli de jolis mots rien que pour mes oreilles. Une salle bien plus accueillante, même si les menottes aux poignets commencent doucement à me gonfler. Mais rien à faire, et pourtant j'ai de la réserve dans les bras. Normalement. J'soupir en fermant les yeux. Avant de réaliser que, oui, on est que tous les deux. Dans la pièce, elle, moi, nous. La bavure.

Finalement, j'suis très content de les avoir, ces menottes.

- Ouais, on est tranquille. Merci beaucoup. Que j'termine en gardant mes images tordues pour moi.

J'suis ses directives en allant vers le lit pour m'y assoir avant de croiser un miroir au mur. Au pied, une balance. Mais dans ce reflet, j'me suis presque pas reconnu. Recouvert de poussière, de crasses, ma veste de travail remplit de poches en lambeau, mon pantalon de travail déchiré et parsemé de trous. Mes lèvres sont gercées, j'ai des cernes, j'ai vraiment une sale gueule. J'comprends maintenant quand on vient me dire que j'suis laid. J'essaie d'oublier ça et profiter de ce matelas qui me fait enfin un bel accueil. Elle revient, aussi solaire que l'été pour venir me... Soigner ?

Le flou s'estompe, j'comprends enfin qu'elle n'est pas la moitié d'un gland, pire, elle est même décisionnaire de pas mal de chose dans cette société. Appuyant encore plus l'incroyable chance que j'ai de l'avoir à mes "côtés". Un sourcil intrigué quand elle témoigne implicitement de problèmes de santé, j'reste silencieux pour éviter d'être trop envahissant. La tête baissée, j'grogne à ce traitement si singulier pour moi. La besogne terminée elle se met en face m'indiquant que ce petit traitement si attachant était terminé pour quelque chose de bien plus grave.

Mon putain d'avenir ici.

D'abord silencieusement, j'admets de provenir de la terre. Ensuite j'comprends que Tekhos n'est pas au courant de son existence et pour conclure, effectivement si elles sont aussi avide de vouloir les hommes disparaître, autant bien fermer sa mouille comme il faut. Et cette nana, est définitivement mon dernier bouclier si j'en crois ce qu'elle a fait. C'est noble. Admirable. D'être seule contre cette éthique macabre, et se battre quand même. Restant discret, j'me rapproche dans sa direction pour chuchoter ma vérité , j'pourrais presque l'embrasser.

- Terre, Japon. Seikusu. Sinon...

Cette révélation pourrait peut-être me sortir de là.

- Vous avez remarquez que mes capacités sont pas vraiment ... Humaines. J'suis arrivé sur... Vous savez, à l'âge d'un an. Mais j'viens d'une autre planète. Elle a explosé il y a maintenant 20 ans. Galaxie andromède, un vieux système solaire, les débris tournent encore en orbite. Je suis finalement... Une créature errante, sans aucun de mes semblables de vivant. Seul.

J'baisse la tête, légèrement mélancolique. Mais au moins c'était clair, j'suis issue d'une civilisation disparue; sans armée, sans politique, sans volonté de conquête. Rien qui pourrait me rendre dangereux diplomatiquement.

Espérons que ça change la donne.

Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 5 lundi 01 février 2021, 19:01:10

Dans cette salle blanche et épurée, les yeux bleus de Lied semblaient presque être deux billes rondes de verre teinté, aux reflets glacés et pourtant si doux, si délicats, la lumière blanche se reflétant à l'intérieur pour y faire apparaître des éclats plus clairs ou plus colorés encore. Ses prunelles écarquillés, recouvertes rapidement par ses paupières clignotantes, elle ne put retenir un profond soupir alors qu'elle se prenait la tête et la secouait. Sa chevelure en exalta le parfum de son shampoing et celui de son flacon de Chasse Nocturne qu'elle aimait mettre de temps en temps. Elle restait après tout, en toute circonstance, une femme dont l'apparence prévalait sur sa personnalité, et quoi qu'il puisse arriver, qu'importe le lieu, elle se devait d'être parfaite. Sa main délicate reprit l'écran sur lequel elle remplissait le formulaire pour le poser à son côté, juste le temps de reprendre ses esprits, et surtout, expliquer à ce pauvre homme en quoi ce n'était clairement pas une bonne nouvelle, et qu'il avait tout intérêt à être aussi patient que discret.


« Ce n'est pas un problème de crainte diplomatique, ni d'attaque, c'est... Raaaaaah c'est bien pire bon sang ! Je vous laisse imaginer : un individu unique d'une espèce disparue déboule dans une société ultra-technologique où les découvertes sont les denrées les plus rares. Qu'est-ce qu'il se passe ? »


Sur le coup, il resta coi, comme court-circuité par ce qu'elle commençait à lui expliquer. C'était somme toute compréhensible, mais il fallait au plus vite le faire réagir afin qu'il imprime convenablement sa situation : catastrophique. La jeune sénatrice lui montra alors le statut qui serait le sien, prenant comme appui sa petite tablette où figurait à présent un nouveau document, avec pour titre « Transfert de créature pour identification ». Si déjà le titre semblait peu aguicheur, les paroles de Lied avaient de quoi jeter un froid polaire dans la pièce et coller des cauchemars à n'importe quelle personne dotée d'un gramme de jugeote.


« Ce qu'il se passe, c'est que toute sénatrice tekhane remplirait dans la ligne spécimen votre prénom, les informations qu'elle vous arrache sur votre provenance, et vous envoie pour tests en batterie puis dissection auprès du centre de recherche tekhan. Pour faire court : vous êtes encore bien plus embourbé que ce que vous pensiez. On va faire avec, hein ? »


Se massant l'arrête du nez, Lied se releva et vint s'asseoir à côté du colosse, afin de lui montrer ce qu'elle comptait remplir, et surtout, pourquoi elle le faisait. Tout d'abord, elle referma le dit-formulaire de transfert, et repassa sur celui classique où elle venait tout juste de remplir qu'il provenait d'Ashnard. Comme il ne pouvait savoir ce dont il s'agissait, elle lui expliqua tout simplement qu'il s'agissait d'un état voisin où la magie était plutôt courante. Et donc, ligne suivante, qu'il avait simplement été victime d'un sort de téléportation qui avait mal tourné, s'était retrouvé dans le territoire aérien de Tekhos, et patatra. Les tekhanes ne connaissaient que peu la mgie, Lied y compris, elles ne pouvaient guère l'expliquer, en déceler les traces, et donc acceptaient plutôt facilement quand il en était question qu'il ne fallait pas s'y attarder pour pouvoir progresser. C'était dans ces moments que la demoiselle était relativement contente d'avoir voyagé juste assez pour découvrir les portails de magie et quelques sorts en compagnie d'un bon utilisateur. Peu importaient alors les potentielles protestations d'Héraclès, Lied acta qu'il était un citoyen d'Ashnard actuellement en incapacité de retourner d'où il venait, mais qu'en tant que victime d'un sort, il fallait au moins lui octroyer le droit de résider sur le territoire. Et elle fit tranquillement sa demande, tout en envoyant en sus un petit message à sa camarade qui avait l'habitude de recevoir des demandes saugrenues de sa part, mais de celles-ci, tellement rarement qu'elle l'imaginait déjà hurlante dans son bureau.

Alors qu'elle venait juste d'appuyer sur le bouton d'envoi, la poignée s'actionna, et aussitôt la sénatrice était debout, au devant d'Héraclès, fixant alors les trois gardiennes qui venaient demander comment cela se passait, car le temps réglementaire était écoulé. Lied grogna, claqua du pied sur le sol en disant qu'elle avait presque fini, qu'elles n'avaient qu'à garder cette foutue porte ouverte si ça leur chantait, et vint simplement terminer les soins abandonnés depuis longtemps avec un dernier spray cicatrisant pour sortir de la pièce. Elle ne pouvait se permettre de le toucher au devant des gardiennes, quand bien même, en une autre situation, elle ne se serait guère privée de lui saisir autant que se peut la main pour qu'il la suive. Là, il devait juste comprendre comme un chien, ce qui n'était pas très agréable, mais telles étaient les règles de ces lieux. De retour dans la cellule, non sans avoir essuyé une fois de plus les commentaires des autres pensionnaires, Lied voyait bien que l'on commençait à l'épier plus sérieusement, car la fin de son rendez-vous approchait. Il ne lui restait plus grand chose à faire, de toute façon. Juste terminer en expliquant la suite du programme.


« Je n'ai pas tous les droits ici. Je vais devoir m'en aller d'ici moins de cinq minutes. Et je ne vais pas revenir. De toute façon, les choses vont se passer comme suit : d'ici demain ou après-demain, un convoi de l'armée viendra vous chercher pour vous relâcher sur le territoire tekhan, Moi, de mon côté, je vais me taper de la paperasse pour finir la permission de résider sur le territoire. Ca demande à ce que je me porte garante, et donc, que je ne vous lâche pas d'une semelle jusqu'à votre départ. La suite, je vous l'expliquerai.... une fois sur place.
- Mademoiselle Mueller, nous devons vous ramenez à la sortie.
- D'accord, d'accord, ça marche. Portez-vous aussi bien que possible Héraclès, et à bientôt j'espère. »


Pour le déjeuner au soleil, au final, ce ne serait pas possible. Et à vrai dire, elle en avait fortement douté dès le début. Mais à présent, au lieu de lui faire miroiter une possibilité que ni lui ni elle ne savaient possible, là, elle venait juste de lui prouver qu'il avait une porte de sortie, et qu'elle comptait bien faire en sorte que cette dernière s'ouvre, quitte à se retrouver en sa compagnie pour une durée indéterminée et à travailler à distance. Heureusement qu'il ignorait tout de ce qu'elle allait avoir à faire pour la suite. La jeune femme appela sur le trajet du retour pour réserver une table, seule, dans son restaurant préféré, jugeant qu'elle méritait bien ce petit plaisir après avoir été dans un lieu pareil, entourée d'êtres qui ne méritaient, pour la plupart, pas d'exister. Quand son dessert lui fut servi, une mousse vanillée et une crème chocolat avec divers fruits travaillés, elle envoya quelques messages à sa douce Sylphe, toute souriante avec sa cuillère en bouche. Elle était bien la seule en qui elle avait confiance pour la sortie de son nouveau protégé de la prison, puisque sinon, elle craignait qu'on ne l'exécute dès qu'il aurait mis un pied hors de la prison, quittant son enceinte et donc sa protection. Bien sûr, son amie de toujours grogna, refusa de prime abord, puis reconnut qu'elle avait raison de placer cette confiance en elle, quand bien même cela ne l'enchantait pas de devoir jouer la protectrice d'un homme. Pourtant, elle finit par accepter, ajoutant qu'elle attendrait d'avoir l'approbation pour son ordre de mission, et termina l'échange sur un mot doux qui fit rougir la sénatrice. Quelle chance elle avait d'avoir une meilleure amie aussi douce et charmante qu'elle !

Comme annoncé par Lied, deux jours plus tard, l'on vint chercher le titan dans sa cellule, non sans une claire marque de mépris, lui annonçant que sa requête de libération avait été acceptée et qu'une troupe l'attendait au dehors pour le ramener vers la civilisation tekhane auprès de sa nouvelle garante. Evidemment, tout le blabla habituel : qu'il devrait s'estimer chanceux, qu'il ne le méritait pas, qu'il avait intérêt à bien se tenir, ainsi de suite. De toute façon, il fut sorti de sa cellule, emmené au dehors de ce couloir qu'il avait observé durant ces derniers jours, jusqu'à une pièce proche de la sortie. Pour épargner le nez des soldates qui attendaient, il fut autorisé à utiliser une douche pour se nettoyer, même s'il ne fallait pas trop en demander en espérant avoir des vêtements propres. Et finalement, il fut emmené dehors, pouvant enfin réellement découvrir l'endroit. Une immense terre plane désertique, mais surtout, une dizaine de femmes armées l'attendaient devant trois véhicules clairement blindés. Aucune ne portait les yeux sur lui, occupées à monter la garde, jusqu'à ce que l'une pointe des yeux verts perçants sur lui. Ce n'était ni la plus grande, ni la plus musclée, mais c'était sans doute celle avec l'attirail le plus intimidant. Et surtout, celle qui s'avança enfin vers son voyageur, faisant un salut militaire aux gardiennes avant de décliner son identité.


« Sergent Adery, je suis ici pour escorter cet individu vers sa destination, par décision de la sénatrice Mueller. Celle-ci se porte garante de sa présence sur le territoire de Tekhos. »


Tout un palabre de paroles polies et réglementaires, au bout desquelles la sergent empoigna son paquet pour l'amener vers le véhicule, le sommant sans délicatesse de rentrer à l'intérieur. A peine eut-il posé ses deux pieds dans l'habitacle que le véhicule démarrait et faisait demi-tour, pour l'emmener là où il devait l'être. S'il espérait parler, la femme aux yeux verts qui le toisait ne semblait pas être de son avis, l'inspectant de haut en bas. Ce n'est qu'après une demi-heure qu'elle prit enfin la parole dans un souffle.


« Pourquoi je me retrouve à transporter un truc comme toi pour Lied, franchement... Je l'adore mais putain ! Tu sais que tu nous fous grave dans la merde ? Tch j'vous jure, ces mecs, tous des incapables.... »


On aurait presque pu l'entendre baragouiner des menaces s'il touchait à un seul cheveu de Lied, ou combien il allait adorer la plus âgée des enfants de la famille de celle-ci. Somme toute, il était évident qu'elle n'agissait pas de bon cœur, mais elle faisait des efforts, allant même jusqu'à venir lui retirer les lourdes menottes de ses poignets pour lui tendre une main déjà marquée par un travail ardu.


« Sylphe. Je te souhaite de vite rentrer chez toi. »

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 6 vendredi 05 février 2021, 21:06:00

J'cligne des yeux.

Bêtement.

Pendant quelques secondes.

Juste pour intégrer la seule éventualité qui sonne comme une évidence maintenant. "Qu'est-ce qu'il se passe ?" Ouais, on va me découper pour comprendre ce qu'il m'arrive. Quelque chose qui me faisait pas vraiment peur avant que je ne découvre l'obsidienne et ses capacités à me rendre totalement mortel.

- Bordel... J'suis désolé. Mais au moins vous savez désormais.

Une façon de dire que j'ai été au moins totalement transparent avec elle et qui prouverait peut-être ma totale confiance en elle. Finalement elle dégaine sa tablette pour me montrer grosso modo ce qu'il faut remplir pour tenter une manœuvre. Mon silence était entier, mais mes sens étaient en ébullitions. Attentive à la douce voix de ses explications comme concentrer sur l'interface d'affichage pour imbriquer le truc correctement. Une couverture me permettant de pouvoir séjourner sans finir en morceaux entre quelques coups de scalpel. Seul problème...

- J'connais pas Ashnard, j'vais devoir être crédible.

Ou alors fermer sa gueule en disant simplement oui de la tête à tout ce qu'on peut me dire sur le sujet. On peut vite me prendre pour un débile qui y'en a juste dans les bras alors que j'suis sorti de mon cursus scolaire avec une mention. Une mention qui ne m'aide pas plus à avoir un job sur la durée toutefois... A la fin de ses communications, la poignée grince et j'fis semblant de baisser les yeux comme un condamnée alors qu'elle se redresse, essayant de rendre ça illusoire au possible. Ca a l'air de marcher, appuyé par la fin des soins de ma comparse qui m'arrache un grognement sur son traitement à distance.

Il fallait maintenant se casser, ces gardiennes vont me coller au cul comme une crotte sous la godasse d'un chasseur. Non sans les plaintes de la Sénatrice qui même elle a l'air de trouver leur attitude comme exagérée. De mon côté, faut dire que ses soins sont efficaces, j'ai presque plus mal au crâne, ou alors quelques vestiges de ce coup de crosse bien placé.

Voilà que j'me retrouve dans ce trou. Eh, ouais, bien sûr que cet endroit pas manqué. Me retournant dans sa direction, j'opine du chef face à la suite du plan. Ils vont mettre un sale dispositif, écrasant n'importe quel once d'espoir. Mais, avec Mueller en baby-sitter, j'devrais pouvoir être tranquille. Presque triste de la voir partir, je lui offre tout de même mon regard reconnaissant pour tout ses efforts. Un pauvre inconnu qu'elle aurait pu très bien laisser crever.

- Vous aussi madame la sénatrice, merci encore.

Ainsi se fixe les limites de son pouvoir, l'heure était maintenant de partir, me retrouvant seul face à moi-même, du moins, pas complètement. Je la regarde quitter la cellule, et le verrou sonne son départ dans un fracas de métal qui m'en arrache un long soupir de lassitude. M'affalant contre le mur, une gardienne revient à la charge en tapant le battant métallique avec un objet contondant, sans doute une matraque.

- Vous avez fais quoi à l'intérieur ? A cause de toi la salle pue le fauve ahahaha !

Ca y est elle m'énerve.

- Je l'ai pris.

Silence.

- ... Répètes ça, connard ?
- Grrr, ouais, comme t'es pas foutue de croire qu'elle m'a soigné à cause de vos conneries, t'as qu'à penser que je l'ai baisé si fort, que dans 9 mois elle attendra une portée de huit mômes.

La porte s'ouvre. J'me lève, craquant ma nuque, avant de feuler comme un lion en cage, les canines en avant et le torse gonflé. Mais c'est trois fusils qui seront pointés sur moi visiblement pas assez apeurés pour les intimider. La suite ? Et bah vous la connaissez. Des charges électriques m'illuminent la vue et ensuite... Plus rien.

***

Le lendemain matin, j'ai pas bougé du milieu de la pièce. J'ai mal de partout. Bah, ouais se faire taser c'est pas la meilleure chose à vivre, et si celui qui dit que choper le coup de foudre est une belle émotion, j'invite cordialement à cette personne d'aller se faire mettre. Me relavant péniblement en étirant une grimace, j'vois qu'un plateau est plateau est au sol juste à côté. Une tartine de pain sec et un verre d'eau. Ouaw, génial. Le premier "repas" de la journée faite, les gardiennes m'interpellent pour me demander de les suivre. Appréhension depuis l'altercation la veille, mais leurs rires jubilatoires n'ont pas l'air de cacher une torture quelconque.

Mais évidemment une humiliation supplémentaire. Arrivant dans les douches, pas un rat lorsqu'on balaye la pièce du regard. On me déshabille, les vêtements finissent dans un sac et mon pousse contre un mur. Sauf qu'au lieu d'utilisé la paume de douche, c'est un karcher tenu par l'une d'elle qui me fouette la peau pour retire toute la crasse. Mes grosses jambes solides me maintiennent encore debout, mais pas longtemps, la mousse mélangé à l'eau souillée me fait glisser pour choir lourdement au sol, désormais en position fœtale tandis que le débit de flotte continue de me lyncher. Grognement après grognement, j'leur laisse pas le luxe de voir un visage intimidé.

Mon châtiment terminé, faut reconnaître que j'suis définitivement propre. J'me relève, toisant cette équipe de lourdasses ricanant comme des routiers qui taille le bout de gras sur comment ils baisent leurs putes. Rien de bien différent finalement. L'une d'elles va s'approcher, le regard écœuré sur mon paquet trois pièces duveteux, avant d'assener un crochet au visage. Ma tête ne bouge pas d'un centimètre alors que j'entends une phalanges sauter à l'impact, la mâchoire serrée.

Ma seule défense c'est ma solidité. Ses traits déformés par la douleur et la frustration, elle va rebrousser chemin en balançant des vêtements propres à la figure. Une combi' de taulard orange. Evidemment. Trop moulant au bras, j'déchire les manches, mais le reste risque quand même d'exploser sur un mouvement trop franc de ma part. La suite du séjour va se passer de la même manière, j'vais rester isolé des autres prisonniers, ma propre cours, ma propre toilette, systématiquement gardé et menacé de plusieurs armes comme le plus grand danger public du monde.

Jusqu'à ce que le fameux jour arrive.

Respirant enfin l'air extérieur, non sans caché un regard impressionné par ce dispositif, tout un peloton et des blindés juste pour ma pomme. Pas besoin de tout ça quand j'ai ces menottes mesdames, mais vous en savez rien j'présume... Mais une nana va se distinguer. Impressionnante, mais pas par son physique. Une teigneuse, à tout les coups. Mes yeux se ferment, soulagé à l'idée de me dire que la Sénatrice a gérée le coup. Mes épaules tombent et j'me laisse faire docilement pour rejoindre le blindé, relevant bien que la donzelle n'a pas la même délicatesse que Mueller. Le moteur vrombit aussitôt, et nous nous éloignons de cet endroit de malheur, ma tête déjà posée contre la paroi de l'habitacle.
 
J'hausse un sourcil, visiblement les mecs, c'est aussi pas son truc, et j'suis beaucoup trop crevé pour me défendre. Et j'suis personne pour faire changer d'avis une personne qui a des idées si tranchées sur le sujet. J'note certains mots qu'elle marmonne dans sa barbe, devinant qu'elle est une proche, et un regard reconnaissant vient étirer mes traits quand ces menottes me quittent enfin, remerciant d'un signe de tête alors que j'me frotte les poignets pour les dégourdir.

- Héraclès. J'attends que ça, de me barrer. Tendant mon épaisse main calleuse faire disparaitre sa petite menotte dans une poigne franche. Et elle a de la poigne.

Maintenant, il fallait attendre "la suite", comme mon ange-gardien la si bien dit...


Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 7 dimanche 07 février 2021, 19:55:44

Si cela avait été n'importe qui d'autre que Lied, jamais Sylphe n'aurait levé le petit doigt pour un mec. Du moins, un de ce type-là. Elle avait appris à en apprécier certains, grâce à sa douce, notamment Matthéus, une très vieille connaissance de Lied et ses mères, qui avait une bonne estime de la famille. Elle était toujours tenté de dire le petit Matthéus, mais il était de son aîné d'une dizaine d'années, et était toujours aussi timide. Quand la lieutenante avait reçu les messages de son amie, elle avait hurlé si fort dans le véhicule qui la ramenait à la capitale que ces collègues en avaient saisi les armes. Elle n'était en permission que trois jours, avant de retourner combattre, et ne savait pas quand elle reviendrait. C'était toujours les mêmes galères, avec l'armée. Elle ne passait pas assez de temps avec sa famille, ni assez avec ses amies. Surtout avec Lied. Elle donnait chaque précieuse minute de liberté pour être avec elle, quand bien même cette dernière la suppliait encore d'aller chercher avec elle des petits gâteaux après une après-midi à lui chercher une nouvelle veste, ou une robe, ou n'importe quoi. Sylphe n'était pas une très bonne conseillère de mode, surtout quand sa meilleure amie avait été mannequin pendant quelques années. Les seules paroles qu'elle arrivait à dire étaient toujours les mêmes : elle était magnifique. Et cela venait du fond du cœur. Et malgré ces quelques dix-neuf années à la coller comme son ombre, pas une fois la brune n'avait réussi à lui exprimer ses sentiments ! A lui dire qu'elle l'aimait de toute son âme à en fusiller du regard les personnes qui l'abordaient dans la cour de récréation quand elles étaient au lycée ! Lied était si douce, si merveilleuse, que jamais elle n'avait remarqué ce qui animait le cœur de son amie.

Son amie qui se pliait ainsi autant que possible à ses demandes, tant qu'elles restaient dans une certaine légalité que la sénatrice pliait selon sa volonté. Comme lorsqu'il s'agissait de la dépêcher elle et son groupe pour escorter jusqu'à une maison de campagne isolée une espèce de géant brutal et inconnu où elle les rejoindrait peu après leur arrivée. Elle avait tout prévu, ou presque, et s'était démenée comme pas permis afin d'assurer le bon déroulé des opérations et faire rentrer sous peu ce type chez lui. C'aurait été quelque peu déplacé de la part de Sylphe de dire qu'il ne lui inspirait pas la confiance, elle avait ce sentiment dès qu'elle posait les yeux sur un mâle, et pis encore quand il s'agissait d'une personne pour qui Lied se démenait. Alors les deux couplés, elle se demandait si sa chair calcinée aurait l'odeur de bacon. En tous les cas, il avait une forte poigne, même si elle devinait qu'il se retenait. Quant à elle, elle le saluait comme elle le faisait avec n'importe qui : une poigne sèche, franche, forte, qui avait de quoi écraser la délicate main douce de la jolie sénatrice pour qui elle en pinçait depuis sa plus tendre enfance.


« Je sais ton nom. Dis-toi que j'ai eu le dossier rempli par Lied. Avec les corrections nécessaires. Bon, je vais te faire un petit briefing, histoire qu'elle se tape pas tout le boulot. »


Elle sortit la même sorte de tablette qu'avait la sénatrice à la prison, mais à son contraire, ne vint pas se poser aux côtés d'Héraclès : elle la tourna de manière à la lui présenter comme un tableau, qu'il ne bouge pas, et elle non plus. Une carte apparut à l'écran, centrée sur le territoire de Tekhos, avec les noms des pays limitrophes pour qu'il puisse se repérer. La militaire lui adressa du bout du doigt l'indication de la prison dont il venait de partir, puis la capitale, et enfin, l'endroit où ils se dirigeaient. Une région excentrée, à mi-chemin entre Tekhos Metropolis et une autre petite ville où Lied adorait acheter des guimauves. Finalement, son ongle court se posa sur une frontière, avec inscrit Ashnard. Sylphe expliqua d'ailleurs qu'il n'avait guère besoin de bien connaître le pays, personne ne s'intéresserait à ce qu'il aurait à raconter, peu auraient envie même de l'approcher, alors lui adresser la parole, quelle idée !


« De toute façon, tu vas rester avec Lied le temps qu'elle mette sa solution en place. Il n'y aura qu'elle, donc pas besoin de faire dans le mensonge. Je reste jusqu'à demain matin, et ensuite, je crois que tu vas adorer ton séjour. »


La jeune femme gloussa, signe qu'il devait prendre cette dernière phrase avec sarcasme. Lied n'avait pas obtenu le droit de le faire résider dans la plus grande ville de l'état, ce qui était normal : on ne promenait pas dans les beaux quartiers de Tekhos une énergumène pareille au milieu des femmes les plus vicieuses et craintives. Où l'aurait-elle logé, en plus ? Dans son appartement ? Quelle idée ! Si Lied n'avait que peu été explicite quant à comment elle comptait ramener chez lui Héraclès, elle se doutait qu'elle allait faire appel à une tierce personne que ce pauvre gars n'était pas prêt à voir. Personne ayant un minimum de jugeote n'était prêt à rencontrer Belphégor Mueller, encore moins lorsque l'on était pourvu d'un pénis. Sauf si l'on ne tenait aucunement à la vie et que l'on espérait se suicider lentement et dans la souffrance la plus atroce. Ce qui n'était pas le cas du titan, et à cette simple pensée, Sylphe ricana une fois encore et lui envoya une claque sur l'épaule, comme elle l'aurait fait avec un camarade, pour ensuite lui jeter une gourde métallique à la figure, qu'il rattrapa aisément. Au moins, il était réellement ce qu'il paraissait : fiable physiquement.


« C'est de l'eau. Potable, celle-ci. Si t'as un creux, t'as un sandwich dans la boîte sous tes fesses. C'est pas le plus fameux, mais c'est clairement meilleur que la merde qu'on t'a fait bouffer. Si tu sais cuisiner, d'ailleurs, ça serait mieux pour toi. Lied rate une fois sur trois ses repas, donc elle commande, mais là où tu seras, y'aura pas de livraison. »


Le véhicule eut un grand mouvement vers le haut, venant de passer au dessus d'une bosse. Sylphe s'accrocha à une poignée près d'elle, et regarda l'intérieur de l'habitacle sauter joyeusement un peu partout. Si Héraclès n'imita pas au même instant qu'elle son geste, ils se retrouvèrent tous deux à consommer le gros sandwich triangulaire que la demoiselle avait fait avant de partir. Omelette, fromage, lardons, salade et tranches de tomate, avec un cornichon, ce n'était peut-être pas gastronomique, mais elle faisait en sorte qu'il y ait de quoi se remplir la panse jusqu'à la tombée de la nuit. La route allait encore être longue, et au moins, elle semblait déjà plus détendue, et moins encline à lui faire sauter la tête avec la machette aimantée au mur derrière elle.

C'est en fin d'après-midi que la voiture se stoppa. Il n'y avait pas grand chose aux alentours : des champs, des arbres, quelques maisons très éloignées les unes des autres, la vision très éloignée des villes, cela aurait pu être n'importe quelle campagne normale comme on en voit un peu partout où que l'on soit. La maison qu'avait louée la sénatrice était on ne peut plus simple, mais très spacieuse. Bien entretenue, pourvue d'un potager et d'un jardin, elle avait de quoi séduire toute famille recherchant le calme plat et éloigné du tumulte tekhan. Du moins, pour qui en avait les moyens. Et Lied les avait, et même si elle appréciait la métropole, elle aimait aussi cet apaisement serein. Elle ne pouvait cependant pas se permettre d'être trop éloignée et perdre la sécurité des villes, des réseaux, aussi avait-elle choisi cet endroit. Sylphe ouvrit la porte du blindé pour faire sortir son voyageur, attrapa au vol son sac, et ouvrit une des poches ventrales pour sortir un trousseau de clés. Ah la campagne et la vétusté de sa sécurité ! Au moins, personne n'irait pirater le système de sécurité de la villa, qui était composé de trois buliques qui trottinait aisément, ces oiseaux ronds et énormes qui logeaient dans les trous des routes. Elle ouvrit la porte, et le laissa entrer, découvrir l'endroit charmant dans lequel il allait séjourner le temps de rentrer chez lui. La porte se ferma derrière celle qui l'accompagnait, qui alla de suite déposer ses affaires dans une des chambres à l'étage, et redescendit pour ouvrir la porte, sur une Lied Mueller qui avait le doigt appuyé sur la sonnette, comme prise en flagrant délit, suspendue dans son geste, ses grands yeux bleus clignant le temps qu'elle percute l'information.


« Sylphe ! »


Ni une ni deux, la jeune femme, plus petite, aux cheveux roses et vêtue comme une princesse, laissa choir au sol son sac et se jeta au cou de son amie, celle-ci devant faire un pas en arrière pour la réceptionner et éviter de tomber par la même occasion. Un sourire tendre étira son visage aux joues rouges, alors qu'elle lui frottait le crâne affectueusement.


« Ca fait longtemps que je ne t'ai pas vue ! Tu m'as manquée tu sais ? Oh c'est trop bête que tu repartes si vite, j'aurais aimé passer plus de temps avec toi !
- Moi aussi Lied, moi aussi. Mais c'est comme ça. Je voulais au moins rester un petit peu, même si visiblement, on a un invité.
- Oh c'est vrai ! Bonjour Héraclès ! »


Toujours accrochée à Sylphe, Lied s'était décalée pour agiter bien haut le bras et saluer l'homme, alors que sa partenaire, elle, était rouge comme une tomate et tremblotait. C'était toujours ainsi. Lied ne voyait rien, et elle, habituée, ne pouvait que déplorer son innocence naïve. C'était aussi ce qui lui plaisait tant chez elle. La sénatrice relâcha enfin son emprise et alla directement auprès de lui, tandis que la soldate prenait ses affaires pour aller les décharger dans une autre chambre de l'étage. Ils se retrouvèrent donc presque seule, alors que la demoiselle aux cheveux roses l'inspectait, laissant sur son passage une odeur de fruits rouges à la crème.


« Ca a l'air d'aller, c'est bien ! Sylphe n'a pas démontré ses talents avec une machette. J'espère aussi que la maison te plaît ! Oh et dis-le moi si cela t'embête que je te tutoie. C'est juste qu'à présent, cela fait un peu lourd tant de manières alors que je ne sais pas quand je vais pouvoir te ramener chez toi. Ca devrait être rapide, mais.... Rien ! Ce n'est rien. »


Visiblement, Lied cachait une information, mais cela ne la mettait pas plus mal à l'aise que cela, sans doute quelque chose de bien peu important. Ou du moins le laissait-elle paraître ; après tout, la politique lui avait permis de faire en sorte de maîtriser à la perfection son image et ce qu'elle renvoyait aux autres. Elle en avait conscience, et en jouait habilement. Pour ce sujet tout du moins, parce que déjà la dame déguerpissait en direction de la cuisine pour en sortir un smoothie et se coller la paille au bec, visiblement en manque de sucrerie, comme une enfant. Par chance, Sylphe avait prévenu ce pauvre Héraclès qu'elle était une dingue de sucre et pâtisserie, qu'il valait donc mieux qu'il demande avant de se servir dans la boîte de cupcakes.

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 8 mardi 09 février 2021, 14:11:59

- Ouais, j'imagine.

Plus de 48h que j'suis là, et j'ai déjà une vie tracée dans cet endroit. Première fois que j'suis autant dépassé par les évènements. Pour l'instant, on me traîne de gauche à droite, on me me maltraite, baignant dans l'impuissance la plus totale. Si un jour sur terre j'me demandais qu'est-ce que cela faisait d'être vulnérable, aujourd'hui j'ai une réponse tangible. Une réponse dont je ne me serais bien passé finalement. J'fais un signe de tête, lui accordant mon attention à sa tablette et reste silencieusement docile à ses instructions.

J'essaie de garder en mémoire cette map du pays, localiser les points clés de mes déplacements et visualiser un maximum notre destination. Et j'entends Ashnard pour la deuxième fois. Mais bonne nouvelle, personne viendra vérifier. Un bien grand défaut pour une population qui déteste les mâles. "Connaître son ennemi pour mieux le vaincre", là en l'occurrence, j'suis tellement vomitif et méprisable qu'il ne s'arrête même pas pour ma pomme, paradoxale quand on voit tout le matos déployé pour mes beaux yeux.

Enfin, mon torse se réchauffe, rassuré à l'idée de me dire que j'serai qu'avec Lied. On m'a assez refroidis pour rencontrer d'autres personne, même Sylphe, on dirait qu'elle m'a déjà buté plusieurs fois dans sa tête. Si j'avais pas les faveurs de Mueller qui sait ce qui m'arriverait. Mais c'était avant que son sarcasme vienne entacher cette bonne nouvelle ? Qu'est-ce qui va m'encore arriver...? J'hausse un sourcil perplexe, mais vu sa manière de glousser, j'le saurais bientôt. La flotte est accueilli avec plaisir, sa fraîcheur traversant ma trachée dans un bien-être incroyable. Dans ces moments qu'on adore les choses simples. Après un soupir d'aise, j'attends pas une seconde avant d'aller chercher la bectance sous mes miches. La baguette est petite pour moi, mais ça sera suffisant. Il disparait en quelques bouchées, en me disant que j'vais devoir faire la bouffe si Lied était aussi mauvaise que Sylphe prétend le dire.

Du mouvement avec le véhicule, mon bras gonfle quand il va s'accrocher à une poignée de maintient, avisant ma nouvelle comparse d'un nouvel œil, elle a pas l'air de tant me haïr que ça... Mais peut-être parce que pour l'instant j'suis un gentil toutou, et que tant que les menottes sont dans la même pièce que moi, retrouver ma forme titanesque c'est pas pour tout de suite. Ouais...

Les secousses régulières du véhicule me bercent plus qu'autre chose; d'abord, par manque de confiance, j'vais me battre contre mes paupières lourdes par peur d'imaginer Sylphe me faire une dinguerie. Et ensuite, mon corps s'endort malgré moi. Des heures et des heures de fatigue accumulées.

***

Les freins grincent et me réveille. J'sais pas combien de temps j'ai roupillé, mais j'me sens mieux. L'heure de sortir, la donzelle emboite le pas, lentement talonné par moi qui continue d'émerger de cette sieste réparatrice. L'air frais emplit mon torse qui continue de craqueler doucement les mailles de ma combinaison de taulard. L'endroit est magnifique, on se croirait à la ferme de mes parents; j'y retrouve la même tranquillité, le même calme, le même paysage. L'odeur du barbac de p'pa me monte à la tête, avec les salades composées de m'man. Mais un trousseau de clé va m'extirper de mes sensations nostalgiques. Rien de mieux qu'une clé à l'ancienne pour être tranquille, par rapport à tout les pad, claviers digitales et autres conneries.

Plus on s'éloigne du véhicule, plus mon dos se redresse, mes muscles se solidifient, mon regard devient moins fatigué et mon teint flambant.

- Aaah, putain. Ca y est, j'suis re-moi.

Serrant le poing, je sens mon pouvoir intérieur circuler dans mes veines, teintant mes yeux le temps d'un clin d'oeil en vert. Je peux enfin soulever les montagnes. Fendant un p'tit sourire satisfait, j'entre enfin dans ce petit coin de paradis. L'aspect est convivial, chaleureux, genre de maison secondaire où j'y passerais bien les vacances. J'reste au milieu du salon, détaillant de loin les autres pièces alors que Sylphe retourne vers le battant, comme si elle avait téléphoné et anticipé le truc. Forte ? Organisé ? Les deux ? Aucune idée, mais Lied ne verra rien venir et ça m'fait agréablement sourire. Mes traits s'adoucissent, en les voyant toutes les deux, avant de ressentir ma profonde solitude. Une solitude que j'traîne sur terre depuis un paquet d'années, Tekhos n'y est pour rien cette fois. Une énorme main timide se lève doucement, avant de zyeuter Sylphe, curieux.

Ouh, toi, t'en pince pour elle. Hm, pas besoin d'être devin pour voir que sa protégée n'est pas du tout au courant. Une candeur attachante. Elle s'approche enfin alors qu'on emmène ses affaires plus haut, une enivrante odeur de pâtisserie me scie l'estomac dans un gargouillement bruyant. Les sourcils approchés, j'essaie d'imaginer pourquoi Sylphe voudrait me couper en morceaux, pis finalement la réponse se trouve sous mes yeux... Mes épaules se relâchent à l'idée que mon cauchemar se termine bientôt, mais... Mais quoi ?!

- Ouais, ça va merci. Bien content d'avoir quitté cette prison pour un coin nettement plus confortable. Aucun soucis pour le tutoiement, un honneur de tailler le bout de gras avec la sénatrice comme une simple collègue, hé.

Mais j'ai pas fini...

- Il y a quelque chose que j'dois savoir ...?

Bon, j'lui fais quand même confiance. J'espère juste ne pas être sorti d'un pétrin pour finir dans un autre. Qui plus est, toutes ces galères ont bien endormi ma libido titanesque. Qui se déclenche souvent quand j'suis tout seul avec une dame. De toute façon, c'est pas comme si j'avais une chance de faire quoi que ce soit ici. Et j'ai pas envie de gouter une machette en obsidienne.

Tout doux le gros chat, on va manger personne, hein ?

- Merci encore pour cet hospitalité.

Je la laisse me doubler alors qu'elle va à la cuisine se chercher une petite douceur avec une paille, et bordel. J'ai vraiment les crocs.

- Je suis plus salé que sucré. Essayant de la rassurer pour éviter une guerre que je perdrai facilement. J'ai terriblement faim, je mangerai un cheval en salade.

Non, c'est pas une exagération. Mais bon, va falloir faire avec ce qu'il y a.
« Modifié: mardi 23 février 2021, 15:12:42 par Héraclès »

Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 9 mardi 23 février 2021, 15:38:06

« Que tu dois savoir ? Oh non, trois fois rien, vraiment ! »


Lied riait doucement, avant de sourire à Héraclès et taquiner son estomac, qui devait être bien vide depuis l'étape prison. Il devait l'avoir fait d'acier pour résister à pareilles victuailles carcérales ! De manière très fière, son opulente poitrine bombée en avant, la demoiselle annonce qu'elle se rend en cuisine pour préparer un en-cas à son nouveau protégé, alors que l'on peut entendre à l'étage un étouffement sonore provenant de Sylphe, qui s'empresse de poser les derniers sacs pour accourir à l'étage inférieur. Lorsqu'elle y parvient, la sénatrice sort fièrement de son sac à main un livre de recettes, visiblement neuf, mauvais signe sachant qu'il ne sortait pas d'une librairie mais juste de la bibliothèque poussiéreuse de Lied où elle entassait des bouquins similaires afin de tenter de remédier à sa malédiction naturelle. Elle avait jeté son dévolu sur un sauté de pommes de terre on ne peut plus simple : il suffisait de faire chauffer de la matière grasse dans une poêle, y mettre les tubercules coupés en cube, saler, faire dorer puis laisser cuire à couvert jusqu'à convenance. Rien de bien sorcier. Du réfrigérateur, Lied sortit une barquette plastique contenant déjà les fameux petits cubes. Tout était fait pour que cela se passe bien, mais en un rien de temps, une alarme retentissante envahit la maisonnée, une épaisse fumée noire s'échappant de la pauvre poêle entre les mains de Lied. Le seul homme de la maison tenta bien de sauver les patates, mais il était trop tard : elles avaient carbonisé tout en restant crues, et déjà la jeune femme à ses côtés menaçait de pleurer. Elle voulait bien faire, s'en donnait les moyens, mais échouait encore.

Une main délicate vint presser son épaule. Sylphe était là, soupirant, remerciant le géant pour son intervention tout en lui tendant un épluche-légumes, et un petit couteau pour la reine des catastrophes.


« Laisse-moi gérer la cuisson. Coupe les patates qu'il aura épluchées, ça devrait pas trop te poser de souci. Mais tu fais bien attention à pas te couper, hein ? »


N'importe qui aurait rétorqué sur une blague à propos de l'instant si maternel de la militaire, ou lui aurait tiré la langue. Lied, elle, lui adressa un sourire tendre avant de prendre l'instrument et aller pour chercher une planche à découper. Ce bref instant, elle en profita pour glisser au garçon qu'il devrait aussi faire attention à ce qu'elle se blesse le moins possible, que c'était un problème vraiment sérieux, expliquant au travers de ces quelques mots la réponse accordée à cette bouffée de protection. Installées toutes deux dos à Héraclès, Lied sur le plan de travail, Sylphe devant les plaques, et lui ayant pour lui tout seul la table et les aliments, lui permettant par ailleurs de définir quelle quantité il souhaitait consommer, les deux femmes en profitèrent pour échanger, quoi que ce fut plutôt celle de terrain qui prit en grippe son amie.


« Lied, tu l'as appelée ?
-
- Lied regarde-moi.
- Mh....
- Lied bon sang !
- Hein ? Oui quoi ?
- Belphy arrive quand ?
- Je... Hé bien je l'ai pas encore appelée.... J'ai un peu peur de sa réaction... »


Coup de poing sur le plan de travail. Sylphe faisait les yeux noirs à Lied, qui venait de tourner le visage vers le plafond, très clairement gênée. Elle n'avait pas donné toutes les circonstances à son amie, lui avait seulement fait part du fait qu'elle allait avoir besoin de contacter sa cousine mercenaire pour obtenir des informations à caractère urgent. De cette façon, il était normal de s'attendre à ce qu'elle s'empresse de la contacter, surtout compte tenu de l'agenda chargé de cette femme d'action qui devait partager sa vie entre son travail, ses deux femmes et ses deux familles. Mais la sénatrice avait peur, à juste raison. Belphégor Mueller n'était pas connue pour son affection de la gente masculine, même pour les beaux yeux de sa cousine. Les deux jeunes femmes avaient passé pas mal de temps ensemble, s'entraidant dans leurs vies d'adultes, mais chaque fois que la sénatrice devait lui demander son aide et que cela concernait un homme, elle se recroquevillait, hésitait, et n'osait plus rien faire. De plus, ces derniers temps, Belphégor avait à faire concernant ses conjointes, affaire de stress et de manque de confiance, ce n'était donc guère le moment de l'embêter avec un être pourvu d'un phallus.

La soldate lança la cuisson des aliments, sous le regard envieux de Lied qui manquait baver sur la table, aux côtés du géant. L'étiquette avait été laissée quelque part dans les valises de la sénatrice, déposées à l'étage avec son matériel informatique qui lui permettrait de rester en contact pour son travail. Il ne manquait qu'une chose à son outillage : son téléphone. Et alors que l'on servait les trois quarts des réjouissances à Héraclès, Lied et Sylphe se partageant ce qui restait, cette dernière sortit le dit appareil pour ensuite le coller devant la figure de son amie. Elle cligna des yeux, sans comprendre, avant de voir le nom enregistré au numéro composé. Belphy. La jeune femme poussa un hurlement avant de se planquer derrière le canapé, criant qu'elle refusait complètement de parler ! Sauf qu'il était trop tard : déjà la voix un peu sèche par habitude de la femme aux cheveux de sang résonnait, tandis que l'on entendait les sons d'un affairement derrière elle, indiquant qu'elle n'était pas seule ou seulement pas chez elle. Ce qui était pire. Lied refusant clairement de parler, ce fut Sylphe qui prit la parole.

« Bonsoir Belphégor.
- Bonsoir Sylphe, pourquoi m'appelles-tu ?
- Sylphe ? C'est Sylphe au téléphone ! Syyyyylphe !!
- Je t'appelle de la part de Lied, qui n'ose pas te demander de l'aider pour une affaire impliquant le colosse tombé du ciel dans le centre-ville de Tekhos. Elle s'est portée garante pour lui et....
- BARBECUE !
- June, silence s'il-te-plaît ! Le... colosse. Est-ce que je peux avoir quelques informations ? »


Lied avait migré discrètement de derrière le dossier du canapé pour aller s'agripper à l'intéressé de la conversation, commençant déjà chouiner qu'elle allait être en rage, que c'était un monstre, et qu'il ne fallait surtout pas dire le moindre mot ! Et, en plus, c'était pire que prévu ! Elle était avec June ! June bon sang ! Pendant ce temps, Sylphe racontait de manière sommaire les événements, à la manière d'un rapport sec du milieu qui les rassemblaient : Héraclès, homme d'une vingtaine d'années, anormalement grand, doté de pouvoirs, était tombé du ciel sur Tekhos, avait été enfermé à la prison Eternum avant d'en être sorti par Lied, dont elle mentionna la cachette, lui valant un tirage de langue de la demoiselle aux cheveux roses. Mais il manquait une information clé, amenant avec timidité la sénatrice à prendre le téléphone de ses deux mains tremblantes.


« Et euh.... il... euh... est terrien...
- Bonjour Lied. Comme c'est agréable de voir que tu n'as pas changé. Pour ton petit problème, je peux éventuellement apporter des solutions. Diverses solutions. Avant toute chose, où vous trouvez-vous ?
- J'ai loué une villa à une centaine de kilomètres de Tekhos, dans un petit coin de campagne.
- Parfait pour le bruit.
- B-Belphy ! Nah ! On le tue pas ! On le ramène vivant ! Et pas de torture non plus !
- C'est plus facile de cacher un cadavre que ramener quelqu'un sur Terre. Du moins pour moi.
- Normal, June les bouffe.... Et Sylphe les cuit...
- Barbecue ! Barbecuuuuuuuuue !! On fait barbecue, Bephy ?
- Tu peux m'aider oui ou non ?
- … Donne-moi tes coordonnées. »


Lied envoya les dites coordonnées, regardant son téléphone comme un engin du diable. Sylphe la vipère ne s'était pas gênée pour activer le haut-parleur, les exclamations de June résonnant joyeusement dans la pièce principale tandis que la mercenaire indiquait d'une voix froide qu'elle arriverait d'ici un peu moins de deux jours. Cela laissait le temps aux deux habitants de la maison de se préparer à cette arrivée presque synonyme d'apocalypse dans leur joli environnement paisible. Le pauvre Héraclès devait être passablement chamboulé, ce qui était plus que logique, aussi, Lied alla chercher une boîte de ses merveilleux cupcakes et lui en proposa un à la pistache. Elle tentait de dédramatiser la situation, expliquant que c'était ce qui la turlupinait ces derniers temps, qu'elle était l'incarnation de l'extrême tekhan, et que la drôle de chose enjouée qui criait en arrière-plan était et serait la seule Ashnardienne qu'il rencontrerait, loin d'être représentative de ses compatriotes. Si seulement cela avait été sa sœur, bien plus calme et posée. Tout de même, Lied reprit du poil de la bête, se remettant à sourire joyeusement. Elle ferait de son mieux pour qu'il rentre entier chez lui, même si cela incluait de passer des moments assez douloureux. Pour l'heure, il commençait à se faire tard, et la jeune femme lui indiqua de la suivre à l'étage.

La nuit n'allait pas tarder à tomber, le soir déversant une lumière orangée à travers les vitres impeccables de la maisonnée. Se déplaçant silencieusement sur le tapis qui ornait le long couloir du premier étage, elle déverrouilla une porte sur sa gauche, laissant son invité la suivre, pour lui présenter la chambre qu'il occuperait. C'était la plus spacieuse, la chambre maîtresse de la maison, comportant à la fois une salle d'eau passablement grande, mais aussi un énorme lit dans lequel elle aurait concurrencer les oreillers pour leur taille. Elle s'était dit que cela serait plus approprié pour lui, et surtout, lui présenta une grosse mâle, l'ouvrant pour en sortir un tissu tel qu'elle disparaissait derrière.


« J'ai fait commander ça, aussi. Je ne sais pas si cela te sciera parfaitement, mais c'est mieux que les chiffons que tu as actuellement sur le dos ! Il y en a d'autres, avec des tailles différentes, tu pourras faire ton choix. Oh et, tu pourras les emporter à ton départ, si tu veux. Ce n'est pas comme si j'allais en avoir besoin ! Et n'hésite pas, tu es ici comme chez toi. Si tu veux manger, dormir, aller jouer sur la console du petit salon, fais donc. »

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 10 vendredi 26 février 2021, 14:01:49

Trois fois rien ? Mouais. Je verrais bien plus tard de toute manière.

Alors que la cuisine frôlait la catastrophe incendiaire, Sylphe se propose pour reprendre le flambeau et dans tous les sens du terme. Le tableau est encore mignon à regarder. Des fois j'me dis que je devrais m'en inspirer. De mon côté, je jette les patates qui ont plus la gueule de charbon carbonisé et repartir sur quelque chose de plus sain. Comme par exemple le fait que Lied arrête de jouer avec la combustion d'un aliment et laisser ça à ceux qui savent. Un soupir soulagé, avant d'étirer un sourire amusé à cette grotesque scène. Mueller est encore plus attachante bizarrement. C'est peut-être sa plus grande force finalement; elle n'est pas infaillible, mais fait son maximum, quoi qu'il arrive.

C'est beau.

J'fais un signe de tête à la mise en garde de sa comparse, gardant effectivement un œil sur la Rose avant qu'elle ne se mutile elle-même par inadvertance. Je les laisse entre elles, et me poste alors sur le plan de travail, et avec une main lourde, j'dose ce qu'il faut couper et cuir pour que j'puisse manger à ma convenance et à la leur, bien sûr. Mes yeux glissent de temps en temps sur ses belles créatures, si mes pouvoirs sont revenus, ma libido d'animal aussi. Chiant, très chiant. Alors j'me secoue la tête brièvement avant de leur tourner le dos également.

C'est à ce moment là que je les entends parler. Appeler ? Appeler qui ?

Un coup part sur la table, j'me retourne rapidement, le regard alerte, mais rien à relever de plus. Hormis la contrariété de soldate. Visiblement Lied n'a pas suivi l'entièreté du plan. La question est pourquoi ? J'garde ça dans un coin de ma tête et prend place, une chaise qui couine de douleur au presque 200 kilos qui viennent de se poser dessus pour apprécier la bouche béante la ripaille qui ne va pas faire long feu. C'est ainsi que j'éveille l'ogre en moi en me jetant sur l'assiette, une cacophonie de mastications bruyantes, dont l'aspiration des aliments était inhumaine. Un coup de fil m'arrête dans mon élan, j'hausse à nouveau un sourcil sur le comportement étrange de la Sénatrice, visiblement ça ressemble à une mauvaise nouvelle.

J'sais pas trop quoi dire, dans le doute, la fermer et descendre ce que j'ai avaler avec un verre d'eau frais. Les esgourdes bien attentives à l'échange entre les demoiselles.

« Bonsoir Belphégor.
- Bonsoir Sylphe, pourquoi m'appelles-tu ?
- Sylphe ? C'est Sylphe au téléphone ! Syyyyylphe !!
- Je t'appelle de la part de Lied, qui n'ose pas te demander de l'aider pour une affaire impliquant le colosse tombé du ciel dans le centre-ville de Tekhos. Elle s'est portée garante pour lui et....
- BARBECUE !
- June, silence s'il-te-plaît ! Le... colosse. Est-ce que je peux avoir quelques informations ? »

Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Barbecue ? Mon torse gonfle un peu fort, alors qu'un soupir las et agacé commence à trahir ma contenance. Finalement c'est la concernée qui va prendre son courage à deux mains. A la voir, on peut comprendre que elle aussi, a sa propre "obsidienne" qui lui fait perdre ses moyens. J'connais pas cette Belphy, mais j'lui souhaite de venir avec une brouette d'obsidienne si elle veut essayer d'envisager la possibilité de me faire trembler des genoux.

« Et euh.... il... euh... est terrien...
- Bonjour Lied. Comme c'est agréable de voir que tu n'as pas changé. Pour ton petit problème, je peux éventuellement apporter des solutions. Diverses solutions. Avant toute chose, où vous trouvez-vous ?
- J'ai loué une villa à une centaine de kilomètres de Tekhos, dans un petit coin de campagne.
- Parfait pour le bruit.
- B-Belphy ! Nah ! On le tue pas ! On le ramène vivant ! Et pas de torture non plus !
- C'est plus facile de cacher un cadavre que ramener quelqu'un sur Terre. Du moins pour moi.
- Normal, June les bouffe.... Et Sylphe les cuit...
- Barbecue ! Barbecuuuuuuuuue !! On fait barbecue, Bephy ?
- Tu peux m'aider oui ou non ?
- … Donne-moi tes coordonnées. »

Me torturer ? Me buter ? Me bouffer ? Elles m'ont pris pour qui ? Un agneau ? J'commence à me dire que j'suis en sécurité nulle part, même si j'ai l'impression que Mueller a eu le dernier mot sur cet échange. Peur ? Non. Bien sûr que non. Agacé, las, et profondément frustré de pas avoir la maîtrise sur la situation. Sans doute le prix a payer quand on est étranger. Une condition que j'dois accepter fatalement, puisque mon chez moi n'existe plus. Partout où j'irai, on me collera l'étiquette de l'étranger. Autant faire un travail dessus à partir de maintenant. J'reste donc silencieux, a écouter les exclamations d'une cannibale à la voix euphorique et la froideur d'une voix monotone et antipathique des hommes, impuissant une nouvelle fois face à cette scène. Bonne nouvelle, c'est que malgré tout ce qui est écrit sur mon dossier, Lied n'a pas fait mention de mes origines extra-terrestres. Et c'est rassurant.

Pas besoin de poser des questions, puisque le plan est de me sortir de là. Peut-être que j'en saurai un peu plus demain. L'ambiance si chaleureuse et conviviale avait disparut pour retrouver celle que j'avais trouver en prison. Celle du condamné. Mais un sursaut de mignonnerie supplémentaire dont seule Lied avait le secret vient balayer tout ceci dans un bref geste de la main. D'un geste de cupcake exactement. Avec un discours pour me rassurer, une voix si douce qui pourrait dompter le plus féroce des lions. Même s'il ne gomme pas tous mes doutes et mes appréhensions. La pâtisserie disparait en deux bouchée répond par l'affirmatif en bougeant doucement la tête.

Une autre journée se termine sur Tehkos.

J'commence à monter les escaliers pour suivre mon hôte pour accéder à l'étage. Une autre vue sur sa croupe voluptueuse. Mes sourcils se rapprochent, j'pousse un soupir pour faire un semblant de soupape à mes ardeurs libidineuses. On arrive devant la pièce qui s'avère être ma chambre. Et on en est totalement loin de ma cellule. Un sourire timide me trahit. Grande, spacieuse, une vraie chambre de roi où j'peux enfin profiter d'une bonne et réelle douche. Devant ladite malle, mon torse se réchauffe à ses attentions, sa générosité, sa bienveillance.

- Mille merci, Lied.

Peut-être l'occasion de lui avouer. Parce que nager dans ses yeux, seul dans cette chambre... Mon bas-ventre cogne de toute ses forces et j'profite alors d'un instant de lucidité pour la prévenir. Marchant à ses côtés jusqu'à la sortie, je la laisse rejoindre le couloir, mes pieds s'arrêtant à l'encadrement de la porte.

- Euh, il faut que j'te dise que... Qu'il faudrait éviter qu'on soit seul rien que tout les deux. J'pourrais faire des choses qui dépasseraient ma pensée. Des choses terribles pour une femme comme toi. Et je ne veux pas perdre le dernier espoir qui me permettrait de sortir d'ici. Voilà, ça me semblait nécessaire de le dire.

Un grognement déforme mes traits, plissant mes narines, alors que ma pupille se dilate aux rythme de mes pulsations, le moment de fermer la porte rapidement avant de faire une énorme connerie. Cachant mon visage dans le creux de mes mains j'essaie de penser à autre chose, l'entre-jambe moite et déformant mon tissu, j'me déshabille aussitôt pour rejoindre la salle d'eau et me foutre de l'eau froide pour réguler ce rut qui m'anime. Il faudra attendre de longues minutes pour que cela fasse effet.

- Chiasserie. Tu l'as échappée belle, mon grand.

Plaquant ma crinière hirsute vers l'arrière, j'attrape une serviette pour me sécher et chercher un sous-vêtement. Stylisé, mais qui me va à merveille, non sans mouler cette bosse indécente et encombrante, j'rejoins le matelas qui m'accueille avec sa texture douce, son épaisseur moelleuse, oubliant un petit peu ma condition de clandestin.

Les bras croisés derrière la tête, j'réfléchis. Mais j'crois que c'est un peu trop le bordel dans ma tête pour trier tout ça.

Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 11 vendredi 26 février 2021, 20:23:05

Lied avait accueilli Héraclès comme elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre, s'assurant de son confort optimal, qu'il se sente à la fois à son aise et plus comme un invité qu'un captif. Dans les faits, il était pourtant considéré comme tel : il était son captif à elle, qui en avait la responsabilité, au même titre qu'un chien qui, s'il mordait quelqu'un, reportait la faute sur son propriétaire, et donc, elle. Passer commande d'habits masculins n'était pas très courant, aussi, la plupart du temps, Lied passait commande dans les états voisins afin de s'éviter des surcoûts monstres. Dans ses petites mains, les plis soyeux lui montraient combien elle avait fait le bon choix. De toute façon, elle se devait de le laisser seul, un peu de pudeur en ce bas monde ! C'est alors qu'il la raccompagnait à la sortie, la jeune sénatrice fière de son œuvre, qu'il lui fit un commentaire qui l'interpella tant qu'elle en resta plantée sur ses pieds devant la porte, le nez relevée bien haut pour fixer sa figure, ses grands yeux innocents clignant en guise d'interrogation.


« Eviter qu'on soit seuls ? Ca va être dur, Sylphe part demain, il n'y aura que m-..... Oh. »


Son regard avait dévié naturellement en direction de ses pieds, mais s'était retrouvé attrapé au vol avant destination par une bosse traîtresse. La demoiselle pouvait se voiler la face autant qu'elle le souhaitait, ceci pointait en sa direction avec ferveur, ne laissant aucun doute quant à sa nature : érection. Deux grosses rougeurs naquirent sur ses joues alors qu'elle relevait brusquement le visage pour tomber nez à nez avec des lèvres retroussées, un nez plissé, et surtout, deux billes sauvages et des grognements lourds. Ce n'était plus un homme, c'était un lion en mal de sa meute qu'elle avait face à elle. Sa main gracile se releva en un doigt, un sourire, une phrase courte, puis deux jambes galbées qui prirent de la vitesse en trottant dans le couloir en direction des escaliers.


« Je. Oh, oui, je comprends ! Bonne nuit ! »


Lied prit la fuite. Horriblement gênée, mais aucunement effrayée. Elle aurait dû, pourtant, après avoir rencontré cette facette, avoir perçu ce dont il pouvait être capable. Nul besoin de démonstration, son esprit ne se gênait pas pour lui susurrer combien il aurait eu juste à tendre l'avant-bras pour tenir entre trois doigts son cou délicat, soulever son corps léger au dessus du sol pour la jeter sans effort dans les draps. La suite, oh non, elle n'osait se l'imaginait, ses pas retentissant sur les marches de bois alors qu'elle parvenait de nouveau au salon. Pour autant, il y aurait là un problème : comme elle avait tenté de le dire, Sylphe s'en allait le lendemain, et Belphégor ne serait pas là avant un moment. Ils ne seraient que tous les deux, la situation allait donc être inévitable. Et la tekhane n'avait qu'une envie : lui faire confiance. Héraclès connaissait sa condition, les enjeux de ce séjour, et elle ne doutait pas un instant qu'il avait assez de contrôle sur lui-même pour être capable de tenir sa bite en laisse. Juste le temps de quelques jours.

S'écrasant sur le canapé, Lied soupira. Son esprit naïf et fleur bleu s'attristait à l'idée qu'il n'avait, peut-être, connu que des relations teintées de cette violence qu'il renfermait. Ces relations qui pullulaient dans les bas fonds, qu'elle n'avait que trop bien vues et connues, et qu'elle cherchait à démontrer comme n'étant pas dans les gênes de tous les hommes. Autant dire que s'il était resté plus longtemps aux mains des Tekhanes, Lied ne doutait pas que sa condition n'aurait fait que l'enfoncer et venir en plus ternir ses bonnes actions. Ces idées noires furent chassées quand la lumière s'éteignit et que Sylphe s'approcha de la sénatrice, un saladier empli de popcorns dans les mains. La pénombre camouflait ses joues roses, mais pas son sourire bienheureux quand elle s'assit à côté d'elle, allumant la télévision pour mettre un film qu'elle savait plaire énormément à son amie. Sa dernière pensée, avant de s'endormir, fut une fois encore pour son pensionnaire, quand elle envoya un message auprès de la dernière enfant Mueller.

La nuit fut des plus simples et paisibles. Personne ne vint embêter Héraclès, ni même le réveiller. La soldate avait seulement monté les escaliers au milieu de la nuit pour aller coucher Lied, qui s'était endormie sur son épaule à la fin du film. Quand il s'éveilla, nul bruit dans la maison. A la rigueur, en penchant un peu l'oreille, juste en face de sa chambre, il était possible d'entendre le souffle lent et paisible de la dame aux cheveux roses qui se reposait encore, enroulée dans ses différentes couvertures derrière une porte close et verrouillée. La soldate était partie à l'aube après l'avoir délicatement embrassée, laissant un mot sur la table de la cuisine devant un copieux petit-déjeuner. C'était la moindre des choses qu'elle pouvait lui faire, surtout avant de devoir subir les adorables tentatives de sa garante pour remplir son estomac. Le plus intriguant était le message en lui-même, indiquant une série de chiffres, un rapide mode d'emploi du téléphone laissé à côté, mais surtout une ligne écrite en gros avec application. Tenant plutôt de l'ordre que du conseil.

« Appelle tant que Lied dort. FAIS-LE. »

La veille au soir, la jeune femme avait contacté une fois encore sa douce petite sœur qui, toujours aussi enjouée, n'avait pas refusé sa requête des plus spéciales. La plupart du temps, quand un individu de sexe masculin demandait à consulter le corps médical au sujet de son pénis, c'était pour un problème de levée. En cette occasion peu courant, Lied avait contacté sa sœur pour l'inverse, qu'elle puisse l'aider, même si cela impliquait qu'il se retrouve à gober des cachetons toute la journée. Elle se doutait qu'il serait plus serein s'il ne craignait pas toutes les deux minutes de la plaquer contre une surface et réduire la distance entre leurs deux corps un peu trop drastiquement. Qui de mieux que cette Mueller pouvait lui venir en aide ?

Cette même Mueller qui apparut en grand écran sur l'engin électronique une fois qu'il eut composé le numéro. Le lien de parenté était visible de manière assez frappante sur la figure plus jeune qui lui souriait avec entrain. La même bouille que Lied bien que des traits découpés plus durement, des cheveux bruns aux reflets légèrement roses, des prunelles chocolat, il était évident qu'elles étaient sœurs. La jeune femme se présenta rapidement, montrant même fièrement sa blouse blanche, avant d'attaquer sans préambule le vif du sujet.


« Alors monsieur le colosse, comme ça, on a la trique un peu trop souvent ? Ca doit pas être simple de se trimballer un manche toute la journée, j'comprends j'comprends. Bon, déjà, est-ce que t'as des défauts érectiles, malformation du prépuce, frein trop court ou... ? Hé, tu m'écoutes ? A poils ! »


C'était un peu comme aller chez le médecin, mais à distance. Elle lui demandait certaines informations, qu'il se tourne, se manipule lui-même, tout en prenant des notes sur une tablette derrière son bureau. Peut-être cela fut quelque peu gênant quand Feyril commença à lui détailler des comportements pour se calmer de manière efficace, contenir ou cacher ses désirs, ou des réactions un peu plus obscures. En dehors de cela, elle s'enquérait de manière plutôt classique de sa santé, d'éventuelles allergies, afin de lui expliquer que le bruit qu'il venait d'entendre derrière la porte d'entrée était un colis envoyé par ses soins contenant ce qui pourrait lui venir en aide en cas de gros besoin.


« Bon, je pense que tu devrais t'en sortir. Si jamais, tu trouveras quelques cachets qui pourront t'aider à te détendre et ne plus penser à ça. Et quelques anti-douleurs, aussi. C'est essentiel quand on rencontre Belphy et June. Surtout les deux en même temps. Bonnes vacances ! »


Fin de l'appel, deux pieds nus descendant les escaliers. Enroulée dans un gros peignoir douillet, Lied baillait, les cheveux ébouriffés, demandant quelle heure était-il et si tout s'était bien passé. Qu'il ne fallait vraiment pas s'inquiéter, surtout, que sa sœur savait ce qu'elle faisait, mais surtout que contrairement aux apparences, elle comprenait très bien la situation dans laquelle il se trouvait. La jeune femme venait juste de s'éveiller et semblait encore comater un peu, prenant bien du temps pour descendre chaque marche de l'escalier, même si son esprit était quant à lui bien éveillé, comme le démontraient ses dires. Le contraste la rendait presque adorable. Elle se dirigea ensuite simplement vers la cuisine pour se faire couler un café bien noir et épais, ayant hérité de sa mère cette fâcheuse habitude de ne décoincer pleinement qu'avec cette étrange mixture au fond de l'estomac. La première gorgée illumina son regard, la tasse se reposant sur la table, quand elle vint à la rencontre de son visage pour lui demander s'il avait envie de faire quelque chose de sa journée, alors qu'elle devrait sans doute travailler au moins deux bonnes heures pour sa part.

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 12 dimanche 07 mars 2021, 15:59:08

"Le monde est trop grand pour moi, maman.
- Alors rapetisse le ! Imagine que c'est une grande île. Tu l'as vois...?
- Ouais. Je la vois."

J'me réveille alors sur ses paroles.

Je quitte ce rêve pour cette réalité. Je quitte la ferme de mes parents pour cette chambre qui même malgré son confort n'est pas aussi chaleureuse que je le voudrais. Elle me renvoie à ma propre solitude. On aimerait que ça s'arrête, mais on peut pas. Juste, subir. En me relevant doucement, j'pouvais voir à la fenêtre qu'il était encore très tôt; l'émergences des premiers rayons caressent à peine la fenêtre de la pièce. Evidemment, j'pète la forme, même si j'avais pas dormi une seule minute. J'ai appris à dormir par habitude. Plutôt compliqué quand j'étais gosse, mais maintenant, j'en profite pour plonger dans mes songes les plus doux. Mon corps se repose peut-être pas ou ne ressens rien, mais mon esprit, lui, médite et profite de ce créneau pour se requinquer.

Le lit grince, les lattes couinent, et mes deux pieds trouvent le sol avant de prendre la direction de ladite malle pour chercher des fringues potables. J'trouve sans mal, un pantalon bleu marine, l'équivalent d'un t-shirt gris moulant, des chaussettes épaisses et une paire de chaussure de marche à ma pointure. En allant me débarbouiller la gueule à la salle d'eau, je me remets en mémoire la dernière conversation avec Lied. Putain, c'était pas joli. J'essaie de me rassurer, me dire qu'elle a peut-être comprit et que mine de rien ce n'est pas un argument pour me refoutre en taule. Enfin, j'crois. Dans tout les cas, j'oserai jamais faire une chose pareille malgré la difficulté qui m'attends.

La maison est silencieuse. J'entendais mes respirations raisonner dans le couloir mais aussi d'une occupante dans la chambre, j'suppose que c'est Mueller qui doit encore roncher et elle en a bien besoin, elle a donné beaucoup de sa personne ces derniers jours seulement pour moi et elle a droit au plus grand repos. Elle avait parlé d'une console de jeux dans le salon, alors j'me dis que geeker en déjeunant vite fait reste un bon programme. Mais c'était avant de remarquer ce papelard à côté d'une ripaille qui s'étale sur la table. J'pourrais tout descendre tout seul. C'est pour moi ?

Un coup de fil à passer. Sylphe ? Elle doit déjà être partie. J'compose alors directement le numéro et pose l'appareil sur la table. Ca attend pas longtemps et voilà qu'une nana se déploie holographiquement. J'ai cru voir Lied pendant une seconde. Mais non, ça n'a pas l'air et c'est après les présentations que j'pige que c'est sa soeur ? Mais pourquoi elle m'a demandé de l'appeler ? J'vais pas tarder à le découvrir, et va m'étirer une tête assez agacée.

« Alors monsieur le colosse, comme ça, on a la trique un peu trop souvent ? Ca doit pas être simple de se trimballer un manche toute la journée, j'comprends j'comprends. Bon, déjà, est-ce que t'as des défauts érectiles, malformation du prépuce, frein trop court ou... ? Hé, tu m'écoutes ? A poils ! »

J'hausse un sourcil. Les nerfs montent, et faute de mieux, faire exploser la maison ne va pas plus me détendre. Oublions la déontologie médicale, les confidences entre amis avec Mueller, tout ça n'existe pas visiblement. J'sais pas si je me sens trahis ou pas, mais une chose est sûre, je sais que j'vais devoir faire gaffe au prochaines confidences qui vont sortir de ma bouche. J'déglutis, échappant une expiration las et commence le déshabillage. Elle ne verra pas grand chose de plus qu'un homme classique si on omet les 2m20 et les 180 kilos qui se promènent un peu partout sur mon corps, muscles roulant sous une peau épaisse et velues à certains endroits.

Une énième fois où j'me fous à poils contre ma volonté, mais y parait qu'elle comprend, hein ? Commence alors l'interrogatoire sur mes antécédents, des réponses négatives qui s'enchaînent; que ça soit sur le gluten, le lactose, les graminées ou bien le béton d'un building traversé de part en part. Son regard intrusif ira plus loin sur l'analyse de mon pénis, j'veux pas assister à se spectacle alors je ferme les yeux, et attends que ça passe. Un œil s'ouvrira quand ça fait du bruit derrière la porte.

« Bon, je pense que tu devrais t'en sortir. Si jamais, tu trouveras quelques cachets qui pourront t'aider à te détendre et ne plus penser à ça. Et quelques anti-douleurs, aussi. C'est essentiel quand on rencontre Belphy et June. Surtout les deux en même temps. Bonnes vacances ! »

Anti-douleur ? Qu'est-ce qu'on va encore me faire ici ? J'réponds d'un signe de tête par dépit et ne patiente pas la fin de la transmission pour me rhabiller. J'avais envie de pulvériser un millier de choses. Mais est-ce que ce n'est pas un mal nécessaire ? Il n’y a pas beaucoup de gens qui savent ce que c’est, d’avoir la rage dans les veines. Enfin, ils comprennent, tout le monde comprend, au départ. Puis ils demandent au p’tit enragé un truc dont il se sent incapable, tourner la page. Personne comprend. Encore moins une nana qui pense être dans ma tête en voulant savoir ce que j'bouffe le midi ou s'il y a une tâche de naissance sur mes testicules, ou bien si ma queue est un peu trop courbé de cinq degrés. 

Belphy et June... Deux donzelles dangereuses y parait. Alors on va rester méfiant. Lied arrive sur mes dernières pensées. J'reste interdit à ses dires, même si sa petite voix douce et adorable proclame le prétexte d'une profonde bienveillance pour me faire gober des cachetons, j'ai quand même du mal à digérer la pilule. Parce que je n'arrive pas à admettre que j'ai un problème ? Possible. Mais surtout que j'aimerai que les choses se fassent convenablement pour une fois. Un flingue sur la tempe tout les jours, sans demander mon avis.

"Bonnes vacances" ? Mon cul.

La sénatrice revient avec une tasse chaude d'un parfum revigorant d'un café qui a l'air de faire beaucoup de bien. Qu'est-ce que j'veux faire ? Hm...

- Eh bien, j'vais commencer ce déjeuner. Et ensuite, pendant tes deux heures j'irai me dégourdir les jambes. En attendant, j'veux bien que tu me parles de ton pays. Je sais que tu es sénatrice, mais encore ? Et qui sont Belphy et June ?

Ma voix était ferme, rauque et ne traduisait pas une quelconque négociation. J'ai le droit d'avoir des réponses. Attendant la sienne, j'ouvre la porte et saisis le colis au sol. Déchirant le carton, plusieurs boites blanches sans noms génériques dessus. Des pilules. Tant qu'à faire, autant gober et tester. Mon organisme éliminera le problème si c'est mortel pour le commun terrien.

Et vous allez pas me croire mais... Mais on dirait que Lied est devenu d'un coup...

... Moins belle ? 
« Modifié: dimanche 07 mars 2021, 19:30:13 par Héraclès »

Lied Mueller

Humain(e)

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 13 vendredi 19 mars 2021, 16:02:33

Dire que Lied s'était fait un café était une douce phrase pour une réalité bien lointaine. Le liquide était épais, sombre, tâchait la tasse qui le contenait et semblait surtout brûlants, une blancheur vaporeuse s'élevant dans la pièce encore éclairée par les ampoules en cette matinée. Elle se brûlait toujours un peu la langue quand elle s'en faisait un, cette fois-ci ne faisait pas exception, mais cela ne l'empêchait guère de voir à la mine de son camarade qu'il n'avait pas apprécié son début de journée. Pour autant, elle ne le questionna pas. Tout d'abord car elle connaissait la déontologie de sa cadette, qui jamais ne dévoilerait ce qu'on lui avait confié dans ce cadre à peu près médical, mais aussi car elle ne voulait pas venir raviver une colère sourde. Héraclès fixait sa tasse avec une certaine insistance, aussi, la jeune sénatrice lui fit un sourire fatigué avant d'aller remplir une seconde tasse et la lui poser entre les mains, ramenant en plus deux tartines de pain qu'elle avait mises à griller ainsi qu'un petit pot de confiture. Quand la cuillère heurta la gelée rougeâtre, les deux yeux bleus de Lied se relevèrent pour écouter les questionnements de l'individu en face d'elle, clignant rapidement avec une espèce de surprise. Clairement, elle ne s'attendait pas à ce qu'il prenne ce ton-ci avec elle, ce matin, alors qu'elle émergeait de ses couettes. Feyril avait sans doute encore été trop vive, et cela lui retombait dessus. Quelque part, cela l'attristait un peu, mais soit, elle rebaissa les yeux sur son café, camouflant sa mine en étalant sa confiture de fraises.


« Je ne sais pas trop ce qui pourrait t'intéresser concernant Tekhos. C'est un état dirigé et dominé par les femmes, à la puissance technologique sans égale. Pour exagérer un peu les traits, c'est aussi un territoire neutre dans les conflits qui opposent les deux autres grandes nations qui prédominent sur Terra, aussi en raison du fait que Tekhos a son propre ennemi : les Formiens. En dehors de ça, ce n'est guère différent de ce que tu dois connaître. »


Deuxième gorgée de café, première tartine de faite. Etrangement, elle avait finalement envie d'une confiture de pêche, mais c'était trop tard, peut-être pour le goûter ? Sa main vint à pousser en direction d'Héraclès ce qui trônait depuis un moment sur la table : cela lui était destiné après tout, et non pour elle. Lied ne mangeait que peu le matin, résultat d'années à se lever barbouillée ou devoir être à jeun pour un énième examen. Un peu de pain grillé, de la brioche, des confitures et un café ou un verre de lait, cela lui suffisait amplement. Elle reprit donc de la confiture avec sa cuillère pour entamer la suite de ses explications.


« Me concernant, c'est réellement sans importance, mais bon. J'ai vingt-six ans, je suis sénatrice depuis trois ans, la plus jeune qu'ait vu Tekhos. Niveau famille je suis dans la norme tekhane : deux mères, une petite sœur, nées par assistance. Ma mère est exploratrice spatiale, ma parente directrice d'un institut spatial. J'ai été mannequin quelques années avant de faire mes études de politique. Mh... Sinon, ce qui me caractérise le plus, un peu comme toi ta force et ta carrure, c'est ce qui m'a valu un temps le surnom d'éphémère.

Si nous n'étions pas à Tekhos, je serais décédée peu après ma naissance. Je suis née avec une tare génétique, une absence de protection immunitaire, et quelques malheurs ont fait que j'ai passé mes premiers mois en soins intensifs. Une enfance joyeuse, mais dominée par des rendez-vous médicaux, des examens, des traitements trop lourds qui ont fait que j'ai eu un retard considérable. J'ai passé énormément de temps à l'hôpital, et cela ne fait que depuis mon entrée au Sénat que j'ai été opérée, afin d'avoir un système nano-technologique imitant ce dont je suis dépourvue. Cela ne fait donc que trois ans que je ne finis pas aux urgences parce que je me suis coupé un bout de peau. Est-ce que cela te convient ?
 »


La voix douce et chaleureuse de Lied prenait une teinte un peu sèche, agacée, mais aussi blessée. Le fait de se faire extorquer des informations lui déplaisait, plus encore quand elle faisait autant d'effort pour une personne, alors qu'elle aurait pu simplement faire ce qu'on attendait d'elle : détourner le regard. Un mâle, même pas de Terra, qui disparaît dans les méandres d'Eternum, qui s'en serait soucié ? Il aurait juste pu laisser les choses se faire d'elle-même, apprendre à la connaître comme cela se faisait naturellement et normalement, au lieu de quoi, lui forcer la main n'avait provoqué que la blessure de la jeune femme, qui ne supportait plus de devoir faire mention encore et encore de cette caractéristique, qui allait à coup sûr faire qu'il ne la verrait à présent que comme une créature effroyablement fragile. Le regard d'Héraclès semble s'illuminer quand il goûte un des cachets de sa sœur, mais Lied ne le relève même pas, trop concentrée sur sa tartine à demi-mangée, qu'elle repose finalement pour aller se chercher une assiette, sur laquelle elle la pose avec sa petite sœur.


« Quant à Belphy, c'est ma cousine, la meilleure mercenaire de Tekhos, adoptée par ma tante donc pas issue de Tekhos même. Violente, meurtrière, elle ne fait pas dans la dentelle. June est une de ses deux femmes, un peu dans le même genre mais en plus brutal et avec un appétit particulier. Je vais me mettre au travail. Essaye de ne pas trop t'éloigner, qu'une voisine ne crie pas au meurtre. »


Et la sénatrice remonta les escaliers en direction du bureau qu'elle s'était installée. Blessée, en colère, elle préférait rester seule et se concentrer à la tâche, laisser son protégé faire ce qui lui chantait, et espérait que tout s'arrangerait au plus tôt. Que tout ceci lui passe. Elle ne lui en voulait pas tant que cela, après tout, comprenait qu'il puisse en avoir marre, mais ne comprenait pas en revanche pourquoi elle méritait tout ceci. Lied ouvrit son ordinateur sur le bureau en bois tout en s'asseyant sur sa chaise, où elle avait déjà disposé la veille ses coussins et sa couverture pour être à l'aise. Et elle se mit au travail. Son esprit délaissa complètement l'autre habitant de la maison, ce qu'il pouvait bien faire, elle n'était que concentration sur ce qu'elle avait à faire, les documents à remplir, signer, rédiger, les appels à passer, les messages à envoyer, …

Au final, Lied fut absente presque trois heures, quand fut l'heure du déjeuner. Il y avait eu une étourderie concernant un dossier important qui avait nécessité toute son attention et bien des râles de ses collègues, et c'est donc une jeune femme toute aussi fatiguée que la première fois qu'elle descendit les escaliers qu'elle reproduisit cette action pour parvenir à la cuisine. De son semblant de colère contre Héraclès, de sa peine, il ne restait plus grand chose, un peu comme le carton éventré qu'elle était en train de ramasser et soigneusement plier pour le mettre à la poubelle. Il n'y avait plus rien dedans, de toute façon, Lied ne risqua pas un œil à regarder, refermant le couvercle avant d'aller observer le contenu du réfrigérateur. Quand elle entendit la porte d'entrée se refermer, de lourds pas dans son dos se rapprochant lentement, elle se tourna légèrement.


« Héraclès, deux ou trois poissons ? Promis je vais pas les brûler. »


Entre ses deux mains fines se trouvait du papier aluminium, qu'elle pliait en papillotes sur de gros filets roses de poisson, quelques herbes et du jus de citron. Elle ne les ratait que quand elle les oubliait, souvent tard le soir quand elle était épuisée, et était donc certaine de ne rien foirer cette fois-ci : elle n'avait qu'à les mettre au four et rester sagement devant, puisqu'à côté, une grosse boîte ronde fumait déjà, indiquant une cuisson automatisée de l'accompagnement. Repliant la dernière après quelques instants, elle se déplaça vivement en direction du colosse pour venir lui tapoter l'épaule, plantant ensuite sur lui une moue boudeuse.


« Je suis désolée pour ce matin. Je n'aime pas parler de ça. Ca m'a blessée et j'aurais pu mieux réagir. Je sais que c'est compliqué pour toi, tout ceci, et je voudrais que cela se passe au mieux. Ca sera prêt dans une vingtaine de minutes, et je n'ai plus de travail pour aujourd'hui. Tu as pu te promener aux alentours ? Si à un moment cela ne t'embête pas, j'aurai grand plaisir de t'accompagner. »


Au fond, même si Lied ne se l'avouait guère, même après trois ans de liberté, elle avait encore de nombreux réflexes de protection pour elle-même : elle se lavait souvent les mains, était toujours irréprochablement propre, mais aussi, elle évitait de sortir seule dans des lieux qu'elle ne connaissait pas, qui pouvaient être relativement dangereux pour elle, en particulier la campagne où un caillou se mettait toujours en travers de son chemin. Ou plutôt, de son pied et lui faisait embrasser le sol.

Héraclès

Créature

Re : Une chute aux cœur d'une cité matriarcale. [PV Lied]

Réponse 14 dimanche 11 avril 2021, 20:47:18

Y'avait pas de bons moments, et y avait pas de bonnes manières. Même l'empathie de la voir dans cet état n'existait pas tant que ça dans mon esprit. Nan, j'étais pris par la colère, la frustration de rien pouvoir piger, d'attendre, l'impression d'être dans une boîte si étroite et j'ai beau gueuler de toutes mes forces personne ne m'entend. Sauf Lied. Elle se met à parler, et j'peux enfin comprendre, même si la confiance n'était plus aussi présente. J'en ai oublié presque mon déjeuner, si la demoiselle ne m'avait pas fait une piqure de rappel en me le foutant sous le pif. Alors j'me fais violence. J'attrape une grande d'assiette d'œufs brouillés, éventre une baguette et avant d'y foutre une partie du plat à l'intérieur. Un bidon de jus d'orange que j'vide dans un grand verre puis mes doigts attrape à la volée des tranches de charcut' qui va rejoindre mon sandwich de fortune qui commence à disparaître aux premiers crocs.

La mastication est bruyante, une cacophonie pas agréable même si j'ai la bouche fermée. Mon regard reste acéré dans sa direction, et même si les choses deviennent plus claires, j'passe pas le meilleur moment de ma vie. Le cadre est dans un calme froid, et lourd. Éventuellement mon calme libidineux que j'parviens tout de même à savourer. Bizarre. Elle a pourtant toujours cette poitrine alléchante, ses yeux magnifiques, sa crinière rosée douce, soyeuse et parfumée. Mais, j'sais pas. Rien ne se connecte entre mes jambes. Mueller. Elle... Brille moins. J'vais pas m'en plaindre, au contraire, j'suis plutôt heureux de pas la violenter contre mon gré.

J'prends connaissance du quotidien d'une Tekhane en écoutant le sien. Elles se sont vraiment démerdé pour que les hommes servent vraiment à que dalle. Même pour faire des mioches elles ont des alternatives. Aurevoir la fécondation naturelle, tout est piloté par leur technologie. C'est presque effrayant. Elle a toujours été une figure si j'comprends bien, que ça soit dans le mannequinat et aujourd'hui la politique. J'me demande si sa mère exploratrice spatiale a pu aller sur ma planète quand elle était encore entière... Hm, nous le saurons probablement jamais. Sinon, j'réalise qu'elle est mon antipode. J'peux pas dire que je comprends ce qu'elle ressent. Quand j'étais petit, je pouvais facilement casser l'os de quelqu'un sans m'en rendre compte. Je n'ai jamais vécu les épidémies de grippes, et d'autres conneries à l'école. Faire des vaccins ne marchait pas non plus. Soit la piqure cassait, soit... La piqure cassait. Plus elle allait dans son passé plus sa voix prenait un ton plus sec, et émotif. J'ai mis un doigt où il ne fallait pas.

Faut croire que tout le monde vit avec leurs démons. Et visiblement, elle continue de se battre même si les cicatrices ont l'air fraîches. Et enfin...

Belphy.

Si les rares fois où j'en entendais parler me donnaient une vague idée de comment l'appréhender, les choses sont maintenant claires. J'ai vu comment ces soldates s'en sortent. Obsidienne, armes hypers dangereuses et s'en est fini de moi. J'espère pour elle qu'elle viendra avec assez de matos si elle ose venir me menacer. En attendant, j'mise sur la diplomatie de ma comparse pour éviter de transformer ce merveilleux endroit en champ de ruines. Quant à sa cousine, hm, j'attends de voir. Mais il faut espérer qu'elles ne viennent pas empiéter sur mon extraction. Pas le temps d'en placer une, elle se barre et me laisse là. La culpabilité commence à me travailler. Mais j'crois que je vais avoir besoin d'air. Alors j'gobe une autre pilule, termine ma bectance avant de sortir d'ici.

Une bouffée d'air. Putain, elle fait du bien celle-là.

C'était un peu comme mettre ma situation en pause, et saisir l'occasion de découvrir un peu le paysage. Là comme ça, j'dirais que c'est bien différent de notre propre planète même si le dépaysement est là. Fallait prendre une direction, là ? Non, plutôt par là. Ouais, non, plutôt par là-bas, j'le sens bien. Les mains dans les poches, j'fais mon bonhomme de chemin. Une campagne dont le relief reste quand même assez varié. J'approche après quelques minutes de la lisière d'une forêt. J'crois entendre des gloussements. J'me cache contre une pierre, et en échappant un regard furtif j'vois que c'est deux donzelles qui pique-niquent. Elles se prennent en photo dans un selfie attachant, puis s'embrasse en amoureuse avant d'attaquer leurs tartines. Hm, c'est mignon. J'reste un peu plus loin et m'engouffre dans la direction opposée. Me conduisant à un immense bassin. L'eau danse timidement au gré des brises légères, si propre qu'on y voit à travers. Quelques galets dorment sur le rivage, la tentation d'en prendre pour quelques ricochets est assez forte.

La première pierre saisit, elle siffle bruyamment dans un geste fouetté surhumain alors que le projectile fait des dizaines de rebonds. Putain, ça fait du bien. Libérant un souffle libérateur, la tentation est encore plus forte, alors je m'approche d'un rocher qui doit bien faire son poids, l'équivalent d'une bagnole peut-être. Il décolle du sol en arrachant la terre avec lui et dans un grognement, j'le balance dans le ciel alors qu'il rétrécie déjà à vu d'œil, pour mieux choir dans une bombe d'eau violente.

- Haha...Hahaha...

J'rigole de ma bêtise, puis me rappelle que j'dois me faire discret. Alors je reprends ma balade, pour deux bonnes heures encore...Mais l'esprit tranquille.

***

Après un soupir appréciateur, j'ferme la porte derrière moi. L'évènement de ce matin résonne simplement comme un vieux vestige qui tient plus debout, comme si j'avais laissé toute cette frustration à l'extérieur. Peut-être que j'avais besoin simplement de ça. Après tout, on m'a sorti d'une cage, pour me foutre dans un blindé avant de m'indiquer la chambre. Pas eut vraiment de moment comme celui-ci finalement. J'remarque sans mal ce petit bout de femme à la cuisine et une gêne commence à m'envahir subitement. J'y suis allé un peu trop fort, surement. Mais sa question a pourtant une note plus agréable que tout à l'heure, alors que j'me rapproche et répond spontanément de la même manière.

- Trois poissons, s'il te plaît. Oh, t'en fais pas, même brûlé ils auront le même destin. Que j'termine en tapotant mon estomac.

Pendant ce temps, j'me saisis d'une éponge et nettoie un peu la table avant de chercher des assiettes et couverts propres. Quelques fois, mes yeux fuiteront timidement vers elle, pour ensuite me concentrer sur ma besogne. C'est une main délicate sur mon épaule qui viendra attirer mon attention. Les pilules fonctionnent toujours, bonne nouvelle. Mes traits s'attendrissent dans l'évolution de son discours. On a vraiment fait n'importe quoi. La situation est vraiment merdique, et des fois, on perd le contrôle. Alors par imitation, ma main va engloutir son épaule, délicatement toutefois.

- Je...J'suis désolé, aussi. J'ai pas était très tendre, alors que tu m'as sorti d'un immense pétrin. Navré d'avoir fait resurgir des vieux démons. C'était pas le but, j'voulais simplement retirer un peu ce voile dans ce monde si mystérieux. J'ai tout foiré. D'accord, la table est prête, et c'est avec plaisir de t'avoir à mes côtés.

J'fends un sourire timide, puis tapote son épaule affectueusement avant de chercher de l'eau dans un pichet et du pain frais. Une révélation me vient alors subitement en tête alors que nous sommes à table.

- Tu vas rire, mais c'est la première fois que j'mange seul avec une femme. Certainement la première fois que j'me baladerais avec également.

D'habitude je n'en fais qu'une bouchée. Mais là, pour la première fois, j'profite simplement de la présence féminine avec toute la bienséance qui m'anime, et franchement, c'est pas si désagréable.

- Tu connais un peu le coin ? J'ai trouvé un magnifique bassin dans un immense bois. Que j'demande alors que le plat m'arrive sous le nez. Hm, ça sent bon. Bon app'.

Les premières bouchées seront aussi voraces que les dernières.

- Chi tu connais d'autchre chendroits, che veux bien te souivre ! Que j'articule la bouche pleine.

Sinon, j'veux bien jouer les guides improvisés. Et ne pas oublier ces putains de médocs.
« Modifié: dimanche 11 avril 2021, 23:10:09 par Héraclès »


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