Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Mona Duval

Humain(e)

Appelles-moi...[Stephen]

samedi 05 septembre 2020, 00:13:36

Il y a une pratique que j’ai toujours trouvé étrange. Je ne sais pas d’où elle vient. Quelqu’un le sait-il seulement ? Bizarre. Plus ça l’est, plus ça me plaît. Plus ça m’intéresse. Celle-ci est dérangeante. Elle laisse beaucoup trop de place au questionnement.

Il y a quelque temps, j’étais assise dans des toilettes publiques. J’étais ivre. Je puais l’alcool et la sueur. Le sperme aussi. Je ne me souvenais pas avoir coucher avec qui que ce soit. La robe noire que je portais, l’avais-je enfilé moi-même ? Est-ce qu’on me l’avait remise après m’avoir enfilée…Dans les vapeur d’alcool, j’avais peu de souvenir de la soirée. Quelque chose de mémorable, dont je n’aurai écho que dans les journaux. Un nouveau scandale à mon actif. La maison d’édition qui fait mine de grincer des dents. Je fais trop de bruit. Pourtant ils m'encouragent. Je me fais de la publicité. Le personnage est à la hauteur de ses écrits. Je suis un personnage. J'étais un pantin sur ces toilettes. Je crois que j’ai pleuré un peu. Je me sentais seule et sale. Je ne savais même pas où j’étais exactement. Je veux dire. Dans quelles toilettes. Les chiottes se ressemblent toutes. La crasse, l’odeur. Tout le monde pue pareil quand il fait ses besoins.

Jusqu’aux tags sur les murs. Le trou aussi. Est-ce que c’est par là que j’ai été arrosée ? Je puais et mon odeur commençait à m’insupporter. Dans ce petit cabinet. La claustrophobie me gagnait, mais il y avait des voix de l’autre côté. Depuis quand ? Je n’aurais pas su le dire à ce moment-là. Une partie de moi se demandait si ce n’était pas des amis, qui me cherchaient. Une autre me disait de la boucler. Il fallait que je rentre me doucher et me changer avant de croiser qui que ce soit. Et ma fierté a pris le pas. Je suis restée assise dans ces chiottes.

« Pour une pipe, appelle moi au…. » « Pour une bonne chatte humide, joins-moi au… » Ces phrases m’ont hantées plusieurs nuits durant après ça. Je ne sais pas pourquoi, dans ces toilettes qui puaient l’humanité, j’ai eu une révélation en les voyant. J’avais envie d’explorer le sujet. Pourquoi ne pas écrire une histoire qui démarrerait sur une rencontre. Un téléphone sur une porte de toilette. J’avais un sujet, mais il fallait que j’explore tous ces recoins avant de décider si oui ou non, c’était présentable. Ma maison d’édition avait besoin de quelque chose de nouveau de ma part. J’étais jeune, mais pas à l’abri d’être remplacée par quelqu’un d’autre. Même plus âgé. Je suis retourné faire la fête.

J’ai à nouveau bu, mais un peu moins. J’ai besoin d’avoir l’esprit clair pour ce que je vais faire. Pour ma petite expérience du moment, j’ai acheté un téléphone jetable et un feutre blanc. Quelque chose qui sera visible où que je l’écrive. Je l’écrirai partout afin de faire mouche. C’est risqué, mais j’aime le danger. L’âge m’a peut-être un peu assagie, mais je ne me suis pas endormie pour autant. J’ai besoin d’adrénaline et c’est le cœur battant que je m’enferme dans les toilettes.

La boîte résonne. Les murs crient. Les basses sont si profondes que je sens mon ventre vibrer avec les vitres. Assise sur les toilettes, plus propres que celles où j’ai eu ma révélation, je regarde la porte. Je me sens coupable. Elle est si propre. Si nue. Tout juste un chat dessiné dans un coin. Une bite grossièrement exécutée et une paire de seins difformes. Les gens qui dessinent dans les chiottes ne semblent pas doués en anatomie.

Je dé-bouchonne le feutre et je regarde la porte. Si elle avait des yeux, elle me fixerait probablement avec la même intensité. Mon prochain livre ce joue ici. Dans des toilettes un peu plus propre que la moyenne. Je me penche, les fesses vissées à la cuvette. Je ne veux pas risquer de me faire griller bêtement. Ils ne verront que des pieds. Mon feutre crisse contre la porte. Les numéros défilent entre le chat et les seins. La bite pointe vers la fin de ma phrase. Une invitation.

« Si tu cherches le plaisir, appelle-moi. Apprends-moi l’amour. Je veux la petite mort. »

C’est long et je déborde légèrement sur le mur à côté. Quand je sors, presque précipitamment, je percute quelqu’un et je marmonne. J’étais chez les hommes. Qu’il me dit. De sa voix d’ivrogne. Je suis une gonzesse et en tant que tel…il me jauge. Longtemps. Je sais exactement ce que ça fait d’être une vache à un concours bovin. Mais ça n’est jamais agréable. Et puis je veux m’en aller après mon forfait. Il se détourne et entre dans les toilettes que je viens de quitter. Le premier appel, je n’y répondrai pas.

Ça fait quelques jours maintenant que j’attends. Ma maison d’édition trouve l’idée brillante, mais ils ont peur que cela n’aboutisse à rien. Personne n’est assez bête pour appeler. On se dispute dans les locaux. Certains disent que ce n’est pas stupide. Des désespérés appellent parfois. Ou des personnes assez curieuses de savoir. Puis les autres disent que c’est n’importe quoi. Tout le monde sait qu’on met rarement son propre numéro. La preuve. Mona a utilisé un jetable. Mona. C’est moi.

« Ouais. Un choix de ma part. Je ne veux pas que mon numéro se retrouve sur des portes de chiottes. C’est vulgaire. »

Quand je dis ça, j’observe mon publique et je les vois rire, avec soulagement. Ils me connaissent depuis le temps. Je joue les saintes parfois, surtout devant le publique, mais à côté, je n’ai jamais eu peur du vulgaire. Jamais eu peur d’embrasser les préceptes de l’église de Satan. L’indulgence plutôt que l’abstinence.

En quittant le bureau ce soir, je suis crevée. Je me dis que ça ne marchera peut-être pas et que je n’ai pas d’autres idées. D’avoir attendu en me reposant sur mes lauriers, je n’ai rien mis d’autre en place. Pas de plan B, alors que j’en fais toujours d’habitude. Et j’ai perdu trop de temps à attendre un coup de téléphone. D’un pervers. Que vais-je faire si on appelle ? Je vais devoir m’offrir…c’est la règle. Laquelle ? Probablement celle des toilettes publiques. Est-ce que quelqu’un s’est déjà fait sucer après avoir passer un simple coup de téléphone ?

Je prends un verre de vin et m’installe dans mon salon. Spacieux. Je regarde un film sans avoir mis le son. J’essaie de deviner sur les lèvres. J’ai besoin de silence. Dans ma tête, ça fourmille. J’essaie d’attraper une idée, mais elles s’envolent à mon approche. Je bois un second verre. Le film a changé. Je n’aime pas l’actrice, pourtant je laisse. Le téléphone sonne et je décroche, ma voix se faisant machinalement sensuelle. Je me sens comme une de ces femmes dans les téléphones roses.

« Bonsoir, je suis Ruby. Que puis-je pour votre plaisir ? »

Ruby. Je préfère prendre un pseudonyme. Quelque chose de plus joli que Mona. Quelque chose qui donne envie. Pourtant, est-ce que moi j’en ai réellement envie ? Peut-être que je devrais raccrocher. Tout simplement. Et trouver une autre idée. Je porte le troisième verre à mes lèvres.
« Modifié: samedi 05 septembre 2020, 11:47:04 par Mona Duval »

Stephen Connor

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    Description
    Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 
    
    Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.
    
    Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.
    
    PS : Préfère les gros culs D:

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 1 samedi 05 septembre 2020, 01:13:07

Au milieu des enfers, entre plaisir et souffrance, il y a une fenêtre. Un minuscule carreau de verre, à travers lequel la curiosité peut trouver satiété. Dans les quartiers du Grand-Duc, il y a un démon avide. De tout. De pouvoir et de plaisir ? Mais le pouvoir et le plaisir sont des drogues qui ne durent qu’un temps. Un temps qu’on ne saurait mesurer à l’éternité.

Helel était son nom. Nonchalamment assis sur un fauteuil richement décoré, il observait. Une sorcière de conte aurait rougi d’envie en contemplant ce petit carreau de verre. Plus qu’un miroir capable de trouver la plus belle femme, cette fenêtre donnait sur les fils de la destinés, entremêlés.

De cette assise, à travers le carreau, le Grand-Duc voyait un endroit sordide comme il en avait tant vu. L’odeur du malaise et de la décadence. L’odeur de la chambre d’un roi parmi les rois, comme celle de chiottes d’une quelconque boite de nuit parmi des milliers. Des toilettes, vraiment ?

Un numéro apparaissait à ses yeux, et la fenêtre ne mentait jamais. Helel devait appeler cette personne, dont il ne savait rien. Insistante, la fenêtre refusait de changer de sujet, arrêtée sur l’image d’un numéro inscrit au milieu de graffitis scabreux. Certains auraient dit que cette vitre menait au destin de celui qui essayait de voir à travers. Pour le Grand-Duc, maître parmi les maîtres, ce n’était qu’un moyen de passer le temps, d’observer des choses insolites du monde des humains.

Le divertissement pour les démons millénaires, que les plaisirs infinis du Palais Infernal avaient lassés. Le beau diable caressait sa barbe, affalé sur son siège, seul témoin de cet étrange rituel. D’aucuns l’invoquaient en inscrivant des runes et en allumant des bougies, scandant son nom en sachant qu’ils y laisseraient leur âme.

« Jamais encore on ne m’avait convoqué en écrivant un numéro de téléphone au marqueur sur une porte de toilettes. » Soupira le colosse en décroisant les jambes, se penchant sur la petite vitre. « Qu’il en soit ainsi. »

Nul démon ne refuserait une invitation, aussi vulgaire puisse-t ’elle être. Helel tendit sa paume vers le plafond, alors que des nuages de fumée grisâtre entouraient sa main, l’engloutissaient dans un voile opaque. Un téléphone tout bête, passé de mode et tout juste bon à passer quelques coups de fil.

Le Grand-Duc, s’il ne méprisait pas ardemment les humains, n’accordait cependant qu’un maigre intérêt à leur technologie, à leur vie. Quelque chose le titillait pourtant. Le goût du neuf, l’envie de voir l’audacieuse personne qui attirait ainsi l’intérêt de la fenêtre, parmi tant de milliards de mortels.

Les lourds doigts du monstre s’abattirent avec méthode sur le clavier. Il sentait l’impatience des touches, comme si l’étrange création entre ses mains essayait de le presser. Helel ressentait presque la lassitude de Mona, le besoin de trouver l’inspiration en faisant une folie, en brisant un interdit.

Pas de réseau.

« Evidemment. » Le Grand-Duc souffla longuement, avant de se redresser. Ses vêtements déchirés et presque médiévaux bien vite remplacés par un simple costume noir, typique du dress code terrien. Restait juste à trouver un endroit. « Japon. » Dit-il de sa voix grave.

La fumée engloutit le démon tout entier, n’en laissant plus rien qu’un parfum boisé, ôtant sa forme à la créature. Se rematérialiser dans un autre monde était un jeu d’enfant pour un infernal comme Helel. Il avait atterri dans une petite cabine, près des côtes, loin de la civilisation. Juste assez près d’une ligne téléphonique, évidemment.

N’importe quel mortel du coin aurait affirmé que la confortable petite cabine avait toujours été là, alors même que le démon venait de la matérialiser pour ses besoins. Voilà bien l’une des rares fois où le doute pesait sur la personne qu’il aurait au bout de la ligne. C’était si intéressant pour un démon comme lui. Presque excitant, sans rapport avec le plaisir charnel sous-entendu par l’annonce.

« Ruby. » Répéta la voix rauque d’un ton légèrement amusé. « Je pense que c’est moi qui dois faire quelque chose pour toi. »

De l’autre bout du fil, la jeune femme à la voix sensuelle pouvait entendre le bruit des vagues non loin, du bois grinçant d’une chaise dans laquelle s’enfonçait son interlocuteur, serein. Les sens du diable, affolés, ne manquaient aucun son, même infime. Il aurait pu aisément s’imaginer la pièce dans laquelle elle « travaillait », s’il l’avait voulu.

« J’aimerais connaître les raisons qui poussent une jeune femme à donner son numéro de cette façon. » Il rit doucement, brièvement. « Mais tu vas me mentir, n’est-ce pas ? » Oserait-il lui dire qu’il le sentait à sa voix, à la façon dont il pouvait entendre qu’elle jouait un personnage ? C’eut été impoli.  Ne jouaient-ils pas tous deux un rôle ? Improvisant pour le plaisir de l’autre jusqu’à la petite mort ?

« Mon plaisir… Mon plaisir… » Le souffle grave du monstre semblait se répandre à travers le combiné, s’écrasant avec douceur contre le cou de Mona, malgré qu’ils fussent à plusieurs kilomètres de distance. Elle aurait pu avoir l’impression qu’il susurrait à même son oreille. Pire encore, elle aurait pu croire que cet homme dont elle ne connaissait l’apparence la prenait dans ses lourds bras musculeux, alors même qu’il réfléchissait à sa récompense. « Je ne saurais me contenter de te violenter avec amour. Il me faudrait ta dévotion entière, que tu m’appartiennes. » Il marqua une pause, tirant sur un cigare sorti de nulle part, de fumée grise, comme tout ce qu’il désirait. « Était-ce un peu trop direct, Ruby ? »

Mona Duval

Humain(e)

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 2 samedi 05 septembre 2020, 21:13:59

Je m’installe plus confortablement dans mon canapé. « Je suis Ruby ». Le film se déroule toujours, muet. Il y a un souffle au téléphone. Un souffle chaud. Je ne sais pas comment je le sais, mais je le sens. Je frissonne, comme si j’ai froid. De deux doigt, je tire un plaid turquoise sur mes cuisses et j’attends, légèrement angoissée. Nerveuse comme une jeune mariée lors de la Lune de Miel.

« Ruby. »

Sa voix est rauque. Basse. Si profonde que j’ai le sentiment de l’avoir dans les tripes. Je vibre. Je ne connais même pas la personne de l’autre côté. C’est excitant. Je vide mon verre, buvant mon vin que je mêle aux paroles étranges de mon inconnu.

« Je pense que c’est moi qui dois faire quelque chose pour toi. »

J’avais à faire à un petit rigolo. Ou quelqu’un qui connaissait les règles du jeu mieux que moi. J’aimerais lui demander ce qu’il entend par là, mais bien trop nerveuse. Ma main tremble et elle tremble toujours lorsque je me sers un quatrième verre. J’écoute, je ne parle plus. C’est mon plan, mais celui à l’autre bout du fil, en une phrase, me l’a volé. Je me sens idiote et j’ai envie de raccrocher.

« J’aimerais connaître les raisons qui poussent une jeune femme à donner son numéro de cette façon. »

Son rire est comme une onde électrique dans mon échine. Je m’agite sur le canapé, pliant et dépliant les jambes. Je porte le verre à mes lèvres, je commence à avoir chaud. Les joues roses. Je me sens idiote en plus de commencer à être soûl.

« Mais tu vas me mentir n’est-ce pas ? »

Pendant qu’il parle, j’écoute. Je ne sais même pas pourquoi. Ce doit être parce-que si je ne tiens pas, je n’aurai pas de livre à offrir à ma maison d’édition. Ils attendent sur moi. Je ne vais pas les décevoir.

« Je ne sais pas. »

Idiote. Bien que toujours suave, il va remarquer le tressaillement dans ma voix. Cette réponse brève. Qui est-il ? Si je lui demande, il va sûrement me demander qui je suis vraiment moi. Cette expérience est déplaisante. Hors de contrôle.

« Je l’ai fait pour d’étranges raisons. Vous ne comprendriez pas. Que désirez-vous ? »

Je ne peux empêcher mon ton de durcir. Légèrement. Je ne veux pas perdre mon temps avec quelqu’un qui s’amuse. J’ai besoin de matière à travailler. Pourtant je ne raccroche pas. Ma main garde contre mon oreille le téléphone, Comme si au fond, j’avais envie…c’est plus que ça. Besoin de l’entendre encore. Savoir ce qu’il va dire. Je maudis plus que jamais ma curiosité en cet instant.

« Mon plaisir…mon plaisir… »

Ce doit être l’alcool. J’ai si chaud tout à coup. Je laisse le plaid glisser contre mes jambes. Le simple contact du tissu contre ma peau me ferait presque gémir. Je dépose le verre sur la table base, la manquant presque. Un peu plus et je me retrouvais avec du vin rouge sur ma moquette en peluche crème. Le téléphone, pourtant, ne quitte pas mon oreille. A aucun moment durant notre échange. J’ai besoin de savoir. Que va-t-il se passer après ?

« Je ne saurais me contenter de te violenter avec amour. Il me faudrait ta dévotion entière, que tu m’appartiennes »

Une pause. Pendant qu’il parlait et même lorsqu’il se taisait, je sentais une présence. Quelque chose de chaud, réconfortant. Mais. Mais un sentiment de malaise m’envahit de plus en plus. Ce n’est pas normal et l’alcool ne m’a jamais fait ressentir de telle chose. Un mélange d’émotion particulier, entre l’angoisse, la peur et quelque chose qui ressemble à de l’excitation. Elle monte d’entre mes cuisses et envahit mon ventre.

« Était-ce un peu trop direct, Ruby ? »
« Moi c’est Mona. »

Ma voix est restée celle de la femme du téléphone, proche ma voix naturelle, mais je suis sincère cette fois. Je n’avais plus envie de jouer. Ou de mentir. Sa voix a d’autorité ce qu’il faut pour me faire me recroqueviller sur le canapé. Le visage entre les genoux, j’écoute son souffle rauque avant de me mettre à réfléchir. Je ne sais pas dans quoi je m’engage et pourtant, je m’entends parler. Les mots sortent comme mécaniquement. Pourtant, rien n’indique que ce sont des mensonges.

« C’est un pacte…que vous voulez n’est-ce pas ? »

Je suis Faust face au Diable.

« Si j’accepte…que va-t-il se passer ensuite ? Dites-moi ? Soyez direct. Je n’ai pas peur. »

Je suis morte de trouille. Enfoncée dans mon canapé, le combiné accroché à mon oreille. Il fait partie de moi maintenant. Il y a des publicités à la télévision. Des rasoirs, des gâteaux. Tout défile depuis tout à l’heure sans que je n’y prête attention. Le souffle rauque. Il fume. Qu’est-ce qu’il fume ? J’ai envie d’une cigarette. Je ne dois pas. J’ai envie de sentir des mais sur moi. Les siennes ? Je ne le connais même pas. Mais cette idée à quelque chose de malsain. Excitant.
Je suis morte de trouille.

Stephen Connor

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Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 3 dimanche 06 septembre 2020, 00:35:17

Quelle belle voix. Helel inspirait doucement à travers le combiné, comme un lourd souffle continuant ses caresses impromptues sur la peau de Mona. Il paraissait impensable que le démon puisse la sentir resserrer les cuisses, qu’il puisse toucher à pleines main son petit ventre chaud de désir et d’anticipation.

Pourtant, les doigts du Grand-Duc se sentaient sur la chair moelleuse et délicate de l’humaine, alors qu’il parcourait doucement le bois qui constituait les rebords de la fenêtre. Il grondait doucement d’approbation, presque comme le ronronnement d’un fauve, apaisant et terrifiant à la fois. Pensait-elle jouer avec un inoffensif pervers ?

« Si tu veux te toucher, fais-le. Arrête de décroiser tes belles petites jambes. » Il gronde, imposant de par le ton de sa voix. Helel n’a rien d’un maître cruel. Mais il est important de faire savoir à ses amantes que seule l’honnêteté est récompensée. « Tu as tort de ne pas avoir peur. »

Il resserre lourdement son énorme main sur le combiné, et comme le battement d’ailes d’un papillon, l’effet s’en ressent jusque dans l’appartement de Mona. Elle peut sentir le souffle dans son cou devenir emprise, ce souffle qui caressait son corps à moitié dénudé un peu plus tôt. Est-ce normal ? Est-ce l’alcool qui réveille cette chaleur entre ses cuisses ? La voix rauque et cruelle de son interlocuteur ? Le tabou de cet appel ?

Helel défait lentement les boutons de sa veste, de sa chemise. La chaleur du monde humain n’est rien face au brasier des enfers. Pourtant, il a chaud, terriblement chaud. Se baigner dans l’eau glaciale n’aurait d’effet sur lui. D’une façon inexplicablement audible par le téléphone, sa lourde main glisse contre son torse, de ses pectoraux saillants à ses abdos ciselés, s’arrêtant juste sous sa ceinture.

« Tu trembles. » Peut-elle ressentir la frustration qu’il ressent lui-même en ce moment ? Peut-elle sentir son entrejambe brûler de désir, tout en sachant que seuls ses doigts, seul le rebord de son assise peuvent réellement combler sa curiosité ? « Mona. C’est tellement agréable à prononcer. Ça me glisserait presque sur le bout de la langue. Mona. »

Le nom a un pouvoir que les mortels ignorent. Entendant enfin le vrai nom de la jeune femme, le démon fut parcouru d’un frisson d’extase. Il ferma les yeux, contenant ses pouvoirs, qui brulaient d’envie de lui décrire tout ce que vivait et voyait Mona. Il respectait l’intimité de cette parfaite inconnue. La découvrant à mesure qu’elle le découvrait.

Mais, jamais il n’aurait pu empêcher son imagination de suivre son cours. Jamais il n’aurait pu s’empêcher de sentir le parfum délicat à travers le combiné téléphonique. Amant brutal, possessif et cruel, il voulait s’approprier la moindre goutte, le plus petit effluve de ce parfum féminin. Encore… Encore !! De tout son être, il empêchait ses doigts d’aller rencontrer son sexe rudement titillé par la douce voix de Mona.

« Mona, tu peux m’appeler… » Il réfléchit un instant, se mordillant la lèvre un instant avant de surenchérir dans un souffle rauque. « Tu peux m’appeler Maître. »

Le coût… L’avait-elle réellement invoqué ? Avait-elle seulement un prix à payer pour avoir été la malheureuse cible d’un odieux destin ? Helel y songea un moment. En guise d’indice sur l’hésitation de ce fantasme vivant, il y eut un court silence, avant qu’enfin la voix du démon ne s’élève.

« Ton âme. » Dit-il d’une voix suave, plus envoutante et entêtante qu’un baiser moite et chaud, qu’une main insistante agrippant chaque centimètre de peau. « Je prendrai ton âme à jamais, je ferai de toi mon jouet. » Tu en as besoin, tu le veux, murmuraient des voix lointaines à l’oreille de Mona. « Ton beau petit cou sera serti d’un collier, ta bouche destinée à baiser la moindre parcelle de mon corps. »

Sentait-elle cette pression sur sa gorge, qui illustrait à la perfection les paroles du beau diable ? Et était-ce son imagination qui lui faisait ressentir d’insistants baisers charnus contre la nuque, le long du dos ? Mona n’était pas la seule victime de tourments. Helel aussi en ressentait la désirable cruauté, l’impatience inassouvie.

« Je veux te mordre, te gifler et te couvrir de baisers. » Il se mord doucement la lèvre, et l’espace d’un instant, l’humaine pourrait ressentir cette légère morsure contre sa propre bouche. La télévision semble cesser de passer publicité insipide sur publicité insipide, laissant place à une étrange scène. « Embrasse ce téléphone. Laisse-moi ressentir la pulpe de tes jolies lèvres. » Il ronronne de plaisir. « C’est un ordre. »

Sur l’écran se dessine Mona, allongée sur un lit aux draps de satin rouges. Elle peut se voir elle-même gesticuler et se cambrer, un inconnu au visage niché dans le creux de ses cuisses, dont elle ne discerne clairement que le large dos musculeux. Les bruits de succion obscènes se succèdent, laissent place aux sons moites de larges doigts prenant place dans son intimité trempée.

Délire-t’elle ? Ne connait-elle pas l’alcool et ses effets ? A-t’elle jamais connu hallucination aussi réelle ? Lorsqu’elle clignerait des yeux, la scène disparaitrait aussitôt, remplacée par une publicité quelconque. Brisant le silence, un souffle, chargé de tabac, à l’odeur boisée d’un épais cigare.

« Donne-moi ta bouche. » Ordonne la voix, impérieuse. « Dépêche-toi. »

Mona Duval

Humain(e)

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 4 dimanche 06 septembre 2020, 01:52:07

Je termine les dernières gouttes du verre. Lorsque je le repose, ma main ne tremble plus. Pourtant, je continue d’avoir peur, tout en me sentant rassurée par une chaleur inattendue. Je veux tout mettre sur le compte de l’alcool. Peut-être même que je me suis endormie sur le canapé en rentrant et que je suis en train de rêver. Pourquoi pas. Ce doit être ça.

« Si tu veux te toucher, fais-le. Arrête de décroiser tes belles petites jambes. »

Un frottement. Il caressait quelque chose. Lui ? Non. C’était comme lorsqu’on passe la main sur une table. Par mimétisme, je le fais tandis qu’il me dit de me toucher. Je n’en ai pas envie. J’ai envie de l’entendre encore.

« Comment…vous me voyez ? »

La trouille revient. Je commençais à y croire, à cette histoire de rêve. Mais ça virait au cauchemar. Je me sentais comme héroïne d’un mauvais film d’horreur. Lorsque je me déplace, mal à l’aise, sur le canapé, je sens en me réinstallant après avoir pris la bouteille de vin, que ma culotte est trempée. Ce simple échange téléphonique me faisait plus d’effet que la plupart des amants que j’ai connu dans ma courte vie. Je me recroqueville à nouveau. Il a dit de ne pas croiser les jambes.

« Quoi que vous fassiez, arrêtez. »

J’avais chaud à nouveau. Une chaleur enveloppante, qui devient vite éprouvante. J’ai la sensation d’une main sur ma nuque. C’est ma posture. Ce doit être ça. Je me redresse, mes cuisses s’écartent. Il m’a dit d’arrêter de bouger les jambes. J’ai obéi. Pas moi. Mon corps. Je ne me rends pas compte de ma position et je bois à même la bouteille. Du vin me glisse sur le menton, tâche le débardeur blanc que je porte sur ma lourde poitrine nue. Mes tétons forment de petits dômes avec le tissu. Je suis ivre.

Il se caresse. Non ? J’ai envie de lui demander. Cette question me brûle les lèvres, mais je ne soulagerai pas ma curiosité. Je bois. J’ai chaud et je relève lentement le débardeur sur mon ventre, je le coince sous mes seins. C’est comme si des tas de mains me caressaient. Des mains puissantes et chaudes. Ce n’est pas comme le fourmillement qui me gagne quand je suis défoncée. C’est autre chose. Une sensation que je ne peux pas décrire. Il n’y a peut-être même pas les mots. Pourquoi ai-je une impression de doigt sur un torse ? Comme si je me trouvais avec un homme qui…un homme. J’ai à nouveau chaud et ma main libre est passée du canapé à ma cuisse que je tends doucement. Je ne veux pas qu’il entende. Est-ce qu’il me voit vraiment ?

Tout ce qu’il dit est obscène. De sa manière de dire mon prénom à celle qu’il a de prononcer le mot « langue ». Mon ventre est dur et musclé sous mes doigts. Machinalement, je me caresse la peau, abdo après abdo. Je titille mon nombril, comme quand j’étais enfant. De temps en temps, j’arrête mes gestes pour prendre une nouvelle gorgée de vin. Ma bouche devient pâteuse, mais mes mot sont clairs.

« Comment pouvez-vous le voir ? » Je sors le doigt de mon nombril. Je me redresse et tente de percer la noirceur au dehors. Une ombre me fait sursauter. « C’est un jeu n’est-ce pas ? »

Je me laisse retomber dans le canapé. Une jambe tendue. Pied sur la table. Une longue chaussette blanche qui fait des plis sur la générosité de ma cuisse. J’ai perdu l’autre quelque part. sûrement dans ma chaussure. Je replie mon autre jambe, gardant les cuisses écartées. Je joue avec l’élastique de ma culotte, faisant apparaître et disparaître la roseur de mon sexe. Pour un publique imaginaire. Je frémis à chaque fois que le tissu roule sur mon clitoris déjà gonflé. J’ai peur, mais je suis excitée.

« Ce n’est pas un mensonge…mais c’est une jolie manière de me cacher la vérité. » Je marque une pause, lâchant un gémissement involontaire suite à un nouveau frottement. Le tissu s’imbibe, au moins autant que je commence à l’être. J’ai bientôt fini la bouteille. « Maître. »

Je suis presque amusée de la tournure que prennent les événements. Pourtant, d’un pas chancelant, le téléphone à l’oreille, bercée par le souffle rauque de mon interlocuteur, je me dirige vers la porte. Je dois être le tableau navrant de l’ivresse. Parfois, je m’accoude à un mur, tentant de garder l’équilibre. Je refuse de lâcher le portable. Je le garde précieusement. J’ai besoin de rester. Besoin. Je ferme quand même la porte à clef. Je vérifie les fenêtres, sans décrocher de sa voix.

« Ton âme. »

Je m’arrête au milieu du couloir. Je glisse le long du mur. Une nouvelle bouteille à la main. C’est du courage liquide. Je bois. Je répète dans un chuchotement « Mon âme ? » Et si je n’en ai pas ? C’est cliché de dire ça. Je me tais. J’écoute, son souffle. Le mien se mêle au sien. Plus rapide. Halètement de chien. Une chienne. Assise dans le couloir qui me semble soudain trop long. Je regarde le canapé que j’ai quitté et me lève pour y retourner. Je m’y installe, les jambes toujours écartées. Il m’a ordonné de ne plus les bouger. Décroiser ou recroiser. Écartée. Ça devrait lui plaire.

« Je prendrai ton âme à jamais, je ferai de toi mon jouet. »

Voilà qu’il fait des rimes maintenant. J’ai envie de rire. Je la réprime, parce que sa voix résonne dans ma tête. J’ai besoin d’eau. Je bois celle qui traîne sur la table. Le verre tombe, car j’ai loupé le meuble en voulait le reposer. Il ne se casse pas, je ne le ramasse pas. Je reste crochée à ce foutu téléphone.

« Et si je refuse ? »

Je n’aurai pas de livre. Je n’aurai pas d’histoire. Alors que l’inspiration me gagne, que ma main est entre le tissu et la chaire.
Ivre. Je suis totalement ivre. Je vais vendre mon âme à un inconnu.

« Vous êtes le diable ? »

Je ris. Un rire rauque. Je tousse, m’excuse. Je casse un peu l’ambiance sexuelle et tamisée. Je case les codes du téléphone. Mes doigts sont chauds et humides lorsque je les lève. Je regarde la brillance de mon excitation. Je la goûte. J’observe en souriant les petits fils visqueux qui relient entre eux mon index et mon majeure.

« Je veux te mordre, te gifler et te couvrir de baisers. »

Il allait me tuer. Je frissonnais alors que j’étais moite de sueur. Il faudra que je parle de ça à mon propriétaire. Ce n’est pas normal d’avoir si chaud alors que dehors ce n’est pas non plus la fournaise. J’essuie mon front du dos de la main. Je glisse mes doigts entre mes lèvres. J’étouffe en l’entendant. Comme une lourdeur sur la nuque. Une nouvelle rasade de vin, je bascule la tête en arrière, comme pour me débarrasser de cette étrange pression.

« Embrasse ce téléphone. Laisse-moi ressentir la pulpe de tes jolies lèvres…C’est un ordre ! »

Une part de moi ne veut pas obéir. Un inconnu dans un téléphone qui joue avec mes nerfs. Qui m’excite tout en m’énervant. J’ai envie de le détester, pourtant je reste là, suçant de temps en temps mes doigts après avoir effleuré ma féminité. Je suis trempe comme je ne l’ai que rarement été.

Le téléphone à un goût étrange. Lorsque je pose ma bouche dessus, que je l’embrase. Je me sens stupide. Comme lorsque toute jeune adolescente, je m’entraînais à embrasser avec ma main. Ma main était sucrée à cause des bonbons à l’époque. Le téléphone a un goût étrange. Vraiment étrange. Déplaisant. Mais je continue et m’arrête, comme si je me rends compte tout à coup de ce que je suis en train de faire. 

La scène se déroule toujours sous mes yeux et il peut entendre que j’apprécie ce que je vois car je gémis en même temps que la Mona de l’écran. J’ai envie d’être à sa place. Un inconnu entre mes cuisses. Je ne parviens pas à décrocher le regard de la télévision et mes doigts glissent en moi. Cambrée au bord du canapé, les pieds enfoncés dans les poils du tapis, je soupir, mon débardeur passé au-dessus de ma poitrine. Je ne pose pas le téléphone, j’ai besoin d’entendre son souffle et je veux qu’il entende mon plaisir. C’est malsain. Mais si je raccroche, j’ai peur d’avoir froid. J’ai peur de me retrouver seule dans le silence de mon appartement.
Les bruits obscènes me hanteront plusieurs nuits durant après cette rencontre. Humides. Succions. Je me retiens de justesse de ne pas me caresser furieusement jusqu'à la jouissance. Je veux patienter encore...j'ai toute la nuit.

« Je ne veux plus. » Il veut encore que j’embrasse le téléphone. C’est étrange et le goût sur ma langue à de la peine à partir. Je suis obligée de boire un peu de vin à nouveau, alors que je suis déjà ivre. « Je n’aime pas ce goût. » Je soupir, retirant les doigts de mon sexe. Je les porte à ma bouche. Il entend le son que cela produit et je reprends, tout en me léchant les lèvres. « Si vous me montrez encore les images d’avant, je fais ce que vous voulez. »


Tout se déroule comme dans un rêve. Je balance, absurde, entre la peur et la curiosité. Le plaisir et l’angoisse. Un bruit dehors me fait sursauter. Une voiture qui passe. Ses phares me font précipitamment fermer les stores. A chaque fois, je reviens sur le canapé, écartant les jambes, obscène. Je fixe l’écran, l’oreille attentive, la bouche entre-ouverte. J’ai de la peine à respirer. Par moment, c’est encore comme si quelqu’un parcourait ma gorge. Mon corps était la cible de ces étranges sensations, mais après ma nuque, ma gorge en fait les frais. Je pourrais raccrocher pourtant. Mais je ne peux pas m’y résoudre.

La main sagement posée sur mon genou, j’attends mon maître. Mon maître…pourquoi pas. J’ai déjà joué ce genre de rôle par le passé. Même si aujourd’hui, c’est comme si je jouais mon avenir. Une étrange sensation et ce n’est pas de mon prochain livre dont il est question.

Stephen Connor

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    Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 
    
    Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.
    
    Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.
    
    PS : Préfère les gros culs D:

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 5 dimanche 06 septembre 2020, 08:37:53

Elle était complètement ivre, son amant téléphonique pouvait le sentir également. Mais ce qu’elle lui faisait… Tout démon qu’il puisse être, Helel se sentait tout aussi ivre. Qui aurait pu penser qu’il serait si difficile de ne pas porter sa lourde main jusqu’à son sexe ?

« Peut-être l’ai-je simplement deviné. » Minauda le colosse de sa voix caverneuse. « Tu fais beaucoup d’efforts pour ne pas gémir, je me trompe ? »

Un long soupir quitta ses lèvres, devenant presque un râle rauque tandis qu’il jouait lui-même avec l’élastique de son boxer moulant. Aussi alors parfois, entre les murmures et les vagues, Mona pouvait-elle entendre le claquement discret de ce sous-vêtement, tandis que son interlocuteur se ravisait.

« Je viendrai la prendre de mes propres mains, si tu oses refuser. » Le ténor avait l’habitude de donner des ordres, à n’en pas douter. Il la voulait désormais. Pas juste son corps, pas simplement se plonger entre ses cuisses pour la laper avec désir. Non, il lui fallait la moindre parcelle de chair, la plus petite goutte de son parfum. « Pas le diable. Juste un diable. »

Une petite correction qu’il était bon de préciser.

Et voici qu’elle osait à nouveau le rendre brulant de désir. Helel n’était pas certain d’être le seul à mener la danse. Mais ce n’était pas une situation désagréable. Pour un être comme lui, les sons menaient à des images, les images à des sensations qui animaient tout son corps. Il frissonna intensément lorsqu’enfin Mona commença à franchement se toucher.

« Hmf. Mona… » Quel doux nom, un nom que l’on peut prononcer aisément dans un soupir, en se mordant la lèvre, une main glissant près de son sexe encore couvert de tissu. « Aaah… Quelle divine petite bouche. »

Il se moquait bien que le goût soit désagréable pour sa petite chose. Il voulait simplement que les sons deviennent images, que les images lui permettent de rêver ces lèvres moelleuses contre son corps. Qu’elle n’oublie pas le moindre centimètre de muscles. En même temps, il la lécherait et l’embrasserait avec autant de ferveur.

« Préférerais-tu le goût de ma bouche ? De mon sexe ? » Tant pis, elle gagnait cette fois, sans même le savoir. La lourde main du démon vint à son chibre douloureusement dressé, le saisissant avec à peine plus de douceur qu’il n’en montrerait pour le petit cou de Mona, quand son heure viendrait. « Des images ? Es-tu ivre ? »

Bien évidemment, elle l’était. Ce qui permettait au démon d’exaucer le souhait ainsi formulé sans trop se soucier des conséquences. Peu d’humains connaissant la magie sur Terre, il était de rigueur de ne pas en abuser. Mais au diable les rigueurs, car ce diable là avait faim de son amante.

« Ce doit être agréable, de pouvoir voir ce que l’on veut. Ce que l’on désire au plus profond de soi-même. » Comme pour illustrer ces paroles, la télévision sembla lentement revenir à la scène d’avant. Mona, allongée sur le dos et à la merci d’un véritable colosse, lequel lui agrippait les hanches, lequel venait lui mordre l’intérieur des cuisses sans lui laisser de répit, lequel se délectait de son intimité trempée. « Ce que je désire, ce serait d’embrasser ta petite bouche… »

Sur l’écran, la scène mouvait en accord. La figure massive nichée entre les cuisses de Mona remontait alors doucement, arrivant à son visage. Deux énormes mains se posaient sur les tempes de l’auteure tandis que la « caméra » se réajustait en conséquence.

Le visage de l’homme était difficile à discerner, hormis ses lèvres charnues, qui prenaient un malin plaisir à mordiller celles de Mona. Que de moiteur et de chaleur dans ce baiser, plus encore de bruits obscènes. Était-ce bien un homme, ou une bête sauvage avide d’un repas bien chaud ?

L’un comme l’autre, le cruel maître semblait prendre un malin plaisir à jouer avec cette Mona fictive, capturée par la caméra de l’imagination. Le salaud interrompait le baiser pour venir glisser ses doigts intrusifs dans la petite bouche accueillante, glissant sur le velours de sa langue avec insistance. Il la faisait doucement hoqueter, sans la moindre gêne, sans le moindre état d’âme.

« Je vais occuper toutes tes pensées. T’accaparer chaque seconde, chaque instant. » Elle devrait craindre ces paroles. Mais ce n’était qu’un jeu, pas vrai ? Il disait cela pour qu’elle mouille, pour qu’elle cède à l’ivresse. Après tout, il ne connaissait qu’un nom, et un pauvre numéro de téléphone. Elle pouvait bien se laisser aller… « J’ai envie de te chasser. Et je sais que tu le veux. Je l’entends à ton souffle, au bruit de tes doigts contre ta langue. »

La télévision n’en finissait pas de décrire la scène, d’accompagner le récit effrayant du beau diable. Enfin, un visage commençait à se dessiner. Mona pouvait apercevoir le regard calme et oppressant de son tortionnaire. S’en rappellerait-elle le lendemain, lorsque l’alcool aurait eu raison de ses souvenirs ? Helel pourrait-il vraiment occuper ainsi les pensées de cette amante fictive ?

Sur l’écran, le mâle délaissait enfin le beau visage de Mona. Il laissait un sexe démesuré reposer contre le ventre de l’humaine, promesse qu’il s’enfoncerait profondément en elle, laissant à peur et désir le loisir de s’installer confortablement. Puis, enfin, bourreau et libérateur à la fois, il s’y enfonça.

Lentement, lentement et inexorablement, le fer de cette lance de chair s’enfonçait dans les entrailles de la jeune femme. Il y allait doucement, la raclant avec insistance et réchauffant amoureusement sa petite chatte absolument trempée. Comme rappel de l’existence du maître, hors de cet écran ensorcelé, il y avait son souffle rauque, lequel accélérait doucement au rythme des grincements de sa chaise.

Mona pouvait aisément le deviner s’enfonçant dans son assise, de plus en plus lourd de désir, le subtil bruit du tissu comme seul indice du fait que lui aussi touchait son sexe. Pas plus que de raison, faisant durer le plaisir. Il se refusait à jouir, réservant sa divine semence crémeuse au corps de Mona. Bientôt, bientôt.

« Mon nom est Helel. » Dit-il dans un souffle. « Jure-moi allégeance, et je t’autoriserai à jouir. » Était-ce l’ordre ainsi formulé qui empêchait Mona d’atteindre l’apogée ? Le démon avait-il une si importante emprise mentale ? Ou usait-il de magie pour satisfaire son besoin de contrôle ? « Tu seras à moi, Mona. Que tu le veuilles ou non. Tu seras à moi tôt ou tard. » Comme une suite logique, la scène sur l'écran devenait de plus en plus floue, comme censurée, laissant passer uniquement les cris d'extase de cette Mona imaginaire, et les râles de plaisir d'Helel.

Mona Duval

Humain(e)

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 6 dimanche 06 septembre 2020, 19:08:33

Sa respiration s’est-elle alourdie ? Est-ce moi qui ai envie de le croire ? La mienne en tout cas est courte. Je bois par à-coup, je regarde toujours l’écran sans le voir. J’ai toujours trouvé que c’était assez abrutissant comme média. Je me laisse transpercer par sa voix de basse. Je frissonne à chacun de ses mots, resserrant les bras autour de moi. Je me recroqueville à nouveau, gardant les pieds écartés. Toujours. Il l’a ordonné.

Des voix bourdonnent dans ma tête. Ça fourmille. Comme lorsque je suis dans mon bureau. J’essaie d’écrire, mais il y a mes collègues qui chahutent. Ils parlent sans cesse. J’ai envie qu’ils la ferment. Mais les voix cette fois, sont différentes. Elles sont comme autant de caresse à mes pensées. Est-ce que nos pensées peuvent jouir ? Mon sexe est brûlant et j’ai envie de me caresser, mais quand il me parle, j’écoute. Je ne fais rien d’autre qu’écouter.

« Tu fais beaucoup d’efforts pour ne pas gémir, je me trompe ? »

Deviné. Peut-être que je suis en train de devenir folle. Parano. Toute cette pression. Il ne peut rien me faire n’est-ce pas ? C’est un numéro jetable et je suis une fille jetable. Il m’aura oubliée dés que j’aurai raccroché. N’est-ce pas ? Un petit rigolo.

« Peut-être bien. »

Je gémis en sourdine, comme je l’ai appris à force de rencontrer mes amantes, mes amants, dans des endroits publiques. Ne pas se faire attraper. Le goût de l’interdit. Ce que je fais avec cet inconnu, c’est pire que le faire dans un lieu publique. Parce que je ne sais pas à quoi il ressemble. Mais lui ? Les images à l’écran ? Dans mon cerveau brouillé, je tente de trouver des réponses, mais j’en oublie la question sitôt qu’il se remet à parler tandis que je tangue. Que je me caresse. Que je bois.

« Un diable prendrait ce temps ? Se déplacer pour moi ? Pour une âme qui ne doit pas valoir grand-chose ? »

Mon ton est susurrant. Velouté. Je me fais charmeuse pour un serpent que je ne peux pas voir. Est-ce que le dos qui est apparu sur l’écran lui appartient ? Est-ce lui ? Une actrice qui me ressemble…peut-être que finalement, c’est juste un canular de mes collègues. D’autres écrivains où…alors pourquoi je n’arrive pas à le lui demander ?

J’embrasse le téléphone, le goût affreux. Il grogne de plaisir et murmure mon prénom. J’ai envie de faire des choses sales. Tout à coup, comme ça. Juste parce-qu’il a prononcé mon nom. Si c’est un rêve, je ne suis pas certaine d’avoir envie de me réveiller. Si c’est la réalité, je devrais réellement arrêter l’alcool. Je repousse la bouteille, bien assez soûle. Je la regarde vaciller sans tomber. Je fixe l’écran. Je ne sais pas quand je me suis installée sur la moquette, sa douceur sous mes cuisses.

« Préférerais-tu le goût de ma bouche ? De mon sexe ? »
« L’un après l’autre. Je ne sais pas dans quel ordre. Un peu des deux. »

Je retire mes doigts de mon intimité lubrifiée. Salive et cyprine. Je suis trempée sans avoir encore jouit. Ma culotte n’est plus qu’un morceau de tissu trempé et froid. Je tends la main pour prendre la petite bouteille de lubrifiant dans la commode et je reviens au téléphone, je reviens à l’écran. J’attends. Il m’a demandé si j’étais ivre. Je le suis trop pour le lui dire. Articuler me semble compliquer aussi je m’impose de ne faire que de courtes phrases. Je ne veux rien gâcher.

« Je ne comprends pas tout. »

 J’ouvre la bouteille de lubrifiant, ma respiration devenant plus forte sous la concentration. Lorsque j’y parviens enfin, le téléphone laborieusement coincé entre mon oreille et mon épaule, je m’en mets partout sur les mains. Je ris doucement sans perdre une miette de ce qui se passe de l’autre côté du combiné.

« Mais j’aime ça. »

Mes pensées ne se bousculent pas. Elles ne pourront pas me plonger dans le désespoir comme ça arrive le soir, dans la solitude du salon. Cette maison est trop grande pour une fille seule. Un homme me l’avait dit un jour. Je ne suis pas seule. Les voix caressent toujours mes pensées. Je gémis parfois doucement au téléphone. Je ne veux pas précipiter les choses. Je suis bruyante normalement.
Je suis hypnotisée par l’écran. Je vois le colosse. Il malmène Mona. Il me donne envie d’y être. J’ai chaud. Je me caresse en rythme avec ce que mes yeux voient. Lorsque ses doigts s’enfoncent dans la bouche de Mona, je glisse les miens dans la mienne. Le lubrifiant s’est mêlé à ma saveur. Sucrée. Un amant m’a surnommée Miel un jour. C’était quand ?

« Vous êtes un tordu… »

C’est un feulement tandis que mes gémissements se font plus forts. Personne ne m’entendra là où je vis. Personne sauf lui. Le bel homme sur l’écran. Il n’est plus un inconnu sans visage. C’est un maître qui me fait oublier l’orgasme tant attendu. Je m’approche de l’écran, à quatre pattes et pose ma main sur le corps de l’homme. Plus le mien. Ma seconde main suit, je me sens folle. Ivre. Excitée.
Je ne l’écoute plus. Je reste face à l’écran, à quatre patte sur la moquette. Une chienne dans un salon. Je m’accroche au bord du meuble télé. Je n’ai pas vu si j’ai mis ou non le haut-parleur en posant le téléphone. Mais est-ce important ? Comme si au fond, je sais qu’il m’entendra de toute façon. Et que moi aussi…je l’entendrai.

Je deviens sensible au moindre bruit de l’autre côté du combiné. C’est étrange. J’entends mieux que lorsque j’avais l’appareil rivé à l’oreille. Les vapeurs d’alcool évaporent rapidement les questions et je laisse le plaisir m’envahir. Ma main libre est maintenant sous le tissu de ma culotte. Je me caresse sans plus de gêne, offrant à mon maître mes chants lascifs. Je me cambre comme si c’était moi à l’écran, mes ongles crissant sur le meuble. J’entends et sens son souffle. J’ai chaud.

« Helel »

Je gémis, me caressant sans parvenir à jouir. Je l’atteins presque, puis il s’enfui. Alors je soupire, m’accroche au meuble et continue, sans réussir à saisir tous les mots d’Helel. Car c’est ainsi qu’il se nomme.

« Comme si vous…pouviez contrôler ça… »

Ma main à quitté le meuble télé. Les ongles enfoncés dans la moquette, j’ai le visage contre et je crie de plaisir dans la peluche crème. Mon bras me fait presque mal et tout en retirant des doigts poisseux d’entre mes cuisses, je me redresse et attrape le téléphone, m’entendant dire sans l’avoir réellement pensé, vais-je seulement m’en souvenir demain…

« Je vous jure… » J’étais essoufflée. « Allégeance… » Mon clitoris est gorgé de sang et il m’appelle. Comme toutes ces voix qui me disent que je fais le bon choix en m’offrant à un parfait inconnu. « Helel. » De mes lèvres, son prénom ressemble à quelque supplique obscène. « Je vous offre mon âme. Mon corps. Mes biens. » J’ai la tête qui tourne, agenouillée comme une nonne devant l’autel. « Jamais je ne refuserai un ordre de votre part.  Je me soumets. En mon âme et conscience. » Pompeux. L'ivresse me rend pompeuse.

D’où ça sort tout ça ?
Ce n’est pas ma voix…

Celles dans ma tête se sont tues. Je reprends le téléphone, moins essoufflée. J’attends. Mes doigts sont pleins de lubrifiant et je caresse mes seins, jouant avec mes tétons que je fais glisser contre mes paumes. J’ai envie de me les faire percer. J’ai soif. Je gémis dans le téléphone, le prénom de celui que je dois appeler maître. Ce jeu prend une tournure des plus intéressante.

Stephen Connor

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Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 7 dimanche 06 septembre 2020, 21:01:56

Le beau diable transpirait légèrement. Nul doute qu’il aurait fait perdre la tête à son amante si elle l’avait vue ainsi, affalé de tout son long, les muscles saillants et couvert d’une fine couche de sueur. La main sur son sexe, il se caressait en susurrant le nom de son esclave.

Ce prénom soupiré sonnait si différemment dans les râles rauques du démon. Il avait envie de la toucher, de plonger au creux de son cou pour humer son parfum, avant de vraiment la gouter, sa bouche charnue contre le clitoris gonflé de Mona. Excité comme il l’était, Helel perdait tout contrôle sur sa magie.

Ce qu’il visionnait ne devenait pas réalité, mais s’en approchait. Aussi sûrement que son souffle avait maintes et maintes fois caressé la peau de l’auteure, voilà qu’il la ressentait désormais aussi sûrement que si elle était assise sur lui. Il était l’air ambiant, la moquette sur laquelle reposaient les cuisses moelleuses de l’artiste. Il était transporté là où elle vivait, comme un fantôme.

« Tu devrais faire attention à ce que tu promets. » Murmura la voix suave du démon. Cet enfer avait un goût de paradis, et peut-être même n’était-ce plus l’ivresse de l’alcool qui déstabilisait ainsi Mona ? « Tu pourrais le regretter. »

A l’écran, l’actrice se faisait alors étrangler par l’énorme main du Grand-Duc, bavant comme une petite chienne alors que ses beaux yeux se révulsaient. Elle était parcourue des spasmes de l’orgasme comme de ceux de la douleur. Mais y avait-il véritablement une différence, avec un maître aussi cruel ?

« Gentille fille. » Félicita Helel d’une voix douce et rassurante, quoique le stentor ronronnait tant qu’il en aurait pu faire tomber les murs. « Bonne petite esclave. » Il fallait s’offusquer d’être ainsi traitée, n’est-ce pas ? Pourtant le démon avait récompensé la docilité de son amante d’une façon toute particulière.

Sur l’écran, le séduisant salaud avait desserré son emprise sur le cou de Mona, s’affalant alors sur elle pour la couvrir de baisers chauds et attentionnés. Ses muscles étaient devenus non pas un outil pour la violenter, mais un cocon rassurant, un havre de bonheur, de protection. Il regarda alors comme à travers le quatrième mur, fixant droit dans les yeux la petite salope qui se touchait devant ce film érotique.

« Jouis, ma tendre Mona. » C’était un ordre.

Lui-même poussa un puissant râle, expressif dans l’orgasme, tremblant du bassin et contactant chaque muscle de son corps. Les acteurs du film également se mirent à jouir sans la moindre modestie, hurlant et soupirant. Mona pouvait voir le colosse à l’écran contracter cuisses fesses et muscles du dos ainsi que des bras, tandis qu’il s’enfonçait en elle pour lui offrir sa jouissance, sa semence parfaite.

Bleus, légères morsures et marques de gifles parcouraient le corps de cette fausse Mona, comme un tatouage temporaire témoignant de leur plaisir partagé. Maintenant que l’acteur laissait respirer sa partenaire, la vraie auteure pouvait voir à loisir que c’était bel et bien elle, au grain de beauté près, qui était dans cet étrange film érotique.

« Tu vas mettre un joli collier pour moi, pas vrai ? » Souffla le beau diable, dont on pouvait entendre l’orgasme dans le souffle court et chaud. « C’est ce qui va le mieux à une petite chienne soumise. »

Etrange coïncidence ou hallucination suggérée, le démon du film sortait de son chevet un collier noir de cuir, le passant avec délicatesse sur le cou de Mona. Juste assez serré pour qu’elle n’oublie jamais la sensation de sa main cruelle contre sa gorge. Et alors qu’enfin le film semblait se conclure sur un fondu au noir, Mona put voir la dernière scène : Helel sortant également de petites aiguilles couvertes de désinfectant, et deux jolis petits piercings pour les mamelons de la jeune femme.

« Je vais t’apprendre à m’aimer vraiment, ma Mona adorée. » Doucement, le mâle déposa un baiser sur le combiné, que l’esclave put réellement ressentir contre ses lèvres. Pas de quoi la dérouter avec tous les évènements étranges qui étaient arrivés en même temps, sans doute.

« J’ai envie de jouer à un jeu de mon cru, avec toi. » A quoi bon ? Commençait-elle à réaliser que son amant n’avait pas pour idée d’en rester à ce petit échange téléphonique ? « J’aimerais que tu viennes visiter ma cabine, quand tu auras le temps. » Elle l’entendit se redresser puis se rhabiller, ouvrant une porte alors que le bruit des vagues laissait comprendre qu’un orage se préparait, là d’où appelait le maître. « Il y aura des instructions pour toi. »

La lucidité parcoure hommes et femmes après l’orgasme. N’importe qui aurait réalisé le danger de continuer cet appel, cette conversation, ce jeu pervers. Mais Helel était un démon, une flamme dans la nuit, et il comptait bien faire en sorte que Mona s’y brule.

« Bonne nuit, mon petit jouet. N’oublie pas de te trouver un collier. » Il raccrocha aussitôt. Le seul souvenir de cette soirée, pour Mona, serait un historique d’appel, et un SMS avec pour seul texte une adresse : l’adresse d’une petite cabine rustique au sommet d’une falaise, surplombant les cotes maritimes Japonaises, non loin de Seikusu.

Le beau diable avait laissé quelques objets dans la cabine.

Un bandeau pour les yeux, quelques cordes et cravaches. Il y avait aussi un lit moelleux et confortable, faisant face à un large miroir. Et, en guise de dessert, une note rédigée d’une écriture élégante, dont l’encre semblait animée, mouvant très légèrement à chaque instant.

« Mets ce bandeau et prosterne toi devant mon lit. Alors je viendrai te faire connaître la douleur et l’extase. » Lisait le papier.

A son tour d’être convoquée.

Mona Duval

Humain(e)

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 8 lundi 07 septembre 2020, 21:37:20

J’ai bien trop chaud. Je me lève, moite et le bras engourdi. La main poisseuse. J’utilise celle qui l’est moins pour ouvrir en grand la porte fenêtre qui donne sur la terrasse. Je n’ai plus peur de la voix dans le téléphone. L’alcool m’a fait apercevoir celui que je désir être celui qui m’a parlé toute la soirée. Je regarde les étoiles au dehors, bercée par la respiration rauque de mon partenaire. Le téléphone est si loin pourtant.

Chaque fois qu’il murmurait mon nom, j’étais en transe. Je l’entends à présent dans le vent qui vient rafraîchir ma peau humide. Je brille, sans être une étoile.

Je reviens à la table, me remet par terre. Il y a du lubrifiant partout sur ma moquette. Dommage. Je l’aimais bien. Le doux ronronnement de ses râles de plaisir, les bruits obscènes qui montent de la télé. Du combiné. Où qu’il soit en réalité, j’ai envie d’y être. Le chevaucher sous la Lune et hurler au loup. Hahaha. Je suis conne. Je suis ivre.

Je prends le téléphone et le pose sur le sol, me mettant à quatre pattes, le visage au-dessus de l’appareil. Je porte une dernière fois la bouteille à mes lèvres et envoi son cadavre rouler plus loin.

« …tu pourrais le regretter. »

Non. Je ne regrette jamais. J’essaie de me persuader que si les choses se font d’une certaine manière, c’est que l’univers en a décidé ainsi. Je crois beaucoup en la force de l’univers. Mais je ne vais pas me lancer, complètement bourrée, dans une conversation de comptoir. Il y a des choses plus intéressantes à faire. Je n’ai pas tout écouté cette fois, mais la fin était le plus important je crois. Cette phrase qui me reviendra souvent après cette nuit.

Je me rends compte aujourd’hui, en cette nuit agréable et chaude de fin juillet, que le vent m’excite. Son souffle qui passe sur mon corps à intervalle régulier me fait frissonner et me donne envie de recommencer mes caresses. Mais j’attends. Je dois me calmer. Si je me caresse trop longtemps, trop fort, alors je vais jouir. Je gâcherais tout en me laissant aller maintenant. Chaque chose en son temps…

Je suis un bonne petite esclave. Il l’a dit. Une part de moi hurle. Ma féminité se défend d’être traitée ainsi. Mais une autre part aime ça et se flatte d’avoir été ainsi vue. Je suis indécise de nature, mais l’alcool aidant, la soumise et docile petite pute, n’ayons pas peur des mots, dirige à nouveau sa main entre ses cuisses.

Je me caresse lentement, appuyant plus fortement sur mes zones sensibles. Tout ce que je vois à la télévision me plaît, mais…je ne regarde pas toujours. Je me laisse submerger par des vagues de plaisir qui me font presque peur par leur intensité. Je relève la tête un instant. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. C’est comme si quelqu’un m’a tiré les cheveux par derrière, me forçant à voir quelque chose. Ce quelque chose, c’est un regard et une voix. C’est tout ce dont je me souviendrai de ce que je penserai être un rêve. Absolument tout…ou presque.

« Merci…maître… »

Ma voix se brise. Je jouis. C’est si fort que mon cri résonne dans le quartier. Le vent s’engouffre au même moment que j’entends mon interlocuteur atteindre sa petite mort. J’ondule du bassin contre ma main, m’arrêtant lorsque je me retrouve essoufflée. Le corps vibrant encore. Tremblante. En sueur. Ce n’est pas moi qui ai fait ça si ?

Lorsque je me laisse tomber sur les fesses, mes omoplates contre le siège du canapé, je regarde l’écran qui me montre avec celui qui dit s’appeler Helel. Je reprends le téléphone dans ma main. J’ai la tête qui tourne. Le corps de la Mona de l’écran est indescriptible. Il est marqué de partout. Le mien pas. Je retire ma culotte. Elle ne ressemble plus à rien tant elle est mouillée. Lorsqu’elle atterrit sur le carrelage plus loin, elle fait un petit bruit humide. Je ris au moment où je vois Helel percé les tétons de mon clône. Je ne peux empêcher mes mains d’aller vérifier. Je susurre. « Est-ce réel ? » Sans réellement m’en rendre compte. J’ai la bouche et la gorge sèche. Je remets de l’ordre dans mes cheveux et m’approche de l’écran, à nouveau agenouillée. J’entends la voix de ma mère quelque part. « Ne t’approche pas autant de l’écran Mona ! Je te préviens ! » Mais elle ne peut être là.

« Un joli collier. » Je caresse la gorge encore nue de Mona. Puis la mienne, tout en laissant mes fesses aller contre mes mollets. Toute droite, installée comme une enfant sage. Je fixe l’écran, écoutant attentivement mon maître. Helel m’a fait quelque chose. Je ne saurai peut-être jamais quoi. En tout cas, demain je ne m’en souviendrai plus. « Pour mon maître. Avec des boucles… » Je soupire. Je sers un instant ma gorge, me mordant la lèvre.

Je réponds parfois longtemps après qu’il ait parlé. Perdue dans la contemplation de nos corps. Je nous trouve beau. J’ai envie de toucher ses muscles. J’ai envie de me faire malmener. Même si j’ai la sensation désagréable que l’alcool me fait délirer et que demain, ce ne sera plus que des bribes de souvenir. Il joue avec moi. Il ne rappellera jamais.

Le vent est doux. Je ferme les yeux. Il est chaud. Je sens un contact sur mes lèvres, mais je n’ai pas peur. Jusqu’à maintenant, tout s’est passé agréablement. Pourquoi est-ce que ça changerait ?

« J’ai envie de jouer… » Moi aussi. J’ai envie de jouer.

Il ne va pas me quitter. Il veut qu’on joue ensemble. J’aime jouer. C’est un par risquer d’accepter, mais je me suis conduite comme une chienne toute la nuit. Je peux bien risquer un peu plus de ma dignité dans l’aventure. Je soupire. J’écoute.
« Je… » Ne suis pas certaine que c’est une bonne idée. Jusqu’à maintenant, c’était un jeu inoffensif. « J’irai à cette cabine. » Un nouveau soupir. Merde. Qu’est-ce qu’il m’a pris. « Bonne nuit maître. »

En raccrochant, je me rends compte de ce que je viens de faire. Je viens de trouver la trame de mon prochain livre. Tout en ramassant le bordel que j’ai mis dans le salon, je réfléchis à ce que je vais pouvoir faire de tout ça. Je réfléchis à ce que je vais dire à ma maison d’édition. Je ne vais pas tout leur raconté, mais leur dire qu’en tout cas, c’est une bonne idée que j’ai eue là. Ils ne pourront pas dire l’inverse. Pas avec tout ça. Aussi, demain je vais aller à ce point de rendez-vous. Je ferai, au pire, comme dans les films. Je dirai à mon assistante d’appeler la police si jamais je ne reviens pas au bout d’un ou deux jours. Je titube vers la cuisine et envoie bouteille et verre dans l’évier.

Dans la salle de bain, la lumière est trop vive et j’ai envie d’éteindre, mais je risque de me faire mal. J’entre dans la douche sans avoir retirer mon débardeur. Ni ma chaussette. Je fais couler l’eau puis je m’en rends compte. Je termine pourtant de me laver pour ensuite laisser mes vêtements trempés dans le lavabo. Demain je me demanderai ce que ça fou là.

Ivre et sonnée par le plaisir de cette rencontre, je suis obsédée par le prénom qu’il m’a donné. Helel. Je le dis à haute voix et je ris. Je gémis. J’ai oublié de fermé la porte fenêtre. Je reviens sur mes pas, voyant la télé allumée avec plus qu’un écran bleu. Dans ma rétine sont imprimées les images que j’y ai vu dans la soirée. Je frissonne et éteins le poste. Je ferme à double tour portes et fenêtres, puis je vais me coucher. Il faudra que j’achète un tapis. Un collier aussi. Je veux des piercing aux tétons. Je veux…un tas de choses. Je ne sais plus. Il faut que je dorme. Que j’arrête l’alcool aussi. Est-ce que j’ai rêvé ? Peut-on rêvé en dormant déjà ? Ta gueule Mona. Et dors. J’ai le sexe en feu.

Demain, j’irai.

Stephen Connor

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    Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 
    
    Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.
    
    Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.
    
    PS : Préfère les gros culs D:

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 9 lundi 07 septembre 2020, 22:39:59

Le temps était sombre. Sur la ville pesaient des nuages gris et épais, à tel point que le soleil semblait être un lointain souvenir. La morne couleur déteignait sur les bâtiments, sur les lumières environnantes. Comme une froide journée d’hiver, le vent semblait mordre la peau des passants.

Du domicile de Mona jusqu’à la fameuse cabine, il y avait un trajet d’à peu près deux heures en train. Peut-être trois selon les aléas du petit bus de campagne qu’il fallait emprunter par la suite. A mesure que l’on s’enfonçait sur les côtes, que la campagne remplaçait la ville, on pouvait voir le soleil resurfacer, noyant les champs de son éclat doré.

De la ville à la gare, de la gare métropolitaine à la petite station de campagne. L’accent des gens changeait légèrement, la chaleur de leur regard comme un parallèle à celle du soleil qui nourrissait leurs récoltes. Le vacarme des voitures et des pédestres mourrait sous le calme serein du vent froissant les hautes herbes, des animaux et insectes nourrissant le cycle de la vie. Les oiseaux dominaient le paysage sonore. Des rossignols japonais, dérangés parfois par le piaillement agacé d’un unique corbeau noir et brun.

L’occidentalisme outrancier s’effondrait devant la tradition, alors que les gratte-ciels devenaient pagodes et minka symétriques, formaient un ensemble de couleurs évoquant une toile habilement peinte. Ce dégradé du blanc au jaune, du jaune au rouge, menait d’un bout à l’autre de la ville.

Comme de curieux détectives, les oiseaux semblaient suivre la jeune femme. Surtout ce beau corbeau aux ailes de jais et à la parure brune, qui venait parfois sautiller à coté de Mona, la pistant sans discrétion. Sentait-il qu’elle était une touriste, prête à lui donner quelques miettes ? Ou une personne égarée, dont il pourrait soutirer quelque objet brillant que ce soit ?

Il restait toujours suffisamment à distance pour qu’elle ne puisse le toucher, bien qu’il ne respire aucune timidité. Peut-être était-ce là simplement toute la politesse de Sieur Corbeau, n’osant envahir le précieux espace de Dame Mona. L’étrange guide était pourtant utile par moments, guidant la jeune femme à travers le dédale en prenant un peu d’avance.

Mais le pèlerinage était tout de même ardu. Il fallait marcher à travers les rues rustiques, le long d’une colline abrupte, jusqu’à une étrange petite maison. En bordure du village, le surplombant de sa petitesse, se trouvait l’adresse finale. Cassant avec l’allure japonais de l’endroit, il s’agissait d’une cabine évoquant celles qui peuplaient les montagnes européennes.

Le bois était sombre et méticuleusement ciré. Sans doute de l’acajou. Une fenêtre accompagnait la porte d’entrée, large et composée de quatre carreaux. Mais il était étrangement impossible de voir à travers. Simplement, Mona pourrait y voir son propre visage. Ou bien…

L’œil averti remarquerait peut-être de légers détails. Si elle voyait son poignet dans le reflet, peut-être constaterait-elle les marques discrètes de brulures liées à une corde. Qui irait décemment lever sa chemise pour y voir de beaux bleus, qui donc écarterait une mèche pour voir les suçons orner son cou délicat ?

« CAW ! » Piailla Anqar, car tel était le nom de ce corbeau. « Caw. Caw. » Brillante distraction, pensa-t’il.

S’étant assuré d’avoir protégé le secret de cette fenêtre, l’oiseau s’envola alors pour de bon, n’offrant pas le moindre regard en arrière.

La porte était déjà entrouverte. Mais depuis combien de temps ? Helel était-il négligent ou juste amateur de mise en scène élaborées ? Mona devait bien se douter de la réponse, son corps entier devait bien s’en souvenir.

Pour l’intérieur de la cabine, il était simple et élégant à la fois. Dans le coin droit, il y avait un petit bureau sur lequel ne trônait aucun stylo, simplement quelques pages blanches et des livres dans un alphabet inconnu. Peut-être était-ce un genre de langage persan ?

Immédiatement sur la gauche, il y avait une porte laissée bien ouverte sur une salle de bain dotée d’une  baignoire carrée et carrelée, qui était incorporée au bois de la maison. Elle était spacieuse, prenant aisément la moitié de la place dans cette petite salle, accompagnée d’un évier qui paraissait alors minuscule, surplombé par un grand miroir.

Au fond à droite, il y avait un petit espace cuisine somme toute assez modeste. Les placards étaient tous fermés, ne laissant aucun indice quant à l’alimentation d’Helel. Plus étrange encore, si Mona venait à vouloir se servir quoi que ce soit, elle remarquerait l’impossibilité d’ouvrir la moindre porte de placard.

Seule trônait une bouteille sur le comptoir. Une bouteille de vin sans étiquette, à l’air familier, peut-être. A côté, il y avait un cendrier dans lequel reposait un cigare fumé depuis longtemps déjà. Une fenêtre et une chaise en bois renforcé de cuir doublé. L’endroit depuis lequel Helel l’avait torturée avec amour, à n’en pas douter. On pouvait entendre les vagues proches, d’ici, même la fenêtre fermée.

Deux dernières portes au fond à gauche. Une petite donnant sur de modestes toilettes, à n’en pas douter. L’autre était plus grande, et bien ouverte, mettant en évidence la raison pour laquelle Mona était venue ici.

Un lit aux draps rougeoyants, à l’air moelleux et chaud. Dessus trônait un morceau de tissu, maintenu en place par une lettre scellée dans la cire. Pas le moindre bruit, pas la moindre trace de cet inconnu dont l’auteure pensait connaître l’apparence. Mais elle avait déliré, pas vrai ?

En jetant un œil dans la pièce, Mona pourrait voir des fouets, cordes douces et autres liens destinés à la faire souffrir de plaisir.

Mais le jouet le plus important restait le papier replié sur le lit.

La lettre attendait, ses instructions claires et indiscutables.

Mona Duval

Humain(e)

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 10 mercredi 09 septembre 2020, 17:41:18

Spoiler (cliquer pour montrer/cacher)

Ce matin, je me suis levée avec la gueule de bois. En voyant l’état du salon, j’ai soupiré. Donc ce n’était pas un rêve. Hier au soir, j’ai trop bu et j’ai visiblement basculer du côté lubrique de la force. C’est embêtant. J’aime bien ce foutu tapis. Mais l’amener dans une blanchisserie, je risque de passer pour la dégueulasse du coin. Avec ma réputation déjà bien ancrée dans le collectif publique, je crois que je vais éviter. Autant en racheter un. De toute manière, j’allais en changer un jour non ?

C’est répugnant. J’ai failli marcher dedans en plus. Je ne sais pas si c’est uniquement du lubrifiant, alors dans le doute, je n’y touche pas, contourne mes bêtises et me dirige directement vers la salle de bain pour prendre un cachet. J’ai l’impression qu’on me marche sur le cerveau. Avec des talons aiguilles. Mon reflet me fait peur. Je suis pâle. J’ai des cernes. Je prends un second cachet. Ça ne peut pas me faire de mal.

Je traîne. J’essaie de ramasser les bribes de ma mémoire. Ce salon s’appelle amnésie. J’ai tout oublié, ou presque. J’ai rêvé toute la nuit. Des rêves nauséeux parfois, mais souvent agréable. Étrange. Excitant. Tant que je gardais les yeux fermés, alors ça allait. Si je les ouvrais…tout tanguait. J’étais sur un bateau -lit. Helel a été un mot, prénom ? Qui m’a envahie la tête comme un de ces jingle pub dont on ne se débarrasse qu’en le remplaçant par autre chose. Une autre chanson. Une autre mélodie. Je suis crevée.

J’ai mal partout.
Je suis vieille.

Après avoir déjeuner, je me rends compte que je n’ai pas appeler ma maison d’édition pour leur dire que la mission est en bonne voie. J’ai eu quelqu’un au téléphone et c’est un tordu, mais un tordu intéressant. Je ne vais pas tout leur raconter. Les hallucinations, les doigts poisseux, la culotte trempée. Je ne parlerai pas non plus de ce que j’ai cru entendre, voir ou faire. J’étais tellement ivre. Ils ne comprennent jamais quand je me bourre la gueule. Pour eux, c’est un cliché de l’artiste torturé. Je ne suis pas torturée. Certains disent que je ne suis même pas une artiste. Moi ? Je m’en fou. Depuis hier, j’ai une seule chose en tête. Retrouver le téléphone jetable. Je ne sais pas exactement pourquoi je veux remettre la main dessus. Mais je sens que c’est important.

Je prends une douche, histoire de me décrasser définitivement, puis je cherche le téléphone, profitant de devoir rouler la moquette pour la jeter, afin de regarder dans chaque recoin. Il est sous le canapé. Je l’allume. Il est tout collant. Des empreintes de doigts salis partout. Répugnant. Je deviens vraiment dégueulasse quand j’ai bu. Il faut que j’arrête…plus tard. Un jour. On verra. De toute façon, pour le moment, rien que l’odeur de vin dans l’évier de la cuisine me retourne le ventre. Je me dépêche alors de fourrer le verre dans le lave vaisselle. La bouteille rejoint les ses camarades, tombés au combat. Ça tinte. J’ai tellement mal à la tête que j’ai envie de crier dans ma cuisine. « LA FERME » à tout ce qui fait du bruit.

Je nettoie le téléphone et m’installe à la table. Lorsque je le rallume, je vois qu’il y a un numéro, le dernier appel et un sms, que j’ouvre. Il y a des instructions. Des mots me reviennent. Une voix. Un prénom. Un nom propre « maître ». J’ai fait un pacte avec un parfait inconnu. Et j’ai accepté. J’ai vraiment accepté ? Si ça se trouve…je ne me suis engagée à rien ! Mais alors…pourquoi j’ai tellement envie d’aller m’acheter un collier et me faire percer les tétons ?

J’appelle mon assistant sur les coups de midi. Je le dérange en plein repas, mais comme c’est moi qui paie, il ne dit rien, m’écoute.

« Je vais faire une randonnée. Je ne peux pas trop t’en dire, mais il le faut. C’est pour mon prochain bouquin. »
« Tu as l’idée alors ?! Le coup du numéro dans les toilettes, ça a fonctionné ? »
« Pourquoi tu as l’air si étonné ? Il y a beaucoup de gens qui veulent du sexe facile. »
« Même ici ? »
« Même ici. »

Nous discutons encore un peu, mon assistant et moi. Je lui explique que si je ne donne pas signe de vie dans vingt-quatre heures, même par le biais d’un sms, alors il doit appeler les flics. Je laisserai dans un tiroir de ma commode, une enveloppe avec l’adresse où je dois aller. Je ne veux pas prendre de risque. Je regarde assez de film pour savoir comment ça peut finir ce genre d’impulsivité. Signer un pacte avec un parfait inconnu. Quelle débile. Mes mamans me tueraient si elles savaient. Libérées des critères de ce qui est bon ou mauvais selon notre société, elles m’ont toujours laissés explorer les interdits. Toujours un œil sur moi, évidemment. Cependant, elles m’ont aussi appris la prudence. De nombreuses, trop nombreuses fois, adolescente, je me suis mise dans des situations pas possible. Il paraît que c’est normal lorsqu’on est bipolaire. Je ne sais pas. Et je m’en fou.

J’ai passé un temps fou, ensuite, à trouver l’adresse sur internet. La météo, l’endroit, comment m’y rendre. Je ne suis jamais allé là-bas, du moins, ça ne me dit rien. J’ai lu et relu le sms, comme pour m’assurer de ce que je voyais. Faisant mine d’essayer de me souvenir. Mais rien. Internet est mon ami.

Après avoir enfilé Un pantalon de yoga dans lequel j’entre difficilement mon postérieur, un débardeur et mon pull fétish : vert avec une grenouille dans le dos. Une grosse capuche. Je sors de la maison. J’ai simplement pris un sac avec le stricte minimum et me voilà partie.

Marcher. J’adore marcher. Les rues, les gens. Un étalage de couleur dans la grisaille d’aujourd’hui. Et en voyant toutes ces couleurs, je me rends compte que je n’ai pas pris de parapluie. Tant pis. J’ai la flemme de revenir en arrière. Un regard sur mon portable. J’ai le temps de faire un détour par le centre-ville afin d’acheter un collier. Le vendeur est adorable bien qu’intimidé. Il me demande un autographe et m’offre le collier avec les boucles tout autour, que j’ai choisi. Je m’en vais en faisant mine de ne pas avoir compris qu’il me demandait mon numéro. Je ne reviendrai pas ici. Les hommes qui me lisent en imaginant ensuite que je vais leur faire ce que j’écris, je les ai en horreur. Pour me faire fuir, essayez de me faire plaisir en me disant que vous avez lu mon bouquin. Niveau technique de drague, vous serez à moins huit milles de me charmer.

Lorsque j’arrive à la gare, elle est bondée. Lorsque je monte dans le train, je trouve de justesse une place. J’ai presque une heure de train, si ce n’est plus à me farcir. Je refuse de le faire debout, alors que j’ai payé ma place. J’ai envie de mordre tous ceux qui s’approchent et qui sont en âge que je leur cède la place. Le gamin qui hurle plus loin me donne des envies de stérilité. Le type qui n’arrête pas d’essayer de photographier mes seins aussi. J’ai pourtant mis un gros pull. Je fais mine de ne pas remarquer. Il vaut mieux parfois. C’est le trajet le plus long de ma vie. J’en oublierais presque ce que je fou là.

En arrivant, le train s’est rapidement vidé. Comme si j’allais dans les confins de la Terre. C’est grâce à un gentil monsieur que je parviens de justesse à monter dans le bus avant qu’il ne démarre. J’aurais dû demander un chauffeur, mais la maison d’édition aurait su où je vais. Je ne veux pas me retrouver à justifier une absence dans le trou du cul du monde, avec un inconnu que j’ai eu au téléphone. Avec qui j’ai fait un pacte. C’était quoi déjà ?

Les cahots de la route ne m’aident pas à réfléchir et avant d’arriver, j’ai avaler deux nouveaux cachets pour la tête. Je commence à sentir un flottement agréable a niveau de mon cerveau. C’était quoi ce pacte déjà ? Je fouille mon sac, cherche le téléphone jetable. Évidemment, je l’ai oublié à la maison. Que d’intelligence dans cette petite Mona. J’abandonne.

Lorsque je suis assez sonnée par les médicaments pour faire partir l’angoisse et la migraine, je prends enfin le temps de regarder le paysage. C’est magnifique et je regrette de ne pas l’avoir fait plus vite. Je pourrai au retour…si je suis vivante. Hahaha. Quelle conne. Je suis en train de me faire peur toute seule. C’était bon hier soir. C’est quelque chose dont je me souviens. L’orgasme a été intense. Il a duré longtemps. C’est là un fait établi. Je m’en souviens parfaitement. De cet orgasme. Mais tout le reste n’est que flash et fumée. Fièvre. Ivresse. Une voix rauque et un dos musclé. Helel. Son nom. Maître. Le nom que je dois lui donner. C’est ça ! Eurêka !

Je bondis presque sur mon siège lorsque j’arrive à l’arrêt, tripotant le collier dans mon sac. Je suis esclave d’un parfait inconnu, rencontré au téléphone. Si ça, ce n’est pas un cas clinique de phase euphorique dans la bipolarité, alors je ne sais pas ce que c’est. Pourtant, je descends sans me presser, bien que mon cœur commence à cogner.

Je n’ai pas le temps pour faire du tourisme, alors je demande à une dame où je peux trouver le bus pour aller à l’adresse que j’ai griffonné sur un papier. Elle me regarde avec douceur. Presque tendresse. Je ne sais pas comment dire, mais je viens de la ville et ne suis habituée à ce genre de regard que de la part de proche. Les gens de la ville sont devenus gris à force de pollution.

« Mais ma pauvre. Il faut marcher. » Ok. Elle a dût remarqué que je suis une citadine. Je dois sentir le capitalisme pour elle.
« Ah. Pas de problème, j’ai de bonnes jambes ! »

Je la remercie et la quitte. Sur le coup, j’ai eu envie de revenir sur mes pas et lui demander si on ne peut pas rester un peu ensemble. Je me sens perdue dans ce décor que je ne connais pas. J’ai beau ne pas trouver très beau la ville, lui préférant la campagne, pour le coup, je me sens étrangère dans mon propre pays. J’inspire profondément, tire sur les lanières de mon sac à dos et prends le chemin que l’on m’a indiqué. C’est parti.

Cela fait longtemps que je n’ai pas autant marché. Je fume clope sur clope, essayant de chasser les oiseaux qui me suivent. Ils me stressent. Natsuyo parlait souvent des « oiseaux de mauvaises augures ». Pourtant, il y en a un, celui qui pourrait être le pire, niveau superstition, qui semble intéressé. Par quoi ? Les oiseaux aussi se mettent à harceler les filles ? Où va le monde…
J’accélère, mais il semble décidé à rester près de moi. Et à force de le regarder lui, je me perds, m’arrêtant pour regarder quel semble être le chemin. Évidemment, j’ai trop peu de réseau pour vérifier. J’ai envie d’abandonner quand je vois le corbeau. Le même que précédemment, celui que je pensais fuir. Il me regarde depuis sa branche. Je le regarde aussi. J’ai envie de lui demander ce qu’il me veut, mais c’est un piaf. Rien qu’un piaf.

« Tu es une sorte de guide c’est ça ? »

Je lève la tête vers lui et il s’envole, se posant sur un autre arbre, un peu plus loin sur le chemin. On dirait, c’est peut-être fou ce que je vais dire, mais qu’il essaie de me faire comprendre quelque chose. Perdue pour perdue, autant tester. Je décide donc de le suivre, regardant ce qu’il fait si je change l’itinéraire. Il croasse de manière assez agressive lorsque je fais ça. Et si je reste sur le bon chemin, où ce qui semble être la voie pour le corbeau, il se contente d’aller sur un autre arbre plus loin. Je dois être folle de suivre ce piaf volant, mais avec ce qui me reste en mémoire d’hier, je me dis que folie pour folie…

Je marche longtemps. J’ai mal aux mollets. Les rues sont irrégulières et je manque de me tordre la cheville à tout moment. Je traîne dans la montée et à chaque souffle, je regrette d’avoir tant fumé sur les bouts de chemin qui étaient plat. Lorsque je regarde devant moi, il y a toujours le corbeau qui parfois patiente, d’autres moins. Je ne veux pas l’énerver, alors je reprends la marche, malgré la tension dans mes cuisses. Jusque dans mes fesses. Au moins, j’aurai fait mon sport aujourd’hui.

Le corbeau s’est posé. Il ne semble plus pouvoir bouger, se contente de croasser si je m’écarte. Je suis arrivée à destination. Une cabine comme je n’en avais jusqu’alors vu uniquement durant mes voyages. Je n’ai jamais su ce qu’il y a dedans. Habitations ? Spa ? Bah.

Avant d’essayer d’entrer dans la petite maison, car c’est aussi à ça que ça me fait penser, j’essaie de voir à travers les vitres. Mais il n’y a rien d’autres que mon propre regard. Je recule, surprise par mes yeux sombres, avant de rire bêtement. Une main sur le cœur, il faut absolument que j’arrête de stresser. Je me rapproche encore une fois, car quelque chose m’a paru étrange dans ce reflet.

« Caw Caw ! »
« Oh la ferme ! Munin ou Hugin ou quel que soit ton nom ! Je te remercie de ton aide mais… »

Le salaud est parti. Comme s’il est satisfait de m’avoir fichu la trouille de ma vie. Je suis certaine qu’il va en rire avec ses potes ce soir…je n’aurais jamais dû lire « American God ». Je commence sévèrement à ressembler à Ombre. Qui travaille pour Odin sans le savoir. Qui voit des choses qui existent sans exister et…bon. La ferme Mona. Entres. C’est fermé…

« Ouvert ? »

Elle ne l’était pas avant. J’en suis certaine. Je ne mettrais pas ma main à couper, cela dit. Je pousse la porte et suis accueillie par quelque chose de cosy. Je ne m’attendais pas à ça. Simple, mais exactement ce qu’on attendrait de ce genre de petite cabine.

« Il y a quelqu’un ? »

Je déteste faire ça. J’ai l’impression d’être idiote. Bien que parler à un piaf, ça le soit aussi tout compte fait. Je ferme derrière moi, retire mes chaussures par politesse et les laisse à l’entrée. Mon sac atterrit à côté, bien que le collier soit resté dans ma main. Je ne sais pas pourquoi, mais sa présence me rassure. Je suis seule ici. Pas le moindre signe de vie. Je pourrais repartir, mais j’ai la flemme. Je ne suis pas certaine d’avoir de train. J’ai mal aux jambes. Oui. Je vais rester.

En faisant le tour des pièces, je me rends vite compte que la personne qui vit ici est étrange. Tout est bouclé et les livres qu’il possède ne sont même pas en français, anglais, ou une langue que je connaisse. J’ai lu énormément de choses durant ma courte existence, mais pour le coup…je suis tentée de prendre ça en photo, mais un frisson me parcourt. Je sers le collier dans ma main. Je ne suis pas ici pour ça. Je veux écrire un livre. Merde.

Je sors donc. Une odeur de cigare. Je la sens et la suis. Dans la cuisine, il y a l’objet et une bouteille de vin. Sans étiquette. J’ai envie de vomir à la vue de l’alcool, mais une chaleur monte de mon giron. Je mords la lèvre, comme à chaque fois que mon désir se fait sentir. Désagréable que cette petite tâche humide qui est apparue sur mon sous-vêtement, alors que je n’ai fait qu’apercevoir une bouteille. Je n’ose pas imaginer ce qu’il va se passer ensuite.

Dans le salon, c'est pire. L'odeur d'iode, d'homme. Le vent. Les bruits de la mer. Quand je vois le mobilier, j'imagine une silhouette se masturbant tout en me parlant. J'ai la fièvre. Mais j'ai encore une pièce à voir. La dernière et probablement l'ultime. J'en suis convaincue sans trop savoir comment. La chambre...

Cette chambre. Parlons-en. Je ne l’aime pas. Pas qu’elle manque d’esthétisme. Qu’elle est décorée sans goût. Non. C’est plutôt parce qu’elle crie qu’il va s’y passer des choses. C’est excitant, mais repoussant tout à la fois. Et je sais parfaitement que ce n’est pas la chambre le souci. C’est simplement moi. Ce décor me ramène à mon statut d’esclave. Tout simplement. Et je suis encore divisée sur le sujet.

Je me retrouve en sous-vêtements, des choisis spécialement pour aujourd’hui. Je me sentirais stupide toute nue. Je ne suis pourtant pas stupide, mais ce n’est pas un soir comme les autres. Je suis dans le noir totale sur ce qui va se passer ici. Ce qui me sera fait. Je ne me souviens que d’un dos musclé. Peut-être d’un regard, mais je ne suis même pas certaine. Tout comme je ne suis pas certaine que le coup de téléphone d’hier ait un rapport avec ce que j’ai cru voir, sentir et entendre. Seulement, il est trop tard pour faire marche arrière. Je suis venue jusqu’ici. Autant voir ce qui va se passer ensuite. Maudite curiosité.

Sur le lit, je me saisis du rouleau et un morceau de tissu. Je laisse à la place le coller et mes yeux parcourent le papier. Il semble ancien, précieux. Quelque chose que je n’ai vu que dans les films. Mon inconnu doit être riche. Ou fin connaisseur. Qu’est-ce qu’un homme qui possède ce genre de bouquin et de papier a besoin de téléphoner pour obtenir quoi que ce soit ? Les humains. (Si elle savait…)

Docile, car j’ai fait un pacte. Je descends du lit, m’agenouille en me sentant un peu bête, nouant le ruban derrière ma tête. J’ai toujours été une tricheuse, mais cette fois, je ne tricherai pas. Je vais jouer à ce jeu dangereux. Arrêter de trop réfléchir, même si ainsi, mes fesse présentées à la porte, les cuisses légèrement écartées, ce n’est pas facile de se concentrer sur autre chose. Les bras tendu au-dessus de la tête, je me prosterne pour quelqu’un que je ne connais pas. Face à un lit vide et l’espace d’un instant je me demande si ce n’est pas un coup monté pour avoir des photos de moi en…la ferme Mona. Qui irait faire tout ça juste pour ton cul. Je soupir, attendant, assez impatiente. Cambrée, le visage entre mes bras. Je suis un personnage de hentai. Tout ça pour un coup de téléphone. Tout ça sur un coup de tête. Entêtant. Helel. Je n’arrive pas à me dire que j’ai fait ce choix moralement. C’est purement physique. Mon corps m’a porté jusque là et je n’ai même pas essayé de partir. L’envie qui me prenait de rebrousser chemin s’en allait dés qu’un souvenir de cette nuit me revenait. L’indulgence…avant l’abstinence.


Stephen Connor

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Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 11 mercredi 09 septembre 2020, 23:15:33

Les démons ne s’encombrent que rarement d’une enveloppe charnelle. Comme une ombre, comme un grain de poussière, Helel observait Mona. Il notait la moindre seconde d’hésitation, soutenait du regard le moindre recoin qui attirait son attention. Son souffle était puissant et lourd, comme celui d’un fauve prêt à bondir.

Mais pour la jeune femme, ce n’était qu’une brise légère, une très faible sensation d’être observée, peut-être un inexplicable inconfort. Les livres illisibles semblaient murmurer, pousser l’auteure à les oublier, à s’enfoncer un peu plus dans le piège qui lui était tendu. Le silence paraissait plus bruyant que jamais.

A l’intérieur même des murs, tapis dans le miroir qui faisait face au lit, Helel attendait, heureux que l’humaine ne puisse entendre la lourdeur de sa respiration. Soupirait-il ? Vraiment ? Il en était lui-même surpris, s’approchant de Mona sous sa forme éthéré, démon devenu légère brise.

Ses énormes doigts harcelaient la nuque délicate et fragile de l’humaine, l’empoignaient, ne la blessant pas mais amenuisant l’air qui parvenait jusqu’à ses poumons. Encore. Encore un peu. Juste un peu et je pourrai enfin goûter ton corps. Enfin me repaître de ton intimité trempée, t’étrangler et te dire à quel point je t’aime.

C’était insupportable ! Etait-ce là l’enfer ? Non.

C’était pire, bien pire encore. L’impatience faisant trembler Helel, et en réponse, la demeure entière semblait s’agiter, se démener. Le sol trembla quelques secondes, le soleil se couvrant alors que la mer proche se déchainait. Soleil devint nuages, brise devint orage. L’impatience. L’impatience !

« Mets-le… Mets-le ! » Ordonnaient des voix impérieuses, tout juste perceptibles, alors que l’humaine prenait le bandeau entre ses doigts. Des voix d’hommes et de femmes, des voix que le cerveau peinait à différencier des pensées que nourrissait Mona. « Sois la femme du maître. Il te veut. Ne le fait pas attendre ! »

Comment osait-elle ! Les damnés hurlaient, créant un vacarme inaudible. Pour l’auteure, il ne s’agissait alors que du tumulte des vagues. Mais c’était bel et bien l’appel des esclaves et serviteur du puissant Helel. Ils et elles s’indignaient, outragés qu’une humaine puisse faire patienter le Grand-Duc.

Un coup de tonnerre ! Puissant et tétanisant. La foudre sembla frapper la maison elle-même, tant le ciel récemment obscurci se mit à briller. Puis, le silence. Comme la jouissance, comme un orgasme paralysant. Les vagues devinrent caresse, et le ciel daignât alors laisser briller quelques rayons à travers lui.

Helel était en feu, observant intangible. Quelle belle lingerie, quel corps ! Quelle femme. Il était incontrôlable, même par sa propre volonté. Ses mains se crispaient, désireuses d’attraper et d’arracher ! Il voulait brutaliser Mona, la ruiner et la laisser couverte de marques, de larmes et de mouille contre le lit. La baiser à mort, avec amour.

« Tu es une bonne petite pute. » Enfin. Helel crut jouir, alors que son enveloppe corporelle se formait dans un nuage de fumée. Qu’en pensait l’humaine ? Cette voix de stentor qui l’avait tant humiliée résonnait maintenant dans ses oreilles, plus réelle que jamais. Elle entendait, sentait, ses pas lourds sur le sol de bois. Les lattes pliaient, grinçaient sous la masse du monstre. « Est-ce ma faute ? Ou es-tu une sale chienne par nature ? »

Quelle méchanceté. Et pourtant sa voix rauque était si séduisante, si affectueuse. Mona pouvait l’entendre… Non. Mona pouvait le sentir marcher autour d’elle. Doucement, lentement, insidieusement, elle pouvait le sentir se pencher sur son corps svelte et frêle, alors qu’une main presque aussi énorme que son visage entier lui agrippait les cheveux.

« J’ai un autre jeu pour toi. » Il parlait si près d’elle que son souffle s’écrasait contre sa peau de velours. Comment décrire son haleine ? L’odeur du sexe, peut-être ? L’odeur d’un vrai mâle, d’un être cruel qui prenait sans demander le moindre avis. « Tu vas embrasser mes pieds, comme la soumise que tu es. »

Il se positionna devant elle, le cuir de ses lourdes bottes frôlant les petits doigts délicats de Mona. Helel arrivait à peine à se contenir, absolument brûlant de désir. A ses pieds se trouvaient d’épaisses bottes, menant à un pantalon de cuir noir ajusté par une ceinture similaire. Lorsqu’enfin les mains exploratrices et révérentes de Mona atteindraient le torse du colosse, elle aurait le loisir de constater que ses abdos et ses pectoraux n’étaient pas couverts.

« Remonte. » Ordonna le Grand-Duc, agrippant fermement la tignasse de son amante de ses mains démesurées. Quelle taille faisait-il !? Sûrement deux mètres pleins, peut-être même plus. Mona était une brindille à coté de lui. Une moins que rien. Elle pouvait également entendre le bruit du tissu froissé, alors qu’Helel agrippait le collier qu’elle avait posé sur le lit de sa main libre. « Vénère-moi. N’oublie pas le moindre recoin. Je veux t’entendre chanter les louanges de mon corps. »

Qu’elle se prosterne ne suffisait pas ! Elle devait décrire son adoration pour le moindre muscle saillant, embrasser et vénérer chaque veine. Ce collier était un honneur que lui faisait Helel. Et pour le sentir sur son cou, Mona devait apprendre sa place.

« Si tu arrives à défaire ma ceinture sans utiliser tes mains… » Le Grand-Duc fit mine de réfléchir, pourtant bien conscient de la demande qu’il allait formuler. « Je te laisserai retirer ce bandeau pour m’admirer. » A ces mots, il attrapa le beau minois de l’auteure, tenant son petit menton entre ses énormes doigts. Doucement, ses lèvres s’approchèrent des siennes, la poussant à entrouvrir la bouche d’un simple souffle désireux.

Puis, cruellement, Helel cracha sur la petite langue de Mona, dans sa bouche, avant de gifler affectueusement sa belle joue.

« Ma Mona. » Minauda le démon, caressant alors l’endroit qu’il avait tendrement frappé de sa paume. « Ma belle Mona. »

Mona Duval

Humain(e)

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 12 mercredi 16 septembre 2020, 00:35:01

Je me sens ridicule. Le cul en l’air, à l’air. J’attends. Je ne vois rien, c’est légèrement stressant. Et s’il était laid ? Ou dégoûtant ? Peut-être est-ce mieux que je ne voie pas. Peut-être est-ce mieux que je ne sache pas si ce que j’ai vu hier était vrai ou non. Un message du futur peut-être ? N’importe quoi.

Une brise tiède m’enveloppe. La fenêtre est ouverte dans le salon, mais cette brise ne sent pas la mer. Elle ne sent pas pareil. Pourtant, bien que perturbée par mes sens, je gade ma position, docilement. S’il me fait trop attendre, je risque de me casser. Probablement persuadée qu’on m’a fait faux bond. Comment dit-on ? Poser un lapin. Je n’en veux pas de ton lapin Helel !

« Tu es une bonne petite pute. »

La voix du téléphone. Sans filtre et sans grésillement quasi inaudible, mais bel et bien présent. Je sens sa présence, mais ne bouge pas. Mon cœur s’est accéléré à tel point que je suis persuadée qu’il l’entend. Pour moi, il hurle.

Tout mon corps est tendu. Chacun de mes muscles. Ils se dessinent sous ma peau fine. Roulent si je bouge à peine. D’un genou sur l’autre. Légèrement. Les lanières sur mon corps se tendent parfois. Je sens leurs morsures. Ils creusent le rebond de mes fesses, passent entre mes seins. Les entourent. Mes deux globes exposés. Mes tétons érigés. J’ai envie de dire « Ce n’est pas…j’ai juste froid. » Mais mon corps est brûlant. A qui je vais faire croire que je ne désire pas ardemment cet inconnu. Helel.

« Maître… »

Je soupire.
Soulagement.
Il est là.
Ce n’est pas un faux plan.
Ce n’est pas un lapin.
Je vais souffrir.

« Est-ce ma faute ? Ou tu es une sale chienne par nature ? »
« C’est… »

Malgré l’angoisse de ne pas pouvoir voir ce qu’il fait, je parle d’une voix étrangement douce. Ma crainte faisant vaciller mon timbre entre le respect et la soumission. Je respire fort. J’entends le parquet. Éprouvé par son poids. J’ai l’impression d’être ce parquet. Il va m’écraser de son poids. Est-ce le mauvais moment pour avoir envie d’uriner ?

« C’est pour vous… »

Ma respiration se condense contre le sol sous mon visage. J’ai chaud. Je sens mes seins, écrasés. Ma respiration est difficile. Je suffoquerais presque. Entre angoisse et excitation. Ma respiration est haletante. Je suis sa chienne. Pour combien de temps ? Combien de temps mes nerfs vont-ils tenir. Entre mon corps et mon cerveau…c’est la guerre. Est-ce que je vais exploser ? L’envoyer chier et me tirer ? Ou est-ce que je vais simplement faire ce qu’il me demande, jouir et…profiter ?

Un couinement s’échappe de ma gorge lorsqu’il me saisit. Il m’a fait peur. Je ne l’ai pas senti arriver si près. Obnubilée par la cavalcade de mon palpitant. Bobom. Bobom. BOBOM. « J’ai un autre jeu pour toi. » Bobom…mon cœur s’affole. Ma gorge me fait presque mal. Il tire mes cheveux, me force à la cambrure. Je plie comme le bambou. J’ai cédé au moment où j’ai accepté de venir ici et de me prosterner. Est-ce que c’est ça, « une connerie » ?

« Tu vas m’embrasser les pieds, comme la soumise que tu es ! »

Il me libère de sa main, mais pas de sa présence. Son aura. Elle m’écrase, comme il écrasait le parquet. Je suis essoufflée. Mon cœur bat trop fort et mon string est trempe. Ce qu’il me demande me rebute. Pourtant, j’avais été excitée, le jour où j’ai fait faire la même chose à un des protagonistes de mon second bouquin. Du bout des doigts, à tâtons, je glisse mes paumes contre ses pieds. Ils sont grands. Si grand. Elles sont fraîches sont mes baisers brûlants. Je commence du bout des lèvres, mais je le fais avec un sentiment de plaisir inavouable ensuite. Je remonte, accentuant ma cambrure et n’hésitant pas à redescendre sur ses pieds afin de lui faire profiter de la vue. Quitte à être là, autant y aller à fond…non ?

Je fais remonter mes mains aussi haut que possible, agenouillée désormais. Obéissante. Toujours. Il ordonne. J’exécute. Jusqu’où ? Je ne sais pas encore. Mes doigts jouent sur le cuir du pantalon, que j’embrasse sans monter au-dessus des genoux. Je redescends ensuite, ressemblant à une femme qui prie et se prosterne plusieurs fois devant son dieu. Ma respiration est plus lourde désormais et j’ose une langue curieuse sur les chaussures, salivant. Je suis devenue une chienne.

« Remonte ! »

Sa voix me fait vibrer. Je pose mes mains sur le haut de ses cuisses. Combien mesure-t-il ? Il tire mes cheveux. Si longs. Mes paumes atterrissent sur un torse épais. Dur comme le bois. Je le caresse, comme fascinée. Il fait deux mètres. Dix mètres. Peut-être moins. Plus ? Pas d’exagération. Je me revois enfant, appuyant des deux mains contre le tronc du vieux chêne derrière la maison. J’y ai gravé mes plus belles histoires. Je veux le griffer et le marquer. Mais je crispe les doigts, sans enfoncer les ongles. Je lève la tête vers son visage, aveugle. Je n’ose pas mettre mes mains pour essayer de deviner ses traits. Savoures Mona.

Nos respirations se mêlent. C’est comme au téléphone, mais nous pouvons nous toucher. IL peut me voir. JE peux le toucher. Il est brûlant aussi. Mais une chaleur étrange. Pas comme s’il a passé sa journée au Soleil. Non. Autrement. Comme ces gens qui viennent d’un endroit chaud. Ils portent le feu en eux. Moi aussi je suis chaude. Je suis trempe. Je commence à être moite. Par instant, comme des sursauts de conscience, une sueur froide glisse le long de ma nuque, de mon échine. Jusqu’au creux, au-dessus de la raie de mes fesses. Je l’entends qui prend le collier. J’ai mal aux tétons tant ils sont érigés désormais. Jusqu’à son odeur, il me donne la fièvre.

« Vénère-moi. N’oublie pas le moindre recoin. Je veux t’entendre chanter les louanges de mon corps. »

Je ne m’en sens pas capable. Tout mon être crie de ne pas le faire. Mon cerveau est embrouillé. Ma timidité d’écolière, au moment de l’interro orale, remonte tout à coup à la surface. Je dois être rouge comme une tomate. Pourtant, au bout d’un instant qui me semble une éternité, je me mets à glisser mes mains le long de son corps. Son dos, ses fesses, ses flancs. Je m’amuse du bout de chacun de mes doigts. Redessine les creux et les monts, m’attardant parfois sur un téton. Tout en soupirant la grandeur de son corps. Ce qui est sûr, c’est que je dois remercier ma carrière d’écrivain. Les mots sortent trop facilement désormais.

« Aucun homme que j'aie connu n'égale votre physique. La solidité de vos muscles. Le dessin de votre torse. »

Je le dis avec une sincérité qui me trouble moi-même. Pour accompagner mes mains, j’approche parfois mon visage de son torse, son ventre, n’hésitant pas à m’agenouiller à nouveau devant lui, tout en continuant de le caresser par milles mots. Qui me garantisse milles maux.

« Vous êtes beau. Puissant. Si viril. Votre odeur inspire crainte à vos ennemis, fait soupirer vos amantes. »

Je le dis avec une sincérité rehaussée de la chaleur de mon timbre. Je suis totalement excitée. Je le sens à chaque fibre de mon corps. La tension dans mes muscles, le mouvement de mes hanches. Mon bassin ondule doucement, en de petits mouvements post-coïtal. Parce que ma vue est obstruée, mes autres sens sont décuplés. Du moins en ai-je l’impression. Ainsi, chaque veine, chaque muscle, jusqu’au grain de peau, j’y suis sensible. J’ai envie de sentir la peau sous le pantalon également. Laisser son odeur m’envahir.

« Prenez tout…je vous l’offre. »

La fin de ma phrase est coupée lorsqu’il m’attrape le visage de ses doigts épais. La bouche entre-ouverte, je dois ressembler à un poisson. Son souffle se rapproche de mon visage. Ma respiration s’accélère. Je me sens prête pour accueillir sa langue. C’est sa salive. Je devrais lui cracher dessus en retour. Il va trop loin. Pourtant, j’ouvre un peu plus la bouche, puis ravale nos salives mêlées, m’agenouillant à nouveau pour exécuter son ordre. Je veux voir à quoi il ressemble. Je veux pouvoir regarder ce que je touche. Je veux pouvoir…admirer l’épaisseur de sa queue.

Elle est juste là.
Je la sens sous mon visage.
Je la respire.

Ma langue sort, probablement trop rose, quelle que soit la couleur de son pantalon. Le cuir est doux. J’ai gardé mes mains, sagement, entre mes cuisses, sur le sol. Je peux défaire cette ceinture à l’aveugle. J’en ai envie. Ne serait-ce que pour lui prouver que je peux le faire.

 Avec la sensation de la petite gifle encore sur la joue, tout comme celle de sa caresse juste après, j’attrape la lanière de cuir. Celles sur mon corps continue de mordre ma peau à certains de mes mouvements. Elles marquent ma peau de bandes rosées. Tout comme moi, je marque le cuir de mes petites dents pointues. J’appuie parfois mon menton contre son sexe, tirant comme je peux. Enfin, le bout arrondi passe dans la boucle. Je tire dessus. C’est difficile. Je tire jusqu’à voir le petit embout métallique se défaire et je n’ai plus qu’à tirer le tout. Le bruit de la boucle qui tinte est un son que j’apprécie. Il signifie que quelque chose se prépare. Comme lorsqu’on déballe les cadeaux. Le froissement du papier.

Je suis moite. Mon front. Ma culotte. La peau d’entre mes cuisses. Je commence à sentir un inconfort dans mes genoux. Mes orteils, que je gardais repliés, s’étendirent. Me soulageant. Je me laisse aller en avant, passant ma langue contre la braguette, dernière serrure qui me fera atteindre la verge tant attendue. Espérée ? Mais je dois attendre. Helel seul en a la clef. Même si je le voulais, je ne pourrais plus partir. Mon corps entier me le reprocherait. Entier.

Stephen Connor

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    Description
    Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 
    
    Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.
    
    Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.
    
    PS : Préfère les gros culs D:

Re : Appelles-moi...[Stephen]

Réponse 13 mercredi 16 septembre 2020, 01:29:51

L’offrande n’avait pas de valeur. Pas dans le sens ou Helel la trouvait insignifiante. Plus dans le sens où la liberté de choix n’existait pas pour Mona. Toisée par cette bête sauvage, elle était paralysée. Mais était-ce la peur ou l’admiration, face à ce fauve qu’elle ne pouvait contempler de ses beaux yeux ?

Le beau diable tenait fermement les longs cheveux de la jeune femme, en guise de laisse pour une chienne soumise. Il lui enfilerait bientôt ce joli collier, quand elle l’aurait mérité. Quand enfin il pourrait sentir son âme s’abandonner à lui. Mona comprenait-elle maintenant pourquoi les papillons venaient se brûler sur une flamme, sans jamais hésiter ? Le démon renvoya le collier sur le lit, au niveau des oreillers. Cela attendrait.

Quel cruel maître. Helel ne gratifiait pas son amante de la moindre félicitation. Il se contentait de profiter d’elle comme d’un jouet. Ses grognements d’aise étaient cependant plus sincères que le colosse lui-même. Comme un motif facile à deviner, l’humaine pouvait comprendre lorsqu’il crispait sa main, lui tirait un peu plus fort les cheveux, qu’elle était sur la bonne voie.

« Aaaah… Si tu savais comme j’ai joui en pensant à cette bouche ! » Il passa sa lourde main rêche contre le doux minois de la jeune femme, lui offrant une confirmation : elle était aussi grande que le visage de Mona. « Hmf ! » Un gémissement rauque, que même la magie d’Helel n’aurait su maîtriser. « Fais bien briller mes bottes. » A ces mots, ses doigts quittèrent le minois délicat dans une caresse.

Elle le léchait vraiment ! Il avait envie de déposer un tendre baiser sur son front pour la féliciter. Une telle dévotion était admirable. Aussi sadique puisse-t ’il être, le démon adorait que les chiennes se soumettent et œuvrent avec plaisir. Lui aussi souffrait de l’attente, insoutenable. Son sexe se dressait, massif et menaçant, déformant le pantalon qu’il portait.

« Monte, petite salope, monte encore, que je sente tes joues délicates contre ma queue. Que je baise ton visage d’amour. » Helel s’amusait à reculer doucement par instants, obligeant l’auteure aveuglée à s’avancer pour venir chercher sa récompense. Les rires taquins du démon étaient pourtant teintés par une pointe d’excitation grandissante. « Que tu es douée. Pense à bien saliver sur ma queue, je ne voudrais pas casser ta toute petite chatte. » 

Le bruit clinquant du métal résonna malgré les murs en bois, alors que Mona parvenait à remporter son petit défi. Helel la récompensa en caressant tendrement ses beaux cheveux, massant même affectueusement son petit crâne de sa main de géant. Il pouvait être si doux et réconfortant, lorsqu’on lui obéissait. Elle devait avoir envie de lui obéir, trouver impensable de ne pas suivre le moindre de ses ordres.

Sa lourde main revint alors à sa ceinture, à son pantalon. Il fit glisser la bande de cuir, ôtant ce qui empêchait son habit de tomber un peu plus bas contre son aine musculeuse, de découvrir son fessier musclé. Le métal clinqua intensément, accompagné par la caresse du cuir alors que la ceinture griffait les passants du pantalon.

« Bravo, bravo. » Admit le démon. Avait-elle l’impression d’avoir remporté une bataille, dans un esprit de révolte ? Ou bien était-elle fière de son ouvrage, d’avoir fait plaisir au maître, comme la sale chienne qu’elle était ? « Tu as gagné. Gentille fille. Allez, laisse-moi te retirer ça. »

Les cheveux de l’esclave retombèrent au sol, alors qu’Helel se penchait sur elle pour agripper fermement le bandeau. Mais il ne le défit pas, loin de là. Il déchira le tissu comme du papier, ne le laissant néanmoins pas tomber au sol immédiatement. Comme s’il caressait directement le visage de Mona, son maître fit remonter le bandeau contre son front, l’essuyant de sa sueur, dévoilant lentement cet inconnu obsédant.

« Moi aussi, je vois tes beaux yeux pour la première fois. » Minauda le monstre en souriant. Il était plus viril et beau encore que dans la vidéo. Après tout, il était important de faire une bonne seconde impression. Dans un rare moment de tendresse, les mains du démon vinrent emprisonner le menton de Mona. Et il posa même un genou au sol, approchant ses lèvres des siennes.  « Ouvre la bouche, sors ta langue. » Était-il normal qu’un homme ait des iris rouges comme le rubis ?

Allait-il encore cracher dessus, la gifler ? La frustrer ? Il n’en fut rien. Simplement, le beau diable déposa un doux baiser de ses lèvres charnues contre la petite langue de son amante, la suçotant même un instant. Son ronronnement de plaisir en disait long sur le régal qu’était cette bouche de velours.

« Sucrée. » Il se mit à l’étrangler doucement, lui rappelant qu’elle était une minuscule brindille. « Mais pour l’instant. » Helel se saisit des cheveux de Mona, la guidant jusqu’au lit où il la jeta négligemment. « A quatre pattes. Déballe ton cadeau avant que je perde patience et détruise ton corps. » Mais… Ne voulait-elle pas savoir ce que « détruire son corps » pouvait bien impliquer ?

Dans cette position, le maître n’hésita pas à faire glisser ses deux gigantesques mains contre le dos de Mona, passant sous les lanières, qui ainsi tiraient plus fort la poitrine et l’entrejambe de l’esclave. Il s’arrêta à son cul bien rebondi, l’agrippant comme s’il voulait le lui arracher, comme s’il comptait la couvrir de bleus de par sa fougue.

« Déjà trempée ? » Demanda le mâle d’un ton faussement surpris. Ses doigts avaient doucement glissé jusqu’aux lèvres intimes de Mona, le majeur se faufilant contre elle, descendant de l’anus à la vulve bien mouillée. Un petit gonflement timide, une perle délicate soumise à un doigt que la cyprine avait rendu luisant et délicieusement doux. « Je vais souiller ton corps à jamais, Mona. Et quand ce sera fini, que tu seras en ruines, tu me supplieras de te laisser nettoyer ma queue. »

Il se redressa, observant à nouveau Mona droit dans les yeux en la privant de sa friandise d’un pas en arrière. Le majeur trempé du démon vint jusqu’à sa bouche, et s’y introduisit alors qu’il fixait encore l’auteure. Un râle de plaisir gourmand quitta la gorge caverneuse du démon, alors qu’il suçotait le miel de sur son doigt.

« Même ta petite chatte est toute sucrée. » Était-elle une diablesse aussi ? C’était à s’en poser la question. Elle était taillée pour se faire baiser, de A à Z. « Je devrais peut-être la goûter… » Murmura le démon, pensif.



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