Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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The choice is yours || PV. Fujiko Zaraki

samedi 03 août 2019, 15:53:00

Ennui.

Le hachoir s’abattait fermement sur la fraîche pièce de viande, un peu d’écarlate quitte la chair et tache la chemise blanche juste à côté. Un sourire carnassier au visage, une langue sur ses lèvres pâles… Crépuscule au dehors, au dedans, les ombres. La lumière n’est pas et ne doit pas être, le diable ne veut pas être dérangé dans son action. A nouveau, le hachoir percute la planche froidement, saisissant les pièces de viande à mains nues, il les dépose plus loin distraitement… Son regard est rivé vers les escaliers d’où descend une jolie ombre, le visage masqué par un voile de cheveux. D’un geste habitué, il range l’arme dans l’endroit prévu à cet effet, en s’avançant, il hausse un sourcil. Ses yeux se baissent vers l’être qui s’est approché. Il tire ses cheveux légèrement pour relever le visage, l’ombre grimace. Lui, il rit. Il s’éloigne, sans lâcher ses cheveux, il l’amène vers la table, la hisse. Elle se débat un peu, puis arrête lorsqu’une lame effleure la douce peau de sa gorge, puis d’un coup relève l’arme.  Hm ? Oh décidément, elle n’a pas le sens de l’humour cette petite… Elle supplie de sa voix incertaine, il gronde. Elle sait qu’elle n’y échappera pas. La lame s’abat, son crâne tombe, roule et s’échoue sur le sol froidement. L’ombre ne saigne pas, elle disparaît en d’étranges bribes de brouillard fort sombre.

Le diable s’ennuie à présent. Il pose sa main sur la table, ses hanches se posent en silence sur ce même meuble… Il étire un sourire fort sombre. De toute sa stature, de toute sa hauteur, il sourit.  Ce sourire semble dévoiler un horrible dessein… Ses yeux se posent en silence sur la lame qu’il effleure de son doigt. La voix de l’ombre résonne en écho dans son esprit, pourtant il n’en a tiré aucune satisfaction. Aucune jouissance. Cette voix est éraillée, éreintée, morte. Revenants, horreur. Il n’aime pas les revenants, il ne les a jamais aimé. Son regard défile sur les instruments de torture, une main sur le crâne, il soupire. Détruire, torturer… Ce qu’il aimerait recommencer ce beau diable. Pourquoi ne le fait-il pas ? N’avez-vous jamais eu envie de faire quelque chose mais que, pour une raison inconnu, vous ne le faites pas ? Depuis combien de temps n’a-t-il pas senti de la chair chaude entre ses doigts ? Vivante. Il en a assez de faire ça, de s’amuser à réduire à néant des cadavres. Assez de servir de boucher pour des démons supérieurs qui, de toute façon, peuvent se servir ce qu’ils veulent. Seules des ombres travaillent avec lui, des revenants. Aucun plaisir à tuer un fantôme. Ils reviennent toujours, ils ont juste peur de mourir à nouveau bien qu’ils sachent pertinemment que ce n’est plus possible. Des réminiscences d’horreurs passées, certainement. Le diable s’agace, sa jambe s’agite, il passe une main dans ses cheveux, sa poigne se resserre et il tire légèrement en imaginant que ce ne sont pas ses mèches.

Il imagine. Quelqu’un de vivant, à sa merci. Partir, il faut qu’il se barre de cet endroit. Quelqu’un qui pourrait se plier à chacun de ses désirs. Quelqu’un… Pas un foutu fantôme. Le diable frappe la plan de travail. La vibration extirpe un garde de ses pensées. “Numéro 513, quelque chose à dire?” Le diable relève les yeux vers lui. Haine. Il s’avance vers la porte blindée qu’il ouvre sans soucis. Le garde relève les yeux vers le géant, il sent ses jambes trembler d’abord, puis se raffermir difficilement. Pas un mot, il passe à côté, malgré l’interpellation. Malgré les sommations. Ce diable s’en va. En remettant ses gants rouges, il entend des pas précipités, claque des doigts et disparaît avant d’avoir été stoppé.

Quatorze mois, deux cent vingt-deux jours et seize heures douze minutes. C’est très précisément le temps qu’il a passé dans cet endroit. Dormir avec des cadavres alentours, dans une salle sans lumière. Volontairement, il s’est laissé dans les ténèbres, constamment, pour s’habituer aux ombres… Après avoir quitté les Enfers, son corps se change en quelque chose de bien moins monstrueux, adieu aux ailes, à ces diaboliques cornes, bonjour à ce visage humain… Ces yeux cruels, ces cheveux sombres et ce perpétuel air de connard. Presque deux ans qu’il n’est pas venu dans cette ville, dans ce quartier. Avant il s’amusait à dresser des humaines dans ces ruelles, à même le sol. Mais… Là, il devait surtout se changer les idées et éviter d’attirer l’attention. Bastian relève les yeux en silence, vers le ciel teinté d’orangé. L’acier se confond avec le crépuscule et il vagabonde ce diable. Immense, deux-mètres, d’immenses mains, de larges épaules… Ne détaillons pas tout de suite sa stature, gardons un peu ce plaisir pour plus tard. Il s’avance dans les ruelles, arpente les rues, jusqu’à trouver le quartier le plus fréquenté. Le diable hésite encore sur son approche, l’arme dans la poche de son pantalon le contente dans l’idée de quelque chose de rapide, simple, efficace et illégal. Néanmoins…

Si un viol peut être évité… Autant s’amuser un peu, sur la durée…

En entrant dans ce bar, il pensait voir des regards se poser sur lui, mais rien. Rien du tout. Personne ne leva les yeux à part le barman qui le dévisagea comme s’il l’avait déjà vu. Bastian s’installe en silence au comptoir… Puis ses yeux scrutent la salle. Faim. Il a faim. Au sens propre comme au figuré. Le diable trépigne un peu, se rabroue et enfonce sa tête dans ses épaules en les étirant plus que nécessaire. Le barman pose une question, il répond d’une voix profonde, grave, qu’il prendrait un whisky… En fait, la bouteille entière. Le diable aime l’alcool humain, mais il ne lui fait pas beaucoup d’effet en réalité. A l’arrivée de la bouteille, un bruit de porte, il se sert un verre et le termine d’une seule traite… Aucun soupir, il semble ne pas respirer en réalité. Ce qui peut perturber, comme le fait que son corps est un peu froid… Bastian s’agace, c’est vrai que les humains ne sont pas aussi froids que les ténèbres. Il reprend un peu de couleur, ajuste sa température corporelle et commence à respirer normalement en descendant un autre verre de whisky. L’alcool ne lui réchauffe même pas la gorge. Ennui. Oui, il s’ennuie. Il n’a pas encore de proie, même si le bar est branché, apparemment les demoiselles ne sont pas encore de sortie.

Ennui.


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