Le Grand Jeu

Plan de Terra => Ville-Etat de Nexus => Discussion démarrée par: Cirillia le jeudi 27 septembre 2012, 17:06:32

Titre: Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le jeudi 27 septembre 2012, 17:06:32
« Il est ici ! Fuyez !
 -  Réfugiez-vous dans la cathédrale, vite !! »

Les cloches de la cathédrale ne tardèrent pas à sonner, se répercutant dans l’ensemble de la ville, alors que les badauds hurlaient de terreur, se mettant à courir rapidement, se bousculant. Les marchands abandonnaient leurs étals en se dépêchant, renversant leurs apprentis, lâchant de grosses caisses. Une psychose collective venait de s’emparer de la population de la bourgade de Saint-Luce. Les Luciens, comme ils s’appelaient, avaient déjà été attaqués deux fois dans le mois par un énorme dragon rouge, et les guetteurs sur les murs l’avaient entendu rugir. Les cloches résonnèrent dans toute la ville, et on pouvait entendre l’énorme bête rugir alors qu’elle fondait sur la ville, crachant son souffle mortel sur les toits des maisons, les incendiant, avant de plonger sur les longues rues en pierre, ses ailes immenses raclant les toitures. Ses pattes griffues fauchaient les humains, avant que le dragon ne remonte, sans tenir compte des hurlements de douleur des proies, qu’elle déchiquetait ensuite, avant d’attaquer à nouveau, soufflant sur les maisons, son feu infernal enflammant ces dernières.

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Cathédrale de Saint-Luce

Ciri’ entendit les Luciens hurler, et prit son temps pour se préparer. Elle se tenait dans l’une des chambres d’hôtes de la Cathédrale de Saint-Luce, un imposant édifice religieux bâti juste à côté d’une église, et qui confirmait le caractère très pieux des habitants de cette ville nexusienne. Saint-Luce était à quelques lieues de la grande cité-État, planté au milieu de montagnes. C’était une belle ville, prospère, qui tirait sa richesse des carrières de pierres à proximité, des mines de fer et d’or dont elle se servait pour entretenir les puissants murs entourant la ville, ou les remparts des forteresses à la frontière.

Prudemment, Cirillia vérifia son arbalète, tout en enfilant son armure, et en enduisant sa lame d’une mixture qui en renforcerait le tranchant. Depuis sa fenêtre, elle pouvait sentir le vent remuer ses cheveux, mais aussi sentir l’odeur de braise, voir les hautes flammes de la ville, les hurlements des gens, et l’immense dragon rouge, dont les ailes immenses volaient au-dessus de la ville. Il était inhabituel qu’un dragon vienne attaquer directement une ville. Pour se nourrir, les dragons attaquaient généralement des villages isolés, mais n’aimaient pas les grandes villes. Trop d’humains. Et ce dernier ne se contentait pas que de chasser. Il attaquait délibérément la ville, comme si quelqu’un le possédait, le dirigeait... L’hypothèse avait effleuré les lèvres des décideurs politiques de Saint-Luce, mais la théorie officielle était que ce dragon rouge était tout simplement malfaisant... Ce qui, à vrai dire, était tout à fait possible. Les dragons n’étaient pas que de simples animaux uniquement guidés par leurs instincts de survie ; ils étaient intelligents et conscients. Cirillia ouvrit un Élixir, et en but le contenu. Cet élixir magique renforcerait ses capacités et ses performances, ce dont elle aurait grand besoin contre un dragon.

*Calme ton excitation, il faut aborder ce problème de manière rationnelle et professionnelle...*

En tant que chasseresse de monstres, la spécialité de Cirillia était la traque de dragons. Elle en avait déjà tué un, jadis, et renouveler l’exploit ne la dérangeait pas... D’autant plus que celui-là avait l’air d’un sacré bestiau. Les archers ne pouvaient rien faire contre lui ; ils étaient désemparés, et avaient plus envie de s’abriter que d’affronter cette bête vorace. Des lâches, qui attendaient désespérément que Nexus envoie des renforts. Cependant, la ville était tellement empêtrée dans sa corruption et ses problèmes de guerre civile qu’il était difficile pour elle d’envoyer des hommes. Le Conseil royal était persuadé que ce dragon allait tout simplement repartir, qu’il cherchait juste à nourrir sa portée, et ceci forçait le seigneur local, un homme pieux qui avait son manoir à côté de la cathédrale, à envisager de stopper les expéditions de matières premières.

Cirillia avait entendu parler de ce dragon dans l’une des auberges de Nexus, où elle cherchait des demandes d’aides. Elle avait récemment aidé une famille à se débarrasser d’un dévoreur dans leur cave, ce qui lui avait offert de quoi continuer à pouvoir crécher dans l’auberge, mais les prix n’étaient pas donnés à Nexus. Elle s’y était rendue en espérant pouvoir embarquer dans l’un des navires, afin de protéger les marchands des monstres aquatiques, mais les capitaines avaient plus été attirés par sa plastique que par son épée, et, plus concrètement, préféraient louer les services des guildes, ou, pour els plus avares, des ordres religieux indépendants. Dans un monde féodal, si on n’appartenait pas à une faction, on était rien. Et Ciri’ rechignait à rejoindre une guilde, car ça reviendrait à limiter sa liberté de déplacement, et à être sous les ordres de quelqu’un, ce qui était inacceptable pour elle. Elle avait donc voyagé vers Saint-Luce, et, après avoir envoyé à l’hôpital un sergent, avait réussi à obtenir une cellule de moine, l’ordre religieux de Saint-Luce se chargeant de l’héberger.

Dehors, le dragon rouge continuait à faire des ravages. Ciri’ était prête, et alla se mettre sur l’embrasure de la fenêtre, puis se laissa descendre. Les réfugiés se pressaient en hurlant vers la cathédrale, afin de se protéger du dragon rouge.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le vendredi 28 septembre 2012, 13:12:33
« Lisne, Lisne, tu es convoquée par les hauts gradés. »

Wagram était revenu à la planque en courant. Son armure cliquetait rapidement, suivant ses grandes enjambées. Une fois face à la chevalière, il s’arrêta de courir et posa ses mains sur ses genoux pour reprendre son souffle. Quand elle entendit son ami tout essoufflé, elle se retourna alors vers lui et replaça ses cheveux correctement.

« Qu’y a-t-il ?
- Je ne sais pas, ils ont juste demandé à te voir de toute urgence.
- Très bien, je vais voir ce qu’ils veulent, reste ici et repose toi.»

Accompagnant sa dernière phrase par l’action, Lisne attrapa son épée et sortit. Son armure étant déjà revêtue, elle attacha sa cape tout en marchant.

*Enfin un ordre de mission*, pensa-t-elle.

L’action était un sens à sa vie. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle avait toujours voulu montrer sa valeur aux autres et les missions qu’elle accomplissait au nom de l’Ordre lui en donnait l’occasion. C’était une des raisons qui faisaient qu’elle les avait rejoints. Contrairement aux autres chevaliers, elle, n’utilisait pas de bouclier, rien pour se défendre mis à part son armure soignée. Cette particularité avait attiré l’attention à plusieurs reprises mais elle revenait toujours des missions les plus délicates sans être blessée. Ces actes de bravoure lui avait valu quelques remerciements et plusieurs possibilités d’évolution mais elle préférait rester sur le terrain plutôt que de devenir une administrative donnant les ordres aux autres.

Quand elle arriva devant le majestueux édifice chevaleresque, elle cria son nom au portier et il abaissa le pont-levis dans un vacarme de chaines coulissant autour d’une roue. Le pont se posa alors sur le bord des douves et Lisne s’avança toujours aussi calme qu’à son habitude. Une fois à l’intérieur, elle continua sa route et observa les chevaliers s’entrainer contre des mannequins de paille. Elle sourit, se remémorant cette partie de sa vie, celle où elle aussi elle s’entrainait comme ça. Maintenant, elle était loin de ce stade, elle avait passé tout ça. Maintenant, c’était sur de vraies personnes qu’elle exerçait ses dons à l’épée et, généralement, ça ne durait pas très longtemps. Son pouvoir ne lui servait déjà plus à gagner, elle était devenue forte, expérimentée et reconnue à sa juste valeur.

Ne trainant pas, elle passa une arche de pierre et bifurqua à droite, à gauche et continua tout droit, passant quelques embranchements. Elle s’arrêta alors devant une lourde porte de bois et frappa.

« Entrez, nous vous attendions. »

Cette assurance qu’avait l’un des trois à savoir qui était derrière la porte la surprenait à chaque fois. Elle entra alors et se retrouva dans un grand bureau dont les murs étaient garnis de bibliothèques pleines de livres. Son regard passa, encore une fois, sur ces étagères et s’arrêta face aux trois hauts gradés. Elle posa alors un genou à terre et baissa la tête.

« Lisne Faithworth, à votre service messires.
- Relevez-vous, votre prochaine mission est sans aucun doute la plus périlleuse que vous ayez jamais effectuée. Saint-Luce a des ennuis avec une bête sauvage et nous voudrions que vous vous en occupiez. »
Une bête sauvage… Après avoir affronté des hordes d’ennemis humanoïdes, voilà qu’on l’envoyait chasser un bestiau probablement dangereux ? Elle commençait à se poser des questions concernant le contrat quand le plus âgé reprit.

« Ce n’est pas un animal ordinaire. Il s’agit d’un dragon, un vrai et en tant que chevalière, vous vous devez de protéger la population de ce danger. Éliminez-le et revenez nous saine et sauve.
- A vos ordres messires. Je m’en occupe immédiatement. »

Elle salua alors les trois personnes présentes et retourna chercher son ami avant de prendre la route. Elle n’avait jamais chassé de dragons mais elle savait que toute l’aide apportée était la bienvenue. Cette fois, fini la rigolade contre ces humains, cette fois c’était du sérieux. Ils marchèrent pendant plusieurs jours et quand ils arrivèrent, les deux amis virent leur cible. Celle-ci était déjà fort occupée à effrayer les habitants. Sans réfléchir plus que nécessaire, Lisne sortit son arme du fourreau et fonça vers la bête, suivie de Wagram. Ensemble, ils observèrent les mouvements de la cible, vérifiant la hauteur de ses pattes et, enfin, Lisne envoya un coup de lame dans la patte du dragon rouge. Ce ne serait certainement pas suffisant pour l’arrêter mais au moins, ça attirerait son attention sur elle. Sans se départir de son calme, elle courut alors vers la sortie de la ville et se jeta à terre alors que les griffes du reptile se refermèrent dans l’air au dessus d’elle. La bataille contre l’animal était entamée, elle devait maintenant agir avec beaucoup plus de prudence et de sang froid qu’à son habitude. Elle se releva alors et murmura :

« Allez viens mon coco. Ce soir, je mange du dragon.»
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le vendredi 28 septembre 2012, 15:51:04
Quand on affrontait un dragon, il y avait une règle d’or à respecter, que Ciri’ ne connaissait que trop bien : seul un fou affronterait un dragon qui volait. Tant que le dragon était en l’air, il était virtuellement invulnérable. La priorité était donc de le faire descendre, afin de pouvoir l’attaquer, et toute la difficulté, quand on affrontait un dragon, consistait justement à le faire descendre. C’était la première étape, et il ne fallait pas croire que le combat était terminé. Au sol, un dragon conservait toujours son agressivité. Et celui-là avait l’air d’être particulièrement agressif. Ils n’étaient pas des créatures légendaires pour rien. Cirillia se rapprochait rapidement, remontant en sens inverse les arcades pleines de monde. Les gens se pressaient, hurlaient, les gardes tentant vaguement de maintenir à l’ensemble un semblant d’ordre. C’était le chaos, et Ciri’ vit des enfants paniqués, appelant leurs mamans. De brefs souvenirs d’enfance... Elle les chassa aussitôt, et continua sa descente, allant au centre de la ville.

« Remontez avec les autres, Madame ! hurla un garde en s’interposant devant elle.
 -  Dégage, manant !
 -  Vous ne pouvez pas aller là-bas, laissez faire la garde, nous contrôlons la sit... »

Il y eut une série d’hurlements abominables émanant de l’une des tours. Le garde et Ciri’ levèrent simultanément la tête. Les hurlements étaient déchirants. Agglutinés autour d’une baliste, des arbalétriers avaient fait feu sur el dragon, parvenant, plus par miracle qu’autre chose, à planter des carreaux sur son corps. La bête n’avait pas apprécié, et avait fondu sur le toit, crachant son feu. La baliste en bois brûlait, ainsi que les servants de l’arme, et les soldats. Ils ressemblaient à des espèces de torchères enflammées, et, dans leur agonie, plusieurs soldats glissèrent entre les meurtrières, tombant dans le vide en poussant des hurlements frénétiques, pour s’écraser sur des chaumières.

« Vous contrôlez la situation ?! le nargua Cirillia.
 -  Je... Et bien... »

Le soldat bredouillait, ne sachant plus quoi dire. Il était terrorisé, et il secoua la tête.

« Retourner en ville, c’est du suicide !
 -  J’ai déjà tué un dragon, abruti. Retournez à la cathédrale, et remuez vos fesses ! »

Le soldat hésita à nouveau, mais un autre rugissement du dragon le décida à cesser de jouer au héros. Soupirant devant cette perte de temps, Ciri’ courut un peu plus vite, descendant une rue pavée. Plusieurs pâtés de maisons brûlaient, et il y avait de nombreux blessés. Elle avait sorti sa seule arme réellement utile en lka circonstance : son arbalète. Tout en avançant, Ciri’ vit quatre arbalétriers au sol, devant elle, tirant des carreaux sur le dragon, quid écrivait une boucle, fondant sur eux, se situant derrière Ciri’. Gueule grande ouverte, sa gorge se mit à briller, et Cirillia, en pestant, se jeta sur le sol, évitant le massif dragon qui passa juste au-dessus d’elle. Il rasa le sol, souffla sur les arbalétriers, et s’éleva sans difficulté, tandis que le ssoldats poussaient des hurlements de douleur.

*Son souffle est puissant...*

Rien à voir avec le dragon qu’elle avait jadis réussi à tuer ; celui-là était bien plus dangereux. Il décolla à nouveau dans le ciel, fièrement, et Ciri’ le poursuivit. Elle arriva ainsi à la place d’entrée, et vit le dragon se poser violemment sur le sol. Sa queue fendit l’air, et balança plusieurs soldats, les démembrant, avant de claquer sur le sol. Il rugit, et souffla sur les étals et les chariots abandonnés, enflammant une partie des soldats. Se rapprochant lentement, Cirillia pointa son arme sur lui, mais, pile au même moment, le dragon déploya ses ailes. Elle remarqua alors une autre femme en armure, qui l’avait frappé à la jambe. Un coup judicieux, mais un peu inutile, selon Cirillia ; un dragon avait une carapace particulièrement épaisse, avec quelques rares faiblesses. Ses pattes n’en faisaient toutefois pas partie, et le dragon se retourna, fondant sur la femme.

Une autre morte à déplorer... Du moins, c’est ce que la guerrière pensait, mais elle fut surprise de voir la jeune femme échapper à son attaque. Les griffes du dragon claquèrent juste au-dessus d’elle, et il fila comme une flèche en l’air, avant de se retourner, et de fondre sur la femme, répandant son souffle. Cirillia se dépêcha de trouver une position surélevée, et courut vers une petite tourelle le long du mur. Il s’agissait d’un escalier, qu’elle se servit pour rejoindre le mur. Elle se dépêchait, et se mit en position. Il y avait d’autres archers, qui tiraient sur la bête.

« Ne visez pas ses ailes ! Vous ne les atteindrez pas !
 -  Vous êtes qui ?!
 -  Votre seule chance de survie ! »

Ciri’ pesta, et les archers ne discutèrent pas trop.

« Faut-il viser sa tête ?
 -  C’est la partie la plus résistance de sa carapace, concentrez le tir le long de sa moelle épinière ! »

Là où les pointes ressortaient, la carapace était la moins résistante. Les archers obtempérèrent, et commencèrent à faire feu, Ciri’ les aidant. Le dragon se déplaçait rapidement, mais elle réussit à loger deux ou trois carreaux au milieu de son dos. Le dragon en fut perturbé dans ses déplacements, poussa un hurlement, et trébucha. Il heurta le toit d’une maison, puis se retourna vers les archers du mur, et fondit sur eux. Il répandit son souffle droit sur les archers, et ces derniers hurlèrent. Cirillia bondit en l’air, évitant le souffle enflammé de justesse, et s’agrippa à la jambe du dragon. Ce dernier grogna, en sentant cette passagère clandestine. Elle avait eu le temps de ramener son arbalète dans son dos, et son dos heurta le mur, tandis que le dragon rugit une nouvelle fois. Il retourna sur la place, et Cirillia heurta un étal. La douleur jaillit dans son corps, et elle lâcha la patte du dragon. Elle roula sur le sol sur plusieurs mètres, et heurta involontairement la femme qui avait blessé le dragon à la patte.

Ciri’ se releva rapidement, secouée, tandis que le dragon rugit à nouveau, et revenait sur les femmes. Elle regarda la femme, sachant qu’elle était rapide.

« Votre épée ne servira à rien tant qu’il est en l’air ! Il faut atteindre son dos pour le faire descendre. Essayez d’attirer son attention pour que je le blesse suffisamment avant qu’il se pose sur le sol !! »

‘Pas le temps d’en dire plus, le dragon revenait à la charge !
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le dimanche 30 septembre 2012, 16:38:42
Ayant évité le souffle de justesse, Lisne ôta sa cape et la lança à Wagram qui alla directement la mettre en sécurité. Maintenant, les mouvements de la chevalière pouvaient être plus rapides, plus précis et le dragon aurait moins de prises pour l’attraper en cas d’assaut direct. Tenant son épée droit devant elle, elle plaça sa deuxième main sur la première, renforçant sa prise sur l’arme. Lisne concentra alors son attention sur l’animal qui dévia de sa trajectoire pour retourner à l’assaut des gardes dans leurs tours. Apparemment, les archers avaient fait mouche en tirant car la bête avait été affaiblie un instant au point de toucher un des toits. Elle le vit alors souffler son feu sur la tour de gardes et remarqua une femme ayant sauté.

*Joli réflexe*, pensa-t-elle

Le dragon ne pensa pas de la même façon et émit un rugissement à faire trembler les citoyens et gardes moins courageux. Suivant toujours sa cible, Lisne put observer que la femme s’était accrochée à la patte du dragon furieux. Elle pensa alors que c’en était fini pour elle quand la silhouette féminine heurta un étal et roula avant de venir la percuter. Maintenant, elles étaient réunies et, au vu du regard bestial, elles allaient toutes les deux servir de repas au lézard volant si elles ne partaient pas tout de suite.

« Votre épée ne servira à rien tant qu’il est en l’air ! Il faut atteindre son dos pour le faire descendre. Essayez d’attirer son attention pour que je le blesse suffisamment avant qu’il se pose sur le sol !! »

Une pro de la chasse aux dragons ? Tant mieux, au moins il y avait une autre personne compétente et semblant même maitriser le combat contre ce genre de chose. Le dragon revint alors à la charge et Wagram revint, se jetant sur l’inconnue pour la sauver. Il savait que Lisne n’avait pas besoin de lui et préféra sauver l’inconnue à coté. Il se releva alors et, après un échange de regard avec celle qu’il suivait, courut épée à la main à la suite de la chevalière.

De son coté, Lisne n’avait pas trainé. Se jetant contre un mur, elle vit la patte de la bête passer devant elle et ne bougea pas. Elle lança alors un regard à son ami et fonça dans le sillage de l’animal. Elle ne savait pas vraiment comment attirer l’attention d’une créature pareille mais elle savait qu’elle trouverait le moment venu. Tout ce qu’elle avait à faire, c’était d’attendre que l’autre femme puisse clouer le dragon au sol avant de l’achever. Oh, elle ne pensait pas que ce serait simple, il avait tout de l’être déchainé mais au moins, les lames seraient déjà plus à leur avantage. Le dragon fit alors demi-tour et revint à l’assaut, soufflant le chaud sur son passage. Lisne courut alors sur le coté, longeant les murs et, quand elle fut près de la bête, passa sous son ventre avant de donner un nouveau coup, dans le ventre cette fois, au dragon. Ce coup ci fut suivi d’un autre, donné par Wagram ayant suivi l’exemple.

« Au fait, c’est qui cette femme là-bas ? »

Il savait que le temps n’était pas à la parole mais il voulait savoir pourquoi, toute chevalière qu’elle était, Lisne n’avait pas demandé à l’inconnue de rejoindre les autres villageois.

« On s’en fout, elle a l’expérience du combat et tant qu’elle nous aide bien, je n’en demanderai pas plus. Essaye de garder l’attention du dragon sur nous pour qu’elle l’envoie au sol. Là on est inutiles. »

Son ton était rapide et sec, mais elle était tellement absorbée par le combat que l’adrénaline lui donnait des airs de démone, d’assoiffée de combat. Le dragon n’avait pas apprécié de rater les deux humains et volait beaucoup plus maladroitement qu’au début. Les flèches dans son dos devaient déjà commencer à le gêner et ça se ressentait dans ses mouvements. Il continuait de mettre le feu partout où il passait, de détruire les toits des maisons quand ce n’était pas juste un coup dans une tour de gardes.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mardi 02 octobre 2012, 02:35:29
Pour vaincre un dragon, il fallait le clouer au sol. Et, pour ça, il fallait le blesser. D’après son expérience, le point sensible d’un dragon se situait le long de sa colonne vertébrale. Il fallait atteindre le système nerveux du dragon, afin de compliquer le fonctionnement de ses ailes, et ainsi le forcer à rester au sol. Faire cela était particulièrement difficile, et Ciri’ avait besoin d’une diversion pour pouvoir viser et toucher le dragon. Elle avait déjà tué un dragon en étant seule, mais ceci relevait plutôt du miracle que de l’expérience. Elle s’écarta légèrement, et le dragon fondit sur elle. Elle s’apprêta à se replier, quand un homme la renversa. Ciri’ tomba sur le sol, surprise, et le dragon passa en rugissant à côté d’elle. Elle vit un mystérieux homme, et le repoussa, avant de le voir rejoindre la femme.

*C’est qui, ce taré ?!*

Elle fut bien tentée de l’insulter, mais le dragon descendit à nouveau. Se relevant, Cirillia se mit à courir, revenant rapidement vers le mur. La guerrière partit droit devant elle, sentant le dragon dans son dos. Elle se retourna à nouveau, et brandit son arbalète, visant la tête de la bête. Un carreau le frappa à la joue, et le dragon rugit, avant de s’écarter. Ce faisant, Ciri’ se remit à courir, filant dans un escalier, et atteignit le mur, puis courut vers la tour la plus proche, afin d’avoir une meilleure vue, et une meilleure portée de tir. Tournant la tête, elle put voir que le dragon retournait attaquer la ville, soufflant sur le toit d’une maison

Son comportement était toujours aussi curieux. Il ne s’attaquait pas précisément aux individus pour se nourrir, mais plutôt à la ville directement. Cherchait-*il quelque chose d’autre que simplement se manger ? Ou est-ce qu’il était envoyé par une espèce de mage ? Cirillia savait qu’il existait des orbes magiques permettant pour certains magiciens talentueux de contrôler les dragons, mais elles étaient rares. En tout cas, ce dragon ne venait pas pour se nourrir... Mais peu importait ses motivations, Cirillia allait le tuer aujourd’hui. A partir de là, sa présence ici était sans importance. Elle se rendit dans la tour, et commença à grimper le long de l’escalier, se dépêchant, entendant encore une fois le dragon rugir.

La guerrière arriva sur le toit, épuisée, et se plaça entre les meurtrières, voyant le dragon tournoyer dans les airs. Il fondit sur des soldats tentant de fuir dans une rue, en prenant un dans chacune de ses pattes, ses griffes se plantant dans leurs corps, avant qu’il ne les balance contre les murs. S’envolant à nouveau dans le ciel, le dragon retourna sur la place, et Ciri’ le suivait de près, veillant à lâcher des carreaux au moment opportun. Lisne parvint à nouveau à blesser le dragon en le touchant au ventre, et ce dernier poussa un rugissement, puis cracha du feu sur elle, se concentrant sur la jeune femme. Il se posa violemment sur le sol, les vibrations sonores perturbant Lisne, et il se retourna, remuant sa queue pour l’abattre violemment droit sur la femme. Au même moment, Cirillia lâcha une série de carreaux. Les tirs atteignirent le dragon au dos, et il poussa un rugissement, avant de perdre le contrôle de ses ailes, et de tomber sur le sol. Le dragon, sonné, se releva, et rugit, restant au sol, crachant à nouveau son feu surpuissant vers Lisne.

*Il ne peut plus voler... Mais le combat est encore loin d’être terminé...*

Ce dragon était terriblement gros et robuste. Cirillia n’en avait jamais affronté un de cette férocité. Il était rapide, et particulièrement acharné, et elle se demandait s’il n’était pas de sexe féminin. Les dragonnes étaient parfois bien plus dangereuses que les dragons, surtout quand elles se sentaient menacées. Avec ses quatre pattes, la créature était toujours aussi redoutable, et remuait sa queue pour affronter la femme et son compagnon. Il n’hésitait également pas à utiliser sa griffe ou ses dents, les faisant claquer dans le vide. Cirillia entreprit alors de redescendre, courant dans l’escalier, afin de prêter main-forte à la femme contre la bestiole.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le mardi 09 octobre 2012, 15:38:51
Lisne était encore en train de chercher un moyen de distraire à nouveau le dragon quand il revint vers elle. Il ne l’avait donc pas oubliée et cela la fit sourire malgré le danger. Quand il se posa, la chevalière fut dérangée par les vibrations sonores crées par la bête et ne vit pas le coup de queue venir. Elle sentit juste le choc, un violent coup lui avait été porté dans les côtes et elle s’envola contre un mur. Elle sentit alors l’utilité de son armure, sans elle, elle aurait pu souffrir beaucoup plus, voire même perdre l’opportunité de pouvoir combattre à nouveau après. Elle se releva alors, aidée par Wagram et reprit son arme bien en main.

Elle observa alors son ennemi et vit le fond de sa gorge briller à nouveau. Attrapant son ami par le poignet, elle fonça se cacher derrière un mur avant que les flammes ne viennent lécher l’endroit où elle se tenait précédemment. La douleur du coup de queue se raviva et Lisne grimaça un instant avant de se reprendre. Pas le temps de souffrir, il faut protéger le reste de la cité, avait-elle pensé sur l’instant. Elle retourna alors au combat et évita les coups de griffe et de dents du dragon. Elle remarqua aussi qu’il ne volait plus, l’étrangère devait avoir réussi à l’empêcher de voler. Malgré le fait qu’il ne pouvait plus utiliser ses ailes, la bête restait dangereuse, attaquant tout ce qui était sur son passage, vivant ou non.

Le duo se défendait, reculant dans la rue alors que l’animal progressait. Curieusement, il n’allait pas vers le haut, il descendait et Lisne décida de profiter de la situation. Toujours en tentant de garder l’attention du dragon, elle allait vers le bas, vers la sortie. Les gestes de Lisne se faisaient moins rapides, gênée par le coup qu’elle avait reçu, elle se battait néanmoins avec toute sa conviction. Le dragon, quant à lui, était toujours rapide, hargneux et fort. Il avançait, heurtant quelques maisons sur son passage, laissant beaucoup de désolation dans son sillage. Les cadavres de gardes étaient éparpillés ici et là, par-dessus quelques civils malchanceux et des pierres formant autrefois des murs de maisons.

« Poussons le à nous chercher hors de la ville, il fera moins de dégâts. »

Elle avait lancé ça à son ami tout en esquivant un nouveau coup de patte dans sa direction. Il acquiesça alors et ensemble, ils continuèrent à redescendre la large rue pavée. Elle continuait de combattre avec toute sa vigueur et frappa une nouvelle fois après avoir esquivé un coup de griffes. Elle cherchait toujours une faille, un endroit où taper pour affaiblir le dragon mais ne voyait pas. Ses coups semblaient presque inutiles, caressant à peine les écailles épaisses du monstre en face d’elle. Elle fit alors une roulade sur le coté pour éviter de se faire écraser par la lourde patte et vit la femme d’avant revenir en courant. La bataille prenait un autre tournant et Lisne espéra que cette inconnue savait où frapper pour affaiblir l’animal.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mercredi 10 octobre 2012, 00:04:35
La chasseresse dévalait les escaliers, faisant soigneusement attention à ne pas trébucher. Les escaliers étaient longs, et il serait vraiment stupide de se rompre le cou. Cependant, plus le temps passerait, et plus ce puissant dragon serait incontrôlable. A terre, il allait s’énerver de voir qu’il ne pouvait pas voler, et attaquerait férocement ceux qui tenteraient de l’attaquer, comme cette femme en armure. Ciri’ réussit à atterrir en contrebas de l’escalier, et passa par la porte en bois. Elle retourna sur le mur, et entendit le dragon rugir. Il tenta de mordre Lisne avec ses dents, et cette dernière esquiva. La queue du dragon fendit l’air, et il se retourna subitement, essayant à nouveau de la briser. Le sol se fissura sous la puissance de ce massif dragon rouge. Cirillia réalisait qu’elle avait, malheureusement, raison. A terre, il était encore plus féroce, et le combat avait lieu près de la porte. Elle s’approcha, sautant depuis le mur pour atterrir sur le toit en toile d’un chariot. De là, elle put rebondir sur le sol, et reprit sa course, haletant à moitié. L’adrénaline et l’élixir qu’elle avait ingurgité battaient dans ses veines.

Entre-temps, d’autres gardes s’étaient rapprochés, tenant des arbalètes, de lourds boucliers, et d’armes d’hast. Les arbalétriers visèrent le dragon, et, quand les carreaux se plantèrent dans son corps, la bête rugit, et fouetta avec sa queue, frappant le bouclier d’un des soldats, l’envoyant s’écrouler lourdement sur le sol. Profitant de ces diversions, la guerrière tenta d’aller dans le dos du monstre. Elle avait attrapé sa lame en acier, la tenant d’une main, le bout de la lame frottant sur le sol pavé. Le dragon rugissait, de nombreux carreaux plantés dans le corps, laissant filer un peu de son sang. Ses écailles étaient extrêmement solides, et Ciri’ roula sur le sol, évitant la queue du monstre qui siffla en l’air. La créature s’était retournée contre les soldats, et soufflait sur eux. Plusieurs arbalétriers hurlèrent de douleur, tandis que les autres s’écartaient. Le dragon bondit en avant, et en frappa un avec son museau, l’envoyant s’écouler au sol. Le malheureux soldat vit deux rangées de longues dents avant que les crocs de la bête ne lui arrachent une partie du corps.

Soupirant, Cirillia ne se laissa pas décourager, et posa son pied gauche sur la queue du monstre, s’en servant comme appui pour sauter. Elle s’élança dans les airs, et posa chacun de ses pieds sur la base des ailes du dragon, levant fièrement son épée, avant de tenter de l’abattre. Pour blesser mortellement le dragon, il fallait frapper à son point faible, le long de sa colonne vertébrale, là où des excroissances sortaient de son corps, ces fameuses pointes qui étaient le prolongement naturel de ses os. Sa peau était ici la plus sensible, et on pouvait voir, ici et là, les nombreux carreaux tirés par Cirillia. Elle brandit son épée, et parvint à l’enfoncer dans le corps du dragon.

En sentant la lame s’enfoncer en lui, le dragon poussa un rugissement de douleur. Cirillia, elle, eut un sourire de satisfaction, mais sa position était instable, et elle n’avait pas pu enfoncer toute sa lame. Elle la ressortit, le bout étant trempé de sang, mais sentit le dragon s’agiter, et fut déstabilisée.

*Merde ! Il est trop résistant !*

Elle tomba sur le sol, roula par terre, en lâchant son épée, et sentit le dragon fondre sur elle. Elle roula sur le sol, et les dents du dragon claquèrent dans le vide, la manquant de peu. Il tenta à nouveau de la mordre à la jambe, mais la jeune femme, en se redressant, sauta de côté, et n’eut pas le temps de réfléchir que la queue du dragon fouetta contre elle. Elle se reçut un coup surpuissant, et sentit la douleur exploser. Ciri’ décolla du sol. Le dragon était terriblement puissant, et le coup l’envoya s’envoler. Elle s’écrasa à travers la porte d’une maison, s’écrasant sur une table en bois.

« Tirez ! hurla un soldat. Empêchez-le de s’enfuir !! »

Les oreilles de Cirillia bourdonnaient, alors qu’elle tentait de se remettre. Son dos lui faisait atrocement mal, ainsi que quasiment toutes les parties de son corps. Le dragon, de son côté, choisit de s’enfuir, étant trop blessé pour continuer à se battre. Il courut vers la porte à moitié fermée, et arracha partiellement les solides portes en bois, avant de courir sur ses quatre pattes, faisant trembler le sol en rugissant de douleur. Difficile de le rattraper. Cirillia, de son côté, réalisa qu’elle était dans une maison en feu,e t qu’elle était terriblement sonnée. Un peu d‘aide, ça ne serait clairement pas de refus. Elle réalisa qu’elle avait également perdu son arbalète lors de son vol.

*Au moins, elle ne sera pas brisée... Saloperie de dragon...*
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le lundi 15 octobre 2012, 18:14:11
Plus le combat avançait, plus la fatigue rattrapait la chevalière. Heureusement pour elle, le dragon s’attaqua à des gardes et en tua quelques uns. Lisne souffla alors un coup et recommença à lutter alors que la femme qu’elle avait aperçue un peu plus tôt avait disparu de son champ de vision. Quand elle entendit le dragon rugir, les yeux de Lisne cherchèrent aux alentours et bientôt, elle aperçu l’autre femme tenter d’éviter les crocs avant de se prendre un coup de queue assez violent.

Le corps fut projeté à travers la porte d’une maison en feu et Lisne envoya Wagram vérifier que tout allait bien pour la femme. Elle se concentra alors à nouveau sur la bête et contrairement aux ordres donnés par un soldat, s’écarta du chemin du dragon. Son but était de le faire partir, de l’affronter là où les innocents ne risquaient rien. Et puis, vu comme il détruisait les murs facilement, elle savait que son corps seul ne suffirait pas à l’arrêter dans sa course folle. Les flèches pleuvaient sur la bête, certaines, beaucoup même, semblaient sans effets, s’écrasant lamentablement sur le sol après avoir heurté les solides écailles rouges. Une fois qu’il fut parti, Lisne rangea son épée dans son fourreau et retourna voir l’inconnue, profitant de ce répit pour retrouver son souffle.

Pendant que le combat faisait rage, l’écuyer suivit les ordres de sa supérieure et se dirigea vers la maison en feu. Quand il pénétra dans la bâtisse, une poutre s’effondra dans le fond de la pièce, rongée par les flammes se réchauffant au fil du temps. Il ne chercha pas longtemps avant de la trouver, sur ce qui devait servir de table anciennement. Ne lui laissant pas trop le choix, il s’approcha, passa un des bras de l’inconnue autour de son cou et avança vers la sortie. Dans la pièce, le feu commençait à prendre et les flammes léchèrent le chambranle de la porte. N’ayant pas vraiment le temps de chercher une autre issue, l’écuyer resserra sa prise autour de la jeune femme et avança plus vite pour atteindre la sortie. Une fois dehors, il alla l’installer contre un mur après avoir posé sa cape rouge au sol.

« Va lui chercher de l’eau, je reste avec. »

La voix de Lisne s’éleva dans l’air et Wagram se releva pour obéir une nouvelle fois. Lisne l’observa s’éloigner un peu et s’installa ensuite près de cette inconnue. Elle la regarda alors et dans ses yeux, on pouvait lire du respect et de l’inquiétude.

« Ça va ? Vous vous êtes pris un sacré coup. Le dragon est parti mais merci pour votre aide, si ça ne vous ennuie pas et si vous vous sentez assez en forme pour ça, j’aimerais que vous nous accompagniez pour l’achever. J’aurais bien besoin de quelqu’un qui partage vos connaissances pour affronter ce monstre une bonne fois pour toutes. »

Elle s’assit alors, regardant la maison face à elle et souffla un coup. Wagram revint alors avec une gourde remplie et la tendit à la femme encore un peu sonnée.

« Au fait, je m’appelle Lisne, lui c'est Wagram et vous ? »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mercredi 17 octobre 2012, 11:16:57
Le combat l’avait indéniablement sonné, mais il y avait aussi autre chose. Le coup de queue avait été terrible, et elle était persuadée qu’elle devait avoir une vilaine marque sous son armure. Sans cette dernière, ce coup l’aurait assurément tué, et elle ne pouvait que louer une prière silencieuse pour son frère. Ses talents de forgeron avaient sauvé Cirillia de la mort à bien des reprises, comme en ce moment. Dans les décombres de la maison, elle faisait tout son possible pour se redresser, sentant cette dernière craquer dangereusement. Elle risquait sa vie ici, si elle restait là.

*Allez, bordel, remue-toi !*

Facile à penser, moins à faire… Elle entendit une poutre tomber derrière elle. Une fumée noire et asphyxiante remplissait la pièce, et elle cligna des yeux... Avant de sentir une forme s’approcher. La forme la souleva, et elle réussit à sortir de la maison, se mettant à tousser rapidement. Elle se retrouva assise contre un mur, et vit la maison dans laquelle elle avait atterri. Elle brûlait bien, comme une bonne partie de Saint-Luce. La ville avait souffert du passage du dragon, et il leur faudrait des mois pour tout reconstruire... Et également éviter que l’incendie ne se propage. Saint-Luce était une ville médiévale assez ancienne, conçue de manière assez anarchique. Les toits des maisons se rejoignaient parfois dangereusement le long de sinueuses ruelles, et un incendie pouvait facilement dégénérer. Il y avait de plus plusieurs points de feu, ce qui risquait de déclencher un feu de tous les diables. Cirillia y songeait brièvement, avant de se retourner vers son sauveur... Et sa sauveuse. La chevalière qu’elle avait aperçu revint devant elle, et se présenta.

Lisne. L’autre devait s’appeler Wagram, et elle suggéra à Cirillia qu’elles partent ensemble chasser le dragon. Tournant la tête vers l’entrée de la ville, Ciri’ vit que le dragon avait défoncé l’énorme porte à double battant en bois pour sortir, et regarda à nouveau Lisne. Le poursuivre était tentant, mais sans doute un peu suicidaire, pour Ciri’. Le dragon l’avait salement amoché.

« Cirillia, répondit-elle. Mais vous pouvez m’appeler Ciri’. »

Elle entreprit ensuite de se redresser, et sentit ses cotes la faire souffrir. Ciri’ était volontiers du genre tête brûlée, mais il fallait parfois être raisonnable. Elle avait besoin de soins médicaux, de se reposer, et, surtout, d’essayer d’en savoir plus sur ce dragon, et sur la région. La région autour de Saint-Luce était montagneuse et grande. Il y avait une vaste forêt, et le dragon pouvait se cacher n’importe où. Le poursuivre serait très difficile, et tout simplement suicidaire sans une carte de la région.

« Je serais bien tentée de vous suivre, mais je crois que j’ai reçu un sale coup de la part de cette créature... Je serais un poids mort plus qu’autre chose. »

Se tenir debout était déjà dur. Il lui fallait ingurgiter quelques élixirs, mais elle aurait besoin de temps pour se remettre. Elle regarda une nouvelle fois la guerrière, reprenant lentement son souffle, avant de lui donner quelques explications supplémentaires :

« Sans une carte de la région, ou un guide, votre traque risque d’être bredouille. Et puis... Il y a quelque chose d’anormal ici... Un dragon n’attaque les humains que pour manger, normalement. Or, il a sciemment attaqué la ville, il a voulu l’incendier, la brûler... »

C’était effectivement anormal, car un dragon, en temps normal, n’agirait pas ainsi. Ciri’ en revenait toujours au même point, cette impression qu’il y avait quelque chose ici qu’on leur cachait, un mystère...

« Il est possible qu’un mage ait contrôlé ce dragon, mais, dans ce cas, il aurait du se trouver à proximité de ce dernier... Or, je n’ai rien vu de tel... Dans ce cas... »

Ciri’ se tut, se mordillant les lèvres, avant de continuer à délivrer ses pensées :

« Dans ce cas, il faut croire qu’il cherche quelque chose de précis... Un dragon n’est pas un animal classique. C’est une bestiole consciente et extrêmement intelligente. Certains dragons disposent même de pouvoirs magiques, et peuvent se transformer en humains. »

Elle ignorait ce qui se passait ici, mais elle avait l’intime conviction qu’il se passait des choses importantes, et dont elle n’avait pas connaissance. Pendant ce temps, les gardes et les habitants de Saint-Luce refluaient de la cathédrale, afin de lutter contre les flammes. Cirillia tenta de marcher, mais ses jambes la trahirent. Elle se raccrocha à un tonneau, en soupirant, retournant se tenir les cotes.

« Faites ce que vous voulez, Lisne, mais je vais me reposer cette nuit... »

Ça ne lui plaisait pas, mais elle n’avait pas vraiment d’autres options.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le mercredi 17 octobre 2012, 15:49:13
Lisne écouta Ciri’, puisque c’est ainsi qu’elle s’était présentée, donner ses explications. Elle avait vu le dragon lui donner le coup et se rappela celui qu’elle avait elle-même reçu préalablement. Sa main se dirigea inconsciemment vers l’endroit où le coup lui fut porté mais ne dit rien, laissant ainsi l’occasion à la guerrière de parler. Quand Ciri’ parla du comportement du dragon, Lisne observa les alentours en feu et remarqua qu’elle avait raison. Bien sûr, il y avait des morts à déplorer mais aucun ne fut réellement avalé par la bête, c’étaient les bâtiments qui avaient accusés le plus de coups, comme pour démontrer l’hypothèse de la recherche.

Une fois qu’elle eut fini de parler, Lisne se leva à son tour et changea d’avis concernant la chasse du dragon… Enfin, pour le moment. Elle comptait bien retourner traquer la bête mais après les arguments avancés par Cirillia concernant la carte ou le guide, elle se dit qu’il valait bien mieux se renseigner sur la région. Et puis, cette femme pourrait lui être utile une fois remise. Se dirigeant à la suite de l’autre femme, Lisne ne put s’empêcher de remarquer que l’arbalète de la femme n’était pas dans les environs.

« Ne voudriez-vous pas un peu d’aide ? Il me semble aussi que vous avez perdu une de vos armes, on pourrait aller la récupérer à votre place et vous la ramener. Si vous avez une idée de l’endroit où vous l’avez laissée ce sera plus simple. »

Elle avait bien vu que ça n’allait pas pour la guerrière qui les avait aidés et proposa de l’aider. Son rôle de consistait pas qu’en batailles ni même en chasses mais elle se devait aussi d’aider les autres. Elle était prêt à aller jusqu’à offrir sa vie pour protéger quelqu’un d’autre. Les ordres qu’elle avait reçus étaient d’éliminer le dragon et par la même occasion, de protéger Saint-Luce. Peu importait le temps, on ne lui avait pas donné de directives concernant ce détail et elle pouvait donc tout à fait aider à la restauration de la ville pour un moment. Hors, ce moment elle l’avait, le temps que la femme souffrante se remette. L’idée de partir achever le dragon ne l’avait pas quittée, ni même celle d’y aller en compagnie de cette femme. En attendant de pouvoir partir traquer l’animal, elle se dit qu’elle pouvait toujours apporter son aide à la population de cette ville.

« Je peux très bien attendre que vous soyez remise pour aller chasser le dragon, pendant ce temps, je peux toujours aider les gens d’ici et enquêter discrètement sur ce qui aurait pu pousser ce dragon attaquer Saint-Luce si ce n’était pas la faim ni même un contrôle magique. »

Cette approche concernant l’attaque l’intriguait, si cette femme disait la vérité alors elle devait chercher des réponses, comprendre pourquoi il avait attaqué et ce qu’il cherchait. Elle était quasiment certaine que ce dragon ne pouvait pas se transformer en humain sinon il aurait très bien pu le faire et fouiller discrètement. Bien sûr, il y avait toujours la possibilité de la simple envie de détruire cette ville mais non, cette idée ne lui plaisait pas et ne semblait même pas avoir traversé l’esprit de Cirillia.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le jeudi 18 octobre 2012, 16:42:54
Lisne se dévouait, et fit remarquer à Cirillia que celle-ci n’avait plus son arbalète. Sur le coup, Ciri’ était incapable de se dire si elle avait elle-même rejeté l’arbalète, ou si elle l’avait tout simplement lâché sous la puissance de l’impact, lorsque la queue du dragon l’avait frappé. Son arbalète devait se trouver à la place, et, avant de répondre à Lisne, Cirillia décida de reprendre son souffle. Laisser quelqu’un d’autre qu’elle récupérer sa propre arme était inconcevable pour la guerrière ; sa fierté le lui interdisait, ainsi que sa méfiance naturelle. Son arbalète à répétition était de très bonne facture, une arme rare et de qualité, et, quand bien même elle avait bataillé avec Lisne, et qu’elle trouvait cette femme plutôt séduisante, il n’empêchait pas qu’elle ne lui faisait pas encore confiance au point d’échanger ses armes avec elle. La chevalière parla encore, lui proposant d’enquêter à Saint-Luce sur ce qui se passait.

« Vendu, répondit Cirillia en reprenant son souffle, mais je peux encore marcher. Je préfère avoir mon arbalète avec moi. »

Elle se mit donc à marcher, commençant au début par s’appuyer au mur, avant de s’avancer lentement, en titubant. Elle avait les poumons en feu, et avait mal à chaque fois qu’elle marchait. Ça la démangeait au niveau de l’estomac et de ses poumons. Malheureusement, ses élixirs étaient dans sa chambre. L’attaque du dragon l’avait prise de court. Elle rejoignit la place, tout en commençant à entendre des bruits en arrière. Les villageois revenaient probablement tenter de sauver Saint-Luce des flammes qui la rongeaient. La ville n’était pas dans un territoire dragonique, et n’avait donc pas été conçue pour empêcher la propagation des incendies. Il y avait malheureusement fort à parier que toute une partie de la ville partirait en feu.

Il fallait toutefois voir le bon côté des choses. Après cette attaque, Saint-Luce parviendrait sûrement à avoir enfin des renforts de la part de Nexus... Ce qui allait contraindre Cirillia, mais aussi Lisne, à devoir mettre les bouchées doubles. Elle avait suffisamment côtoyé les pouvoirs publics pour savoir qu’ils étaient par défaut réfractaires à l’usage de forces privées. Si l’armée nexusienne débarquait, on demanderait à Cirillia, gentiment mais fermement, de foutre le camp, et elle se retrouverait à nouveau sur la paille. Pour autant, la perspective de quitter ce dragon sans préparation était une idée encore pire que celle de rester pour enquêter, et prendre le risque d’être doublée sur place.

*Et puis, outre cela, j’ai aussi une raison personnelle d’attaquer ce dragon...*

L’inimitié de Cirillia pour les dragons était consommée depuis le jour où un dragon avait massacré son village. Un immense dragon aux écailles noires. Elle avait haï ces bestioles, et fait sur eux de longues recherches. C’était l’un des plus vieux adages de la guerre : connaître son ennemi. Elle avait ainsi découvert que les soi-disant spécialistes et experts sur les dragons se contredisaient parfois entre eux, mais qu’il y avait un fond commun. Pour commencer, personne ne savait depuis quand les dragons existaient. Ils étaient probablement l’une des plus anciennes races du monde, et seraient les descendants des Dragons Primordiaux, les premiers dragons de Terra, d’une telle puissance qu’ils auraient façonné ce monde. Un dragon n’était ni un animal, ni un être humain ; c’était un être hybride, que, selon l’affinité des experts, on rapprochait de l’animal, ou de l’individu conscient et civilisé. Un dragon avait une affinité particulière avec la magie, certains dragons pouvant disposer d’une magie dragonique d’une puissance terrifiante, une magie qu’on appelait le Thu’um.

Et, surtout, Cirillia avait appris que les écailles des dragons déterminaient leur puissance, leur rang, ou leur affiliation. Un dragon aux écailles dorées figurait parmi les dragons les plus nobles et les plus puissants. Un dragon aux écailles vertes était le dragon-lambda, et un dragon aux écailles rouges était un chasseur. Les dragons rouges étaient forts et vigoureux, mais ils n’étaient pas farouchement hostiles aux humains. Ce rôle échouait aux dragons noirs, dont la haine envers les Deux-Pattes les amenait à raser des villages entiers. Un dragon rouge ne ferait pas ça, n’en voyant pas l’utilité. Or, le dragon qui avait attaqué possédait de magnifiques écailles rouges. Voilà ce qui étonnait Cirillia. Elle y songeait tout en regardant autour d’elle.

« Pendant que vous enquêterez, je pense que j’irais consulter mes ouvrages sur les dragons. »

C’était une preuve que les dragons étaient l’obsession de Cirillia. Elle avait avec elle plusieurs livres massifs sur les dragons, des encyclopédies et des traités de recherche. Elle avait eu du mal à trouver de la bonne documentation, mais ces livres-là lui donnaient pour le moment satisfaction. Elle vit enfin son arbalète, qui avait atterri près d’un étal, et la ramassa. Elle n’avait heureusement rien de cassé... Du moins, en apparence. Cirillia soupira de soulagement. Il était maintenant temps de remonter.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le mardi 30 octobre 2012, 18:10:54
Lisne laissa Cirillia reprendre son souffle et consentit à la laisser aller récupérer son arbalète malgré le coup qu’elle avait reçu. Elle suivit néanmoins cette femme jusque sur la place et vérifia qu’elle ne tomberait pas de fatigue à tout moment. Elle restait sur ses gardes, cette femme représentait un atout majeur pour elle dans la chasse au gros lézard et la chevalière ne pouvait pas se permettre de perdre quelqu’un pouvant lui être utile. Elle surveillait alors la démarche de Cirillia du coin de l’œil tout en regardant les rues en ruine.

*Cette ville va avoir besoin de temps pour se remettre* pensa-t-elle avant d’entendre les villageois revenir.

Elle se sourit alors à elle-même, le travail d’équipe était de mise chez les citoyens, tous travaillaient de concert pour stopper la progression des flammes. Les sceaux d’eau se succédaient, passaient de main en main pour finalement se vider sur le feu. Elle revint alors à Cirillia lorsque celle-ci parla à nouveau. Elle la vit aller récupérer son arbalète et se comprit d’où lui venait ce savoir sur les dragons.  Des livres, la connaissance des anciens, mise sur papier pour les générations futures. Elle qui ne lisait pas beaucoup savait qu’elle avait fort à gagner en parcourant des bouquins mais cette occupation finissait toujours par l’ennuyer. Elle était femme d’action et rester calée dans un fauteuil à lire quelque chose n’était pas son genre. Pendant que Cirillia était partie chercher son arbalète, Lisne se tourna vers Wagram.

« Va aider les villageois et tente d’en apprendre le plus possible à propos d’éventuelles attaques de dragon ici. Vu la disposition des habitations, je doute qu’elles soient très fréquentes et si ce que dit cette femme est vraie, la raison de l’attaque n’était pas la faim. Je compte sur toi. »

Il inclina alors légèrement la tête et partit aider les villageois. Parmi tout ce chaos, un peu d’aide en plus ne serait sûrement pas de refus. La chevalière resta alors là et quand Cirillia revint, elle put observer l’arbalète de plus près. Les armes, contrairement aux livres, l’intéressaient bien plus facilement.

« Vous avez une bien belle arme, je comprends mieux pourquoi vous vouliez aller la reprendre vous-même. »

Elle regarda alors vers la montée à reprendre. Wagram s’occupant de récolter des informations dans le bas, Lisne devait aller chercher plus haut. Séparés ils pourraient enquêter plus vite et plus efficacement.

« On dirait qu’on va refaire un bout de chemin ensemble. Dit-elle en entament la montée. Ça fait longtemps que vous chassez les dragons ? »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mercredi 31 octobre 2012, 15:51:30
« Vous avez une bien belle arme, je comprends mieux pourquoi vous vouliez aller la reprendre vous-même. »

Ciri’ hocha la tête, confirmant cet état de fait. L’arbalète n’était pas que belle, elle avait aussi une valeur sentimentale. C’était son frère qui la lui avait faite... Si Ciri’ n’aimait pas grand-monde sur cette planète, elle affirmait au moins sans ombrage qu’elle tenait à ce qui restait de sa famille, à savoir son grand-frère. Il n’y avait plus que lui qui était encore en vie, et elle savait qu’il s’inquiétait beaucoup pour elle. C’était pour ça qu’il avait décidé de s’améliorer encore plus dans son office de forgeron, afin de lui confectionner un équipement de plus en plus efficace. A leur ville natale, il avait, grâce aux trophées que Cirillia lui avait ramenés, obtenu suffisamment de fonds pour racheter plusieurs commerces de la ville, et fondé une guilde se consacrant aux armes. Il avait ainsi racheté un atelier d’armurier, se spécialisant dans la fabrication d’armures lourdes, une tannerie, qui utilisait des peaux de bêtes pour faire du cuir solide, et quelques autres ateliers : un atelier d’archerie, ainsi que des tourneurs de perches. En prévision d’une nouvelle attaque contre la ville, son frère avait acquis une certaine renommée, en équipant les gardes de la cité. Il réservait toutefois ses meilleures pièces pour sa petite sœur. Même malgré leurs âges respectifs, il restait le protecteur grand-frère, et elle l’intrépide petite sœur, une tête brûlée qui n’en faisait qu’à sa tête, mais qui était incapable de se fâcher bien longtemps avec lui.

Le simple fait de penser à cette arme déclenchait chez la guerrière une batterie de souvenirs, et elle tâcha de s’y arracher en revenant à la réalité. Les habitants de Saint-Luce s’efforçaient de lutter contre les incendies, de sauver ce qui pouvait encore être sauvé. Dans la misère et l’adversité, les individus ont plus naturellement tendance à se serrer les coudes, comme en ce moment. Les Saints-Luciens travaillaient de concert pour éteindre les incendies, formant des chaînes le long des puits pour étouffer les flammes. Cet exemple de solidarité rappelait également à Cirillia ce qui avait lieu dans sa ville natale, où la plupart des habitants avaient travaillé ensemble pour rebâtir les maisons ravagées.

*Il y avait eu des mauvaises graines, bien sûr, des gens qui avaient tenté de nous extorquer... Mais je suis convaincue que cette ville se remettra, si tant est que ce dragon n’attaque pas à nouveau...*

Or, elle était convaincue qu’il le referait. Il était juste parti pour panser ses blessures, mais il était évident pour elle qu’il reviendrait. Peu importe ce qu’il envisageait de faire à Saint-Luce, le dragon n’en avait pas terminé.

« Ça fait longtemps que vous chassez les dragons ? » demanda alors Lisne.

Les deux femmes remontaient vers la cathédrale, et Cirillia se retourna vers elle. Elle avait toujours aussi mal au dos, mais réussissait progressivement à s’y adapter... Du moins, pour marcher.

« Je les chasse depuis mon adolescence, expliqua-t-elle. Mais je n’en ai tué qu’un... »

Elle lui en dit un peu plus, sans trop se confier. Cirillia lui avoua ainsi qu’elle venait d’une ville qui avait été ravagée par un dragon, et qu’elle y avait perdu son père. Il s’était sacrifié pour les sauver, et, depuis lors, elle avait décidé de traquer et de supprimer les dragons, plus particulièrement celui qui avait ravagé sa ville, un redoutable dragon noir qu’elle n’avait pas encore retrouvé. Elle occulta volontiers son passage à Sylvandell, et lui dit ne faire partie d’aucune guilde. Elle était une solitaire, qui disposait du soutien de son grand-frère, un forgeron talentueux et puissant, pour obtenir des armes, et les réparer. Que ce soit son armure, ses épées, ou son arbalète, ils venaient tous des ateliers dirigés par son frère.

La jeune femme fut assez brève dans ses explications, car, quand bien même elle avait combattu aux côtés de Lisne, et que la chevalière était plutôt agréable à regarder, ce n’était pas non plus une amie intime. Ciri’ se confiait difficilement, car elle était très solitaire.

« Et pour vous ? C’est quoi votre histoire ? Vu que vous avez un écuyer, j’en déduis que vous devez être une chevalière, non ? Vous appartenez à un ordre quelconque ? Ou vous préférez voyager en solitaire ? »

Il était probable que Lisne soit une solitaire. Quand on avait ce type de vie, on ne s’encombrait pas d’un apprenti. Du  moins, c’était le cas pour Ciri’.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le mardi 27 novembre 2012, 14:50:53
En écoutant l’histoire de Cirillia, Lisne comprit la raison de ses connaissances sur les dragons et se dit qu’il valait mieux éviter le sujet du dragon qui avait attaqué sa ville natale. Désormais, cette ville était devenue comme la sienne, un champ de ruines. Il était fort probable que Saint-Luce ait mieux résisté aux assauts du dragon mais tous ces décombres devaient avoir ravivé quelques douloureux souvenirs en elle. Quand Ciri’ se mit à parler de son frère, de son métier de forgeron, Lisne revit son compagnon prendre soin, lui aussi, de son équipement, ayant cette pensée en tête, elle se dit que cette femme n’était pas si différente d’elle finalement.

« Et pour vous ? C’est quoi votre histoire ? Vu que vous avez un écuyer, j’en déduis que vous devez être une chevalière, non ? Vous appartenez à un ordre quelconque ? Ou vous préférez voyager en solitaire ? »

La question de Cirillia la surprit un peu, même si elle était totalement normale et la chevalière plongea dans ses souvenirs avant de répondre.

« Effectivement je suis une chevalière et celui qui m’accompagne est mon écuyer… Non, il est plus que ça. C’est mon meilleur ami, la seule personne sur qui je compte vraiment dans ce bas monde. Je sais qu’il sera là pour m’aider si j’ai des ennuis et qu’il ne me laissera jamais tomber. »

Lisne raconta alors son histoire, à son tour, évitant de parler de son pouvoir d’influence sur les gens. Elle lui raconta ses années d’entrainement dans le but de rejoindre l’ordre de l’orchidée blanche, son examen d’entrée des plus difficiles ainsi que la promesse qu’elle avait faite à Wagram lors de cet examen. Lorsqu’elle se laissait aller à raconter tout ça, un sourire éclairait son visage, laissant clairement voir qu’elle vivait son rêve de gamine différente des autres. A la fin de son histoire, son visage ainsi que son ton devinrent plus graves.

« Maintenant, je ne compte plus le nombre de batailles que j’ai du livrer mais c’est sans importance. Si on m’a choisie pour éliminer ce dragon, je le ferai quoiqu’il m’en coûte. »

Elle était prête à y laisser la vie mais ne se voyait pas échouer, elle était encore trop jeune pour mourir. Dans sa tête, la bête n’avait aucune chance de s’en sortir une fois que leur groupe se serait mit en quête de le trouver et de le mettre hors d’état de nuire. Elle savait que c’était dangereux, qu’un bestiaux pareil pouvait les éliminer tous les trois mais ce n’était pas son heure, ce n’était pas leur heure.

De son coté, l’écuyer était arrivé près des villageois et commença à les aider, portant sceaux d’eau et évacuant les blessés. Tout en aidant, il prêtait attention à tout ce qui se disait autour de lui, chaque détail concernant l’attaque était quelque chose à retenir, quelque chose qui pourrait avoir son importance pour la mission de Lisne. Malheureusement pour lui, ni les villageois présents ni les quelques gardes restant ne savaient quoi que ce soit sur l’état des choses. Il ne baissait quand même pas les bras, une information utile finirait sûrement pas passer et il saurait la saisir le moment venu.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mardi 27 novembre 2012, 22:31:28
La cathédrale se rapprochait lentement, au fur et à mesure que les deux femmes grimpaient. Saint-Luce avait souffert, mais n’était clairement pas dans le même état que le village natal de Ciri’, où il n’avait quasiment resté plus un seul bâtiment debout. Un immense incendie avait tout ravagé, tuant l’essentiel des villageois... Le dragon noir avait détruit ce village, alors que Saint-Luce était simplement blessée. Les habitants commençaient à contenir les multiples incendies qui avaient explosé ici et là. La guerrière n’avait aucune envie, de près ou de loin, de les aider. Elle n’était pas venue ici pour porter des seaux, mais pour affronter un puissant dragon rouge. Lisne lui expliqua qu’elle travaillait effectivement pour un ordre chevaleresque, l’Orchidée Blanche. Cirillia avait vaguement entendu parler de cet ordre comme un ordre assez élitiste. Personne n’y rentrait facilement, et les conditions d’accès étaient particulièrement rigoureuses.

*Si elle est Chevalière de l’Orchidée Blanche, alors elle doit être puissante...*

Cette remarque était relativement logique, dans la mesure où elle avait vu Lisne se battre. Elle parlait de son passé avec un ton rêveur et mélancolique, laissant entendre qu’elle avait passé de bonnes années à s’entraîner. Elle avait rencontré Wagram lors de son examen, et l’écuyer était très proche d’elle. Les deux femmes rejoignirent la cathédrale. Elle était bondée, agitée, des hommes courant dans tous les sens. Il y avait de nombreux blessés, et l’infirmerie de la cathédrale n’était plus suffisante pour contenir les blessés, qu’on entreposait dans la nef. Les gens toussaient, gémissaient, dans une atmosphère qui faisait penser à une scène d’après-guerre. Il y avait surtout des brûlés, et Ciri’ se mit dans un coin, regardant les blessés.

« Si vous êtes là pour observer, fichez le camp ! » s’exclama une infirmière à leur intention.

Les bonnes sœurs étaient sous pression, utilisant des potions, des bandages, et des instruments chirurgicaux, afin de soigner les blessés. C’était une ambiance de haute tension, et Ciri’ soupira en baissant la tête.

« Je suppose qu’il va falloir que je donne du mien... »

Elle avait des connaissances médicales, et s’approcha d’infirmières qui étaient en train de mettre un bandage. Ciri’ était une solitaire, et, quand on était une guerrière, il fallait savoir se soigner. Même elle n’était pas à l’abri d’une blessure, et elle avait donc appris sur le tas, avec des médecins, en lisant des traités médicaux, en protégeant des hôpitaux de campagne ou des dispensaires.

« Votre bandage ne tiendra pas, lâcha-t-elle à une sœur. Laissez-moi faire. »

Cirillia se mit ainsi à la tâche. Elle n’allait pas beaucoup se reposer, mais elle avait du sang de dragon dans les veines. Ce serait bien suffisant pour l’aider à surmonter à cette soirée, et pour oublier ses blessures. Elle dut rapidement se débarrasser de son armure, qui l’encombrait plus qu’autre chose, et chargea un commis de la poser dans sa cellule, tandis qu’elle continuait, avec son pantalon en cuir et son débardeur, à s’occuper des blessés.

*Je ne dois rien à ces gens, mais, si je m’intègre à eux, ils seront sûrement plus conciliants pour me divulguer des informations sur ce dragon...*
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le samedi 08 décembre 2012, 17:33:15
Lisne continua de remonter en compagnie de Cirillia tout en réfléchissant à la raison de l’attaque de ce dragon. Elle avait bien remarqué son comportement en bataille, s’ajoutait à ça les réflexions de cette guerrière. La douleur du coup qu’elle avait reçu précédemment se réveilla, l’effort de marcher partout dans la ville devait avoir déclenché cette douleur renaissante. Elle porta alors une main à son coté et continua sa route sans rien dire, souffrant silencieusement et relâcha sa plaie.

Une fois arrivées à la cathédrale, Lisne observa l’agitation qui y régna. Plusieurs blessés se faisaient soigner par les sœurs et la chevalière tentait de garder sa dignité sauve, évitant de placer sa main à l’endroit de la douleur. Sur son visage, rien ne transparaissait d’autre que la neutralité d’une dame de son rang.
« Si vous êtes là pour observer, fichez le camp ! »

Étrangement, Lisne n’avait pas aimé le ton de la sœur qui leur avait dit ça. Elle décida alors de sortir de la cathédrale, non pas qu’elle ait été là pour observer mais l’ambiance ne lui plaisait pas et rester un visage rassurant pour les blessés alors qu’elle était dans le même état qu’eux lui était trop difficile. Une fois dehors, elle prit directement à gauche et alla s’installer dans une ruelle où elle s’assit un moment pour souffler. Après un bref regard à droite et à gauche pour s’assurer qu’il n’y avait personne, la chevalière ôta son armure et releva son chemisier pour inspecter les dégats. Un énorme hématome lui apparut alors et elle grimaça avant de se revêtir.

*Ça va être dur de lui cacher ça* pensa-t-elle en soupirant.

Finalement, elle se releva et reprit sa route, allant directement vers l’endroit le plus propice où pourraient se réunir toutes les grosses têtes de Saint-Luce. La cathédrale étant trop occupée, trop bruyante, Lisne pensa à un autre endroit, plus calme. Ne sachant pas par où commencer, elle se dirigea alors vers une taverne épargnée. Si elle ne pouvait pas trouver les dirigeants maintenant, peut-être que quelqu’un connaissant la région serait plus simple à trouver. Si jamais il se trouvait être un peureux, elle n’aurait qu’à lui demander une carte de la région et partir avec ses deux compagnons actuels. De toute façon, combattre un dragon était trop dangereux, elle se dit alors que demander simplement la carte et quelques explications sur les alentours serait probablement la meilleure des solutions.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mercredi 12 décembre 2012, 21:16:08
L’ambiance à la cathédrale était digne d’un camp de guerre après une bataille rangée entre deux armées. Il y avait de nombreux blessés, généralement des brûlures. Agenouillée, Cirillia aidait du mieux qu’elle pouvait. Sa meilleure arme n’était pas tant ses compétences chirurgicales que le sang-froid dont les sœurs avaient bien du mal à faire preuve. Leur ville avait été attaquée, leurs foyers brûlés, et voir ce flux massif de blessés suffisait à ébranler leur tranquillité. Elles se fiaient progressivement à Ciri’, voyant dans le sang-froid de cette dernière une source d’inspiration. Voir les blessés ne surprenait pas Cirillia, qui avait déjà, dans son passé, assisté à un tel spectacle. Il y avait de quoi vous immuniser. Elle s’attacha à soigner de nombreux hommes, de simples laboureurs, mais aussi des notables et des soldats. Cirillia devint donc une espèce d’assistante.

L’incendie de Saint-Luce fut maîtrisée, et Ciri’ finit par sortir de la cathédrale, une fois que le contingent des blessés eut diminué. Sortant de la grande bâtisse, elle constata que le soleil était en train de se coucher. Débarrassée de son armure, elle avait nettoyé ses mains, et descendit le long de la rue. Il régnait encore dans la ville une odeur de cendres. Elle descendit, voyant de nombreux gens dehors, en train de parler de vive voix, essayant de chiffrer les dégâts. La chasseuse de monstres rejoignit la seule auberge qui était encore debout, où d’autres habitants se trouvaient. On consommait peu, les Saint-Luciens se contentant surtout de discuter entre eux à vive voix. Ils étaient, ce qui était compréhensible, sous le choc.

*Leur ville a tenu bien mieux que la mienne...*

Elle ignorait où se trouvait Lisne. Il faut croire qu’elle avait plutôt mal pris la remarque de la sage-femme les invitant à se rendre utile, ou à quitter les lieux. Elle s’avança lentement, posant rapidement une main sur son ventre. Pour soigner le coup que le dragon lui avait infligé, dans la cathédrale, elle avait appliqué plusieurs pommades sur son ventre, et s’était même mis un discret bandage sur l’hématome. Elle continua à s’avancer, jusqu’à entendre quelqu’un se glisser dans son dos. Elle n’eut pas le temps de réagir qu’on la poussa, l’envoyant contre une table. En se retournant, elle vit plusieurs hommes aux yeux rougis. Celui qui l’avait poussé avait des bras épais, et une barbe prononcée.

« Qu’est-ce qui vous... ?
 -  C’est de votre faute, tout ça ! beugla l’homme, envoyant à la figure de Ciri’ une forte odeur alcoolisée.
 -  Qu... ? tenta, sans succès, de dire Cirillia.
 -  Vous avez amené cette bête ici ! »

L’homme délirait, indéniablement, et il bondit vers Cirillia, tentant de l’empoigner. Cette dernière s’écarta rapidement, et glissa une main sur le crâne de l’homme, attrapant ses cheveux. Elle se servit d’un de ses pieds pour faucher les jambes de l’homme, et envoya sa tête s’écraser sur la table. L’homme grogna, et Ciri’ lâcha son crâne. Il se redressa alors, et tenta de la frapper avec un uppercut. Elle l’évita en fléchissant les genoux, et prit appui sur l’un de ses pieds, s’en servant pour envoyer un coup de pied retourné avec son autre jambe. Elle se souleva, et s’abattit sur sa tête, renvoyant l’homme sur la table. Plusieurs hommes virent alors empoigner l’homme, tentant de le retenir.

« Calme-toi, Matt ! Elle n’y est pour rien!
 -  Putain, arrête tes conneries !
 -  Allez chier ! » s’exclama l’homme d’une voix brisée, se débattant uniquement pour la forme.

Ciri’ le regarda avec une rage prononcée, et s’écarta de l’homme. Il devait probablement avoir perdu un proche, mais il s’était clairement trompé d’adresse s’il espérait obtenir de la pitié de la part de Cirillia. Cette dernière s’éloigna, et ne devint plus le centre d’attention. Elle observa l’auberge, et ne tarda pas à revoir Lisne, assise à une longue table en bois. La chasseuse entreprit de la rejoindre, et s’assit face à elle.

« Vous avez obtenu des informations utiles ? » lança-t-elle directement.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le jeudi 13 décembre 2012, 13:23:12
Lisne n’avait pas perdu son temps, elle avait directement cherché quelqu’un connaissant les environs, utilisant son pouvoir pour forcer une des personnes présentes à se présenter à elle. Ce dragon, non, ce combat et cette blessure l’avait remontée et elle voulait absolument gagner du temps pour finir cette mission. Plus vite elle finirait, plus vite elle pourrait se reposer. Elle était devenue autoritaire, sévère, stricte même. Si quelqu’un ne lui donnait pas ce qu’elle voulait, elle l’envoyait voir ailleurs. Cette fois, elle voulait du résultat et elle n’en obtiendrait qu’en usant de ce pouvoir qu’elle n’utilisait que rarement sur des inconnus. Finalement, elle avait obtenu une carte de la région ainsi que quelques explications sur les dangers que représentait une expédition dans les montagnes. Lorsqu’elle avait eu ses informations, elle était allée s’asseoir seule, dans un coin pour éviter d’être dérangée par n’importe qui.

« Vous avez obtenu des informations utiles ? »

La chevalière releva la tête et regarda Cirillia puis l’homme l’ayant attaquée avant de répondre.

« J’ai réussi à avoir une carte de la région et quelques informations sur ces montagnes. J’attends mon écuyer pour la suite. Vous voulez quelque chose à boire en attendant ? C’est moi qui paye. »

De son coté, Wagram avait fini d’aider les Saint-Luciens à contenir l’incendie, ils avaient fini par l’éteindre et il se reposa près de deux gardes.

 « Je te l’avais bien dit, ces dirigeants font n’importe quoi, ils ne pensent même pas à la population. » Avait dit l’un des deux, visiblement en colère.

«- Tu ne vas pas me dire que c’était…
- Si tu veux mon avis, si. »

L’écuyer tendit alors l’oreille, cherchant à en savoir plus mais les gardes furent interrompus par l’arrivée d’un autre groupe visiblement pas au courant de ce dont ils parlaient précédemment. Ils dérivèrent alors vers les dégâts causés par la bête et quelques anecdotes de bataille. Wagram se releva alors, intrigué par ce qu’il venait d’entendre et se mit en quête de retrouver Lisne. Il réfléchit alors à l’endroit où elle pourrait avoir été et, la connaissant, se dit que la taverne serait le lieu de rendez-vous. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à trouver la bonne.

Il remonta alors la ville, s’arrêtant parfois pour demander son chemin à des habitants et finit par arriver dans la taverne. Il vit la table cassée, se demanda ce qui avait bien pu se passer là et entendit les deux femmes parler.

*Colériques ces deux là* pensa-t-il tout en revenant vers la table. Pour lui, ça ne faisait aucun doute que l’une d’elle était à l’origine de ce raffut mais il se demandait tout de même laquelle des deux était la responsable. Il pensa alors que les deux pouvaient être responsables mais n’en dit rien, il s’installa tranquillement à la table des femmes et se mit à parler à voix basse.

- J’ai peut-être quelque chose concernant l’attaque. J’ai entendu l’un des gardes parler des dirigeants, qu’ils ne feraient pas attention à la population. A mon avis, ils savent quelque chose mais doivent garder le secret. Quand d’autres sont arrivés, ils se sont tus et ont changé de sujet.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le vendredi 14 décembre 2012, 19:37:28
Lisne lui proposa à boire. Ciri’ n’allait pas refuser.

« De l’hydromel, ça m’ira. »

Après les évènements de la journée, elle avait besoin de se détendre. Saint-Luce était dans tous ses états, ce que Ciri’ pouvait aisément comprendre. La ville mettrait bien des mois à se remettre de cette attaque, en espérant qu’il n’y en ait pas d’autres. Ce dragon était particulièrement puissant, et la rage dont il faisait preuve était inexplicable. Cirillia comprenait que la faim ne le motivait pas... Mais quoi donc ? Un mage le contrôlant à distance ? Ou autre chose ? Cette hypothèse faisait froid dans le dos, car ce mage devait être particulièrement redoutable. Elle y songeait silencieusement, en buvant son hydromel, quand elle entendit des bruits de pas. Tournant la tête, elle vit l’écuyer de Lisne, Wagram, revenir, et faire son rapport à cette dernière.

Cirillia avait noté que Lisne semblait préoccupée par cette histoire. Ciri’ ne comptait pas lui en parler, car elle pouvait sans problème comprendre les raisons amenant la chevalière dans un tel état. Elle venait d’un ordre chevaleresque d’excellence, où l’échec n’était probablement pas facilement admis. Or, Lisne avait ici échoué dans sa quête de venir à bout de ce dragon. Elle devait donc voir cette affaire comme un enjeu personnel. Il en allait de même pour Cirillia, même si les raisons étaient différentes. Pour elle, il s’agissait d’empêcher les dragons, ces créatures incontrôlables, ces immenses lézards sur pattes, de continuer à nuire.

« J’ai peut-être quelque chose concernant l’attaque. J’ai entendu l’un des gardes parler des dirigeants, qu’ils ne feraient pas attention à la population. A mon avis, ils savent quelque chose mais doivent garder le secret. Quand d’autres sont arrivés, ils se sont tus et ont changé de sujet. »

La chasseuse fronça les sourcils. Cette conversation volée pouvait se référer à n’importe quoi. Il pouvait s’agir d’une simple opinion politique, d’une avis de colère des soldats suite à la manière dont la ville était à moitié partie en feu, ou une référence à des biens publics escroqués. Comment relier ça à ce dragon rouge ? Cirillia termina son hydromel, et ferma les yeux.

« Un dragon n’attaque pas une telle ville sans raison... J’ignore s’il y a un lien entre ce que vous avez entendu et cette attaque, mais c’est une piste à creuser. La cathédrale est au cœur de la cité. S’il y a des choses que les dirigeants de cette ville cherchent à cacher, ce sera forcément là-bas. »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le mardi 18 décembre 2012, 10:35:52
L’écuyer baissa la tête, il savait que la guerrière avait raison, que ça pouvait être n’importe quoi mais il avait aussi espérer qu’elles aient appris quelque chose, ce qui n’était apparemment pas le cas. Lisne n’était pas comme d’habitude, elle semblait ailleurs, sur les nerfs, mais ailleurs. Ce n’était peut-être pas visible pour les autres, mais lui qui la connaissait bien avait remarqué son changement.

« Eh bien on n’a qu’à aller voir ce qu’il se passe.
Non ! »

Elle ressentait encore le choc qu’elle avait reçu et ça la mettait de très mauvaise humeur. Pour le moment, elle n’avait que faire des choses que les dirigeants avaient à cacher, elle voulait juste retrouver la bête et ramener sa tête en guise de trophée et de preuve de son succès. Le ton de sa réponse ne manqua pas d’attirer les regards sur elle et Lisne regarda alors les curieux. Elle faillit leur dire de retourner à leurs occupations mais se ravisa, comprenant qu’elle se laissait emporter. Elle revint à ses deux compagnons et parla plus calmement.

« Veuillez m’excuser, je me suis laissée emporter. Mais pour la cathédrale, elle est encore trop occupée pour qu’on puisse aller enquêter sans être dérangés. Il reste encore des blessés. Reposons-nous d’abord, on a eu une dure journée. »

Elle n’était pas contre le fait d’aller chercher des réponses. Sa mission était d’éliminer ce dragon mais se renseigner pour comprendre la nature des attaques serait sûrement intéressant mais là, elle avait besoin de repos et de rien d’autre. Après avoir écouté ce que disaient les deux autres, sa curiosité avait été piquée, elle sentait bien que Cirillia avait raison, que ce n’était pas la faim. Si elle voulait aider cette ville, elle devait savoir pourquoi ce dragon revenait sans cesse. L’éliminer était la meilleure solution pour l’empêcher de récidiver mais également la plus dangereuse. Enfin, le danger, elle s’en fichait, elle vivait perpétuellement avec et aimait ça, elle était habituée. Elle se leva alors, alla réserver une chambre pour la nuit et revint s’installer à sa place.

« Demain nous irons voir. »

Elle regarda alors Cirillia.

« Vous pouvez y aller si le cœur vous en dit mais ce sera sans moi. »

A force de résister à la douleur, elle avait un peu pâlit et Wagram commença à s’inquiéter. Il ne dit rien, sachant pertinemment qu’elle ne parlerait pas même s’il lui demandait ce qu’il s’était passé.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mercredi 19 décembre 2012, 00:34:35
« Vous pouvez y aller si le cœur vous en dit mais ce sera sans moi. »

Il y avait quelque chose, dans l’attitude de Lisne, qui surprit légèrement Cirillia. La manière dont elle avait rapidement répondu à Wagram, attirant plusieurs regards, et ses arguments, la laissèrent sceptique. Qu’il y ait autant de monde, selon la chasseuse de monstres, ne pouvait que leur être profitable, car les gardes seraient plutôt occupés à surveiller les blessés, laissant les autres ailes de la cathédrale sans observation. Ciri’ hésita un peu. Il était tentant d’y aller, mais, d’un autre côté, elle avait face à elle une chevalière de l’Orchidée blanche. Rejoindre une guilde quelconque n’avait jamais intéressé Cirillia, même si elle savait que vivre dans ce monde sans faire partie d’une guilde était dangereux. On trouvait difficilement des clients, et il y avait bien plus de chance que les clients cherchent à l’escroquer. Si elle n’avait pas eu son grand-frère pour lui fournir un équipement de pointe, la situation aurait été bien plus difficile. Elle avait même, à certains moments de désespoir, tenter de rejoindre l’Orchidée blanche. Le hasard en avait décidé autrement.

Elle regarda brièvement autour d’elle. Il y avait bien du monde ici, et les gens parlaient rapidement. Plusieurs les regardaient, mais la plupart des clients restaient entre eux, parlant de ceux qui leur étaient tombés dessus, tout en buvant. A plusieurs reprises, Cirillia entendit des rumeurs sur une messe extraordinaire qui serait organisée demain. Elle n’en était pas étonnée. Il y aurait toujours des gens pour profiter de la misère, et, en premier lieu, on trouvait les religieux. Là où la misère existait, la religion se développait. Il était facile de convaincre les pauvres de la nécessité de croire en Dieu, en un Paradis où les pauvres, tant qu’ils sont droits, seront récompensés, et où les riches seraient punis. Ciri’ le savait, car elle avait vu ce même genre de personnages dans les ruines de son village. Des missionnaires, des fanatiques qui, au milieu des ruines, avaient exhorté la population à se repaître de ses péchés pour qu’une nouvelle punition divine ne s’abatte pas sur eux. La crédulité et l’ignorance avaient toujours été les piliers de la foi. Résolument athée, Ciri’ voyait en les Dieux des caricatures, des mensonges, des individus qui se moquaient de leurs croyants, préférant se battre entre eux. Elle rejetait cette conception d’un Dieu omnipotent qui dominerait les autres.

Sortant de ses réflexions, elle reprit un peu d’hydromel, en contemplant Lisne. Cette dernière avait visiblement été plus éprouvée que Ciri’ ne le croyait lors de l’affrontement contre le dragon. Une autre preuve, s’il en était encore besoin, que la faim ne dictait pas ce dragon. Sous la famine, les réflexes de n’importe quel individu sont amoindris. L’agressivité n’est pas motivée par la fureur, mais par le désespoir. On piochait dans ses ultimes réserves. Ce dragon-là n’était pas affaibli, il était puissant, massif, et loin d’être affamé. Ceci remettait bien des choses en perspective. Lisne et Cirillia étaient appelées à faire encore un bout de chemin ensemble. C’était probablement le meilleur moment possible pour se rapprocher.

« J’ai une chambre dans la cathédrale, précisa-t-elle. Plus une cellule qu’une chambre, à la vérité, mais elle me permettra de mener mes recherches. En attendant... J’aimerais en savoir plus sur vous, Lisne. Sur vous, et sur l’Orchidée blanche. »

Cirillia était curieuse, ce qui était assez rare envers les autres. L’hydromel qu’elle buvait lui permettait également de considérer les autres attraits de cette femme, comme son superbe corps, et sa belle armure, qui épousait à la perfection ses alléchantes formes. Elle-même s’était débarrassée de son armure dans la cathédrale, portant ses vêtements en cuir. Il était temps de se rapprocher...
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le jeudi 20 décembre 2012, 10:49:47
La chevalière entendit elle aussi les rumeurs sur la messe du lendemain et se dit que ces religieux ne perdaient pas de temps. Enfin, ça leur procurait une bonne diversion pour aller mener l’enquête dans la cathédrale et elle n’allait pas s’en plaindre, affronter un dragon était suffisamment difficile pour, en plus, rajouter d’autres difficultés.

« J’ai une chambre dans la cathédrale. Plus une cellule qu’une chambre, à la vérité, mais elle me permettra de mener mes recherches. En attendant... J’aimerais en savoir plus sur vous, Lisne. Sur vous, et sur l’Orchidée blanche. »

Voilà qui était intéressant, en plus de la messe qui occuperait tout le monde, cette femme avait déjà une attache à l’intérieur qui lui permettrait de bouger plus facilement dans l’enceinte de la cathédrale. Finalement, les choses semblaient aller de mieux en mieux.

« Je ne vois pas trop quoi dire sur moi mais je peux toujours vous parler de l’Orchidée. J’ai toujours voulu y entrer, être acceptée comme une chevalière, une vraie. Les mômes de mon village me prenaient toujours à la légère et je voulais leur montrer leur erreur. J’ai failli rater l’examen d’entrée mais, finalement, j’ai réussi et Wagram est devenu mon écuyer ce jour-là. »

Elle s’installa plus confortablement, s’adossant un maximum à sa chaise et posant son regard sur le plafond, replongeant dans ses souvenirs.

« C’est un ordre chevaleresque assez connu de là où je viens et les sélections sont assez ardues, il faut savoir montrer tout ce qu’on sait faire en peu de temps et si jamais vous ne correspondez pas au profil voulu par les trois grands chefs, vous êtes mis de coté. Pas d’exception, pas de seconde chance ce jour là, vous avez alors un an pour vous entrainer, pour monter votre niveau et retenter votre chance. Ça fait maintenant des années que je suis à leur service, je suis devenue l’une de leurs meilleurs atouts. Je vais de missions en missions, apportant la gloire sur cette enseigne. Oh, je ne dis pas que je suis la meilleure, les trois grands chefs peuvent très bien me mettre hors d’état de combattre en peu de temps mais j’accomplis mes missions avec succès... »

Elle se redressa alors, le visage plus sévère, les poings serrés.

« Ce dragon, il va voir ce que ça fait de me mettre en colère. J’ai perdu la bataille présente mais j’aurai sa tête. On m’a demandé de l’éliminer, je ne compte pas m’arrêter avant de l’avoir fait. Dussé-je mourir en essayant. »

Elle lui raconta alors la façon dont elle avait demandé à affronter un des chevaliers, un de leurs meilleurs et qu’elle l’avait battu, que c’était suite à ça qu’elle avait été acceptée. Maintenant, celui qu’elle avait battu était devenu son ami, un de ceux qu’elle allait voir lorsqu’elle devait choisir des compagnons pour des escortes, des batailles plus importantes et aussi de conseils. Que ce soit des conseils pour sa prochaine mission ou bien juste pour parler lorsque ça allait mal. Elle était là pour lui et il était là pour elle. Il leur arrivait aussi de s’entrainer ensemble pendant quelques jours lorsque les ordres étaient rares. Ils se connaissaient bien, ils donneraient leur vie pour l’autre mais aucun amour ne s’était révélé, ils étaient juste devenus de très bons amis.

« Parfois, l’Orchidée fait appel à des maîtres pour enseigner des choses aux recrues prometteuses, elle les paye bien si la formation donnée porte ses fruits, chaque cours est suivi par un des chefs, on ne sait jamais lequel avant le début du cours mais ils sont toujours là pour veiller à ce que ça se déroule bien. A la fin, des examens sont organisés et si les résultats sont satisfaisants, la paye est conséquente. Ce genre de cours spéciaux est rare, en grosse partie à cause des finances mais aussi parce que les grands patrons ne veulent pas que tous les membres aient le même savoir. Ils choisissent à qui donner les ordres selon leurs apprentissages, leurs talents et l’impression laissée le premier jour, celui de l’examen. Il ne faut pas croire n’importe quoi, les dirigeants ont vraiment bonne mémoire et il vaut mieux ne pas les provoquer. Je ne sais pas ce qui pourrait leur résister mais je préfère ne pas tenter. »

Elle lui dit alors que c’était la première fois qu’elle devait chasser le dragon, qu’elle n’avait, jusqu’à présent, pas encore du accomplir ce genre de tâches et que c’était pour cette raison qu’elle la voulait elle. Elle lui avait semblé avoir l’expérience ainsi que le talent nécessaire pour pouvoir l’aider correctement. Ça lui faisait une personne en moins à surveiller lorsque l’affrontement aurait lieu. Après avoir parlé de ça, elle réfléchit et regarda Cirillia.

« Si vous voulez, je peux parler de vous et de vos compétences en chasse pour venir donner un cours aux jeunes. »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le jeudi 20 décembre 2012, 23:02:14
Assise à sa place, Cirillia écouta Lisne. Cette dernière écarta rapidement ce qui la concernait pour se concentrer sur une présentation riche de l’Orchidée. Ciri’ comprit que rejoindre cet ordre avait vraiment du être important pour elle, car elle avait plus de facilité à en parler, plutôt que de parler d’elle-même. Elle lui parla des tests de sélection, qui étaient assez rigoureux, ce dont elle ne doutait pas une seconde. L’ordre était dirigé par un triumvirat, trois guerriers puissants. Lisne, tout en se considérant comme une puissante guerrière, refusait de s’estimer supérieure à eux. Ciri’ se demandait si ce n’était pourtant pas le cas. Il était courant, dans ce genre de clans puissants, que les chefs soient avant tout des décideurs politiques, et non des guerriers. Lisne continuait à lui présenter cet ordre, et Ciri’ demanda à un serveur un nouveau verre d’hydromel. La chevalière exprimait sa frustration à l’idée d’avoir perdu contre ce dragon, tout en lui avouant que c’était la première fois qu’elle en affrontait un.

*L’honneur semble être une chose importante pour elle* nota Ciri’ dans sa tête.

Pour elle, l’honneur n’était qu’une forme d’excuse qu’on inventait pour justifier sa faiblesse. Dans un combat, la seule chose qui comptait était la survie. C’était la règle de survie qui prévalait. Prétendre se battre avec honneur face à un dragon était pour elle stupide. Elle n’allait néanmoins pas le dire à Lisne, sachant très bien que cette dernière le prendrait mal... Or, Cirillia n’avait pas envie de se fâcher avec une créature aussi forte que belle. Avec la tension qui redescendait, Ciri’ prenait conscience d’une chose : la chevalière était une très belle femme. Son caractère en acier trempé ne pouvait que ravir Ciri’, qui avait toujours préféré les femmes fortes aux femmelettes.

Lisne termina ensuite en lui parlant de l’instruction au sein de l’Orchidée. D’après ce que la chasseuse de monstres comprit, l’Orchidée recrutait parfois des intervenants extérieurs, non affiliés au groupe, mais qui avaient une certaine expérience. Commençant à comprendre où elle voulait en venir, elle esquissa un léger sourire amusé lorsque Lisne lui proposa de parler d’elle, et de voir si elle ne pouvait pas dispenser des cours. Ciri’ instructrice... Elle essaya de s’imaginer dans la peau d’une formatrice, fermant brièvement les yeux. L’idée lui semblait tellement grotesque qu’elle ne fut pas très longue à répondre par la négative :

« Je n’ai pas la peau d’une formatrice, Lisne. C’est une offre très généreuse, mais je ne suis pas faite pour rejoindre un ordre, et encore moins pour éduquer d’autres gens. N’oublie pas que, à mes yeux, tu restes une rivale. »

Elle sourit, comme pour détendre l’atmosphère :

« Prends ça comme un compliment. »

On lui apporta ensuite un autre verre d’hydromel. Elle but un peu. Elle lui avait déjà parlé de son passé. Cirillia n’en avait pas trop dit, mais Lisne savait qu’elle avait déjà un dragon. Ce que la chevalière ignorait, c’est qu’en le tuant, Ciri’ avait aussi absorbé sa puissance. Tuer le dragon avait renforcé perpétuellement ses caractéristiques, la rendant plus souple, plus résistante, et permettait à son corps de cicatriser bien plus rapidement. Elle regarda Wagram et Lisne, et ajouta alors :

« Ma cellule est plutôt petite... On ne pourra être que deux. »

Ceci revenait à dire que l’un de ses deux compagnons allait devoir dormir hors de la cathédrale. Pour Cirillia, le choix était vite fait : elle préférait dormir avec Lisne. La cellule ne comprenait accessoirement qu’un seul lit, mais elle n’avait pas envie de le dire à la chevalière. Ce serait comme une petite surprise quand cette dernière rentrerait dans leur antre.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le vendredi 21 décembre 2012, 16:46:29
Lisne ne fut pas surprise de la réponse négative, à vrai dire, elle s’y attendait. Elle non plus ne voulait pas devenir instructrice, ne fut-ce que pour une journée… Quelques heures même. Pas par peur de ne pas être écoutée, elle savait se faire obéir, mais parce que ce genre de choses n’était tout simplement pas pour elle. Elle était une femme d’action, le terrain l’appelait contrairement aux paperasseries et tout ce qui allait avec, elle avait besoin de sentir l’action lorsqu’elle travaillait et donner cours ne lui apporterait pas ça. Cirillia devait sûrement être pareille sur ce point.

Rivale… Elle se demandait pourquoi utiliser ce terme mais d’un coté ça lui plaisait, ça l’amusait. Elle avait quelqu’un à dépasser et, d’après ce qu’elle avait vu, ça n’allait pas être facile. Elle aimait ça, la difficulté. Sa dernière grande épreuve avait été d’entrer dans cet ordre chevaleresque et d’y faire ses preuves, maintenant que c’était fait, elle n’avait plus eu de grands challenges. Cette rivalité lui en offrait un, elle lui permettrait de monter son niveau, de devenir encore meilleure et ce sans animosité, ça lui semblait plutôt amical. Elle sourit alors, acceptant ce titre de rivale comme un compliment. Elle devait avoir reconnu ses capacités lors du combat contre le dragon.

« Ma cellule est plutôt petite... On ne pourra être que deux. »

Il fallait s’en douter, la cathédrale avait beau être grande, la majeure partie était utilisée pour les messes ainsi que pour la salle de repas des religieux. Elle savait que les cellules n’étaient pas aussi vastes que des chambres, c’était d’ailleurs la raison pour laquelle elle avait été demander une chambre ici pour la nuit. Elle sortit la clé qu’elle avait reçue et la posa sur la table devant Wagram.

« Il me semble que ce sera mieux si nous sommes toutes les deux plutôt que vous et Wagram.
Ça me semble plus normal aussi. »

Il prit alors la clé et la rangea sans rien dire d’autre. Il se voyait mal aller dormir avec celle qu’ils venaient à peine de rencontrer alors que Lisne serait restée à l’auberge. En plus de ça, il n’y tenait pas particulièrement, ne la connaissant pas assez. Il ne la trouvait pas moche, ça non mais il préférait rester seul ce soir… Enfin, il aurait préféré rester avec Lisne, il avait remarqué qu’elle avait quelque chose de changé mais il lui faisait assez confiance pour respecter ses choix. De toute façon, elle pouvait le forcer à lui obéir et il ne voulait pas qu’elle en arrive là.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mardi 25 décembre 2012, 15:26:49
La chevalière et son écuyer acceptèrent la proposition de Cirillia, n’y voyant aucun problème. Tant mieux ! Ce n’était pas elle qui allait les contredire sur ce point. L’écuyer dormirait dans l’auberge, et elles dans la cathédrale. Ciri’ but un peu de son hydromel, terminant son second verre, et choisit de terminer la séance à l’auberge en commandant un plat. Autant être en forme, car elle n’avait pas spécialement envie de passer une soirée tranquille avec Lisne. Plus la conversation avançait, et plus elle trouvait cette dernière agréable à regarder. Elle devinait aisément sous sa belle armure un corps solide, des hanches puissantes, et des formes harmonieuses. Une femme forte, désirable, attirante... Que demander de plus ? Ciri’ reçut rapidement un morceau de viande, du sanglier rôti. La « spécialité de la région », selon le serveur.

L’auberge, quant à elle, continuait à se remplir, et les rumeurs concernant la messe se précisèrent. L’évêque de la cathédrale avait estimé qu’une messe collective aurait lieu demain matin, à dix heures, afin de redonner foi et espoir aux gens. Saint-Luce était la ville la plus importante de la région, et l’Ordre, tout comme les pouvoirs séculiers, ne tenaient pas à ce que l’attaque du dragon ait de fâcheuses incidences sur l’activité économique du secteur. Ciri’ mangeait son sanglier, avec des légumes, tout en observant ce qui se passait autour d’elle. On ne tarda pas à jouer aux cartes et aux dés, comme dans n’importe quelle auberge. Mais, au-delà des apparences, Ciri’ vit bien vite que tout était différent ce soir. Les gens ne pariaient pas vraiment de l’argent, et semblaient plutôt jouer pour ne pas penser à leurs vies en ruines. Le dragon avait incendié une bonne partie de la ville, et il suffisait de voir les visages creusés des habitants pour comprendre qu’ils étaient au bord du désespoir. Cirillia aurait peut-être du se sentir concernée, mais cette scène l’indifférait totalement. A dire vrai, la seule chose qui la motivait était de s’imaginer dans son lit, avec Lisne. Maintenant que cette idée avait germé dans son esprit, elle ne cessait de s’imposer.

*Ce ne sont que de pauvres ploucs, de toute façon*, se dit-elle, avec un brin de cynisme.

Ciri’ avait vu tellement d’auberges, tellement de villages, tellement de villes, qu’elle pouvait se faire une bonne idée de la populace. Des gens illettrés, qui se laissaient facilement manipuler et exploiter, tant qu’on leur faisait miroiter quelques viles promesses. Elle ne se battait pas pour eux. La population de Saint-Luce l’intéressait peu. Son or, en revanche... Dans ce monde, tout le monde avait besoin d’or. Cirillia en avait besoin pour entretenir ses équipements, mais également pour aider son frère. Quand bien même ce dernier dirigeait une forge florissante, il y avait toujours des dettes à recouvrir. Et elle savait que ce dernier touchait un peu trop à la drogue, et s’attirait parfois des ennuis avec des individus peu recommandables. Il était moins fort qu’elle, moins endurci qu’elle ne l’était. Elle savait qu’il se réveillait la nuit, parfois, en faisant des cauchemars où des dragons venaient le brûler vifs. Elle sortit de ses pensées.

Son repas dura bien une bonne heure, avant que Cirillia ne ressente l’envie de quitter l’auberge. Il n’y aurait aucune rixe ce soir, aucune bataille. Les gens buvaient pour oublier, pas pour se battre. Les imbéciles qui l’avaient agressé quand elle était entrée dans l’auberge devaient être occupés.

« Allons à la cathédrale », décréta Ciri’ en se relevant.

Dehors, il faisait nuit. Cirillia sortit la première, sentant un vent frais remuer sur son visage, la réveillant. Au moins, on n’avait pas menti : ce sanglier avait été délicieux. Elle observa la cathédrale, qui dominait toute la ville. Elle se dressait fièrement, avec ses immenses tours en pierre. C’était un important complexe religieux, avec plusieurs églises qui l’entouraient. L’Ordre devait avoir une grande influence ici.

*Mieux vaut éviter de s’attirer leurs foudres...*

Elle en eut la confirmation en voyant un attroupement de gens en train de prier ardemment près d’un autel divin. Elle les observa silencieusement, avant d’entendre du raffut. Fronçant les sourcils, elle s’avança un peu, et vit une scène troublante dans une ruelle. Une elfe était en train de se faire gifler par un homme. Elle tomba au sol, se mettant à ramper, avant de se redresser. Sa robe était à moitié déchirée, révélant ses seins.

« Salope ! hurla l’un des hommes.
 -  Les catins comme toi sont responsables de ce chaos ! renchérit un autre paysan. Retourne voir ton mari, pétasse, et retournez dans votre bois pourri ! Où on vous y emmènera nous-mêmes ! »

Ciri’ laissa l’elfe partir rapidement. Les humains avaient beaucoup bu, mais elle pouvait clairement sentir, dans leurs regards, une once de rage et de fureur. La prière collective s’était interrompue, et l’elfe se rua entre les bras d’un homme.

« Tu pactises avec l’ennemi, Joachim ? s’exclama un homme.
 -  Tu n’as plus les yeux en face des trous, Matt, répliqua l’intéressé. Tu délires ! »

L’homme ricana, avant de remuer la main, comme s’il balayait cette idée saugrenue d’un geste.

« Je délire ? Les non-humains n’apportent que le chaos là où ils passent ! C’est de leur faute !
 -  Elsa est née dans ce village ! Elle est autant une Lucienne que toi !
 -  Mensonges ! C’est une hérétique ! Goodwin le dit ! Tous les membres de son engeance honorent en secret les Dieux impies ! »

Ce fut à ce moment qu’une femme intervint, se mêlant à la discussion :

« Goodwin ?! Ce jeune fou ? Ne me dis pas que tu prends au sérieux ses prêches ! Elsa est l’assistante du libraire, jeune insolent ! Et, contrairement à d’autres ici, elle n’a pas raté ses études... »

L’insulte fit rougir les joues de Matt, qui regarda la femme. Elle avait la quarantaine, et croisait fermement les bras.

« Ce n’est pas parce que tu vends des pains, Lettice, que tu peux te permettre de me parler ainsi ! Goodwin avait prédit que la Bête viendrait, attirée par nos Péchés !
 -  Fie-toi aux prédictions de notre évêque, plutôt qu’à celles de Goodwin !
 -  Me fier à Redham ? persifla l’homme. C’est un parvenu ! Nexus nous l’a envoyé, mais il ne connaît pas nos traditions ! Il préfère ses longues séances à la capitale ! »

Peu à peu, Cirillia commençait à voir les fractures, les tensions sous-jacentes de cette ville. Un attroupement se formait, mais s’écarta progressivement. Matt regarda Joachim avec fureur.

« Toi et ta catin, vous avez intérêt à vous repaître de vos péchés !
 -  Ma... ? Comment oses-tu ?! »

Joachim fut bien tenté d’aller se battre, mais Elsa sembla insister, lui parlant dans le creux de l’oreille. L’homme sembla se détendre. Cirillia, pour sa part, en avait assez vu, et s’écarta, filant vers la cathédrale. La situation à Saint-Luce était explosive, bien plus qu’elle ne l’aurait cru.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le vendredi 28 décembre 2012, 09:14:41
Lorsque Cirillia commanda un repas, Lisne fit de même pour eux deux. Ils devaient manger, leur journée avait été rude et le combat les avait affamés. Elle avait cette manie de toujours boire ou manger quelque chose après s’être battue et la spécialité de la région ne devait pas être mauvaise. Tout en mangeant, elle observait sa nouvelle rivale ainsi que le reste de la salle. Elle loucha un moment sur les formes de la chasseuse et se dit que cette nuit ne serait peut-être pas aussi reposant qu’elle l’avait d’abord pensée. Ses formes, son attitude, elle devait être assez en forme pour qu’elle puisse s’amuser avec. Lisne savait qu’elle avait ce coup sous son armure mais, à vrai dire, elle s’en fichait un peu, ça finirait bien par partir avait-elle pensé à ce moment là.

Ils mangèrent alors tous les trois tranquillement tandis que les villageois s’étaient mis à jouer et à boire. A leurs visages, la chevalière sut qu’ils ne le faisaient que pour penser à autre chose, pour oublier un moment l’attaque de la bête. Sauf que le lendemain, lorsqu’ils se réveilleraient, ils retomberaient dans la réalité, dans les ruines et les cendres. Elle avait pensé qu’ils feraient mieux d’accepter ce qui leur était arrivé, d’accepter la ruine actuelle et de rebâtir au lieu de se morfondre mais elle ne pouvait leur en vouloir. Certains avaient perdu des proches, leur habitation, leur commerce même mais ils pouvaient toujours se refaire. Ceux qui avaient perdu leurs proches auraient juste un plus long temps de deuil mais ils se relèveraient… S’ils le voulaient vraiment.

« Allons à la cathédrale »

Lisne tourna la tête vers la fenêtre et vit que la nuit tombait. Elle se leva alors, laissant seul son écuyer et suivit Cirillia alors que Wagram décida d’aller se coucher. Elle avait repris la carte de la région ainsi qu’un bout de papier sur lequel elle avait noté les quelques remarques du guide. Une fois dehors, Lisne sentit le vent souffler, faisant voler ses cheveux devant son visage. Ça lui faisait un bien fou, elle était restée à l’intérieur beaucoup trop longtemps et le frais venait de la réveiller. Fini l’ambiance morne de l’auberge, elles étaient dorénavant dans la rue en train de remonter vers la cathédrale.

Lorsqu’elles arrivèrent près du lieu de discorde, Lisne resta là, sans bouger à observer la scène qui se déroulait devant elles. Tout comme Ciri, elle laissa passer l’elfe et continua d’observer, ces hommes ne semblaient pas encore avoir remarqué leur présence. Lorsque Ciri se mit à reprendre sa route, Lisne était restée là, une main sur la garde de son épée. Ce n’était pas tant leur querelle qui l’intéressait mais plutôt une des paroles de Matt. Lisne s’avança alors vers le belliqueux ivre et le regarda sévèrement.

« Dégage ou je te coupe la tête. »

Il n’y avait aucun humour quand elle parlait, son ton était calme mais sec, son regard montrait bien qu’elle allait le faire s’il ne disparaissait pas vite, la prise qu’elle avait sur son arme s’était raffermie. Malgré la boisson qu’il avait déjà ingérée, il se recula et repartit. Il n’avait pas l’air très heureux de la tournure des choses mais il préféra ne pas tenter le diable. Elle reprit alors sa route, ne laissant pas l’occasion aux autres de venir lui parler et rejoignit Cirillia. Tout en la rejoignant, elle se disait qu’elle n’aurait certainement pas tué ce type, elle lui aurait juste flanqué une sacrée trouille en s’arrêtant à quelques millimètres de sa gorge.

« Au fait, ça va vous depuis le coup que vous avez reçu ? »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le vendredi 28 décembre 2012, 16:32:45
Si Cirillia était relativement insensible à cette scène, ce n’était pas le cas de Lisne. Il fallait dire que la chasseuse de monstres était habituée. Dans tous les villages, dans toutes les communautés, il y avait des évènements de ce genre. Des tensions sous-jacentes existaient toujours au sein d’un groupe. Les gens avaient toujours besoin de bouc-émissaires dans les coups durs, et étaient si aisément manipulables... Il fallait de plus tenir compte d’un contexte difficile. Ashnard et Nexus se livraient une guerre qui ne désenflait pas, et qui donnait lieu à des tensions et des rivalités entre différents groupes sociaux, notamment entre les humains et par opposition, les non-humains, qu’on accusait de tous les maux. Saint-Luce n’était pas la plus terrible des villes. Ciri’ avait vu des royaumes où les non-humains étaient parqués dans des ghettos, et subissaient des discriminations injustes, notamment des taxes plus élevées, et des autorisations administratives particulières. Ciri’ choisit de ne pas s’impliquer. Sa mission se bornait à traquer ce dragon.

*Quand on a le bénéfice de la neutralité, il faut s’en servir...*

Ce n’était pas l’opinion de Lisne, qui menaça Matt. L’homme se retira donc, paniqué, et, tandis qu’elle se retournait, revenant vers Ciri’, beaucoup de villageois la regardaient en fronçant les sourcils, mécontents. Son épée et son armure l’empêchaient toutefois de la menacer, et ils restèrent donc silencieux. Cirillia ne dit rien, et Lisne la rejoignit, avant de lui poser une question, comme pour penser à autre chose :

« Au fait, ça va vous depuis le coup que vous avez reçu ? »

Ciri’ haussa les épaules.

« Je cicatrise vite. »

C’était laconique, mis il n’y avait pas besoin de dire plus. Elle avait du sang de dragon en elle, et son corps, effectivement, se remettait vite des blessures qu’elle avait reçu. Elle n’avait donc rien à craindre. Elle marcha vers la cathédrale, avant de parler, revenant sur ce qui avait eu lieu, sur cette altercation :

« Si je peux vous donner un conseil, évitez de vous mêler à ces histoires. Dans ce genre de conflits, il n’y a pas de victimes, ni de mauvaises personnes. Nous sommes des étrangères, nous n’avons rien à voir avec leurs histoires. S’en mêler, c’est prendre le risque de s’exposer, et de prendre des décisions hâtives, motivées uniquement sur l’instant, et qui, si on avait eu un autre éclairage, n’auraient jamais pu avoir lieu. »

Ce que Ciri’ disait ne devait pas être très clair, et elle décida de lui faire part d’une expérience personnelle.

« Il y a des mois, alors que je voyageais sur la route, dans une forêt, j’ai aperçu des individus en train de violer une femme. Elle avait un collier autour du cou, et ils étaient cinq ou six autour d’elle. Je suis intervenue. J’ai du trancher la gorge de l’un d’entre eux pour forcer les autres à s’enfuir. »

Elle voyageait alors vers un village à proximité, afin d’y trouver un boulot. Sur le coup, elle était rapidement intervenue, mais avait rapidement déchanté.

« Alors que je m’attendais à de la gratitude pour l’avoir sauvé, la femme m’a hurlé dessus, pleurant devant la mort de cet homme. Pourtant, ce rapport sexuel n’était nullement consenti. J’ai par la suite compris que son père l’avait vendu à un groupe d’hommes du village pour régler leurs dettes. En tuant cet homme, j’ai mis fin à ce commerce. Le père n’a pas pu régler ses dettes, et le seigneur, faisant usage de son pouvoir, a pris ses fils, en faisant des esclaves. Le fils aîné est devenu son écuyer, et est mort en combattant un garkain. Quant à cette femme, elle est devenue la pute personnelle du seigneur, et s’est suicidée. »

Le ton de Ciri’ était dur. Elle était une femme forte, inébranlable, mais admettre ses erreurs était un exercice toujours aussi difficile. La cathédrale était en vue lorsque Ciri’ eut terminé son récit. Elle se retourna vers Lisne.

« Dans les livres, tout paraît toujours évident. Les contes nous parlent d’innocents et de criminels, de victimes et de bourreaux. La réalité est plus nuancée. »

Elle entra ensuite dans la cathédrale. La nef était remplie d’individus allongés dans des sacs de fortune. On entendait des gémissements, des éternuements, des soupirs, et les infirmières avançaient lentement, dans leurs longues robes rouges pauvres. Cirillia avança rapidement, quittant la nef silencieuse et plongée dans l’obscurité, et monta un escalier en colimaçon, qui l’amena près de sa cellule. Il fallut encore traverser plusieurs couloirs avant d’entrer dans sa très petite chambre. Elle devait bien faire moins d’une quinzaine de mètres carrés, comprenant une fenêtre, un petit meuble, et un lit de moine.

« Bienvenue dans ma cellule... »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le lundi 07 janvier 2013, 13:19:59
Lorsque Cirillia lui parla de son passé, de son avis sur la situation actuelle, Lisne l’écoutait en serrant les lèvres. Elle avait raison, se laisser emporter par ses émotions n’était habituellement pas son genre, habituellement elle aurait laissé passé ça naturellement mais là, elle était intervenue, elle avait agit alors qu’elle n’aurait pas dû. La blessure dont elle souffrait devait probablement être la cause de son action et elle s’en voulut un moment d’avoir agit aussi précipitamment. Elle n’allait quand même pas s’excuser, cette femme n’était pas sa mère, juste une compagne du moment. Et puis, ce qui était fait ne pouvait être défait désormais. Deux échecs dans la même journée, voilà qui la démoralisait un peu. Elle se promit alors de rattraper le coup le lendemain, cette journée avait été mauvaise, demain serait mieux.

« Ne vous en faites pas, je connais la réalité. »

Elle n’en dit pas plus. Son ton avait été direct, presque froid. Plus que ce qu’elle ne l’aurait voulu en réalité et cet emportement la confina dans le silence absolu pour les instants suivants. Elle était de trop mauvaise humeur pour le moment pour pouvoir parler normalement. Elle suivit Cirillia dans la cathédrale et regarda autour d’elle. Les blessés étaient toujours là, gémissant, appelant les infirmières à leurs chevets mais ce qui intéressait la chevalière à l’instant, c’était la disposition des lieux. Si elles devaient passer par là demain, il fallait trouver un moyen de traverser sans trop se faire remarquer par la foule. Finalement, elle arrêta de chercher et continua de suivre Cirillia dans les escaliers. Lorsqu’elles passèrent dans les différents couloirs, Lisne remarqua que la grandeur de la cathédrale n’était pas qu’extérieure, on pouvait cacher beaucoup de choses dans ce bâtiment et cacher des choses aux yeux de tous était une façon de s’assurer de les garder cachées. Lorsque la rouquine ouvrit une porte, Lisne entra et fit le tour de la pièce d’un regard.

« Bienvenue dans ma cellule... »

Effectivement, ce n’était pas très grand, pas non plus très confortable mais c’était simplement ce qu’il fallait aux moines, ils n’étaient pas reconnus pour passer le plus clair de leur temps dans leurs cellules. Lisne posa alors ses yeux sur le lit de moine et ne put s’empêcher de sourire.

« Eh bien, on dirait qu’il va falloir se serrer cette nuit. Heureusement que ce n’est pas Wagram qui est venu… Par contre… »

Elle ne finit pas sa phrase et alla vers le petit meuble, posa son épée contre le meuble, la garde vers le haut et enleva le haut de son armure qu’elle posa sur le meuble ainsi que sa cape. Elle était maintenant plus décontractée. Sous son armure, elle portait un simple pull gris foncé assez léger allant de pair avec sa jupe de même couleur. Une fois débarrassée du poids de sa protection, elle se retourna vers Cirillia.

« Vous voulez peut-être comprendre mon emportement… Voici la raison de mon humeur maussade. »

Elle releva alors le bas de son pull et révéla l’hématome dut au choc avec la queue du dragon. Elle rabaissa ensuite son pull et se mordit les lèvres.

« Deux échecs dans la même journée, c’en est trop. »
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le jeudi 10 janvier 2013, 17:27:39
En remontant vers la cathédrale, Cirillia avait bien compris que Lisne était troublée. Mais quelle pouvait être l’origine de ce problème ? Était-ce vraiment cette altercation ? Pouvait-elle être à ce point fleur bleu ? Ciri’ n’en savait rien, mais cette approche, si elle était fondée, l’interpellerait. D’après ce qu’elle avait compris, Lisne était une femme plutôt forte, le genre de femme à ne pas se laisser impressionner par la stupidité populaire. Il était courant, dans le monde, que les communautés différentes s’accusent entre elles. En soi, ça n’avait rien de bien surprenant. Il devait donc y avoir autre chose, et Cirillia n’eut la réponse que dans leur petite cellule. Lisne en avait rapidement fait le tour, avant de retirer sa lourde et seyante armure, pour lui montrer, en relevant son pull, un bel hématome.

« Deux échecs dans la même journée, c’en est trop. »

Cirillia croisa les bras, puis se rapprocha. Cette femme la tentait de plus en plus, et elle ne s’en cachait pas. Si elle l’avait invité dans sa chambre, ce n’était pas que par conscience professionnelle, mais aussi parce qu’elle n’avait pas eu question de faire l’amour avec une si belle femme depuis un certain temps. Elle avait des hanches solides, un corps puissant et élégant, très attirant. Il aurait fallu être folle pour ne pas vouloir en profiter.

« Je vois que je n’ai pas été la seule à être blessée par ce dragon... Je vous comprends. »

Ciri’ avait aussi sa petite fierté, et se retrouver dans la maison, pour être secourue par un étranger, était assez déstabilisant. Mais avait-elle seulement pu faire autre chose ? Elle n’allait pas se rabattre derrière les excuses usuelles. Certes, ce dragon était puissant, mais elle en avait déjà affronté auparavant. Cette sale bestiole ne l’avait pas loupé, l’envoyant dans le décor. Proche de Lisne, elle essayait de ne pas y repenser, préférant s’intéresser aux belles lèvres de la chevalière, qu’elle mordillait.

« Ruminer le passé et ses échecs ne nous fait toutefois pas avancer, surtout en ce moment. Nous retournerons chasser ce dragon demain, et j’aurais besoin de toute votre attention pour y arriver. »

Le ton restait très professionnel, mais elle voulait surtout que Lisne revienne à la situation actuelle, et ne songe plus à ce combat. Cirillia était très proche d’elle, et se rapprocha encore un peu, posant ses mains en zone dangereuse, sur les hanches de la femme.

« Ce dragon nous a blessé toutes les deux, reprit-elle. Je pense que se détendre ne pourra pas nous faire de mal. »

Ce n’était pas franchement la meilleure manière qu’il y avait pour séduire quelqu’un, mais Cirillia était une guerrière, pas une noble dame. Elle était à son maximum, dans tout ce qui concernait le romantisme, et rapprochait ses lèvres de la bouche de Lisne, avec pour la ferme intention, à moins que celle-ci ne s’interfère, de l’embrasser.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le vendredi 11 janvier 2013, 14:02:58
Lisne observa Cirillia se rapprocher tout en l’écoutant. Ruminer le passé n’était pas son genre non plus, elle l’avait déjà fait une fois et recommencer ici et maintenant était hors de question. Elle secoua légèrement la tête, chassant ses idées noires du moment et sentit les mains de la chasseuse sur ses hanches.

« Ce dragon nous a blessé toutes les deux. Je pense que se détendre ne pourra pas nous faire de mal. »

La chevalière ne se faisait pas d’illusions, elle avait parfaitement compris où voulait en venir l’autre femme. Après tout pourquoi pas, elle était attirante et un moment de plaisir ne serait pas pour lui déplaire.

« C’est vrai, détendons-nous. Demain est un autre jour. »

Elle posa elle aussi ses mains sur les hanches de Cirillia et l’embrassa. Leurs langues jouaient l’une avec l’autre tandis que les mains de Lisne remontaient lentement, caressant les courbes de sa partenaire. Elle sentait que la chasseuse était expérimentée et se satisfaisait à cette idée. Lisne arrêta ce baiser et enleva son pull et ses bottes avant de regarder Cirillia en souriant.

« Je pense que ce sera de trop. »

Elle se rapprocha alors de la chasseuse et caressa ses hanches, son ventre, son dos pour revenir à sa belle poitrine bien ronde. Elle joua avec l’un des seins pendant que, de sa deuxième main, elle l’attira un peu plus près. Lisne embrassa encore un peu, plus brièvement cette fois, Cirillia et commença à redescendre un peu plus, posant ses lèvres dans le cou de la rouquine. Sa main descendit aussi, lâchant la poitrine pour se diriger lentement vers le bas du ventre, passant sous le pantalon de cuir.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le dimanche 13 janvier 2013, 11:53:10
« C’est vrai, détendons-nous. Demain est un autre jour. »

Voilà qui était bien parlé ! Cirillia sourit légèrement, tandis que Lisne se rapprochait d’elle. Un frisson d’excitation remonta le long du corps de la chasseuse, avant qu’elles ne s’embrassent. Lisne était un peu comme elle, dans le fond : une femme forte, qui refusait de se laisser marcher sur les pieds, et qui n’aimait pas tortiller du cul pour en arriver aux faits. La chasseuse savoura ce délicieux baiser. Elle avait une bien belle bouche, de délicieuses lèvres, et elle ferma même les yeux pour mieux l’apprécier, soupirant un peu. Leurs poitrines se caressaient, annonçant une nuit magnifique, dont Cirillia avait bien besoin, après son combat contre ce dragon infernal. L’une des mains de Lisne vint apprécier la rondeur et la fermeté de la poitrine de Ciri’. Cette dernière, en toute honnêteté, n’avait pas à rougir des capacités de son corps. Elle savait très bien qu’elle était plutôt belle, ce qui se justifiait ici. Tandis que Lisne jouait avec son sein, Ciri’ caressait le bas de son dos. Sans le pull de cette dernière, elle pouvait mieux apprécier ses formes, devinant une femme forte, et plutôt musclée.

Lisne embrassa le cou de Ciri’, qui poussa un nouveau soupir en écartant lentement sa tête, sentant les lèvres de cette dernière embrasser sa peau chaude et douce, tandis qu’elle approchait sa main de son pantalon. Cirillia ferma lentement les yeux, et descendit ses mains, les posant sur les fesses de la chevalière, les caressant à travers sa courte jupe noire, filant sous la dentelle pour relever un peu la jupe. Elle la plia ainsi, de manière à avoir un accès plus libre aux fesses de la chevalière. C’était une manière comme une autre de lui faire comprendre que Cirillia était, dans ce domaine, une femme plutôt gourmande. Les mains fermes de Cirillia caressèrent cette peau attirante, ses mains agrippant son sous-vêtement.

« Hum... Tu es une femme très attirante, Lisne. »

Vu ce qu’elles comptaient faire, Cirillia estimait qu’elle pouvait se tutoyer. Elle relâcha le postérieur de la chevalière, et posa ses mains sur les joues de Lisne, afin de relever sa tête, et pouvoir retourner l’embrasser, tout en la poussant un peu, plaquant son corps contre le mur. La langue de la chasseuse fila dans la bouche de Lisne, en aventurière, se glissant dans ce territoire inconnu. Elle remua sa langue, jouant avec celle de Lisne, tout en lui caressant les cheveux, à hauteur de sa nuque.

« Très attirante... » répéta Cirillia en cessant son baiser.

Elle déglutit lentement, observant le beau corps de la jeune femme.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le lundi 14 janvier 2013, 13:59:32
Lisne avait senti le contact de leurs deux poitrines et ça l’excitait d’avantage que le baiser qu’elles venaient d’échanger. Peu après, elle sentit les mains baladeuses de Cirillia descendre le long de son dos, en arrivant à hauteur de ses fesses bien rondes. Sa jupe se releva, certainement aidée par la femme qui se trouvait devant elle. Elle put alors mieux sentir les caresses que Cirillia lui prodiguait. Pendant ce temps, elle avait continué de la caresser, une main jouait avec un de ses seins si ronds, si ferme. Elle alla jusqu’à en éprouver une certaine jalousie, se disant que les siens n’étaient peut-être pas aussi bons. Son autre main, quant à elle, continuait de descendre, lentement, caressant le bas-ventre de la chasseuse. Lorsqu’elle eut atteint l’entrejambe, elle fit glisser ses doigts sur le sous-vêtement de Cirillia. Elle la caressait lentement, sensuellement.

« Hum... Tu es une femme très attirante, Lisne.
- Toi aussi ma chère. Tu n’as rien à m’envier. »

Laissant les mains de Cirillia la guider, elle se retrouva bientôt à hauteur du visage de la chasseuse pour un nouveau baiser. Elle ne perdit toutefois pas son sens des réalités et mit ses mains en barrage lorsqu’elle atteignit le mur derrière elle. Une fois contre celui-ci, elle replaça ses mains dans le dos de Cirillia et la regarda en souriant lorsqu’elle cessa le baiser. Elle aurait pu rougir du compliment que lui faisait sa rivale mais elle savait que c’était fondé et Lisne n’était plus une gamine, elle ne rougissait plus au moindre compliment qu’on lui faisait. Elle remonta ses mains à la nuque de Cirillia.

« C’est assez utile lorsqu’on doit s’infiltrer chez l’ennemi. »

Elle observa le corps de Cirillia

« Tu dois bien savoir t’infiltrer toi. »

Cette phrase avait un double sens, la chevalière ne se faisait pas d’illusions concernant sa compréhension. Elle attira Ciri à elle et baissa un peu son pantalon pour mieux apprécier le toucher de son postérieur. S’il n’y avait eu le mur dans son dos ni le choc plus tôt dans la journée, elle se serait certainement montrée plus entreprenante, plus sauvage mais pour l’heure, elle se contentait d’être douce, presque sage.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mardi 15 janvier 2013, 20:45:36
« Toi aussi ma chère. Tu n’as rien à m’envier. »

Ciri’ sourit légèrement. Les deux femmes retournèrent s’embrasser avec passion. Leur désir était commun. La chasseuse adorait la belle bouche de Lisne, son corps solide, ses hanches de guerrière. Oui, elle était indéniablement un vrai régal, et Cirillia se pressait volontiers contre son corps, ses seins commençant à durcir sous son corset en cuir, ce dernier devenant de plus en plus serré. Elle respirait lourdement. Lisne avait caressé son intimité, provoquant des fourmillements, des frissons d’excitation remontant le long de son corps. Elle continuait à l’embrasser, rompant ses baisers pour els reprendre ensuite, gémissant et haletant, appréciant le bruit de succion, de claquement des lèvres.

« Tu dois bien savoir t’infiltrer toi. »

La remarque la fit sourire. Elle remua sa tête, faisant remuer ses longs cheveux, et s’écarta un peu de Lisne, lui permettant de se décoller du mur, et posa une main sur ses fesses, avant de délicatement la gifler, puis utilisa son autre main pour caresser l’une des joues de la chevalière. Elle l’embrassa à nouveau, lui mordillant la lèvre.

« Pas vraiment, à vrai dire, répliqua-t-elle sur un ton langoureux. Je suis plutôt du genre à prendre beaucoup de place. »

La chasseuse répondait sur le même ton que la chevalière, et retourna l’embrasser, avant de s’écarter d’elle, se retournant, lui offrant une belle vue sur ses fesses. Elle regarda brièvement par la fenêtre, voyant la ville plongée dans l’obscurité. Elle la tourna ensuite lentement, et vint s’asseoir sur le rebord du lit, toujours dans ses vêtements en cuir, et regarda Lisne lentement.

« Mon corset me serre de plus en plus... Tu veux bien m’aider à l’enlever ? » demanda-t-elle alors.

Elle avait noté que la femme aimait bien embrasser son corset, alors, la perspective de glisser ses doigts à l’intérieur ne pourrait que la ravir.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Lisne le dimanche 17 février 2013, 21:23:47
Lisne sourit à la remarque de Cirillia et l’observa pendant qu’elle était à la fenêtre. La lumière passant par les quelques ouvertures lui laissait le loisir d’observer ses formes pleines et rebondies. Elle se passa la langue sur les lèvres à l’idée de passer la nuit avec cette femme vigoureuse et s’éloigna du mur contre lequel elle était un peu avant.

« Mon corset me serre de plus en plus... Tu veux bien m’aider à l’enlever ? »

Elle se rapprocha alors du lit et s’assit en souriant.

« Évidemment très chère. »

Lentement, elle passa dans le dos de la guerrière et se mit à défaire lentement les lacets retenant le corset de sa partenaire, appréciant chaque instant. Elle rapprocha sa tête du cou de Cirillia et remonta en respirant son parfum avant de mordiller l’oreille de celle-ci.

« Être envahissante n’est pas toujours agréable, parfois il faut savoir se faire plus… délicate. »

Ce disant, elle passa ses mains sous le corset de cuir et l’enleva en continuant ses caresses sur le corps de la chasseuse. Une fois cela fait, elle la fit se coucher sur le lit et se mit à embrasser le buste de sa partenaire tout en descendant peu à peu, laissant ses doigts glisser le long des courbes de la guerrière. Une fois arrivée au niveau du nombril, elle remonta et embrassa à nouveau Cirillia.
Titre: Re : Chasse à la grosse bête [Lisne]
Posté par: Cirillia le mercredi 20 février 2013, 16:27:56
Cette rencontre était des plus délicieuses. Après le combat contre le dragon, et un aperçu de la situation très tendue en ville, Cirillia avait bien le droit de se faire plaisir, et ce d’autant plus que l’affrontement contre le dragon ne l’avait pas laissé totalement indemne. Son dos avait souffert, et elle avait passé des heures à faire des bandages dans la cathédrale, reconvertie provisoirement en tente de fortune. Elle avait bien le droit de s’accorder un peu de plaisir, un peu de détente, en compagnie de cette belle femme. Ciri’ pouvait le dire : elle était bisexuelle, mais bien plus attirée par les représentantes de son propre sexe, surtout les femmes fortes, comme elle. Il était rare qu’elle apprécie les potiches, à l’exception de quelques personnes, dont une Princesse perdue sur sa montagne avec son dragon. Pour l’heure, Lisne, conformément à la brève requête de Ciri’, se glissa dans le dos de cette dernière, s’attaquant à son corset. Il n’était pas trop serré, lui servant de vêtement. Sous ce dernier, elle avait un soutien-gorge rouge, qu’on pouvait apercevoir, ici et là. Elle soupira lentement en sentant les mains fermes, assurées, et expertes de Lisne, retirer les nœuds des lacets du corset, défaisant ce dernier, jusqu’à le faire mollement tomber sur le sol. En même temps, elle sentait la tête de Lisne se glisser contre sa nuque, la faisant soupirer. Dans un élan de la main, Ciri’ attrapa les cheveux de Lisne, afin de mieux la sentir contre elle, que ce soit son souffle sur son cou, ou l’épaisseur de ses seins contre son dos. C’était là autant de superbes sensations, tendres et désirables. Lisne alla jusqu’à lui mordiller le lobe de l’oreille, et les dents de Ciri’ s’écartèrent délicatement.

« Être envahissante n’est pas toujours agréable, parfois il faut savoir se faire plus… délicate » murmura cette dernière sur un ton sensuel.

La chasseuse de monstres eut un sourire, et n’eut pas le temps de répliquer que Lisne l’emporta sur le lit. Les barreaux du lit craquèrent sous leurs poids respectifs, Lisne embrassant sa peau nue, glissant sur ses formes, se rapprochant de son nombril. Fermant les yeux, Cirillia caressa la tête de Lisne, frottant ses doigts contre ses cheveux, gémissant faiblement, avant que Lisne ne retourne à hauteur de ses lèvres, lui offrant un nouveau baiser, tendre et ardent, un baiser auquel Cirillia répondit sans hésitation, fourrant sa langue dans sa bouche en se pressant contre le corps de la chevalière. Elle était délicieuse, cette femme, une excellente partenaire. Comme quoi, même dans une ville proche de Nexus, et rongée par la discrimination, on pouvait faire de bonnes rencontres. Cette femme en était un bon exemple.

Cirillai rompit le baiser, posant ses doigts sur ses joues, et se retourna un peu, se couchant sur le flanc, posant ses mains sur les hanches de Lisne, avant de l’embrasser encore, une lueur de désir brûlant dans les yeux.

« La délicatesse n’est pas l’apanage des femmes guerrières, répliqua Cirillia, sur le même ton à double discours, mais je crois que tu as le doigté nécessaire pour me faire aimer ça... Un temps. »

Elle lui sourit, et aventura ensuite ses mains le long des bretelles de son soutien-gorge. Cirillia les écarta délicatement le long des épaules, avant d’embrasser chacun des bonnets, pour mieux apprécier l’épaisseur de la poitrine de la jeune femme. De délicieux seins, fermes et solides. Elle écarta les bretelles, et chercha le nœud derrière, devant remuer un peu avant de réussir à le défaire. Elle tira alors sur le soutien-gorge de la femme, le prenant avec ses mains, et le jeta sur le sol, puis posa chacune de ses mains sur les seins de la chevalière, les pressant.

« Voilà ce qui s’appelle avoir de la matière, Lisne ! »