Divers sont les styles musicaux qui hantent les mondes, que ce soit sur Terra ou bien dans cet univers-ci, les variétés sont multiples et propre à chaque contrée, chaque culture. Cela va faire une bonne dizaine d'années maintenant que le démon parcours la terre sans pour autant avoir eu encore l'occasion de voyager hors de l’île sur laquelle il a élu domicile, pourtant, ce n'est pas faute d'en avoir la possibilité de part les propriétés mystiques qui ont données naissance aux Sources Onmyo, héritage de son grand-père. Grandit d'une longue existence, il a eu le loisir de voir et d'entendre les changements au fil du temps, après tout, mille an ce n'est pas rien. Si la technologie s'est vu évoluer avec les mentalités, il en va de même pour l'art, aussi bien musical que théâtrale, étant lui même musicien à ses heures perdues durant ses errances à tromper l'ennuie, il s'y est naturellement prit d’intérêt. Si parfois il aime à se perdre dans la nostalgie, il en éprouve chaque fois un sentiment de soulagement quant à l'idée que bien que les époques changent, que la musique se métamorphose, il y a toutefois un esprit de préservation, une note qui reste et qui traverse les âges au même rythme que lui, apportant ainsi cette sensation de ne pas être seul. Cet amalgame de pensées et d'émotions font qu'il porte aujourd'hui une grande importance au bâtiment Byakko et ce qu'il représente au sein des Sources pour ses invités. Scène de découverte, on y rencontre des artistes venu raconter leurs histoire, au travers de la danse, du chant, de la musique ou même du théâtre, un puits de richesse qui n'a de cesse de se développer sans jamais devenir répétitif ou lassant.
C'est dans l'esprit de cette soif de croissance et découverte que Lucian s'est mis dans l'idée de partir en quête de nouvelle tête, de nouveauté pour une atmosphère supplémentaire à offrir à ses clients mais aussi bien pour son propre plaisir. Étranger aux cultures de ce monde malgré certaine similitude avec le sien, il avait fini par trouver refuge dans un restaurant aux allures anciennes qui dénote totalement avec les autres bâtiments de la ville et dont le style architecturale provient très clairement d'un autre pays, ce qui a par ailleurs favorisé son choix. Ce n'est cependant là la seule raison de sa présence ici, non, il y a bien autre chose, quelque chose qui avait attiré son attention : une affiche. Le thème lui était inconnu, il avait dû se renseigner sur le sujet et à force de lecture, il en était venu à la conclusion que la meilleure chose à voir n'était pas de ce contenter de vidéo mais de vivre pleinement l'expérience en s'y rendant. Ce qu'il attend de ce spectacle et plus précisément de ce cabaret ? Une découverte, un désir, un chamboulement qui le ferait dire que c'est ce qu'il lui faut pour accroître le panel culturel du Byakko House'. Ryotsune et Miyuki sont de grands artistes, mais ils demeurent dans un style traditionnel, il a eu tout le loisir de les voir s'épanouir sur la scène en ayant conscience de leur talent et il sait qu'ils n'auraient rien contre d'apprendre un autre style, c'est pour cela qu'il est venu spécialement ici, à cette soirée, à cet événement, pour se rendre compte de sa convenance à ses besoins.
Assit confortablement dans un fauteuil de cuir rouge, Lucian s'est installé à une table seule, le regard braqué sur l'ensemble de la pièce jusqu'à ce que les lumières s'amenuise en annonce de mise en scène. La musique démarre, l'ambiance s'installe, le groove jazz s'estompe pour laisser place à un rythme plus effrénée. Dans l'obscurité scintille ses iris couleur rubis jusqu'à ce que la scène s'illumine en son centre pour l'entrée en scène de l'artiste, d'une femme au charisme saisissant. Serait-ce la fantasy de sa tenue, sa couleur ou bien ses ailes ? Est-ce l'échancrure de sa découpe qui met en valeur les courbes de son mannequin ? Non , il y a bien plus que cela, il ne s'agit pas là d'un seul élément mais bien d'un tout. Lucie, s'il se souvient bien du nom inscrit sur l'affiche, est de toute évidence celle qui rend à cette scène tout son charme. Il est vrai que son partenaire semble venir d'un autre temps, d'un autre monde, mais en cet instant, aussi magnifique pouvait-il l'être, celle qui capte toute l'attention c'est ce bout de femme aux ailes papillons. Son sourire, son élégance, on y décèle de la sensualité dans ses gestes, si bien que ceux sensé être comme une maladresse sont en réalité parfaitement maîtrisée. La voir ainsi papillonner autour des clients ne fait que la rendre plus encore captivante, faisant d'elle la meilleure alliée des magiciens, parfaite pour détourner les regards. Elle flirte, le rictus de ses lèvres est saisissant, elle est un régale pour les yeux et le démon n'y est pas insensible, il se surprend à l'observer plus attentivement, à la détailler plus qu'il ne le devrait, désireux qu'elle se glisse jusqu'à lui pour s’enivrer de cette ardeur qu'elle met à l'ouvrage, de cette joie, de ce plaisir qu'elle semble éprouver à faire ce qu'elle fait. Il se plaît à penser qu'elle aime ça, c'est tout du moins ce qui se dégage de son interprétation, s'en est contagieux.
L'ambiance tamisé de la salle donne à la pièce qui se joue un charme certain, seulement, ce qui la rend aussi unique et captivante n'est pas la chorégraphie technique du personnel en coulisse mais bel et bien le jeu d'acteur parfaitement maîtrisée de la jeune femme en son centre. Personne n'ignore le regard qu'on adresse aux individus dont la morphologie ne rentre pas dans un cadre stéréotype et nombreuses sont les personnes qui se sente mal à l'aise de ne pas en être, peu s'affirme. L'amour de soi-même, une question de perspective et d’ego qui se travaille de manière solitaire dans un premier temps puis par la suite, publiquement. Il est plus qu'évident que cette femme toute en chair et en courbe a dépassé ce stade de pensée, qu'elle en est même au point de la révélation, de la révolution. Le charme et l'élégance n'appartient pas qu'un une catégorie de corpulence, bien au contraire, en cet instant, tous ont les yeux posés sur elle et il suffit de prêter l'oreille pour constater que les rires amusés ne sont pas moqueur et critique mais admiratifs. Un regard plus posé et observateur, il en faut peu pour que le démon puisse voir se dessiner sur les pommettes de certains hommes des rougeurs révélatrice de leur culpabilité et pensée inavouée. Cet ensemble de réactions misent à nues ne font que conforter Lucian dans sa prise de décision, bien heureux d'avoir franchi la porte pour assister à cet événement.
Était-ce voulu ou non, peut-être s'était-il montré trop insistant et inquisiteur dans sa manière de la détailler, quoiqu'il en soit, qu'importe ce que peut en être la raison, l'actrice semble avoir jeté son dévolu sur sa personne. Inconnu parmi beaucoup d'autre, étranger aux coutumes et ignorant du scénario établi, il se surprend à s'encrer plus profondément dans son siège lorsqu'elle vint papillonner dans sa direction, se demandant un instant si cela n'est seulement dû aux choix de sa table. Il ne peut empêcher son regard de croiser le siens, rencontrant alors ses iris couleur noisette non sans éprouver un fourmillement parcourir tout son être. Cette sensation qu'il vient de ressentir, il ne s'y confronte que lors de rencontre significative qui ne sont généralement pas sans importance, comme un instinct qui lui dicte que la personne qu'il a en face de lui aura, qu'il le veuille ou non, un impact sur son futur proche ou lointain. Un pressentiment qui ne donne pas d'information sur sa bienveillance ou l'inverse, le laissant seul juge de cette interprétation et de son devenir. En cet instant, ce n'est pas un malaise qu'il ressent ni même une mise en garde mais une sorte de gêne, une bonne gêne. L'expression du visage qui lui fait face et communicatif, contagieux même puisqu’il en vient à échanger avec elle un sourire qui se veut discret mais approbateur, enclin à devenir sa fleur le temps d'un moment.
Le battement de ses ailes, l'envolée de ses gestes qui papillonne autour de lui transporte avec élégance la fragrance de son parfum qui enivre et ajoute plus encore de charme à son personnage. Là encore, il décèle la délicatesse et le soin mit dans chaque détaille, allant de sa tenue à son maquillage, peut être même aux moindre grain de beauté perceptible. Une courte seconde il se mordille la lèvre avant que son derme ne soit effleurer par la volupté de son souffle en son creux qui l'interpelle et le surprend. Elle enjoint la prise de contact et même si cela fait peut-être parti du script ou du fan service, il y accorde une attention particulière, comme une invitation à répondre plus tard lorsque la situation s'y prêtera. Enfin, l'arythmie prend une autre tournure, les lumières se font dansantes et l'atmosphère environnant trouve un nouveau souffle quand intervient l'éphèbe qui l'accompagne. S'il éprouve du regret à la voir s'éloigner de lui, ce n'est qu’éphémère et vite oublier lorsqu'il a le loisir de pouvoir à nouveau poser son regard sur sa silhouette qui virevolte d'une table à l'autre jusqu'à retourner à la scène principale ou se sont concentrés tous les projecteurs.
S'il lui est déjà arrivé de participer à des soirées explicites si ce n'est dire obscènes lors de ses échanges commerciaux nobliaux en Terra, il peut affirmer son rougir que ce qu'il a sous les yeux en cet instant n'a rien à leur envier. Des femmes nues, mises en avant dans des positions révélatrices, prise même dans un ébats public, il se souvient y avoir toujours ressentit une sorte d'aversion, de dégoût, ce qui est loin d'être le cas lorsque son regard à l'instar d'un insecte pour la lumière est irrémédiablement captivé. Outre l'aspect burlesque octroyé à la scène, l'effeuillage qui se joue est pour lui bien plus prenant et excitant que ce qu'il a déjà pu voir au court de son millénaire. Il manifeste la fausse pudeur, elle apporte l'élégance, elle transporte l’envoûtement et, s'il n'a pas l'occasion de poser son regard ailleurs, il est plus que certains que ce n'est pas le torse parfaitement taillé de son partenaire qu'on dévore mais l'exposition maîtrisée de chaque partie de son corps qui se dévoile jusqu'à la limite voulu, pas trop mais pas assez à la fois, faisant naître l'envie d'en découvrir plus sans pour autant laisser en bouche le regret que ce ne fut pas le cas. Une fin tout bonnement calculée qui laisse en chacun la sensation d'un merveilleux moment passé.
Il faudra plusieurs longues minutes à Lucian pour se remettre de ses émotions mais aussi bien pour analyser ce qu'il venait de voir ainsi que la suite de la marche à suivre. Initialement venu pour en apprendre un peu plus sur les goûts musicaux de cette époque afin d’apporter une nouvelle couleur à la palette artistique qui se joue au sein de son établissement, il se questionne sur comment y parvenir. Pris dans son interrogation, le mouvement de foule autour de lui fini par attirer son attention, les suivant alors du regard jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la source de cette agitation. Il se souvient de l'invitation, ou du moins l'avait-il interpréter de cette manière, et se décida alors à y répondre en troquant son siège pour un autre. Ainsi donc, après s'entre faufiler parmi la foule, il parvint à rejoindre le comptoir pour prendre place juste à côté de l'acteur et vedette de la soirée à qui il adresse naturellement un sourire qu'il s'étonne à avoir sans que celui-ci ne soit pensé.
- Je vous ai connu moins habillée, mais je dois avouer que toute vêtu, vous n'en perdez en rien votre charme.
Introduit-il dans un timbre qui se veut amicale, espérant qu'il n'ait pas mal agît, qu'il n'ait pas mal compris, qu'il ne l'importune pas en venant à sa rencontre comme elle avait pu le faire plus tôt. Prenant place à ses côtés, il posa à nouveau son regard sur elle pour mieux la détailler avant de choir sur son faciès non sans percevoir un échauffement.
- Excusez-moi par avance si je me montre trop cavalier, votre prestation m'a grandement impressionné et j'aurai souhaité en voir davantage. Ne se rendant pas compte sur le moment que cela pourrait porter à confusion. - J'ai chez moi, une troupe d'artiste, nous offrons à nos clients des spectacles, mais rien de ce genre. Je veux apporter de la nouveauté, mais pour cela, l'aide d'une experte est recommandé.
Il marque une courte pose, cherchant ses mots , le regard braqué sur le comptoir, sa main masquant ses lèvres le temps de la réflexion avant de se redresser et se tourner à nouveau dans sa direction
- Ce que je veux dire, c'est que j'apprécierai beaucoup que vous acceptiez chez nous pour des cours particulier ! Affirme-t-il dans une forme d'enthousiasme maladroit.