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A la suite d'un long voyage, la destination était enfin en vue. L'avantage de pouvoir faire apparaitre de la bouffe et de l'alcool c'est que l'on ne manque jamais de provision mais comme c'est assez drainant, heureusement la chasse était une option viable. Avec sa compagne de route, ils étaient partit pour ce long voyage car une grave épidémie faisait des ravages au large d'un petit village dont ils s'étaient prit d'affection. Ils se rendaient à présent au lieu de rendez vous d'une expédition ayant pour but de trouver une plante médicinale rarissime afin d'endiguer le mal qui se propageait.
Le nom de la plante étant trop compliqué et Barbak l'ayant oublié au profit de "La salade magique" se trouvait au plus profond des terres du chaos et ils devaient rejoindre un alchimiste réputé afin de mener les recherches. Arrivé en ville, ils furent accueillis par de délicieuses effluves d'épices qui ne manquèrent pas de mettre l'eau à la bouche du mouflon nain. Refusant catégoriquement d'utiliser de l'or, il perdit une bonne heure à marchander avec un restaurateur et paya pour son repas de manière peu conventionnelle vu qu'il se mit d'accord pour déplacer un énorme bloc de pierre qui gênait l'expansion du restaurant. Le restaurateur pensant que cela était impossible eut une belle surprise quand le nain souleva l'énorme bloc pour le balancer en dehors des limites de la ville.
Ils finirent enfin par rencontrer leurs commanditaire. Un homme fin et élégant, d'après ce qu'il sait des humains vu qu'il n'as pas de cheveux blancs et des traits assez fins, il devait être assez jeune. Ce n'est que quand il ota son chapeau pour les saluer qu'il remarqua des oreilles pointu. Un terranide? non! Pas possible! Mais toujours est il qu'il avait des oreilles rousses sur le sommet de son crane qu'il recouvra bien vite une fois son salut terminé. Il portait des vêtements large et amples, probablement pour dissimuler sa queue.
Il est vrai qu'il y a des humains qui sont assez con pour emmerder les gens à ce sujet. Il se souvint alors qu'il avait enfoncé un mec à travers le sol à coup de german suplex parce qu'il lui avait mal parlé. Il était tellement insignifiant qu'il l'avait déjà oublié. Mais bon heureusement qu'ils sont dans un bar et que les bagarres sont légions du coup personne n'as appelle la garde.
L'alchimiste se présenta et Barbak qui avait sa façon bien à lui de nommer les gens décida de le nommer "Kan" pour la simple et bonne raison qu'il sentait la cannelle et que son nom commençait par "Kan". Le mouflon était capable d'appeler un roi "Ducon" en plein dans sa face tellement il était irrévérencieux. Il y avait cependant une question qui lui tournait dans la tête : comment un terranide avait pu devenir alchimiste malgré toute la discrimination dont ils font face. Mais en même temps il est vrai que le bougre se dissimule si bien qu'il l'as prit pour un humain au premier regard.
L'homme renard explique alors qu'une quatrième personne est sensé les rejoindre et invite Barbak et Deidre à boire en attendant sa venue. Barbak arrivera à être ivre et commencer des chansons naines avant que le dernier participant n'arrive.
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Deirdre endure le voyage avec difficulté. Des nausées lui nouent régulièrement l’estomac, la laissant faible ou étourdie. Elle n’a guère faim, mais s’efforce malgré tout de manger. Une promesse la lie, et elle doit tenir bon. Chaque repas avalé devient un acte de volonté. Heureusement, elle n’est pas seule. Elle peut compter sur Barbak. Plus d’une fois, elle songe à l’appeler Papy Baba, comme elle l’a fait au début… mais elle se reprend, dissimulant son sourire au creux de sa cape. Mieux vaut garder ce genre d’élan pour elle.
La mercenaire se laisse guider par lui. Le colosse de pierre semble connaître des chemins dont elle ignore tout. Peu à peu, une confiance fragile s’est tissée entre eux. Une confiance qui n’exige ni aveux, ni confidences, mais qui suffit à marcher côte à côte.
La ville apparaît enfin, et l'hybride resserre aussitôt sa cape contre elle. La capuche abaissée sur son visage, elle se tient proche de son compagnon de voyage, ses yeux effleurant chaque pierre, chaque enseigne, chaque visage. Est-ce un territoire ennemi ? Neutre ? Ou allié ? Rien n’est certain. Dans son monde, il lui arrivait de se promener sans crainte, ailes visibles, visage découvert. Mais ici, mieux vaut rester une ombre parmi les ombres.
Barbak, lui, s’impose comme toujours. Sa force brute éblouit autant qu’elle rassure. Quand il soulève d’un seul geste un bloc de roche qu’aucun autre mortel n’aurait même songé à bouger, Deirdre laisse échapper un sifflement d’admiration. Oui… sous sa rudesse, le mouflon cache décidément un cœur noble.
Après le repas gagné de haute lutte, c’est une taverne qui les accueille. Deirdre n’y est jamais à l’aise : relents d’alcool, regards appuyés, atmosphère trop dense. Mais elle tient son rang, visage impassible, sourire poli. Tant qu’on ne l’oblige pas à boire, elle reste de marbre. Les tavernes, après tout, ont toujours été le théâtre des grandes missions.
Et c’est là que leur commanditaire fait son entrée. Son chapeau ôté, ses oreilles apparaissent. Des oreilles pointues, rousses. Deirdre a un bref hoquet de surprise. Un terranide. Mais pas un loup. Un soupir discret lui échappe, une vague de soulagement l’effleure. Pas un loup… pas lui. Son cœur bat plus vite, sans qu’elle sache si c’est de peur ou d’espérance. Peut-être qu’elle se rapproche… peut-être.
La commandante se présente simplement, ne donnant que son prénom. L’homme ne semble pas surpris. Au contraire, il parle d’une rumeur : une légende d’un colosse aux cornes immuables et d’une jeune femme aux lames de lumière. Deirdre se surprend à sourire. Avec malice, elle tapote l’épaule de Barbak :
"Tu vois ! Nous avons bien fait d’aider ce village, finalement !"
Un clin d’œil accompagne ses mots, avant que son attention ne se reporte sur l’alchimiste. À ses yeux, l’alchimie n’est qu’une magie parmi d’autres. Rien d’étonnant. Mais soudain… une présence l’arrache à sa quiétude fragile. Une silhouette, aperçue du coin de l’œil. Une aura.
"Je te confie mes affaires,." *dit-elle à Barbak.*
Elle sort, ses doigts déjà crispés sur le tissu de sa cape, prête à dégainer. De l’autre côté de la rue, il est là. Un terranide-loup. Ses yeux reconnaissent aussitôt la cicatrice qu’elle-même a laissée de la pointe d'un de ses wakizashis. Leurs regards se croisent, comme si le temps se fige. Elle s’apprête à bondir, trancher, mettre fin à ce qu’elle a commencé… mais une douleur sourde, intime, l’ancre sur place, l’empêche d’avancer.
Lui recule. Puis, sa voix éclate dans la ruelle :
— L’esclave aux lames de lumière est de retour ! L’esclave aux vents est de retour !
Deirdre frémit. Ses plumes invisibles vibrent sous sa peau, témoins d’une colère contenue. Mais ses jambes tremblent, et son souffle se brise. Ainsi donc, ils sont proches. Proches des Contrées du Chaos.
Elle regagne la taverne, capuche toujours baissée, pas mesuré. Elle incline la tête vers ses compagnons.
"Veuillez m’excuser pour cette… gêne. Je voulais m’assurer de la sécurité des environs."
Sa voix est calme, mais ses mains, elles, tremblent encore. Pour se reprendre, elle commande d’un ton neutre :
"Un thé glacé au lotus. Je vous prie."
Ce fragile répit est son seul rempart contre le tumulte intérieur, en attendant l’arrivée des derniers compagnons.
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Depuis combien de temps maintenant a-t-il dégainer son épée pour la dernière fois ? Cela remonte il y a plus de cinq-cent ans si ce n'est plus, lors de la dernière grande guerre qui avait emportée avec elle son défunt père. Suite à cela Lucian n'avait eu de cesse d'alterner entre diplomatie, commerce et manigance pour remettre en état les affaires de son clan et ainsi obtenir la paix dans laquelle il prospère à présent non sans méfiance toutefois. L'ennuie, oui, c'est là le sentiment qui l'anime le plus chaque fois qu'il revient dans l'univers qu'est Terra, chaque fois qu'il retourne auprès des siens pour y œuvrer en tant que dirigeant des Kalvenhaar. Si son rôle en tant qu'enseignant sur Terre et la découverte de cette dimension lui est riche en expérience, Terra elle, lui apporte fatigue et contrariété. Peut être est-ce parce qu'il y a vécu trop de temps, il donnant alors une sensation de nostalgie, de déjà-vu. C'est assit dans son bureau en feuilletant divers document qu'une idée soudaine lui vint en écoutant en travers les péripéties de son bon camarade et Ludwig. Pirate et commerçant de longue date, voyageant sans cesse, ce derniers se dernier lui faisait part de ses aventures et des histoires qui lui sont étrangères, l'amenant ainsi à prendre connaissance d'une curieuse quête qui consiste à la recherche d'une mystérieuse plante dans le but d'endiguer une épidémie.
Reprendre les armes et partir à l'aventure ? Voilà une source de distraction qui le ferait sortir de son quotidien monotone. Risquer un peu sa vie et quitter le confort de sa demeure ne peut pas lui faire de mal bien au contraire, cela pourrait rappeler à lui ses premiers instinct et lui apporter un semblant de goût à cette univers-ci qui lui était devenue fade, une des raisons de son exile. Ainsi donc, ayant troqué son long manteau rougeoyant par un plus sombre et ancien provenant du fond d'une armoire, il fini par se rendre au lieu de rendez-vous, là où l'y attend l'instigateur de la quête ainsi que les quelques aventurier y ayant répondu. C'était par le biai de Ludwig qu'il avait pris contact avec le destinataire et de ce fait, n'a pas encore le loisir de faire sa rencontre, autant dire que c'est une aventure à l'aveugle. Devant la taverne, son regard se pose sur le voisinage et les habitants qui circulent, constatant que nombreux sont ceux qui se pavanent avec leur équipement en évidence, certainement pour faire l'étalage de leur expérience, une sorte de première impression qui ferait office de CV pour faciliter les recrutements. La main devant le bouche et se frottant le menton d'un air pensif, le jeune démon se demandait s'il devait en faire de même ou bien se contenter de conserver son arme chaudement rangé dans l'une des perles de stockage qui orne sa ceinture, un artefact bien pratique qui permet de voyager sans s'encombrer.
Naiveté ou autre, il songea qu'il n'est pas nécessaire de la sortir, peut être cela suscitera des interrogations sur ses capacités, en bien ou en mal. Au cas où cela lui porterait préjudice, ne restera qu'à lui de mettre en application ses capacités de négociateur, ou pas, après tout, c'est une aventure, une nouvelle expérience. Les portes franchit et l'ambiance intérieure le submergea, lui faisant prendre plus encore conscience de là où il met les pieds : un monde qu'il n'a pas connu depuis trop longtemps. Son regard fut interpellé par un signe discret de la main du commanditaire qui l'avait identifié de par les renseignements fournis au préalable par Ludwig il y a quelques jours, lui facilitant ainsi ses premiers pas dans cette bâtisse.
Excusez moi pour ce retard. Tout ceci est nouveau pour moi. Vous pouvez m'appeler Lucian.
Nouveau oui, c'est la première fois qu'il vient prendre une quête, mais ce n'est clairement pas la première fois qu'il participera à des combats. Il s'était présenter sans trop savoir comment s'y prendre en ces circonstances, lui qui avait toujours côtoyé la noblesse, il s'était alors inspiré des quelques soldat avec qui il avait combattu durant la guerre, se contentant de donner son prénom sans en dire plus sur sa personne, songeant qu'ils apprendront à se connaître sur le terrain si cela est nécessaire. Sa curiosité le força à porter son attention sur la créature qui , à l'odeur de sa boisson, semblait tourner à l'alcool, ne pouvant s'empêcher d'être intéressé par les grivoiseries de ses chansonnettes, lui rappelant quelque peu les beuglements de l'ogre qui travail aux sources thermales.
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Les moments à la taverne sont vraiment le calme avant et après la tempête. Pour Barbak, il n'y avait pas de plaisir plus intense que le réconfort avant et après l'effort. Des ribs de porc avec une bonne bière bien fraiche et gouleyante et des beignets à la pomme bien frit le tout accompagné de chansons à boire (https://www.youtube.com/watch?v=6xVMqM7OzcI), que demander de plus? A vrai dire il n'aurait pas été contre le fait d'ajouter une femelle ou un mec en dessous la table pour lui faire une gâterie.
Hélas, trois fois hélas, Barbak n'as ni gène, ni honte. Par dessus le marché, il commençait à être légèrement bourré et il n'y avait pas une seule jeune oreille à au moins deux kilomètre à la ronde pour l'empêcher de faire n'importe quoi. Il monta sur la chaise et beugla à plein poumons :
Héyo! Y en a qui ont envie de baiser un coup?
Comble de la malchance, il y avait un groupe de malabar juste à coté qui prit cette demande du mauvais pied et de fil en aiguille, une bagarre de taverne éclata. Le commanditaire de la quête complètement atterré par la pure stupidité d'un tel acte resta coi, quand à la patronne de l'endroit en voyant les tabouret commencer à voler dans tout les sens avait la tête du "Encore un Lundi habituel". Tellement blasée et pas surprise qu'une bagarre éclate.
A defaut de tremper le biscuit, Barbak faisait parler ses cornes en filant un coup de boule dans le ventre d'un mastoc qu'il envoya valdinguer. Le renard s'il était navré par la stupidité du mouflon était tout de même impressionné par sa force terrifiante.
Pour Barbak la baston de taverne était un art. Chez les nains mettre un bourre pif dans un bar est un signe d'amitié et de camaraderie. Il se souvient encore de sa première gueule de bois quand il n'était qu'un jeune adolescent d'à peine 20 ans. Des bons souvenirs.
Pendant ce temps l'alchimiste vulpin demanda à Deidre et Lucian :
Votre ami est il toujours aussi...... comment dire..... agité?
Quand le brouhaha du combat s'étiola, des rires gras retentirent et l'alcool se remit à couler à flot. Il avait prouvé aux locaux qu'il en avait dans le kilt et retourna voir ses compagnons un peu éméché.
Hé oh! Bibiche! Rox! (C'est comme cela qu'il à décidé de nommer Lucian étant donné qu'il à sa façon de nommer les gens) Kan! Vous venez pas picoler? Hem du coup c'est quand que l'on va chercher la salade magique la?
- C'est une Herbae micellia et nous devons attendre encore une personne Mr Barbak! Je vous serez reconnaissant de ne pas vous faire trop remarqué s'il vous plait! Je n'ai pas envie de trop attirer l'attention. Les terra ne sont pas très appréciés de certaines personnes et encore moins quand elles ont un poste important.
- Ouais Ouais! Mes couilles dans un saladier! J'ai plus la gueule d'un terra que toi quand tu as ta cagoule sur la tête et je vais pas me cacher! Se cacher c'est un truc de voleur et de couilles molles! Je suis un nain! Je ne me cache pas et je ne vais certainement pas me voiler la face car des gens sont suffisamment con pour pas aimer ma gueule sans me connaitre! Si tu justifie l'injustifiable tu peux t'en prendre qu'a toi même si tu te fait bully!
Barbak ne comprenait pas le concept de racisme. Cette notion était parfaitement absente de son éducation, même si les insultes naines était très raciste, les nains se moquaient des autres et surtout des elfes mais ils ne détestaient personne sans avoir un grief parfaitement valable pour le faire. Par exemple, les elfes et les gobelins ont accumulés tellement de grief qu'il est très difficile pour un nain de les faire entrer dans son cercle d'ami.
C'est un concept un peu trop compliqué mais en général, Barbak se contre fiche des races mais il lui arrive de balancer des insultes raciste ou homophobe ou autre sans avoir aucun grief contre une communauté vu que lui aussi se tape des mecs. Mais insulter est tout un art et c'est pour cela qu'il existe un concours chez les nains à ce sujet.
Quoi qu'il en soit, il s'intéressa à Lucian. Deidre, il commençait à la connaitre et pour ce qui est de Kan, il n'était qu'un commanditaire. Il l'interpella donc sans cérémonie ni politesse avec la franchise crue et dénué de fioriture qui le caractérise.
Donc! Rox! Vu que tu vas te battre à nos cotés, j'ai besoin de savoir si t'est du genre à la mettre à l'envers ou si je peux te tourner le dos sans crainte.
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La taverne exhale une chaleur dense, mêlée aux effluves d’alcool, de bois brûlé et d’épices étrangères. Pour Deirdre, le contraste avec l’air pur des plaines où elle a grandi est saisissant. Elle reste sous sa cape, la capuche baissée, observant les allées et venues des clients. À ses côtés, Barbak trône presque naturellement, attirant les regards et intimidant les moins prudents.
Un des derniers aventuriers fait son entrée. La commandante d'une guilde de mercenaires l’observe volontairement, avec attention mais sans manquer de respect. L’homme aux traits fins, légèrement efféminés, mesure environ un mètre quatre-vingt. Elle se sent capable de le maîtriser à distance si nécessaire grâce à sa télékinésie. Sa chevelure, sauvage et flamboyante, semble indomptable, et ses yeux rouges laissent deviner sa nature singulière. Elle sent un léger réconfort à ne pas être totalement seule face à cette étrangeté, mais elle reste prudente et silencieuse.
Lorsque le nouveau compagnon s’assied à leurs côtés, une musique entraînante s’élève, d’abord timide puis plus affirmée. L’hybride se surprend à sourire. L’ambiance n’est pas désagréable, et cela lui rappelle son monde d’origine. Elle mange avec modération, juste assez pour tenir et garder de l’énergie. Un hoquet de surprise la saisit lorsque Barbak s’exprime, et elle se retient de s’étouffer : la spontanéité du colosse est toujours impressionnante.
Il manquait plus que ça ! Une bagarre éclate, comme si elle avait été prévue. Même la propriétaire des lieux ne semble pas surprise, habituée à ce type de débordement. La sang mêlé esquisse un petit sourire en coin, mais son esprit reste partiellement ailleurs. Elle repense au terranide-loup aperçu plus tôt dans la rue, survivant d’un combat ancien et douloureux, et au mélange de peur et d’espoir qui l’avait saisie. La tension serre encore son corps, qui réclame une pause : détour obligé vers les toilettes de la taverne. Non seulement pour un soulagement physique, mais aussi pour reprendre le contrôle de ses sens et apaiser le tumulte de ses émotions.
Elle glisse un regard vers Barbak, absorbé par sa bagarre, et vers Lucian, soit en pleine conversation avec le commanditaire, soit en train d’observer les clients. Sans un mot, elle se lève, ajuste sa cape et prend sa besace, esquivant de justesse une chaise lancée à hauteur de visage. Le bois du plancher craque légèrement sous ses pas légers. Derrière la porte, elle trouve enfin un instant de solitude. Elle ferme les yeux, respire profondément, et se concentre sur chaque sensation : le contact frais du carrelage contre ses paumes, l’odeur du bois et de l’eau, le battement régulier de son cœur. Sa respiration, d’abord saccadée, se fait plus calme. Elle se recentre sur le calme intérieur nécessaire pour poursuivre sa mission, touchant un vêtement particulier : un dernier lien possible avec Anakha. La chaleur du tissu contre sa peau lui rappelle la présence de quelqu’un qu’elle aime et perdu, et un frisson parcourt ses ailes sous sa peau. Il lui manque.
Alors qu’elle reste là, immobile, un autre niveau de perception s’éveille en elle. Sans effort apparent, ses sens d’ange-fée captent plus que ce qui est visible. Barbak, proche d’elle, diffuse une chaleur rassurante, stable, comme un roc sur lequel se reposer. Lucian, lui, transmet une énergie plus complexe : mesurée, attentive, chargée de vigilance et de souvenirs de guerres anciennes. Deirdre note la tension dans ses épaules, le rythme de son souffle, et comprend que ce démon ne se laissera jamais surprendre. Enfin, le commanditaire : calme, mesuré, autoritaire sans imposer. Une vague sous-jacente d’expérience et de contrôle, prête à soutenir ou corriger selon le besoin.
Tout cela, Deirdre le perçoit instinctivement, et un sourire intérieur naît. Dans ce silence ponctué par le crépitement de la cheminée, un lien fragile mais réel se forme. Ses sens affûtés ressentent déjà qui peut la soutenir, qui peut la surprendre et qui partage le poids d’une confiance naissante. Ce moment devient un équilibre subtil entre vigilance et repos, un instant suspendu où elle peut enfin respirer et se préparer pour la suite.
Lorsqu'elle revient, le tumulte s’apaise. La mercenaire reprend sa place sur la chaise vide entre le commanditaire et Lucian. Elle observe ses compagnons avec plus de sérénité. Barbak, enfin repu et légèrement épuisé, se repose sur sa chaise, ses cornes frôlant presque le bois du dossier. La chaleur du feu se répand sur son visage, et elle sent ses muscles se détendre peu à peu. Deirdre esquisse un léger sourire, appréciant la simplicité de cet instant après la tempête. Elle laisse ses mains glisser sur ses genoux, fermes mais calmes, et un sentiment de contrôle renaît doucement dans son corps.
La jeune femme se penche légèrement vers le commanditaire, sa voix claire mais posée :
"Sous ses airs bourrus, Barbak cache un véritable cœur. J’ai confiance en lui, dit-elle en désignant le colosse d’un geste discret. Même si son comportement peut paraître… excentrique aux yeux des autres, je me porte garante pour lui."
Le commanditaire l’observe attentivement, jaugeant la sincérité de ses mots. Deirdre ne détourne pas le regard, consciente que ces assurances comptent dans un monde où chacun se méfie de tous.
Puis elle se tourne vers Lucian, posant ses mains sur la table, le visage sérieux mais sans menace :
"Et toi… Lucian… tu es un démon, n’est-ce pas ? Si jamais je me trouve dans l’impossibilité de me défendre, ou si je te supplie de m’assommer, tu devras le faire dans la seconde, sans poser de questions, dit-elle doucement mais avec fermeté. Je vous expliquerai plus tard pourquoi."
Le commanditaire intervient alors, la voix posée, presque neutre :
— Très bien. Nous avons un groupe disparate, mais chacun ici a ses forces et ses limites. L’essentiel est de savoir que vous vous connaissez suffisamment pour avancer ensemble.
Deirdre croise ses doigts, respire doucement et répond avec un léger sourire :
"Un instant. Je me dois d’être honnête. Barbak, je m’excuse de ne pas l’avoir dit plus tôt."
Elle abaisse alors sa capuche pour laisser apparaître ses longs cheveux bleus attachés en un chignon désordonné.
"Je suis une hybride, une ange-fée. Le colosse de pierre et moi avons déjà commencé à travailler ensemble, même si nos chemins ont été différents. Barbak et moi avons affronté le chaos côte à côte, et il a toujours été un allié fidèle. Quant à toi, Lucian… nous commençons seulement à apprendre à nous connaître."
Un silence s’installe, ponctué seulement par le crépitement de la cheminée. Deirdre se sent plus légère : la première étape de la confiance est franchie, même si elle reste prudente. Ses doigts se resserrent légèrement sur ses genoux, la chaleur du feu caressant sa peau, tandis qu’une étrange sérénité naît dans son souffle. Elle se sent plus ancrée, prête à affronter la suite, consciente que la vigilance reste nécessaire.
— Bien, conclut le commanditaire, vous pouvez profiter de ce moment pour vous reposer et vous préparer. Nous partirons à l’aube.
La combattante acquiesce et, d’un geste naturel, se replie sur elle-même, jambes repliées sous la chaise, mains posées sur ses genoux. Elle regarde les flammes danser et crépiter, songeant à la mission, à la promesse faite avant sa disparition impromptue, et à ce qui l’attend. Chaque reflet dans les braises ravive à la fois la prudence et l’espoir. L’atmosphère, bien que tendue par les enjeux, est maintenant assez sûre pour un échange honnête. Le feu éclaire son visage et la réchauffe un peu. Pas autant que Lui. Bien que sous sa peau ses plumes frémissent, Deirdre se concentre et se tient prête sur ce qui viendra ensuite.
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La clientèle se rassemblent, les rires gras et les propositions salaces commencent à se diffuser dans l'enceinte de la taverne dont les expressions faciales du personnel suggèrent une forme de monotonie. Rien d'inhabituel donc à voir valser ici et là de la vaisselle accompagné de bousculade qui tout naturellement dégénère en coup de poing et autre forme de confrontation. Une bagarre, voilà le quotidien des tavernes, des aventuriers, des combattants quel-qu’ils soient. Ce genre d'ambiance apporte sont lot de renseignement tout autant qu'il renvoie à des souvenirs lointain, ceux de batailles et d'affrontements pour des valeurs aussi bien bonnes que mauvaises. Lucian a un léger sourire en coin de nostalgie à cette pensé, conscient qu'il lui arrivé de devoir verser du sang pour des inepties, que chacun de ses combats n'ont pas toujours eu pour but d'apporter un avenir radieux. Parfois égoïste, tantôt envahisseur, tantôt défenseur, il ne s'est pas seulement battu pour défendre ses terres. Bien que méprisable, ayant malgré tout des regrets pour tout cela, il ne peut cependant que constater que tout ceci était nécessaire pour que son clan vive aujourd'hui et depuis bientôt un siècle maintenant dans une forme de paix. Parce que oui, bien que les luttes ne soient à ce jour plus aussi flagrantes et massives, le sang ne cessent pas pour autant de couler, seulement, la quantité est moindre.
Ses yeux s’agrandir quand le plus poilue de ses compagnons monta sur sa table pour proférer des paroles qui aux oreilles de la populace sembla être comme une provocation. Dans un rictus songeur, il se demandait s'il était de coutume d'exposition ainsi ses envies tout autant qu'il se souvient avoir déjà vu bon nombres des soldats qui ont combattu à ses côtés partir des dans escapades sexuelles la veille d'un combat. Assouvir ses pulsions et désir charnels, une manière de soulager son esprit certainement, d'avoir un derniers instant de plénitude avant un combat qui pourrait être le dernier. Une question de philosophie sur laquelle il ne s'était jamais vraiment intéresse et qui ne l'avait jusque là pas travailler. Pourtant, Lucian est loin d'être asexué, il aime la chair et n'a rien contre une coucherie, mais il est vrai qu'il n'est pas aussi expressif dans ses besoins. Alors, voir ainsi ce petit être s'exprimer de la sorte lui arrache un léger sourire amusé avant que ce dernier ne se lance dans une lutte clairement à sens uniques. De toute évidence, il n'y aura rien à craindre en terme de force de frapper si jamais ils étaient amené à faire la rencontre d'adversité durant cette expédition.
Si ce joindre à corps perdu dans la bagarre improvisé ne l'intéresse pas pour le moment, cela ne l'empêche pas d'y participer en jouant de ses facultés de télékinésie pour déplacer ici et là les objets à porter pour barrer la route des rustres s'étant trop rapproché. Dévier un verre qui vole pour qu'il atterrisse dans la face d'un autre n'a rien de compliqué, tout autant que faire glisser une chaise dans les jambes des plus téméraires ou bien pour le plaisir des uns, faire tomber la culotte de ses messieurs jusqu'au cheville pour que cul nu se fasse et laisse place aux taquineries. Il eut un petit sourire quand le moufflon revint à table et il prit bonne note de son franc parlé qui démontre là un personnage qui ne laisse pas de place aux arrières pensées.
Une demande implicite et directe. Difficile à dire. Si ont dit que les armes en disent long sur la personnalité, alors je pense que la mienne dirait que tu aura tendance à me sentir à tes côtés plutôt que dans ton dos.
Comme pour affirmer ses dires il porta sa main à sa ceinture pour en extirper sa large claymore qu'il laissa s'enfoncer dans le sol un court instant. Une épée large aux couleur vivent comme sa chevelure et à la lame marqué par ses nombreuses batailles. Il la rangea peut de temps après avant de faire servir à son camarade une nouvelle chope de bierre, non pas pour l’alcooliser plus qu'il ne les déjà mais pour lui exprimer sa bonne foi et instaurer un semblant de naissance de camaraderie. Enfin son attention se porta sur la jaune femme qui à son tour songea que jouer cartes sur table semble être la bonne chose à faire pour qu'un groupe se forme. Ses sens ne l'avait donc pas trahi, ils ne se sont pas étioler avec le temps, il y avait bien quelque chose de « pur » en elle, d'angélique. Cette double nature qui est la sienne n'est pas sans faire éprouver au démon une sensation légère tel un frisson mais qui ne lui est pas désagréable pour autant. Sa requête de l'assommer si nécessaire sans autre forme de procès l'oblige à se questionner, se demandant même s'il lui faudra faire usage de la force ou bien si sa capacité naturelle pourrait être un moyen plus envisageable et nettement moins brutale. Il lui suffit de faire inhaler son souffle imprégner de ses particules pour qu'un esprit succombe à ses suggestions, utile pour des interrogatoires mais également pour calmer un individus, pour l'endormir ou bien pour exacerber ses pulsations et sa sensibilité, si bien qu'un simple effleurement sur sa peau peut être une torture ou une libération.
Comme il semble mieux te connaître que moi, je pense qu'il sera plus à même de prendre la décision sur le moment, mais je tâcherai de me plier à ta volonté.
Affirma-t-il en les tutoyant, voyant qu'ils en font de même depuis le début, songeant que c'est la manière de faire la plus simple pour qu'un semblant de camaraderie prenne place. Bien qu'ils jouent la carte de la franchise, il ne songe toutefois pas qu'il soit utile qu'il leur parle de la particularité singulière propre aux membres de sa familles quand à cette étrange faculté à changer de sexe durant certaine période. Cette dernière ne devrait pas arriver avant un moment et il lui est toujours possible de la freiner un certain laps de temps. Puis, quand bien même cela devait arriver, il n'en reste pas moins la même personne, il ne s'agit que d'un changement physique et rien d'autre, sa personnalité reste la même ainsi que ses capacités.
Ca fait longtemps que je ne suis pas parti à l'aventure et j'ai rarement eu l'occasion de faire parti d'un groupe alors je m'en remet à vous pour m'apprendre les coutûmes !
Invita-t-il en levant son verre joyeusement comme pour leur faire comprendre qu'il voit en eux des personnes de confiance tandis qu'il salut vivement le commanditaire qui semble vouloir prendre congé de leur compagnie. Devront-ils attendre l'arrivée de ce dernier membre avant de partir à l'aventure ou bien le troueront-il sur le chemin de leur destination ? Son regard se porta sur la demi-fée qui a l'air songeuse, inquiète.
Des appréhensions sur ce qui nous attends ? Cela ne semble pas atteindre ton camarade.
Affirma-t-il en désignant le moufflon qui de toute évidence se fiche bien de tout et prend ce qui vient de la même manière qu'il engloutit un poulet ou vide une bouteille sans interruption et raffinerie.
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Ainsi donc, ses doutes étaient fondés. Deidre n'était pas humaine. Il lui déclara en rigolant qu'il n'en avait strictement rien à foutre. Qu'elle soit moitié ange et moitié fée c'est pas un problème pour lui. Une question le taraudait et il ne se gêna pas pour la poser.
-J'apprécie cette marque de confiance! Mais je me demande : Pourquoi tu fait tout un patacaisse sur ton sujet? Si tu veux mon avis tu te prend trop la tête! Tout ses discours à la con sur le fait de t'assommer et toutes ses conneries! Sérieux Bibiche! Tu te prend trop la tête! Je veux dire on va juste chercher une salade! Y a pas plus simple! Etape 1 : On cherche la salade Etape 2 : On trouve la salade et on rentre et s'il y a des emmerdeurs sur le passage on les éclate. Si tu compte sur moi pour t'assommer et te laisser derrière tu peux rêver jusqu'à la Saint Glinglin pour que je le fasse! A la limite j'ai envie de te foutre une gifle derrière la tête pour me demander n'importe quoi mais bon! T'as pas l'air d'être dans ton assiette. Tout ça pour dire que t'est une femme qui à des couilles et je sait pas trop pourquoi d'un coup d'un seul tu fait ta couille molle! Rappelle toi que je suis la masse et toi le scalpel, et si le scalpel il tremble bah c'est la merde! Tu devrait picoler un peu plus ça te détendrait.
Barbak était aussi têtu que le plus têtu de tout les nains. Il avait décidé que la subtile bretteuse était son ami et il pourra y avoir un buffet de charcuterie chez les elfes avant qu'il change d'avis. Il demanda alors à l'alchimiste ou se trouvait cette fameuse salade magique et pourquoi il avait besoin d'une escorte. Il est peut être stupide et impulsif mais pas assez pour passer à coté de mesure de prudence aussi disproportionnée.
Le renard se lança donc dans une longue tirade dans laquelle il expliqua tout de A à Z, mais hélas, Barbak fut trop occupé par le verre plein qui s'offrit à lui pour écouter quoi que ce soit. Et confirma au grand désarroi du renard qu'il n'avait absolument rien écouté.
-Ouais! Comme je le disais! Etape 1 on cherche la salade et Etape 2 : On rentre avec la salade en défonçant ceux qui nous barre la route.
Le renard avait beau pâlir de terreur devant autant d'inconscience. Mais les enjeux politiques, les conflits tribaux et tout ce bordel, pour le mouflon c'est juste des trucs ultra compliqué qui servent à rien. Pour lui un roi ou un empereur est une personne comme les autres. Ce qui terrifiait le Terra était qu'il le sentait capable d'envoyer une hache à travers la figure d'un émissaire royal et il n'avait pas tort.
Quoi qu'il en soit, le dernier larron ne donnant toujours pas signe de vie, il demanda au groupe :
-Bon! On se fait encore une petite tournée et on décolle? C'est pas que vos trucs sur les gens qui risquent de venir nous emmerder m'intéresse pas du tout, mais je commence un peu à m'emmerder
L'alchimiste comprit que tenter de lui faire comprendre des choses même simple était peine perdue. Parler à Barbak était pour lui comme parler à un rocher. Quand les concept impies pour sa foi entrent dans une conversation, impossible de lui faire entendre raison. Politique, Argent, assommer des amis, il n'y avait pas la place pour ces foutaises dans son esprit composé majoritairement de bro code, de viande, de sexe et d'alcool sans parler des milliards d'insultes naines. Un roi pour lui n'est rien de plus qu'un mec avec un chapeau qui à des pointes.
Il n'y avait aucun doute dans son regard, aucune peur. Il ne se préoccupait pas des trivialités des mortels. Il était incompréhensible pour lui que des gens puissent détester l'alchimiste car il était un terra, de même qu'il ne lui venait pas à l'esprit de se méfier de Lucian car c'est un démon et encore moins de penser que Deidre était une chochotte autoritaire de par sa nature angélique et féérique. Lui se concentrait sur les actes plutôt que sur les paroles.
Pour lui l'alchimiste est pénible car il parle tout le temps avec des trucs compliqué, Deidre est une amie mais qui à l'air d'avoir un truc qui la perturbe ce qui lui fait dire des bêtise et Lucian est pour l'instant un inconnu mais qui essaye de mettre de la bonne volonté pour s'intégrer. Le reste pour lui est sans importance. Tel le roc inamovible, Barbak reste fidèle et constant dans son mode de pensée. Pour lui tout est linéaire, que ce soit dans les évènements comme dans la pensée.
Beaucoup se perdent dans ce qui les entourent plutot que d'aller de l'avant, ce que faisait Deidre en ce moment. Il ne savait pas ce qui la tracassait, aussi quand il eut l'opportunité de lui parler seul à seul, il posa sa main sur son bras car il était trop petit pour la mettre sur son épaule et lui demanda :
-Hey Bibiche! Y a quelque chose qui te tracasse? T'as pas l'air dans ton assiette! Tu veux en causer?
-
Deirdre lève son verre de thé glacé au lotus en écho aux autres, un geste simple pour sceller la connivence du groupe. Autour d’eux, l’atmosphère reste électrique, mais Barbak traite les appréhensions comme autant de moustiques : on les chasse d’un revers de main et on avance.
"Peut-on appeler ça des appréhensions ?" répond doucement Deirdre au démon. "Dans mon monde, avant de partir, j’envoyais toujours un éclaireur. On avance, on regarde, on réagit. Et toi… tu verras que Barbak réserve encore des surprises."
Barbak, fidèle à lui-même, réplique sans ménagement :
— « J’apprécie la confiance ! Mais putain, pourquoi tout ce pataquès ? Tu te prends la tête pour rien, Bibiche. Tous ces discours à la con sur “t’assommer”… Sérieux, on va juste chercher une salade ! Étape 1 : on trouve la salade. Étape 2 : on revient, et s’il y a des emmerdeurs, on les démonte. Si tu crois que je vais t’assommer et te laisser derrière, tu rêves. T’es la lame, moi la masse — si la lame tremble, c’est la merde. Bois un coup, ça te détendra. »
Le franc-parler du mouflon choque peut-être, mais rassure : il sera là. Deirdre esquisse un sourire fatigué, attendri malgré elle.
"Pourquoi ?" reprend-elle, posant sa tasse. Sa voix reste calme, mais le fond est sérieux.
"Avez-vous des anges dans votre monde ? Dans le mien, je suis pourchassée pour être ce que je suis : moitié ange, moitié fée. On m’a chassée, combattue, parfois torturée. J’ai dû tuer pour protéger mes mercenaires. Alors non : on ne m’assomme pas au moindre signe de colère. Si je perds le contrôle, ce n’est pas un simple coup de sang : ça va du cyclone à la dévastation pure. Et s’il y a un démon à côté… la puissance décuple."
Elle mesure ses mots, sans se livrer tout entière.
"Il y a deux issues : soit quelqu’un franchit ma barrière — il faut de l’amitié, de la confiance — soit il faut m’étourdir complètement jusqu’à ce que je retombe. Sinon je sombre dans un coma qui peut durer des jours. Trois personnes ont déjà franchi ma barrière ; deux en sont morts et le dernier en est revenu blessé."
Le groupe prend la mesure de ce qu’elle confie. Deirdre n’a pas envie d’être un fardeau. Elle veut aider, et, au fond, retrouver Anakha : cette mission pourrait être une chance.
Barbak, ragaillardi, tape la table d’un coup amical.
— « Hey Bibiche ! Y a quelque chose qui te tracasse ? T’as pas l’air dans ton assiette. Tu veux en causer ? »
Elle le regarde, et dans ce regard il y a reconnaissance : pour tout le vacarme, Barbak est un pilier.
"Je ne veux pas être un poids." avoue-t-elle. "Mais je veux aider. Et… j’espère retrouver quelqu’un."
Les détails pratiques bouclés, la troupe se prépare à la nuit. L'ange-fée se lève avant les autres, les salue d’un hochement de tête et promet d’une voix basse, ferme :
"Je serai en forme demain matin à l'aube. Ne vous inquiétez pas pour moi."
Barbak grogne quelque chose qui veut dire « on se bouge le cul et on ramène la salade ». Lucian incline la tête en silence, le commanditaire acquiesce. La jeune femme quitte la taverne : la nuit étire ses doigts sur la ville, lanternes hésitantes, brume fine montant des pavés. Elle marche sans hâte, capuche relevée, attentive au monde.
Dans une boutique modeste de tissus et d’étoffes, l’odeur de cire et de lavande l’accueille. Un satin violet foncé attire sa attention : souple, léger, profond, comme une nuit où les étoiles commencent à percer. Elle effleure le tissu ; la promesse d’une autre peau la touche. Ce sera la première robe qu’elle s’achète — pas par vanité, mais par mémoire et espoir.
La vendeuse, femme aux mains d’ouvrière, la regarde avec une curiosité respectueuse. L'hybride choisit une robe longue, cintrée sous la poitrine ample en dessous, tombant jusqu’aux chevilles, épaules et dos nus, au décolleté mesuré. Le violet change selon l’angle, tantôt encre, tantôt ciel étoilé. Elle imagine le jour des retrouvailles et sourit pour elle seule.
La commandante paie avec des pièces gardées pour imprévus, enroule la bourse autour du poignet comme une promesse, presse la robe contre sa joue et y glisse un petit parchemin : une note d’encouragement, intime, à elle-même. Puis, plutôt que de l’essayer maintenant, elle la replie soigneusement et la range dans sa besace — précieuse et protégée, à portée de main pour le jour voulu mais hors de la vue.
Le retour à la chambre louée se fait dans la quiétude : une pièce modeste mais soignée, lit, coiffeuse, fenêtre sur les toits. De sa besace, la sang mêlé ressort la veste d’uniforme tekhan — la veste d’Anakha, relique d’un passé partagé. Elle la touche du bout des doigts ; l’étoffe garde des effluves de campement : sueur, sang, fumée lointaine. Un sourire triste traverse son visage.
Deirdre enfile la veste ; ferme les yeux tout en se lovant dedans, se rappelant la carrure d’Anakha, la chaleur d’un dos familier, ses bras. Rouvrant les yeux, la combattante se place devant la glace, elle ramasse ses longs cheveux en un chignon lâche, quelques mèches tombant pour encadrer le visage. Elle reprend le parchemin glissé dans la robe, y inscrit d’une main tremblante : « Pour Anakha — si nos routes se recroisent », et glisse le mot dans une poche intérieure de la veste, comme une promesse secrète.
Elle vérifie son sac : gourde, herbes, une ration achetée auprès de la tavernière, et des bandages. La robe reste dans la besace, soigneusement pliée — un avenir rangé, prêt à être sorti au moment voulu. Deirdre souffle, pose la main sur la veste, et murmure, pour elle seule :
"Demain matin, je serai prête."
Elle éteint la lanterne, ferme la porte sur la chambre et rejoint le monde endormi. La nuit est un prélude ; pour elle, c’est la veille d’un départ où espoir et mémoire se tiennent côte à côte.
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Quelque verre avait suffit pour que Lucian commence à cerner ses nouveaux compagnons de route, enfin ça mais aussi et surtout le franc parler du moufflon qui était d'une grande aide dans son interprétation. Deirdre a tout l'air d'être en proie à des tourments qui lui viennent de son passé, des choses qui lui son propre la trouble et donne la sensation de lui faire perdre confiance en elle si bien qu'elle en vient à dévoiler des informations la concernant et sur les risques de sa participation. Pour tout avouer, ce n'est pas qu'il ne croit pas en ce qu'elle dit, mais, Lucian voit tout cela comme une mise en garde mais aussi et surtout comme une mauvaise passe, un moment d'égarement, de faiblesse. Il ne connaît pas la jeune femme et est clairement le dernier à pouvoir dire qui elle est, ce qui la représente, alors il ne peut nier être soulagé lorsque Barbak prend la parole avec cette franchise barbare et rugueuse qui n'est pas sans faire se redresser les poils du pauvre commanditaire qui finissait de prendre congé.
- Démon n'est qu'un formulation en ce qui me concerne, je pense que c'est à toi de me dire si je représente à tes yeux, un de ces être qui s'oppose à ton existence. Comme il le dit si bien, il ne faut pas se prendre la tête, il nous suffit d'aller trouver cette plante et « éclater » les obstacles. Vous avez combattu ensemble,, il n'y a pas de raison pour que tu lui sois soudainement un fardeau.
Ce furent là les quelques paroles d'encouragement qu'il avait fini par prononcer, comme pour la rassurer et leur faire comprendre par la même occasion qu'il était sur la même longueur d'onde qu'eux. Tout ceci est nouveau pour lui, il ne saurait dire si ce genre de mise en question est habituelle avant chaque départ en mission tout comme il comprend cependant la nécessité d'une pareille réunion stratégique pour mettre en évidence les points forts et faible de chacun bien qu'ils auront le temps du trajet pour en apprendre toujours un peu plus sur les personnalités et habitudes de leurs compagnons de fortunes. Il comprit que leur départ aura lieu demain matin et qu'il n'est pas utile de perdre plus de temps à attendre quiconque à cette quête, si dernier membre il y a, il saura les rejoindre en court de route s'il le faut, après tout il existe plusieurs manière de se communiquer des informations, alors laisser une note quelque part au concernant ne doit pas être bien compliquer. Le bouche à oreille, c'est ainsi que ça fonctionne au sein des aventuriers d’après ses renseignements, et il en va de même durant ses accords commerciaux.
Songeant qu'il est préférable de ne pas s'attarder plus qu'il n'en faut, particulièrement quand il capta le départ de la seule femme du groupe et vit son camarade se servir une énième chope, promesse d'une nuit mouvementée de quelque manière ce soit, il comprit qu'il valait mieux pour lui de s'éclipser discrètement avant d'être pris entre deux feu et ne pouvoir assumer la longue route qui les attends, faute de préparation et d'habitude. Si les aventuriers chevronné sont habité a passer la nuit à boire et faire la fête pour partir le lendemain avec la fraîcheur dans l'âme, en ce qui le concerne, une bonne nuit de sommeil serait plus rentable et bénéfique pour sa contribution au groupe. L'idée d'accompagner le mouflon dans sa tournée pour poursuivre son intégration lui a bien traversé l'esprit, mais il n'a pas l'intention d'être traîner sur les pavés de la route à l'aube. Ainsi donc Lucian s'en était allé pour regagner une chambre de l'auberge du coin, la fenêtre donnant sur la taverne, un choix prit avec attention de sorte à être attentif et s'assurer de son réveil pour pouvoir compter présent lorsque sonnera le départ. Au lever du soleil il se tiendra aux portes de la ville aux côtés de leur commanditaire encapuchonné, ce dernier ce questionnant sur l'état de la tête brûlée, comptant certainement sur Deirdre pour lui servir d’interprète, à défaut de ne pouvoir communiquer et raisonner lui-même Barbak.
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Les mots du demons firent naitre un sourire sur le visage de Barbak. Il adressa à Lucian une tape amicale dans le dos en éclatant d'un rire franc.
Ahhahaha! Merci mon grand! Toi je t'aime bien du coup! Tu cause bien! Pis je vais te dire, mon paternel à beau être un dieu, il n'as rien contre les démons! Par contre, j'aime pas les sacs à merde! Mais vu comment tu cause bien j'ai pas l'impression que t'en soit un. Bon Bibiche deconne un peu en disant de la merde mais à mon avis elle à besoin de baiser un coup! Faudrait lui trouver un mec ou une gonzesse! Du coup tu veux picoler avec moi?
Lucian aura bien fait de renoncer à la proposition, car le lendemain matin, après avoir vider deux tonneaux d'eau de vie à la cerise griotte, vous retrouverez le mouflon tout nu dans la porcherie avec son kilt sur la tête. Ce dernier dans son ivresse avait fait grillé et mangé un cochon en plus d'avoir joué de la cornemuse jusqu'a pas d'heure.
Entre l'aubergiste et le commanditaire de la mission, difficile de dire qui était le plus furax. Barbak pour calmer l'aubergiste fit apparaitre l'équivalent de deux porc en saucisson et autre viande porcine séché ainsi que 4 tonneaux d'eau de vie à la cerise. Ce qui lui redonna le sourire rapidement, ce qui n'était pas le cas du chef de l'expédition.
Barbak ne se géna pas pour l'inviter à "péter un coup" et "sortir l'usine à balais qu'il avait dans le cul". Outré il le menaça de sucrer sa paye ce qu'il lui valut un "Qu'est ce que j'en ait à foutre de ton or? Je fait ça pour aider des gens que j'aime bien! En plus l'or est un péché dans ma religion. Le convoiter c'est mal!"
Bref le renard et Barbak s'entendaient comme chat et chien. Barbak n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi maniéré et protocolaire. Il faut dire que dans cette région les terra doivent éviter les faux pas, surtout quand ils ont un poste un petit peu important.
Hélas, trois fois hélas, le bazar que Barbak à crée, attira l'attention de personnes peu avenantes du genre à jeter des pierres sur les terra et comme Barbak ressemblait à un terra et qu'il était le plus petit, il se la prit sur le front mais c'était tellement faible qu'elle rebondit sur sa tête.
Comme il avait la gueule de bois et venait de se prendre un savon, forcement, il n'était pas de bonne humeur. Il se dirigea vers celui qui avait lancé la pierre pour le saisir par la cheville pour faire un Hulk/Loki spécial à l'un pendant que l'autre terrifié prit la fuite.
Cela eut pour effet de calmer les appréhensions du renard qui même s'il n'approuve en rien les méthode, le comportement et le manque de savoir vivre du mouflon, est bien obliger de reconnaitre sa force.
C'était le moment du grand départ. Enfin ils allaient pouvoir partir à l'aventure. Barbak avait cependant un doute qui lui occupait l'esprit.
Hem! Du coup on fait quoi pour l'autre qui s'est pas pointé? On laisse un message à la taverne ou un truc du genre?
En même temps c'était pas bien important. Il prit une grande inspiration pour emplir ses poumons du bon air frais matinal. Ce qui aidait grandement avec le tambour qui martelais dans sa tête. Il capta alors une odeur d'épice qui lui donna faim. C'est pas comme s'il avait mangé un porc entier la nuit dernière mais du coup il fit apparaitre une crepe fourrée à la creme de marron dans sa main avant de la dévorer.
Romnomnom! Mnom! Bon du coup par ou est qu'on va? J'ai pas fait attention de ou qu'est qu'on devait aller? c'est tout droit dans quelle direction.
Provoquant un long soupir d'exaspération et de résignation de tout espoir possible et imaginable chez ce pauvre "Kan" qui était complètement désarmé face au monument de stupidité brute qu'étais Barbak.
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L’aube effleure à peine les toits ; un pâle fil de lumière glisse entre les volets. Deirdre se lève sans bruit, plie la veste tekhane d’Anakha et la robe achetée la veille, gestes mesurés, presque cérémoniels, et les glisse dans sa besace. L’eau du bac claque froide contre sa peau ; elle frotte visage, nuque et avant-bras d’un passage rapide, juste assez pour chasser la torpeur. Pas de douceur, seulement la nécessité.
Dans l’arrière-cour, la rosée crisse sous ses bottes. La mercenaire dépose cape et besace au sol, tire ses deux wakizashis. Les lames captent la lumière du matin, fines lueurs qui semblent hésiter. Elle commence sa danse, non pour tuer, mais pour se retrouver. Les pas s’enchaînent : pivot, esquive, impulsion. Mais quelque chose retient sa cadence. Là où autrefois elle aurait laissé courir la lame jusqu’au point de rupture, elle freine maintenant le geste, arrête la course d’un coup avant que l’acier ne prenne sa pleine force. Sa main s’immobilise à mi-trajet ; l’air vibre encore sous la lame, et ses doigts tremblent d’y avoir renoncé.
Ce refus n’est pas seulement prudence. C’est une précaution muette envers un secret gardé derrière la cage de ses côtes. Plutôt que la brutalité, elle choisit la grâce contenue : ses attaques sont des dessins, ses parades des caresses. Un saut qu’elle aurait déployé se termine en léger bond retenu, une entaille esquissée n’atteint jamais le bois de l’aire d’entraînement. Elle s’exerce à la frontière du contrôle, à l’endroit précis où la maîtrise devient protection.
La sueur brode sa tempe quand elle s’arrête enfin. Elle rassemble ses cheveux en un chignon désordonné, remet cape et besace, ceint les wakizashis contre ses hanches. À l’orée de la cour, une silhouette fuit — panique brève, puis calme : l’affaire se dissipe. Elle expire, soulagée que tout se soit éteint sans effusion.
Lucian revient, démarche posée. Deirdre s’avance, la voix tendue mais claire, comme un fil qu’on tire doucement.
"Je te dois des excuses pour hier soir…
L'ange-fée laisse flotter un instant ses mots, pèse le silence.
"Pour moi, tout être porte le pire et le meilleur. Ce que j’appelle « démoniaque », ce n’est ni un nom ni un visage… c’est le sang. Et ma malédiction fonctionne comme ça : plus ce sang est puissant, plus le pouvoir qui naît en moi devient… dévastateur. C’est une arme autant qu’un fardeau. Comme je l'ai expliqué hier."
Ses yeux cherchent les siens ; dans leur clarté il y a la fatigue et la résolution. Elle relève le menton, affine sa voix.
"Je vais laisser une note à l’aubergiste pour notre compagnon en retard."
L'hybride glisse à l’intérieur, ses doigts écrivent vite et lisiblement. Les mots sont directs : lieu du départ, heure, et une invitation à les rejoindre sur la route. Dehors, elle réapparaît, une banane à la main ; elle en croque un bout, machinalement, comme pour remettre du terre-à-terre entre ses pensées et la route. Cape sur les épaules, besace au flanc, wakizashis prêtés à l’immobilité qu’elle s’impose, elle s’avance vers Barbak et Lucian.
Lorsque le groupe prend enfin la route, Deirdre choisit de marcher légèrement en avant, aux côtés du terranide-renard. Ses yeux s’attardent sur son port altier, ses gestes mesurés, l’éclat particulier de sa silhouette qui mêle l’humain et l’animal. Sa voix se fait plus posée, curieuse, presque douce. Elle l’interroge, pas à pas, sur la nature qui est la sienne : comment il la vit, ce que cela implique pour lui, quelles forces et quelles faiblesses cela dresse sur son chemin. Ses questions sont précises mais respectueuses, non pour juger, mais pour comprendre, pour apprivoiser l’inconnu, et peut-être aussi pour mieux cerner celui qui désormais marche à ses côtés.
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Dans un monde en proie à de multiples dangers, les embûches de trajet étaient légion. Tandis que le reste de la petite compagnie avait pu se reposer et faire connaissance, Guillot, parti répondre à une demande personnelle dans une affaire encore mystérieuse, avait dû faire face à l’attaque de bandits contre un convoi de paysans ayant trop traîné sur le chemin. Ceux-ci amenaient un peu de cheptel et leurs récoltes en surplus en ville pour les y vendre, mais ils avaient certainement sous-estimé les distances, ou brisé un essieu sur le chemin, et ils avaient été pris à parti par des bandits sur un axe de la route qui n’était pas patrouillé passé une certaine heure.
Le paladin n’avait écouté que ses principes, et il avait mis pied à terre pour se porter au combat dès qu’il avait fait irruption dans la scène chaotique au détour du chemin. Les paysans, bien bâtis, se défendaient bien, avec des fourches, fléaux, haches et autres surins emportés pour ce genre d’occasions. Mais les bandits étaient des roublards de métier, pour certains confirmés, et dotés, pour la plupart, d’armes dignes de ce nom. Ils gagnaient l’engagement, jusqu’à l’arrivée du chevalier.
Avec celui-ci du côté des paysans, le combat avait vite tourné en leur défaveur et ils n’avaient pas insisté, se repliant en ramassant un blessé et en en laissant un autre derrière eux, déjà à moitié mort, frappé dans le flanc d’un coup d’estoc. Le convoi s’était réorganisé précipitamment et s’était résolu à attendre pour la nuit, rassemblant les blessés et disposant les chariots en un rectangle défensif. Guillot avait aidé à soigner les blessés et avait dormi parmi eux, et, pendant la nuit, ses pouvoirs de purification latents avaient évité toute infection et nettoyé les plaies. Les paysans étaient sidérés, mais heureux. Sans savoir que le paladin était à l’origine de leur bonne fortune au-delà de leur victoire improbable, ils le remercièrent de quelques pièces et avaient repris leur chemin tandis que Guillot reprenait le sien.
En arrivant à l’auberge, ce matin-là, il réalisa vite que la compagnie était déjà partie. Il n’y avait pas de bande atypique dans les environs, comme pouvaient l’être les aventuriers. D’ailleurs, le propriétaire lui fit vite signe pour lui demander qui il était et lui tendre un papier. Le Cocagnard avait pris le papier, l’avait lu silencieusement, et l’avait replié en soupirant.
« Reste-t-il du déjeuner de ce matin ?»
« Du gruau à l’œuf, messire. Rien de bien noble. Oh ! Il reste du lard, aussi !»
« Ce sera parfait, voyons. Je ne repartirai pas le ventre vide. Je les rattraperai sûrement ce soir.»
Ainsi, Guillot s’installa afin de se sustenter un peu, aux frais des paysans sauvés, avant de se relancer sur la route et de rattraper sa compagnie supposée.
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L'aube se lève et déjà dans la ruelle la circulation y est abondante, il suffit d'ouvrir la fenêtre pour y apercevoir une multitude d'individus en mouvement, certains en train de préparer l'ouverture de leur échoppe tandis que d'autres vogues à leur promenade matinale, il n'y a pas à dire, ce genre d'atmosphère est assez plaisant à éprouver. Une nouvelle journée commence mais également une nouvelle aventure, ce qui est d'autant plus vrai quand on sait que c'est aujourd'hui que Lucian va devoir partir en quête. Un soupir d'aise mais également de stresse le prend soudain alors qu'il commence à examiner l'état de son anatomie, bien heureux de se rendre compte que la nuit n'a pas était source de métamorphose, sûrement sera-t-il tranquille durant toute l'expédition, c'est tout du moins ce qu'il aime à croire. Il termina alors son inspection avant de passer ses mains dans sa crinière pour la discipliner à l'aide d'un ruban qu'il vient nouer autour de ceux-ci, libérant ainsi sa nuque mais plus particulièrement sa vue.
Il s'était levé tôt pour pouvoir se rendre rapidement aux portes du village, espérant ne faire attendre personne, portant un regard observateur et curieux sur l'ensemble des maisonnettes et petits commerces, comme s'il était à la recherche de quelque chose. À croire que son instinct ne lui avait pas fait défaut, que son pressentiment n'était pas injustifié puisqu'il pu voir au loin les frasques des déboires de Barbak. Son franc parlé et sa fraîcheur de vivre l'avait mis sur la bonne piste quand à sa personnalité et la manière dont il mène ses soirées, nul doute, un bout en train qui n'a de cesse de laisser la trace de son passage. Un léger sourire étira ses lèvres, bien amusé de découvrir une méthode original de marquer les esprits, on peut dire qu'il sait s'incruster dans le crâne de ceux qu'il croise et ce n'est pas seulement dû à ses coups de tête dévastateur. Il ne doute pas qu'il retient certainement ses coups au risque de briser la cage crânienne des petits importuns.
Si le démon se préoccupait des provisions pour le voyage, il se rendit bien vite compte que ce n'était pas le cas de son camarade qui fit apparaître sous ses yeux une crêpe entre ses mains, ce qui laissa Lucian perplexe avec une moue presque boudeuse mais qui ne laisse toutefois rien paraître, conscient pour le coup qu'ils n'ont pas à craindre la famine. Il ne connaît pas encore suffisamment la mouflon, mais le peu qu'il a pu voir le convainc que même si l'humeur n'y est pas, même sans être dans ses bonnes grâces, il ne laisserait pas ses camarades mourir de faim en cas de nécessité. Son sourire revint alors soudain a cette pensé ainsi qu'un soupçon d'amusement quant à la détresse dont fait preuve le pauvre commanditaire. Heureusement pour ce dernier, Deirdre relève le niveau en se montrant plus appliqué, plus curieuse sur la mission ainsi que sur sa personne, laissant ainsi au Terranide la sensation d'être enfin entendu. Il est vrai que Lucian a encore tendance à rester en retrait, se contentant de suivre la troupe en prêtant l'oreille pour récolter les informations qui lui manque pour mieux interagir avec eux.
Basculant la tête sur le côté, il se questionna sur les paroles de Deirdre vis à vis de son sang de démon, se demandant si ce dernier est « puissant », s'il aura une influence ou pas sur ses capacités, son contrôle. Chaque individus a sa conception et ses croyances, que se soit par rapport à la pureté d'une lignée par exemple, au tradition qui se transmette, aux pouvoirs dit héréditaire. Tout ce qu'il peut affirmer c'est que son clan possède des capacités qui lui est propre, qu'il est lui-même âgé de plus d'un millier d'année et qu'il descend d'une longue ligné de démon, sans aucun croisement avec une autre espèces. S'il est puissant, se sera à elle de le lui signifier, mais peut -être serait-il bon de ne pas en venir là. Quoiqu'il en soit il l'avait écouté et simplement remercié d'un mouvement de tête silencieux accompagné toutefois d'un sourire pour la rassurer avant qu'ils ne prennent la route.
- Si notre dernier camarade trouve la note, je suppose qu'on devrait faire quelques halte de sorte à ce qu'il puisse nous rattraper ?
Proposa-t-il en les inspectant un à un, constatant qu'ils ne sont pas particulièrement lourdement chargé et qu'ils avancent de ce fait à un rythme modéré. Peut-être que ce n'est pas le cas de leur dernier compagnon , qu'il ne progresse pas au même rythme. Il vint se rapprocher du Commanditaire en lui accordant un regard plus perçant qu'il ne l'avait fait jusque là dans le but de le questionner.
- Notre destination empreinte-t-elle des chemins fréquentés ou y a -t-il des détours plus escarpés ? Je demande dans le cas ou une carte est nécessaire. Nous nous vous avons avec nous, mais ce n'est pas le cas du dernier membre du groupe.
Fait-il alors remarquer de son air perplexe.
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Contrairement à Barbak, le renard qu'il surnomme "Kan" car il à oublié son nom entier et quelqu'un de méthodique. Ce dernier à non seulement laissé une carte dans un coffre scellé, mais il à aussi laissé des instructions claire. Diriger le mouflon s'avéra être une tache difficile. Ce dernier ayant une force et une résistance hors norme, il était évident qu'il allait ouvrir la marche.
Le problème étant qu'il n'était pas assez intelligent pour comprendre les points cardinaux forçant le renard à s'abaisser à son niveau qui consistait en : tout droit avec une direction. Par exemple tout droit en direction du rocher avec la mousse. Ce qui rend la navigation plus compliqué. Mais lorsqu'il y avait une route cela devenait quand même plus simple. Sauf que durant le trajet, il faisait soif et le pauvre alchimiste devait regarder impuissant Barbak faire apparaitre des choppes de biere pour se désaltérer. Bien entendu, il proposa de l'alcool à ses camarades. Le partage de la boustifaille et de la boisson étant une valeur très importante de sa religion.
Il fallu également faire une pause pour qu'il prie. Ce qui créa une dispute vu que chez lui prier consiste à prendre un casse dalle et ensuite jouer de la cornemuse au point de faire fuir les animaux et "attirer tout les bandits du pays!" selon le renard qui eut le malheur de mal parler de la musique du mouflon.
Le pauvre reçu une floppée d'insultes si créative et imagée dont son égo ne se remettra jamais. Ce n'était pas les insultes en elles même qui lui ont fait mal mais le fait que le mouflon était mille fois plus lettré et créatif que lui dans ce domaine précis. Sans compter qu'il dut aussi vomir un peu car traduit en langage commun l'une d'entre elles signifiait "Pourlécheur d'anus de porc diarrhétique". Il retint la leçon de ne plus jamais dire du mal de la cornemuse d'un nain.
Après s'être calmé, il tenta toutefois d'être sympa et offrit un jus de fruit au renard pour se nettoyer la bouche. Barbak n'était pas quelqu'un avec des manières, il à grandit avec des mineurs qui jurent, boivent, parle de cul tout en mangeant des frittes et en essuyant le gras et le sel d'un revers de manche. Il connait deux trois trucs qu'il à appris dans ces voyages mais il trouve ça chiant. Mais même s'il ne dit pas pardon, par ses actions il montre qu'il fait des efforts. Certes le renard à mal parlé et chez les nains quand tu parle mal c'est que t'as envie de faire une baston ou une baston d'insulte.
Les deux venaient d'univers très différent. Kan avait grandit dans la peur et la discrimination la ou Barbak à grandit dans le respect et la fraternité. Barbak bossait dans les mines sans soucis ni responsabilité la ou "Kan" doit endurer l'angoisse du faux pas en permanence et des responsabilité écrasante. Ce que le mouflon n'aimait pas est qu'il était autoritaire. Mais quelquepart, comme il voyait le mouflon faire des efforts pour respecter son bien être mental en essayant d'être plus silencieux, il fit de même en se montrant patient et plus pédagogue.
Finalement, ils arrivèrent au premier point de campement. Ce n'était que le début du voyage et il y avait encore un peu des chemins et des traces de civilisations ça et la. Comme ils avaient des provisions, pas la peine d'invoquer de la bouffe. Il le fait sur la route pour avoir un casse dalle justement pour pas avoir à tout déballer. Mais comme quand on campe on peu tout déballer du coup c'est tranquille pour lui. Invoquer de la bouffe draine sa magie ce qui peu être fatiguant à la longue. Théoriquement, il est capable de subsister indéfiniment mais la nourriture normale est plus viable car s'il invoque trop de bouffe, il risque de ne plus pouvoir invoquer ses armes. C'est pour cela qu'il se trimballe souvent avec de la vraie bouffe afin de pas trop taper dans ses réserves magiques même si un casse dalle de temps en temps ça pèse pas bien lourd.
Barbak une fois posé, se sentit un peu déconcerté. Deidre tournait pas rond, Lucian était un peu distant et le renard s'entendait avec lui comme chien et chat. Il esseya d'écouter la suite du plan qui consistait à traverser des endroits pour se rendre à un temple???? Il arbora un air confus et perplexe à la fois et ne put s'empêcher de demander:
Un temple? Pourquoi on devrait aller dans un temple pour chercher une salade?
Le renard expliqua que l'endroit contenait un artefact : une serpe d'or druidique dont le pouvoir guide son détenteur vers l'herbe qu'il cherche aussi rare soit elle. Compte tenu d'a quel point l'herbe en question est rarissime et vu la progression de la maladie, il juge que c'est le moyen le plus rapide et efficace.
Barbak approuva en hochant de la tête.
Hum! T'as un balais dans le cul mais t'est vachement intelligent quand même! J'y aurais pas pensé.
Même s'il ne s'aimait pas l'un et l'autre reconnaissait la force de l'un et le talent de l'autre. Au moins il y avait une forme de respect entre les deux. C'est alors qu'une voix retentit. Une voix qui n'appartenait pas au groupe:
Ah vous voila enfin messire! Que vous est il arrivé pour avoir ainsi manqué notre départ? J'espère que vous ne vous offusquerez point de notre départ au vu du mal galopant qui fait des ravages dans les terres le temps nous est hélas compté.
s'exclama le renard ravi.
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Le groupe avance prudemment, suivant les chemins encore humides de la rosée matinale. Deirdre hoche la tête en réponse à Lucian :
"Faire quelques haltes est une bonne idée." assure-t-elle, sa voix claire mais mesurée.
Lorsque Lucian s’approche pour discuter avec le commanditaire, la mercenaire se décale naturellement sur le côté, non par gêne mais par respect, et se place en retrait derrière le groupe, protégeant ainsi les arrières. Le commanditaire, d’un ton posé, rassure Lucian :
— Ne t’inquiète pas, en plus de la note de l’ange-fée, j’ai laissé à la taverne le chemin pour que notre dernier compagnon rejoigne l’aventure. Il y aura des chemins fréquentés et des détours escarpés, mais j’ai confiance en vous tous. Vous arriverez à destination.
Le trajet se déroule ainsi, ponctué de quelques pauses nécessaires et de brèves discussions, jusqu’au premier point de campement. Les mâles s’installent au sol, tendant leurs provisions et vérifiant l’équipement. L'hybride, elle, ne touche pas au sol car elle sait qu'il ne faut pas se baser que sur une possible attaque venant de la terre. Il ne faut pas oublier les cieux. Alors elle s’avance vers un majestueux cèdre bleu, grimpe avec l’agilité d’une créature née pour la hauteur, et se perche sur une branche solide.
Du haut de son poste, ses yeux scrutent la forêt alentour. Chaque bruissement de feuille, chaque craquement de branche, chaque souffle de vent devient un signal. Son ouïe et son odorat, affinés par ses entraînements, captent tout.
Puis un mouvement, plus subtil que les précédents, attire son attention. Quelque chose d’anormal se glisse dans la clairière, se rapprochant lentement du campement. La sang-mêlé fronce les sourcils, l’air se charge d’une tension qu’elle ne ressentait pas depuis longtemps. La forme qui se dessine entre les troncs est massive, presque irréelle : un colosse végétal, haut de près de deux mètres trente, ses membres formés d’écorce et de lianes, et une fleur d’un rouge sombre éclatant en guise de tête, semblant observer, réfléchir avant de frapper. Les pétales frémissent, répandant un parfum presque enivrant. La menace derrière est évidente : chaque muscle végétal est prêt à se contracter pour écraser, trancher, annihiler.
"ALERTE !" hurle Deirdre, sa voix déchirant le calme du midi.
Elle retire sa cape en un mouvement fluide, la replie d’une main experte, pose sa besace, sort ses ailes et les déploie d’un battement puissant. L’air vibre autour d’elle alors qu’elle s’élance, fendant les branches, la gravité presque oubliée, ses yeux rivés sur la provenance de la bête plutôt que sur la bête elle-même. Son cri se mêle au vent, un signal d’attaque autant que d’avertissement, annonçant que Deirdre la Terreur des Plaines est prête à frapper avant même que l’ennemi ait pleinement conscience de sa présence.
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Monstre à affronter
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Après un repas rapide, mais bien consistant et conséquent, le paladin cocagnard s’était remis en chemin, endossant son sac de voyage et contenant un rôt profond en remerciant le tenancier avant de retourner sur la route.
Le grand gaillard était peut-être un noble, mais c’était un brave. Il n’avait peur ni de la marche, ni de l’inconnu, et il s’engagea sur le chemin désigné par le patron avec enthousiasme, ses longues jambes lui prêtant de longues foulées et lui faisant rattraper et dépasser quantité d’autres voyageurs sortis à cette heure.
Autant dire qu’au moment où le groupe s’était arrêté, lui qui avait pris son temps pour ne pas risquer de le distancer, il avait déjà comblé l’essentiel de la distance les séparant, et il n’était plus si loin que cela.
Pourtant, ce n’est pas lui qu’entendit et salua Kan lorsqu’il crut l’accueillir à son tour, et le monstre végétal se présentant devant lui mit la pagaille dans le groupe, le renard se figeant avant de sauter de panique dans tous les sens pendant que le reste de la troupe se préparait au combat. Deirdre porta la pointe de l’attaque pour épargner leur commanditaire et donner à ses compagnons le temps de s’apprêter proprement.
De son point éloigné, Guillot entendit les débuts de l’affrontement et il frissonna. Son sourire quitta son visage tandis qu’il cessait la mélodie fredonnée pour passer le temps. Tendant l’oreille, il détermina la direction du combat et estima que ce n’était plus très loin sur son chemin.
Il ignorait qu’il s’agissait du groupe qu’il était censé rejoindre. Tout ce qu’il savait était que quelqu’un affrontait quelque chose de gros, et son sens du devoir lui interdisait de détourner le regard.
« Morbleu ! Quel vacarme ! Ça doit vraiment chauffer ! »
Sans une hésitation, il empoigna les sangles de son sac et accéléra, trottant sur le chemin rapidement pour rejoindre le combat. Plusieurs individus semblaient communiquer et affronter un monstre encore inconnu. Lorsqu’il commença à voir les silhouettes s’engager dans une clairière, le blond se délesta de son sac et tira l’épée au clair, piquant un sprint et faisant irruption dans la clairière en grognant.
« Mon arme et ma foi ! »
Il cria l’obscur motto cocagnard en fondant sur le colosse végétal et planta son épée familiale dans le flanc de la créature, qui se figea, et faisant une entrée fracassante.
« Ah ! Vous voilà, » pépia le renard, angoissé.
Mais le grandiose de son irruption ne dura pas. Le colosse se remit en action et lança un revers de la main au paladin, qui protégea sa tête de ses bras et fut projeté au bord de la clairière, d’où il venait. Il atterrit lourdement et toussota, mais son armure, humble en apparence, mais d’excellente facture, n’avait pas bougé et l’avait protégé.
« Diantre ! Quelle force ! Hmmm évidemment qu’il n’est pas fait comme nous… »
Téméraire, l’humain se redressa comme si de rien n’était et, poings armés comme un boxeur, se rapprocha du combat pour récupérer son arme sur l’ennemi et reprendre les hostilités.
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S'il avait eu des inquiétudes en ce qui concerne la personne qu'ils ont laissé derrière eux, ces dernières se dissipèrent en partie suite aux réponses reçu, ne lui laissant d'autre choix que de croire en les capacités du membre manquant. Le Démon n'a eu le loisir, en dehors de la guerre, de quitter longuement son foyer et c'est donc avec une forme de surprise qu'il intercepter les dernières informations sur la durée de leur voyage qui de toute évidence, sera l'affaire de plus d'un ou deux jours. Une semaine, si ce n'est plus serait une estimation plus juste qui toutefois ne l'effraie pas plus que ça. D'accord, il sort de son quotidien, il n'est pas du tout habitué à ce genre d'aventure, d'autant plus qu'il s'attendait seulement à devoir dénicher des herbes en un lieu difficile d’accès de par son terrain que par sa fréquentation. La nouvelle de devoir faire un détour pour récupérer un artefact dédié à la récolte le surprend tout autant que l'intrigue et l'intéresse. En tant que collectionneur d'objet magique en tout genre, il est tout naturel qu'il se prend d’intérêt pour cette Serpe d'or aux propriétés mystique, conscient cela dit qu'au termes de cette mission, qu'il lui sera difficile voir impossible de négocier son acquisition, cela ne serait pas très pieux que de vouloir s'en accaparer compte tenu des actes bienfaiteurs auxquelles elle est destinée.
À peine eut-ils eu le temps de se poser pour ne pas trop progresser mais également se reposer qu'il put voir du coin de l'oeil s'éloigner Deirdre en tant que combattante et éclaireuse aguerrie. Entre soupir de soulagement, écoulement de boisson et grignotage, le vent souffle et transporte avec lui le chant de la flore et de sa faune. Il suffit de prêter l'oreille pour reconnaître le bruissement des branches et des feuilles qui se rencontrer, qui s'agitent, que se moue sous l'influence du vent, mais pas seulement. Plus loin, plus en retrait, là où les oiseaux sifflent, une envolée plus sourde se laisse percevoir et un simple mouvement de la tête permet de voir s’échapper à grande vitesse d'arbre en arbre les écureuils et autres petits animaux qui en cet instant ne sont rien d'autres que des proies.
Si cette agitation à elle seule est un indice suffisamment révélateur sur le danger qui s'approche, la voix criante et alertante de Deirdre fini pour étouffer tout soupçons. La flore craque et se fracasse alors qu'une silhouette imposante vient faire irruption à quelque pas du rassemblement en maigre comité.
Kan, le Commanditaire s'était naturellement éloignée pour se tenir à l'écart, démontrant qu'il n'est pas un combattant et donnant ainsi raison au pourquoi une escorte lui était nécessaire. Est-il pour autant la cible de cette créature ? Difficile de penser que ce soit une possibilité et plus raisonnable il est de croire en le fruit du hasard. Dans un bond en arrière le Démon s'était reculé pour porter sa main à l'une des perles qui ornent sa ceinture de sorte à faire scintiller cette dernière pour en extirper la poignée de son épaisse claymore. Cependant, il n'eut le temps de la brandir qu'une ombre inconnue sortie des fourrées venait de s'élancer, lame à la main, droit sur le monstre végétal qui eu tôt fait de riposter en l'envoyer valser. Voir ainsi projeter la masse impressionnante de ce qui de toute évidence appartient au dernier membre du groupe ne laisse pas de doute sur la force brute de la créature.
Ainsi donc commence réellement l'aventure ce dit-il alors qu'il voit en coin le combattant en armure se relever à la manière d'un boxeur, montrant là que sa résistance est loin d'avoir était ébranlée. Les présentation devant être remise à plus tard, Lucian posa un regard sur les alentours pour identifier les positions de chacun de ses compagnons avant de se mettre en condition. Une jambe tendue et mise en arrière, ses appuies bien encrées et les muscles contractés, il vint prendre une profonde inspiration avant de s'élancer à toute enjambée en direction de colosse, laissant la pointe de sa lame creuser la terre durant les premières foulées avant de s'en décoller pour venir frapper et fendre dans l'écorce où s'était logé l'épée de leur compagnon de manière à pouvoir la déraciner mais aussi et surtout la projeter dans la direction de ce dernier. Si son coup a atteint son objectif, il a bien conscience que ce ne sera pas suffisant pour en venir à bout, se demandant par ailleurs sur ce qu'ils doivent faire. Le découper en un tas de bois ? Le brûler ? Est-ce que ce type de créature possèdent un cœur ou quelque chose du genre ? Un tas de question pour analyser leur adversaire tandis qu'il bondit en arrière pour encaisser une attaque frontale qui rencontre le plat de son arme lui ayant servi de bouclier en cet instant.
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"Allons bon! Voila autre chose maintenant!" Pensa Barbak en voyant une salade allaitée aux stéroides et aux anabolisant surgir des bois pour les attaquer. Le point positif c'est que le Guizmo qui était en retard rapplique au bon moment. Il garde le nom dans sa tête, il appellera ce chevalier Guizmo ce sera plus simple pour lui qui à du mal à se souvenir des noms.
Voyant tout ces compagnons tirer leurs armes au clair, Barbak en tant que bon adepte du chaos avait une autre idée en tête. Il y avait du feu et il à quand même la capacité de générer de l'alcool quasiment à volonté. Il saisit donc une buche incandescente à main nue, en même temps il est né dans les profondeurs magmatique donc c'est pas vraiment un problème pour lui.
Tel un cracheur de feu comme on en voit dans tout les cirques qui se respectent, Barbak avait une bouteille d'alcool dans une main et une buche enflamée dans l'autre. Il stocka une belle rasade de liqueur dans ses joues pour ensuite expulsé le tout face à la flame vivace en direction du monstre. Barbak n'avait pas peur du feu, mais le monstre oui! Quoi de plus naturel pour une créature faite de matière végétale que d'avoir peur du feu.
C'était très efficace. Le monstre prit feu très rapidement et entra alors dans un mode complètement berserk. Un hurlement primal empli de douleur et de colère retentit. La chose malgré le fait qu'elle soit en feu à présent continua le combat au mépris de tout instinct de survie. Cela surprit Barbak qui se prit un revers magistral l'envoyant voler à travers un arbre qui se cassa en deux sous l'impact.
Cet irrespect de la part d'une simple salade lui fit tourner le sang. Il se releva et poussa un rugissement. Il venait de se prendre un revers de la part d'une putain de salade et ce type d'insulte n'allait pas passer. Malgré le fait que l'ennemi était en flamme, il se rua sur lui, profitant de sa petite taille pour passer sous les coups du monstre afin de le saisir pour le soulever au dessus de sa tête et lui enfoncer la tête dans le sol avec un piledriver magistral.
Ces compagnons purent ainsi avoir l'opportunité de finir la bête. Ce n'est que lorsque l'adrénaline du combat fut retombée que Barbak réalisa qu'il était nu. En effet, son kilt avait brulé pendant qu'il s'amusait à faire le lance flamme vivant. La buche enflammée était tombé sur son kilt quand il s'est reçu la fuchtre du monstre et il était tellement en rogne qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il avait fait le reste du combat à poil.
"Hoy! Shite! That bloody smooth fayced air thick fanny oaf lookin salad killed me kilt!"
S'écria le mouflon dans sa langue natale. Heureusement il avait encore deux trois vêtements pour cacher sa nudité et arrêta son choix sur un fundoshi qui laissait une belle vision sur son glutteus maximus bien rond et musclé. Le renard trouva encore à redire mais Barbak le fit vite taire avec une réplique bien envoyé.
"Si ça te dérange c'est simplement parce que mon cul t'excite et que t'as pas les couilles de l'admettre!"
Barbak n'avait pas une grande garde robe. Seulement quelques poncho, des kilts, des strings ou des fundoshis. Il était loin d'être une fashionista. Pour lui les vêtements doivent être légers et permettre de bouger sans contrainte. Il ne comprenait pas vraiment le concept qui faisait de la nudité quelquechose de honteux. Tout le monde nait nu de toute façon.
Le calme étant enfin revenu, ils allaient enfin pouvoir se reposer car l'expédition allait être longue. Cependant, il était curieux qu'une créature ignore quelquechose d'aussi primitif et essentiel que l'instinct de survie. Normalement le premier réflexe quand on est en feu et de se rouler à terre ou de foncer vers de l'eau. Bon en même temps il est pas très sur car le feu n'as aucun effet sur lui, seulement ses vêtements mais quand même... C'est vraiment pas normal cette histoire! Il y a vraiment quelquechose de pourrit au royaume du...... Il ne sait même pas dans quel royaume ils sont.... ou il à oublié. Quoi qu'il en soit, il y a une couille dans le potage et ça c'est sur.
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Le vent siffle contre ses ailes lorsque l'ange-fée plonge. Les branches fouettent l’air autour d’elle, l’écorce éclate sous la pression de son passage. En dessous, la clairière s’embrase déjà de chaos : Guillot charge, son épée dressée comme pour une prière, puis disparaît dans un choc monstrueux. Lucian s’élance, précis, méthodique, sa lame traçant un arc d’argent dans la lumière. Et Barbak… Barbak invoque le feu.
Deirdre fend les airs sans hésitation. Ses deux wakizashis glissent hors de son dos, dans un murmure d’acier, leurs lames miroitant entre les éclats orangés des flammes. Elle vise haut, vise juste, la tige principale, la base du cou floral. Un battement puissant, un sifflement sec, et elle frappe.
Le choc résonne jusque dans ses bras. L’écorce résiste, comme si la matière même refusait de céder.
Et soudain, quelque chose lui échappe.
Le vent meurt.
C’est comme si une main invisible refermait son emprise sur l’air. La gravité revient d’un coup, brutale. Les courants qui l’entouraient se dispersent, aspirés vers la chose. L'hybride bat des ailes, peine à stabiliser son vol. Une sensation de vide lui lacère la poitrine, la créature draine la magie, la force vitale, la connexion même à l’élément.
"…Elle pompe le vent…" souffle-t-elle entre ses dents, une colère glacée montant dans sa gorge.
Sous elle, les lianes se déchaînent. L’une frôle son mollet, une autre tente d’agripper Lucian. Elle bascule en arrière, pivote sur elle-même, et dans ce mouvement fluide, croise ses lames pour trancher net la vrille qui menaçait le démon. Des éclats de sève verte giclent sur son bras nu.
"Garde ton énergie, Lucian ! Il se nourrit de notre pouvoir !" crie-t-elle, sa voix portée par ce qu’il reste du vent.
Le feu de Barbak prend. Le colosse hurle, chaque pétale vibrant comme un cœur à vif. Pourtant, il avance toujours, titubant, aveugle de rage. Deirdre, haletante, replie ses ailes, fonce en piqué et se glisse dans l’ombre mouvante des flammes. Son regard se fixe sur la tige principale, à l’endroit précis où la sève pulse encore.
Un battement. Une respiration. Le monde ralentit. Ses muscles se tendent. L’air, même muet, semble attendre avec elle.
Elle frappe.
Charybde et Scylla, ses lames jumelles, se croisent dans une coupe nette, tranchant la tige d’un geste parfait. La fleur hurle plus qu’elle ne rugit, une note étranglée d’agonie végétale, avant de se cabrer. Barbak en profite, hurle à son tour, et l’écrase dans un fracas qui fait trembler la terre. Le feu dévore. Le silence retombe.
La sang mêlé retombe à son tour, pliant un genou en touchant le sol. Son souffle est court, sa peau légèrement pâle, la créature a bel et bien bu une part de son essence. Elle rengaine ses lames, tire sa dague angélique pour la planter dans le sol encore fumant. Une lumière douce s’en échappe, apaisant les courants magiques épars, chassant la corruption résiduelle.
"Ce n’était pas une bête." murmure-t-elle, son regard d’émeraude fixé sur la fleur noircie. "C’était une arme. Forgée pour éteindre ce qui vit de la magie."
Ses ailes se replient lentement, lourdes de fatigue. Elle tourne les yeux vers ses compagnons : Guillot, cabossé mais debout ; Lucian, l’œil toujours lucide ; Barbak, fumant, triomphant… et nu.
Un souffle lui échappe, entre amusement et lassitude.
"Belle efficacité !" dit-elle d’un ton calme, presque doux malgré la tension.
Puis, en penchant légèrement la tête :
"Barbak… couvre-toi. Le renard risque de confondre peur et fascination."
Elle essuie la sève sur sa lame, range la dague dans un mouvement fluide, puis s’écarte du brasier pour laisser le vent, le vrai, revenir à elle. Mais rien ne revient. Ou si peu.
L’air autour d’elle reste… étouffé. Comme si une part d’elle refusait de répondre.
Une angoisse glacée s’insinue dans sa poitrine. Ce n’est pas qu’une fatigue passagère, elle sent le vide. Ce vide précis, celui qui la relie à ce qu’elle protège. Un battement de cœur plus fort, une peur instinctive : et si le lien s’était rompu ?
Plus tard, lorsque le campement est réinstallé, la tension demeure dans ses épaules. Le feu crépite, éclairant faiblement les traits du commanditaire, impassible comme toujours.
Deirdre s’avance, droite malgré la lassitude, sa cape ramenée sur ses ailes repliées. Ses yeux brillent d’un éclat contenu.
"Dites-moi," souffle-t-elle d’une voix basse mais ferme. "Sommes-nous bien dans les Contrées du Chaos ?"
L’homme hoche lentement la tête, son regard à peine troublé par la fatigue du voyage.
— Oui. Les frontières de ces terres commencent ici, à cette clairière. Vous avez foulé leur seuil sans le savoir.
Un silence tendu suit. Deirdre baisse un instant les yeux, puis relève le visage, plus grave.
"Avant de venir nous chercher… vous n’auriez pas croisé un jeune homme ? Un peu plus grand que moi. Cheveux pâles. Yeux bleus."
Le commanditaire secoue doucement la tête.
— Non, ange-fée. Aucun voyageur ne m’a approché depuis des jours. Et encore moins avec une telle apparence.
Deirdre reste immobile, le regard fixé dans le vide. Ses doigts se resserrent imperceptiblement sur le tissu de sa cape.
"Je vois… Merci." murmure-t-elle, la voix voilée.
Le vent se lève de nouveau. Un souffle timide, fragile, caresse sa joue et s’enroule autour de ses ailes.
Elle ferme les yeux, laisse cette brise hésitante glisser sur sa peau.
Tu es là… pense-t-elle. Tu vis encore.
Une chaleur légère, presque imperceptible, renaît sous sa poitrine. Le lien. Faible, mais bien présent.
Elle inspire, lentement, profondément. Et pour la première fois depuis le combat, un sourire discret effleure ses lèvres.
Le vent la reconnaît à nouveau. Et avec lui, l’espoir revient.
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L’intervention du paladin n’avait pas avancé grand-chose, mais elle avait au moins donné quelques secondes de répit aux autres ; un répit mis à bon escient. Chacun se mit en action avec plus ou moins de succès, apprenant et entreprenant. Désarmé, Guillot se présenta quand même à l’engagement, distrayant le monstre, plongeant et esquivant les larges frappes avec une puissance et une agilité que seul un chevalier entraîné pouvaient déployer en armure de plates.
Finalement, un des membres de la troupe, un Terranide plus proche du véritable mouflon que de l’Humain, se débrouilla pour mettre le feu à la créature, qui vécut rapidement ses derniers instants. Le combat était dangereux, brutal, mais assez court pour épargner de véritables blessures aux compagnons, qui finirent par abattre le monstre.
Une fois la plante bodybuildée au sol et inerte, le Cocagnard sauta en poussant un cri victorieux, poings en l’air, et il s’avança précipitamment lorsqu’il vit la garde de l’épée familiale dépasser du corps à travers les flammes. Il hésita, souffla comme s’il allait l’éteindre comme une bougie d’anniversaire, et finit par plonger la main dans le brasier pour en tirer la lame.
Ce n’était pas de l’acier. La famille avait perdu les secrets de sa conception, mais ça n’en était pas. En dépit de la température et des flammes, le métal restait intact, et n’était même pas si chaud, Guillot faisant rapidement passer le manche d’une main à l’autre en poussant des vivats anxieux tandis qu’il éloignait l’arme du corps incandescent pour la laisser tomber dans l’herbe grasse et humide.
Tandis qu’il soufflait dans ses mains pour les refroidir, il prit finalement conscience des faits et gestes du reste du groupe. Les paroles de la guerrière ailée le firent réagir, et il se dressa en la fixant.
« Une arme… ?! »
Elle ne lui répondit pas, occupée à parler d’autre chose avec Kan, leur commanditaire terranide, le renard précédemment cité, et le blond posa un regard circonspect vers la créature avant d’entendre des mots lui révélant la raison de cette conclusion : évidemment, ils étaient dans les Contrées du Chaos, les landes mortelles, divisées et rongées par la guerre et les hordes monstrueuses se dressant entre Nexus et Ashnard !
Bien sûr, ici, du côté de Nexus, c’était plutôt une terre tranquille de royaumes plus ou moins indépendants et belliqueux parfois visitée par des monstres du genre. La transition jusqu’aux territoires scarifiés et démoniaques d’Ashnard était progressive et on pourrait vite oublier qu’on se trouvait maintenant en terre contestée, frappée par les magies dangereuses employées dans les grandes guerres entre les deux empires.
Guillot n’avait voyagé qu’à travers les terres nexusiennes jusque là, et sans doute dans des parties très tranquilles. Il allait devoir se faire à la sévérité des menaces d’ici. Il restait rassuré par sa capacité latente et inexpliquée, qui devrait aider à guérir ces terres sur son passage et les aiderait peut-être à éviter certains écueils de leur trajet dangereux.
Il vit le roux aux cheveux longs, celui qui avait exhibé une énorme claymore un instant plus tôt, et il s’interrogea sur sa nature. Il ne semblait pas très impressionnant, physiquement, mais il avait clairement de la puissance. Il avait cru entendre que la fille avait du sang angélique. Et lui ? Avec appréhension, il se permit quand même de le rejoindre tandis qu’ils rejoignaient le groupe se reconstituant.
« Ça va aller ? »
Son élan de sollicitude fut coupé court par Kan, qui le présenta à la troupe sans lui donner l’opportunité de le faire.
« Ah ! Madame, messieurs, voici Guillot de Belloy, un chevalier errant cocagnard doublé d’un aspirant paladin. Je l’ai contacté pour sa capacité à guérir les affections et éliminer les poisons autour de lui. Ça nous sera certainement utile. Et il commence à se faire une bonne réputation de bretteur ! »
Guillot se gratta la tête, visiblement embarrassé, en saluant le reste de la troupe.
« Oui, voilà, c’est moi… Bref… »
Il jeta un regard au mouflon, qui arrivait dans la tenue la plus curieuse et minimaliste qu’il ait vu dans des circonstances si publiques, et il passa de la surprise, à la confusion, à la désapprobation et à l’acceptation en une paire de secondes tandis qu’il digérait la curieuse attitude de cet individu. Comme il fixait Barbak, il s’adressa à lui en premier.
« Vous, vous avez des talents en pyromanie. Mais je ne sais rien de vous tous. »
Il tourna son regard de l’un à l’autre, croisant les leurs et les soutenant quelques secondes.
« J’aime savoir aux côtés de qui je me bats. »
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L'aspirant chevalier fit un compliment qui laissa Barbak perplexe.
Hoy me lad! Est ce que j'ai l'air d'un pyromane?
Il laissa planer un silence. La carcasse fumante ainsi que le bordel qu'il avait foutu tout autour de lui sans compter le fait que ses excentricité de cracheur de feu à faillit incendier la foret tout entière donnait une réponse évidente mais il secoua la tête tout en posant sa hache sur son épaule.
Je ne suis ni un pyromane ni un magicien! Je suis Barbak fils du dieu Barbeuk et du coeur de la montagne naine de Karagwyr. Moi non plus je ne sait rien de toi chevalier Guizmo, mais sache que je suis un fervent serviteur de l'hédonisme et de la sacro sainte patate de forain dans la bouche! Je suis un homme d'honneur qui n'as que faire des rondes jambes et des faux semblants, je méprise les masques et les hypocrites. Les civilités ne sont que balivernes, les mots ne sont que poussière dispersées au vent! Si tu veux me connaitre preux chevalier, ce ne sera pas à travers quelquechose d'aussi inconsistant que des mots! Si tu veux me connaitre, cela sera au travers des mes actes! Si tu veux savoir avec qui tu te bats, tu le saura dans le feu de la bataille. Ce n'est qu'a ce moment et à ce moment précis que toi et moi sauront si l'autre couvrira ses arrières.
Kan se racla la gorge et admit son ressentit
-Ahem! Même si Sieur Barbak manque clairement d'élégance et d'éducation...
-J'encule ton élégance dans l'oreille avec du paprika! rétorqua Barbak
-...Il reste néanmoins une personne fiable sur qui l'on peut compter Souffla t'il exaspéré en se massant l'arête du nez
-Moi aussi je t'adore mon grand!
Les nains ont la réputation d'avoir une loyauté aussi inébranlable que la pierre et le fait qu'il s'entend comme chien et chat... ou plutot comme mouflon et renard avec Kan montre qu'il n'est pas du genre à revenir sur sa parole même s'il à des différents avec une personne. Mais il parle sans détour, s'il est contrarié il balance des insultes, quand il est heureux il sourit à pleines dents. Chacun de ses sentiments et émotions sont facilement lisible sur son visage.
Chacune de ses expressions étaient si extrêmes qu'elles étaient facilement devinable. Quand il doute, cela se voit, tout comme quand il est méfiant. Il serait très certainement le pire joueur de poker de tout les temps. Il est quelqu'un d'entier. Stupide, imprudent, impulsif, grossier mais tous savait que sa loyauté et son bon coeur n'avait pas de limites.
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La sang-mêlé se redresse sans un bruit, secouant la poussière noire qui s’accroche encore à ses ailes. Elle observe Guillot un bref instant : la franchise brute dans ses yeux, la modestie crispée dans ses épaules. Tout en lui donne l’impression d’un homme qui avance même quand le sol tremble sous ses pieds, et qui ne triche jamais avec la droiture.
Elle s’avance alors, droite, le visage éclairé par la lueur mourante du brasier.
“Deirdre. Ancienne Commandante de la Guilde des Mercenaires d’Argent… et hybride ange-fée.”
La jeune femme incline légèrement la tête.
“Ravie de faire votre connaissance, Paladin Guillot de Belloy.”
Le ton est simple, mais solide ; une présentation sans ostentation, coupée au fil d’une lame nette.
Déjà, elle se détourne. Ses mains s’activent.
Elle ramasse des branches sèches, effleure quelques feuilles encore vertes. Kan en apporte d’autres, discret mais prompt. En quelques mouvements précis, un nouveau foyer naît, plus stable, plus sûr. Les flammes s’élèvent dans un crépitement doux, enfin capables de rivaliser avec l’obscurité des Contrées du Chaos.
Deirdre s’accroupit, sort les ustensiles qu’ils ont encore, prépare un bouillon dont la vapeur atténue peu à peu les relents brûlés de la créature abattue.
Lorsque chacun trouve place autour du feu, elle inspire, et sa voix se déploie, claire, douce, presque fragile : Un chant énochien.
Les syllabes célestes roulent comme des perles anciennes, lumineuses, irréelles :
“Zodramé… Tal’shiran véan, frères d’acier, cœurs liés, dans l’ombre comme dans la flamme…”
La mélodie flotte sans effort dans l’air qui se reconstruit après la tempête magique. Et tandis qu’elle chante, ses yeux glissent sur chacun :
Barbak, d’abord, insolent, excessif, mais authentique, presque incandescent de loyauté brute. Une entière confiance envers lui.
Guillot, jeune paladin encore neuf pour ce monde, mais animé d’une lumière sincère, presque têtue, qui pourrait devenir redoutable avec le temps.
Lucian, tendu comme une lame sortant du forgeage, précis, fermé, ciselé de danger parfaitement maîtrisé.
Kan, terranide fragile sous ses bravades, paraissant trop jeune sous le poids des responsabilités, trop précieux pour être sacrifié à une veille inutile.
Le chant s’éteint sur une note claire, courte, chuchotée. Deirdre rouvre les yeux, et ses deux wakizashis brillent contre ses hanches, lames nues, jamais gardées en fourreau. La dague angélique repose contre son flanc, tenue seulement par la pression de sa ceinture.
Elle fixe alors Guillot, dont le regard reste hanté par ce qu’ils ont affronté.
“Vous vouliez savoir qui nous sommes… mais permettez que je commence par ce que c’était.”
Elle désigne du menton les restes noircis que les braises font encore grésiller.
“Cette chose n’était pas un monstre ordinaire. C’était une aberration ancienne. Quelque chose ressemblant fort à ma terre d’origine.”
Un silence tombe, lourd. Même Barbak cesse de marmonner contre un caillou.
“Ce genre d’horreurs existait pendant les guerres sacrées. Quand on forgeait des armes vivantes pour détruire les paladins et les mages.”
Elle attrape un fragment calciné, le brise entre ses doigts. Les fibres internes luisent faiblement, comme si la sève cherchait encore à mordre.
“Elles respirent la magie. La goûtent. La reconnaissent. Et elles dévorent tout ce qui leur ressemble : la Lumière d’un paladin… l’Arcane d’un mage… et l’essence d’un être comme moi.”
Sa voix se fait plus basse, grave :
“Elles ne sont pas naturelles. Elles imitent le végétal, mais leurs fibres…”
Elle montre les veines internes.
“…sont tressées comme des nerfs fabriqués, mêlés à du sang.”
Elle laisse tomber le fragment, qui roule dans la terre.
“Voilà pourquoi elle s’est jetée sur vous trois. Voilà pourquoi mon vent a faibli. Et voilà pourquoi elle a brûlé si vite : ces choses n’existent pas pour durer. Elles existent pour tuer.”
Le silence qui suit n’est pas écrasant, il est réfléchi, presque initiatique.
Puis elle se tourne vers Kan.
“Kan. Avec tout le respect du monde… vous ne prendrez aucun tour de garde.”
Le guide sursaute, prêt à protester. Elle continue, posée mais impériale :
“Votre place est de nous mener à travers ces terres, pas de nous protéger de leurs ombres. Vous êtes nos yeux. Pas notre rempart. Et si vous vous épuisez, nous serons aveugles.”
La sang mêlé ponctue d’un regard, un vrai regard de commandante. Kan se tait, avalant sa réplique.
Deirdre se tourne vers les autres.
“Personne ne veille seul. Pas ici. Les Contrées du Chaos ont des oreilles. Croyez-moi, je me suis déjà battue en ces terres. Et quelque chose sait que nous sommes passés.”
Ses ailes frémissent involontairement, un souvenir nerveux du drain magique qui l’a traversée.
“Je prends le premier tour. Avec qui le souhaite.”
Elle observe tour à tour Lucian, Guillot… puis Barbak. Ce dernier croque dans une patate brûlante avec l’air de chercher la bagarre contre le tubercule lui-même.
Un souffle amusé glisse des lèvres de l’ange-fée.
“Mon mouflon adoré… si tu veilles avec quelqu’un, évites d’invoquer des flammes. Les arbres ne nous le pardonneraient pas deux fois.”
Elle saisit la louche, sert chacun avec un calme méthodique.
La vapeur du bouillon s’élève, ronde, apaisante, comme si elle voulait envelopper leurs nerfs encore en tension.
“Mangez. La nuit sera longue. Et elle écoutera tout ce que nous dirons.”
La jeune femme relève le menton, un éclat d’assurance dans le regard.
“Alors autant lui apprendre nos noms. Le nom de ceux qui vont réussir cette quête !”
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Sa présentation faite, Guillot n’eut pas longtemps à attendre avant que le moufflon ne lui réponde. Apparemment quelque peu froissé par son qualificatif de pyromane, qui n’avait rien d’insultant et n’était qu’une appréciation de ce qu’il avait vu de ses talents, celui-ci se mit en tête d’exposer de manière assez brute et fleurie son identité et ses arts, le paladin ne le corrigeant que d’un « Guillot » lorsqu’il se trompa sur son nom, avant de réaliser que cela ne changerait rien.
Kan tenta de faire arbitre, mais il fut bien vite décontenancé. Guillot lui sourit avant de se retourner vers Barbak, et il lui hocha la tête dignement.
« Mes excuses si je vous ai froissé, Barbak, fils de Barbeuk et Karagwyr. Si vos actes suivent vos paroles, je suis certain que nous saurons trouver l’un et l’autre un bon compagnon de route. »
Ce fut ensuite le tour de Deirdre, qui n’y alla pas par quatre chemins et tira au paladin un hochement de tête surpris. Ange et fée, voilà un mélange bien inattendu et certainement rare. Il avait entendu des histoires d’Anges tombant sur Terra pour quelque mission ou après quelque faute, mais il n’avait jamais vu quelqu’un qui soit ne serait-ce qu’en partie angélique. Il était, décidément, entouré d’illustres, lui, fils de baron cocagnard.
Puis, elle entreprit quelque récit, apparemment rituel, et Guillot garda le silence, l’observant d’un air sobre, baissant le regard en recueillement, mais le tournant quand même vers les autres comme pour leur demander si c’était chose commune. Elle passa de l’un à l’autre, et cette fois encore Kan en prit pour son grade. Le chevalier se sentit un peu désolé pour leur guide et commanditaire. Mais il fut attentif quand elle décrivit succinctement ce qu’ils venaient d’affronter. Une arme magique. Oui. On disait que les Terres du Chaos en étaient pleines, armes échappées et oubliées, ou conséquences collatérales de combats magiques intenses. Certains disaient aussi qu’Ashnard répandait volontairement ces hordes monstrueuses, mais personne ne pouvait être si mauvais. Si ?
Cette commandante, en tout cas, affectait toute la gravitas d’un officier d’expérience. Elle rangea Kan durement, mais honnêtement, sans cruauté, et, cette fois, Guillot ne fut pas désolé pour lui. Elle avait raison, et le Terranide le savait aussi, même s’il était contrarié.
Et puis, elle avait servi le repas. Un vrai repas de campagne, fait avec la prise du jour. En l’occurrence, une arme magique. Rien que ça ! Guillot en était tout excité. Il inspecta le bouillon avec un intérêt gourmand, mais releva la tête quand Deirdre sembla appeler quelqu’un à prendre le relais. Il regarda à droite et à gauche. On l’observait. Alors, il se racla la gorge et parla à la nuit.
« Guillot, enfant de Cocagne, et… euh… prêt à protéger tous ceux qui en auraient besoin ! »
Il n’était pas convaincu. Il avait même essayé de lever son poing en l’air, mais il se sentit bête. Il rabaissa la tête dans un autre raclement de gorge et croisa le regard de Lucian, qui n’avait pas encore parlé, et détourna le sien passivement.
« C’est Lucian Kalvenhaar. C’est un Démon. »
Son sang fit un tour, mais, si celui-ci était là, c’était sans doute parce qu’il était digne de confiance et pas si mauvais, n’est-ce pas ? Un peu perturbé, Guillot eut du mal à décrocher son regard de lui tandis qu’il entamait son dîner.
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Le combat n'a pas était sans causer des dégats sur la flore avec toutes ces flammes qui ont grandement aider à venir à bout de leur adversaire, une curieuse créature titanesque. S'il lui était venu l'idée d'enflammer son arme plus tôt mais s'était avisé de le faire, en ce qui concerne Barbak, ce dernier n'a semble-t-il pas pris la peine d'y réfléchir à deux fois. Acte volontaire et calculé ou bien simple coup de sang dû à l'envolée que lui avait fait prendre le monstre ? Quoiqu'il en soit, son tour de passe-passe lui avait fait perdre en tonicité et à force d'un travail équipe acharnée, l'ignoble à rendu son dernier soupir avant de finir poussière et cendre, laissant ainsi le calme reprendre sa place. Tous avaient leur propre manière de réagir et se ressourcer après une bataille, le nouveau venu lui s'était extasié de la victoire tandis que Deirdre semblait perplexe quand à la nature de la menace. Pour ce qui est du moufflon, et bien, disons qu'il était, comment dire, plus soucieux de ce qu'il était advenue de sa tenue que de celle qu'il aborde actuellement sans aucune forme de pudeur. Qu'il est bon d'être ainsi nonchalant et désinvolte, une ouverture d'esprit qui n'est pas sans faire sourire discrètement le démon en souvenir de la vieille époque.
Quand le preux chevalier vint à sa rencontre pour se tenir informé de son état d'esprit, il fut quelque peu étonné sans ne rien montrer, se questionnant cependant sur l'image qu'il doit donner en cet instant. Semblait-il inquiet ? Stressé ? Epuisé ? Pourtant ce combat ne représentait rien, pas même un échauffement, à côté des nombreuses batailles et guerre qu'il a déjà mené au cours de son millénaire, il ne sait comment le comparer. Cette prise de conscience lui fait dire qu'il est très certainement et tout simplement rouillé, que cela fait trop longtemps qu'il n'a pas combattu auprès d'autres aventurier, ayant toujours préférer combattre seul. Sa seule réponse fut un hochement de tête, peut être était ce trop distant et silencieux , peut être même cela pouvait sembler hautain de sa part et il espérait que ce ne fut pas perçu ainsi.
Prenant place autour du feu après avoir établi le campement, il fut quelque peu surprit de voir la seule femme du groupe s'exprimer au travers d'un chant, songeant qu'elle ait fait cela pour détendre l'atmosphère et qui sait, pour délier les langues de son confrère pour qu'une unité prenne forme entre eux. Si la mélodie l'avait intrigué, ce ne fut pas le cas quant à la présentation du bout en train qu'est Barbak qui ne se fit aucunement prié pour exprimer le fond de sa pensée sans la moindre prise de délicatesse, un charme auquel ils avaient fini par s'habituer. La prise de parole de Kan pour le présenter le força à relever la tête, plus encore lorsqu'il sentit le regard du dénommé Guillot, le seul humain véritable de la troupe.
- « Démon » n'est qu'une appellation parmi d'autres. On y associe souvent des créatures provenant des enfers, des abîmes, des terres sombres également. Je ne saurai vous dire précisément ce que je suis, ni ce qu'est un démon pour vous autres. Mon sang est rouge comme celui des humains, mais il est vrai qu'il est plus « puissant ». Enfin, pour la faire courte, comme l'a dit notre hôte, je m'appelle Lucian Kalvenhar, je viens d'un clan qui existe depuis plusieurs génération et il n'est pas impossible que j'ai moi-même, au cours de mon existence, rencontré certains de vos ancêtres. Dite vous que je fais bien plus jeune que mon âge.
Affirma-t-il d'un large sourire un peu moqueur. En effet, il ne doute pas être le plus âgé du groupe sans pour autant en être le plus expérimenté de par le fait qu'il a longtemps était éloigné du terrain. Preuve en est la décision de Deirdre ainsi que la mise en garde sur la menace environnante.
- Si vous le désirez, je peux monter la garde également. Ce petit combat m'a mis en éveil.
Informe-t-il en se redressant tout en réajustant ses vêtements, sa main se portant à sa ceinture comme pour signifier qu'il est prêt à dégainer la moindre arme qui pourrait en sortir bien qu'il soit doté d'autres capacités.
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Bwahahaha! T'inquiete Guizmo enfant de castagne! Il en faut beaucoup plus pour me froisser! Si je te lance pas de hache à la gueule c'est que je t'aime bien et que t'as pas fait de conneries par rapport à ma foi. Mais pas besoin de faire de manière avec moi! Je suis pas une duchesse ou une connerie de se genre! Les manières c'est comme un cure dent pour une poule! Tu perd des heures avec pour finalement te rendre compte que ça sert à rien.
Apres s'être fait admonester sur ses tendances à foutre le feu surtout en milieu forestier, Barbak du promettre de ne plus recommencer. Ils avaient des provisions donc pas besoin d'utiliser ses pouvoirs pour faire apparaitre de la bouffe, il réservera cela quand les réserves seront basses. D'après bibiche, les espèces de géraniums sous stéroïdes bouffaient la magie. Une bonne chose que les pouvoirs divins ne sont pas lié à la magie.
De toute manière les nains n'utilisent pas la magie car c'est selon leurs philosophie : "Un truc de tarlouze elfique". Même élevé par des nains, il n'avait pas de préjugés envers les elfes mais les expressions répétées tout au long de sa vie dans les mines sont restées et de toute manière il devait admettre que les elfes qu'il à rencontrés au cours de ses voyages n'étaient pas très virils.
Quoi qu'il en soit il fallait monter la garde et entre se coucher tard et se lever tôt, il n'y avait pas photo! Se coucher tard allait lui permettre de se mettre une choppe ou deux derrière le gosier, mais hélas pas plus de deux car il fallait être suffisamment sobre pour être alerte. Il avait déjà passé pas mal de temps avec Deirdre mais en savait assez peu sur les autres. Kan devait dormir et il n'est pas de bonne compagnie car trop maniéré et protocolaire donc il ne restait que Lucian et Guillot.
Il avait envie de mieux les connaitre mais ne sachant pas trop comment aborder le sujet, il fit ce qu'il faisait le mieux en mettant directement les pieds dans le plat sans le moindre détour.
Bon bah j'ai assez envie de prendre le premier tour histoire de me faire une petite mousse! Y a un d'entre vous qui veux s'en taper une avec moi? Après j'imagine que l'on va pas pouvoir faire la bringue et je vois mal comment on pourrait baiser et profiter de la vie dans cette situation un peu pourrave surtout que bibiche est trop classe pour ça et Kan trop coincé du cul, mais bon une ou deux bières pendant une longue garde avec un pote ça aide bien!
La honte ou la pudeur ainsi que les manières ou la délicatesse, rien de tout cela n'existait chez Barbak. Il disait et faisait simplement ce qui lui passait pas la tête sans filtres ni réserve. Il était beaucoup trop stupide pour penser à ce genre de chose et pensait paradoxalement qu'il fallait être stupide pour penser à ce genre de chose. Son mental se réduisait à des éléments simple : Manger, Boire, Baiser, Dormir, s'Amuser avec les potes et Mettre des patates dans la bouche des méchants. Dans un croisement avec deux seuls chemins possibles, gauche ou droite, il n'en avait rien à foutre et prenait tout droit.
Le chaos ne suit aucune règle sociale, aucune convention. Le chaos fait ce qu'il à envie de faire en dépit de tout cela et Barbak fils d'un dieu de bon chaos pur et dur avait bien l'intention d'être aussi libre de toutes ses chaines mentales que possible. Qu'importe la honte ou la conspuassions, Peut importe à quel point le monde peut s'offusquer car pour lui une vie enfermée dans des craquants de maniérisme ne valait tout simplement pas la peine d'être vécue.
Alors! Qui qui veux monter la garde et picoler un coup avec moi?
Demanda t'il avec un sourire aussi chaleureux que sincère.
-
Deirdre écoute, sans interrompre.
Les bravades de Barbak, la raideur honnête de Guillot, la voix posée de Lucian. Même la nuit semble suspendre son souffle, attentive à ce qu’on ose lui offrir.
Quand le silence revient, l’ange-fée laisse enfin paraître un sourire. Pas large. Pas éclatant. Juste une courbe douce, reconnaissante. Elle incline légèrement la tête, ailes frémissant dans un mouvement apaisé.
"Merci."
Un seul mot, mais il porte le poids d’une commandante qui sait ce que cela coûte, d’accepter la garde sans discuter. Les Contrées du Chaos sont à l’écoute. Elle le sent. Mais cette fois, quelque chose change. Les noms ont été donnés. Les volontés aussi.
Alors seulement, un sourire naît sur son visage.
Un sourire discret, presque fragile, comme une lumière qu’on n’allume pas pour éclairer, mais pour remercier. Elle incline la tête, ailes frémissant dans un froissement léger, instinctif.
"Merci… à vous tous."
Sa voix est basse, mais posée. Celle d’une femme qui a mené trop d’hommes pour ne pas reconnaître le poids d’un accord sincère.
La jeune femme se rapproche du feu, ajuste une branche d’un geste précis. Les flammes se redressent, projettent sur son visage des ombres mouvantes, dessinant les angles fatigués de ses traits.
"Nous sommes quatre capables de veiller. Alors nous partagerons la nuit. Deux tours. Deux veilleurs à chaque fois."
Elle relève les yeux vers eux, sans imposer, sans désigner. En douceur, tel une de ses plumes se déposant sur une eau sans ride.
"Vu personne n'a l'air d'avoir entendu ce que je disais tout à l'heure, finalement je prendrai le second tour. Avec celui qui restera."
Un bref silence, puis une nuance plus douce, presque ironique :
"À condition qu’un des deux premiers me réveille. Le Chaos est discret… mais il ne pardonne pas l’inattention."
La sang-mêlé se détourne alors, et le simple fait de marcher trahit ce qu’elle s’efforce de masquer. Le vent autour d’elle est plus calme qu’à l’accoutumée. Présent, mais contenu. Comme si l’air lui-même refusait de répondre pleinement à son appel.
La magie n’est pas encore revenue. Pas entièrement.
Deirdre récupère sa besace et s’éloigne du cercle du feu. Elle observe les arbres, trop silencieux, trop noueux, puis choisit le plus haut, le plus ancien. D’un bond souple, elle s’élève, grimpe sans bruit, trouve une fourche naturelle où s’installer.
Elle pourrait déployer ses ailes.
Elle ne le fait pas. Elle les réabsorbe.
À la place, elle ouvre sa besace et en sort la veste militaire tekhane.
Ses doigts s’attardent un instant sur le tissu sombre, sur les coutures familières. Elle la passe sur ses épaules, referme les pans contre elle. La chaleur est là. L’odeur aussi. Assez pour tromper l’absence. Assez pour faire croire, l’espace d’un souffle, qu’Anakha l’entoure de ses bras.
Un soupir lui échappe. Lent. Silencieux.
"Juste un moment…" murmure-t-elle, plus pour elle-même que pour la nuit.
Adossée à l’écorce, protégée par la hauteur plutôt que par la lumière, la demi ange ferme les yeux sans vraiment dormir. Son esprit reste à demi éveillé, accroché aux bruits du camp, aux variations du vent, à cette sensation persistante d’avoir été observée plus tôt.
En contrebas, le feu crépite.
Des silhouettes se déplacent.
La garde s’organise.
Et dans les branches, l’ancienne commandante repose. Brièvement. Prête à se lever au premier appel, même affaiblie, même vidée, parce que certaines veilles ne s’abandonnent jamais tout à fait.
-
Finalement, Lucian avait pris la parole, expliquant plus précisément sa nature à Guillot qui, n’en attendant pas tant, hocha la tête respectueusement et afficha un sourire poli. Mais ils furent vite court-circuités par la harangue féroce du mouflon, qui affirma une fois de plus son absence d’attachement aux bonnes manières en s’agitant encore dans son curieux sous-vêtement roulé. Son idée première était de boire une bière, et il comptait prendre le premier quart à cette fin. C’était très peu professionnel et très indiscipliné, mais le Cocagnard ne pouvait pas le lui reprocher. Cet individu exubérant était clairement doté de grands pouvoirs, et qui savait d’où il pouvait bien venir et quelle potence son sang pouvait porter ? Comme le disait Lucian, le sang portait un certain pouvoir. En Cocagne, comme ailleurs, la noblesse se faisait valoir par son « sang bleu » porteur de force, elle aussi.
Finalement, si Guillot s’attendait à voir l’ange annoncer faire équipe avec Barbak pour le premier tour de veille, comme elle avait annoncé le prendre, il fut surpris de l’entendre déclarer qu’elle prendrait le second sur un ton passif-agressif avant de sauter dans le plus grand arbre proche avec un avertissement sinistre. Le blond la regarda faire d’un air perplexe. Finalement, la douceur cache la brutalité. Main de fer dans un gant de velours. Qui disait cela, déjà, s’interrogea-t-il ?
Tandis que la fille s’isolait donc avec ses affaires, Guillot, lui, avisa donc ses deux autres compagnons. Deirdre avait-elle cherché à éviter de faire un tour de veille avec le mouflon chaotique ? Qui sait… Mais, en avisant Lucian, le paladin songea que celui d’eux deux dont le tempérament passerait le mieux avec celui de Barbak serait le sien. Ainsi, répondant au devoir et aux valeurs chevaleresques inculquées, le Cocagnard hocha la tête au roux flamboyant avant de se tourner vers le demi-Nain.
« Passez donc une chope, Barbak ! Nous passerons la moitié d’une nuit ensemble. »
Ce n’était pas forcément de gaieté de coeur, mais pas à cause du caractère du compagnon. Il avait dû cavaler pour les rattraper et il se sentait fourbu. Mais il n’était pas fatigué et, assis ou semi-allongé près du feu, il pourrait se détendre en restant alerte. La bière ferait passer les crampes, au pire des cas. Foi de Cocagnard, s’il ne pouvait lutter avec un Nain, Guillot pouvait bien tenir compagnie à son compagnon sans faillir !
Ainsi, après un sourire bienveillant à Lucian, il se releva pour rassembler ses affaires et préparer sa place pour la nuit.