Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Entre gage et promesse. [PV]

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Mélisandre Cairn

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Entre gage et promesse. [PV]

jeudi 20 mars 2014, 02:01:04

Nexus, manoir Belmont.

Litanie monocorde et mesurée, la bruine s'abattait en sanglots humides sur le dôme verdoyant du bois, molletonnée mais froide. Les cimes qui d'ordinaire tutoyaient les hauteurs congestionnées de nuages ployaient sous sa régularité implacable, inclinant indolemment leur tête couronnée des premiers frimas sur le sentier du retour et, sous le couvert suintant des frondaisons, une cavalière esseulée en arpentait les courbes tortueuses. Des paquets de boue s'arrachaient au sol en même temps que les sabots de son cheval avec une persévérance induite par une résignation silencieuse. Après plusieurs semaines d'absence, Mélisandre rentrait. Peut-être pas chez elle, mais c'était tout comme -bien que personne ne l'attendrait sur le seuil. Les détachements de gardes à la solde du Duc l'avaient pourtant laissée passer la frontière du domaine. 

En atteignant les écuries, sa moelle détrempée était en train de fantasmer sur les attraits d'un feu flambant dans l'âtre. Il lui fallu d'abord réchauffer ses doigts engourdis puis desseller, panser et nourrir sa monture. Le maître des lieux se féliciterait sans doute de retrouver l'étalon, superbe palefroi à la robe charbonneuse, cabochard mais au pied sûr et à l'œil vif. Aucune des autres stalles n'accueillaient de locataires. Laissées vacantes, elles la préparèrent à trouver le manoir vide. Elle n'était pas certaine d'être la bienvenue, aussi était-ce certainement mieux comme cela. Une caresse récompensa le dévouement de l'animal d'ores et déjà affairé à fourrager le foin, puis la jeune femme se retira.

Comme escompté, les murs ne renfermaient rien d'autre que le mobilier et un silence poignant, seulement interrompu par l'entêtant martellement du crachin contre les carreaux. L'austérité du salon et de sa cheminée saturée de cendres froides la dissuada d'allumer le moindre feu. Finalement, la faim qui lui tenaillait les entrailles la convainquit d'aller visiter les cuisines. Du pain, du fromage, des pêches. Le tout agrémenté d'un verre de lait tiède. De quoi faire taire les gargouillis à jeun de son estomac et réanimer son corps harassé, suffisamment pour trouver le courage d'aller prendre une douche. A l'exemple de la majorité des demeures qui appartenaient à l'aristocratie nexusienne, une plomberie de pointe équipait la résidence qui pouvait s'enorgueillir de disposer de l'eau courante, et même de l'eau chaude.

Avant même d'avoir atteint la salle d'eau du rez-de-chaussée, l'Indocile s'était dépouillée du moindre vêtement collant à sa peau granulée de chair de poule, éparpillant ses frusques sur le sol. Des rondeurs étrangères à sa gourmandise s'épanouissaient, sculptant la silhouette de son corps dénudé : ses seins ronds et lourds surplombaient le renflement harmonieux de son ventre, écrin d'une promesse fragile. En croisant son reflet dans le miroir mural, Mélisandre se figea, accaparée par le spectacle saisissant de sa future maternité. Troublée. Puis l'orage tonna, et son roulement tapageur l'aida à s'extirper du fil chaotique de ses pensées. L'eau brûlante glissa le long des courbes féminines, délassant les muscles las en les nimbant de vapeurs chaudes. Son écoulement dura, le temps de noyer la raison et les pensées vagabondes de la Marquise.

La pluie avait forci, dehors, et cinglait les vitres. La brunette s'appropria la chambre du Duc à l'étage, de loin la plus spacieuse et la plus confortable. Comme le tonnerre continuait à rugir, elle ouvrit en grand les fenêtres pour l'écouter déchirer le ciel, avant de s'allonger nue, puis de sombrer dans un sommeil sans rêves.

Lorsqu'elle s'éveilla, une flaque de lumière laiteuse inondait le parquet. Son humidité scintillait sous l'éclat blafard de la lune, ronde et pleine, féconde à son image. La nuit s'était installée, chassant les giboulées, instaurant une trêve silencieuse. L'immortelle mit peu de temps à comprendre que ce qui l'avait éveillée se trouvait encore dans la pièce, tapi dans quelques recoins sombres. Sa présence avait été trahie par les lattes grinçantes du plancher. Alerte désormais, la féline se redressa paisiblement sur un coude, auréolée de sa crinière en bataille. Arashi et Shad ne se risqueraient pas dans la chambre du maître en pleine nuit. Le larbin oriental semblait la fuir comme la peste, et le Lord Belmont quant-à lui n'était pas : elle ne percevait ni sa présence, ni son odeur, et il ne perdrait pas son temps à tergiverser dans le noir qui plus est.

" Dîtes-moi ce que vous voulez ", enjoignit-elle d'une voix égale, plus curieuse qu'inquiétée.

A vrai dire, les ombres placardées contre les murs ne faisaient pas partie de ce que craignait l'Indocile. Moins encore lorsqu'elles étaient muettes.
« Modifié: jeudi 20 mars 2014, 18:13:24 par Mélisandre Cairn »

Cato Sicarius

Humain(e)

Re : Entre gage et promesse. [PV]

Réponse 1 vendredi 21 mars 2014, 20:16:03

Il avait prit le soin de se bander la main tandis qu'il l'avait observé allongée là, à se reposer d'un sommeil presque virginal. Patiemment, tandis que le corps de l'Indocile se soulevait au rythme tranquille de sa respiration, le borgne avait ceint son poing gauche d'une bande de gaze tout en braquant son oeil unique sur celle qu'il convoitait. Attentif à ses moindres gestes, le mercenaire aurait été prêt à réagir si la jeune femme avait seulement tenté de le faire avant lui en essayant de le duper. Ses autres sens n'étaient pas en reste depuis qu'il était parvenu à s'introduire dans le manoir dans laquelle il avait vu l'esclave aller se réfugier. Folle qui ne prenait pas la peine de brouiller les pistes, qui avait même laissé ouverte la fenêtre par laquelle il avait pénétré ! L'orage avait couvert son avancée à travers le domaine et la pluie battante d'alors avait noyé les vestiges de ses possibles traces de pas, pour le rendre ainsi invisible. Patient, le prédateur à la peau humaine s'était dissimulé dans les taillis disposés sous la croisée laissée béante pour y attendre son heure.

Sa survie avait toujours dépendu de sa capacité à rester invisible, tapi dans les ombres et les reliefs de son environnement et Sicarius avait toujours mit un point d'honneur à entretenir cette capacité à se fondre là où il se rendait, gardant à l'esprit que la précipitation n'avait que d’intérêt pour ceux qui brûlaient leurs vies et leurs chances de réussir. Alors, le tekhan avait laissé les trombes orageuses le tremper jusqu'aux os avant qu'il ne se décide à passer à l'action. Passer la fenêtre en montant grâce aux aspérités du mur et à la vigueur du lierre grimpant avait été un jeu d'enfant et il l'avait refermée après son passage pour ne pas laisser une voie de retrait à sa cible, comme il avait ensuite verrouillé la pièce de l'intérieur. Sans bruit, en veillant à ne pas la réveiller malgré ses déplacements alourdis par la pluie qui pesait sur ses vêtements et ruisselait sur le parquet vernis. Son oeil unique l'avait observée sous toutes les coutures, goûtant la beauté de ses rondeurs et au charme de son visage. Oui, elle était belle. Moins que la prime qu'on promettait en Ashnard pour qu'elle s'y retrouve avec les fers aux pieds, toutefois.

Elle avait eu le malheur de croiser le seul mercenaire qui ne la chassait pas. Cato avait été sur sa route à l'instant T et le borgne l'avait reconnue grâce au portrait d'elle qu'on avait largement diffusé dans les cercles autorisés. Il l'avait suivie à bonne distance avant de pénétrer dans le manoir où elle avait trouvé refuge en ce soir d'orage. Rien de plus, rien de bien particulier. Parfois, cela suffisait à créer des légendes.

Sicarius savait déjà ce qu'il allait faire, comment il allait procéder. C'était pour cela qu'il l'avait laissée dormir, attendant qu'elle s'éveille d'elle-même. On la disait redoutable, pour une simple esclave. Certains superstitieux lui prêtaient des pouvoirs obscurs, rumeur stupide qui avait eu au moins le mérite d'augmenter la récompense qui couronnait sa tête brune. Le borgne voulait vérifier tout cela de lui-même, tout simplement. La surprendre dans son sommeil aurait faussé le jeu et rendu la victoire légèrement amère. Et puis, l'avis stipulait qu'un châtiment préalable à sa remise à qui de droit pouvait être dispensé. Pourquoi se priver ?
C'était à cela qu'il avait pensé en enroulant la bande sur sa main, contre ses phalanges et le corps de sa veuve à cinq filles. Puis il s'était déplacé pour se mettre en position -dans une légère alcôve architecturale sur la gauche du lit- tout en laissant cette fois le sol gémir sous son poids. Les sens de la brune avaient fait le reste tandis que l'homme avait tranquillement défait le haut de son pantalon pour en extraire sa verge.

- Dîtes-moi ce que vous voulez.

La réponse claqua durement contre sa pommette, ponctuée par la dureté des métacarpes de son poing fermé. Le borgne lui asséna un coup lourd sans préavis aucun, profitant du relatif angle mort dont il jouissait grâce à sa position par rapport à l'Indocile. Grâce à la gaze, elle ne gardera du choc sourd qu'une tuméfaction disgracieuse, cadet des soucis qui s'amorçaient alors qu'il profitait de sa surprise pour lui balancer le revers de la même main en pleine face afin que l'arrière de son crâne rencontre la tête de lit. Sans attendre ni même se fendre d'un mot ou d'un changement d'expression, Sicarius la saisit par la chevelure pour lui coller la figure contre les draps froissés. Non pas pour l'étouffer mais simplement pour qu'elle se retrouve sur le ventre, de façon à lui saisir un bras de sa main libre. La clé qu'il parvint à lui asséner pour avait été placée de façon à ce qu'un mouvement supplémentaire du borgne lui casse le bras comme du bois sec.
Voilà qui était une bonne façon de se présenter.

- Que tu te débattes ou que tu te soumettes ne changera rien à ton sort, entama t'il d'une voix monocorde. Tes mots, ton corps, tes dons, tes relations, tes menaces, tes caresses ou tes gesticulations ne changeront rien à ton sort.

Comme une sorte d'argumentation, l'homme poussa sur la clé de bras pour qu'elle soit plus douloureuse. Pour que Cairn sente ses tendons manquer de céder, qu'elle ait l'impression que ses os se retrouvaient à grincer sinistrement dans la chambre calme.

- Je vais te baiser. Ton plaisir ou ta peine me seront indifférents, ton ressenti me laissera froid. Ma mort ou ta fuite, voilà tes deux seules options.

Il se pencha à son oreille, tenant toujours sa tête pressée contre le lit. Alors qu'il aurait presque put se montrer mielleux, Cato ne changea pas le ton de sa diction d'un iota et se contenta de baisser légèrement le volume de sa voix.

- C'est une femme vivante qu'il faut ramener pour toucher la prime. Alors si je dois te blesser pour te ramener, j'irais jusqu'à transporter une femme tronc.

La froideur de son ton avait le sérieux redoutable d'un vent d'hiver glacé, un de ceux qui cisaillaient les chairs. D'un pas, Sicarius se déplaça de façon à se mettre derrière Mélisandre, son bassin à la virilité dénudée venant s'installer contre ses fesses. Sa queue bandée vient glisser contre l'entre-galbe de la désirable esclave, son gland chargé de sang fouillant à tâtons pour trouver la première ouverture qui se présenterait à lui. Le temps n'était pas à la discussion et le sexe ici se passerait d'entrée en matière.
"Pain is temporary,

Honor is forever."

Mélisandre Cairn

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Re : Entre gage et promesse. [PV]

Réponse 2 mercredi 26 mars 2014, 03:12:14

Un rapide coup d'œil l'informa qu'on avait pris soin de fermer les fenêtres. De même, l'entrebâillement de la porte ne laissait plus filtrer le moindre faisceau de lumière, son battant ayant été méticuleusement poussé. Ce qui amena la Marquise à penser que ce qui venait de pénétrer dans la chambre n'escomptait pas en sortir dans l'immédiat. Surgie d'un angle mort, la réplique de l'intrus la cueillit au visage. Brutalement. Rejetant la tête en arrière sous la violence de l'impact, l'Indocile jura. Un violent vertige supplanta l'éclair de souffrance, lequel crépita dans son esprit en un festival d'étincelles pourpres. Ses réflexes voulurent lui épargner un second assaut, mais, biaisés par son étourdissement, ils ne firent qu'happer l'air en vain et son crâne s'écrasa contre une surface dure, lui soutirant cette fois un son douloureux, ponctué par un choc sourd. Métallique, le goût du sang envahit sa bouche, amère rançon de son impuissance. Elle en souilla les draps, comme une poigne impitoyable la maintint sur le ventre, contre le contact faussement réconfortant du linge de maison.

Le temps de rassembler ses esprits et elle sentit l'effroyable pression exercée contre son bras cruellement remonté dans son dos. La force déployée ne pouvait décemment pas appartenir à un simple mortel -il n'aurait alors pas pu rivaliser. Bordel. Ce type était-il réellement capable de lui casser le bras, en dépit de sa condition inhumaine ? Sans doute lui aurait-il fallu forcer dans des proportions qui l'étaient toutes autant -inhumaines, pour venir à bout de l'articulation. Un instant, elle le crut prêt à en faire la démonstration, la faisant grincer des dents. Alors que la charnière de son épaule lui faisait connaître d'odieux tourments, l'étranger préféra finalement opter pour un moment de répit, prenant la parole. Et, en l'espèce, elle n'avait rien de mieux à faire que de l'écouter. En outre, elle restait très désireuse de connaître les motivations de son agresseur.
Cogner d'abord, causer ensuite, voilà qui avait de quoi le rendre particulièrement antipathique aux yeux de la démone. 

Son discours possédait les relents insipides d'une vieille rengaine. D'une devise apprise par cœur pour se conformer à un ordre établi, effaçant l'individu au profit de la masse. Il avait adopté le ton impersonnel et froid d'une machine dépourvue de conscience. Le récital d'un parfait petit mercenaire, en somme. Ou bien celui d'un homme brisé.

" Hmpf... "

Ravalant une plainte, Mélisandre fronça le museau. Plus que l'emprise qui se raffermit sur son bras, ce sont les mots, infâmes, qui la firent tressaillir. Je vais te baiser. Le dégoût s'associa à la douleur et au sentiment de frustration pour étreindre ses trippes. Tétanisée et rongée de fureur, elle reconnut la caresse d'une haleine tiède, près de son lobe. Prime. Vivante. La brunette écarquilla un instant les yeux, sous le coup de la révélation. Il s'agissait bel et bien d'un mercenaire. Et la seule raison qui pouvait motiver sa présence importune se trouvait à Ashnard. Oh, la belle n'avait pas oublié les évènements qui s'y étaient déroulés. Au sein de ces contrées maléfiques, elle se savait toujours considérée comme une fugitive. Une esclave. Ce terme, frusque à son oreille, l'emplit de répugnance et de mépris. Il lui faisait horreur. Au moins autant que le membre érectile qu'elle sentit s'immiscer entre la vallée de son fessier, qui la rappela à des préoccupations bien plus concrètes. La répulsion qu'il lui inspirait hérissa sa peau cuivrée de petits frissons rebutés. Elle avait renoncé à se débattre, au risque de voir sa queue glisser et s'introduire accidentellement en elle ou accroître la contrainte appliquée contre son bras.   

" Il y a une troisième option ", marmonna-t-elle, avisant alors la lampe à pétrole reposant sur son chevet.

Par chance ou bien peut-être par négligence, l'un de ses bras jouissait encore de sa liberté de mouvement. Il n'en fallut pas davantage à l'Indocile pour saisir l'opportunité. Sa main fusa pour briser le luminaire qui répandit son combustible, les éclaboussant tous deux. En un claquement de doigts, une flamme jaillit de sa paume et l'embrasa. Une langue de feu surgit aussitôt, vorace et déchaînée, dévorant le plancher et le lit. Le brasier les happa et Mélisandre profita de la retraite du stipendier pour se dégager et s'emparer de la garde du couteau lestant sa hanche. Se reculant à son tour, elle se campa près de l'incendie, manifestement insensible à la chaleur insoutenable dégagée par son crépitement fiévreux. Le feu s'appliquait à lécher le ventre rond de la future mère en la parant de reflets rougeoyants, presque sanglants. C'est en épongeant son nez poissé de sang que la jeune femme réalisa la nature de l'objet qu'elle tenait. Une arme Tekhane. Ce qu'elle avait pris pour une hampe s'avérait en fait être la crosse d'un flingue à énergie. A Nexus comme à Ashnard, se trimballer avec de la technologie Tekhane était considéré comme un crime. S'alignant sur cette logique, le continent matriarcal punissait sévèrement ses ressortissants en possession de ce genre d'arsenal -du moins, ceux qui se faisaient prendre. Cet homme était-il un exilé ? Fuyait-il quelque chose ? Si elle imaginait aisément les raisons pour lesquelles un homme Tekhan pouvait abandonner sa patrie, ça ne justifiait en aucune façon les manières de son hôte. Dans un reniflement sec, la diablesse étudia brièvement l'arme pour la charger, soutirant au Vanguard un bourdonnement certainement familier à son ancien possesseur. Cette fois, il n'y avait plus de recoins sombres pour s'y cacher. Rugissant et insatiable, le feu en avait épuré la pièce, acculant l'homme loin d'elle. En se propageant, il augmentait les chances de voir les gardes postés à la frontière du domaine débarquer.

" Je ne vais pas fuir ", lança-t-elle d'une voix suffisamment forte pour surpasser le grésillement des flammes.

Elle leva l'arme, lentement. Si elle avait déjà vu des revolvers Terriens, c'était la première fois qu'elle en tenait un Tekhan. A vrai dire, la belle aurait pu vider le chargeur sans avoir la certitude d'atteindre sa cible d'une manière létale ou non. Or, lui ne la louperait pas. A la faveur du clair obscur, elle considéra l'homme sans chercher à travestir le dédain de ses prunelles. Les balafres qu'elle devinait sabrer son visage en disaient plus long sur son parcours que tout le reste. Les reliquats disgracieux d'une existence de chien battu. Ceux de son espèce étaient les plus enclins à mordre. Qu'avaient-ils de plus à perdre, au fond ?

" Je ne vais pas vous tuer non plus ", concéda-t-elle plus doucement.

Elle appuya le canon contre sa propre tempe pour forcer son attention. Son alliage chauffait dans sa main. Là, elle était certaine de pas manquer son objectif. Vivante, hein ?

" Presser la gâchette semble bien plus attractif que d'endurer vos pulsions perverses. Vous auriez tort de me confondre avec une esclave ou une putain. Ou bien les deux. Comme je ne vais pas fuir et que vous n'allez pas mourir dans l'immédiat, il va falloir trouver un compromis ."

Elle temporisait. Et pendant ce temps, le brasier gagnait du terrain, rôdant près du mercenaire comme un charognard au pelage flamboyant. Elle le croyait. Ce chien fidèle à ses principes ne cesserait certainement jamais de la traquer si elle le laissait vivre. Et, de son côté, elle n'avait nullement l'intention d'être une proie fuyante. Une seule solution s'imposait.

" Il y a un étalon, aux écuries. Nous allons le prendre et chevaucher de concert jusqu'à la cité maudite. Je m'engagerais à vous escorter sans contraintes si vous me laissez porter le revolver jusqu'aux portes de la ville. Mais, avant cela, il va falloir que vous trouviez un moyen de me convaincre que vous n'envisagerez pas même l'idée de me toucher, que ce soit pour satisfaire vos lubies violentes ou votre libido. Sans ça, je ne bougerais pas d'ici. Libre à vous de partir avant que les gardes ne surviennent pour contenir l'incendie. Dans ce cas, soyez certain que la prochaine fois que vous viendrez, l'affaire sera bien moins simple à mener. Au contraire, si vous acceptez mes conditions, alors nous partirons sur-le-champ et nous profiterons du clair de lune pour avancer sous le couvert de la nuit. Avec une seule monture, nous atteindrons notre destination en un peu moins d'une semaine. Je connais la route. A vous de voir. "

Les ondoiements obsédants du feu semblaient souligner ce qu'il y avait de féroce et pernicieux chez Mélisandre. Altière et superbe dans sa nudité, elle darda l'ombre de son regard dans l'œil borgne de son interlocuteur, dans l'expectative d'une réponse, quelle qu'elle soit.
« Modifié: mercredi 26 mars 2014, 03:21:17 par Mélisandre Cairn »

Cato Sicarius

Humain(e)

Re : Entre gage et promesse. [PV]

Réponse 3 jeudi 27 mars 2014, 16:51:20

L'épaisseur du gland gorgé de sang s'aventurait déjà entre les monts du séant rebondi et charnel de l'Indocile, serpent vicieux cherchant le premier terrier à venir infiltrer. Cato ne visait rien de particulier, ni même un peu de plaisir. Lorsqu'il avait recours au viol, ce n'était pas tant pour l'acte sexuel que son côté avilissant et humiliant. Forcer une femme à geindre de terreur et de honte en enserrant le volume épais de sa queue par contrainte était pour le borgne une façon plus sûre d'attendre l'extase orgasmique que ne le serait probablement une union "simplement" consentie. Il passait sa frustration et sa colère sur la pauvre victime soumise à ses pulsions sordides et ne recherchait pas d'autre satisfaction que la destruction de la fierté et de l'honneur de sa proie. Le résultat de sa "performance" ne l'intéressait pas et qu'il soit un bon ou mauvais amant n'était même pas un point de considération qu'il abordait alors qu'il enfilait ses centimètres de chair dans une matrice non-consentante. Forcer, souiller, détruire. Rien d'autre.
La brune avait éveillé un certain désir chez lui, pourtant. La vision de son corps nu nimbé par la lumière tendre de la lune et des étoiles l'avait excité et lui avait martelé que si elle avait été tekhane, cette chienne lui aurait marché dessus comme toutes les autres. Alors Cato n'avait pas daigné lui laisser une chance de se défendre, la faisant expier pour le simple fait d'être une femme. A son oeil, c'était une justification des plus correctes.

Une troisième option ? Le calme de la voix qui avait évoqué cette possibilité avait stoppé la course de la tête phallique à l'instant même où celle-çi était venue buter contre l'oeillet secret de la brunette. Qu'envisageait-elle de faire ? Que POUVAIT elle faire ? Le mercenaire comprit une seconde trop tard qu'il avait fait une erreur en ne veillant pas à s'occuper du bras laissé en liberté, pensant que les coups de poing auraient suffisamment sonné la belle pour qu'il puisse la saillir sans qu'elle ne présente une réelle défense. Le pétrole de la lampe imbiba les draps et Sicarius se retira en un éclair, sa sagacité lui évitant de se retrouver en proie aux flammes qui avaient surgies sans source visible. Son bond lui avait collé le dos au premier mur venu en laissant tout le loisir à la femme de reprendre contenance... Après être parvenue à lui prendre son arme ! Le mercenaire s'en rendit compte quand il tenta lui-même de s'en saisir, ses doigts aux ongles sales et cassés se refermant sur le vide. Loin de se démonter, le tekhan continua son geste en levant sa jambe, venant dégainer la dague qu'il gardait toujours dissimulée dans sa botte. Un mouvement de poignet plus tard, la lame était tenue par la pointe pour être lancée vers une cible dont les courbes affolantes se découpaient dans les flammes dansantes.

- Je ne vais pas fuir. Je ne vais pas vous tuer non plus.

Cato ne répondit pas, préférant focaliser sa seule rétine sur le point vers lequel il envisageait de planter Mélisandre. Déjà, ses muscles se tendaient et ses nerfs se préparaient à transmettre l'ordre de lancer la dague vers la cible en s'assurant d'y mettre assez de force pour faire mouche ou tout au moins distraire l'attention de la fuyarde. T   ant pis pour les flammes qui dévoraient déjà le bas de sa cape de voyage, heureusement encore gorgée de l'eau pissée par l'orage qu'il avait essuyé un peu plus tôt. La chaleur serpentait sur sa peau balafrée, la rougissant toujours un peu plus à chaque seconde qui passait. La fumée lui piquait le nez et la gorge et serait bientôt assez épaisse pour lui boucher la vue. Quoi qu'il décide de faire, le borgne aurait à vite l'accomplir. A la seconde où son bras allait s'étendre pour faire en sorte que la dague traverse la pièce enflammée et le corps de la femelle, cette dernière fit preuve d'une audace que Cato n'avait encore jamais croisé. Dans un culot fantastique, Cairn s'était déclarée prête à se brûler seule la cervelle.

Un autre aurait peut-être fondu devant cet acte inattendu, presque chevaleresque. Lui se contenta de laisser un bruit de langue agacé sortir d'entre ses dents, jaugeant comme il le pouvait la sincérité de la menace. En temps normal, sûrement aurait-il jugé avec discernement et agit immédiatement en conséquence. Hélas, la chambrée tranformée en antichambre infernale commençait à le rôtir. La chaleur devenait de plus en plus lourde à supporter et le borgne avait comme la désagréable impression que ça et là, sa peau cloquait déjà. Le décompte du temps qu'il pouvait encore tenir dans la pièce avait commencé, s'égrainant à une vitesse folle.
Elle lui proposait de le... Suivre ? C'était là une bien curieuse déclaration, aussi inattendue que douteuse. Bien entendu, Cairn posait ses conditions. Lui laisser le flingue. Ne pas la toucher. Le borgne toussa, sa gorge agressée par la charge âcre qui se dégageait du mobilier enflammé. Son oeil le brûlait, la pointe de ses cheveux était à présent un souvenir. Et sa cape ne tarderait pas à être un linceul embrasé. Pourtant, du mieux qu'il le pouvait, l'homme garda de son éternel flegme quand il commença à répondre. Les dommages du feu pesaient, le faisaient de plus en plus souffrir. Pourtant, Sicarius refusait obstinément de le laisser paraître. Avec moins d'aisance qu'à l'accoutumée, il fallait bien le dire.

- Je ne chassais pas ta tête, je ne comptais pas sur la prime. Tu pourrais te faire sauter le crâne que ça me laisserait indifférent.

C'était vrai. Son chemin avait croisé le sien par hasard et comme il n'envisageait pas spécialement d'encaisser la monnaie, Cato considérait ne pas perdre grand'chose à la laisser se suicider pour lui échapper. A part le Vanguard, qui lui avait coûté une petite fortune et qu'il ne pourrait maintenant plus aller récupérer si le cadavre de Cairn venait à tomber dans les flammes... Dans lesquelles d'ailleurs elle semblait bien à l'aise. L'heure n'était toutefois pas aux spéculations.

- On va aller à Ashnard. Pour voir ce que t'as dans l'estomac et ce que tu me prépare sur la route. Parce que tu n'proposes pas ça pour la beauté du geste, hein, pétasse ? Je n'te toucherais pas tant que tu serais en mesure de m'en empêcher. Ne baisse jamais ta putain de garde, à aucun moment. Et garde en tête une chose. Il s'arrêta pour tousser. Peu importe ce qui se passera, si je dois crever tu m'accompagneras. Oooh oui, tu peux en être absolument certaine.

Il n'était plus possible pour lui de tenir dans cet enfer délimité par quelques mètres carrés. En guise de bonne foi, le mercenaire prit quand même le temps de ranger son couteau de là où il l'avait tiré, constatant qu'une cloque déformait déjà le dos de sa main. La tendant quand même à Cairn, il lui fit signe de suivre et se tourna vers la fenêtre dont il défonça la vitre à coups de poing avant de se propulser au travers, comptant sur sa résistance pour encaisser le choc contre la terre détrempée qui reposait sous les tailles où il avait campé. Rageur, le borgne l'était. Contraint de fuir la chambre ainsi, il laissait à sa proie une porte ouverte pour lui échapper.

Toutefois, le feu qui se propageait alerterait vite les gardes du domaine, si ce n'était pas déjà fait. Sicarius devait penser à une façon de prendre la fuite et envisageait déjà de voler l'étalon dont Cairn lui avait parlé un peu plus tôt. Sans trop compter sur la parole de l'esclave en fuite pour autant, le borgne s’accordât dix secondes à l'attendre sous la fenêtre. Passé ce délai, il jouerait la fille de l'air et se promettrait de se mettre en chasse si Mélisandre venait à lui filer aussi bêtement entre les doigts.

Pour de bon, cette fois. Et pas pour la prime, mais pour la chose à laquelle le Black Raven accordait le plus de valeur sur ce monde pourri : l'honneur. Le sien.
"Pain is temporary,

Honor is forever."


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