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Auteur Sujet: Vernissage [Prisca Luccicelli]  (Lu 2588 fois)
Elena Ivory
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« le: Janvier 24, 2015, 03:23:35 »

Il était assez inhabituel de voir tant de chariots et de calèches s’approcher de cette partie-ci des bas-fonds de Nexus. Sans être la partie la plus dangereuse et la plus inaccessible de Nexus, le quartier des Colombiers n’était pas le plus connu et le plus populaire. Jadis, ce quartier avait été un beau quartier, celui des artisans et des itinérants, un quartier où les peintres avaient pour habitude d’ouvrir leurs ateliers, et de louer ensuite des salles municipales pour y exposer leurs œuvres, ou, à défaut, les vendre dans les rues. Un quartier agréable, rafraîchi par la brise de la mer, avec la plage à proximité. Un quartier où il faisait bon vivre, et qui avait reçu de plein fouet la crise économique. L’art avait toujours été une rentabilité économique fluctuante, et, à l’époque où Nexus coulait encore des jours heureux, et où tout son argent ne partait pas dans les dépenses militaires, d’importantes subventions publiques étaient allouées aux artistes et aux peintres. On pouvait dire qu’ils vivaient des rentes d’un État-providence généreux, d’un État qui avait toujours voué une importance capitale à l’art et aux artistes. Un État qui avait cessé d’être généreux quand, suite à la mort de Liam et de Nöly Ivory, la crise économique avait éclaté, appauvrissant gravement la ville, transformant ces quartiers joyeux en zones paupéristes, rongées par la criminalité et par le désengagement de l’État, l’ensemble menant à une ghettoïsation progressive. Les Colombiers étaient encore relativement épargnés, et, dans les plans de réorganisation urbaine du Palais d’Ivoire, ce quartier était considéré comme une zone prioritaire.

« Nous y voilà, Elena...
 -  Prisca Luccicelli... Je n’ai jamais entendu parler de cette artiste...
 -  C’est sa première fois. »

Elena avait dans les mains un bref résumé du dossier de Luccicelli, qui avait été acceptée. Quand le Conseil de Régence avait été créé après la mort des parents d’Elena, la guerre menaçant, il avait été décidé de couper bon nombre de suibventions au profit de la guerre, de la construction des super-forts, et de la formation de l’armée. Quand Elena était revenue à Nexus, elle avait rapidement réussi à faire passer une ordonnance réhabilitant le droit aux subventions artistiques. On appelait familièrement cette ordonnance l’« ordonnance artistique », mais, contrairement au passé, les conditions d’attribution étaient plus difficiles.

Concrètement, l’ordonnance prévoyait la possibilité pour un artiste de bénéficier d’un logement social. Le loyer était payé par l’État, et l’ordonnance s’inscrivait dans le cadre du programme de rénovation urbaine de la ville. Un programme ambitieux visant à redynamiser les quartiers populaires de la ville, et qui comprenait plusieurs volets : un volet social avec des mesures favorisant l’emploi, par le biais d’allègements des charges sociales et des taxes pour les entreprises s’installant dans les quartiers sensibles, un volet urbain, avec la construction et la rénovation de logements délabrés... Et un volet artistique. C’est dans ce volet artistique que l’ordonnance artistique s’inscrivait. Elle offrait donc un loyer et la possibilité de pouvoir produire des vernissages, soit à son domicile, soit dans des salles de quartier, l’objectif étant de répandre la culture en offrant des vernissages à très bas prix, l’État prenant, là aussi, en charge les frais d’entretien et d’installation.

Pour en bénéficier, il fallait donc remplir plusieurs critères. Pour commencer, il ne fallait avoir aucune inscription au casier judiciaire, attester d’un projet sérieux, et manifester d’un certain intérêt pour Nexus, une sorte de patriotisme, qui, concrètement, se manifestait par une lettre de motivation. Le « projet sérieux » était le rajout supplémentaire de cette ordonnance par rapport aux anciennes méthodes. Il fallait que l’artiste montre qu’il était vraiment un artiste, ce qui, concrètement, consistait à venir, soit avec des croquis, soit avec des œuvres déjà faites. Éminemment subjectif et arbitraire, ce critère était souvent décrié. C’était le Conseil royal qui l’avait instauré, et Elena n’avait pu que se plier.

Fort heureusement, Prisca avait su le remplir, et un logement social lui avait été confié, une petite maison avec un grand salon, où elle pouvait organiser un vernissage. De fait, on lui avait confié l’un des plus vastes logements sociaux de la ville. Ce n’était pas une villa, mais une petite maisonnée, suffisamment grand pour organiser un salon de vernissage... Ce que la jeune femme avait fait. Elena avait entendu parler de ça, et avait décidé d’y aller. Nöly, sa mère, avait toujours été une fervente admiratrice des arts, et Elena avait hérité de cela. Elle voulait y aller, afin d’attirer plus de gens, et aussi pour rappeler au bas-peuple (expression dont Elena avait horreur, mais qui avait malgré tout le mérite de cibler une partie de la population) qu’elle était souveraine de tout Nexus.

C’est ainsi qu’Adamante et elle s’approchèrent du lieu du vernissage.
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Prisca Luccicelli
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« Répondre #1 le: Janvier 25, 2015, 01:38:06 »

Bienvenue Terra, avait-elle dit.

A nouveau, elle déambulait dans les rues. La différence entre les jungles de bétons et ce monde ci était flagrante. Mais au moins, il y avait certaines constances. Elle appréciait toujours autant marcher dans les rues au moment où les deux faces d'une même cité se rencontraient. Le soir. Les couleurs d'un ciel rosé illuminaient les pointes des bâtiments qui étendaient leur ombre sur les rues. Comparé à ce qu'elle connaissait, au monde dont elle avait l'habitude, cette ville semblait venir de trois, ou quatre siècles en arrière.

Mais même dans cette soirée venante, les gens semblaient se soucier beaucoup moins du paraître. Ici et là, la pauvreté était affichée sans aucune honte. Et l'esclavage, encore moins. Se rappelant les anciens temps où les esclaves étaient vendus sur le grand marché, amenés sur l'estrade principale pour amener le public, elle sourit doucement. Même si pour sa part, les quelques esclaves qu'elle avait achetés avaient été triés sur le volet, préférant les petites boutiques spécialisées aux jours de marché, elle avait apprécié ce genre d’attraction.

Mais quid des Arts et du Beau ? Là, c'était plus compliqué. Les quartiers de la grande cité de Nexus étaient clairement fragmentés, et les richesses, bien évidemment inégalement réparties. Cependant, ici et là, elle avait pu observer au détour d'une vente d'esclave une maisonnée qui sentait la peinture fraiche. Evidemment attirée, la grande Rousse aux yeux brillants -elle ne se cachait plus dans un tel monde- s'était dirigée vers celle-ci. Heureusement surprise par ce qu'elle y vit, même si le tout était à parfaire, selon elle, cet artiste avait du potentiel, et comptait bien s'exercer. C'est en parlant avec celui-ci, qu'elle apprit ce qu'il en était.

La situation de Nexus, sa reine qui, malgré une certaine impopularité du plus grand nombre, avait apparemment bonne côte auprès du jeune artiste avec lequel Prisca conversait.  Et plus il en parlait, plus la reine lui plaisait. La vie ne l'avait pas épargnée, et les problèmes s’étaient rapidement empilés devant elle. De l'expérience qu'elle avait du pouvoir, la vampire pu en déduire que cette reine était quelque peu muselée par son entourage. Mais le fait qu'elle ait tout de même réussi à faire passer cette ordonnance signifiait qu'au moins, il y avait une volonté. C'était cela qui était important. Et surtout, grâce à lui, elle savait comment approcher la Reine.

Entre les deux amateurs d'arts, la discussion s'éternisa longtemps. Ce n'est qu'au petit matin, et aux premiers vacillements de ce magnifique humain, qu'ils se séparèrent. Si elle n'avait pas eu en tête un plan un peu plus grand, Prisca était sûre qu'elle serait bien restée avec lui, pour le protéger. Un faible pour les innocents et les artistes qu'elle appréciait au plus haut point. Mais... Elle avait autre chose en tête. Lui achetant un tableau de la reine à un prix qu'elle estimait bon, elle commença à échafauder son plan.

Les misères administratives. Heureusement, le monde d'où elle venait en regorgeait. Pour chaque action, il fallait remplir une quantité toujours plus grande de papier. Pour chaque déplacement d'argent, il fallait pouvoir tout justifier, jusqu'au moindre centime. Alors ici, quelques lettres, apporter un projet, et montrer patte blanche... Ça n'avait guère été une chose compliquée. Ou même, plutôt simple. Artiste elle-même, elle avait appris auprès des Maîtres. Et tout s'était passé sans encombre.

C'est avec ce nouveau logement que tout allait commencer. Faisant quelques allers retours entre les mondes, elle prépara son vernissage, en réparant sa maison. Les murs intérieurs avaient été repeints en blanc, et des tableaux y avaient été accrochés. Parmi toutes les œuvres qu'elle possédait, le choix avait été assez cornélien : comment faire pour impressionner suffisamment la princesse pour l'intéresser.

Peut-être pour choquer, ou pour montrer un point de vue sur Nexus avec les différences entre les quartiers de la cité, elle plaça côte à côte représentation d'une dure réalité, et l'idéalisation que certains avaient fait du domaine des dieux. La rupture était franche et voulue. Finalement, les murs furent remplis. Satisfaite de ses choix, observant le résultat d'un œil critique, elle annonça au Palais que son vernissage était près, et que, bien sûr, toute personne intéressée était la bienvenue.

Et elle ouvrit sa maison au peuple, tôt le matin. Comme elle s'y attendait, cela n'eut guère de succès, au départ, peu de personnes rentraient, et les rares qui s'y aventuraient ne restaient que peu. Puis... vint son cher ami, l'artiste avec qui elle avait devisé avec temps de plaisir. Et en plus, il avait amené quelques-uns de ses amis. Ah, les humains. Elle les aimait définitivement. Adorables, sensés, parfois généreux, quand ils ne se laissaient pas avoir par leurs travers habituels. Et celui-ci en était un exemple parfait. Jouant les hôtes parfait, avec les siècles d'entrainements qu'elle avait, Prisca vint à leur rencontre, charmante, leur offrant quelques plats préparés, petits amuse-gueules.

Devisant avec les uns et les autres, les discours tendant tantôt vers l'art, les peintures dont les quelques humains vantaient la main du Maître, tantôt vers la réalité qu'ils montraient, avec la situation actuelle de Nexus, ils ne virent pas le temps passer. La maison s'était un peu plus remplie, le monde attirant le monde, mais surtout, deux personnes d'importance s'étaient présentées à la porte. S'excusant auprès de ses nouveaux amis, Prisca vint à la rencontre de la reine et de sa fidèle accompagnatrice. Souriante, accueillante, elle fit une brève révérence.

- Bienvenue, Reine Ivory, Dame de Mélisi, un honneur que de vous recevoir dans cette maison.

Dans la maison, les personnes présentes s'arrêtèrent un instant dans leur observation des toiles ou leurs discussions enflammées sur des techniques de peinture pour observer les deux arrivantes. Parfois, une certaine hostilité pouvait être ressentie, mais globalement, il s'agissait d'artistes qui avait réussis, ou non, à obtenir l'Ordonnance tant appréciée, et ils n'avaient aucun grief contre la reine de Nexus. Bien au contraire. La saluant eux aussi, ils retournèrent bien vite à leur occupation. Ce genre de lieu, après tout, n'était pas vraiment fait pour les représentations officielles, et ils avaient bien mieux à faire que de s'amuser à courber l'échine tout du long.
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Elena Ivory
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« Répondre #2 le: Janvier 28, 2015, 03:15:11 »

Pour assurer sa défense le temps du vernissage, car la vie de la Reine devait être protégée à tout moment, Ronald Langley, plutôt que de venir en personne, avait choisi d’envoyer l’une de ses élèves, le Capitaine Luria. Belle et forte, jeune et dynamique, Luria venait d’une bonne famille, et, outre être une redoutable épéiste, elle était aussi originaire d’une famille de nobles. De haut lignage, elle appréciait donc l’art, et c’était aussi ce qui avait amené Langley à choisir de l’envoyer, elle, plutôt qu’une autre personne. Avec elle, Elena se sentait effectivement en sécurité, et ce d’autant plus que Luria se faisait discrète. Quand Elena et Adamante entrèrent, Luria n’était pas avec elles, préférant plutôt s’entretenir avec les gardes présents. Même si l’entrée du vernissage était libre, une surveillance était indispensable, car des gens de haute lignée se mélangeaient à la plèbe. C’était, après tout, le but de ces vernissages artistiques à bas prix : grouper entre eux des personnes venant de couches sociales différentes, afin de les rapprocher autour de quelque chose qui, par définition, ne s’attachait pas aux origines sociales, l’art. La peinture avait pour elle qu’elle ne nécessitait aucun entraînement particulier. Si la littérature était réservée à ceux qui savaient lire, en matière de peinture, tout fonctionnait sur la vision et le ressentir. On pouvait parler des techniques de peinture, de la complexité qu’il y avait à faire une toile, mais, en faisant cela, selon Elena, on passait à côté de l’essentiel de la toile, du cœur d’une œuvre artistique, à savoir la toile elle-même... Que voulait-elle dire ? La question n’était même pas là. Une toile réussie ne voulait rien dire. Elle devait être interprétée, soit en fonction de la volonté de l’artiste, de ce que ce dernier avait voulu y signifier, soit en fonction de ce qu’on pensait y voir, la force de la peinture résidant en ce que chaque personne pouvait avoir une interprétation différente, et qu’aucune interprétation n’était différente d’une autre. Elena refusait ce snobisme consistant à voir dans les beaux-arts un simple art d’affichage, ce snobisme qui consistait à s’intéresser à la technique plutôt qu’au fond.

Alors qu’elles venaient d’entrer dans le salon principal, déjà bien rempli, un léger silence s’instaura. Elle était la Reine, après tout, et ce fut Prisca qui s’avança rapidement vers les deux femmes, Adamante restant juste un peu derrière la Reine.

« Bienvenue, Reine Ivory, Dame de Mélisi, un honneur que de vous recevoir dans cette maison. »

Prisca Luccicelli était une femme à la beauté magnifique, et Elena lui sourit rapidement, hochant la tête.

« Et je vous remercie, Madame Luccicelli... Mais tout l’honneur est pour moi. Accueillir une nouvelle artiste, quelqu’un qui ajoutera un peu de poésie et de beauté dans la morosité de nos quotidiens... N’est-ce pas là l’un des rôles d’un artiste, après tout ? »

Avant de transmettre un message, l’art ne servait-il pas à s’évader ? L’art n’était-il pas là pour rappeler aux humains qu’ils étaient capables de grandeur, de s’arracher aux restrictions purement matérielles pour envisager quelque chose de plus grand, de plus vaste qu’eux. C’était là toute la force de l’art, toute sa beauté, toute son importance.

« Me ferez-vous l’immense honneur de me présenter votre collection, Madame Luccicelli ? À ma grande honte, je me dois de vous confesser que je n’assiste pas à autant de vernissages que je le voudrais... »

Nöly, sa défunte mère, s’était toujours évertuée à placer les artistes en bonne grâce. Contrairement à Ashnard, qui muselait l’art à une vision qui se voulait uniquement favorable au régime, Nöly, et d’autres souverains avant elle, avaient toujours milité en faveur de l’indépendance de l’art, refusant que l’art se musèle à une quelconque vision politique. La justice agissait en conséquence, et l’indépendance de l’artiste était quelque chose de très fort. Les œuvres censurées, ce faisant, étaient extrêmement rares, les motifs de censure étant entendus par les juges de manière restrictive.

Elle avait donc hâte de voir cette collection. Voir le regard qu’une inconnue était susceptible d’avoir sur Nexus était parfois encore plus parlant que celui d’un expert qui avait eu le temps d’y faire son trou... Parfois même bien plus parlant.
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Prisca Luccicelli
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« Répondre #3 le: Janvier 29, 2015, 08:41:38 »

Derrière elle, le silence s'était installé. Tous fixaient le duo qui était entré dans le salon bien agencé. Déjà, des groupes s'étaient formés, discutant sur les arts... mais plus encore maintenant. Les murmures fusaient, discrets, commentant la présence de la reine ici. Certains en termes élogieux, d'autres contenant quelques noms d'oiseaux. Peut-être que les oreilles de cette humaine de haut lignage ne les entendaient, ou les ignoraient, mais Prisca fronça les sourcils, et tourna la tête vers eux, les foudroyant du regard.

Surpris de voir ces yeux briller avec une colère contenue vers eux, les rares personnes qui avaient osé insulter cette hôte un peu particulière se turent, gardant désormais leurs lèvres closes. Revenant au duo agréable, s'étant recomposé rapidement un visage plein de douceur, la vampire hocha la tête, pour le principe, et exposa directement son point de vue sur la question.

- L'un des rôles assurément. Quoi que mes œuvres ne sont pas vraiment faites pour rajouter de la beauté, je dirai. Mais... Reine Ivory, vous comprendrez sûrement vous-même en observant les tableaux mis en évidence. D'ailleurs, certains vous représentent, et sont exposés dans une salle à part. A nouveau, vous comprendrez sûrement la raison de cette précaution.

Elle souriait, apparemment contente. Dans le reste de la salle, les personnes présentes étaient retournées à leur activité, reprenant leurs discussions à voix basse. Quelques attroupements devant deux trois tableaux particulièrement imposants, et des personnes isolées devant les autres tableaux. Enfin, une ouverture vers une autre pièce, avec comme porte un simple tissu bleuté de haute facture. Car oui, même si la maison était plutôt petite, par rapport à ce dont elle avait l'habitude, elle avait au moins tenue à ce que celle-ci soit confortable, et richement décorée.

Pour elle, l'art représentait surtout sa façon de voir le monde. Elle ne peignait pas pour l'embellir, ou pour l'idéaliser. Simplement, pour montrer ce qu'elle voyait. Avec son âge, sa vision un peu particulière. L'immortalité, et les siècles passés à voir l'humanité avoir ses hauts et ses bas avaient changé sa façon de voir les évènements. C'est aussi pour cela qu'elle appréciait tant les artistes humains, et les humains en général. A ses yeux, ils étaient capable de tout, du pire -elle avait pu le remarquer à de nombreuses reprises-, mais aussi du meilleur. Surtout si on rajoutait le fait que son met préféré se trouvait parmi eux.

Mais là n'était pas la question.

- Bien sûr, je vais vous accorder cet honneur avec un grand plaisir.

Tout en marchant, elle commença à expliquer au moins le contexte de l'ensemble, lui offrant un léger sourire dévoilant sûrement un peu plus sa nature vampirique. Mais elle restait accueillante et chaleureuse.

- Je suis arrivée sur ce monde il y a peu. Mais par de nombreux aspects, cette ville me rappelle des souvenirs d'une période ancienne que j'avais particulièrement appréciée. Mais... Par certains aspects, les univers diffèrent. Et c'est ce que j'ai voulu montrer par leur création. Mais plus qu'un long discours, je vous laisse apprécier ces quelques œuvres.

Et elles commencèrent à faire doucement le tour.

Le premier tableau, grand, représentait une ruelle. Les tons utilisés étaient plutôt sombres. Au premier plan, au début de la ruelle, un homme en haillons sales faisait la manche, assis. Les morceaux de tissus collant à son corps, on pouvait voir sa maigreur accentuée. Son visage était partiellement masqué par une barbe non entretenue, fournie. Son regard, terne, fixait un point fixe devant lui, semblant faire à peine attention aux ombres des passants qui étaient invisibles, sur le tableau. Plus loin dans la ruelle, deux hommes semblent discuter à propos d'une bourse que le premier tend au second, sûrement à propos d'un contrat glauque. Les maisons qui se dressaient de part et d'autres de la ruelle imposaient leur ombre massive, cachant à des yeux distraits certains détails. Bien sûr, proche des murs, les détritus s'amoncelaient. Mais en regardant bien, on pouvait voir qu'un bras d'enfant dépassait. Du gâchis. La pauvreté était omniprésente, et on pouvait voir en train de courir au dernier plan un homme, qui avait volé un vieillard, lui dérobant la miche de pain qu'il tenait quelques instants auparavant.

Le second tableau, de la taille du premier, offraient une cassure, totalement à l'opposé de son voisin. Aux tons sombres de la ruelle succédaient des tons clairs, presque blanc. Il montrait, lui, la cour du Chateau d'Ivoire. Et dans celle-ci, un nombre assez impressionnant de personnes étaient représentées, chacune ayant leur caractéristique physique propre. Cela allait de la bonne cuisinière avec son embonpoint prononcé, qui courait pour rejoindre son lieu de travail, relevant ses vêtements un peu encombrants, en passant par les gardes et leur armure resplendissante qui se tenaient droit, arme au flanc, et vigilant, ou encore les serviteurs et esclaves qui portaient de lourds objets ou nettoyaient la cour, qu'elle soit toujours propre aux yeux des suivants, jusqu'aux courtisans et courtisanes de la Cour, bien habillés. Tout, dans ce tableau, montrait la richesse et la beauté des lieux et des êtres. Les sourires -forcés ou non- étaient présents sur presque toutes les lèvres, sauf pour les esclaves qui baissaient la tête, cachant leur visage aux Libres.

Le troisième, gagnait en largeur, mais pour rapetisser en hauteur. Dévoilant les jardins du château, structurés par les mains habiles des nombreux jardiniers -et sûrement un peu magiciens- du château, on pouvait voir de multiples couleurs. De nombreuses espèces de fleurs étaient représentées, et on pouvait d'ailleurs voir s'afférer au moment où le soleil se couchait, étendant une lueur orangée sur le spectacle, quelques jardiniers et porteurs d'eau, ainsi qu'un couple ou deux qui trainaient à ces heures tardives dans des recoins plus intimes du jardin, à l'abri sous un kiosque.

Puis, le quatrième exposait un moment beaucoup moins intime, selon les points de vue. Une scène de marché, marché aux esclaves. Montés sur une estrade, des êtres étaient enchainés, et montrés au publique, bien présent et nombreux. Les esclaves semblaient plutôt bien traités, puisque un esclave en bonne santé se vendait plus cher, et pour les marchands, cela valait bien la peine de les garder avec soins. Chez les esclaves, il y avait de tout. En bout de chaîne, un humain, bien bâti, torse nu. Le marchand palpait ses muscles, en regardant la foule, sans doute, les vantant. Derrière elle, sur la même chaîne, une terranide-chat. Plutôt jeune, le regard soumis, la peau pâle et les cheveux noirs, elle fixait le dos de l'homme qui se faisait vendre, elle, par contre, était habillée. Sûrement, la dévoiler faisait partie du jeu pour augmenter les prix. Enfin, un troisième être, une humaine, la poitrine dévoilée et agrémentée d'objets, le regard s'attardait pourtant plus volontiers sur les nombreux tatouages qu'elle portait. Ancienne sauvage d'une tribu arriérée -sûrement pour eux-, elle était la seule dont les mains étaient attachées dans le dos, et qui gardait une lueur de revanche dans les yeux. Plus loin, sur le côté, une cage, avec un énorme bestiaux poilu dedans. Véritable lycan, mâle alpha d'une troupe, il était maintenu ainsi capturé pour plus de sureté. Et devant, le public. Certains levaient les mains en l'air, tendant une bourse en criant, d'autres discutaient entre eux. Le grand peuple était représenté dans son ensemble.

Venait enfin le cinquième, et dernier tableau de cette salle. Déconseillé aux âmes sensibles, il exhibait un côté plus malsain de Nexus, avec un bordel. Ici, il n'y avait plus de ces sourires forcés, et les tissus riches avaient fait place aux rouges appuyés des teintures posées sur les murs. Ici et là, des couples, trio, ou même plus. Ici se mélangeait la luxure dans tous ses états. Une femme se faisait prendre violemment contre un mur par un homme, tandis qu'un couple semblait parier sur quelque chose la concernant. Plus loin, derrière le bar, la serveuse, seins nus, trottait avec des verres en main, prenant soin de faire ballotter sa poitrine aux yeux de tous. Au comptoir, mais de l'autre côté, une femme collait son bassin contre la bouche ouverte d'un homme pour des actions bien peu religieuses tandis que ici et là se déhanchaient hommes et femmes de tout bord.

Les cinq visions de Nexus. La cission était cruelle et dure, entre le côté riche, et les bas quartiers. Et si nul ne l'ignorait, il était pourtant rare de les voir confrontées dans une seule et même pièce.

- Venez par ici, Reine Ivory.

Prisca souriait, mais elle n'en avait pas fini. Elle avait passé un certain temps à tout peindre, ne comptant pas les heures, les jours ou les nuits. Elle s'était d'abord abreuvée de ces visions, avant de les retranscrire en accentuant leur expression. Il restait cependant la dernière pièce. S'y dirigeant à pas léger, ses talons claquant sur le sol de bois, elle attrapa le rebord du tissu pour le relever, dévoilant une pièce blanche, avec deux tableaux.

-Après vous, Reine Ivory, Dame de Mélisi.

Puis elle entra après elle, gardant le tissu repoussé au cas où la garde du duo voudrait venir avec eux. Dans cette dernière pièce, il n'y avait donc que deux tableaux. Et tous deux représentaient la Reine, avec son acolyte. Les deux œuvres se faisaient face, s'opposant.

Le premier était clair. La reine était souriante, et l'ambiance était chaleureuse, comme illuminée de bonnes attentions. Derrière elle se tenait la Dame de Mélisi qui couvait la jeune femme d'un air bienveillant. Le regard de la reine portait au loin, et on pouvait la sentir pleine d'assurance et de fierté, prête à défier quiconque se mettrait en son chemin.

L'autre, au contraire, était bien plus sombre. La reine était seule au premier plan et était assise sur une chaise, les mains croisées sur ses genoux. Nul sourire, le regard baissé vers le sol, les épaules affaissées. En faisant attention, on voyait que des fils partaient de ses mains et de ses articulations, montant au ciel avant de partir vers l'arrière-plan. Là, dans l'ombre, des hommes et des femmes âgés. Le Conseil, qui manipulait la reine qui faisait office... presque de marionnette entre leur main.

Maintenant, il ne restait qu'à savoir si ces tableaux seraient considérés comme un crime ou non. Et surtout, laquelle de ces deux visions étaient la véritable. Intérieurement, Prisca espérait que ce serait la seconde.
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Elena Ivory
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« Répondre #4 le: Janvier 31, 2015, 03:14:11 »

« Je suis arrivée sur ce monde il y a peu. Mais par de nombreux aspects, cette ville me rappelle des souvenirs d'une période ancienne que j'avais particulièrement appréciée. Mais... Par certains aspects, les univers diffèrent. Et c'est ce que j'ai voulu montrer par leur création. Mais plus qu'un long discours, je vous laisse apprécier ces quelques œuvres. »

Ce « monde » ? Quand Prisca utilisa ce mot, plutôt que « pays », ou « royaume », les sourcils d’Elena se froncèrent légèrement, mais elle ne la reprit pas là-dessus, et hocha la tête, acceptant de la suivre. Elle n’avait prêté aucune attention aux quelques commérages sur sa personne. C’était habituel, quand on était la Reine de Nexus... Et normal. C’était le prix à payer pour tous les privilèges dont Elena disposait par rapport à sa situation. Elle vivait dans le Palais d’Ivoire, avait quantité de domestiques pour l’épauler, vivait dans des appartements immenses et luxueux. En contrepartie, il était bien nécessaire qu’elle soit honnie de ceux qui estimaient qu’elle était responsable de la crise économique. Quand ses parents étaient morts, la crise économique qu’ils avaient cherché à enrayer en abolissant l’esclavage avait explosé. Les dépenses militaires allouées à la construction des superforts avaient explosé après la mort de Liam et de Nöly Ivory, l’armée impériale ashnardienne en ayant profité pour renforcer ses assauts. Ce faisant, beaucoup de quartiers s’étaient appauvris, et ce d’autant plus que l’esclavage se développait, au détriment de relations contractuelles plus classiques. Avec la venue en masse des immigrés fuyant les régions sinistrées par la guerre, les quartiers populaires de Nexus s’étaient retrouvés en situation de surpopulation, entraînant une hausse de la criminalité, un engorgement de l’appareil judiciaire, et une paupérisation croissante, les réfugiés n’ayant plus de familles devenant des clochards, et les huissiers envoyant à la rue de multiples Nexusiens n’étant plus en mesure d’honorer leurs liquidités vis-à-vis des grandes guildes commerciales de la cité-État. Résoudre cette situation était extrêmement compliquée maintenant, les guildes ayant profité de la disparition des Ivory pour accroître leur influence sur le pouvoir.

Elena y songeait en voyant le premier tableau, représentant l’un des quartiers populaires de la ville. Une triste image, et, sans rien dire, en compagnie de la belle Prisca, et d’Adamante, elle continuait à observer les tableaux. Prisca lui présenta cinq tableaux, chacun d’entre eux offrant une vision différente de Nexus : sa pauvreté, sa richesse culturelle, à travers les jardins, le Palais d’Ivoire, l’esclavage... Et la débauche sexuelle. Le dernier tableau avait fait jaser quelques personnes, le trouvant obscènes. Jadis, quand l’Ordre Immaculé avait eu une plus forte influence sur Nexus, une telle œuvre aurait pu être censurée. Elena rougit légèrement devant certains détails très crus, comme une gorge profonde. Adamante, elle, resta silencieuse.

Chacune de ces images avait un sens, un message... Elena les interprétait comme des critiques à l’encontre du pouvoir, comme une preuve de l’insuffisance des pouvoirs publics à pouvoir encore régir Nexus. C’était un constant cruel, mais, malheureusement, honnête. La Couronne devait regagner de son influence, mettre fin à la corruption, et reprendre les rênes du pays. Elle ne pouvait pas se limiter à ses fonctions régaliennes les plus essentielles, comme les guildes le voulaient. Les enjeux sociaux étaient trop importants. L’économie avait toujours été le cœur de Nexus, sur lequel la Couronne avait toujours exercé un fort contrôle... Et on lui avait arraché ce cœur, ne laissant à la Reine que des miettes à se mettre sous les dents.

« C’est... Original... » dit-elle finalement, devant le tableau sexuel.

Voir ce tableau amenait certains nobles à quelques remarques sur la croupe de Prisca. Adamante les entendit, et les partagea dans sa tête. Prisca était terriblement belle, et sa robe était terriblement courte. Était-ce voulu ? Cette femme était une artiste... Et elle n’avait visiblement pas froid aux yeux, vu les tableaux qu’elle avait choisi d’afficher, en présence de la Reine. Ce tableau pornographique était à la limite de ce que la liberté artistique tolérait, et Elena aurait été en droit de faire fermer ce vernissage.

Prisca avait cependant encore autre chose à lui montrer, et Elena détourna son attention de ce tableau. Il y avait aussi d’autres tableaux, notamment une grande peinture montrant une vue extérieure du Palais d’Ivoire... Le ciel était lourd, fait de nuages sombres. Une tempête violente... Et le Palais brillait. Un simple rayon de soleil s’échappait depuis le ciel, et se reflétait sur les tours blanches du Palais, les faisant flamboyer. Le Palais était peint depuis l’extérieur, depuis la mer. Il était bâti sur la falaise, sur les récifs. C’était une image beaucoup plus rassurante : Nexus au-dessus des éléments naturels, au-dessus des contraintes et des tempêtes, avec le Palais d’Ivoire comme phare dans l’obscurité... Et, par ce biais, les Ivory.

« Venez par ici, Reine Ivory. » l’invita Prisca.

Elena et Adamante la suivirent dans l’arrière-salle, et Luria, qui était en discussion auprès des petits fours, les suivit à son tour. Les quatre femmes rentrèrent dans une pièce plus étroite, et Elena put voir les deux tableaux, écarquillant les yeux en les voyant.

Sur le premier tableau, on la voyait en compagnie d’Adamante. Dans son dos, la conseillère la soutenait, l’aidant à être une digne Reine, une visionnaire, une femme qui voulait améliorer Nexus, préserver l’intégrité et la souveraineté du royaume, tout en aidant la cité-État à aller mieux.

Sur le second tableau, plus pessimiste, avec une teinte sombre, Elena était la poupée d’individus tirant les ficelles dans l’ombre. Les véritables maîtres du pouvoir.

Elena ne disait rien, sur le devant, tournant le dos aux trois femmes. Sa respiration était lourde, profonde, et même Adamante était incapable de déterminer ce à quoi Elena pouvait bien penser en ce moment. Luria, de son côté, regardait Prisca en fronçant les sourcils, comme si elle était mécontente. Elle estimait qu’humilier ainsi la Reine était un coup bas, et que, si ça ne tenait qu’à elle, ces deux tableaux offensants auraient dû être supprimés. Dans le premier, Prisca suggérait qu’Elena était une poupée incapable d’aller de l’avant sans Adamante, et, dans l’autre tableau, qu’elle ne servait à rien. Dans l’ombre, les visages grimaçants avaient des bagues dorées, des chevalières scintillantes... Et Elena joignit les mains devant elle.

Adamante posa alors les siennes sur les épaules d’Elena, la faisant sursauter. Luria, de son côté, s’était un peu rapprochée de la femme.

« Qu’est-ce que vous cherchez à prouver, Prisca ? Je ne goûte guère à l’humour de cette sinistre plaisanterie ! Avez-vous seulement la moindre idée de ce que la Reine en...
 -  Luria ! Non... »

Un soupir s’échappa des lèvres d’Elena. Lentement, elle se retourna, et fit face à Prisca, les yeux rougis.

« Je n’interdirais jamais à quelqu’un de dire ou d’exprimer ce qu’il pense... Et je sais ce que bien des gens pensent de moi...
 -  Ils ont tort, Majesté ! Nul ne devrait...
 -  Mes parents et mes grands-parents avant eux se sont battus pour laisser le droit aux gens d’insinuer que je suis une potiche, et que je ne mérite pas ma place. C’est mon héritage... Diriger un royaume où les clefs du pouvoir ne sont plus entre mes mains... Le fruit d’une longue tradition juridique qui a voulu encadrer d’éventuels abus de pouvoir de la fonction royale en développant l’autonomie et les moyens de contrôle du Conseil. Si c’est comme cela que vous me voyez, Prisca, je ne peux pas vous le reprocher. »

On pouvait sentir la souffrance et l’amertume dans le cœur d’Elena. Ces images lui rappelaient surtout qu’elle n’était pas à la hauteur de ce que ses parents avaient fait... Qu’elle était une honte, une bâtarde. C’était injuste, car elle n’avait rien fait pour mériter ça. C’était ses parents qui avaient échoué, ses parents qui avaient été incapables d’atténuer les effets d’une crise économique qui était déjà là à l’époque. Fermant les yeux, Elena sentit des secousses la traverser. Adamante agit rapidement, et blottit Elena contre ses bras, étouffant ses larmes en caressant ses cheveux.

Luria, qui avait toujours voué à la Reine un profond respect, et qui était outrée, attrapa Prisca par le bras, et planta son regard dans le sien.

« Quel est le but de tout ceci ? Ridiculiser notre souveraine en répandant sur elle des mensonges et des incivilités ?! Est-ce ainsi que vous la remerciez de sa générosité ? C’est elle qui a agi pour permettre aux artistes comme vous de pouvoir se produire. Elle espérait ainsi inciter les gens à porter un autre regard sur Nexus que ce que les poivrots répandent dans les tavernes...
 -  Luria, tenta d’intervenir Adamante. Ne...
 -  Vous faites des tableaux montrant la pauvreté de la ville, la misère, et des baisodromes... Puis des horreurs comme ça ! poursuivit-elle en pointant le tableau. Est-ce là ce que vous voulez que les gens retiennent ? Que, sous le règne d’Elena, Nexus n’est plus qu’un tord-boyaux rempli de clochards, de pestiférés, et où tout le monde baise à droite et à gauche ?!
 -  LuRIA ! »

La Nexusienne se tut subitement, les joues rougies par la colère... Ce qui, généralement, allait très bien avec son teint clair, ne la rendant que plus belle encore. Luria soupira, et s’écarta.

« Laisse-nous, Luria, je te prie... »

Luria hésita un peu, regardant Elena, puis Adamante, et enfin Prisca... Et elle sortit. Elle avait haussé la voix, ce qui faisait que les gens présents dans la grande salle s’étaient provisoirement tus. Adamante laissa planer quelques secondes, tandis qu’Elena, lentement, se défaisait de ses bras.

« Pardon... C’est juste que...
 -  Tu n’auras jamais à t’excuser devant moi, Elena... Jamais. »

La magicienne avait adopté un ton doux, puis regarda Prisca.

« Vous jouez un jeu dangereux en faisant de tels tableaux, Prisca... Entendez-vous les exposer dans votre vernissage ? »
« Dernière édition: Février 22, 2015, 12:55:18 par Princesse Alice Korvander » Journalisée

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Prisca Luccicelli
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« Répondre #5 le: Août 18, 2015, 06:50:34 »

Elle s'en était délectée. Chacune des expressions du duo. Les froncements de sourcils. Les hésitations. La compréhension. Le dégout. Ou la légère rougeur qui s'empara des joues de la reine devant le dernier tableau. Ces réactions si humaines. Si appréciables. Au grand jamais, elle ne s'en lasserait. Après tout, à ses yeux, les humains étaient magnifiques à tous points de vue. Capables du meilleur. Comme du pire.

Elle savait que certains vampires avaient des préférences pour les créatures exotiques. Histoire de puissances, de mets raffinés.  Mais de son côté. Elle était invariablement amoureuse des humains. En particulier ceux qui avaient un côté innocent en eux. Cela la faisait fondre. Et sur ce point, elle devait se l'avouer sans honte, Elena était diablement attirante. A s'en damner. Car elle n'avait pas qu'une apparence innocente. Elle avait du pouvoir.

Et le pouvoir était important. Et encore plus, si elle pouvait arriver à jouer sur ce tableau. Alors sa réussite serait parfaite. C'est pour cela qu'elle attendait avec une patience teintée d'excitation leur réaction aux tableaux suivants. Ceux-là allaient lui permettre de toucher un peu plus Elena et Adamante. Elle ne portait pas vraiment d'attention à Luria. Qui, quoi que belle, semblait plus une morfale bien dévouée, qu'autre chose. Sûrement une bonne guerrière. Excellente à n'en pas douter, au vu des muscles qui se révélaient. Mais elle ne l'intéressait pas outre mesure.

A la révélation des tableaux elle les observa à nouveau avec attention. Le rideau s'était refermé, masquant en partie le bavardage incessant des badauds de la première salle, ou même de la rue. Et les quatre femmes étaient pour ainsi dire, seules ici. Seules, pour se permettre facilement d'exprimer leur sentiment. Et si la vampiresse avait prévu des réactions. Elle n'avait peut-être pas pensé que ces deux tableaux les feraient réagir ainsi.

D'un coup, la tension avait augmenté d'un cran. Prisca, elle, restait égale à elle-même, et ne faisait que les observer d'un air neutre. La guerrière, comme elle l'avait deviné, commença par parler, s'emportant peu à peu. Puis vint une explication de la reine. Et celle-ci confirma l'impression que la maîtresse des lieux avait réussi à obtenir, en parlant ici et là. Glanant des informations. Obtenant des réponses. Récupérant ce qu'il y avait à récupérer. Et jetant de côtés les racontars inutiles.

Elena admit peut-être un peu trop facilement sa faiblesse. Prisca plissa ses yeux jaunes un bref instant. Elle n'avait plus le pouvoir. Et ce qu'elle avait entre ses mains, n'était que ce dont les marchants n'avaient pas besoin. Ceci dit. Plus que le petit discours. Le visage qui suivit cette déclaration lui parla réellement. Sur ce que pensait, sentait, et vivait la reine en ces instants. Sur la faiblesse qui était la sienne. Le lien réel entre Adamante et Elena. Et...

Et avant qu'elle ne puisse continuer sa plaisante analyse de tant d'émotions qui la ravissaient sans qu'elle ne le montre. On attrapa son bras. Elle cilla un instant. Presque surprise. Et tourna sa tête avec lenteur vers Luria. Les yeux jaunes, comme ceux d'un serpent, se rétrécirent, planté dans le regard que lui offrait la guerrière. Mais elle se contint. Elle la laissa parler, au début. Car c'est ainsi qu'elle crevait les abcès. Mais voyant que son interlocutrice allait trop loin, elle ouvrit la bouche pour rétorquer...

Mais avant qu'on ne la laisse parler, pour la seconde fois, on la prit de court. Adamante, cette fois-ci. Cela ne l'étonnait pas trop. Et confirmait, d'un côté, que le tableau avec le trône, et la femme qui soutenait la reine, possédait une forte part de vérité. Luria parti. Ne resta qu'un silence léger. Dehors, ceux qui s'étaient tus au haussement de voix, reprirent peu à peu leur conversation. Sûrement à propos de ce qui pouvait se passer derrière ce rideau. Mais personne n'osait vraiment venir voir. Et heureusement.

- Ici. Nous sommes chez moi. Et ainsi. Ces tableaux ne font pas parti du vernissage. Et n'en feront jamais parti. Même. Après votre départ. Ils seront jetés au feu. Nulle trace n'existera de leur passage au monde réel. Ils n'étaient destinés qu'à vous. Maintenant, du jeu dangereux que je joue. Laissez-moi, Reine Ivory, Dame de Mélisi, préciser mes pensées. Ma volonté.

Elle se décala, pour se placer entre les tableaux. Puis recula d'un pas.

- Ces tableaux n'ont pas qu'une vocation à s'opposer. Et comme tous les tableaux que j'ai peints, sans exception, au cours de ma longue vie. Ils représentent le réel. Tous les deux. Je n'ai jamais considéré, Reine Ivory, que vous étiez du genre à vous laisser faire. Et vous laisser manipuler. Au contraire. Et mieux. Une personne, seule, ne peut régner. D'un côté. Vous en êtes un bel exemple.

Elle prit une inspiration, et étendit son bras droit pour désigner le sombre tableau.

- D'un côté. Il y a les castes anciennes, et riches. Qui, derrière vous, font toutes sortes de choses, pour garder le pouvoir, et le manipuler à leur guise. Marchands, négociants, sûrement trafiquants. Ils sont sûrement assez simples à observer.

Elle désigna de son autre bras, l'autre tableau.

- Et de l'autre. Vous. Et vous, dame de Mélisi. On ne peut régner seule. Mais avec seulement votre illustre compagne de ce jour. Cela ne suffit malheureusement pas. Les bonnes intentions... Ne sont que des intentions. Mais pourtant. Vous avez une légitimité. Et sûrement des possibilités. Vous l'avez vu plus tôt. Sur les quelques panneaux peints. Votre "maison". Si je puis l'appeler ainsi. Représente pour tout Nexus, de l'espoir. Et même si la débauche et les déviances, les injustices et les malfrats rodent partout dans votre ville. Il y a aussi du bon dans tout cela. Au plus profond des ténèbres. Une petite lueur représentera la différence entre la fin. Et l'évolution.

Elle abaissa ses bras. Observa le duo, son regard oscillant entre les deux.

- Et vous êtes cet espoir, selon moi. Et vu que tout ce vernissage a été préparé pour vous. Je peux enfin en venir où je voulais.

Une autre inspiration.

- Je veux vous aider. Des richesses. J'en ai. Des connaissances aussi. Et d'autres choses aussi. Mais comme je l'ai dit au départ. Je reste nouvelle ici. Mais. Plutôt que de vous satisfaire de ce maigre pouvoir, en l'utilisant du mieux que vous le pouvez. Je veux vous aider, Reine Ivory, à retrouver ce qui vous revient de droit. Et je saurais le faire du mieux possible. Je vous en dirai plus au moment venu.
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FicheChalant
« Répondre #6 le: Août 23, 2015, 08:35:25 »

Le ton avait monté avec Luria, ce qui n’avait rien d’étonnant. Ronald choisissait avec soin les membres de la Garde Royale, et, parmi les multiples critères retenus, il y avait évidemment celui de la loyauté, ou du patriotisme. Il était tut simplement hors-de-question de nommer membre de la Garde Royale un chevalier qui serait davantage loyal en sa maison plutôt qu’en la Couronne. Fort heureusement, Luria, avec son passé très particulier, était un candidat de prédilection. Les trois femmes la laissèrent partir, et un silence s’installa entre les trois, afin de laisser au trio le soin de reprendre leurs esprits. Elena restait silencieuse, tandis qu’Adamante, bras croisés, semblait aussi avoir eu sa patience mise à l’épreuve. Elle savait pour quoi on la prenait. Elle était une magicienne, et les magiciens étaient, soit bien vus, soit très mal vus. Soit on les voyait comme des guérisseurs et des protecteurs de la population, soit comme des manipulateurs imbus de leur propre personne, dérivant uniquement s’accaparer du pouvoir. Et, malheureusement, cette approche était véridique, ou, en tout cas, se retrouvait dans bien des situations. De fait, il était fréquent qu’une magicienne se charge de l’éducation d’un héritier, d’un dauphin, et exerce ainsi sur lui une emprise maternelle. De fait, il existait ainsi bien des cas historiques où les dirigeants politiques n’étaient que des hommes de paille manipulés par des magiciennes, et cette image avait marqué les esprits, et se retrouvait ainsi dans certains clichés qu’on véhiculait sur les mages.

Prisca jouait à un jeu dangereux, et elle s’évertua ensuite à tenter de préciser sa position, en expliquant que ces tableaux étaient juste pour elle, et que, malgré les apparences, elle la respectait. Adamante restait silencieuse, tête penchée sur le côté, mais, en l’état, c’était surtout d’Elena dont il fallait faire attention. Ses mots étaient les mots importants. Le temps défila lentement, et, après les explications de Prisca, la Reine releva la tête, et regarda les tableaux.

« Je refuse que vous les brûliez, Prisca. Je n’aime pas ces tableaux, c’est un fait... Mais nous sommes Nexus, nous ne sommes pas Ashnard. À Ashnard, l’Empire contrôle l’art, mais, moi, je pense que l’art doit être libre. Je pense que l’art doit pouvoir permettre d’exprimer autre chose que la pensée officielle. Et puis... Et puis, il est criminel de brûler des œuvres d’art. Ce n’est rien de plus qu’un autodafé, et ils sont interdits à Nexus. »

Les autodafés avaient été fréquents jadis, notamment quand l’Ordre Immaculé commençait à s’implanter. Mais les juges nexusiens avaient condamné de tels mouvements. Que dirait-on d’Elena, si on apprenait qu’elle s’amusait à brûler des tableaux ? Elle avait donc tenu à préciser ce point, et, après quelques secondes, elle rajouta ensuite :

« Pour le reste... Votre sollicitude me touche, Prisca, mais, honnêtement, l’argent n’est pas un problème pour moi. Ce qui se passe... C’est très compliqué. L’argent n’est pas la seule chose dont il faut tenir compte. Je me bats contre un délitement national, contre une guerre face à un Empire millénaire qui dure depuis plus d’un siècle. Si vous voulez m’aider... Alors vous faites déjà ce qu’il faut faire. Ce que je veux, c’est redonner le sourire dans les gens des quartiers défavorisés. Je veux qu’on arrête d’appeler ces quartiers des ‘‘bas-fonds’’. Je veux que les murs soient réparés, que la criminalité cesse... Et, pour ça, il faut que l’activité revienne dans ce secteur. Il faut que les gens sourient à nouveau. »

On pouvait dire que son analyse était naïve et immature, mais... Et bien, d’une part, elle était encore mineure, et, d’autre part, elle était convaincue que le problème, le vrai problème, venait de là... Les gens ne croyaient plus en la Couronne, ils ne croyaient plus dans les idéaux de Nexus, et c’était pour elle le véritable problème. Les gens se sentaient abandonnés de la part des autorités, à cause de la corruption, de la pauvreté, et de tant d’autres choses... Et l’ultime objectif d’Elena, fondamentalement, se résumait à ça : redonner le sourire aux Nexusiens. Montrer au peuple que la royauté tenait toujours à eux, et aux intérêts du pays, et non seulement à ceux d’une caste de nobles.

La monarchie était là pour diriger tout un royaume, elle n’était pas une oligarchie ne pensant qu’aux intérêts d’une caste.

« Alors, dites-moi, comment prévoyez-vous de m’aider ? Quelles sont les ressources dont une modeste peintre peut bien mettre à disposition de la Couronne ? »
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Prisca Luccicelli
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« Répondre #7 le: Août 24, 2015, 01:45:04 »

Elle s'était tue suite à ses longues tirades. Et son regard s'était posé sur Adamante un certain temps. Non pas pour dénigrer la Reine Ivory, qu'elle avait surtout observée droit dans les yeux durant son temps de parole, mais pour se concentrer sur la dame de Mélisi. Voir comment celle-ci prenait ses paroles, les explications. Et le reste. Le silence. Aussi bien auditif que visuel. Les mages étaient ennuyeux, parfois, avec leur façon de maintenir leurs secrets si profondément enfouis. Il faudra qu'elle s'en occupe plus tard. Mais là, l'heure était à la Reine de parler, visiblement.

Par le même temps, elle en apprenait plus ce qui tenait à la Reine. Cette vision innocente. Cette sorte de gentillesse. Cette pureté. La reine était alléchante. Sûrement ne s'en rendait-elle pas même compte. Elle n'aurait certainement pas dit non à Adamante, au corps largement plus que correct, elle aussi. Mais Prisca fondait presque littéralement devant la pureté d'un être. Cette naïveté presque enfantine. Cette bonté. Cette volonté à voir le bien où n'existait que la lie du peuple. Prisca sourit un peu plus, dévoilant ses canines longues et pointues. Le sourire était doux, charmé, et malgré la présence de ces deux dents dangereuses, rien n'indiquait une quelconque volonté d'attaquer ou de mordre. Ses yeux brillèrent un bref instant d'un jaune un peu plus éclatant. Pour peu, elle pourrait écouter cette jeune enfant -pour elle- parler de sa vision des heures durant sans se lasser une seconde. Et... le temps n'était pas à ces douces ambitions ! Elle reprit rapidement le cours de la conversation. Ne pas brûler les œuvres d'art. C'était noté.

« Seulement... Ces tableaux ne sont pas censés être vus par quiconque, sauf par moi, et vous. Car ils sont avant tout des messages. Des messages qui dépeignent une réalité. Triste réalité pour l'un deux. Et quand cette réalité changera, car elle changera, l'un de ces tableau n'aura plus la valeur qu'il a maintenant. Ceci étant. Je respecterai votre volonté, et ils finiront à l'abri des regards dans ma résidence, plus profondément enfouis. »

Et quand la reine reprit parole. Elle haussa non pas un, mais ses deux sourcils. Sollicitude ? Venant d'elle. Hm... A y réfléchir, d'un point de vue extérieur, cela pouvait y ressembler. Après tout. C'était aider ceux qui voulaient le bien du plus grand nombre, voir même, de tous. N'était-ce pas beau, que de voir une vampire aider des honnêtes gens, juste par sa volonté sans rien rechercher apparemment en retour ?

C'était cela. Simplement car la vérité derrière était moins reluisante. Et sur plusieurs points.

Le premier, avant tous, était qu'elle voulait faire briller encore plus la pureté. La rendre éclatante aux yeux de tous. Voir la joie et l'espoir. Pour pouvoir un jour s'en emparer en douceur. S'en nourrir avec splendeur. Le problème, c'est que pour arriver à accomplir son but, et voir des sourires parcourir les bas-fonds de Nexus, il faudrait sûrement se salir les mains, quitte à sombrer dans certaines abysses pour cela. Et c'est pour cela que la vampire voulait veiller sur la reine Ivory. Si elle ne doutait pas que la dame de Melisi le faisait déjà sûrement depuis longtemps, il fallait au groupe plus d'appuis pour arriver à avancer dans la bonne direction.

Le second, c'était qu'elle aimait le pouvoir. Avoir un territoire dont elle savait qu'il n'existait sous cette forme que parce qu'elle y avait participé, sans tout faire, bien évidemment. Elle voulait laisser sa marque autrement que par des tableaux.  Et aussi, elle ne voulait pas avoir les rênes du pouvoir. Trop de responsabilités, trop de réunions. Et cela ne l'intéressait pas le moins du monde.

Elle croisa les bras sous sa poitrine, la rehaussant légèrement tandis que son regard passa de la reine à la magicienne. Que pouvait-elle faire donc, qu'elle pouvait dévoiler librement chez elle ? Elle sourit, sa langue venant chatouiller ses dents et humidifier ses lèvres avant qu'elle ne commence à parler.

«  Plusieurs choses. Mais d'abord. Je vais admettre plusieurs choses. La totalité de la situation m'est inconnue. Ces tableaux n'ont été faits que par la vision qui court les rues et places de votre ville. Les dessins à l'extérieur aussi, mélange les visions des personnes, et ce que l'on peut voir réellement. Si tout cela représente ne serait-ce qu'un fragment de la réalité, alors vous avez sûrement un monde contre vous. Et le pouvoir que vous avez est trop limité pour avancer comme le voudriez. Ce qui vous est laissé ne sont que des fragments que la plupart considèrent comme non-important. »

Elle poussa un soupir, puis continua.

« Tout comme vous. La situation n'est pas là pour me plaire. Et l'argent n'est pas ma seule vertu. Je suis habituée aux jeux politiques. Durant des siècles, j'ai œuvré pour le bien de certaines maisons. Maisons qui ont prospérées jusqu'à m'avoir déçue. Pour elles, je résolvais certains problèmes de façon douce. Arrangeant des accords. Détruisant leurs ennemis. Séduisant des concurrents pour en faire des alliés. Et les soutenants en tous points. »

Elle s'arrêta. Fit une pause pour observer Adamante, puis à nouveau Elena.

« C'est ce que je vous offre. Un moyen qui ne vous soit pas associée aux yeux de tous, pour agir pour vous. Jusqu'à ce que vous me déceviez en changeant pour un objectif moins pur, ou que vous abandonniez votre objectif. Ou jusqu'à votre mort et même après. Les reines comme vous sont rares. Souvent manipulées. Et pour une fois. Si ce n'était, peu à peu, plus le cas ? Si, par vos actions, Nexus redevenait un éclat aux yeux de tous les pays, et non pas seul votre château ? C'est une possibilité. Et je compte vous aider à la libérer, et la rendre peu à peu réalité. Sans compter les efforts ou les années. En échange... »

Elle sourit, et décroisa les bras pour se tapoter les lèvres d'un doigt.

« Je suis sûre que nous trouverons manière à me récompenser. Rien de bien complexe en soi. Je ne cherche ni argent ni terres. Encore moins esclaves et autre. Ne vous inquiétez pas outre manière. Dans tous les cas. Avant de penser à une récompense. Il faut déjà penser à la connaissance et à la réflexion. »
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FicheChalant
« Répondre #8 le: Août 26, 2015, 09:21:13 »

Adamante et Elena avaient deux regards différents en ce moment. La première vit les canines de la femme, ses yeux jaunes, et comprit alors qu’elles avaient affaire à une vampire, ce qui expliquait bien des choses. La réputation d’arrogance des vampires n’était pas feinte, et Adamante constata qu’il y avait aussi une autre réputation qui était à la hauteur de ce qu’on en disait : leur beauté légendaire. Prisca était très belle, une beauté alléchante, avec de superbes atours, ce qui, pour Adamante, n’était pas un argument la laissant indifférente... Encore moins quand la femme croisa ses bras sous sa poitrine, ce qui eut pour effet de la soulever. Un spectacle agréable. Elena, elle, avait une vue un peu moins sexuelle, et pensait surtout à ce que cette femme, cette belle artiste, pouvait apporter. Qu’elle soit une vampire ne la choquait pas outre mesure, et elle leur expliqua pouvoir leur apporter son expérience politique en matière de coups bas et de gestion de villas, ce qui crispa un peu Elena.

« Les assassinats et les trahisons sont les maîtres mots des diplomaties entre grandes maisons, un moyen comme un autre de s’assurer d’avoir les meilleurs héritiers, ou d’éviter les querelles de succession. C’est quelque chose contre quoi je souhaite aussi lutter, une pratique que je souhaite résoudre. Je veux mettre fin aux confréries d’assassins qui gangrènent la ville...
 -  Une tâche difficile, car ces confréries servent d’arbitres dans le jeu des maisons depuis des siècles. »

On disait même que certains Ivory y avaient parfois eu recours, ce qui, en réalité, ne surprenait pas tant que ça Elena. Sa famille n’avait pas non plus compté que d’illustres monarques, et certains avaient provoqué des crises agricoles, des disettes, des vagues de fanatisme, et avaient bien failli précipiter le pays dans la guerre civile. Elena était consciente de ce passé, et aussi du fait que Liam Ivory, son père, le Lion de Nexus, était un Roi extrêmement populaire, et terriblement apprécié auprès de la population, et surtout de l’armée, dont le poids était toujours central. De fait, celui qui avait la mainmise sur l’armée de la Couronne et sur les Paladins contrôlait de facto Nexus. C’était pour cette raison que, annuellement, une cérémonie avait lieu au Palais d’Ivoire, où les connétables, les sénéchaux et les maréchaux de l’Armée Royale, ainsi que les Grands Maîtres des ordres de paladins, venaient renouveler leur serment d’allégeance envers la Couronne. Tant que ce renouvellement avait lieu, Elena pouvait encore prétendre avoir le contrôle sur son pays.

Elena reprit rapidement :

« En ce qui concerne votre rétribution... Je pense que nous pouvons trouver quelque chose qui nous sera mutuellement profitable à toutes les deux. Vous aimez le pouvoir, et je respecte cela. Et vous êtes également une peintre très douée. Libre à vous de choisir d’enfermer vos tableaux discutables chez vous, mais, come je vous le dis, vous pouvez aussi les exposer. Maintenant, j’aimerais vous faire mon offre, mais... Je pense que nous pourrons en profiter pour marcher un peu, et découvrir un peu mieux le logis d’une femme aussi expérimentée que vous. »

Elena maniait plutôt bien les mots, et fit un sourire poli à Prisca. Ensuite, les trois femmes commencèrent à marcher, Adamante restant légèrement en retrait, en profitant pour observer les fesses de Prisca (il fallait bien attarder son regard quelque part, et la silhouette agréable de la vampire, parfaitement moulée dans sa courte tenue, était l’un de ces magnifiques spectacles dont ne se privait pas).

« Voyez-vous, je pense que vous pourriez ouvrir un atelier ici... Pas dans votre maison, j’entends bien, mais dans l’une des nombreuses dépendances à côté. La Couronne pourrait vous offrir les crédits nécessaires pour reconstruire l’une des maisons délabrées, et vous pourriez embaucher des ouvriers, des maçons, des artisans, pour préparer le bois, la toile, les pinceaux, les cadres... Avec votre vision particulière, vous pourriez attirer bien des yeux, et permettre ce que je souhaite faire. »

Elena marchait lentement, mesurant chaque mot, tout en tenant le bras de Prisca.

« Je veux rapprocher les communautés de Nexus. Je pressens des jours sombres pour mon royaume, Prisca, pour ma cité... L’Histoire nous démontre qu’il n’est rien de plus dangereux que la superposition de clivages raciaux et économiques. Or, cette superposition s’approche. Les elfes en veulent aux humains, et les pauvres en veulent aux riches. Je veux rapprocher ces communautés, lutter contre ce communautarisme en leur rappelant qu’ils sont tous des Nexusiens avant tout. Pour cela, il existe quelques moyens permettant de le faire. Le sport en est une, mais je pense que l’art est le plus beau et le plus parfait de tous les vecteurs. L’art permet de nous transcender, en plus d’être un moteur économique. Votre atelier aura besoin de bois, de toile, de pots de peinture, de pinceaux, et donc de plumes... Ce qui fera vivre les artisans locaux, tout en permettant d’asseoir votre influence. Et, parallèlement, je vous permettrais d’exposer vos tableaux dans les plus beaux châteaux de Nexus, et d’y inviter les hommes de ce qu’on appelle, de manière médisante, le ‘‘bas-peuple’’... »

Adamante souriait légèrement. On pouvait dire ce qu’on voulait sur Elena, mais elle avait hérité de toute la bonté de Nöly Ivory. Là où Liam était un lion fougueux, Nöly, elle, avait toujours été une femme juste, au cœur terriblement pur. Une femme qui croyait dans les vertus de l’art, et qui offrait ses propres tableaux dans les orphelinats de Nexus, où elle s’y rendait fréquemment, faisant la lecture au milieu des enfants, en leur assurant qu’un noble n’était pas mieux qu’un simple citoyen, et qu’un noble ne devrait jamais avoir à prendre de haut ses citoyens, car la tête d’un royaume n’était rien sans son corps.

« Que diriez-vous par exemple d’exposer vos tableaux dans les galeries du Palais d’Ivoire ? »
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« Répondre #9 le: Septembre 10, 2015, 05:35:25 »

« Non seulement une tâche difficile. Mais en vérité, impossible. J’ai vécu suffisamment longtemps, pour voir qu’à travers toutes les difficultés, ou les pires cataclysmes, ces confréries survivent tout le temps. Qu’une maladie, qu’une guerre, ou même que la paix la plus éclatante possible survienne dans un pays, dans une ville… Ils seront toujours présents. C’est un fait que l’on ne peut nier. C’est pour ça qu’il faut pouvoir les diriger. Pour gouverner, il faut accepter l’existence de toutes les choses. Les plus belles, comme les plus sombres. Il faut pouvoir les garder à un niveau plutôt proche, car si l’équilibre se perd… »

Elle soupira et hocha la tête d’un air un peu absent aux autres paroles d’Elena. Puis commença à marcher, ouvrant une porte pour s’enfoncer dans un couloir. Les lumières étaient plutôt tamisées, mais éclairaient suffisamment pour que des yeux humains puissent admirer à leur guise les tableaux qui parcouraient les murs, ou jonchaient le sol. Sur les murs étaient accrochés surtout des œuvres du passé. Un passé qui remontait à l’Italie ancienne, montrant des scènes qui avaient tenu, immortelles, par-delà le temps. Pour le duo, cela ne devait pas voir vraiment de sens, ou ressembler à un art quelconque, une vision de l’esprit torturé que pouvait avoir la Vampire et ses siècles d’errances. Les tableaux sur le sol, eux, n’étaient que des esquisses ou peintures que Prisca avaient tracés ou peints. Parfois, ils étaient magnifiques. Et si Adamante ou Elena s’attardaient sur eux, alors, elles pourraient voir des dessins étranges. Particulièrement, une scène.

C’était une chambre, avec, contre le mur du fond, un grand lit à baldaquin. Pour sûr, cinq personnes auraient pu tenir dedans sans vraiment de problèmes. Les draps semblaient de satin blanc, légèrement froissés, avec un coffre dessus. Le coffre était ouvert, et si l’on s’approchait suffisamment du tableau. Un cœur battant apparaissait, peint. Seulement… le drap était taché. Du bord du lit jusqu’au coffre, un écoulement de sang était visible. Sous le lit, qui dépassait sur le sol, un tapis brodé, rouge. Et dans l’ombre du lit, un corps sans vie. Sur les côtés de la pièce, on pouvait apercevoir quelques meubles tous détaillés. Une commode, fermée, aux dorures incroyables. Un endroit avec un miroir, encastré à même le mur, avec une chaise rembourrée. La pièce dans son ensemble était assez sombre, et nulle fenêtre ne donnait sur l’extérieur. Mais au coin droit, on pouvait voir une forme sombre recroquevillée. Malgré un sourire large, l’ombre avait un air résolument triste. Des larmes de sang coulaient. Sur son cou gracile, des traces de morsures.

Mais la vampire, elle, continua sans s’arrêter devant ce spectacle, ce dessin qui était posé sur les autres. Comme un souvenir qui la poursuivait à jamais. Elle revint à la conversation que tenait la reine, et … qui semblait bien plus intéressante qu’un passé révolu.

« Je pense que je peux même faire mieux. Et… sans avoir à vous emprunter des crédits. Je vous l’ai dit, Reine Ivori, je suis riche. Mais j’irai plus loin que cela. »

Elle commença à faire quelques pas en rond, en pleine réflexion. Ses yeux brillaient d’émotion. Parfois un peu malsaine, mais terriblement attirante. Puis reprit :

« Vous voulez offrir une nouvelle jeunesse à ces quartiers. De tous temps, la seule chose qui peut élever les êtres est l’éducation. Non seulement, je vais suivre vos conseils et créer un atelier. J’embaucherai. Je nourrirai. Mais aussi, je ferai construire une école. Un dortoir. Cela… me rappellera des souvenirs. Tous pourront venir. Riches et pauvres. Hommes ou femmes. Adultes ou enfants. Je recruterai aussi d’éminents professeurs. Lettres. Arts. Armes. Réflexions… La seule sera la volonté, et le travail à fournir. Ils seront logés, nourris, blanchis. S’ils échouent, par manque de volonté. Si leur cœur ne se révèle que empli de mal. Alors ils seront chassés, après leur avoir laissé une seconde chance. »

Elle éleva les bras, en arrivant dans son salon.  Le salon était plutôt grand. Déjà, la vampire avait dû acheter deux maisons, et les faire relier. On pouvait voir la trace, d’ailleurs, de quelques travaux. Les senteurs de peintures étaient présentes… Mais cela pouvait surtout être expliqué par le fait qu’un des murs étaient occupé par une énorme toile qui prenait tout le long. Il représentait un vaste paysage, qui n’était pas terminé.  Seul le quart du dessin était fait. Mais… pour peu qu’on ait fait attention au tableau précédemment posé sur le sol. On pouvait reconnaître assez facilement le côté gauche du tableau, malgré le changement de certains détails. Les meubles étaient les mêmes, encore plus détaillés, mais cette fois, dessus étaient posés divers objets. Un peigne, taillé dans un bois riche, et décoré. Des petites toiles blanches, prêtes à être peintes s’amoncelaient dans un coin. Des grands miroirs posés sur le sol reflétaient un spectacle terrifiant aux teintes pourpres et noires. Un spectacle qui n’était pas encore peint, de l’autre côté.

« Je ferai de cet endroit un lieu brillant. Seulement. Malgré tous mes moyens. Je ne peux le faire seule. La richesse que je créerai donnera lieu à des convoitises. Et c’est là que vous pouvez agir. Il faut de la protection. Et des assurances. Qu’après la sortie de cette magnifique création, ils devront pouvoir continuer leur vie, et non pas retourner à ce qu’ils étaient avant. Si tout est réuni… Alors le visage de la basse ville pourrait changer. Au fil des ans. »

Et encore… il y avait plein de choses à voir. Mais ce qui était bien, quand on était vampire, c’est que le temps n’importe guère. Un visage aussi désastreux que celui de la ville basse ne se récupérait pas en quelques claquements de doigts. Mais si elle pouvait y travailler, et réaliser son projet. Alors, il se pourrait que quelques lueurs apparaissent ici et là. Elle observa un instant Adamante, puis Elena.

« Seulement, malgré toute la force de l’Art. De l’Éducation. Ou de tout ce que je peux offrir. Cela ne suffira pas à combler ma soif. »

Elle s’avança, de deux pas, vers Elena. Elle souriait, d’un air doux, fascinée par la jeune reine. Et encore un autre pas.

« Je suis une Vampire. Mes goûts sont plus hauts que la moyenne. Je n’irai ô grand jamais me nourrir sur une personne récalcitrante. Et seul un corps appartenant à un être d’une grande bonté, au cœur pur, peut me satisfaire. Et jamais, je ne tue. Il faut savourer. Partager la tendre innocence. »

Elle s’éloigna, résistant à une pulsion qui traversa son échine, ses yeux brillèrent un peu plus, globes jaunes luminescent dans le salon peu éclairé. Bien sûr, elle mentait. Elle voulait savourer l’innocence, jusqu’à la fin. Sentir son souffle chaud contre sa peau. Sentir cette peau gracile sous ses doigts d’albâtre. Caresser ses jambes fines. Lui griffer doucement le dos… Laisser ses dents percer cette peau nue… puis…

Puis elle se détourna un peu plus. Ce n’était pas le moment. Elle devait résister. Pour certaines personnes, elle avait déjà réussi à se retenir d’aller jusqu’au bout. Et là… Elle avait de plus en plus une folle envie de savourer cette Reine au grand cœur. Mais se retenir jusqu’au bout faisait partie du jeu. Ce jeu qui donnait une saveur toute particulière à cet acte qu’elle vénérait.

« Certains pensent que les vampires ne sont là que pour dévorer des personnes. Certains nous ont chassés. D’autres nous ont vénérés. Il n’en est rien. Nous sommes… Nous étions humains. Nous sommes devenus Vampires. Il ne s’agit ni d’une bénédiction. Ni d’une malédiction. Mais juste d’un autre état. »

Pourquoi elle parlait de cela, elle n’en avait strictement aucune idée. Peut-être était-ce même plus pour elle que pour le duo, que ces paroles étaient sorties. Le cœur de la jeune Elena lui faisait monter une faim irrépressible.  Souvent, elle s’était nourrie au fil des années sur des jeunes enfants au cœur innocent et pur. Au maximum ses proies habituelles allaient sur leur onzième année. Mais ce qui était si impressionnant chez Elena, c’était que, à son âge, elle n’avait pas été corrompue par tout ce qui l’entourait, par la folie qui étreignait le monde de ses bras gigantesques. Elle était là, sur sa tour d’ivoire, ne voulant que le bien du monde.

Les mains de la vampire se serrèrent un instant, et elle se détourna à nouveau pour se détendre juste après. Son visage, lorsqu’elle revint vers le duo était empli de douceur.  Si ses yeux étaient illuminés par la faim, il n’y avait maintenant plus qu’une grande admiration. Presque, un amour. Sûrement, vous avez déjà entendu parler de coups de foudre pour une personne. Pour Prisca, c’était presque pareil. Elle tombait amoureuse du caractère et du cœur de certains humains. Et si ces émotions étaient particulièrement dirigées vers la jeune reine. Adamante n’était pas en reste. Pour la peintre, si Elena avait pu garder ce cœur, outre sa grande noblesse, c’était aussi grâce à la magicienne. Nul doute que le monde aurait corrompu et sali cette pureté s’il n’y avait pas eu les actions salvatrices de cette protectrice particulière. Et pour cela, elle admirait la magicienne.
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« Répondre #10 le: Septembre 14, 2015, 09:22:03 »

Prisca avait visiblement de grands projets, et elle était ravie de pouvoir les communiquer. Elena et Adamante la suivirent donc, et l’écoutèrent parler. Outre l’atelier, Prisca voulait aussi fonder une école, qui aurait pour le but d’instruire la population des bas-fonds. Les écoles existaient déjà à Nexus. L’éducation était quelque chose dont l’un de ses ancêtres s’était longuement occupé, en considérant qu’on ne pouvait pas totalement faire confiance aux écoles religieuses. L’éducation publique s’était donc développée, mais se heurtait à de fréquents problèmes, dont Prisca n’avait visiblement pas confiance... Ce qui était normal, puisqu’elle venait d’arriver à Nexus. Les bas-fonds de Nexus, ce n’était pas les beaux-quartiers de la ville, et, même si Prisca disait avoir de l’argent, Elena doutait qu’elle en ait vraiment assez pour entretenir régulièrement une école. Néanmoins, son engouement faisait plaisir, et parvint même à arracher sur les douces lèvres de la Reine un tendre et discret sourire.

Ensuite... Ensuite, les choses se compliquèrent un peu. La femme leur avoua en effet être un vampire, ce qui ne surprit qu’à moitié Adamante, mais le reste fut à l’avenant. Outre demander une protection pour son école, elle avait aussi un petit plus à demander, qu’elle révéla progressivement, en se rapprochant un peu d’Elena, amenant Adamante à froncer lentement les sourcils, comme toujours prête à agir face à ceux menaçant la vie de la Reine. Prisca, toutefois, se retint, mais demanda à pouvoir goûter au sang d’Elena... Ce qui, bien entendu, amena à faire quelques réflexions :

« Nexus n’est pas en soi hostile aux vampires, Prisca, si cela peut vous rassurer. »

Il y a quelques siècles, Nexus avait connu une crise religieuse, quand l’Ordre Immaculé avait commencé à véritablement s’implanter dans la société, crise qui avait débouché sur des émeutes, et sur un fanatisme exacerbé. Le Roi de l’époque avait alors dû rappeler aux religieux que la Couronne était l’autorité suprême dans le royaume, ce qui avait donné lieu à une guerre civile, jusqu’à ce que la situation soit stabilisée, et que la religion soit davantage muselée. Elena, qui connaissait bien évidemment l’histoire de son royaume, acquiesça en hochant la tête, mais fit rapidement quelques nuances :

« Toutefois, je ne suis pas habituée à donner mon sang...
 -  ...D’autant plus qu’il s’agit du sang d’une Ivory, Madame Luccicelli. Nous ne parlons pas d’un sang classique, mais d’un sang fort et puissant, celui d’une dynastie qui dirige l’un des plus grands États de Terra depuis des millénaires. »

Autant d’éléments à prendre en considération, mais, en définitive, le choix final appartenait à Elena. Adamante ne faisait que préciser quelques éléments dont toutes, ici, avaient déjà conscience, et ce uniquement pour laisser le temps à la Reine de réfléchir.

« Vous savez, Prisca, vous m’avez dit que vous aviez de l’argent, mais... Une école est extrêmement onéreuse, et elle ne vous rapportera pas de l’argent si facilement. Il vous faudra payer les salaires de vos professeurs, du personnel, et, encore, ça, ce n’est rien... Il vous faudra aussi payer les infrastructures, les coûts de construction de l’école, et, si vous vous attendez à ce que les riches familles de Nexus viennent mettre leurs enfants dans des quartiers défavorisés, vous vous trompez. Vous aurez affaire à un public difficile, composé d’enfants illettrés, qui vivent parfois dans des orphelinats. De fait, il vous faudra aussi réussir à convaincre vos professeurs de venir enseigner dans votre école. Même la Couronne ne parvient plus à financer les écoles publiques des bas-fonds, et beaucoup ferment, car nous n’avons tout simplement pas assez de maîtres d’école, qui refusent de travailler dans des établissements scolaires où leur intégrité physique est menacée. La seule solution, pour continuer à conserver les écoles ouvertes, est de les transformer en camp militaire, ce qui n’est pas très épanouissant pour les élèves. »

Ce n’était pas un portrait très flatteur, mais malheureusement réaliste. Elena était entièrement d’accord pour dire que tout venait de l’éducation, mais il ne suffisait pas juste de dire qu’on voulait une école pour que cette dernière apparaisse comme par magie. La criminalité gangrénait les bas-fonds, avec elle le paupérisme, le manque de culture, et une défiance à l’égard du système.

« Néanmoins... Je suis disposée à vous aider, mais tout votre or ne suffira pas à mener à bien votre projet. Alors... Rien que pour ça, je suis disposée à vous offrir de mon sang, si cela peut nous aider. »

Pour balancer cette ultime phrase, Elena avait dû prendre une grande inspiration.
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« Répondre #11 le: Septembre 16, 2015, 08:33:22 »

Elle ne se reconnaissait plus. Elle s'était emportée. Certes, cette reine était particulière... Mais des dirigeants aux grands cœurs, par le passé, elle en avait déjà vu plusieurs. Et au départ, quand elle décidait de protéger une lignée, c'était d'abord car une des personnes de celle-ci en valait largement la peine. Mais de tous temps, elle en avait pris soin. Elle l'avait vu souvent grandir, murir. Guidé par ses conseils, aidé par ses richesses, cette lignée devenait importante, et incontournable. Puis elle veillait sur la vieillesse de son protéger, observant chaque pli du visage qui s'accentuait au fil des ans, jusqu'à la mort de cette personne. Et même si elle n'arrivait presque jamais à reporter cet amour sur une autre personne de la lignée de son protégé, elle en prenait soin durant une voir deux générations. Puis venait la déception, et la fin. Mais au grand jamais elle ne s'était laissée emportée comme elle l'avait fait.

Un instant, elle observa Adamante avec un regard étrange. Un coup de la magicienne... ? Et elle secoua la tête. Non, elle devait juste admettre que pour cette fois, cette reine au grand cœur pur l'intéressait personnellement, au point de vouloir boire son sang. Encore une fois, l'imagination lui joua un petit tour, et elle se vit, avec Elena. Cette dernière posée sur un lit, habillée d'un simple habit blanc, à l'attendre. Elle s'imaginait l'allonger, et lui passer un collier de coraline autour du cou, tandis que des murmures apaisant so... Ce n'était que de l'imagination. Foutus cœurs purs. Elle ne pouvait y résister. Elle voulait les arracher des corps graciles. Elle voulait les goûter... Mais...


- Non !

Elle leva la voix, juste après la première phrase d'Adamante, et fronça les sourcils. Se reprendre. Et elle reprit aussi la parole, en même temps son calme.

- Je veux dire. Que Nexus ne soit pas hostile aux vampires à l'heure actuelle est un fait appréciable. Ceci dit, cela ne dure que rarement longtemps... Mais bon, peut-être qu'ici ce sera différent. Je suis curieuse.

Par ici, bien sûr, elle parlait de la différence entre la terre et ce monde-là. Et dieu savait que les différences étaient nombreuses. Sûrement aussi nombreuses que le nombre de personnes sur Terra. Déjà, les gens sur terre avaient une tendance amusante à croire en des choses qui n'avaient aucune représentation pour eux, et quand on leur montrait des choses vraies, mais qui sortaient de leur cadre bien carré, ils n'y croyaient même pas, ou avec une difficulté impressionnante. Les humains de la terre restaient une race emplie de paradoxes qui n'avait cessé de l'étonner à travers des siècles et des siècles de vie. De l'autre côté, les habitants de Terra, et surtout de cette ville, Nexus, d'après ce qu'elle avait compris, étaient un amas de divers races et divers croyances. Ici, on pouvait rencontrer absolument tout. Dans certains bruits de comptoir, il se disait que même des dieux ou des représentants divins directs étaient venus fouler les rues de cette ville. Et quels que soient les problèmes qui avaient pu agiter la cité, elle s'était relevée au final, toujours plus mélangée. D'un côté... Peut-être que le problème venait de là.

Et Adamante cru bon de préciser la nature exacte du sang d'Elena. Prisca secoua la tête, laissant ses longs cheveux rouges sombres, dans la pénombre, onduler doucement.

- Je ne m'intéresse pas à la nature du sang. Sinon, plutôt que de rechercher des cœurs à la pureté intacte, j'irai chercher plutôt des êtres magiques dont le sang est, parait-il, une source de pouvoir et de bon goût sans nom. Cela ne m'intéresse tout simplement. Seule la couleur du cœur, de l'âme m'intéresse. Le pouvoir m'a été donné par les dizaines, centaines d'années, voir même plus, que j'ai traversé. J'ai traversé les âges, et j'ai acquis nombre de connaissances. Sur des choses qui n'existent plus, et qui n'existeront plus jamais. J'ai pris soin de lignées de sang royal, ou de sang plus pauvre. Et savez-vous. Quand l'âme n'est pas entachée par le pouvoir ou le monde alentour. Le sang a pour moi, le même goût.

Dans un sens, elles étaient plus proche de certaines légendes -sûrement fondées- de vampires sumériens, que ce qui était communément appelé vampire. Et même si elle ne prenait pas véritablement les âmes... C'en était sûrement pas loin. Elle fit une pause, observant le duo maintenant devant elle. La noble reine et la fière magicienne.

Les paroles de la première, au départ lui arrachèrent un sourire amusé. Mais la suite lui fit perdre un peu de sa superbe. Elle idéalisait trop les humains décidément. Enfin, pas que les humains... Mais les autres races si spéciales de ce monde ne lui étaient pas encore familières. De ce côté, elle avait des excuses. Ceci dit, d'après ce que la reine déclamait, face à la pauvreté et à l'inégalité injuste, les réactions étaient toutes les mêmes. Que ce soit les humains de la Terre, ou les habitants de Terra : les pauvres devenaient violent, et volaient aux riches. Les convoitises continuaient donc sans cesse de transformer des havres de culture en enfer d'ignorance.  Puis vint la dernière phrase.

Etonnement, Prisca resta calme. Elle sourit d'un air doux, même, couvant Elena du regard, oscillant parfois vers Adamante.

- Je vais commencer par le début, si vous le voulez bien. L'argent n'est pas un problème. Réellement. J'ai vécu... longtemps. Durant ma longue vie, j'ai vu nombre de civilisations s'écrouler, nombre d'entre elles naître. Et la seule notion qui a été presque présente de tous temps, est la richesse. Et quand on vit une éternité, elle s'accumule et déborde. Ici et là, des maisons ont été créées, pour tout contenir. Il y a de tout. Tableau, technologie, partitions, or, métaux précieux. Où que j'aille, je n'ai jamais manqué de rien, car par-delà toute ma vie, j'ai l'éternité devant moi. Ceci dit, je comprends la situation évoquée ici, et je ne savais pas qu'il y avait déjà eu des tentatives d'implanter la culture dans ces endroits où règnent la violence et l'ignorance. Ainsi, je commencerai peut-être simplement par un atelier, le temps de laisser à ce peuple avide de richesses de s'habituer. Puis peu à peu, je ferai grandir le tout. Mais je le répète. Même si j'accepte votre aide, ce n'est pas vraiment par besoin.

Elle fit une pause, observant cette fois Elena dans les yeux.

- Votre sang. Et c'est une promesse. Je viendrai le chercher. Mais pas aujourd'hui. Il faut parfaire le cadre. Et ce n'est nullement ni le moment, ni l'endroit, pour un tel acte. Reine Ivory... Je l'ai dit juste avant. J'ai vécu un nombre d'année indénombrable. Qu'en est-il de ma naissance, de mon origine. Je n'en sais trop rien. Mais mes souvenirs commencent déjà en vampire. Et à l'époque... Eh bien. Disons qu'entre ce moment, et maintenant. J'ai vécu sûrement un millier de vies différentes. Et j'en ai pris d'autant plus.

Elle regarda Adamante.

- Bien sûr. Je ne compte pas vous prendre la vie, Reine Elena. Jamais je n'ai fait cela sur les lignées que je jugeais dignes de ma protection, et ce n'est pas maintenant que je commencerai.

Prisca revint à Elena, avança d'un pas, et caressa sa joue avec une douceur infinie, comme si elle craignait de briser cette personne de porcelaine.

- Je viendrai prendre votre sang, car vous me l'offrez. Mais je n'irai pas plus loin qu'en prendre quelques gouttes, car alors, je ne suis pas certaine de pouvoir me contrôler. Vous êtes spéciale. Et non pas en raison d'une quelconque lignée. Mais en raison de la puissance de votre cœur. Je vous offrirai des tableaux sur la pureté, si j'arrive ne serait-ce qu'à en saisir un fragment. L'atelier sera créé, et mis à disposition de tous les artistes volontaires. Et au moins une galerie sera proposée, avec des fonds. Ceci est une promesse.

Elle se mordit les lèvres, laissant ses fins doigts glisser sur les lèvres de la reine, caresser le menton et venir dans son cou, pour enfin se retirer. Si elle s'écoutait.... Elle aurait sauté sur l'occasion. Elle aurait détruit ce corps pour s'emparer de la pureté qui l'habitait. Ou peut-être aurait-elle voulu la transformer pour la garder auprès d'elle.... Mais il y avait tellement de chance que la chose si spéciale chez Elena se fasse corrompre avec la transformation que cette idée avait été enfermée loin dans son esprit. Elle soupira, et s'écarta d'un pas.
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« Répondre #12 le: Septembre 18, 2015, 10:05:46 »

Prisca leur assura et leur certifia que l’or n’était pas un problème, car elle avait eu une longue vie, et avait ainsi pu accumuler quantité de richesses... La Reine, elle, se permettait de rester sceptique. Des mots, ce n’était que des mots, et les vampires étaient connus pour aimer enjoliver leur situation personnelle. Elle attendrait donc des assurances sur sa fortune, mais, juste après, Prisca revint sur son sang. Elena, en toute honnêteté, n’avait pas tout compris... Et ne pas comprendre l’inquiétait un peu. Est-ce que Prisca voulait son sang ? Ou sa pureté ? Est-ce qu’elle comptait la corrompre, noircir son âme ? Une telle idée était effrayante en tant que telle, tout comme Adamante le pensait. La magicienne n’avait qu’une confiance limitée dans les vampires, surtout ceux qui étaient âgés, car ils étaient souvent les plus impétueux et les plus arrogants, pensant que leur très vieil âge les rendait invulnérables, et les rendait ainsi capables de faire tout et n’importe quoi de ce qu’ils voulaient. Il fallait donc souvent les rappeler à l’ordre, et, quand Prisca se rapprocha, et caressa le visage d’Elena, Adamante se tendit comme une corde de violon... Mais Elena la laissa faire, en trouvant ce contact... Doux et agréable.

La vampire comptait donc venir prendre son sang, et Elena la regarda, en essayant de ne pas sourciller. Au moins, la vampire était revenue sur l’idée de faire une école pour l’heure, afin de se concentrer sur l’atelier. C’était préférable... Elena ne la connaissait pas tant que ça, et elle avait besoin de s’assurer que cette femme soit réellement motivée par l’idée de faire une école publique, et de dispenser l’enseignement nexusien. L’éducation était une chose importante, l’une des prérogatives régaliennes du pouvoir, d’où le souhait de la Couronne de continuer à entretenir les écoles, même quand c’était difficile. Les institutions privées, notamment religieuses, étaient une chose dont Elena se méfiait, car elle n’était pas sûre de savoir que l’enseignement dispensé correspondait bien aux programmes que le Palais d’Ivoire voulait voir figurer.

Prisca s’écarta alors d’Elena, qui continua à la regarder, sans trop savoir quoi dire.

« J’accepterais vos tableaux avec joie, Madame Luccicelli. Quant à mon sang... Je vous l’ai promis, oui, mais, puisque vous connaissez si bien les souverains, vous savez que nous ne sommes pas maître de notre emploi du temps. Je ne reviendrais pas sur ma parole, que ce soit clair, mais il se peut que, si vous veniez le réclamer, je suis occupée. En attendant... J’étudierais votre projet d’école, mais il me faudra des informations sur vous.
 -  De plus, vous venez d’arriver à Nexus. Vous avez voyagé longtemps, mais Nexus est une ville qui a ses propres spécificités, et, depuis quelques années, la ville a singulièrement changé. Il faut y vivre pour en ressentir les problèmes profonds, au-delà des rumeurs et des histoires qu’on peut entendre. »

Adamante marcha alors vers elle, et répondit aux provocations tactiles de Prisca, en venant caresser l’une des joues de la vampire, son regard déterminé et assuré.

« Vos connaissances... Votre histoire... Ils peuvent intéresser la magicienne que je suis. Accepteriez-vous que je passe la soirée en votre compagnie ? »

Elena fronça les sourcils. À quoi est-ce que pensait Adamante en faisant une telle proposition ? La connaissant... Ce n’était sûrement pas très chaste, mais elle n’allait pas rentrer dans les détails.

« Le Capitaine Luria pourra tout à fait vous ramener au Palais, n’est-ce pas, Majesté ? »

La Reine haussa les épaules en souriant.

« Oui... Je suppose que oui... Ou je peux encore assister à votre vernissage. »

Restait toutefois à savoir si Prisca voulait de la compagnie de la belle magicienne...
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Prisca Luccicelli
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« Répondre #13 le: Mars 19, 2016, 12:45:21 »

Elle était chez elle. Dans une pièce qui n'était pas ouverte au public. Là où elle peignait son âme meurtrie à jamais. Là où elle peignait ce qui passait par son esprit millénaire. Ou centenaire. Elle avait arrêté de compter depuis longtemps. Et elle avait devant elle des êtres admirables. Tellement, qu'elle pourrait tomber amoureuse. D'un côté, il y avait cette Reine, qui apparaissait à ses yeux, comme une étoile vive, au milieu d'un océan de débauche et de crimes. Une pureté qu'elle voudrait savourer lentement, longuement jusqu'au bout. Et de l'autre côté, il y avait cette magicienne magnifique, à l'intelligence vive et audacieuse. Pour Prisca, qui avait passé la plus grande partie de sa non-vie sur Terre et qui voyait donc ses connaissances un peu limitées par toutes ces nouveautés fantastiques, la magicienne avait largement son attrait. Et elle le savait : toute la puissance qu'elle renfermait, toutes les richesses qu'elle possédait n'étaient finalement que peu de choses face à la connaissance et l'information.

S'étant reculée pour résister à une tentation qui étreignait son corps férocement, et de plus en plus, elle observait ce duo attirant. Pour peu, elle avait oublié qu'une troisième, plus guerrière et brute se trouvait dans la salle principale, où se tenaient les tableaux, où commençaient les commérages. La vampire savait pourtant que pour faire son école, et former des êtres intelligents, elle devrait se plier à quelques règles. Elle n'était plus dans son Italie ancienne, ou dans les autres civilisations passées. Il lui fallait plus d'informations. Puis Elena reprit parole, de sa voix enchanteresse, pour le plus grand plaisir de cette Vampire ancienne.

C'est bien ce qu'elle pensait. Il lui fallait des informations. Quant au problème d'un agenda occupé... Elle en sourit.

- Reine Elena. Osez penser que jamais je ne viendrai avec le risque de recevoir un refus ou une indisponibilité. Quand je viendrai, c'est que ce sera le lieu, et l'heure, pour m'offrir ce que vous avez promis. Et rien ne gênera ce moment. Je le choisirai soigneusement pour ne pas interférer avec vos diverses obligations, soyez rassurée de cela, si vous en ressentez le besoin.

Elle choisirait. Cela lui importait. Garder le contrôle... Elle reprit, pour Adamante, tout enla laissant agir, sa main contre sa joue, douce.

- Il est vrai, tendre magicienne, que vos connaissances sur divers milieux peuvent m'intéresser...

D'un geste de poignet, elle écarta la main de la magicienne, pour lui prendre son poignet, l'enfermant dans un doux étau.

- De plus, il va commencer à se faire tard, et l'heure file plus vite que toute autre notion, en ces lieux sombres et personnels. Je vais plutôt vous laisser vadrouiller ici, tandis que je vais raccompagner la Reine à sa chère garde, qu'elles rentrent toutes deux au Palais d'Ivoire.

Elle lui relâcha le bras, avant de se diriger sans vraiment attendre dans le couloir, pour rejoindre ensuite la salle où le vernissage avait lieu. Doucement, elle frappa dans ses mains, à trois reprises, pour attirer l'attention de toutes et de tous. Laissant, si elle voulait, Elena rejoindre sa capitaine Luria. Lentement, alors que le silence se faisait peu à peu, elle passa son regard doré sur chacun des membres de cette petite assemblée.

- Mesdames, messieurs, Reine Ivory. Quoi que ce fut un immense plaisir pour moi d'ouvrir mon humble atelier à vos humeurs et à vos yeux. Il va être temps pour moi d'y mettre fin. Je vous remercie, tous autant que vous êtes, d'avoir eu l'esprit assez ouvert pour contempler ces quelques tableaux. Et je remercie particulièrement la Reine Ivory pour l'honneur qu'elle m'a faite en se rendant à ce vernissage bien modeste. Preuve en est que la véritable Couronne ne se laisse pas sombrer dans les frasques de la corruption. Preuve en est, qu'Elle est bien celle au cœur ardent et pur qu'elle semble être. Ici. Nul grief. Nul déplaisir. Simplement l'ouverture d'esprit à la culture, à la connaissance. Je ne peux vous offrir que mes tableaux. Mais pour moi, ce ne sera qu'un début, je l'espère. Mesdames, Messieurs. Ma Reine.

Et sur cette dernière salutation, le monde commença à partir, parlant fort, libéré de cette contrainte qu'imposait la contemplation des tableaux. Bien sûr, Prisca se tint à la porte pour saluer chaque personne qui partait, et surtout cette Reine et sa fidèle accompagnatrice. Doucement, elle leur souhaita tout le bien, non sans ajouter quelque allusion discrète à une prochaine visite.

Enfin, quand tout cela fut enfin terminé, elle referma sa porte à clef. Fermant un à un les différents fermoirs pour la maintenir dans cet état. Après tout, elle ne comptait ni se faire déranger, ni sortir ce soir, non ? S'étirant largement, laissant son regard s'attarder sur ses peintures, elle sourit. Ce monde, ce monde si différent du sien. Mais elle avait d'autres préoccupations. Maintenant, il fallait retrouver une Magicienne.
« Dernière édition: Mars 19, 2016, 05:15:39 par Prisca Luccicelli » Journalisée
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FicheChalant
« Répondre #14 le: Mars 22, 2016, 08:31:29 »

Cette soirée vernissage avait été particulièrement étonnante. Déstabilisante, elle avait mal commencé, en partie par le franc-parler de Prisca, mais la nature généreuse et bienveillante d’Elena avait permis d’éviter un drame. Adamante avait donc réussi à obtenir le droit de passer la nuit avec cette belle et puissante vampire. Prisca était une vampire assez ancienne, ce qui supposait donc, si on se fiait à la légende des vampires, une certaine forme d’arrogance et d’orgueil. Ceci expliquait peut-être pourquoi elle n’était pas spécialement humble à l’idée d’être en compagnie de la Reine de Nexus, et pourquoi elle se sentait à son aise avec elle. Le passé de Prisca lui était inconnu, mais Adamante était sûre que, dans le passé, elle avait dû se retrouver dans des palais et des cours royales. Les plus puissants vampires se situaient à Ashnard, et elle avait donc le droit de se demander si cette Prisca ne venait pas, originellement, d’Ashnard. Ceci nécessiterait de se renseigner un peu, et, pendant que Prisca allait raccompagner Elena, Adamante en profita pour faire sa curieuse.

Le lieu servait aussi d’habitation pour Prisca, et Adamante, en se déplaçant, vit l’atelier, suffisamment grand pour contenir des employés. Si son activité se développait, Prisca pourrait lancer un petit commerce. Il n’y aurait pas de quoi relancer toute l’activité économique dans les bas-fonds, mais sûrement de quoi participer au renouveau des bas-fonds. Adamante marcha donc dans l’atelier, puis continua à grimper, se rapprochant de la chambre de Prisca.

*Oui, je me demande vraiment d’où vient cette femme...*

Curieuse, Adamante avait cependant d’autres soifs avec la femme, une soif qu’elle avait cru sentir de la part de Prisca, dont la robe, élégante, était particulièrement courte. Elle savait que les vampires, tout en ayant soif de culture, étaient aussi des êtres avec des instincts primaires très lourds, et la demande de Prisca de mordre le cou d’Elena permettait de comprendre cela.

Lorsque Prisca ferma l’atelier, il n’y avait plus qu’elle et Adamante, à l’intérieur.

Dehors, Elena partit en compagnie de Luria et d’autres gardes, et, peu à peu, la rue se vida. À l’extérieur, des hommes regardaient toutefois cet atelier sans rien dire, avant de se fondre dans l’obscurité...

Prisca, de son côté, s’aventura dans les locaux, recherchant Adamante... Et elle put finalement la trouver dans une bibliothèque.

« Tu as beaucoup de livres intéressants, Prisca... Je vois que tu es une femme de goût. Elena aussi aime énormément lire. »

Quand les deux femmes étaient au monastère de Saint-Antoine, Elena lisait énormément, et les moines devaient régulièrement lui fournir des livres, tant elle les dévorait. Adamante sourit fugacement à ce souvenir, puis se retourna vers la femme.

« Alors, suite à cette entrevue, dirais-tu que la Reine est conforme à l’image que tu t’en faisais, ou non ? »

Tout en posant cette question, la magicienne s’était lentement rapprochée d’elle.
Journalisée

DC d’Alice Korvander.

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