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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Lorsque deux prédateurs se croisent... [ Telka ]  (Lu 4589 fois)
Laura
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FicheChalant
« Répondre #30 le: Septembre 07, 2013, 10:30:50 »

C'est bon, elles étaient sauvées ! Enfin, c'est le sentiment qu'eut Laura quand son amie lui répondit avec calme et la guida avec assurance dans une suite de petites rues. Avait-elle été utile à l'aventurière ?... c'était une question secondaire, mais tout de même, l'impression d'être un fardeau lui était pénible.

Les deux femmes arrivèrent finalement devant une porte surmontée d'un panneau dont la Sirène mémorisa le pictogramme sans que celui-ci n'ait plus de sens pour elle que les écritures qui le complétaient. La brune hocha la tête comme une élève attentive face aux explications de sa guide qui venait de cogner la porte, comme le commandait l'usage chez les humains - du moins pour certaines portes. Elle ignorait ce que signifiait "pieux"... ça devait être une qualité pour la jeune terrienne. Dans le silence gênant qui s'installa ensuite, elle tanguait doucement d'un pied à l'autre, balançant entre la peur de voir un garde surgir à tout moment et l'envie d'entrer à nouveau en contact physique avec la guérisseuse...

Enfin la porte s'ouvrit, laissant apparaitre un vieux mâle minuscule et dégoutant, qui portait les stigmates de
dégénérescence de la vieillesse. Une expression de dégoût à peine perceptible passa brièvement sur le visage délicat de l'ondine ; elle n'avait pu la contenir, et de toute façon l'homme, qui ne la regardait pas directement, ne l'avait certainement pas relevée. Elle avait déjà vu nombre d'humains laids et vieux, voir mal-formés, mais celui-ci l’écœurait particulièrement. Et dans le même temps elle ressentait une sorte de pitié pour cette créature au physique si ingrat. Comment pouvait-il supporter un tel état ? Ne serait-ce pas un soulagement pour lui et ceux de son espèce si l'on mettait tout simplement fin à ses jours ? La vue de cette nature disgracieuse et en incessante désagrégation était difficilement supportable pour la Sirène. Celle-ci lança un regard en coin à son ami, étant soudain étreinte par une certaine angoisse. Est-ce que cette petite humaine au visage si doux allait subir le même sort que cet édenté ventripotent ?... Elle chassa la pensée de son esprit. C'était là des considérations bien lointaines, elle avait d'autres soucis pour l'instant.

Elle se laissa entrainer à l’intérieur ; un intérieur d'auberge comme elle en avait déjà vu, où flotte une odeur qu'elle avait déjà sentie auparavant, mais qu'elle ne parvint pas à reconnaitre. Le maitre des lieux se hâta de déplacer son gras jusque derrière le comptoir afin de se saisir d'une bouteille qu'il présenta aux deux femmes. Du "jus de châtaigne"... Laura se dirigea avec son amie devant le meuble qui les séparait - et s'était très bien ainsi - du petit homme, et saisit son verre qu'elle observa avec circonspection, avant d'en humer le contenu. Une odeur assez puissante se dégageait du liquide : du coup, elle était assez curieuse de savoir à quoi ressemblaient les fameuses châtaignes dont on tirait un jus qui sentait si fort.

Elle se tourna vers Telka et lui sourit légèrement avant de répondre à sa question :

- Non, c'est la première fois que je vois du jus de châtaigne... , puis, adressant un regard timide à leur bienfaiteur si mal fagoté ; merci...

Elle porta le verre à ses lèvre et prit une toute petite gorgée qui lui fit comprendre en quoi ce breuvage était "fort" ; le liquide laissa derrière lui un goût à la fois agressif et sucré sur sa langue, ainsi qu'une sensation de chaleur dans sa gorge. Étrange. Heureusement, en tout cas, qu'elle n'avait bu qu'avec parcimonie...

Elle ne savait pas bien quoi répondre aux questions de cet inconnu dont elle peinait à cerner les intentions, aussi elle se contenta d'opiner du chef pendant que sa seule alliée en ce monde parlait pour elle, tout en sirotant sa boisson pour se donner une contenance. A son grand soulagement, l'homme finit par les laisser à nouveau seules ; son acolyte lui adressa à nouveau la parole, et Laura laissa ses lèvres s'étirer dans un arc radieux, franchement soulagée et heureuse qu'elles soient à nouveau en sécurité, délivrées de la présence oppressante d'un quelconque mâle, poursuivant ou bienveillant. Elle croisa le regard de la jeune femmes un instant puis se détourna, un peu mal à l'aise, camouflant sa fuite oculaire en reportant son attention à son verre. Elle commençait à s'habituer à cette substance, voir même à l'apprécier, non pas pour sa saveur mais pour la chaleur qui se déployait dans son œsophage et son estomac.

Elle reporta son attention sur la discution ; est-ce qu'on viendrait les chercher dans cet endroit ?

- Oui, non... je... aucune idée...


Dans ce lieu si calme, la possibilité d'être à nouveau agressée par des gardes lui paraissait bien lointaine, mais pour autant elle ne savait vraiment pas s'ils auraient l'idée de venir les débusquer ici. Elle jeta un œil au niveau de son verre ; elle en avait "déjà" avalé la moitié. "Au matin, on verra bien ce qu'on fait"... ces mots l'emplissaient de joie et la rassuraient ; elle n'allait pas se retrouver seule à nouveau.

- N'importe quel endroit me convient, du moment qu'aucun homme ne nous veut du mal... mais s'ils viennent jusque ici ?... Qu'est-ce qu'on fait ?

Sa question avait en fait plus pour but de prolonger la conversation que de palier à une réelle inquiétude. Depuis que la peur l'avait quittée, Laura ne pensait plus qu'à une chose : retourner dans les bras de la jeune femme, et peut être l'embrasser : ici, là... dans le cou, sur le visage, sur les lèvres. Elle imaginaient déjà ce visage ingénue prendre une teinte rosée, cette étreinte se faire plus passionnée... elle fit un pas en avant, comme pour s'approcher, mais eut soudain l'impression que son geste était maladroit, et elle stoppa immédiatement sa progression, replongeant le nez dans son verre et se détournant pour promener sa silhouette gracile à travers la pièce d'un air nonchalant. Elle observait tout ce qui était observable autour d'elle, maudissant sa gaucherie. C'était tellement plus facile avec les hommes... Finalement elle pivota à nouveau vers sa cible qu'elle dévisagea en pinçant les lèvres pendant quelques secondes. Elle aurait voulu trouver quelque chose d'intéressant à dire, mais elle se contenta de lancer une petite pique avec un sourire en coin :

- Ton Dieu ne te commande rien en ce qui concerne la manière de dormir, au moins ?

Après tout, Telka semblait beaucoup aimer parler de son Dieu...
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« Répondre #31 le: Septembre 11, 2013, 02:31:01 »

Je suis un peu surprise de l'attitude de Laura vis à vis du liquide trouble que nous a servi l'aubergiste. La plupart des autres femmes que je connais auraient froncé le nez rien qu'en sentant l'odeur du breuvage : elle n'est décidément pas aussi délicate, je songe, qu'elle en a l'air. Les épisodes de l'arrestation, de l'emprisonnement, puis notre fuite, m'ont presque fait oublier la cause fondamentale de notre situation. Alors que j'y pense de nouveau, le meurtre commis par l'îlienne me paraît presque incongru, et tellement éloigné de ce que nous avons vécu ensuite… Une large part de moi-même me prie d'ignorer ce crime, et de la considérer ainsi que je l'ai connue ensuite, timide, réservée, reconnaissante… envoûtante aussi. Sans oublier le fait qu'elle ait pris des risques pour m'extraire de la prison. Je crois de tout cœur à la rédemption. Pourtant, cela ne fait même pas vingt-quatre heures que ce soûlard a rejoint les cieux. Puis-je dire alors, c'est pardonné ? Je n'ai pas ce droit. C'est ma conscience, cette fois, qui me l’ascèse.

-Le mieux, c'est quand même d'espérer qu'ils ne viennent pas. Sinon, le plus important, c'est qu'ils ne te prennent pas là. Moi, je ne reste jamais longtemps au même endroit. Pas même en prison.

Je bois une nouvelle gorgée, puis une autre, presque à la suite. Suite à ce traitement, ma conscience, enfin, me laisse un peu tranquille. Dans le même temps, l'alcool qui commence maintenant à faire un peu d'effet sur moi me donne la réponse à mon interrogation de tout-à-l'heure. Je ne suis pas le Christ, je ne suis pas prophète, je ne suis même pas un membre du clergé au sens strict ; je ne peux pas parler au nom du Seigneur et assurer le pardon des pêchers. En revanche, je peux lui pardonner à titre personnel, et laisser le reste à Dieu, à plus tard. Au moins, cela réglera les derniers scrupules que j'ai encore à la considérer à présent de plus en plus comme une amie. Il lui reste encore toute une vie, peut-être même cette vie sera-t-elle longue si elle évite à l'avenir certains quartiers, pour s'illustrer dans la vertu. Est-ce la détente causée par la boisson sur mon esprit qui me fait aussi bien accepter une telle perspective ? Je suis incapable d'évaluer quelle part l'alcool prend dans ma décision. Je sais que l'alcool, toutefois, est un révélateur, qu'il ne fait pas mentir. Je sens que j'y crois, au plus profond de moi.

-En fait, de temps en temps, Dieu m'appelle et… je mime avec mes mains une petite explosion : …zwip ! …je disparais !

Je jette un œil au verre déjà à moitié vide de Laura. Le degré d'alcool du jus de châtaigne est difficile à quantifier, et doit varier, je pense, un peu, entre chaque bouteille. Cependant, même si le goût est un peu traître, je ne lui donnerai pas moins de 40° pour les crus les plus sucrés. La quantité bue, en si peu de temps, serait considérée comme alarmante sur Terre, et un peu moins sur Terra, où les gens sont en général plus rude. Je n'ai pas le sentiment d'être en danger, car je sais assez bien les effets qu'a l'alcool sur moi, en revanche, je réalise que je n'ai pas pris la peine d'en informer mon interlocutrice. À jeun et avec une dose aussi importante absorbée en si peu de temps, sur elle comme sur moi, les premiers signes d'ivresse ne tarderont sans doute pas à se faire sentir.  Heureusement, nous ne courrons aucun risque majeur : mon pouvoir est capable de détruire la moindre molécule d'alcool superflue dans un corps. Je n'ai plus beaucoup de doute sur le fait que mon comportement est dors et déjà changé, de toute façon. Il n'y a rien de malhonnête, après tout, à rendre la conversation un peu plus intéressante, d'autant que ma curiosité me titille.

-C'est pénible, au début, mais on s'y fait assez vite ! Enfin, tu sais le plus gênant ? Je baisse d'un ton, et pouffe : c'est que je réapparais complètement nue. Parfois au milieu des gens, ou dans des endroits terriblement… Une fois dans un vestiaire de foot, avec plein de garçons qui se déshabillaient. Huhu.

Je me rends bien compte qu'il s'agit exactement du genre d’anecdote que je n'aurais jamais même évoquée sobre. D'un autre côté, contrairement au comportement plus discret que j'adopte sur Terre, je n'ai jamais vraiment essayé de cacher mes pouvoirs sur Terra, où ils sont relativement courants. J'essaie simplement d'éviter d'attirer l'attention sur moi, et d'en faire trop l'étalage, car évidemment, ils entraînent aussi des convoitises. Le degré d'intimité concerne plutôt la situation dans laquelle je me retrouve après manifestation du phénomène. Avec Laura, je n'ai de toute façon rien à craindre. C'est ma grande amie, et je me sens prête à tout lui dire si elle me le demande.

-Non ! On peut faire des prières avant d'aller se coucher, et quelques fois, on doit veiller mais… Oh, ça n'est pas intéressant. Huhu. Parle-moi plutôt de… comment tu es arrivée à Nexus ou alors… Je secoue la tête, jugeant la question trop sérieuse et ennuyeuse. …de la chose la plus gênante qu'il te soit jamais arrivée ?

J'esquisse un grand sourire. Je me sens légère.
« Dernière édition: Septembre 15, 2013, 02:10:30 par Telka » Journalisée


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« Répondre #32 le: Septembre 15, 2013, 06:36:56 »

Elle fixa d'un regard étonné les mains de Telka dans leur mime ; "zwip !". Zwip ? Comment ça ? À tout moment ? Était-ce une blague ? Après tout la jeune aventurière soignait par le simple toucher... Laura imaginait l'angoisse que ça devait représenter, de pouvoir être arrachée à tout moment à sa tranquillité et recrachée dans un endroit inconnu. Comment pouvait-elle vivre ainsi, condamnée à être ballotée de place en place ? C'était comme si elle même ne s’appartenait pas, mais dépendait du bon vouloir de son Dieu, qu'elle continuait malgré tout à juger bon... mais c'était une faiblesse typique de certains humains que d'éprouver de l'amour pour leurs maitres, quels qu'ils soient. Et pourtant cette petite avait l'air tellement différente de ses semblables...

L'anecdote du "vestaire de foot" - du quoi ? - lui fit hausser les épaules, avant qu'elle ne se souvienne de l'attrait que la nudité exerçait sur les humains...

Une femme, totalement nue, entourée d'une horde de mâles... pour une Sirène, cette situation était le pire des dangers à éviter : plus les hommes étaient nombreux, plus il était difficile de les éliminer. Certaines, plus audacieuses, attiraient parfois les marins par deux, et rapportaient à leurs consœurs que cette expérience était plus intense qu'une copulation à deux.

Toujours est-il qu'une terrienne n'avait pas à se soucier de tuer ses amants, et bien que Laura ait toujours entendu dire que les humains étaient monogames, elle pouvait supposer que la guérisseuse ait apprécié ce moment. Après tout, une femme qui disparaissait sans cesse pouvait difficilement être attachée à un homme. Elle ne pouvait s'empêcher de jouer la scène dans sa tête, tout en écoutant son amie parler ; son ventre se noua, tandis que son cœur frappait ses côtes avec ardeur. Telka, haletante, caressée par trois paires de mains, débordée et fébrile. Un mélange de d'excitation de jalousie l'emplissait toute entière : elle imaginait son ami grognant de plaisir, les cheveux collés par la sueur, alors qu'ils la prenaient à tour de rôle... rouge écarlate, sur le point de se tordre de plaisir. Encore plus rouge que Laura à cet instant.

Cette dernière piqua à nouveau vers son gobelet, comme si elle avait peur qu'on lise dans ses pensées.

- Ah, c'était ... tu... c'était pas un peu... trop ?

Elle posa cette question d'un air qu'elle voulait nonchalant, mais sa voix était trop haut perchée et ses gestes trop nerveux pour qu'elle puisse réellement faire illusion. Dans tous les cas, elle voulait en savoir plus, même si cela relevait d'un certain masochisme. Elle fit quelques pas silencieux en direction de la religieuse, jusqu'à se trouver en face d'elle, toute proche, bien plus proche qu'elle n'aurait du l'être lors d'une conversation innocente. Elle ne savait pourquoi, mais elle ressentait une sorte de vertige, comme si sa poitrine envoyait trop de sang dans ses tempes, menaçant de la faire évanouir, comme si on courant imprévisible faisait tanguer le monde autour d'elle. Et malgré ça, elle avait l'impression que tout était sous contrôle, qu'il lui suffirait de se pencher sur la demoiselle et d'y apposer ses lèvres pour lui transmettre son transport.

- Une situation gênante... haha... bien... quand je suis arrivée dans Nexus, j'ignorais ce qu'était une maison... je voyais les gens ouvrir des portes et entrer, puis sortir... j'ai essayé de faire pareil... les portes que je voulais ne s'ouvraient pas... j'ai passé plusieurs heures à tourner en rond, avant de rentrer dans une auberge. Et là je ne savais pas quoi faire. Je me suis juste assise, comme les autres, mais toute seule...

Son histoire, certes, n'avait pas de chute, mais elle avait connu peu de moments plus gênant depuis son arrivée en ville. Et elle ne pouvait pas raconter d'histoire impliquant des Sirènes... de toute façon elle n'avait répondu que pour faire plaisir à son amie qui semblait curieuse. Elle avait bien d'autres choses en tête : elle brûlait d'un désir qu'elle n'avait plus la volonté de contenir à présent ; tant pis, après tout. Elle posa son verre presque vide sur le comptoir, obligée de presque se coller à sa proie pour se faire... et une fois les deux mains libérées, se saisit délicatement de ses épaules minces mais fermes, la couvant du regard.

- Je suis perdue ici tu sais... si tu n'avais pas été là...

Elle stoppa sa phrase. Inutile de préciser ce qui serait arrivé, et de reprendre encore cette conversation. Elle allait en venir au fait, maintenant ; elle approcha doucement son visage pour déposer un baiser, tendre et légèrement humide, sur le front de la jeune femme. Elle se retire ensuite, n'osant même plus respirer et la dévisage d'un regard plein d'espoir. Nul doute qu'au moindre signe de consentement, ou même d'hésitation, elle repassera à l'attaque et dévorera son visage en entier : ses pommettes rosées, son menton si fin et même l'arrête de son nez... et bien sûr, enfin, ses lèvres tant convoitées. Tout y passera et il n'en restera rien, lorsque la faim de la Sirène sera assouvie.
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« Répondre #33 le: Septembre 18, 2013, 08:33:25 »

L'alcool ne m'aide pas beaucoup à réfléchir, c'est certain. En revanche, j'ignore si à cette dose, il me rend aussi plus tolérante à l'incompréhension. En réalité, je ne sais pas exactement si c'est mon interlocutrice qui a mal interprété mon propos, ou si c'est moi qui suis incapable de saisir ce qu'elle veut dire lorsqu'elle évoque un trop. Un trop de quoi ? Elle-même n'en semble pas très sûre. Je fronce les sourcils, en proie au doute. Je remarque la couleur rouge écarlate de son visage, et émet l'hypothèse qu'elle vient de changer de sujet d'un seul coup. Je lie facilement les deux. Après tout, cela n'est pas très loin de ma propre réflexion, et je trouva ça légitime. N'en étant pas certaine, je ne peux cependant faire qu'une réponse assez évasive.

-Je… oui, fais attention à ne pas en boire trop. C'est un peu enivrant, tu sais. Huhu.

Une incitation à la modération que je ne trouve pas nécessairement bienvenue, et qu'en fait, j'oublie assez vite. Maintenant que nous avons échappé au danger, il me semble naturel de décompresser, et de nous offrir un peu de détente, tout en sachant, bien sûr, que les éventuels excès seront sans conséquence. Pour autant, je me heurte encore une fois à la personnalité singulière de Laura. Son histoire est étrange, et elle ne paraît pas manquer de bonne volonté pour se confier. Hélas, elle est étrangement éloignée du ton que j'aurais voulu instaurer, et qui est commun lors de ce genre de discussion. En même temps, si elle ignore tout de l'alcool, je suppose que je ne peux pas lui demander d'être parfaitement en phase avec moi… Peut-être l'apprendra-t-elle plus tard. Je ne parviens pas à me faire de soucis. Elle part de loin. Dans quel genre de pays n'a-t-on pas de maison ? J'ai déjà rencontré des peuples nomades, mais ils avaient au moins. Et puis. Je chasse la question.

Je me retiens in-extremis de faire une remarque légèrement moqueuse sur le sujet, me servant de ce que la boisson m'a laissé d'inhibition. Elle pourrait encore se montrer vexée. Du reste, elle ne m'en laisse pas franchement le temps, opérant un changement d'attitude que je trouve soudain.  Elle s'approche de moi avec une émotion troublante. De mon point de vue, le frisson de l'action, l'exaltation de notre réussite, étant passés depuis quelques temps, nous allions plutôt parvenir à un certain calme, une certaine harmonie. Pourtant, elle quand elle me fait à nouveau part de sa gratitude, je sens que quelque-chose n'est pas tout-à-fait normal. L'alcool a parfois des effets étranges sur les gens, je songe, alors que ses lèvres touchent mon front, y laissant une petite sensation mouillée.

Je cligne des yeux, ne m'attendant pas vraiment à ce type de rapprochement maintenant. Je me rends compte de ce qui se passe réellement seulement assez tard, en vérité. Je reste une bonne seconde avec un air surpris, sans toutefois perdre mon sourire. Les choses se bousculent dans ma tête, et je réalise la probable véritable raison de son rougissement. Je ne me sens pas mal-à-l'aise, comme je l'aurais certainement été si j'avais été sobre. Je refuse de prendre l'événement de façon dramatique. Après tout, l'idée à bien du m'effleurer, moi aussi. Je me forçais jusqu'ici à considérer nos embrassades comme chastes, et ne souffrant d'aucune ambiguïté, parce que nous étions toutes deux des femmes. Je balayais toute pensée qui aurait dévié de cet axe, par principe, et j'en venais à considérer, ou au moins à espérer, que Laura en faisait de même. La perplexité s'accentue sur mon visage.

Est-ce que je réalise que j'ai été sotte ? Pas vraiment. Je cherche à me justifier, et vite. Tant pis pour la cohérence. Je repasse en revue les quelques arguments que j'ai. Il ne faut pas s'attacher à une seule personne, car cela empêche de se consacrer à toutes les autres. Il faut remettre son plein amour à Dieu, pour pouvoir le redistribuer entre chaque homme. Oh oui, mais qui souffrira, à la fin, si j'en donne un peu de supplémentaire à l'individu qui est devant moi ? Qui a décrété qu'on avait une jauge d'amour limitée ? Quel sage a mis l'amour en équation ? En lui en donnant, ne pourrais-je pas le démultiplier ? Si j'en ai envie ? Quel mal cela fait-il à mon prochain ? Qui me le reprochera ? Et si c'est une faute ? Tant pis. Le Seigneur n'est-il pas miséricordieux ? Je m'en fiche. Et si je me sens coupable ? Je n'y pense pas. J'ouvre la bouche.

-Je, hm. Alors.

Je bégaye, sans trouver les mots. Mon sourire, qui avait disparu un temps, revient plus large. Puis je n'y tiens plus vraiment. Je mets mon verre de côté. J'approche mon visage du sien. Cela me paraît fou, interdis, excitant, à la fois. J'accole mes lèvres aux siennes. J'espère ne pas me tromper. Je pense ne pas me tromper. Non, je ne l'envisage même pas. Je n'ai plus beaucoup d'appréhension. Elle n'est que technique. Je n'ai jamais embrassé quelqu'un. Je reste les lèvres entrouvertes, sur les siennes, sans trop savoir quoi faire de plus. Sans autre choix, je me laisse guider, presque malgré moi. C'est mouillé. Je ne pensais pas que ça l'était autant. C'est chaud, aussi. Sur sa chair, il y a un goût d'alcool. Et quelque-chose en plus. Je trouve ça érotique. Je frisonne, je me sens faible, j'ai un peu l'impression de chuter. Mes mains attrapent ses épaules. J'hésite à fermer les yeux. Finalement, je les ferme. Puis, je les rouvre. Je fuis son regard. Je me sens obligée de le croiser. Le trouver fait battre mon cœur vite, et fort. Ma respiration se coupe. Je panique. Mais tout va bien. Je crois.
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FicheChalant
« Répondre #34 le: Septembre 22, 2013, 06:57:02 »

La jeune fille semblait surprise, réellement. Il faut dire... qu'il y avait de quoi. Chez les Sirènes comme chez les humains, ce genre de comportement n'était pas courant entre deux femmes... le sourire de l'aventurière disparut, puis revint, et ce fut dans les entrailles de la Sirènes comme une chute puis une aspiration. Elle s'était mise à trembler quelque peu, ces quelques secondes d'attente s'étirant dans un cortège interminable de spéculations ; puis enfin : la joie, la peur, l'excitation, tout à la fois. Telka s'approcha, les lèvres entrouvertes, à la rencontre desquelles Laura se précipita : leurs bouches se heurtèrent avec douceur. La guérisseuse était quelque peu maladroite, tandis que son amie... l'était aussi. Celle-ci aurait voulu se montrer plus sensuelle et lui offrir un baiser plus langoureux, mais ses gestes étaient fébriles et, malgré son expérience en la matière, elle était loin de déployer un art du baiser en mesure de faire honneur à son espèce. Et puis la tête lui tournait... jamais elle ne s'était sentie ainsi. Quelque chose lui disait, au fond, qu'elle venait de trouver ce pourquoi elle avait quitté l'océan. C'était pour cette petite. Celle qui l'avait sauvée, et qui à présent semblait perdue. A la seconde où Laura avait embrassé son front, l'aventurière avait comme perdu sa contenance. C'était maintenant au tour de l'ondine de servir de guide.

Elle s’approcha encore plus, jusqu'à ce que leurs poitrines et leurs hanches se rencontrent, jusqu'à ce que Telka soit forcée de reculer et se trouve piégée, le dos collé au comptoir et le menton relevé. Laura prolongea leur joute labiale ainsi, profitant de sa taille légèrement supérieur pour assoir symboliquement son autorité bienveillante. Elle pouvait sentir la fermeté athlétique de la jeune femme tandis qu'elle se pressait contre elle. Elle tempérait ses ardeurs pour ne pas l'écraser contre l’arête du meuble, et la passion quelle ne pouvait déployer dans un écrasement mutuel de leurs enveloppes charnelles rejaillissait dans l'ardeur de ses baisers. Ceux-ci devinrent progressivement plus lents et plus doux, Laura déployant enfin ses décennies d'expériences en la matière. Elle sentait le soulèvement régulier de la poitrine de sa bien aimé contre son propre buste à chaque inspiration. Elle finit par saisir délicatement la lèvre inférieur de son amie entre ses dents et la maintint captive quelques instants, immobile, comme si elle hésitait sur le sort qu'elle allait lui réserver.

Puis, traçant son chemin par une suite de bécots humides sur la joue de sa dulcinée, elle se dirigea jusqu'à son cou, sous son oreille, pour titiller cette zone stratégique du bout des lèvres. Elle effectuait ses mouvements avec la fluidité d'un pianiste qui connait sa partition par cœur et qui se délecte de l'attention de l'auditoire ; chaque variation dans le souffle de sa captive était une récompense à ses caresses dévouées. Elle commença à descendre le long de la gorge de son amie, embrassant délicatement sa peau... lorsqu'elle perdit l'équilibre. Elle piétina sur place et agrippa le bras de la guérisseuse pour retrouver sa stabilité, et ne put retenir un rire stupide tandis qu'elle se lançait dans une nouvelle étreinte affectueuse.

"Eheh... désolée... oooh... je me sens bizarre..."

Elle fit pleuvoir un déluge de baisers passionnés et hasardeux sur le visage de l'humaine avant de l'embrasser à nouveau sur les lèvres, poussant un grognement d'aise et se blottissant de plus belle contre elle. Pendant ce temps ses mains glissaient sur les hanches et la taille de la religieuse, cherchant un chemin à travers ses vêtements. Elles ne tardèrent pas à le trouver et à faire glisser leurs doigts fins sur la peau de la jeune femme, explorant les courbes de son dos et des ses flans. Elle n'hésitait pas le moins du monde : si Telka avait accepté de l'embrasser, elle ne doutait pas que tous les gestes à venir lui plaisent.
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« Répondre #35 le: Septembre 25, 2013, 12:45:02 »

J'ai le sentiment que ce baiser est l'une des choses les plus intenses de toute mon existence. Je n'ai pas de point de repère. Pourtant, j'ai la certitude que Laura embrasse merveilleusement bien. Je sens sa langue, tiède et humide, alors que la mienne rencontre timidement la barrière rigide de ses dents, sans oser aller au-delà. Je suis contente d'être guidée avec autant d'adresse. Si elle ne m'avait pas entraînée, elle, je n'aurais jamais su comment m'y prendre. J'aurais rompu l'embrassade après une seconde, gênée, et ne trouvant pas quoi faire de plus. Nos bouches se décollent à peine que déjà, la sienne revient à l'assaut de mes lèvres. Les choses s'arrangent, deviennent un peu moins chaotiques, la technique qu'elle déploie nous faire tendre vers l'harmonie. J'ai l'impression d'un contact qui se prolonge à l'infini, et qui pourrait encore durer aussi longtemps.

-Je n'avais jamais, avant… oh.

Depuis combien de temps n'ai-je pas ressenti ça ? Une telle excitation, jamais, je crois. Une telle exaltation, peut-être quelques fois, en écoutant les messes papales, ou celles, en japonais, lues par le Père Emmanuel. Que penserait-il de moi ? En un moment aussi inattendu, je repense à la retraite du saint homme, parti retrouver ça famille loin de Seikusu, et remplacé par un missionnaire français que je ne connais pas encore très bien. Leurs sermons me paraissent bien loin, eux-aussi. Plus que par la distance, nous sommes séparés par les dimensions. Aussi stupide que cela puisse paraître, cela parvient à faire taire un peu ma culpabilité. Et pourtant, pour sûr, ni l'ancien ni le nouveau prêtre n'aurait approuvé ce que je suis en train de faire.

Laura est plus grande et plus fine que moi ; elle a certainement moins d'entraînement physique, moins de muscles à mettre à l'épreuve. Pourtant, je la sens si forte quand elle me pousse contre le bois du comptoir. J'ai l'impression que mon dos va rompre, et aussi, celle, plus floue, de ne plus toucher le sol, ou du moins de ne plus en dépendre. Mon équilibre devient un peu précaire, la boisson n'aidant pas. Toutefois, ça n'a aucune importance. Elle me serre trop bien pour que j'ai la moindre chance de chuter. J'ai un petit mouvement nerveux lorsque je sens ma lèvre inférieure prisonnière de sa mâchoire, mais je me retiens de reculer. Je ne veux pas donner l'impression d'être effrayée. Quand je constate qu'elle commence à quitter ma bouche pour d'autres zones plus exotiques, je ne peux m'empêcher de douter.

Qu'est-ce que je suis en train de faire ? Je sais très bien ce que je suis en train de faire. Je cherche à me le cacher, d'une certaine façon. Je n'en suis pas très fière. C'est parce que je suis saoule, ça aussi, je le sais bien. Il me faut des excuses, l'ignorance, l'émotion, l'alcool, pourquoi pas. Je me dis que dans quelques heures, je le regretterai sans doute ; ça n'est qu'une petite voix dans ma tête, comme une conscience profonde que je cherche à éteindre elle aussi. Je suis prête, pourtant, à lui dire dans la seconde que nous devrions arrêter. Au moment où je vais lui indiquer ma réticence, la pression change brusquement. Elle tombe, et je manque de tomber avec elle.

-Je… Moi aussi, hein.

Sans savoir pourquoi, le court flottement, dissipant peut-être la peur, me fait changer d'opinion. Je réalise que j'aimerai être tranquille. Mettre enfin de côté toutes ces règles qui pèsent insupportablement sur mon existence. J'en viens à des invocations d'une telle brutalité que je parviens à me choquer toute seule. Dieu m'a choisie, et alors ? Même les apôtres ont des vacances. J'irai au confessionnal, je me corrige bien vite. Oui, et tout rentrera dans l'ordre. L'étreinte reprend. Ses mains se font plus audacieuses. Elles passent sous ma tunique. Une tunique d'homme, brunâtre partiellement déchirée par… Par qui, déjà ? Elle est grossière, rêche, peu souple. Rien à voir avec la robe fine dont Laura est vêtue. J'ai presque honte. J'aurais honte si autant de sentiments différents ne se bousculaient pas à l'intérieur de mon crâne. Je frémis. Ne faisait-il pas froid, cette nuit là ? Je suis bouillante. C'est contradictoire. Non ?

-C'est tout pourri, de toute façon ! je m'exclame en tentant de rompre un instant le contact.

Avec un sourire timide, je tente de détacher les boutons qui maintiennent le chasuble fermé. Très vite, l'exercice m'énerve : je n'ai pas le temps pour ça. Enfin, je mets à profit les dégâts faits au vêtement pour m'en débarrasser en quelques secondes. Le haut tombe, sans me laisser, je n'arrive pas à déterminer si c'est un mal ou non, très découverte. Ma poitrine est enserrée dans une large bande blanche ; mon pantalon est assez haut. Mon dos, mon ventre, je pense, sont tout de même nus. Ça n'est rien. Je suis habituée à la nudité. Enfin, d'habitude, ça n'est rien. En une situation comme celle-là, mon corps, usuellement neutre, asexué, revêt une signification différente. J'en viens presque à craindre qu'il ne soit pas à la hauteur des espérances de Laura. Je suis si loin d'être aussi jolie, aussi plantureuse, aussi harmonieuse, qu'elle… En comparaison, chez-moi, tout me paraît presque rustre.

Je reviens vers elle, avec l'idée de ce que je vais faire en tête, mais comme si y songer trop directement aurait risqué de l'éteindre, ou de me blesser, je n'arrive pas tout-à-fait à m'y projeter. Quelque soit le domaine, ma nature n'a jamais vraiment été la passivité. J'agis, même quand il serait peut-être plus sage de se laisser faire. Je sais de quoi j'ai envie, moi aussi. Son être, sa chair, sa peau, brûlante, proche, contre la mienne. J'ai du mal à croire que toutes ces pensées cavalent en liberté dans mon esprit, sans aucune inquisition pour les neutraliser de force. L'inquisiteur est ivre mort depuis longtemps.

-Huhu, rien là-dessous, pas vrai ? je fais, d'une voix plus aiguë qu'à l'habitude.

Mes mains agrippent sans beaucoup d'assurance, mais avec volonté, le tissu de sa robe. Contrairement aux siennes, les miennes ne savent pas trop où passer pour se frayer un chemin vers le corps chaud. J'essaie de reprendre un peu le dessus. J'enlace sa nuque, son dos, mais je ne parviens à rien d'autre. Extatique, joueuse, un peu vexée, comme une petite fille ne trouvant pas comment déballer un cadeau très convoité. Ma bouche atteint son cou malgré tout, tentant de reproduire les quelques baisers dont je garde encore le souvenir. Je ne sais plus si c'était une bonne idée de prendre les devants. Je lance un regard vaguement implorant. J'ai besoin d'aide.
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« Répondre #36 le: Septembre 25, 2013, 09:59:13 »

Tout pourri ? Quoi ? Sa bien aimé se dégagea de son étreinte, et Laura la fixa sans comprendre ;

- Mais ...


Elle l'avait sentit frémir sous ses doigts, soupirer sur ses lèvres... comment ça, tout pourri ?! Elle se serait presque mise en colère, mais elle était trop atterrée pour ça. Pendant ce temps la demoiselle se débarrassait de son grossier tissu : c'était sans aucun toute qu'elle souhaitait continuer ? Ou alors simplement pour se mettre à l'aise ? Tout pourri... le vêtement ? Ça devait être ça. Ouf : Telka était à nouveau dans ses bras. Laura mit un moment à se rassurer et reprendre ses marques. La soudaine brutalité de son amie l'avait quelque peu effrayée, et elle avait cru un instant avoir été rejetée pour incompétence.

L'humaine semblait bien plus volontaire en revanche, si bien qu'elle commença à triturer la robe de sa vis-à-vis avec une certaine fébrilité. Est-ce qu'elle cherchait, elle aussi, à s'introduire sous l'habit ? L'idée ne pouvait qu'émoustiller la Sirène. La jeune fille semblait maladroite, cependant, et peinait à trouver une faille par laquelle se glisser ; Par dessous, bon sang... Ça n'avait pourtant rien de compliqué ! La brune sourit, amusée par les déboires de son amie qui semblait à son tour habitée par une impétuosité aveugle.

- Non, jamais, c'est bien plus supportable ainsi...


La jeune fille avait rebroussé chemin devant la difficulté, et la voilà qui se trouvait à nouveau pendue au cou de sa corruptrice. Elle était adorable. L'air perdu... fragile malgré ses talents pour le combat rapproché. Laura lui saisit délicatement le visage des deux mains, frôlant ses joues d'un mouvement caressant des pouces tandis qu'elle la maintenait avec délicatesse. Elle la couva du regard quelques instants, sans rien dire, afin que chacune puisse lire le trouble de l'autre dans ses yeux. Les siens semblaient vouloir dévorer Telka de leurs iris marrons grand-ouverts. Elle cilla ; elle avait beau diriger l'échange, le croisement de leur regard était intimidant et la faisait se sentir vulnérable face à sa proie...

Elle lui prit à nouveau les lèvres ; ses mains descendirent sur les épaules de son amie, palpèrent la douceur de ses bras, avant d'envahir sa taille et le creux de son dos. C'était un buste mince, dur et chaud, comme Laura n'en avait jamais connu. Il avait quelque chose d'exotique ; différent de ce qu'on pouvait observer chez les Sirènes... mais tout ça avait peu d'importance, quelque part. Quoi que Laura eut trouvé sous les fripes de la jeune fille, elle l'eut gardé et cajolé. Alors qu'elle embrassait la jeune femme, le monde entier tanguait autour d'elles, comme si elles avaient été lancées toutes les deux dans une valse folle. Les mains de l'une formaient un ballet chaotique sur la peau de l'autre et le long de la bande qui lui enserrait la poitrine, cherchant à la défaire de son carcan de tissu. Elle avait conscience qu'un certain déséquilibre allait se créer, lorsque Telka serait effeuillée alors qu'elle même aurait gardé son armure d'étoffe, mais elle en jouerait... et puis son amie n'avait qu'à être plus dégourdie. Comment est-ce qu'on défait cette chose ? Par ici, par là, comme ci, comme ça ? Eurêka !

Le ruban se déroula et glissa le long du corps de plus en plus dépouillé de l'adolescente, laissant apparaitre deux seins timides. Laura s'était légèrement reculée, afin de mieux voir de quelle matière l'humaine était faite ; cette vision mit le feu à ses poudres. Elle se laissa tomber à genoux devant la guérisseuse qu'elle saisit à la croupe et déposa une séries de baisers fiévreux près de son nombril, décrivant un arc pour le contourner, de bas en haut ; le temps d'effectuer ce chemin, le pantalon avait déjà quitté sa place et gisait aux chevilles de sa propriétaire. Laura voulait la voir nue, entièrement nue. Ses deux mains délicates zigzaguèrent sur les deux jambes fines au galbe contracté par la station vertical. Seul un pauvre morceau de tissu protégeait encore la pucelle d'une nudité totale. La séductrice lui laissait un peu de répit et faisait glisser ses lèvres, caressant presque sans le toucher le ventre qui lui était offert.

- Tu es... belle...
lâcha-t-elle dans un murmure plein de dévotion.

Bien sûr qu'elle était belle, magnifique, merveilleuse, parfaite. La Sirène en ressentait une sorte de fascination. Elle était partagée entre l'envie de la souiller et la peur de la toucher ; finalement elle se contentait de la vénérer, un peu. Sans trop le montrer. La bouche entrouverte, comme captivée par le mouvement qu'elle allait elle même exécuter, elle attrapa le dernier vêtement du bout des doigts et l'abaissa, d'un geste calme et régulier.
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« Répondre #37 le: Octobre 29, 2013, 02:26:22 »

Pour sûr, ce qui m'arrive n'est pas juste... L'acte d'amour, n'est-ce pas quelque-chose de réciproque, de symétrique ? Lorsqu'il s'agit d'une femme et d'un homme, alors la création a posé des différences anatomiques qui empêchent dans une certaine mesure ce type de relation, mais lorsqu'il s'agit de deux êtres de même sexe ? Ne pourrais-je pas espérer que cela doive se passer d'une façon différente, plus équitable pour les deux partis ? Je sais que je ne dois pas trop y réfléchir. Sous peine d'arriver à la conclusion que cela ne devrait pas se faire du tout. Il n'en reste pas moins que mes habits choient un à un, arrachés à mon corps par les longs doigts de Laura, alors que le sien reste parfaitement couvert. Je n'arrive plus à être gênée par la situation elle-même. J'ai presque hâte que cela se termine. Que je sois nue, et elle aussi, et que cela n'ait, du coup, plus d'importance.

Le seul sentiment désagréable qui me reste encore, la peur du jugement. Je n'ai pas cette peur au quotidien, être jugée par les autres, quelle importance, lorsqu'on sait que le seul verdict qui compte relève du divin ? Mais je ne peux m'empêcher de me demander combien de femmes a-t-elle connues avant, et comment elle me situe par rapport à elle. J'ai la presque certitude qu'elle va me trouver ridicule, laide, inexpérimentée. Je n'ai pas un corps fait pour l'amour, cela me paraît évident. Au contraire du sien. Est-ce pour ça qu'elle le laisse couvert ? Pour ne pas que j'ai honte ? J'essaie de me sortir ça de la tête. Si je ne suis pas la meilleure des amantes, quelle importance cela peut-il bien avoir ? Une angoisse de plus à mettre de côté ; je n'y parviens pas aussi facilement que je l'aurais cru. La seule chose que je me crois en droit d'espérer, c'est qu'elle ne va pas tout stopper, que tout ne va pas s'arrêter brusquement. Pas tout de suite. Pas maintenant.

Dans l'auberge, il ne fait pas vraiment froid, mais le tissu qu'on dénoue de ma poitrine est brûlant et imbibé de sueur. Je sens mes seins, désentravés, qui pulsent légèrement, pèsent soudain un peu plus lourd. Un peu seulement ; en temps normal, il serait facile de les rater. Je les regarde un instant, comme si je les découvrais. Ma peau diaphane et fine laisse apparaître quelques veines bleues, sous mon cou. Je ne suis pas habituée à voir mon corps réagir ainsi. Ils sont dressés, presque cabrés, je les imagine durs. Ils pulsent légèrement, au rythme fulgurant des grands coups que donne mon cœur. La vue de ma propre anatomie me fait ressentir une sorte de dégoût envers moi-même. Puis, je croise le regard de Laura, et l'émotion se révèle pour ce qu'elle est vraiment. De l'excitation. Mon pantalon tombe. Un compliment. Je souris timidement.

Mon ventre se contracte inexplicablement quand les doigts de mon amante en viennent à le toucher. Je sursaute, et je ne peux retenir un son qui se situe entre l'exclamation de surprise et le gémissement. Mes bras résistent à l'envie de venir cacher ma poitrine. Mon exhibition me paraît soudain délicieuse. Des idées étranges pénètrent mon esprit. Je me vois nue, ainsi, devant une foule, sans ressentir la moindre gêne, ravie, extatique d'être exposée dans mon plus simple appareil et dans un tel état. Les caresses de Laura me font vibrer. Je suis fébrile, je n'arrive pas à lui rendre l'appareil. Je me vois juste m’affaisser sur un tabouret, écarter un peu les jambes. Mes sens sont presque tous éteints, l'alcool, le plaisir, y ont étalé comme une sourdine. Il ne me reste plus que le toucher. Je me rends compte qu'il a, dans ma vie, été beaucoup trop délaissé. Pourquoi interdire aux gens de se toucher ? Bientôt, je songe, je serais complètement dévêtue. J'écarte un peu plus les jambes. Ce n'est qu'une question de secondes.

-Non, non.

La culotte de lin n'est pas encore tombée que je me redresse. J'en ai assez de me laisser faire pour l'instant. Mon refus se limite à ça. Je n'ai pas la force de le faire plus général. Pas la volonté non-plus, pour tout dire. Je ne serais sans doute pas une amante formidable, mais on ne pourra pas dire que j'aurais été une amante passive. Si je suis plus petite, j'ai aussi un peu plus de force que Laura ; je n'ai pas grand mal à m'imposer. Ma taille plus modeste a un autre avantage. Je me baisse, les jambes fléchies. J'ai l'impression de faire une énorme bêtise, de braver tous les interdis. Pourtant, je suis décidée à montrer que je ne suis pas aussi naïve que j'en ai l'air. Ça n'est pas parce qu'on a fait vœux de chasteté qu'on est une parfaite idiote ! Mon cœur cogne, ma tête me fait mal.

J'attrape les jambes de Laura, je me glisse sous sa robe, puis je remonte.  Mes mains font de même, en des mouvements parallèles, frôlant toute la peau incroyablement douce, pour s'attarder un peu sur le poplité, et gagner encore en altitude. Je frisonne. J'entoure ses cuisses, ses fesses. Elle ne peut plus s'enfuir. Elle est à moi. Elle m'est soumise à mes désirs. Au moins pour quelques minutes. La situation me semble improbable, irréelle. J'ai du mal à croire ce que je suis en train de faire, et pourtant, je le fais. J'ai le sentiment que de lui donner du plaisir est la seule manière saine que j'ai d'en ressentir. La visibilité est loin d'être optimale. Je ne distingue que quelques étendues de chair rendues brunes par l'ombre de la jupe. Mais je sais très bien où se situe mon objectif. Mes connaissances en anatomie sont optimales. Je ne peux pas le rater.

Mes lèvres sur les siennes se font d'abord prudentes, se glissant entre l’étau de ses cuisses, n'osant qu'un frottement furtif, puis un autre, en sens inverse, et encore un autre, remontant, et un autre, un peu plus appuyé. Enfin, ma bouche vient s'accoler sans autre forme de procès à son sexe. C'est chaud, c'est palpitant, c'est humide. C'est agréable. Elle n'en décolle pas. Ma langue n'a qu'une vague idée de la façon dont il faut s'y prendre. Heureusement, étrangement, je trouve cela étonnement naturel, et elle vient parcourir dans toute sa largeur la vulve. Elle retrouve, imite les mouvements buccaux pratiqués une minute avant, tourne, tente, en formant un U, de s'enfoncer un peu. Je renforce la prise de mes bras sur son bassin. Le soucis, c'est que ça n'est pas vraiment, bien... écarté. J'ai l'impression de n'avoir accès qu'à une partie superficielle. C'est peut-être la position... Après une vingtaine de secondes, je m'interrompt. La communication, c'est important.

-Est-ce que... ça va ? je fais, hésitante.

Je suis brûlante. Avide de savoir de ses émotions, de ses sensations. Leur simple évocation, je le crois, me ferais plus d'effet peut-être que de les ressentir par moi-même. J'ai besoin d'être rassurée, aussi. D'avoir la confirmation que je suis sur la bonne voie. Je sors la tête de sous sa jupe, toujours accroupie. J'essaye désespérément de lire quelque-chose de cet ordre dans ses yeux.
« Dernière édition: Octobre 29, 2013, 02:33:17 par Telka » Journalisée


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« Répondre #38 le: Novembre 08, 2013, 07:28:33 »

Un petit cri de surprise s'échappa de sa gorge : Laura avait failli tomber, surprise par l'initiative de la jeune terrienne. Elle ne résista pas pour autant et accompagna le mouvement de la téméraire par les caresses de ses mains, jouant avec ses cheveux tandis que cette dernière enlaçait ses jambes. La sirène ne comprenait pas exactement ce que son amie pouvait avoir en tête... mais la laissait faire avec joie cependant. Les petites mains se promenèrent sur ses jambes dont l'alcool engourdissait les muscles et faisait chauffer l'épiderme, et le visage de la belle disparu sous sa jupe. La brune émit un gloussement, devinant que son sexe était finalement la cible. Ça n'était pas pour lui déplaire, ça non...

-Ooh...

Le fantôme de sa jupe glissait doucement sur elle, et elle haletait à mesure qu'il montait. Elle pressentait aisément ce qui allait advenir, et elle l'attendait avec une impatience fébrile : Telka s'était arrêtée, un instant, comme si elle dévisageait l'intimité de son amante... puis elle plongea, enfouissant son visage entre les cuisses de sa victime. Celle-ci poussa un soupir qui en réclamait d'avantage : les lèvres de la petites tâtonnèrent d'abord avec précaution, sans oser entrer dans le vif du sujet... puis les attouchements se firent plus appuyés. Maladroits, certes, mais agréables, et suffisamment insistants pour que le sourire laisse place, sur le visage rose de l'ondine, à une expression chargée de désir au premier degrés. Les lèvres mollement entrouvertes, les yeux dans le vague, elle s'abandonnait autant qu'elle le pouvait. La position était frustrante, quelque peu désagréable, et Laura craignait parfois de basculer en arrière, emportée par le roulis étrange qui s'était installé dans sa tête. Elle aurait préféré pouvoir profiter pleinement de ce moment, les mollets détendus.

Son amour sortit finalement la tête de sous sa cachette de tissu pour la dévisager ;

-Est-ce que... ça va ?

La Sirène ne put s'empêcher de commettre un petit rire étonné : comment cela aurait-il ne pu ne pas aller ? Était-ce de l'anxiété sur le visage de l'aventurière ? Elle répondit au regard de celle-ci par un sourire bienveillant. Elle saurait la rassurer et la guider, cette petite. Et lui montrer l'étendue de ses talents en matière d'étreintes amoureuses, cela allait de soi. Elle se saisit des pans de sa jupe et retroussa son vêtement jusqu'à le faire passer au dessus de sa tête, dans un mouvement où pointait l'impatience, et jeta la robe de côté en agitant la tête pour débarrasser ses yeux des mèches noire qui lui étaient retombées en travers du visage. Elle était, soudain, totalement nue, la chair enfin libre.

-Oui.


Les mots étaient superflus, et Telka ne tarderait pas à le comprendre : Laura fit un pas en avant, écartant les jambes et forçant son amie à basculer en arrière. Rendue un peu plus rustre qu'à son habitude par la boisson, elle la fit tomber sur les fesses et plia les jambes pour la pousser vers le sol ; à moins de lutter activement, la jeune fille n'avait nul autre choix que de s'allonger sur le dos. L'entre-jambes brulant de la Sirène poussant sur son menton, elle finit le crâne posé sur le sol. La pataude s'était mise à genoux et pouffait bêtement, sans vraiment savoir pourquoi : elle caressait les cheveux de sa prisonnière, dont elle n’apercevait plus que le haut du visage, puisqu'elle en recouvrait la bouche de son sexe humide. Son souffle saccadait déjà, et elle n'avait pas l'intention de faire taire le grondement de sa respiration. Bien au contraire. Elle avait toujours su appuyer ses gémissements de plaisirs afin de guider les mâles sur la voie de sa propre jouissance, et, sur ce plan, sa précieuse captive leur était semblable : maladroite mais pleine de bonne volonté. Ses coups de langues avaient déjà donné à la brune un avant goût des plus exaltant, jusqu'à la rendre impatiente et pressante.

La recherche égoïste du plaisir n'entamait cependant en rien chez Laura le désir de combler sa dulcinée ; elle déplaça sa main droite derrière ses fesses pour palper tendrement la poitrine de la fillette : ses seins étaient petits et fermes, chauds. Elle les capturait un à un dans sa paumes pour les masser, jouant par intermittence avec leurs extrémités érigées qu'elle compressait parfois du pouce.
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